Institut Français de

l’ennéagramme

À quoi sert tout le reste...

Aller au contenu

Conformément à nos conditions d'utilisation, ce forum est accessible uniquement en lecture jusqu’au 31 août 2018 inclus.
Il vous sera à nouveau possible de poster des messages après cette date.
D’ici là, vous pouvez consulter également nos 150 articles et nos 90 analyses de film.

Bookineur

Tâtonnements de 6

Messages recommandés

Bookineur

Bonjour à tous,

 

Une semaine de vacances en groupe dans des pays froids a été l'occasion d'observations sur mon profil instinctif, observations que je n'ai peut-être pas assez menées en lien avec le stage Sous-types, pour des raisons égotiques (cf. cette conversation pour ceux que ça intéresse).

 

Conservation est catastrophique (enfin, disons que je me trouve trop déviant dans ce domaine — ce n'est pas la même chose :happy:). J'étais parti dans le voyage en me disant que je ne dépenserais presque pas d'argent, que tout irait bien, qu'il n'y avait pas besoin de faire de programme ou de plan d'action ! Résultat des courses : des angoisses fréquentes à l'idée de manquer d'argent à chaque fois que je me joignais à une activité de groupe et l'impression désagréable de ne contrôler absolument rien et d'être pris dans le groupe. Ainsi, je basculais sur le pôle Intrépidité de l'instinct, sous l'influence de l'instinct social (volonté d'adhérer au groupe) et de la contrephobie (même pas peur, on verra bien !!).

 

Mais en même temps, je reste 6. Je faisais dans la prudence un peu comme je pouvais, en réfléchissant à des échappatoires : j'ai un peu honte pour en parler, mais disons que certaines pratiques plutôt C- m'apparaissent moins déviantes qu'avant pour gérer mes excès Conservation. Ce n'est pas de la vraie prudence du coup. Plutôt une fuite en avant et de la peur : mais que ce soit par un mouvement d'attente ou par un mouvement de fuite, la peur reste la peur de toute façon. :thumb_up:

 

À part pour l'argent, je remarque cette même oscillation pour la nourriture, où j'ai tendance à trop manger ou ne pas assez manger (C-), mais où en même temps ce sujet est source d'un fort sentiment de sécurité et est investi émotionnellement, par de la gourmandise et de très fréquentes progressions et régressions en âge sur la nourriture (je n'ai pas fait le stage Éveil mais je m'appuie sur le grand bouquin) (C+). Pour la santé et le sommeil, l'intérêt ne reste que mental et mes plans ne sont pas suivis d'effets : j'ai tendance dans ce domaine aussi au laisser-aller et au sabotage. Je ne me soigne quasiment jamais (vous comprenez, je suis fort et je ne tombe pas malade :happy:) et je me couche plus souvent qu'il ne faudrait à l'heure à laquelle certains semblent se réveiller.

 

J'ai trois raisons pour expliquer l'étrangeté de ce qui serait un C-/+ chez un 6. Ces raisons ne sont bien sûr pas toutes à l’œuvre en même temps :

  • Contrephobie : je n'ai même pas peur, je suis fort et je m'en sortirai (difficile de faire la différence avec l'instinct sexuel !!) ; je vois aussi ici comment mon ego crée du danger là où il n'y en a pas de base comme pour se rassurer ; c'est comme si quant tout allait trop bien je commençais à me méfier et que j'avais presque automatiquement besoin de rajouter des problèmes dans ma vie (ça ressemble à du 4 Intrépidité, en même temps en bascule du mental ou au moins en contrephobie la structure devient proche vu que je suis de variante alpha).
  • Mécanismes de défense de répression (1) et de projection (2) et compulsion d'éviter la déviance (3) : je crains de prendre trop de place avec mes demandes Conservation dans les contextes social et sexuel (1) et je crois que les autres attendent de moi que je soie souple et adaptable (2) ; je déteste faire remarquer le fait que je ne veux/peux pas payer ceci ou cela (3). :confused:
    La répression m'a l'air d'être au service de la fixation de doute de soi. Un manque d'assurance pour affirmer mes besoins et les exprimer serait étayée par une répression du mental pour renforcer la difficulté à juger de ce qui est bien ou non pour soi, le manque d'évaluation de ses priorités et de gestion stratégique…
  • Parfois la répression du mental et la peur de l'action (liée à ma variante alpha ? Je reste prudent ici vu que je n'ai pas suivi le stage Centres) font que je préfère ne rien faire plutôt que de faire quelque chose qui risque d'être inefficace, de me fatiguer et de me mettre donc en insécurité physique et psychologique, et ce même sans que les contextes Social et Sexuel ne soient activés comme dans la raison numéro 2.

 

Je me reconnais bien dans le sous-type Cordialité : je suis plutôt extraverti et discuter avec les gens me rassure (hors de mes moments de peur S-). Je vois bien aussi le fameux rapport à l'information : j'adore les potins, j'ai toujours eu la réputation d'être commère. Je crois que les informations me rassurent. J'aime savoir où je suis et où je vais. Ces deux éléments donnent donc bien une motivation égocentrique à l'interaction : obtenir de l'information. Effectivement, je peux être amical (sauf contrephobie) mais ne pas souhaiter particulièrement de relation avec une personne, il ne s'agit que d'un réflexe de protection. Ces tendances se manifestent particulièrement dans les contextes de groupe, où je me sens menacé. En général, le sous-type sexuel fonctionne mieux et je n'ai pas besoin de compenser. En tête-à-tête, je peux faire preuve de Force-Beauté, sauf si je suis intimidé (ou ennuyé !) et que je fais alors preuve de Cordialité ; mais dans un groupe, la Cordialité fonctionne vraiment beaucoup mieux que le Devoir (en plus, faire mon devoir quand je suis en groupe est un effort, ça me donne envie très vite de me rebeller). Enfin, je mets +1 à l'évitement du conflit chez le 6 dans sa Cordialité. En dehors de toute contrephobie bien sûr, je n'ai jamais été impliqué dans un conflit, et pour cause : je disparais avant que ça ne prenne feu, et d'ailleurs je n'ai compris que récemment que les gens qui étaient en conflit ne l'étaient pas que pour m'emmerder.

 

Je m'arrête là pour aujourd'hui, d'abord car c'est déjà assez long, ensuite car j'affine encore mes observations sur Social et sur Sexuel.

 

À bientôt, :bye: :bye:

Bookineur

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci Bookineur pour ce beau témoignage.

 

"Je faisais dans la prudence un peu comme je pouvais, en réfléchissant à des échappatoires : j'ai un peu honte pour en parler, mais disons que certaines pratiques plutôt C- m'apparaissent moins déviantes qu'avant pour gérer mes excès Conservation. Ce n'est pas de la vraie prudence du coup."

J'avoue que je ne comprends pas bien ce paragraphe, peut-être parce que tu te censures, ayant "un peu honte pour en parler". Du C- pour gérer du C+, c'est ça ?

 

"J'ai trois raisons pour expliquer l'étrangeté de ce qui serait un C-/+ chez un 6."

Ce n'est pas une étrangeté. D'abord pour les raisons que tu expliques fort bien. Ensuite parce que l'impact des instincts ne se limite pas aux sous-types auxquels se cantonnent beaucoup d'approches de l'ennéagramme, aspect que nous essayons de rendre compréhensible dans nos formations.

 

Très amicalement,

Fabien

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Bookineur

"J'avoue que je ne comprends pas bien ce paragraphe, peut-être parce que tu te censures, ayant "un peu honte pour en parler". Du C- pour gérer du C+, c'est ça ?"

Après avoir fait un blanc momentané et avoir douté de l'exactitude de l'information que j'avais communiquée (fixation, compulsion, bascule du centre préféré), je peux maintenant reformuler. C'est bien une volonté C+ de gérer correctement mon budget et d'avoir une maîtrise sur ce sujet. Et cette volonté est gérée par des pratiques C- qui sont mentionnées en stage. C'est un peu comme si je prenais des placebos pour me rassurer sur le fait que je prenne soin de mon corps : ça a l'apparence d'une gestion convenable du budget, mais ça n'en a pas la réalité. J'y retrouve aussi bien sûr le mental réprimé : j'utilise des solutions pipeau au lieu de réfléchir vraiment à quelque chose de pérenne et qui m'éviterait d'avoir à osciller entre “-” et “+”. Je pense d'ailleurs qu'avec un peu de travail sur cette répression l'instinct de conservation pourra repasser plus ou moins facilement en =, mais ce n'est qu'une spéculation.

