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l’ennéagramme

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Conformément à nos conditions d'utilisation, ce forum sera accessible uniquement en lecture du 16 au 24 octobre 2018,
  puis du 30 octobre au 14 novembre 2018 inclus.

Alice et le lapin

Moi ? Peur ? Non !

Messages recommandés

Alice et le lapin

Bonjour à tous,

 

Depuis le jour où j'ai découvert mon ennéatype 6 grâce à l’observation en direct de ma passion, la peur est une compagne familière que j'apprends à repérer de mieux en mieux. Je me souviens qu'avant cette prise de conscience je ne la voyais pas vraiment. J'étais inquiète, attentive, oppressée… mais avoir peur, moi ? Non !

 

Ce matin, au petit déjeuner je croise mon fils de 15 ans, 6 lui aussi. Il a fait sa rentrée au lycée hier et m'a avoué n’avoir quasiment pas dormi de la nuit. Ce matin, je lui demande s'il a mieux dormi et le voyant secouer négativement la tête je m'exclame "Ah tu stresses…" Réaction immédiate, "Mais non ! Quand je stresse j'ai les mains qui tremblent, et là elles tremblent pas !" s’est-il exclamé en me montrant ses mains.

Et voilà ! Mon fils de 15 ans estime que lorsqu'il est terrifié au point d'avoir les mains qui tremblent, il est seulement stressé :surprised:

 

Il est vrai que pour un 6 la peur revêt mille et une formes et qu'elle n'est pas souvent nommée, par superstition, par inconscience ou par… peur. :rofl:

Cet incident, m'a rappelé qu'il m'arrive à moi aussi, encore aujourd'hui, d'avoir du mal à reconnaître ma peur. Il me faut parfois un peu ou même beaucoup de temps avant de reconnaître la pression que j'éprouve là dans la poitrine et dans le ventre, pour ce qu’elle est. Il m’arrive même de la confondre avec un début de gastro ! :pt1cable: La différence, c'est que maintenant, lorsque je l'observe, j'ai la possibilité d'utiliser des techniques me permettant de la supprimer.

 

Inondée par un flot d’amour et de compassion,  j’ai donc proposé à mon fils une séance de méditation à deux le soir-même, rendez-vous qu’il a d’ailleurs accepté avec plaisir, preuve s’il en est qu’il a quelque part conscience d’en avoir besoin.

 

Lorsque je regarde le chemin parcouru et à parcourir je suis pleine d’espoir et de reconnaissance. Apprendre la théorie de l’ennéagramme c’est une chose, mais l’appliquer dans sa vie s’en est une autre et ça change la donne.

 

Merci à Pocahontas pour m’avoir fait connaître l’ennéagramme, il y a plusieurs années maintenant, à un stade de ma vie où j’en avais bien besoin. :kiss2:

 

Merci aux ennéanautes de tous acabits pour les témoignages qu'ils déposent sur ce forum. :calin:

 

Et enfin, "the last but not the least", merci à Patricia et Fabien pour leur patient travail d’enseignement. Je regretterai vos stages passionnants et vos présences bienveillantes. :heart:

 

Très amicalement,

Alice et le lapin

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Avoir peur, moi ? Non !"

C'est étonnant effectivement le nombre de 6 qui nous disent qu'avant de connaître l'ennéagramme, ils ne savaient pas qu'ils avaient peur. Ce n'est pas du déni au sens où le 8 le pratique. Cela relève de la tendance de l'ego à requalifier ces mécanismes pour les rendre plus acceptables : je ne suis pas glouton, je sais profiter de la vie ; Patricia n'est pas coléreuse, elle est impliquée ; etc. Pourtant, si ce type de recadrage est universel, ce sont les 6 qui rapportent le plus cette surprise de découvrir leur passion. Je ne sais pas pourquoi.

 

"J’ai donc proposé à mon fils une séance de méditation à deux le soir même, rendez-vous qu’il a d’ailleurs accepté avec plaisir, preuve s’il en est qu’il a quelque part conscience d’en avoir besoin."

Preuve aussi de la qualité de votre relation : ce n'est pas évident pour un adolescent d'accepter de pratiquer une telle activité avec sa mère.

 

"Et enfin, "the last but not the least", merci à Patricia et Fabien pour leur patient travail d’enseignement. Je regretterai vos stages passionnants et vos présences bienveillantes."

Cela fait déjà deux ans que nous nous connaissons et que nous échangeons ici ou de vive voix sur des sujets intimes et profonds. Pour moi aussi, il y a toujours un moment de tristesse quand quelqu'un qui s'est impliqué fortement dans son cursus le termine. Heureusement, dans ton cas, il y a encore presque un an avant que ce soit le cas.

 

Au delà de l'émotion, je reprends ma casquette de formateur : tu peux pratiquer sur l'Institut et sur les Chabreuil les techniques du stage Libération dans leur version générale.

 

Enfin, tu as oublié le merci le plus important, un merci à toi-même. Pocahontas, Patricia et moi ainsi que les personnes que tu as rencontrées en formation avons semé des graines. Encore faut-il que la terre soit fertile, les graines arrosées et les mauvaises herbes arrachées. Ça, c'est la part la plus difficile du travail et tout le monde n'a pas la volonté de le faire : alors répétons que "apprendre la théorie de l’ennéagramme c’est une chose, mais l’appliquer dans sa vie s’en est une autre et ça change la donne".

 

Très amicalement,

Fabien

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Lighyli

"Pourtant, si ce type de recadrage est universel, ce sont les 6 qui rapportent le plus cette surprise de découvrir leur passion. Je ne sais pas pourquoi."

Proposition : je me demande si, dans notre société, la passion du 6 n'est pas une des plus acceptables. Du coup, l'ego lâche prise sur le fait de nommer la passion plus facilement ?

 

Colère, orgueil, mensonge, envie, avarice, excès, paresse… On ne peut pas dire que l'égo d'une personne en ORANGE ait très envie de l'accepter. :surprised:

J'ai exclu la gloutonnerie du 7, car finalement, ça passe pas si mal aussi…

 

La peur dans notre société me semble être devenu "normale" — le principe de précaution étant un bel exemple…

 

Bien évidemment, rien n'est "réel" dans ces acceptabilités ou pas, mais je me dis que l'ego doit trouver des justifications dans ces convenances sociales…

 

Votre avis ?

