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Simechau

Type 1-type 6, on s'aime

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Simechau

Je préside bénévolement une association de paires professionnelles. Cette association compte une vice-présidente, qui s’appelle B., avec laquelle je travaille avec bonheur. Manifestement son fonctionnement égotique relève du type 1.

 

J’aime bien travailler avec elle. Aussi, pour lui indiquer ce que j’apprécie dans son mode de fonctionnement, ce que je trouve beau, sans doute parce que je ne possède pas ce qu’elle possède, je lui adresse le mail suivant : « Message du jour, j’apprécie ta précision, ton honnêteté et ta rigueur. » Elle me répond par le message suivant : « Mes filles me disent que je suis une mère  psychorigide. [Ces filles sont des adultes.] J’aime travailler avec toi car tu es toujours dans le questionnement, jamais dans la condescendance. »

 

Aussi, voici quelques anecdotes relatives à notre collaboration.

 

Très régulièrement, je la sollicite pour avoir son avis ou sa perception. Elle répond systématiquement, et toujours exhaustivement et précisément, à toute sollicitation. Si je lui adresse un document, quelle que soit sa taille, 1 page, 10 pages, 45 pages, elle va tout lire dans le détail et me retourner le document avec les modifications, les corrections, enrichissements qu’elle y a apportés et qui ne manquent pas (orthographe, grammaire, ponctuation, mise en page, surlignage, choix des mots, ajouts, remarques de fond, précisions, couleurs…)

 

Quand je lui pose une question technique, elle rentre dans les très très nombreux détails les plus infimes, et malgré toute l’attention que j’y porte, j’ai vraiment du mal à suivre ce qu’elle m’explique, car c’est tellement, tellement détaillé, qu’à la fin, je suis perdu. Alors, sans que je lui dise quoi que ce soit, sans doute en prend-elle conscience, elle m’interroge : « C’est trop dans le détail, Simechau ? » Effectivement c’est extrêmement détaillé. Alors je trouve, en quelque sorte, une périphrase et je dis : « Oui, c’est vraiment très, très, très précis. » Alors, je pense qu’elle comprend le message et elle me laisse synthétiser ce qu’elle a produit, afin que cela puisse être produit dans une forme et un format, qui puissent être accessibles au plus grand nombre.

 

En ma qualité de président de l’association, j’ai préparé longuement l’assemblée générale annuelle de l’association. Cela m’a demandé énormément de temps et d’énergie : chercher et trouver le lieu, bâtir l’ordre du jour, rechercher et cadrer les intervenants, concevoir et lancer les invitations, organiser le déjeuner, préparer le bilan moral et les perspectives pour l’avenir, etc., etc. Dans tout ce travail, je n’ai pas produit de document écrit susceptible d’être donné aux participants. Le jour venu, l’assemblée générale se déroule bien. Je suis plutôt content de moi.

Alors, elle me fait un compliment à sa façon. « Ça aurait été mieux s’il y avait un document écrit, qui retrace tes interventions orales », me dit-elle. Je prends du recul et je comprends que c’est pour elle un compliment qu’elle formule, que c’est sa façon de reconnaître tout le travail que j’ai accompli. Comme elle m’aime bien, je présume, elle m’indique une marge de progression pour l’avenir : distribuer un document écrit, c’est quand même mieux.

Ceci étant dit, j’aurais préféré un compliment tout simple du style : « C’est bien ce que tu as fait, Simechau. »

 

Toujours concernant le déroulement de l’assemblée générale, je l’ai préparée avec soin et avec précision pour que tout se déroule bien comme je l’ai prévu, et pour limiter les risques (dont la plupart sont imaginaires bien sûr, fonctionnement égotique de type 6 conscientisé désormais). Malheureusement, à un moment donné, une question totalement imprévue est soulevée par un participant. Elle concerne une modification des statuts de l’association, pour adapter cette dernière à son environnement. Comme c’est totalement imprévu, je n’ai pas le temps de réfléchir et je ne veux pas décider sans réfléchir Ce serait trop risqué. Et en plus on n’en n’a pas parlé en groupe, en Conseil d’Administration. Ma pente égotique désormais identifiée me conduit à penser qu’il conviendrait donc de réfléchir, à la réflexion, qui réfléchit à réfléchir, avant d’agir. Quant à prendre une décision immédiate, n’y pensons même pas, ça c’est autre chose.

