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Simechau

Auto-observation et mesure interne de mes progrès

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Simechau

J’ai une réunion dans quelques jours avec les responsables avec lesquels je travaille. Je précise qu’il s’agit d’une réunion habituelle. Il y en a environ 8 par an depuis 4 ans, j’en ai donc déjà pratiqué 32 au total.

 

Pour autant, une réunion à venir génère toujours chez moi, peur, doute et suspicion, sur la base probablement des mécanismes égotiques suivants :

 

La peur

 

Peur de ne pas y arriver, peur d’être mis en cause, peur d’avoir fait incorrectement, peur d’être accusé, peur de ne pas être à la hauteur.

 

Ces peurs sont non fondées objectivement, car si je prends la peine de réfléchir ou plutôt de revenir dans mon corps, car ce que je nomme réflexion dans ce cas précis me conduit inexorablement, quand la peur est là, à une rumination mentale stérile alors que je sais que je suis tout à fait en capacité d’animer et de conduire ses réunions, de répondre avec pertinence à toute question qui m’est posée.

 

Doute et suspicion

 

Il y a surement quelque chose de dangereux, qui se trame, à mon insu, et tout prétexte factuel inhabituel, même infime, est interprété par mes soins comme un complot, une source de risques potentiellement menaçant pour ma sécurité.

 

Dans ce cas précis, ce qui déclenche automatiquement doute et suspicion, c’est que, pour une fois, je n’ai pas préparé l’ordre du jour de la réunion, c’est ma responsable qui l’a préparé. Je précise qu’elle prend la peine quand même, dans ce cas précis, de me demander, au préalable, avant diffusion, si je souhaite ajouter des points à l’ordre du jour qu’elle a préparé.

 

Comme je n’ai pas préparé l’ordre du jour, je me sens complétement insécurisé, car j’ai l’impression de ne pas maitriser le déroulement de la réunion, et donc de courir des risques. Ces risques sont bien sûr objectivement imaginaires (le fruit de mon imagination), mais pour moi, dans ma perception, ils sont réels, je les sens, les ressens et les perçois.

 

Relations complexes et ambivalentes à l’autorité

 

Soumission/Contestation-Contestation/Soumission-Besoin/Rejet-Rejet/Besoin.

 

Je prends connaissance de l’ordre du jour de la réunion vers 17 heures.

 

À partir de 17 heures, la peur s’installe et la rumination mentale débute automatiquement. La réunion a lieu dans 2 jours. Je suis emporté par mes automatismes. J’entre en transe, en transe hypnotique, c’est le cas de le dire. Cela va durer de 17 heures à 2 heures du matin, car je ne parviens pas à sortir de cet état avant 2 heures du matin. Je suis en transe, je ne pense qu’à cela, qu’à cette réunion et aux risques potentiels que j’y projette, impossible de me concentrer sur autre chose.

 

En désespoir de cause, je me remémore une technique du stage Éveil. Je ressens de la peur à l’idée de cette réunion. Est-ce que je ressens de la peur à l’idée de cette réunion ? Je ne ressens aucune peur à l’idée de cette réunion. Est-ce que je ne ressens aucune peur à l’idée de cette réunion ? Je suis le créateur et l’observateur de cette transe.

 

2 heures du matin, ça y est, je suis apaisé Je vais pouvoir dormir, ouf !

 

On est maintenant le lendemain matin. Je me sens bien, la lucidité est revenue.

 

Au regard de cette situation précise, je peux donc établir le bilan suivant dans mon cheminement personnel et à mon échelle personnelle et singulière.

 

J’ai consommé 9 heures d’énergie (de 17 heures à 2 heures du matin) à vivre ma peur et à m’enfermer dans une rumination mentale stérile et inappropriée.

 

Aujourd’hui, je peux déceler ce mécanisme, en être conscient, y mettre un nom, et en sortir. Je pense que durant des années, je n’ai pas été conscient de ce mécanisme et il a pu parfois fonctionner et s’auto-alimenter, des jours, des semaines, sans que j’en sois conscient. Aujourd’hui, je peux le repérer et y mettre un terme, certes avec difficulté parfois et avec du temps, mais j’y parviens.

 

Cela me donne de la joie, et dans mon cheminement vers une conscience plus large, il y a de bons moments de joie, dont celui de ce matin, un éclair de lucidité dans les ténèbres.

 

Je sais déjà que les mécanismes égotiques que je décris ci-dessus vont revenir, mais maintenant je crois bien que je peux les reconnaître, les identifier, les vivre et y mettre un terme, certes pas toujours et pas nécessairement tout de suite.

 

C’est beau la vie, non !

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci Simechau de ce nouveau témoignage. Puisque une partie du titre que tu as donné à cette discussion est "mesure interne de mes progrès", je vais permettre quelques indications de mesure externe. Je rappelle que ces mesures peuvent se faire avec une certaine objectivité à l'aide de deux outils que tu as étudié au stage Essence il y a environ sept mois : le tableau des niveaux de fonctionnement des centres et l'ennéagramme des processus cartographiant l'évolution spirituelle et qui est mentionné sans trop de détails dans cet article. Je vais utiliser ce dernier dont il est bon de rappeler que ce n'est pas une action unique mais un cycle qui se répète tout au long de l'existence.

 

De toute évidence, un beau parcours a été fait sur les points 1 et 2 de connaissance de soi et des autres. Tes différents messages sur ce forum montrent une connaissance lucide de la présence des mécanismes de base de ton ennéatype, et les analyses que tu as pu faire de tes interlocuteurs m'ont paru pertinentes.