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

J'ai dû mal m'exprimer ou je n'ai pas compris ton message, Lighyli. Si la passion du 6 était une des plus acceptables, le 6 n'aurait pas de mal à la percevoir en lui ?

 

Très amicalement,

Fabien

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Simechau

Bonjour à tous,

 

Eh oui ! Alice et le lapin. La peur est notre compagne quotidienne, sous toutes ses formes (inquiétude, tension, anxiété, légère appréhension, stress, terreur, angoisse, panique, etc.).

La reconnaître, la sentir et la ressentir, en être conscient, c'est l'apprivoiser, la domestiquer.

 

C'est un travail permanent qui, pour moi, finit par porter ses fruits.

Toute l'attention, toute l'énergie portée à conjurer cette peur, à la nier, la renier (souvent infondée d'ailleurs, si j'examine les faits) est désormais rendue libre d'utilisation.

De ce fait, aujourd'hui, je me sens plein d'énergie pour prendre des risques (des petits risques bien sûr, il conviendrait que je ne tombe pas dans la témérité) et faire preuve de courage, car il y a en moi autant de courage que de peur.

 

Vivre une passion compulsive est pour moi un enfermement, quelle que soit la passion. Je ne souhaite pas vivre dans la prison de la peur, même si c'est une prison familière. À ce titre et dans ce cadre, pour moi, aucune passion n'est acceptable en soi.

 

Amicalement.

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Alice et le lapin

Bonjour à tous,

 

Lighyli et Simechau, d'une part je ne crois pas que la société considère la peur comme plus acceptable que le mensonge ou la paresse. Nous parlons ici de peur au sens de l'Ennéagramme, c'est-à-dire une peur de chaque instant, injustifiée qui conduit même à des instants de lâcheté… une peur de vivre en somme. D'autre part, pour moi, ma passion n'est ni acceptable, ni inacceptable. Elle est, c'est tout. Je constate sa présence lorsque je suis dans l'observateur intérieur. Il n'y a donc pas à entrer en guerre contre elle, ni à porter de jugement. Je pense au contraire que l'accepter est un pas essentiel dans le travail sur soi. En étant présente à moi-même je peux faire le choix de me désidentifier de cette peur et de me connecter à mon essence. Dans mon essence, le courage, qui est ma vertu, me permet de vivre ce que j'ai à vivre en m'appuyant non pas sur des appuis extérieurs mais sur mes ressources internes. Lorsque cela se produit, c'est un instant de paix, de calme et de détente très agréable. :happy:

 

Très amicalement,

Alice et le lapin

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Simechau

Bonjour à tous ,

 

Ton message me conduit à préciser et aussi à rectifier ma pensée. Je rectifie.

 

Dans mon message précédent, il y a la phrase : "À ce titre, et dans ce cadre pour moi, aucune passion n'est acceptable en soi." C'est une phrase porteuse de confusion et d'ambiguïté , je retire. Elle n'est pas juste.

 

Les mots "une peur de vivre en somme" font sens pour moi. C'est tout à fait ça, placé au cœur du fonctionnement de l'ego du 6.

Sur la base de ce constat, il y a ensuite le cheminement possible que tu décris très bien :

Le 06/09/2018 à 10:35, Alice et le lapin a dit :

D'autre part, pour moi, ma passion n'est ni acceptable, ni inacceptable. Elle est, c'est tout. Je constate sa présence lorsque je suis dans l'observateur intérieur. Il n'y a donc pas à entrer en guerre contre elle, ni à porter de jugement. Je pense au contraire que l'accepter est un pas essentiel dans le travail sur soi. En étant présente à moi-même je peux faire le choix de me désidentifier de cette peur et de me connecter à mon essence. Dans mon essence, le courage, qui est ma vertu, me permet de vivre ce que j'ai à vivre en m'appuyant non pas sur des appuis extérieurs mais sur mes ressources internes.

 

"[…] en m'appuyant non pas sur des appuis extérieurs mais sur mes ressources internes."

Pour ma part, c'est sur ce point-là que je bute actuellement. Ce qui pose, notamment, la lancinante question de mon rapport au groupe et à l'autorité.

Concernant l'autorité, j'oscille entre deux positions, pas une de plus : l'idéalisation ou le rejet.

Concernant le groupe, j'ai bien conscience, à ce stade de mon cheminement, que je vais, en fait, chercher dans le groupe ce que je ne vais pas chercher dans mes ressources internes et pourtant elles existent, automatismes égotiques en fait.

Mon travail continue.

 

Très amicalement.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Concernant l'autorité, j'oscille entre deux positions, pas une de plus : l'idéalisation ou le rejet."

Il y a là forcément deux transes qu'il faudrait analyser et déconstruire. Dans ces cas-là, il y a assez souvent déformation des positions perceptuelles. Quand tu penses à l'autorité, la vois-tu plus grande (idéalisation) ou plus petite (rejet) qu'elle n'est, à moins que ce soit toi que tu vois plus petit (idéalisation) ou plus grand (rejet) qu'elle n'est. Il peut y avoir d'autres types de déformations de l'image de soi ou de l'autre. Il peut aussi y avoir des régressions en âge dans des moments de soumission ou de révolte face à une autorité. Ce ne sont là bien sûr que des exemples.

 

"Concernant le groupe, j'ai bien conscience, à ce stade de mon cheminement, que je vais, en fait, chercher dans le groupe ce que je ne vais pas chercher dans mes ressources internes."

Oui, c'est l'illusion de l'instinct social que nous voyons au stage Sous-types. Nous posons la question suivante lors des panels : "Qu'est-ce que le groupe vous apporte que vous pensez ne pas avoir ?" Il serait aidant que tu y répondes à nouveau, puis que tu cherches dans ton histoire de vie des évidences que cela est faux. Si ce n'est pas le cas mais c'est peu probable, ce sont simplement des apprentissages à faire.

 

Très amicalement,

Fabien

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Jérôme

Bonjour à tous,

 

Alice et le Lapin, j’ai aussi souvent constaté l’inconscience ou le refus de la peur chez des 6 (indépendamment de la contrephobie).

 

Il me semble que la peur est associée à la déviance par un certain nombre. Une personne 6 que je connais m’a dit un jour : "Pour un scientifique, il est normal de douter, mais s'il cède à la peur alors c'est une forme de déviance."