 

Amitiés,

Bookineur

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Je suis désolé, Bookineur, mais ton message est toujours tellement elliptique que je ne comprends pas plus.

 

"Et cette volonté est gérée par des pratiques C- qui sont mentionnées en stage."

??? Et pourtant, sauf erreur, c'est moi qui ait écrit le stage. :rofl: Je comprends qu'il soit difficile de parler de certains sujets, mais nous sommes ici dans un environnement d'acceptation et nos messages doivent être compréhensibles par tous. Mais peut-être est-ce moi qui n'ait pas les yeux en face des trous aujourd'hui.

 

Très amicalement,

Fabien

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Bookineur

Les pratiques C- dont je parle sont des pratiques de type découvert autorisé, emprunts… honteuses pour moi non par prudence personnelle mais par évitement de la déviance. Mon père, pourtant 9, me les a très fortement déconseillées, et du coup j'ai introjecté cela comme un interdit. Et puis, ça ne fait pas très sérieux…

 

M'enfin…

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Bookineur

Bonjour à tous, :bye:

 

Ma résistance à parler découvert et emprunts m'a conduit à une observation : est-ce seulement par pudeur que je le refusais ? Je me suis rendu compte qu'il y avait une déviance évitée. Il y a eu alors projection (les autres vont trouver cela inapproprié). Il y a aussi eu doute : le principe de partage à cœur ouvert de mise ici est une règle en concurrence avec la règle venant du paternel. À choisir, entre ces deux déviances, je préférerais vivre celle vis-à-vis de mon père, si j'écoutais mon cœur (envie d'être loyal à un forum qui m'a beaucoup apporté) et mon intérêt (dans un objectif de travail, il est utile de dépasser un certain nombre de tabous). Mais voilà, sur le moment, il y a hésitation entre deux loyautés, sachant que les deux apparaissent en un sens intériorisées (l'une par éducation, l'autre plus par choix) mais aussi extérieures (l'une est une convention plus ou moins imposée par le père, l'autre tombe sous le coup bien prévisible de la suspicion). Face à l'impossibilité d'équilibrer les deux décisions, le mental bascule et le doute se met alors en place, ainsi que la problématique à l'autorité : je me sens désormais déviant et pris en illégalité sur le forum. L'envie s'est transformée en contrainte dans mon ego par la bascule du mental et je n'ai alors le choix qu'entre la fuite, l'immobilisme ou la contrephobie. Je pense que ma réponse rapide relevait de ce dernier point, et qu'il s'agissait là de déviance vis-à-vis de mon père. Cela montre bien que la déviance est avant tout affaire de vécu interne et conséquence de la mentalisation : elle n'est que la conséquence de la crainte envers l'autorité, et n'a pas d'existence objective. Je réalise ainsi d'où vient cette rigidité qui est associée à la déviance : j'ai l'impression qu'avoir un désir risque de menacer l'équilibre même du monde, équilibre si précaire forgé par mon mental, et donc que tout va s'effondrer… et alors, comme je ne veux pas que le monde s'effondre, mon mental s'effondre, et je me mets à refuser toute nuance et à penser en termes absolus. En résumé : l'ego est partout. :laugh:

Après cet avant-propos, je continue ma réflexion sur les instincts.

 

Social est de manière plus manifeste encore que Conservation le terrain d'un certain nombre de mécanismes égotiques.

 

J'ai du mal avec le travail en groupe, les efforts à faire pour arriver à ce que je veux m'énervent. Je sais ce que je veux et les autres apparaissent comme un obstacle. De même, en vacances en famille ou entre amis, je me trouve parfois frustré car à cause de leur présence je ne peux pas faire ce que je veux. Il m'est arrivé d'avoir des comportements asociaux ou même carrément irresponsables sous l'effet de la contrephobie. C'est comme si quasi automatiquement un groupe constituait à mes yeux une autorité.

 

Aussi, je ne m'en sens pas à la hauteur : j'ai pu observer ce week-end que le groupe était le terrain d'angoisses fortes pour moi. J'ai en permanence peur de devenir un bouc émissaire et que le groupe m'assassine psychologiquement…

 

Ainsi, je n'apprécie les groupes que dans un cadre festif et de divertissement, et quand je connais bien le groupe. Et même dans un contexte de loisirs, je peux rapidement (lorsque l'interaction est plus longue que quelques heures) en avoir marre du groupe et avoir besoin de retrouver mon indépendance et ma liberté — et pourtant, je suis plutôt extraverti. Ce besoin est si fort que j'ai d'ailleurs eu l'impression que c'était de l'introversion ; mais en fait, j'ai juste un besoin vital de ne pas me sentir trop "mangé" par le groupe. Dans un groupe, comme j'évite de dévier, j'ai l'impression de perdre de l'énergie et de ne pas pouvoir vraiment être moi. J'ai donc ensuite besoin de me retrouver. L'exception est quand le groupe me permet un apport substantiel en connaissances et en compétences. J'aime bien aussi les groupes virtuels, car je peux me protéger plus facilement de ce risque d'envahissement.

 

Il y a toujours une ambivalence : dans un groupe avec des personnes que je connais bien, je me sens plus connecté mais aussi plus obligé (quand l'interaction est prolongée), avec des personnes que je connais mal je me sens plus détaché (et donc libre) de toute contrainte normative mais aussi plus perdu et pas à ma place. En somme, j'ai besoin de groupes où je sens que j'occupe une place importante, mais dont je peux m'échapper quand la compulsion joue un rôle trop important et que je me trouve trop écartelé entre loyauté au groupe et loyauté à moi même. Et puis, je peux rechigner sur une période plus ou moins longue à m'intégrer dans un groupe, car j'ai peur de perdre de l'énergie mentale et émotionnelle, j'ai peur d'être vampirisé. C'est dû à un manque de confiance en moi ou à un manque de confiance en l'autre, parfois les deux en même temps. Il y a aussi une certaine difficulté à faire comme tout le monde. Je suis angoissé par la pression sociale et fait beaucoup de projections à ce sujet (je commence a comprendre que lorsqu'un sujet m'obsède, même si j'en prends le contre-pied, il y a bien souvent projection là dessous).

 

En somme, l'asociabilité est une bonne façon de défendre mon ego, qui est dans la suspicion et la peur de se perdre à cause de sa loyauté (crainte de la répression du mental depuis un mental préféré)… Et aussi qui a la trouille de ne pas être à la hauteur (cf. cette conversation). Mais l’asociabilité n'est pas pleinement satisfaisante car elle s'oppose au désir de base qui crée un certain désir d'appartenance. Ce désir d'appartenance d'ailleurs est très vif, et j'ai parlé en stage des groupes en termes de vie et de mort. J'ai aussi choqué (projection ?) en expliquant que si je ne sens pas l'intensité d'un groupe pendant une trop longue période, je me sens mort. Enfin, je ressens souvent mes groupes comme des sortes de famille, une fois que la barrière de protection émotionnelle a été levée.

 

J'en déduis une notation S-/+.

 

Le sous-type Devoir me parle finalement, même si je ne le reconnaissais pas pour deux raisons : une conception archaïque du devoir et un sous-type ne se manifestant que dans les moments “+”, or je suis en général en “-”. Dans un groupe, la préoccupation pour le devoir est très forte, même si c'est en arrière-plan (cf. cette conversation dans laquelle je me reconnais très bien). Je rajoute ici qu'il y a chez moi un côté caméléon qu'un ami m'a fait remarquer : en fonction du groupe (et même de la personne !) avec lequel je suis, j'adapte mon langage, ma vision du monde et mon attitude. Cela peut être fatiguant : un autre facteur faisant que mon ego choisit l'asociabilité. Je me reconnais ainsi dans l'exemple de l'intellectuel de gauche qui dit que c'est son "devoir" de dénoncer le capitalisme. On lavera le linge sale en famille : lorsqu'on est sur la scène sociale, on défend le groupe, car ne pas le défendre, c'est presque déjà l'abandonner…

Même au delà du groupe le devoir joue parfois, avec l'idée de la responsabilité : lorsque je me suis engagé  je suis obstiné et même un peu rigide. J'aurais du ressentiment envers ce qui cherche à m'empêcher d'atteindre mes objectifs (sachant que cela peut être des choses internes à moi qui sont des obstacles, mes émotions, mes limitations…). À noter qu'il s'agit d'un engagement intérieur avant tout, parfois certains engagements ne tenant pas à moyen et long termes, émotionnel de support oblige, et parfois certains engagements étant pris plus par évitement du conflit que par vraie intention. Je pense d'ailleurs qu'il est salutaire que j'arrive à lâcher prise sur certains engagements que mon cœur m'indique comme inappropriés : je lâche prise sur la rigidité de la compulsion dans ce domaine là, même si le problème n'est pas totalement réglé et qu'il reste une vague culpabilité (et puis, l'écueil de la contrephobie, hein, quand même !).