En désespoir de cause, je me penche vers ma vice-présidente et lui murmure à l’oreille : « On fait quoi, B. ? » En deux secondes, immédiatement et spontanément, et sans doute aucun, elle me répond : « On change les statuts. » Je répète devant l’assemblée : « Bon, eh bien, on change les statuts. » Ouf, j’ai décidé, je suis fier de moi.

Manque de chance, et ce n’est pas prévu non plus, un membre de l’assemblée prend la parole et indique qu’un changement de statuts doit être fait en assemblée générale extraordinaire. Je me tourne à nouveau désespérément vers B. : « B., on fait quoi ? » Cette fois, elle prend la parole directement et déclare péremptoirement et avec beaucoup de conviction et d’aplomb : « C’est une assemblée générale extraordinaire. » Son affirmation est fausse, mais comme elle l’a dit avec beaucoup de conviction, cette dernière n’a pas suscité de débat et la modification des statuts a été entérinée.

Deux jours après l’Assemblée Générale, B. m’envoie les nouveaux statuts qu’elle a rédigés à la perfection, en me demandant de signer en ma qualité de président.

J’observe qu’elle est parvenue, au cours d’une assemblée générale, à faire en quarante secondes d’action, ce que j’aurai mis des semaines à faire, en conduisant une interminable réflexion  personnelle puis collective, conformément à l’idée que je me fais du respect à porter au fonctionnement du groupe.

Je précise que la modification des statuts, est, sur le fond, extrêmement pertinente, puisqu’elle permet à l’association d’accueillir de nouveaux membres, issus d’un environnement en évolution et auquel l’association doit s’adapter

 

Pour finir, j’invite ma vice-présidente à déjeuner elle me répond : « Ce sera avec plaisir Simechau, mais il faut que ce soit un jour qui correspond à mon planning. » Du coup, je m’en réjouis par avance, mais ce jour-là, je n’ai pas intérêt à être en retard. Cela ne se fait pas.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci Simechau pour ces anecdotes. Je suis bien placé pour savoir à quel point une équipe mental-instinctif est complémentaire.

 

Il me semble que pour la dernière anecdote, plus d'informations seraient utiles pour mieux comprendre le fonctionnement de B. :

  • J'ai été un peu surpris par la rapidité de sa réaction lors de l'assemblée générale. Il est en effet assez rare qu'un 1 prenne des décisions aussi rapides de peur de commettre des erreurs. Est-elle de variante mu ? Est-il possible que la question n'était pas imprévue pour elle, qu'elle connaissait le problème et y avait déjà réfléchi ?
  • As-tu une idée des motivations qui l'ont amené à affirmer de manière inexacte que cette réunion était une assemblée générale extraordinaire ? Cela transgresse certaines valeurs mais ce ne sont peut-être pas les siennes…

Très amicalement,

Fabien

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Pocahontas

Bonjour à tous,

 

Merci Simechau pour ce nouveau témoignage.

 

Je mets mon grain de sel dans la discussion avec une autre petite question. :happy:

 

"En désespoir de cause, je me penche vers ma vice-présidente et lui murmure à l’oreille : « On fait quoi, B. ? » En deux secondes, immédiatement et spontanément, et sans doute aucun, elle me répond : « On change les statuts. » Je répète devant l’assemblée : « Bon, eh bien, on change les statuts. » Ouf, j’ai décidé, je suis fier de moi." [Mise en gras par moi.]

Ce serait-y pas une projection par hasard ?

 

Ça me semble tellement gros…

 

Je fais la remarque parce que ça fait plusieurs mois que je travaille sur les miennes, que j'essaye de les repérer et de les lever, et, une chose qui m'aide particulièrement, c'est de commencer par repérer les personnes qui représentent une autorité pour moi. Ce sont en général des personnes importantes pour moi, pas forcément d'un point de vue affectif, mais je sens et observe que ma relation avec elles active ma compulsion de loyauté parce que je me sens souvent "obligée" vis-à-vis d'elles par exemple. Je les considère aussi quasi unanimement comme des soutiens réels et/ou potentiels face à n'importe quel danger, imaginé, ou pas, et cela peut être régulier pour certaines, et ponctuel pour d'autres. Avec le temps, les observations s’affinent aussi.

 

En tout cas, cela peut constituer un point de départ pour de futures observations si tu le souhaites Simechau. :wink:

 

Bien amicalement,

Pocahontas

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Simechau

Bonjour,

 

Merci pour vos observations.