Un indicateur de cette association à la déviance est l’activation fréquente du mécanisme de défense : la peur est régulièrement projetée sous forme de « n’aies pas peur » ou « ne t’inquiète pas » incongrus pour ceux à qui ils sont adressés.

 

Je n’en connais pas la cause précise, même si j’imagine que la peur, en tant qu’émotion irrationnelle, peut être perçue comme dangereuse pour le fonctionnement de ce chouchou de centre mental raisonnable, seul garant de la loyauté.

Comme nous l’avions déjà évoqué, le 6 partage aussi avec le 1 la particularité d’avoir comme passion l’émotion caractéristique de leur centre préféré. Il y a peut-être un mécanisme commun avec le 1 dont la compulsion est d’éviter la colère.

 

Belle journée à vous,

Jérôme

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Simechau

Bonjour à tous,

 

Pour moi, l'inconscience (donc la non-conscience) ou le refus de la peur, c'est tout simplement l'enfermement dans le fonctionnement égotique du type 6. C'est du pur et parfait fonctionnement égotique. Rien de plus, rien de moins.

 

L'évitement de la déviance, ça, c'est encore autre chose, à inscrire dans la complexité du type 6 (j'en ai de la chance). Je ne vois pas, à ce stade, de lien avec la peur. Ça renvoie aux loyautés diverses, multiples, toujours singulières, aux engagements et à leur respect. Je pense que c'est assez difficile à lire pour la personne concernée, et donc a fortiori pour les autres.

 

Quand j'ai expliqué mon fonctionnement à mon épouse (je suis marié depuis 191). Elle a tout de suite acquiescé pour la peur, le doute, la sur-utilisation ou l'utilisation inappropriée du centre mental, la répression du centre instinctif qu'elle peine à comprendre, et la projection sur les autres et donc sur elle de mes sentiments, émotions, opinions, idées. Par contre , elle m'indique qu'elle ne comprend pas cette notion de loyauté, ne voit pas ce dont il s'agit et trouve que ça ne s'applique pas à moi. Il est vrai que dans mon fonctionnement égotique, les avis que je peux émettre sur tel ou tel sujet sont extrêmement changeants. Je peux défendre une position une semaine, et la semaine suivante la position inverse avec tout autant de conviction (fausse, puisque empruntée à l'extérieur).

 

Enfin, ton message m'éclaire sur un mécanisme de projection que j'utilise et dont je n'avais pas nécessairement conscience (merci).

Je suis, pour ma part, coutumier des formules suivantes que j'adresse aux autres : "n'aie pas peur, on va y arriver", "ne soyez pas inquiète", "sur ce point, il n'y a pas d'inquiétude à avoir", "ne te fais pas de souci, on va traiter la question".

 

Amicalement.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Je suis marié depuis 191."

Ouaouh ! C'est le pape Saint Victor 1er qui officiait et l'empereur Commode qui était témoin ?

À moins que cela signifie que tu es marié depuis 191 ans ce qui nous ramène à Léon XII et Charles&,nbsp;VI ? En tout cas, 191 ans, ton épouse a du mérite. Ou toi, je ne sais pas ! :rofl:

 

"L'évitement de la déviance, ça, c'est encore autre chose."

Pas vraiment, ne pas dévier est un moyen de diminuer la peur.

 

"Elle m'indique qu'elle ne comprend pas cette notion de loyauté."

La loyauté est un troisième concept. Comme Patricia aime à le rappeler, elle est une quête… pas forcément atteinte.

 

Très amicalement,

Fabien

 

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Alice et le lapin

Bonjour à tous,

 

Bonjour Jérôme et merci pour le partage de tes réflexions. :happy:

 

Il me semble que la passion est forcément présente lorsque la compulsion est active. Ainsi lorsque je cherche à éviter la déviance, j'ai forcément peur. Rien d'inhabituel donc pour moi là dedans, c'est de la mécanique égotique pure et dure. C'est d'ailleurs vrai pour tous les egos. Maintenant est-ce que consciemment je l'associe à une déviance ? C'est fort possible. Peut être est-ce lié à une mauvaise mise en place de ROUGE assez commune aux 6, je crois (soit en + contrephobie, soit en - phobie) ?

 

Lorsqu'un 6 projette, c'est ce qu'il vit intérieurement… ressent, pense, qui est projeté, je ne vois donc rien d'étonnant à ce que la peur soit projetée puisque c'est l'émotion principale que je vis dans mon ego. La projection étant inconsciente, la peur projetée le reste.

 

La réflexion de Fabien est intéressante :

Le 06/09/2018 à 08:35, Fabien Chabreuil a dit :

je ne suis pas glouton, je sais profiter de la vie ; Patricia n'est pas coléreuse, elle est impliquée ; etc. Pourtant, si ce type de recadrage est universel, ce sont les 6 qui rapportent le plus cette surprise de découvrir leur passion. Je ne sais pas pourquoi.

Et ta piste de réflexion aussi :

Il y a 23 heures, Jérôme a dit :

Comme nous l’avions déjà évoqué, le 6 partage aussi avec le 1 la particularité d’avoir comme passion l’émotion caractéristique de leur centre préféré. Il y a peut-être un mécanisme commun avec le 1 dont la compulsion est d’éviter la colère.

Toutefois, je vois entre ces deux ennéatypes une très grosse différence. Si le 1 et le 6 partage la particularité d'avoir comme passion l'émotion caractérisant leur centre préféré, l'évitement de la peur n'est pas ma compulsion, et à ce titre, le 1 possède une caractéristique à part.

 

Je n'ai pas réfléchi plus avant, en tout cas merci pour cette stimulante conversation. :bye:

 

Amicalement,

Alice et le lapin

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Pocahontas

Bonjour à tous,

 

J'ajoute mon grain de sel un peu tardivement à cette conversation stimulante. :bye:

 

Le 06/09/2018 à 08:35, Fabien Chabreuil a dit :

Pourtant, si ce type de recadrage est universel, ce sont les 6 qui rapportent le plus cette surprise de découvrir leur passion.

Je reformule la phrase de Fabien à l'origine des derniers échanges, pour préciser une chose, surtout parce que l'objet de cette conversation n'a pas été clair pour moi tout de suite.

