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l’ennéagramme

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Simechau

La peur selon René Guénon

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Simechau

Voilà un texte de René Guénon, qui m’a beaucoup parlé, alors je le partage sur le forum, la peur étant pour mon fonctionnement égotique de type 6 alpha, une compagne familière, dont je reconnais et distingue maintenant l’existence et l’influence permanentes, sur mes actes et comportements.

 

Les parties du texte qui sont en caractère gras le sont de mon fait. Il s’agit des phrases qui me parlent, tout particulièrement et font sens pour moi. Je ne suis pas certain de les comprendre complètement, mais je les ressens comme vraies, à ce stade.

 

Pages 32 et 33 :

René Guénon a dit :

Il faut encore expliquer plus complètement comment la peur résulte de l’ignorance, d’autant plus que nous avons eu récemment l’occasion de constater à ce sujet une erreur assez étonnante : nous avons vu l’origine de la peur attribuée à un sentiment d’isolement, et cela dans un exposé se basant sur une doctrine vêdântique, alors que celle-ci enseigne expressément que la peur est due au sentiment d’une dualité ; et, en effet, si un être était vraiment seul, de quoi pourrait-il avoir vraiment peur ? On dira peut-être qu’il peut avoir peur de quelque chose qui se trouve en lui-même ; mais cela même implique qu’il y a en lui, dans sa condition actuelle, des éléments qui échappent à sa propre compréhension, et par conséquent une multiplicité non unifiée ; le fait qu’il soit isolé ou non n’y change d’ailleurs rien et n’intervient aucunement en pareil cas. D’autre part, on ne peut pas invoquer valablement, en faveur de cette explication par l’isolement, la peur instinctive éprouvée dans l’obscurité par beaucoup de personnes, et notamment par les enfants ; cette peur est due en réalité à l’idée qu’il peut y avoir dans l’obscurité des choses qu’on ne voit pas, donc qu’on ne connaît pas, et qui sont redoutables pour cette raison même ; si au contraire l’obscurité était considérée comme vide de toute présence inconnue, la peur serait sans objet et ne se produirait pas. Ce qui est vrai, c’est que l’être qui éprouve la peur cherche à s’isoler, mais précisément pour s’y soustraire ; il prend une attitude négative et se « rétracte « comme pour éviter tout contact possible avec ce qu’il redoute, et de là proviennent sans doute la sensation de froid et les autres symptômes physiologiques qui accompagnent habituellement la peur ; mais cette sorte de défense irréfléchie est d’ailleurs inefficace car il est bien évident que, quoi qu’un être fasse, il ne peut s’isoler réellement du milieu dans lequel il est placé par ses conditions contingentes mêmes d’existence contingente, et que, tant qu’il se considère comme entouré par un « monde extérieur », il lui est impossible de se mettre entièrement à l’abri des atteintes de celui-ci. La peur ne peut être causée que par l’existence d’autres êtres, qui, en tant qu’ils sont autres, constituent ce « monde extérieur », ou d’éléments qui, bien qu’incorporés à l’être lui-même, n’en sont pas moins étrangers et « extérieurs « à sa conscience actuelle ; mais « l’autre » comme tel n’existe que par un effet de l’ignorance, puisque toute connaissance implique essentiellement une identification ; on peut donc dire que plus un être connaît, moins il y a pour lui « d’autre » et « d’extérieur », et que, dans la même mesure, la possibilité de la peur, possibilité d’ailleurs toute négative est abolie par lui.

 

Page 35 :

René Guénon a dit :

D’autre part, la connaissance est le seul remède définitif contre l’angoisse, aussi bien que contre la peur sous toutes ses formes et contre la simple inquiétude, puisque ces sentiments ne sont que des conséquences et des produits de l’ignorance, et que par suite la connaissance dès qu’elle est atteinte, les détruit entièrement dans leur racine même et les rend désormais impossibles, tandis que, sans elle, même s’ils sont écartés momentanément, ils peuvent toujours reparaître au gré des circonstances. S’il s’agit de la connaissance par excellence, cet effet se répercutera nécessairement dans tous les domaines inférieurs, et ainsi ces mêmes sentiments disparaîtront aussi à l’égard des choses les plus contingentes ; comment en effet, pourraient-ils affecter celui qui voyant toutes choses dans le principe, sait que, quelles que soient les apparences, elles ne sont en définitive que des éléments de l’ordre total.

 

Source : René Guénon, Initiation et réalisation spirituelle, Omnia Veritas Ltd, 2017.

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Fabien Chabreuil

Bonjour Simechau,

 

Merci pour ces citations de René Guénon.

 

"La connaissance est le seul remède définitif contre l’angoisse."

En termes d'ennéagramme, la peur apparaît dans le centre mental du fait que la connaissance est incomplète et incertaine. Une telle phrase suppose donc l'existence d'une connaissance absolue, universelle et incontestable qui rendrait la peur impossible ; René Guénon parlait de « boussole infaillible ». Vu depuis la spirale dynamique, c'est un modèle BLEU, et je ne peux m'empêcher de faire le lien avec les travaux de Stephen Wolinsky sur les transes de spiritualisation.

 

Très amicalement,

Fabien

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