 

Il y a 9 heures, Fabien Chabreuil a dit :

Est-il possible que la question n'était pas imprévue pour elle, qu'elle connaissait le problème et y avait déjà réfléchi ?

As-tu une idée des motivations qui l'ont amené à affirmer de manière inexacte que cette réunion était une assemblée générale extraordinaire ?

Décidément Fabien, on ne peut rien te cacher. Je précise et confirme sans ambiguïté : la question n'était pas imprévue pour elle. Nous en avions discuté, à plusieurs reprises au téléphone et longuement. Elle connaissait le problème et y avait déjà longuement réfléchi.

 

Concernant ses motivations, je ne sais pas. La prochaine fois que je déjeune avec elle, je lui poserai la question pour savoir, en fait, pourquoi, n'ayons pas peur des mots, elle a menti avec autant d'aplomb.

 

Il y a 2 heures, Pocahontas a dit :

"En désespoir de cause, je me penche vers ma vice-présidente et lui murmure à l’oreille : « On fait quoi, B. ? » En deux secondes, immédiatement et spontanément, et sans doute aucun, elle me répond : « On change les statuts. » Je répète devant l’assemblée : « Bon, eh bien, on change les statuts. » Ouf, j’ai décidé, je suis fier de moi." [Mise en gras par moi.]

Ce serait-y pas une projection par hasard ?

Ah non ! Je confirme : c'est bien moi qui ai décidé.

 

Dans le cas présent, l'autorité c'est moi, puisque je suis le président. J'ai pleinement conscience de cela. En ma qualité de président, et donc de détenteur de l'autorité, je peux, si je le décide, ne pas formuler publiquement et à haute voix ce que me murmure B. à l'oreille, à savoir : "On change les statuts." Je décide en conscience de formuler "on change les statuts" car cette décision est conforme à l'idée que je me fais de ce qui est bien pour le groupe. À savoir : le changement de statut, c'est la possibilité pour le groupe de s'enrichir de nouveaux membres sans altérer sa nature. C'est la possibilité pour le groupe de s'adapter avec pertinence à un environnement qui change.

 

Dans le cas présent, en fait, j'utilise, je m'appuie, pour prendre une décision, sur l'instinctif de B. Instinctif qui chez moi est souvent paralysé, réprimé.

 

Ensuite cela m'a fait un bien fou car j'ai pu éprouver que pour prendre une décision, je ne suis pas obligé de passer par une interminable réflexion, qui réfléchit à réfléchir à la réflexion qui réfléchit à réfléchir. Grâce à B., j'ai pu éprouver qu'il est des décisions  qui se prennent dans l'instant et qui peuvent se révéler être tout à fait pertinentes. J'ai pris conscience que B. possède quelque chose que, en l'état, à ce jour, je ne possède pas ou possède à l'état latent.

 

Toujours dans la même logique, quand B. a affirmé à tort "C'est une Assemblée Générale extraordinaire", j'ai décidé de ne pas intervenir parce que cela était conforme à ce que je souhaitais au fond : un changement de statut.

 

Alors non, selon moi, pas de projection dans ce cas-là.

 

Mais promis, juré, dès que je me repère en flagrant délit de projection, je publierai sur le site. Mais la projection, ce n'est pas aisé à repérer et pour y parvenir, peut-être faut-il un regard extérieur avisé, bienveillant et attentif. Ce qui n'est pas si courant non plus.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"La projection, ce n'est pas aisé à repérer et pour y parvenir, peut-être faut-il un regard extérieur avisé, bienveillant et attentif."

Oui, beaucoup de 6 n'y arrivent pas tout seul. Tu peux néanmoins essayer de te demander ce que tu penses et/ou ressens à chaque fois que tu imagines ce que pense et/ou ressent une autre personne qui ne t'a rien exprimé.

 

"Ce qui n'est pas si courant non plus."

Quand on a une épouse qui vous prépare de délicieux petits plats et vous les propose avec délicatesse, il ne devrait pas y avoir à chercher loin.

 

Très amicalement,

Fabien

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Pocahontas

Bonjour à tous,

 

Il y a 18 heures, Simechau a dit :
Il y a 20 heures, Pocahontas a dit :

"En désespoir de cause, je me penche vers ma vice-présidente et lui murmure à l’oreille : « On fait quoi, B. ? » En deux secondes, immédiatement et spontanément, et sans doute aucun, elle me répond : « On change les statuts. » Je répète devant l’assemblée : « Bon, eh bien, on change les statuts. » Ouf, j’ai décidé, je suis fier de moi." [Mise en gras par moi.]