Rien ne nous dit que les 6 sont les plus surpris de tous (à moins que quelqu’un ait fait un sondage, ce dont je doute fort). Ce sont ceux qui rapportent le plus la surprise qu’ils ont éprouvée à la découverte de leur passion. Une réaction égotique somme toute logique pour un 6.

 

Pour ma part, je dirais que "bouleversée" serait un terme plus juste pour décrire l'impact de ce que j'ai pu ressentir. S'il y a eu de la surprise, elle a été immédiatement teintée de peur et de déception. Je me souviens très distinctement d'avoir craint la perspective que ma vie entière soit gouvernée par ma peur (je ne savais pas encore à l'époque qu'il existait des alternatives à cette "fatalité") et d'avoir été saisie de gros doutes lorsque Fabien a suggéré que je m'étais peut-être trompée de type lors du stage Bases. Bien avant de connaître l'ennéagramme, je savais déjà qu'une part de moi était plutôt réservée, apeurée et obéissante, j'avais même entamé un travail là-dessus, mais de là à imaginer qu'il en soit ainsi en quasi permanence… C'était comme de se voir confirmer le pire, par rapport au passé, mais aussi pour le futur.

Par ailleurs, la répression de mon centre émotionnel aidant, j'ai éprouvé, et éprouve encore, des difficultés à accepter l'idée qu'une simple émotion puisse me pourrir à ce point-là l'existence. Double peine de "Le centre réprimé contrôle silencieusement notre personnalité". :sour:

 

Le 06/09/2018 à 08:35, Fabien Chabreuil a dit :

Ce n'est pas du déni au sens où le 8 le pratique. Cela relève de la tendance de l'ego à requalifier ces mécanismes pour les rendre plus acceptables : je ne suis pas glouton, je sais profiter de la vie ; Patricia n'est pas coléreuse, elle est impliquée ; etc.

Ce serait une forme de rationalisation ?

Sur ce point, la part phobique de mon ego me dit effectivement que ce n'est pas de la peur, c'est de l'anticipation, ou de la prévoyance par exemple, qu'il justifie en validant la vision du monde qui l'auto-alimente (monde dangereux, imprévisible, etc.). Quant à la part contrephobique, ben, exit la peur, bonjour la témérité ! Alors vivre la peur au ventre est perçu comme quelque chose d'habituel, c'est même facile de se persuader qu'on ne la vit pas du tout, et en reconnaître les caractéristiques physiques et émotionnelles de manière plus régulière nécessite de passer par un travail sur soi et des prises de conscience.

 

Le 06/09/2018 à 08:35, Fabien Chabreuil a dit :

C'est étonnant effectivement le nombre de 6 qui nous disent qu'avant de connaître l'ennéagramme, ils ne savaient pas qu'ils avaient peur.

Mais qu'en est-il des autres types ? Ce n'est justement pas le boulot de toute la mécanique égotique que de faire en sorte de rester le plus possible inconsciente ? Il y aurait des egos plus conscients d'eux-mêmes que d'autres ? Je veux dire, les 1 sauraient-ils par exemple plus facilement que les 6 qu'ils ont pour passion la colère ?

 

Par ailleurs, il doit y avoir un truc avec cette histoire d'acceptation ou pas de la peur dans la société, parce que j'ai discuté un peu du sujet avec mon mari ce week-end, et il a d'emblée expliqué la chose d'un point de vue sociétal, mais en prenant le contrepied de ce que suggère Lighyli plus haut. Grosso modo, d'après lui, montrer sa peur est mal vu, surtout chez les hommes, qui sont donc éduqués en conséquence. Ce serait, pour le coup, compatible avec ORANGE, dont la thématique principale est d'exprimer le soi de manière calculée de façon à ne pas déclencher l'agressivité des autres. Oui, parce qu'il m'a aussi expliqué que manifester sa peur pouvait être interprété par autrui comme le signal que l'on peut être agressé, voire dominé, comme cela se produit dans le règne animal.

C'est sûr, il y a à boire et à manger là-dedans, et je ne suis pas du tout calée sur ce(s) sujet(s). Dans l'immédiat, je me contente donc de vous rapporter l'avis de mon mari tel quel. Avis aux amateurs !

 

Sinon, merci Jérôme pour tes pistes d'observations, je les trouve pertinentes, et elles font sens pour moi, bien que j'ai des doutes sur la possibilité qu'un seul mécanisme soit véritablement à l'origine du phénomène dont nous parlons.

 

Le 12/09/2018 à 12:19, Jérôme a dit :

Il me semble que la peur est associée à la déviance par un certain nombre.

Je l'ai vécu ça, et mon ego y revient inlassablement : "La peur ? C'est déviant ! Être dans son ego ? Pareil !" C'est un grand classique, le summum de l'ego qui se regarde le nombril et entre en lutte avec lui-même, un excellent moyen pour lui d'exister et de se renforcer. Je venais à peine de me typer que j'étais déjà en train d'en parler (cf. la conversation "Projection").

 

Le 12/09/2018 à 12:19, Jérôme a dit :

Je n’en connais pas la cause précise, même si j’imagine que la peur, en tant qu’émotion irrationnelle, peut être perçue comme dangereuse pour le fonctionnement de ce chouchou de centre mental raisonnable, seul garant de la loyauté.

Là encore, je crois que tu mets le doigt sur quelque chose. Quelques lignes au-dessus, j'écris ceci : "Je me souviens très distinctement d'avoir craint la perspective que ma vie entière soit gouvernée par ma peur…" C'est parfaitement symptomatique.

 

Le 12/09/2018 à 12:19, Jérôme a dit :

Comme nous l’avions déjà évoqué, le 6 partage aussi avec le 1 la particularité d’avoir comme passion l’émotion caractéristique de leur centre préféré. Il y a peut-être un mécanisme commun avec le 1 dont la compulsion est d’éviter la colère.

Pas besoin d'un mécanisme commun. Si la peur est déviance, alors la compulsion du 6 devient similaire à celle du 1 qui cherche à éviter sa colère. Je résume :

  1. éviter la déviance,

  2. peur = déviance (entre autres choses),

  3. éviter la déviance = éviter sa peur

On passe par une étape associative et ça fonctionne très bien. Telle que je la vis, la projection correspondante pourrait être formulée ainsi : "Je n'ai pas peur donc je suis fiable, j'ai raison, je vais survivre, etc. Ce sont les autres qui ont peur, donc ils ne sont pas fiables, ils ont tort, ils mettent leur survie en danger, etc.", la panacée étant pour la 6 que je suis de tomber sur un autre 6 qui a les pétoches  ! :rofl: C'est un très bon alibi que se trouve là mon ego pour se convaincre qu'il ne vit pas sa passion.

