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Lighyli

Procrastination

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Lighyli

Bonjour à tous,

 

Je propose ce post dans la partie "Exploration comparée d'un thème chez tous les ennéatypes" car la procrastination n'est évidemment pas réservée aux 9 — bien qu'ils soient assez expert généralement. :happy: Mais je vais quand même parler de moi et de mon ego de 9

 

Je viens d'écouter cet excellent podcast : Petit éloge de la procrastination. Trente minutes de discussion autour d'un livre du philosophe américain John Perry : La Procrastination : L’art de remettre au lendemain [Version Kindle].

 

L'idée principale du livre est : un procrastinateur qui sait procrastiner efficacement peut être vu comme un bourreau de travail.

Le livre parle de procrastination structurée.

 

J'ai l'impression que ce concept raconte l'histoire de mon ego de 9.

Avec le temps, j'ai appris à trouver des façons de narcotiser vues de façon positive par mon entourage :

  • Jouer de la guitare (c'est vu comme quelque chose de classe ;
  • S'occuper de la généalogie familiale ;
  • Participer à certaines associations (je finis souvent président ou vice-président…) ;
  • Etc.

 

Si je classe ces choses là dans la case procrastination, c'est que, quand "je vais bien", je n'ai pas du tout envie de faire ces choses là !!

Ce sont vraiment des "actions" (centre instinctifs) à réaliser pour "oublier"…

 

Le début de l'accès à l'essence du 9 est là : sortir de l'oubli de soi !!

 

Le résultat, c'est que de nombreuses personnes de mon entourage me trouvent hyper-actif !! (Forcément, je "fais" un nombre incalculable de choses…)

 

La discussion du podcast est très intéressante. J'ai noté en vrac :

"La procrastination est une souffrance, c'est la souffrance de la non réalisation de soi."

"La procrastination, c'est se décaler par rapport à l'idée d'un chemin de réalisation de soi."

"Le secret de l'action, c'est de s'y mettre" (Alain à propos de Descartes).

(Cf. théorie philosophique de la volonté)

 

Est-ce que "retarder le faire", c'est "ne pas faire" ?

Globalement : excellent débat philosophique sur le sujet. :happy:

 

Lighyli

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci pour ce compte-rendu, Lighyli. Je voudrais rappeler une distinction que nous faisons dès le stage Bases. Il y a deux sortes de procrastination, celle du perfectionniste qui veut bien faire et celle de celui qui préfèrerait ne pas faire. Apparemment John Perry parle de la seconde.

 

Je suis aussi un procrastinateur hyper-actif. Mon expérience est cependant différente de la tienne. D'une part, l'activité ne sert pas à maintenir un oubli de soi mais elle est le plus souvent l'effet du sous-type social "Sacrifice". Ensuite, quand je procrastine vraiment, ce n'est pas une souffrance (pour mon ego) mais un voluptueux plaisir.

 

Très amicalement,

Fabien

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Lighyli

Merci pour ton retour Fabien. J'avais oublié cette distinction faite au stage Bases (ça tombe bien, je refais ledit stage dans 2 semaines :happy:). Du coup, je m'interroge sur mes procrastinations… qui, il me semble, sont des trois types…

  • J'avais témoigné ici de mon aile 1 qui a pour résultat une procrastination à ranger. C'est une procrastination du premier type (perfectionnisme).
  • Mais il m'arrive aussi de procrastiner en espérant ne pas faire (qui est le plus souvent illusoire). La plus courante.
  • Quand à la "procrastination voluptueux plaisir", elle peut arriver parfois, mais c'est plutôt le résultat de ma porte de compensation (cf. stage Connexions)…

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Lighyli

Bonjours à tous,

 

Suite à l'écoute du podcast, j'ai acheté le livre de John Perry que j'ai dévoré en quelques heures (je crois que c'est la première fois de ma vie que je lis un livre si vite — en même temps, il est très court).

 

Aucun doute : John Perry est 9… et la lecture de son livre a été un vrai shoot égotique jouissif pour moi !!! Ça m'a surpris !

 

Il décrit une vrai narcotisation de 9 : faire, mais pas le plus important. Sa description de la "procrastination structurée" ressemble beaucoup à la "narcotisation du 9".