Ce serait-y pas une projection par hasard ?

Ah non ! Je confirme : c'est bien moi qui ai décidé.

Et bien bravo Simechau !

 

Je suis restée prudente parce que "Ça me semble tellement gros…" et aussi parce que je sais que dans le domaine de projection, je suis sur un terrain difficile.

"Tu peux néanmoins essayer de te demander ce que tu penses et/ou ressens à chaque fois que tu imagines ce que pense et/ou ressent une autre personne qui ne t'a rien exprimé." comme dit Fabien.

Là, c'est le rapprochement entre le fait que B. ait réellement pris la décision, que tu dises "J'ai décidé, je suis fier de moi" et la présence du "on" un peu partout quand tu parles du duo que vous formez qui m'a interpellée.

 

J'ai déjà observé un scénario similaire se mettre en place à plusieurs reprises chez moi, raison pour laquelle je te posais la question. Il s'agit de projections associatives (cf. conversation sur la projection) qui me dédouanent de prendre moi-même une décision qui active ma compulsion. Voici donc ce que j'avais ici imaginé (projeté sur toi du coup :mouais:) :

  1. Bascule du mental ("Que fait-on ?" désespéré).
  2. Activation de tous les mécanismes égotiques du 6 (peur, doute/suspicion, évitement de la déviance et donc projection).
  3. Projection de ton pouvoir décisionnaire sur B. ("Je ne veux/peux pas prendre cette décision, je risque d’être déviant").
  4. B. prend la décision.
  5. Tu t’y associes en confiance puisque c’est assumé par B. ("Ouf, ça n’est pas déviant !")
  6. "Je suis fier de moi car j’ai pris la décision" (projection associative avec B., elle a pris la décision donc "c’est toi" qui a pris la décision).

 

J'en profite en passant pour redonner la définition de ce mécanisme : "Le 6 attribue inconsciemment à autrui des pensée, des émotions, des désirs, des projets, des théories, des croyances, des jugements, des opinions qui lui appartiennent en propre. Le 6 est persuadé de la réalité objective de ce qu’il prête aux autres. La projection permet de ne pas exprimer quelque chose de personnel qui pourrait être considéré comme déviant par son « groupe ». Cela lui permet de tester sans risque ses idées et de les exprimer, les adapter ou les abandonner selon la réaction obtenue." (Le Grand livre de l'Enneagramme des Chabreuil, p. 86).

 

Il y a 18 heures, Simechau a dit :

Mais la projection, ce n'est pas aisé à repérer

Je le reconfirme. C'est aussi pour ça qu'on commence par passer par des biais d'attention, on peut difficilement faire autrement au départ.

 

Bien amicalement,

Pocahontas

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Yves

Bonjour à tous,

 

Merci Simechau de ces témoignages précis, clairs et intéressants. J'aimerais te poser juste une petite question de compréhension.

 

Le 03/04/2018 à 13:56, Simechau a dit :

J’aime bien travailler avec elle. Aussi, pour lui indiquer ce que j’apprécie dans son mode de fonctionnement, ce que je trouve beau, sans doute parce que je ne possède pas ce qu’elle possède, je lui adresse le mail suivant : « Message du jour, j’apprécie ta précision, ton honnêteté et ta rigueur. »

[...]

Toujours concernant le déroulement de l’assemblée générale, je l’ai préparée avec soin et avec précision [...].

De la précision (sans excès) et de l’honnêteté, j’en perçois dans tes messages, Simechau. Je ne trouve pas que tu ne possèdes pas ces qualités. Ce que tu pensais, à ce moment-là, qu’elle possède et que tu ne possèdes pas, était-ce autre chose que « [la] précision, [l’]honnêteté et [l]a rigueur » ?

 

Amicalement,

Yves

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Simechau

Bonjour à tous,

 

Le 05/04/2018 à 08:49, Pocahontas a dit :

J'ai déjà observé un scénario similaire se mettre en place à plusieurs reprises chez moi, raison pour laquelle je te posais la question. Il s'agit de projections associatives (cf. conversation sur la projection) qui me dédouanent de prendre moi-même une décision qui active ma compulsion. Voici donc ce que j'avais ici imaginé (projeté sur toi du coup :mouais:) :

  1. Bascule du mental ("Que fait-on ?" désespéré).
  2. Activation de tous les mécanismes égotiques du 6 (peur, doute/suspicion, évitement de la déviance et donc projection).
  3. Projection de ton pouvoir décisionnaire sur B. ("Je ne veux/peux pas prendre cette décision, je risque d’être déviant").
  4. B. prend la décision.
  5. Tu t’y associes en confiance puisque c’est assumé par B. ("Ouf, ça n’est pas déviant !")
  6. "Je suis fier de moi car j’ai pris la décision" (projection associative avec B., elle a pris la décision donc "c’est toi" qui a pris la décision).