 

Si je vais chercher plus en profondeur, les injections parentales et/ou issues de l'enfance sont présentes en soubassement (ça tombe bien, mon père est de type 1). C'est l'injonction d'être parfaite, un schéma global au sein duquel sévissent un auto-critique assez virulent qui renforce le sentiment général de nullité et t'enfonce à dix mètres sous terre, y compris pour des broutilles (rappelons que les 6 partagent avec les 1 et les 4 la caractéristique d'avoir une mauvaise, voire une très mauvaise image d'eux-même), et un niveau d'exigence élevé qui assure un niveau de pression et de rigidité maximal (pas autant que celui d'un 1, mais ça pique quand même). Génial ! Je suis 6 et pas 1, je peux donc me délester allègrement de tous mes « défauts », y compris de ma peur qui peut être perçue comme tel, sur les autres et me gargariser du fait que, moi, au moins, je fais les choses bien.

On le voit très clairement, là encore, le schéma précédemment décrit fonctionne, toujours via un phénomène associatif. C'est rappeler le nombre incalculable de choses qui peuvent être déviantes pour un 6

 

Bien cordialement,

Pocahontas

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Très jolie conversation !

 

"Il y aurait des egos plus conscients d'eux-mêmes que d'autres ?"

Claudio Naranjo avait imaginé une manière de numéroter et représenter graphiquement les types qu'il préférait au symbole de l'ennéagramme ! Il s'agit d'imaginer une sorte de fer à cheval :

               0 (ex 9)
      -1 (ex 8)        1 (ex 1)
      -2 (ex 7)        2 (ex 2)
      -3 (ex 6)        3 (ex 3)
      -4 (ex 5)        4 (ex 4)

Dans cette représentation le summun de la non-conscience de soi est le 9. La branche de gauche est celle de la peur, la branche de droite, celle du désir et des besoins. Plus on descend dans une branche, c'est-à-dire plus le nouveau chiffre est élevé, plus la personne est consciente de son expérience intérieure.

 

L'idée n'a été reprise par personne dans la communauté de l'ennéagramme, ce qui ne veut pas dire qu'elle soit inutile. N'étant quand même pas vraiment convaincus, nous ne l'enseignons pas.

 

Voilà, voilà. De quoi alimenter la réflexion, non ?

 

Très amicalement,

Fabien

 

Source : Tad Dunne, Enneatypes : Methods & Spirit. Boca Raton (Floride), Universal Publishers, 1999.

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Pocahontas

Bonjour à tous,

 

Intéressant en effet…

 

Le 17/09/2018 à 09:34, Pocahontas a dit :

Il y aurait des egos plus conscients d'eux-mêmes que d'autres ?

Lorsque je me suis posé cette question, les types 1 et 4 me sont venus naturellement à l'esprit, peut-être à cause de l'orientation vers l'intérieur. C'était une sorte de déduction superficielle.

 

J'ai pris deux minutes pour interroger mon intuition, et c'est le type 4 qui s'est imposé dans toute sa splendeur ! :wink:

 

Bien amicalement,

Pocahontas

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"C'est le type 4 qui s'est imposé dans toute sa splendeur !"

Oui, mais pour Naranjo, les deux branches du fer à cheval sont symétriques… C'est là que cela mérite un peu de recul !

 

Très amicalement,

Fabien

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Alice et le lapin

Bonjour à tous,

 

En effet je ne vois pas bien un 5 être plus conscient de lui-même qu'un 6, un 7 ou un 8.

 

Concernant l'association systématique de la peur à de la déviance, je mets un bémol aussi. La déviance se définit pour un 6 en rapport avec les croyances/règles de son ou ses groupes. On peut donc parfaitement imaginer un groupe pour qui la peur ne soit pas une déviance.

 

D'autre part, pour moi, la peur n'est pas associée de manière inconsciente à la déviance. Elle est tout simplement un résultat de l'activation de la compulsion. Si je crois que je suis sur le point de dévier, alors j'ai peur. Comme c'est une épée suspendue au-dessus de ma tête à chaque instant, que je suis obligée dans mon ego de faire référence aux règles de mes groupes pour être sûre de ne pas dévier, bien évidemment j'ai peur en permanence.

Ainsi pour moi, la peur est un résultat de l'activation de ma compulsion qui, dans mon ego, est quasi permanente. Elle pourrait en revanche être considérée consciemment comme quelque chose de "mal" parce que c'est une croyance familiale ou sociétale.

 

Lorsqu'il y a activation de la compulsion, il y a projection entre autre de cette peur. Ainsi elle reste inconsciente puisque projetée.

 

C'est notamment à l'aide du mécanisme de défense que nous laissons dans l'ombre notre vécut intérieur, car s'il venait à notre conscience alors nous pourrions choisir de ne pas le vivre. C'est tout le travail à faire dans l'observateur intérieur dont il s'agit. Prendre conscience de nos fonctionnements et de notre vécut intérieur pour avoir la possibilité de nous désidentifier de notre ego.

Pour le 8, le mécanisme de dénégation fait le travail, pour le 5, c'est l'isolation, pour le 1, c'est la formation réactionnelle, etc.

Les transes hypnotiques elles aussi font leur taf, et maintiennent ainsi notre ego dans sa transe de survie figée. Y a t-il un ego plus conscient de ses transes qu'un autre ? Je ne crois pas.

 

Je pense que c'est toi, Pocahontas, qui a vu juste, peut être est-il sécurisant pour un 6 de montrer sa loyauté au groupe en partageant avec lui son vécut intérieur ? Je remarque d'ailleurs que la partie du forum consacrée aux 6 est celle qui compte le plus grand nombre de contributions. Sommes nous plus éveillés que les autres, nous les 6 ? Je ne crois pas, non. :pt1cable: C'est surtout notre ego qui se manifeste ici comme ailleurs.

Loyauté quand tu nous tiens !