 

Je me suis rappelé qu'il fallait chercher les blessures associées à chaque instinct. Pour l'instinct de conservation, je ne sais pas encore. Pour l'instinct social, le rapport à la figure d'autorité m'a l'air éclairant. Mon père est un 9 grand et fort. Il m'a dit que dès tout tout petit les seuls bras qui me calmaient étaient les siens. Mais je pense que, comme j'étais un enfant très colérique, sa compulsion le poussait à se mettre en retrait vis-à-vis de moi et j'ai donc ressenti une désapprobation et une humiliation de la part de cette figure d'autorité. Pendant de longues années d'ailleurs (et j'essaye de me soigner maintenant) je voyais mon père depuis une distance respectueuse, comme une ressource vitale là au cas-où je n'en pouvais plus mais dont je devais me détacher autant que possible afin d'être indépendant (en plus, il réprime l'émotionnel, alors que j'ai pu être très émotif à certains moments de ma vie !). On retrouve bien là l'alternance S-/+, il me semble… Et la racine de ce S- si particulier par rapport au sous-type social du 6 et s'expliquant tout simplement par la croyance qu'on ne peut compter que sur soi-même, cette forme de contrephobie que j'ai appelé "faux je" au dernier stage Communication et qui est une fausse opposition au "on" du 6, le vrai "je" consistant à se prendre en compte à l'intérieur même du groupe si j'ai bien compris.

 

Très amicalement,

Bookineur

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci pour la suite de cette analyse de ton fonctionnement instinctif.

 

"L’asociabilité n'est pas pleinement satisfaisante car elle s'oppose au désir de base qui crée un certain désir d'appartenance. Ce désir d'appartenance d'ailleurs est très vif, et j'ai parlé en stage des groupes en termes de vie et de mort."

C'est parce que l'asociabilité existe du fait de circonstances de vie particulières que certains 6 ne sont pas reliés à des groupes formels mais à des ensembles informels, des idées, des concepts, des causes, etc.

 

"Je me suis rappelé qu'il fallait chercher les blessures associées à chaque instinct. Pour l'instinct de conservation, je ne sais pas encore."

On ne trouve pas toujours parce que la blessure peut être petite ou forte et parce qu'il peut s'agir d'un événement unique ou d'une accumulation de petites choses. Pour l'instinct de conservation, trouver la blessure est rendu plus difficile parce qu'elle intervient très tôt dans la vie souvent au cours d'une période dont nous n'avons pas de souvenir conscient.

 

Très amicalement,

Fabien

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Bookineur

Bonjour à tous, :kiss:

 

Bienvenue dans le monde de l'instinct sexuel :miam:

 

Ma plus grosse difficulté pour l'instinct sexuel a été de faire le tri entre ce qui relevait de l'émotionnel de support (je me suis quand même cru 4 à mes débuts en ennéagramme !) et de l'instinct sexuel, d'autant plus que chez un 6, le X+ donne une préoccupation à l'esthétisme.

 

Une fois un certain cap passé, on commence à quitter la Cordialité, et alors pour moi il y a danger, car je me mets à désirer que l'autre m'admire, me trouve super ; mais de toute façon cette problématique est présente, quoiqu'un peu moins forte, avec des inconnus aussi. Je vis, associé à cet instinct, un certain nombre de transes, notamment des transes d'identification avec mensonge à moi-même à l'occasion pour plaire à quelqu'un et me rassurer sur ma désirabilité, et des transes de régression en âge où je me traite comme un enfant pour attirer le soutien d'individus forts, comme j'en parlais déjà dans la conversation “Les types et le triangle de Karpman”. Il faut encore dépasser un autre stade pour mieux gérer ce désir d'être attirant.

 

Je pense être ma relation intime à l'autre. Je cherche partout le regard des gens, même si ce n'est que pour le fuir. :suspicieux: J'ai toujours été un bavard, dans un groupe, j'aime prendre en tête-à-tête quelqu'un et me connecter à lui. J'ai ce besoin maladif d'être admiré, et ce depuis tout petit.

 

Je suis excessif dans ce domaine : une fois sur deux quand je parle avec quelqu'un et que le courant passe bien, je nous imagine meilleurs amis du monde ou âmes sœurs (mais étonnamment, c'est toujours très prude, il y a le X- en sous-main)… Même si le doute reprend les rênes après et que par ailleurs je n'ai pas besoin de nouvelles relations puisque celles que j'ai me conviennent très bien (Quoique ? Qui sait qui va te lâcher ? :happy:), il y a toujours cette excitation du charme nouveau. Et ce n'est pas forcément une vraie volonté de lien émotionnel d'ailleurs, plus une volonté de posséder l'autre, de tout savoir de lui ou elle pour former un duo de choc. Et le retour de la peur de ne pas être attirant et intéressant. Je retrouve là bien sûr la fixation de mon type : manque de confiance en moi, et manque de confiance dans la capacité de l'autre à me prendre tel que je suis. :thumb_up:

 

Je reconnais aussi l'agressivité de l'instinct. Hors des moments excessivement phobiques, je suis plutôt direct, franc ou incisif. Je n'aime pas avoir l'impression d'être contrôlé : la question du pouvoir, question de sexuel, me parle bien. Et puis, mon humour quand même, hein, ainsi qu'une bonne part de mes centres d'intérêt (j'aime les mangas, les livres ou les séries relatifs à la force, à des amitiés fusionnelles, à un combat contre l'adversité, et bien sûr au sexe). Oh, et puis la jalousie, et pas que avec ma copine, mais avec mes ami.e.s proches (= ceux dont je ne m'en fous pas et qui ont passé largement le cadre de la Cordialité)

 

Le sous-type Force-Beauté me parle, mais plutôt dans son expression phobique. Bien que je puisse à l'occasion faire preuve d'esprit de compétition intellectuelle ("Force"), je cherche avant tout à véhiculer une image de "force du faible", une sorte d'image à mi-chemin entre fragilité et puissance, une sorte d'idéal romantique à la Gavroche. Cela passe premièrement par l'habillement : je considère que les habits sont une force et permettent de projeter une certaine image de soi ou une certaine émotion (la variante joue aussi ici, avec l'attention à l'image de l'émotionnel). Cela se traduit aussi dans mon goût pour la musique et la danse. Je pense qu'il s'agit de sublimer un monde chaotique en trouvant des armes pour l'habiter et le rendre vivable, ou en en dégageant une certaine harmonie rassurante.