Merci pour ce descriptif précis d'un mécanisme automatique auquel je ne suis pas certain de ne pas succomber. Je vais donc bien conserver ce descriptif. Merci pour la définition de la projection, je la conserve également.

 

Pour revenir à la situation que j'ai décrite et pour préciser.

 

C'est moi qui ai formulé à haute voix "on change les statuts", ce que m'avait murmuré B. à l'oreille. En conscience,  je me suis "servi" de B. comme d'un levier. Je voulais le changement de statut. Est ce que j'aurai pu porter et assumer seul la proposition de changement de statut ? La réponse est oui, car je le crois et pense juste. Mais je ne l'aurai pas fait sous cette forme directe, immédiate, imprévue. J'aurai renvoyé et porté la question à une réflexion et une concertation en Conseil d'Administration, puis je l'aurai inscrite à l'ordre du jour d'une Assemblée Générale. Avec B., en utilisant son énergie instinctive, je suis allé plus vite et cela a été plus efficace, à mon sens. 

 

Par contre, je n'ai pas formulé à haute voix : "C'est une assemblée générale extraordinaire." C'est B. qui l'a fait, et ensuite très rapidement, on est passé à autre chose car il y a eu une autre question posée dans l'assistance, dans un autre domaine. Je ne l'ai pas formulé à haute voix car je pense que c'était sans doute trop déviant pour moi par rapport au respect de la règle du groupe et plus globalement du groupe en tant que tel. 

 

Le 05/04/2018 à 08:55, Yves a dit :

De la précision (sans excès) et de l’honnêteté, j’en perçois dans tes messages, Simechau. Je ne trouve pas que tu ne possèdes pas ces qualités. Ce que tu pensais, à ce moment-là, qu’elle possède et que tu ne possèdes pas, était-ce autre chose que « [la] précision, [l’]honnêteté et [l]a rigueur » ?

Je me reconnais aisément des aptitudes à la précision, aptitudes que je sais mettre en œuvre, et je peux et sais pratiquer la vertu d'honnêteté vis-à-vis de moi-même et vis-à-vis des autres.

 

Dans le cas présent, j'ai apprécié l'énergie décisionnelle de B., sa capacité à répondre immédiatement et précisément. Je n'ai pas senti de doute, d'hésitation interrogative sous-jacents dans sa formulation, dans sa décision. J'ai senti une force juste, qui ne doute pas, et j'ai trouvé cela beau et cela m'a plus chez B. Sa capacité à décider sans passer par "l'interminable réflexion qui réfléchit à réfléchir à la réflexion" m'a plu.

 

Pour moi, décider de quelque chose sans passer par la réflexion qui réfléchit, sans passer par le doute est assez difficile.

 

En même temps, en  écrivant cela, j'ai bien conscience que dans une journée, je prends plusieurs dizaines de décisions.

 

Donc le travail sur moi, le travail sur mon soi continue.

 

Amicalement.

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Simechau

Bonjour à tous,

 

Le 05/04/2018 à 08:55, Yves a dit :

De la précision (sans excès) et de l’honnêteté, j’en perçois dans tes messages, Simechau. Je ne trouve pas que tu ne possèdes pas ces qualités. Ce que tu pensais, à ce moment-là, qu’elle possède et que tu ne possèdes pas, était-ce autre chose que « [la] précision, [l’]honnêteté et [l]a rigueur » ?

Ce que j'ai trouvé très bien dans l'attitude de B., ce qui me fait envie, ce à quoi j'aspire probablement, c'est exactement cela, je cite : "Un savoir-faire plus instinctif, débarrassé des raisonnements peureux, qui retardent l'action."

 

J'ai trouvé cette phrase page 192 du roman d'Andrei Makine, L'Archipel d'une autre vie (collection Points, août 2017) [Version Kindle].

C'est exactement cela. Merci Andrei Makine.

 

Amicalement.

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