 

Très amicalement,

Alice et le lapin

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Je réponds juste en passant à propos de l'hypothèse de Naranjo qui n'est quand même pas le premier venu en termes d'ennéagramme. Du coup, même quand ses idées me semblent bizarres ou peu vraisemblables — celle-ci n'est pas la première —, j'y regarde à deux fois.

 

"Je ne vois pas bien un 5 être plus conscient de lui-même qu'un 6, un 7, ou un 8."

Je n'ai pas écrit "plus conscient de lui" ni "plus conscient de ses transes" mais "plus conscient de son expérience intérieure". Cela me semble différent : le 5 peut être très conscient de son expérience intérieure mentale sans être conscient de lui, notamment dans les dimensions émotionnelles et sensorielles, ni de la manière dont cette expérience se construit.

 

J'ai mis ce modèle en réponse à une interrogation de Pocahontas, mais du coup je crains de générer du hors-sujet et de la confusion. :sorry: Si certains ont envie de le discuter d'une manière générale, peut-être vaudrait-il mieux ouvrir une nouvelle conversation dans la zone "Théorie de l'ennéagramme".

 

Très amicalement,

Fabien

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Alice et le lapin

Bonjour à tous,

 

Oups ! Loin de moi l'idée de me montrer dédaigneuse ou irrespectueuse envers ce grand ponte de l'ennéagramme qu'est Claudio Naranjo. :blush: J'ai beaucoup d'admiration pour lui et son œuvre, notamment Ennéagramme, caractère et névrose, que j'avais beaucoup aimé pour ses rapprochements entre la psychologie et l'ennéagramme.

 

"Je n'ai pas écrit "plus conscient de lui" ni "plus conscient de ses transes" mais "plus conscient de son expérience intérieure". Cela me semble différent : le 5 peut être très conscient de son expérience intérieure mentale sans être conscient de lui, notamment dans les dimensions émotionnelles et sensorielles, ni de la manière dont cette expérience se construit."

Je m'étais arrêtée à la première partie de ta présentation de ce modèle où tu dis : "Dans cette représentation le summun de la non-conscience de soi est le 9."

Désolée pour le raccourci. Du coup je trouverais pour ma part intéressant de discuter de ce modèle dans une autre conversation. Ton intervention me pose également question en ce qui concerne la différence entre conscience de soi, connaissance de soi et leur lien avec le travail de développement personnel.

 

C'est donc à mon tour de m'excuser. :sorry:

 

Très amicalement,

Alice et le lapin

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Loin de moi l'idée de me montrer dédaigneuse ou irrespectueuse envers ce grand ponte de l'ennéagramme qu'est Claudio Naranjo."

Ça va sans dire, chère Alice et le lapin. Ce n'est quand même pas une 6 qui irait commettre un tel crime de lèse-autorité ! :rofl: J'avais d'ailleurs mis "je" dans ma phrase parce que ce crime m'est, à moi, facile, voire tentant, et que plusieurs fois des idées de Naranjo m'ont paru peu pertinentes et que j'ai dû me forcer pour les examiner de plus près.

 

"Je m'étais arrêtée à la première partie de ta présentation de ce modèle où tu dis : “Dans cette représentation le summun de la non-conscience de soi est le 9.”"

Quand j'ai écrit mon message, hier après-midi, j'avais la vague sensation que je devais être à l'origine de la confusion. Je me suis relu, et comme la phrase à propos du 9 est exacte, je n'ai pas tilté. Donc, non, c'est moi qui m'excuse le plus ! :sorry: :sorry::sorry: :sorry: :sorry: :rofl:

 

Très amicalement,

Fabien

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Bookineur

Bonjour à tous,

 

Pour moi qui hésitait encore (!) au dernier stage Essence sur le 7, car je me trouvais insuffisamment dans la peur quand même (ou en tout cas, dans le fait de vivre cette peur pleinement). J'ai en effet plutôt l'impression de ne pas du tout être présent à ma peur, elle est semi-consciente et j'ai toujours plutôt bien su vivre "malgré elle". En plus, comme mon ego pense la maîtriser, j'ai l'impression finalement que ce n'est pas tant une passion que ça… Vraiment ?

 

En étant objectif :

Le 18/09/2018 à 11:16, Alice et le lapin a dit :

Concernant l'association systématique de la peur à de la déviance, je mets un bémol aussi. La déviance se définit pour un 6 en rapport avec les croyances/règles de son ou ses groupes. On peut donc parfaitement imaginer un groupe pour qui la peur ne soit pas une déviance.

Il est évident que chez moi le refus de reconnaître la peur est renforcé par l'impression qu'il s'agit d'une déviance vis-à-vis d'un certain nombre de mes groupes. C'est comme la poule et l’œuf : est ce que je crois que c'est un déviance parce que c'est ce qu'on m'a fait comprendre, ou est ce que je crois que c'est une déviance car c'est ce que l'on m'a fait comprendre ? Ainsi, même si l'association de la peur à la déviance n'est pas systématique, je pense que dedans ce n'est pas seulement les croyances du groupe du qui compte, mais parfois bien les croyances du 6 lui-même, qu'il va projeter. Personnellement, je pense que l'instinct sexuel, Force/Beauté, est un élément possible à prendre en compte dans cette affaire pour expliquer que même dans le cas où les groupes ne verraient pas forcément toutes les peurs du 6 comme une déviance, ce dernier aurait l'impression qu'il s'agit d'une déviance. En tout cas, j'ai l'impression que c'est ce qui se joue dans mon cas. :laugh:

 

Et d'ailleurs…

Le 17/09/2018 à 09:34, Pocahontas a dit :

Par ailleurs, il doit y avoir un truc avec cette histoire d'acceptation ou pas de la peur dans la société, parce que j'ai discuté un peu du sujet avec mon mari ce week-end, et il a d'emblée expliqué la chose d'un point de vue sociétal, mais en prenant le contrepied de ce que suggère Lighyli plus haut. Grosso modo, d'après lui, montrer sa peur est mal vu, surtout chez les hommes, qui sont donc éduqués en conséquence. Ce serait, pour le coup, compatible avec ORANGE, dont la thématique principale est d'exprimer le soi de manière calculée de façon à ne pas déclencher l'agressivité des autres. Oui, parce qu'il m'a aussi expliqué que manifester sa peur pouvait être interprété par autrui comme le signal que l'on peut être agressé, voire dominé, comme cela se produit dans le règne animal.