 

Toute cette énergie de l'instinct sexuel, je la sens comme bâillonnée, empêchée de s'exprimer clairement et sainement aussi. J'ai une phobie de l'intimité qui contraste avec ce désir très fort. Je disais en stage à ma voisine que moi, j'étais prêt à faire plus de trajet pour éviter d'avoir à recroiser quelqu'un avec qui le contact est déjà bien passé. Je me sens intimidé, je ne sais pas comment faire, je manque de confiance en moi dans le domaine de l'intimité même si le contraire est affiché. En ça, je me retrouve aussi dans le sous-type sexuel du 5, mais je me garderai bien d'en tirer une conclusion avant le stage Ailes. Très tôt s'est rajoutée en plus une peur de la déviance : j'ai associé à la chose charnelle une dimension de vice et d'animalité non acceptables. À l'âge où mes frères et cousins draguaient, j'écoutais leurs histoires avec envie, mais je n'étais pas moi-même dans une démarche de drague. Il m'arrivait de fantasmer, voire même d'envoyer et d'émettre des signaux, mais je m'arrangeais pour ne jamais concrétiser (je pense que si je n'étais pas en couple, je le ferais toujours, d'ailleurs les signaux sont toujours captés par l'instinct aujourd'hui). Je cherchais des excuses, j'étais attiré par des personnes inaccessibles, je me sentais trop timide pour même penser à faire quoique ce soit — et pourtant, sous-type Conservation, extraversion (?) et variante obligent, j'arrive dans tous les autres contextes à dépasser ma timidité. Et une fois en relation, c'est toujours compliqué : je crains l'intimité, je la fuis… Je suis dans l'ambivalence, entre vouloir et ne pas vouloir. Je me crois attirant, mais ai besoin d'être rassuré à ce sujet. Je me crois indépendant tout en étant émotionnellement dépendant. Je n'ai jamais assez de validation sur le message "Suis-je attirant ?". :surprised:

 

La blessure originelle me semble assez profonde. D'abord, je n'ai réalisé que très récemment que mes parents s'aimaient. Avant, je ne savais pas pourquoi ils étaient en couple. La notion d'amour me paraissait donc très abstraite et pas très réaliste, et pour moi les gens se mettaient en couple plus par devoir que par sentiments. Je ne comprenais pas bien ce que signifiaient les attaches nouées par l'instinct sexuel, en dehors des fictions, alors même que c'était dans le même temps un domaine de préoccupation important : centres d'intérêt, type d'humour, etc. Je suis qui plus est né avec l'intérêt à l'image, l'égocentrisme, l'excès et le charisme associés à un X+. Pendant longtemps, j'ai eu à lutter avec l'impression — réelle — que je prenais de trop de place et que j'écrasais mon frère et ma sœur. J'ai toujours eu une grosse individualité, et ai refusé la frustration et le manque de considération par ceux ou celles que j'avais envie de séduire. Mon propre type (6 avec ses limites), nourri par celui de mon père (9) et de ma mère (1) et par d'autres variables, m'a poussé à bâillonner cette impulsivité et à lisser mon image. Plus de X-, plus de politesse aussi (pour cause), ont donc permis un changement dans ce domaine là. Je noterais donc un instinct X+/-, sachant qu'avant c'était X+/--, et que additionné à un S-, cette disposition était source de beaucoup de frustrations et de solitudes sociales.

 

Au terme de cette série et de ce message atrocement long, je peux donc dire que mon ego avait loupé quelque chose en considérant le sujet clos à l'issue du stage. Bien que je ne change rien à la structure des instincts constaté en stage, l'auto-observation m'a permis de relever certains traits saillants (scoop ici : l'auto-observation, ça marche ! Et la suspicion n'est pas toujours de l'intelligence, mais parfois simplement une limitation). C'est surtout sur l'instinct sexuel que j'ai fait le plus de découvertes. J'ai l'impression que mon X-, en sous-main, contrôle silencieusement une partie de ma vie, en se mixant bien agréablement avec des problématiques du type de base.

 

Aussi, je confirme le sous-type Cordialité, qui est le seul à me correspondre totalement, et le seul d'ailleurs à ne pas être contextualisé. Il est automatique et naturel pour moi. Je pense qu'il permet de pallier le fait que je soie en C- dominant, et me permet de rester dépendant à ma relation à l'autre pour assurer ma survie physique (moyen de gérer l'anxiété de la conservation en étant en phase avec ma peur de base qui craint l'absence de support et de soutien et en accord avec ma variante qui se satisfait bien de chaleur comme artefact d'émotionnel extérieur — aller plus loin que la Cordialité, c'est dangereux, susurre le X-). Toutefois, le sous-type Force/beauté est très visible et influent aussi, et ne doit pas être négligé, bien que X- tienne les rênes en secret, le perfide. :laugh: Quant à l'impact du sous-type Devoir, il semble qu'il soit plus problématique encore à saisir, vu qu'il est présent en creux et pas affirmé comme tel.

 

Enfin (!), quelques mots sur la désintégration en 3 : l'accumulation a pu faire sens dans certains moments C+ de mon existence, mais elle n'est pas constante, forcément avec un C- (j'y ai réfléchi quelques dizaines de minutes, et en fait si, j'ai plein d'exemples d'accumulation que je n'aurai jamais relié à l'ennéagramme ! Et ce depuis tout petit ! Et c'est bien lié à du C+ ! La flèche en 3 Sécurité/Accumulation, une autre façon pour mon ego de pallier le C- ? À affiner ce week-end au stage Centres). La réification du conjoint dont fait preuve le 3 Conservation peut aussi faire sens. De manière plus périphérique Prestige fait sens aussi dans le côté caméléon. Masculinité/Féminité est pas mal pertinent par contre, car c'est une problématique présente depuis très longtemps chez moi. Quant à l'aile, je ne sais pas, donc j'en reste là pour l'instant.

 

À bientôt pour d'autres tâtonnements (n'y voyez pas de rapprochements autre que purement contingents avec le thème du jour !)

Amicalement :bye:

Bookineur

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Je peux donc dire que mon ego avait loupé quelque chose en considérant le sujet clos à l'issue du stage. Bien que je ne change rien à la structure des instincts constaté en stage, l'auto-observation m'a permis de relever certains traits saillants."

Merci de le dire. En ennéagramme, les stages sont un début, pas une fin.

 

"À bientôt pour d'autres tâtonnements (n'y voyez pas de rapprochements autre que purement contingents avec le thème du jour !)"

Eh bien, la concurrence va être rude sur ce forum !

 

Très amicalement,

Fabien

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Simechau

Bonjour à tous,

 

Le 04/04/2018 à 01:04, Bookineur a dit :

Et la suspicion n'est pas toujours de l'intelligence, mais parfois simplement une limitation.

Cette phrase fait particulièrement écho chez chez moi. Aussi, je voudrais la reformuler. Pour moi, la suspicion comme fixation mentale n'est jamais une expression de l'intelligence humaine, mais toujours une limitation.

 

Je pense que j'ai longtemps considéré la suspicion comme une manière pertinente, avisée, intelligente d'appréhender mon environnement et mes relations.

En quelque sorte, j'ai longtemps confondu la capacité à suspecter, avec la capacité d'analyse d'une situation ou d'une relation.

 

Ôter les lunettes de la suspicion est un travail qui permet un autre regard.  

 

Amicalement.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Bookineur

Bonjour à tous,

 

J'espère que vous allez bien.

 

J'ai eu un bug sur ce message initialement, mais j'ai heureusement réussi à le retrouver, et j'ai vérifié avec Fabien qu'il ne s'agissait pas d'une infâme volonté de sa part de me censurer pour je ne sais quelle déviance. Je raconte ça pour étayer ta réflexion, Simechau, et approuver les termes que tu utilises pour parler de la suspicion : c'est toute une manière de voir le monde, automatique, où l'on pense voir en tout la révélation que la vie (et plus particulièrement ceux qui ont un pouvoir quelconque sur nous, et ils sont très très nombreux dans l'esprit d'un 6) est là pour nous persécuter et nous détruire…

Comme je l'ai dit dans cette conversation, je me sens 4 sur pas mal de points. C'est l'occasion comme Fabien l'a suggéré d'une petite vérification ma foi assez utile. J'avais déjà réfléchi sur ce point, donc je ne fais que le mettre en forme.

 

Il y a la question du rejet : j'ai très peur que mon attitude soit désapprouvée et que je paraisse bizarre, un peu comme dans la "Honte" du type 4. Mais moi, j'ai l'impression que "j'anticipe" l'introjection et le rejet et que je me protège de cette peur de déplaire par une attitude de censure qui se matérialise par de la peur de la déviance vis-à-vis des groupes. Par ailleurs, cette honte s'explique par un manque de confiance en moi latent, et donc un sentiment d'infériorité qu'il est assez désagréable de ressentir pour moi (je me sens vulnérable face à un monde qui, rappelons-le, est quand même majoritairement hostile). Et puis cela vient peut-être aussi de la sensibilité à mon image induite par l'émotionnel de support.