 

Je cite le début du premier chapitre : "Voici des mois que j'aurais dû écrire cet essai. Pourquoi ai-je fini par m'y mettre ? Parce que j'ai du temps libre ? Eh non ! J'ai des copies à corriger, des commandes bibliographiques à passer, un projet de la National Science Foundation à évaluer et des thèses à diriger. Si j'ai décidé de me lancer dans cette entreprise, c'est justement pour me soustraire à toutes ces corvées. Telle est l'essence de ce que j'appelle la procrastination structurée, stratégie épatante dont j'ai découvert qu'elle transforme les procrastinateurs en foudre de guerre, respectés et admirés pour leur zèle infatigable et le bon usage qu'ils font de leur temps. […] Procrastiner, c'est remettre au lendemain ce que l'on devrait faire le jour même. La procrastination structurée est l'art de mettre à profit cette faiblesse de caractère."

 

Juste après, il précise bien : "Procrastiner n'équivaut pas à ne rien faire du tout. Le procrastinateur est rarement inactif : il s'adonne à des activités utiles mais marginales […]."


L'objectif du livre est de déculpabiliser cette attitude. Beaucoup de procrastinateurs souffrent de manque d'estime d'eux, le livre (plein d'humour et facile à lire) est là pour positiver tout ça !!

Forcément, mon ego jubile… :laugh:

 

En gros, le livre est un 9 qui explique que son ego de 9 est très bien comme ça, qu'il en est très fier et que c'est super pour telle et telle raisons.

 

J'ai pris quelques notes à la lecture sur les liens avec l'ennéagramme :

  • Un peu d'aile 1 (approche structurelle)&nbsp: 3e chapitre "procrastination et perfectionnisme" ;
  • Un petit peu (faible) d'aile 8 : page 90 ;
  • De l'aquoibonisme : fin du chapitre 9 ;
  • Et surtout plusieurs passages où la fuite du conflit est évidente !! :happy:

 

Et je conjecture même un 9 mu pour l'auteur pour plusieurs passages assez centrés sur l'émotionnel ainsi qu'une citation de Hayek dans la conclusion : "La vie en société telle qu'elle émerge spontanément, lorsque les choses sont laissées à elles-mêmes, est bien plus productive que la planification."

Pour moi, c'est une mise en avant du centre instinctif au détriment du centre mental.

 

Conclusion : j'ai beaucoup ri ! Au premier degré car c'est plutôt drôle comme livre, au deuxième degré tellement la description est juste… Et aussi ri jaune avec le recul de mes connaissances sur mon ego (lié à mon travail vertical)…

 

Parfait pour des 9 qui veulent faire un peu de travail horizontal… :wink:

 

Pour le travail vertical, je pense que ce type de lecture permet de mettre le doigt sur quelques fiertés égotiques… Ensuite, il reste à faire le travail de Libération (cf. stage Libération) !

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Et je conjecture même un 9 mu pour l'auteur pour plusieurs passages assez centrés sur l'émotionnel ainsi qu'une citation de Hayek dans la conclusion […]. Pour moi, c'est une mise en avant du centre instinctif au détriment du centre mental."

Qu'il soit alpha ou mu, le 9 a dans sa hiérarchie des centres l'instinctif avant le mental, sauf bascule du centre préféré.

 

La narcotisation hyper-active dont nous parlons ici n'a-t-elle pas justement pour but inconscient de permettre à l'ego de fonctionner (passion et fixation) sans pour autant aller jusqu'à la bascule de l'instinctif ?

 

Très amicalement,

Fabien

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Katz

Bonjour à tous,

 

Le sujet est en poupe puisque, tout récemment, une équipe de chercheurs allemands a publié, dans la revue Psychological Science, que deux zones du cerveau sont impliquées dans cette capacité ou non à faire une action en temps et en heure : « L’amygdale des procrastinateurs étant plus grosse et donc plus développée, ils vont plus avoir tendance à voir les conséquences négatives de leurs actions», expliquent les auteurs de la publication. Avant d’ajouter «de plus, comme leur connexion entre l’amygdale et le cortex cingulaire antérieur est plus faible, le cortex a plus de mal à sélectionner les actions à réaliser et à supprimer les actions ou les émotions concurrentes. » « La procrastination semble donc pouvoir s’expliquer anatomiquement et fonctionnellement. »

 

J’ai même trouvé par ailleurs qu’il existe une journée de la procrastination (25 mars 2018), et que les Français seraient les champions de la procrastination. Mais tout comme la France est un pays 4 sans que tous les Français soient 4, revenons plutôt à l'analyse qui nous intéresse.