C'est sûr, il y a à boire et à manger là-dedans, et je ne suis pas du tout calée sur ce(s) sujet(s). Dans l'immédiat, je me contente donc de vous rapporter l'avis de mon mari tel quel. Avis aux amateurs !

Le mari de Pocahantas me renforce dans cette idée ! :laugh: Par contre, je n'aurais pas mis ORANGE dans cette histoire là, peut-être plutôt du ROUGE, mais je pense que ça tient à nos âges.

Du coup… Ce rapport à la peur est-il différent en fonction du genre/de la structure instinctive (peut-être plus le deuxième que le premier…) ? L'instinct sexuel jouerait sur le manque de conscience de la peur.

 

Par ailleurs, moi j'étais assez d'accord avec Jérôme quand il disait qu'il y avait des points communs entre le 6 et le 1, autour du refus de leur passion…

Le 17/09/2018 à 09:34, Pocahontas a dit :

Pas besoin d'un mécanisme commun. Si la peur est déviance, alors la compulsion du 6 devient similaire à celle du 1 qui cherche à éviter sa colère. Je résume :

  1. éviter la déviance,

  2. peur = déviance (entre autres choses),

  3. éviter la déviance = éviter sa peur

On passe par une étape associative et ça fonctionne très bien. Telle que je la vis, la projection correspondante pourrait être formulée ainsi : "Je n'ai pas peur donc je suis fiable, j'ai raison, je vais survivre, etc. Ce sont les autres qui ont peur, donc ils ne sont pas fiables, ils ont tort, ils mettent leur survie en danger, etc."

Et donc Pocahantas a, à peu près, mis les mots dessus. MAIS je ne me dis pas ça sur les autres, je me dis plutôt qu'ils feraient mieux d'être un peu plus prudents, d'avoir un peu plus peur… Donc je crois que dans mon discours intérieur, je me dis plus ou moins consciemment "je n'ai pas peur, mais je sais profiter de la vie en étant prudent, donc je suis fiable (ceux qui ne s'en rendent pas compte sont sûrement des esprits limités ! aile 7 !), etc. et les autres ont peur de choses ridicules ET ne sont pas assez prudents, donc il ne sont pas très fiables…".

 

Autrement dit : lorsque moi j'ai peur (berk ! je n'aime pas le reconnaître, mais bon c'est clairement mon ego, là), tout va bien, ce n'est que du bon sens, mais quand c'est les autres c'est ridicule voire même dangereux…

 

Donc deuxième conclusion sur ce manque de conscience de la peur : il s'agit en général d'une projection. Cela se justifie très bien par la simple nécessité de l'ego de ne pas se remettre en cause (universalité de la passion de paresse à se connaître). Je crois aussi que dire que les autres sont dangereux ou pas fiables, c'est projeter la responsabilité de son propre bien-être et de son propre équilibre sur autrui. Mais l'ego du 6 est obligé de le faire car sinon il verrait que c'est lui qui a peur et qu'il est donc le seul responsable des limitations imposées à son existence. Il s'agit donc d'une stratégie visant à projeter sa propre responsabilité sur autrui, conséquence d'une paresse à se connaître et d'une peur de l'ego de se mettre en danger.

 

Le 18/09/2018 à 11:16, Alice et le lapin a dit :

D'autre part, pour moi, la peur n'est pas associée de manière inconsciente à la déviance. Elle est tout simplement un résultat de l'activation de la compulsion.

OK, je suis d'accord… Ceci dit, je crois que cela ne concerne que les peurs liées à l'ego du 6 de manière spécifique. Pour les peurs liées aux instincts (peur pour la sécurité physique, peur pour la place dans le groupe, peur pour l'avenir de la relation), ça m'a l'air moins évident que ce soit la compulsion qui les provoque. J'aurais plus tendance intuitivement à considérer qu'ici la compulsion est le résultat de l'activation de la peur, et que la peur qu'elle provoque ensuite n'est finalement que secondaire par rapport à la peur de base. On pourrait donc considérer que la peur 6 n'est pas celle liée aux instincts, mais celle qui est la conséquence de l'évitement de la déviance. Pour rester dans le sujet, je pense qu'on peux donc en déduire une troisième conclusion sur ce manque de conscience de la peur : il est une conséquence du manque de conscience par les 6 de leur évitement de la déviance et de leur loyauté aux groupes vis-à-vis desquels ils évitent la déviance. En effet, la peur spécifique au 6 ne se confond pas à la peur liée aux instincts, or la peur liée aux instincts est partagée par toutes les personnes ayant cet instinct blessé et donc ici la projection du 6 relève presque du bon sens : effectivement, tout le monde (en réalité, seuls les gens blessés à ces instincts-là) a peur de mourir, d'être seul ou de perdre l'être aimé (et toutes les petites peurs qui peuvent s'en suivre). Mais chez le 6, c'est suivi de la quête égotique de quelque chose de certain à croire, et ainsi de la peur de la déviance (car le 6 pense que s'il ne dévie pas, il sera en sécurité physique et psychologique sur ses trois instincts — j'ai cru comprendre cet aspect là du au stage Ailes, dis moi si ce n'est pas ça, Fabien).

 

Personnellement, je ne suis pas très conscient de ces mécanismes d'évitement de la déviance à l’œuvre chez moi, je me vois comme quelqu'un d'ouvert et de ne pas forcément si responsable que ça. Ce manque d'observation de la compulsion, dans mon cas en tout cas, est donc une troisième stratégie égotique pour minimiser l'impact de la peur.

 

Bon. Je vois que je suis pas loin de faire une confusion, mais donc pour résumer, ce manque de conscience de la peur chez le 6, au vu de vos contributions et de mon expérience personnelle, peut me sembler venir (sans qu'il ne s'agisse ici de vouloir faire une quelconque généralité) :

  • De la tendance de l'instinct sexuel à vouloir montrer une apparence de force et de confiance, menant donc à divers refoulements, répressions, rationalisations, isolations, projections ou dénis de la peur, interprétée égotiquement comme une faiblesse ;
  • De la tendance à projeter sur les autres une caractéristique désagréable à reconnaître chez soi (refus de l'ego du 6 d'accepter de reconnaître des attributs, positifs ou négatifs, qui lui rendraient sa responsabilité personnelle sur ce qui lui arrive de bien ou mal dans sa vie) ;
  • Du manque de conscience de l'évitement de la déviance, qui fait que le 6 ne fait pas la différence entre la nature particulière des peurs que vit son ego et la nature universelle des peurs que vivent tous les egos lorsqu'un de leurs instincts est blessé.