 

Il y a aussi la question du respect : ce qui est demandé dans le respect, c'est qu'on m'estime. Cette estime est demandée à l'autre en réaction probablement à un manque d'estime intérieure. On retrouve donc ici le manque de confiance en soi (aïe !). À noter qu'au dernier stage Centres, nous sommes trois 6 alpha à s'être écrié pour l'importance du respect : je pense que se rajoutent des démonstrations contrephobiques de style "j'ai des limites !".

 

Occasionnellement, j'envie les personnes qui semblent mieux intégrées socialement que je ne le suis. Je me sens comme le vilain petit canard, mais contrairement à un 4, et comme l'a dit Harper, tout ce à quoi j'aspirerais, c'est trouver mon groupe… Devenir un cygne m'intéresse moins (à noter que le manque de confiance en l'autre rend plus difficile le fait de vraiment trouver un groupe, et la suspicion me fait minimiser mon lien aux groupes existants, juste au cas où). Je vais aussi envier les personnes paraissant plus compétentes que moi, moyen de me victimiser et de transférer mon pouvoir sur des personnes fortes qui peuvent me protéger sans que j'ai à penser ou à prendre d'initiatives (centres réprimés).

 

La mélancolie vient de la désespérance du centre instinctif réprimé, additionnée de la peur de base d'être sans soutien et sans support, pour créer un sentiment d'aliénation personnelle pas sympathique du tout.

 

Il y a aussi présence de sublimation : certaines émotions sont délicates à vivre en temps réel pour moi car elles s'opposent à l'image de moi à laquelle je me conforme pour éviter le rejet et de dévier. Je dois donc gérer des émotions qui ne sont pas toujours réprimées dans leur ressenti (variante alpha), mais simplement dans leur expression. J'aime bien pour ça la sublimation, qui est plus distanciée que par exemple une régression en âge à la manière du mécanisme du 5 : écrire, danser ou écouter de la musique par exemple.

 

Aussi, il y a la problématique à l'identité du centre émotionnel lié à l'alternance préférence-répression du mental. Sur ça, je peux citer mot pour mot ce que dit Bénédicte ici :

Le 24/05/2004 à 10:36, Harper a dit :

Pour la crise identitaire liée à la préférence-répression du mental, oui. Cela donne quelque chose comme :

  • Si je ne sais plus rien ou ne suis plus en état de réfléchir, alors je ne vaux plus grand chose,
  • Et comme en plus je me relie à "mes groupes" par le mental, alors je ne sers à rien vis à vis de mes groupes, donc je suis en risque d'exclusion,
  • Et que va-t-il m'arriver si je me retrouve seule et qu'à ce moment-là (insérer ici son scénario-catastrophe préféré)… :laugh:

Je pense qu'il y a aussi des raisons socio-culturelles : j'évolue dans un milieu assez individualiste, au sens sociologique où il y aurait une tendance à se lier à des groupes de manière plus lâche et moins constante, ce qui renforcé de la culture 4 de la France, donne un certain nombre de comportements attribués généralement à l’individualiste 4. Mais les motivations sont bien sûr : éviter la déviance vis-à-vis de ce que font les copains et les individus qui ont du charisme ! Mais si j'ai l'occasion de trouver une communauté structurée possible, une dissonance cognitive arrive.

Mais par contre, là où ça ne matche pas avec le 4 entre autres, c'est qu'il paraît que je suis trop mental, d'après ma 4 mu ! Je ne comprends vraiment pas pourquoi elle dit ça. :confused::rofl:

 

Très amicalement,

Bookineur

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"J'ai vérifié avec Fabien qu'il ne s'agissait pas d'une infâme volonté de sa part de me censurer pour je ne sais quelle déviance."

Et tu m'as cru ? Chapeau Bookineur, ça, c'est de l'intégration. :thumb_up:

 

Blague à part, merci de ce message qui montre toute la subtilité de l'ennéagramme et toute la finesse d'auto-observation qui est nécessaire. (Et qui peut aider à comprendre pourquoi les tests d'Ennéagramme sont si souvent inexacts.)

 

Je n'ai pas compris cette phrase : "J'aime bien pour ça la sublimation, qui est plus distanciée que par exemple une régression en âge à la manière du mécanisme du 5 : écrire, danser ou écouter de la musique par exemple." Peux-tu préciser ?

 

Très amicalement,

Fabien

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Bookineur

"Peux-tu préciser ?"

Oui. (version 5)

 

Je pense qu'au lieu de revivre infiniment une scène du passé comme le fait le 5 dans son mécanisme de défense, je prends cette émotion comme si elle était hors-sol et je la traite dans le présent sans en faire la généalogie : par exemple, je me sens déprimé donc j'écoute de la musique triste, mais sans repasser dans ma tête le film de la journée. J'ai considéré que c'était de la sublimation, vu qu'après je me sens mieux. Après je ne suis pas sûr que je ne revive pas quand même des bribes de scène du passé, mais en tout cas ce qui est sûr c'est que ce n'est pas très vif et que je vais bien plus halluciner des situations anxiogènes ou me faire des suggestions hypnotiques à leur sujet que les revivre. Dans ces moments-là, les techniques du stage Éveil sont un lointain souvenir — et je sais que tu vas me dire qu'elles ne sont pas faites pour ça ! (version 6 :laugh:)

 

Je profite aussi de cette réponse pour pallier un oubli : voici la conversation d'où est issue la suggestion d'examiner le type 4.

 

Amicalement,

Bookineur

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"[…] au lieu de revivre infiniment une scène du passé comme le fait le 5 dans son mécanisme de défense […]"

Il me semble qu'il y a deux erreurs dans cette phrase :

  • "revivre" : rien ne dit que l'isolation se fait obligatoirement sous forme de régression en âge ;
  • "infiniment" : normalement, le 5 a autre chose à faire…

 

"J'ai considéré que c'était de la sublimation, vu qu'après je me sens mieux."

Ce n'est pas le résultat qui fait la sublimation ! La sublimation est un mouvement qui va de l'intérieur (une émotion) vers l'extérieur (une production mettant en œuvre l'orientation). Je crois comprendre que ce que tu fais va en sens inverse, de l'extérieur (une musique triste) vers l'intérieur (une émotion apaisée).

 

Très amicalement,

Fabien

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Bookineur

Bonjour à tous,

 

J'avais aujourd'hui envie de me pencher un peu plus sur ma compulsion et mon orientation : en donner des exemples, montrer l'impact qu'elle a globalement sur ma vie et mieux en saisir les dynamiques.

 

Éviter la déviance, ce n'est pas toujours être responsable. Je suis assez égocentrique (au sens courant du terme hein, je sais bien qu'en ennéagramme tout type est par définition égocentrique) et donc pas toujours "raisonnable". Il y a un vrai côté "je veux je prends", lié je pense à une préférence pour les vMèmes de l'expression de soi (mais je n'ai pas encore suivi le stage associé) et à un instinct sexuel bien présent (mais si j'ai bien compris, le lien entre X+ et ROUGE est bien présent)

En plus je suis plutôt distrait, tête en l'air, et pas très ponctuel. Cela s'explique de façon exogène par mon énorme préférence pour la Perception par rapport au Jugement (MBTI), mais aussi par le fait que le fait d'être responsable dans ce deuxième sens me semble assez lié à l'instinct social du 6, dit instinct que je peux tendre à ignorer gaiement.

En somme, comme l'a dit Fabien quelque part, l'évitement de la déviance ne se manifeste pas du tout pareil selon la structure instinctive de l'individu, et le 6 sera plus ou moins responsable en fonction de son (ses) sous-types.

Mais la passion et la variante jouent aussi : parfois je préfère ne pas faire car j'ai peur de mal faire même si cela risque de me faire me retrouver dans des situations délicates. Par exemple un grand typique serait de prévenir mes voisins que je fais une fête. Je passe mon temps à me demander comment m'y prendre tout en alternant avec de gloutonnes distractions, et je procrastine, car j'ai peur de mal m'y prendre et donc d'être mal vu. Se faufile bien derrière la peur de la punition. Et une déviance que je laisse passer en cache souvent une autre plus importante que je préfère éviter de commettre, comme ici dans l'exemple de la fête.