 

Il est aussi flagrant que le point-choc 3 a été franchi et le travail émotionnel de pardon et de compassion largement entamé. En témoignent, me semble-t-il, des phrases comme "C'est beau la vie, non !" dans cette conversation ou par exemple "Peur et courage, je vous aime" dans une autre.

 

Il te reste à franchir le point-choc 6 et à entamer les étapes de métanoïa et de service

 

Quand tu écris "En désespoir de cause, je me remémore une technique du stage Éveil", je ne peux que déplorer ce "en désespoir de cause". Les techniques du stage Éveil — en passant, je ne suis pas certain que tu as pratiqué la bonne technique, le traitement des suggestions hypnotiques n'étant pas le plus adapté à une création de sensation  — ne sont pas faites pour résoudre des crises mais pour constituer une discipline de vie, comme celles du stage Essence dont le rappel de soi qui, à mon avis, t'aurait bien aidé. Bref, il s'agit maintenant pour toi de prendre la métanoïa à bras le corps afin que les mécanismes égotiques dont tu "sais [qu'ils] vont revenir" reviennent moins souvent.

 

Dans le cadre de ce forum au moins, le service pourrait être à travailler aussi. Seule une part minuscule de tes interventions sont des réponses à des conversations que tu n'as pas initiées et, même pour celles que tu as créées, tu ne réagis que peu aux réponses qui te sont faites.

 

Voilà mon avis extérieur. Personnellement, je pense le bilan positif et je trouve magnifique le chemin que tu as parcouru en seulement quinze mois.

 

Très amicalement,

Fabien

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Simechau

Bonsoir à tous,

 

Je ressens vraiment beaucoup de joie à la lecture de ton message, oui vraiment de la joie, beaucoup.

Je veux t'exprimer aussi ma gratitude.

Voilà un homme Fabien Chabreuil qui lit tout dans le détail avec précision et qui partage avec bienveillance ce qu'il a éprouvé. 

Je ressens ce que tu écris dans ce message comme tout particulièrement juste et extrêmement bienveillant, merci beaucoup. 

 

Sur le fond et la technique, je n'avais pas du tout compris ce que pouvait bien être une création de sensation. Maintenant j'ai compris. Dans le stage Éveil, peut être conviendrait-il d'écrire "création de sensation et d'émotion".

Dans le cas présent que je décris, il s'agit bien d'une création de sensation et non pas d'une suggestion hypnotique, et donc l'outil que j'ai utilisé n'était pas le plus adapté , c'est le moins que l'on puisse dire.

Le rappel à soi est également un outil que je vais exploiter.

Sur le "en désespoir de cause", il est vrai que j'ai préféré patauger dans le marécage du fonctionnement égotique plutôt que d'aller sur la rive et d'y utiliser mon énergie à d'autres fins plus utiles à moi même et aux autres, alors que je sais maintenant que la rive existe et que je peux y accéder.

 

Je ressens ton message comme une poussée bienveillante dans le dos qui signifie : "Vas y maintenant, la suite, Simechau, la métanoïa et le service."

 

Je vais y aller, je le sais. Il demeure quelques obstacles, je les sais familiers. Je crois que je les ai identifiés. Le doute sur ma capacité à le faire. La peur de mal faire, de faire mal par des phrases inappropriées aux situations écrites et décrites, que je ressens souvent comme bien complexes et toujours sensible pour la personne concernée. Un reste de croyance de fond à effacer, qui serait la suivante : "Au fond, on est tout seul, et si je suis tout seul, les autres ne peuvent rien pour moi. Et si je suis tout seul, l'autre est aussi tout seul et donc je ne peux rien pour lui."

Je pense que j'ai en moi, ce reste de croyance fausse.

Aujourd'hui, j'ai la conviction qu'un homme libre, c'est un homme qui est lié, relié à autre que lui. C'est le lien qui est créateur de liberté.

 

Bon eh bien voilà , je m'en vais cheminer dans la direction que tu as la bienveillance de m'indiquer, je sais au fond de moi, que je le peux.

Fabien, j'aime tes messages et donc toi puisque tu es tes messages. Donc Fabien je t'aime en même temps que je m'aime.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Je suis heureux, Simechau, que tu as vécu mon message comme utile. Il se voulait effectivement une "poussée bienveillante", une aide à franchir le point 6 de l'ennéagramme des processus qui, pour être un point-choc, n'a pas besoin d'être violent !

Je suis très touché de la manière dont tu as exprimé ton ressenti. Merci vraiment. :heart:

 

"Dans le stage Éveil, peut être conviendrait-il d'écrire “création de sensation et d'émotion”."

Toute émotion est associée à une sensation mais elle est plus que cela. Une émotion, c'est une sensation à laquelle nous donnons un sens. De ce fait, une émotion est associée à une création de sensation et à d'autres transes qui peuvent être repérées et déconstruites. Tu as raison sur le fait qu'il faudrait certainement insister sur ce point.

 

"Aujourd'hui, j'ai la conviction qu'un homme libre, c'est un homme qui est lié, relié à autre que lui. C'est le lien qui est créateur de liberté."

Effectivement la liberté de l'essence ne se vit complètement que dans le lien du service, un lien qui nous laisse et laisse l'autre libre.

 

"Il demeure quelques obstacles, je les sais familiers. Je crois que je les ai identifiés."

La liste que tu as dressée me semble juste et tu peux déconstruire les transes associées. Cependant, pour la croyance sur la solitude, il s'agit de travailler dessus avec prudence. C'est OK si tu lâche prise par rapport à elle mais pas si tu t'y opposes. En effet cela renforcerait le besoin égotique d'être relié à un groupe. Tu as vu cela lors du stage Néti Néti ainsi que les exercices à faire pour ce type de croyances.

 

Très amicalement,

Fabien

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