 

En tant que 4 avec l’instinctif réprimé, je procrastine toute tâche administrative ou logistique, qui n’a évidemment aucun charme. Cela correspond évidemment au type de procrastination « de celui qui ne veut pas faire ».

 

Il m’arrive aussi de procrastiner dans le sens du perfectionniste car je me dis qu’il me faudra un temps fou pour atteindre le niveau de qualité que je vise. En ce cas, mon instinctif réprimé et mon sous-type Honte sont bien aux commandes. Je suis pourtant en train de découvrir petit à petit qu’il suffit de se jeter dans l’action, et qu’on a le droit d’améliorer ensuite, de se tromper et de corriger. À force de pointer mon sous-type Honte, il me semble qu’il a amorcé un affaiblissement (je sais qu’il me faudra de toute façon rester en vigilance). Le résultat est que je fais de plus en plus de choses laissées de côté depuis longtemps, en réalisant que cela n’a pas été bien long ni compliqué, et comme c’est gratifiant, en partie dans le sens du beau (améliorations de rangement / décors), cela m’incite à poursuivre. Ce qui m’aide aussi, c’est de cultiver le rappel de soi, d’être pleinement au présent.

 

Amicalement

Catherine

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"À force de pointer mon sous-type Honte, il me semble qu’il a amorcé un affaiblissement."

:thumb_up: Oui, observer et nommer un mécanisme égotique permet de commencer à le désamorcer.

 

Très amicalement,

Fabien

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Lighyli
Il y a 18 heures, Fabien Chabreuil a dit :

La narcotisation hyper-active dont nous parlons ici n'a-t-elle pas justement pour but inconscient de permettre à l'ego de fonctionner (passion et fixation) sans pour autant aller jusqu'à la bascule de l'instinctif ?

Oui (celui là est libre :wink:). C'est exactement ça.

 

Je me souviens très bien avoir "appris" cette narcotisation hyper-active au cours de l'adolescence. Je le raconte notamment dans mon premier post lors de mon stage de fin d'études.

 

Plus jeune, mon ego était dans une narcotisation passive jusqu'à ce qu'il apprenne petit à petit qu'il obtenait le même résultat (oubli de soi) en étant dans l'action ! Et en plus, il se rendait compte qu'il allait mieux ! Cette sensation d'être mieux dans l'action que dans le passif est liée plusieurs choses :

  • elle permet d'améliorer le problème de bascule du centre instinctif,
  • elle améliore la confiance en soi (j'ai "fait" des choses, c'est cool !),
  • confiance améliorée par le fait que les gens autour de nous nous renvoient du positif ("ouahouuu, il a fait tout ça! ?"),
  • et surtout, souvent, ça diminue les conflits ! Par exemple, un petit enfant 9 qui range sa chambre (pour une fois) aura sa mère qui ne le grondera pas, en plus de le féliciter.

Indirectement, c'est un début de travail sur soi !

 

En stage, je me souviens comme si c'était hier de Patricia dire : "Pour aider un 9, allez marcher avec lui pour parler" — en gros, commencer par mettre le centre instinctif en marche. Ça a été une révélation tant c'est quelque chose que j'avais découvert sans m'en rendre compte : elle venait de mettre les mots sur un sentiment très profond.

Pour moi, ce besoin d'action est vraiment une évidence aujourd'hui.

C'est la base du travail horizontal pour un 9.

 

La narcotisation active procure donc bien le résultat d'un ego qui continue à vivre sa passion et fixation, mais sans la bascule du centre instinctif.

Un 9 qui a vraiment bien intégré cela va beaucoup mieux. En général, c'est quelqu'un d'actif dans sa vie et plutôt bien intégré dans notre société ORANGE.

 

C'est un bon début (nécessaire?) pour faire un travail plus vertical.

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