 

Mais en même temps, je suis sensible au fait que pour avoir ce que je veux, il faut respecter les normes en place (dans le champ académique, dans le champ familial…) et les user pour faire passer sa propre idée sous couvert de conformité aux "normes". Ce phénomène est bien plus prégnant dans le monde académique. Dans d'autres champ, j'ai plus tendance à laisser tomber, ce que j'attribue au manque de persévérance de l'instinctif réprimé et parfois, dans les moments où je vais mal, au refus compulsif de l'échec et à la satisfaction de succès faciles et dérisoires de la désintégration en 3. Je peux toutefois parfois être plus contrephobique et chercher à passer en force (cette tendance revient à la mode en ce moment après une phase de grosse phobie pendant mes années lycées en gros).

 

De ce que j'ai pu observer et entendre, je suis ainsi moins moins rigide qu'un 6 mu. D'ailleurs, les seuls 6 qui ont remis en cause ma sixitude étaient des 6 mu. Je suis beaucoup moins fiable, dévoué et responsable qu'eux, car j'ai un gros poil dans ma main et que j'ai une volatilité émotionnelle assez forte (j'ai déjà expliqué ici que je me suis toujours senti très proche du type 4, bien que je n'en vive presque pas la passion).

 

Je pense que parfois il peut sembler que je n'évite pas la déviance grâce au mécanisme de projection, qui me permet de "tester" des choses un peu hors limites. Mais cela déborde un peu du sujet (et cela me déprime un peu, car je réalise alors les vertiges de la projection !).

 

À vrai dire, j'aime bien choquer verbalement en parlant de choses crues et défendues. Parfois je le fais même avec mes parents. Dans ces cas-là, je peux craindre que ça ne passe pas, mais quand cela passe effectivement, j'en suis très content. Je crois que quelque part cela me rassure.

Il y a ce vieux fond de peur du rejet. Je me censure pas mal dans ce que je vais dire par peur de déplaire. Je le fais moins maintenant car j'en ai pris conscience et que je cherche à augmenter la transparence de ma communication — mais les motivations sont égotiques, on ne va pas se tromper : ce changement se fait au nom de la valeur de contre-hypocrisie. Je crie sur tous les toits que j'ai besoin d'honnêteté et d'être en relation avec des gens honnêtes, mais moi je me censure plus ou moins naturellement : il y a une incongruence que ma direction intérieur-extérieur cherche à réparer, à défaut de pouvoir la comprendre (le mental tourne en rond quand il s'agit de saisir ce genre de tensions internes en général ; une bonne solution d'ailleurs en tant que 6 alpha est le passage par l'émotionnel en posant sur le papier mes ressentis vis-à-vis d'une situation de préférence impliquant fortement les autres, équilibre équilibre…). À la fois, à propos de cette valeur d'honnêteté, je pense quand même qu'il n'est pas souhaitable de la généraliser comme j'ai pu contrephobiquement en caresser l'idée : mon émotionnel, antérieur à l'instinctif dans ma hiérarchie (cf. schéma en entonnoir du stage Centres), me signale quand même qu'il y a certains "aménagements du discours" nécessaires à ses relations avec autrui et au respect de la sensibilité de chacun (mais parfois il a pu laisser passer des attaques assez violentes vis-à-vis de proches que je pensais pouvoir me permettre de "corriger" à propos de leurs déviances projetées).

 

Je vois aussi un peu plus finement le champ d'application de l'orientation. Par exemple, je suis membre d'un groupe d'ami.e.s composé de 5 personnes. Je pensais être loyal au groupe, mais les événements récents montrent qu'en fait je suis loyal à une personne en particulier dans ce groupe, tout en conservant des loyautés pour les autres membres de ce groupe. Mais le groupe en lui-même, je ne lui suis pas loyal.

Plus largement, S- et X+ oblige, je suis toujours loyal durablement soit à des abstractions intellectuelles (centre préféré et sous-type) soit à des personnes (variante et instinct sexuel), rarement à des groupes. Cela n'empêche de nouer des loyautés ponctuelles et peu durables, par exemple sur ce forum où je fais ce qui est "correct", ou plus globalement dans tout contexte où l'instinct social est activé en réaction à une volonté de bien faire (autrement dit, quand je suis dans un groupe et que je n'ai pas d'attaques d'associabilité/de contrephobie). Et puis il y aussi le fait que je sois loyal à des images de moi comme quelqu'un de respectable, autrement dit que j'accorde de l'importance à ma réputation et au regard des autres, ce qui peut parfois se manifester par des comportements mettant en jeu l'instinct social.

 

Mes loyautés sont aussi d'ordre plus idéel. Ainsi, je suis loyal à certains jeux de société ou jeux vidéo qui semblent aux autres être des jeux de "gamin" mais que je n'ai jamais vraiment cessé de considérer comme des références. Je suis aussi loyal à des livres qui m'ont particulièrement marqué dans mon adolescence. On ne critique pas ces livres là, cela ne se discute pas vraiment.

Mon évitement de la déviance se manifeste dans plein de contextes, même les plus anodins : par exemple, quand je joue à un jeu de société, il est fort rare que j'improvise des règles ou que je voie "sur le tas" quelle disposition va être efficace. Soit je suis les règles du jeu, soit je cherche sur Internet un schéma alternatif de règles structuré. C'est un effort assez conscient d'accepter qu'un individu ou un groupe quelconque(s) et supposément non expert puisse en ce domaine décider des règles à suivre.

De même ainsi le manque d'écoutes des conseils de mes proches alors que je serai prêt à croire ce qui émane d'une structure plus abstraite faisant office d'une autorité peut-être plus assurée car plus distanciée de moi. Ici, l'évitement de la déviance semble limite être plus l'évitement d'une déviance interne : on se raccroche à une structure claire et mentale pour éviter de se laisser trop abuser et manipuler par ses émotions. Je pense que cette importance accordée à ce qui fait autorité vient du fait que je ne constate que trop les incohérences dont tout un chacun fait preuve dans sa vie (les dissonances cognitives) et qui empêche ainsi une confiance aussi bien à mes propres raisonnements qu'à ceux des autres (mais bon cela c'est un mécanisme de base du 6).

 

Je me sens aussi loyal à des amitiés qui m'ont procuré de la joie dans le passé. Je vais chercher à maintenir le lien malgré tout, je ne vais pas accepter que "les gens changent". Pour moi, l'amitié comme en doit être sauvegardée (centre préféré et évitement d'une déviance interne) car elle témoigne d'une réelle connexion émotionnelle (variante). J'ai l'impression que chez moi l'amour et la loyauté fonctionnent en vase communicant de façon très tenue.

 

La loyauté peut aller à d'autres choses. Cela pu aller de pair avec ma scolarité. Je crois que la loyauté était vis-à-vis des institutions scolaires dans lesquelles j'étais, et plus particulièrement certaines des disciplines considérées. Ainsi en première je me faisais un devoir de réussir en français et décrocher un 20 de moyenne à un semestre déclenchait automatiquement la flèche en 3 (d'ailleurs encore aujourd'hui…). En terminale, ce fut la philosophie. En prépa, ce furent philosophie, français, normes de la dissertation, et puis d'autres matières, à des niveaux moins importants dans la hiérarchie… Par ailleurs, mes professeurs incarnaient ce à quoi j'étais loyal (le système scolaire, donc) pour favoriser l'émotionnel extérieur et les notes permettaient une stimulation de l'émotionnel à la 3. Après la prépa, les standards étaient donc très importants pour la fac en terme de défis et de stimulations. J'avais besoin de valoriser ma loyauté à la chose académique par de la pluridisciplinarité et de la largeur d'esprit. À la place, je devais me concentrer et étudier des chapitres beaucoup plus denses et précis. Forcément, cela a activé le manque de confiance en moi, tout en participant d'une rupture de loyauté assez importante : je n'aimais plus et je n'étais plus capable (centres de support et préféré) et j'ai donc préféré chercher d'autres objets à ma loyauté que la chose scolaire.