 

Très amicalement,

Bookineur

 

P.-S. : intéressant ton schéma en fer à cheval Fabien ! Les instinctifs en haut ça me semble coller puisqu'ils sont dans l'oubli de soi. Le 5 comme champion de la conscience de l'expérience intérieure me semble hyper intéressant et permet, il me semble, de comprendre une partie des gens qui hésitent entre 5 et 4 (on en croise tellement en ligne que je ne peux pas croire que ce sont TOUS des 6 ou des 9 !).

Le 6 étant plus proche de sa peur et de son vécu interne tourmenté, cela fait sens de le mettre avant le 7… mais après le 5, je ne sais pas ! Et si ce schéma s'avère corroboré par des témoignages, ce serait un insight pas fondamentalement surprenant mais en tout cas très intéressant sur l'axe 2-3 ! Je vous suivrai donc également avec intérêt, Fabien, Alice et le lapin (et Pocahantas ?) dans une conversation sur le forum à ce sujet.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Juste deux remarques en passant.

 

"Ceci dit, je crois que cela ne concerne que les peurs liées à l'ego du 6 de manière spécifique."

Il y a eu, il y a 14 ans, une discussion sur les peurs 6 et non-6 dans la discussion "Type de peur chez le 6".

 

"[…] permet, il me semble, de comprendre une partie des gens qui hésitent entre 5 et 4."

Il n'est pas besoin de nouveaux éléments théorique pour comprendre cela. Le domaine du 4 (cf. stage Ailes) explique pourquoi certains 4 se prennent pour des 5, l'inverse étant très rare.

 

Très amicalement,

Fabien

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Kitsada

Bonjour à tous,

 

Le 17/09/2018 à 09:34, Pocahontas a dit :

Par ailleurs, il doit y avoir un truc avec cette histoire d'acceptation ou pas de la peur dans la société, parce que j'ai discuté un peu du sujet avec mon mari ce week-end, et il a d'emblée expliqué la chose d'un point de vue sociétal, mais en prenant le contrepied de ce que suggère Lighyli plus haut. Grosso modo, d'après lui, montrer sa peur est mal vu, surtout chez les hommes, qui sont donc éduqués en conséquence. Ce serait, pour le coup, compatible avec ORANGE, dont la thématique principale est d'exprimer le soi de manière calculée de façon à ne pas déclencher l'agressivité des autres. Oui, parce qu'il m'a aussi expliqué que manifester sa peur pouvait être interprété par autrui comme le signal que l'on peut être agressé, voire dominé, comme cela se produit dans le règne animal.

C'est sûr, il y a à boire et à manger là-dedans, et je ne suis pas du tout calée sur ce(s) sujet(s). Dans l'immédiat, je me contente donc de vous rapporter l'avis de mon mari tel quel. Avis aux amateurs !

 

Oui… Pour ma part je confirme les dires de ton mari. D'un point de vue sociétal comme tu le dis, avoir peur pour un homme peut être mal perçu et pas très “glorieux”, qui plus est s'il a beaucoup de ROUGE comme c'était mon cas plus jeune.

 

Ça me rappelle d'ailleurs une anecdote. À 20 ans je partais en vacances en Thaïlande avec un ancien ami (un 7 je pense). À peine arrivé il avait prévu tout un programme pour notre première soirée. Tournée des bars, des boites, etc. Manifestement il n'avait pas prévu de dormir malgré les 12 heures de vol qu'on venait d'avoir. Très vite j'émettais les éventuels risques de son programme : “on ne connait personne ici”, “et si ça se passait mal”, “le monde de la nuit, c'est pas comme en journée”, “et le taxi, c'est loin, on va se faire arnaquer”, etc. Et là il me regarde, sidéré !! Et me lance “mais en fait, tu as PEUR !!”, comme s'il venait de découvrir une facette de ma personnalité, j'en avais moi-même pas conscience d'ailleurs. Comme s'il m'avait démasqué et il me dit qu'il me "dénoncera" à nos amis commun une fois rentré en France et que tout le monde va me tomber dessus.

 

J'ai bien entendu repris ma raison et me suis très vite improvisé en guide local intrépide pour le reste du séjour ! Mais vraiment c'était pour lui comme une honte, quelque chose d'incompatible avec notre milieu d'origine… Montrer de la peur dans un monde dominé par ROUGE (et ORANGE, je pense) est indéniablement une faiblesse. C'est prendre le risque de se faire dominer et malmener par l'autre.

 

Je fais également un parallèle avec les films de western (ah la dernière séance avec Eddie Mitchell !) que j'adorais regarder enfant. Tout le monde s'identifiait au héros, éventuellement au méchant (s'il était beau, fort et malin) mais jamais au lâche ou à celui qui dénonçait les autres pour sauver sa peau (par peur notamment), jamais…

 

Le 18/09/2018 à 11:16, Alice et le lapin a dit :

Je pense que c'est toi, Pocahontas, qui a vu juste, peut être est-il sécurisant pour un 6 de montrer sa loyauté au groupe en partageant avec lui son vécut intérieur ? Je remarque d'ailleurs que la partie du forum consacrée aux 6 est celle qui compte le plus grand nombre de contributions. Sommes nous plus éveillés que les autres, nous les 6 ? Je ne crois pas, non. :pt1cable: C'est surtout notre ego qui se manifeste ici comme ailleurs.

Loyauté quand tu nous tiens !

Dans un de ses livres, Don Richard Riso dit lorsqu'il parle d'identification : “le type 6 s'identifie fortement au besoin de répondre et de réagir à son anxiété intérieure, née de la perception d'un manque de soutien – Résiste à reconnaître le soutien et son propre guide intérieur…” Je suppose que pour les 6 le fait d'échanger et de participer activement et notamment sur ce forum est un moyen comme un autre de diminuer son anxiété intérieure… (J'espère que c'est pas une projection celle-là.)

 

Amicalement.

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