 

Le champ de l'instinct sexuel a pu être lui aussi dès lors fortement investi en termes de loyauté, avec une tendance dans ce domaine au devoir avant l'expression de sentiments et d'envie. J'ai été pendant longtemps désintégré en 3 dans ma relation de couple en évitant une déviance fantasmée, en cherchant à tout prix à répondre à ce que je pensais devoir être le rôle d'un bon compagnon, tout en culpabilisant de ne pas être assez bien et en cherchant à me convaincre et à convaincre les autres que je jouais dans cette relation avec une 4 un rôle de stabilisateur (bref, que j'étais l'élément qui empêchait au couple de sombrer dans des formes de déviances). J'ai dû me réveiller et revenir à mon type de base pour constater que, non, je n'étais pas obligé de faire de la loyauté pour faire de la loyauté, et que mes désirs réels n'avaient pas forcément à être ignorés dans un mensonge à soi-même. Bref, que ce n'est pas ce que je fais ou ne fais pas qui compte en soi et fera de moi une bonne personne, mais c'est la congruence de mon intention avec mes vécus internes, ce qui renvoie aussi à une forme d'évitement de la déviance, mais beaucoup plus light que celle mâtinée de désintégration en 3.

 

En parlant de tendance à faire passer le devoir avant les émotions, elle est bien présente et est liée à l'évitement de la déviance. Un engagement est un engagement, et même si je l'honore de façon plus que bancale et imparfaite, je ne peux pas le laisser tomber. Pareil, dans une relation, je continuerai toujours d'assurer le service minimum et ne pourrais jamais la laisser se déliter, ou très difficilement en tout cas. Je préfère les ruptures brutales.

 

Ces réflexions n'ont pas pour but de tout dire, et j'espère qu'elles ne sont pas trop abstraites. Mais elles participent à me faire reconnaître le rôle de l'orientation et de la compulsion en lien avec mon désir émotionnel de sécurité, mon besoin instinctif de contrôle et de prévisibilité et ma recherche mentale de certitude.

 

Très amicalement à tous,

Bookineur

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Yves

Bonjour à tous,

 

Merci Bookineur de ce témoignage fort intéressant sur ton vécu de la compulsion d’évitement du 6 en lien avec sa quête d’équilibre des deux directions et l'orientation.

 

"Ces réflexions n'ont pas pour but de tout dire, et j'espère qu'elles ne sont pas trop abstraites."

Je ne trouve pas qu’elles le sont. J’apprécie qu’elles se fondent sur des faits.

 

"Je crie sur tous les toits que j'ai besoin d'honnêteté et d'être en relation avec des gens honnêtes, mais moi je me censure plus ou moins naturellement : il y a une incongruence que ma direction intérieur-extérieur cherche à réparer."

J’entends dans ta censure le sort fait à un tiraillement intérieur entre ton besoin d’honnêteté et ton besoin de sécurité. Comment se manifeste, dans tes trois centres, ce tiraillement ?

 

"J'ai dû me réveiller et revenir à mon type de base pour constater que, non, je n'étais pas obligé de faire de la loyauté pour faire de la loyauté, et que mes désirs réels n'avaient pas forcément à être ignorés dans un mensonge à soi-même. Bref, que ce n'est pas ce que je fais ou ne fais pas qui compte en soi et fera de moi une bonne personne, mais c'est la congruence de mon intention avec mes vécus internes, ce qui renvoie aussi à une forme d'évitement de la déviance, mais beaucoup plus light que celle mâtinée de désintégration en 3."

Chez moi, dans une telle congruence, je percevrais un facteur d’harmonisation des centres.

 

"Ces réflexions n'ont pas pour but de tout dire, et j'espère qu'elles ne sont pas trop abstraites. Mais elles participent à me faire reconnaître le rôle de l'orientation et de la compulsion en lien avec mon désir émotionnel de sécurité, mon besoin instinctif de contrôle et de prévisibilité et ma recherche mentale de certitude."

Je n’aurais pas employé les expressions "désir émotionnel de sécurité" et "besoin instinctif de contrôle et de prévisibilité" : chez moi, chacun de mes besoins touche au moins mes centres instinctif et émotionnel, et parfois aussi le mental — par exemple dans le cas de mon besoin de prévisibilité. Mais bon, c’est un autre sujet.

 

Amicalement,

Yves

 

P.-S. : j’ai pratiqué des comportements similaires au tien, Bookineur : ne pas prévenir des gens et autres « indélicatesses » ; auto-censures ; loyautés à des amitiés particulières idéalisées et à des concepts. Une grosse différence avec toi est la compulsion de mon ego de chercher à s’affranchir du regard des autres et de toute autorité extérieure. Illusoire. Tandis que la source de sécurité de mon ego se trouve à l’intérieur, son foyer d’insécurité s’y trouve aussi : il se réveille lorsque mon ego subit une influence de l’extérieur jugée oppressante. D’où mes remparts cinquesques — plus ou moins filtrants. Au contraire, tu cherches un équilibre entre les deux directions et le foyer d’insécurité de ton ego se réveille en cas de discordance dangereuse entre l’intérieur et une autorité extérieure (ou une représentation intérieure de cette autorité). Dangereuse car menaçant de rompre le lien avec ta source (extérieure) de sécurité. Bref, deux stratégies égotiques très différentes.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Bookineur

Bonjour Yves, bonjour à tous,

 

Merci pour ce feedback encourageant et stimulant, Yves. Je vais y répondre point par point.

 

Le 28/05/2018 à 22:32, Yves a dit :

J’entends dans ta censure le sort fait à un tiraillement intérieur entre ton besoin d’honnêteté et ton besoin de sécurité. Comment se manifeste, dans tes trois centres, ce tiraillement ?

C'est bien ce qui se passe en effet !

À vrai dire, l'honnêteté semble découler aussi d'un besoin de sécurité. Mais plus précisément, il s'agit d'un besoin mental de prévisibilité et de certitude. Le que je suis divise le monde entre alliés et hostiles potentiels. Quand un allié me cache quelque chose, cela m'insécurise donc fortement, car rentre une zone d'incertitude.

Et pourtant, c'est bien un besoin de sécurité qui me fait me censurer ou ne pas accepter toutes les dures vérités. La suspicion fait que si moi je dis tout je crains d'être déviant ou que ce soit utilisé contre moi, et en retour, je n'accepte pas toujours un feedback qui me renvoie à ma propre déviance et donc à ma propre agressivité et imprévisibilité. Le problème vient au fond du lien entre agressivité et imprévisibilité, je pense que je caresse quelque part le fantasme d'un monde idéal où toute l'agressivité serait strictement contrôlée et trouverait à s'exprimer dans le cadre de cette valeur d'"honnêteté", à mi-chemin entre la ferveur de l'indignation et la tempérance de la raison détachée.

Dans le centre instinctif, l'action est en général arrêtée ou du moins saccadée, car le mental refuse de laisser le relais dans ce genre de situations imprévisibles. L'émotionnel par contre peut jouer un rôle de soupape, soit en se lamentant intérieurement afin d'essayer de contenir la souffrance intérieure causée par l'anxiété (j'ai parlé de ça à propos de mes hésitations avec le 4) soit en manipulant émotionnellement les autres pour recevoir d'eux un feedback me rassurant sur la stabilité de nos liens.

 

Le 28/05/2018 à 22:32, Yves a dit :

Chez moi, dans une telle congruence, je percevrais un facteur d’harmonisation des centres.

C'était vrai en tout cas au début de cette décision. D'ailleurs, comme il y a eu harmonisation, il y a eu mouvement en 9, et il y a en effet eu vraiment activité à me connaître et amour dans cette décision, amour véritable car il ne s'agissait plus d'un oubli de soi au profit d'une quelconque loyauté. Mais s'il est relativement possible de connaître des mouvements d'intégration brefs, ceux-ci sont difficiles à maintenir, et après le premier moment de cette décision le doute est revenu, ainsi que la tendance à consulter tout le monde, la peur de se retrouver seul, la peur d'avoir saboté soi-même sa propre sécurité, et quelques mouvements en 3 de vanité vis-à-vis de mon soi disant nouveau courage et de ma soi disant nouvelle confiance en moi (lesquels étaient en fait plutôt fluctuants, car la compulsion est quand même mise à rude épreuve dans les moments de changement de loyauté).

 

Le 28/05/2018 à 22:32, Yves a dit :

Mais bon, c’est un autre sujet.

Je relis ce que j'écris, et s'il est clair en fait que les désirs de prévisibilité et de certitude touche bien mes trois centres (même si je privilégie la prévisibilité à la certitude, laquelle laisse moins de marge de manœuvre à la créativité), le désir de contrôle ne touche que l'instinctif et le mental (pas d'investissement émotionnel dedans, juste de la colère et de la crainte)  et le désir de sécurité, au moins de manière consciente, que le centre émotionnel (mais après tout, il est directement lié à la peur et comme celle-ci est prise dans le centre émotionnel, il est possible que cela altère mon jugement).

 

Le 28/05/2018 à 22:32, Yves a dit :

Bref, deux stratégies égotiques très différentes.

Merci de cette analyse, qui me pointe des aspects de mon fonctionnement tout à fait exacts bien que je ne les aime pas du tout, et qui me permet aussi de mieux comprendre les 5. Il est intéressant que tu commences par parler de l'évitement de la référence externe pour expliquer le déclenchement chez toi de tes mécanismes égotiques. Il me semble logique qu'une personne orientée vers l'extérieur qui chercherait à se protéger (problématique à la peur d'un mental) en cherchant sécurité à l'intérieur soit pris dans une tension égotique et anxiogène - à l'image d'un 7 qui fuit son intériorité mais qui du coup à peur du monde extérieur dans lequel il cherche pourtant sa sécurité. Pour vous autres mentaux à plein temps, la solution est en apparence simple, puisqu'elle passerait par la reconnexion, dans vos trois centres, à votre direction préférée (je ne suis pas sûr de ce dernier point). Pour un 6 comme moi, il s'agit de restaurer une source de sécurité intérieure, à savoir le mental, pour évaluer précisément à quelle direction se vouer en premier avant de faire suivre l'autre. Le problème vient il me semble du fait que l'on cherche à faire fonctionner les deux directions EN MÊME TEMPS, alors que l'équilibre consisterait plutôt à les faire fonctionner successivement de ce que j'ai compris du stage Centres.

 

Amicalement,

Bookineur

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Yves

Bonjour à tous,

 

Merci Bookineur de tes réponses et compléments intéressants. J’ai encore envie de te poser des questions de détail. (Une des orientations du 5 est la précision.)

 

"La suspicion fait que si moi je dis tout je crains d'être déviant ou que ce soit utilisé contre moi, et en retour, je n'accepte pas toujours un feedback qui me renvoie à ma propre déviance et donc à ma propre agressivité et imprévisibilité."

Pourquoi la conscience de dévier au su et au vu de quelqu’un d’autre transforme-t-elle la peur en agressivité ? Cette transformation est-elle corrélée à une répression du centre mental ?

 

"Dans le centre instinctif, l'action est en général arrêtée ou du moins saccadée, car le mental refuse de laisser le relais dans ce genre de situations imprévisibles." 

À ce moment-là, le centre mental est-il réprimé ? Dans mon cas, il dysfonctionne mais ne me semble pas réprimé.

 

"[…] je privilégie la prévisibilité à la certitude, laquelle laisse moins de marge de manœuvre à la créativité […]"

C’est encore une différence entre nous. Contrairement à toi, Bookineur, face à la peur de mes ressentis, ma préférence pour l’extérieur a conforté mon illusion que l’analyse du monde extérieur m’apporterait la certitude. Cette illusion de certitude s’est manifestée sous forme d’arrogance intellectuelle. Cette arrogance, je ne l’ai pas constatée chez mes amis 6, ni chez toi, Bookineur. Je suis tombé, non dans la paresse psycho-spirituelle, ni dans le manque d’amour, mais dans les mensonges à moi-même. Là nous nous rejoignons, bien que nos mensonges soient de natures différentes. Ces mensonges ont validé mon manque d’espérance.

 

"Pour vous autres mentaux à plein temps, la solution est en apparence simple, puisqu'elle passerait par la reconnexion, dans vos trois centres, à votre direction préférée (je ne suis pas sûr de ce dernier point)."

Face à la peur de mes ressentis, je regarde parfois par la fenêtre ou bien j’imagine où je pourrais trouver des informations — neutres — à l’extérieur, qui me mettraient à distance.  Ainsi je ne suis pas forcément complètement déconnecté de l’extérieur. C’est ce que je voulais dire dans mon dernier message, par mon expression obscure "remparts cinquesques — plus ou moins filtrants". Ceci dit, il est vrai que pour les 5 et les 7, la préférence pour une direction crée un déséquilibre qui s’ajoute au déséquilibre des centres. Pour les 5, la connexion au centre intuitif participe à un rééquilibrage.

 

"Pour un 6 comme moi, il s'agit de restaurer une source de sécurité intérieure, à savoir le mental […]"

Entre parenthèses, le sentiment de sécurité peut commencer à se reconstruire grâce à un travail horizontal sur les instincts.

 

"Le problème vient il me semble du fait que l'on cherche à faire fonctionner les deux directions EN MÊME TEMPS […]."

Quels phénomènes apparaissent à ce moment-là ?

 

Amicalement,

Yves

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Bookineur

Bonjour Yves, bonjour à toutes et tous,

 

Le forum est ouvert à l'écriture aujourd'hui, j'en profite pour répondre à cette conversation.

 

"J’ai encore envie de te poser des questions de détail."

Ces questions sont très utiles pour moi.

 

"Pourquoi la conscience de dévier au su et au vu de quelqu’un d’autre transforme-t-elle la peur en agressivité ?"

Il faut faire la différence entre l'amont et l'aval. Le rapport ambigu à l'agressivité n'est pas qu'en aval de la déviance, elle est aussi en amont. En effet, ma tendance de est de poser des limites dans le monde, entre ce qui est possible et impossible, faisable et infaisable, permis ou pas permis. Cependant, le propre du désir, c'est de s'affranchir des limites. Le désir ne se demande pas si sa réalisation est ou non possible : il se contente d'être. Je crois que l'agressivité dont je parle ici est lié à ce désir, imprévisible et allant dans une volonté d'expansion. Par exemple, quand j'étais plus jeune (disons dans mes "années terribles"), j'étais très impulsif, incontrôlable, et ma grande curiosité du monde faisait que j'étais assez difficile à gérer. J'ai l'impression alors que l'évitement de la déviance a pu être une réaction à cette part incontrôlée d'impulsivité et d'agressivité qui provoquait de la honte de la part de mes parents. C'est ainsi que plus tard l'énergie du désir se trouve toujours très filtrée par la question de savoir si je suis correct ou non. Je pense que la répression du centre instinctif renforce le phénomène. Puis, en amont, il y a de la honte et de l'embarras à dévier, car alors cela revient à faire s'effondrer ma fierté égotique, et en plus, c'est signifier à mon ego qu'il est inopérant : le seul intérêt d'éviter la déviance est justement de ne pas rendre visible cette agressivité (et ce afin de ne pas perdre le support et l'amour des miens) et là, elle est révélée au plein jour. Selon le jour où cela arrive, je peux alors réagir contrephobiquement, nier la déviance avec force, faire montre de moult rationalisations et projections (du style accuser l'autre de son étroitesse d'esprit — alors que c'est moi qui dans mon ego est le pro des limites !), voire me mettre en colère.

 

"Cette transformation est-elle corrélée à une répression du centre mental ?"

Du coup, c'est évidemment lié aussi à la répression du centre mental, au moins en aval, puisque ce phénomène est lié à l'impression que j'ai besoin de maintenir un support extérieur et que les limites doivent être maintenues. Je suis alors plus dans la rhétorique défensive que dans un usage réel du mental (mais je crois que tous les mentaux peuvent agir comme cela au fond).

 

"À ce moment-là, le centre mental est-il réprimé ?"

C'est possible. Il y a manque d'espérance mais je crois que s'y rajoute aussi un manque de confiance en moi, en ma capacité à même formuler des plans par delà la capacité à les appliquer. Du coup ce tiraillement reste, parfois sans même que j'en ai conscience, et je suis incapable de penser à une solution, je me morfonds plutôt et reste dans ma paranoïa. Oui, il semble bien qu'il y ait là répression du mental. (:cry: :cry:)

 

"Ma préférence pour l’extérieur a conforté mon illusion que l’analyse du monde extérieur m’apporterait la certitude."

Ceci est effectivement une grosse différence entre ego 6 et ego 5. Ne craignant pas le vide intérieur (en tout cas pas plus que d'autres phénomènes :laugh:), mon ego n'a jamais particulièrement adhéré à cette illusion.

 

"Ainsi je ne suis pas forcément complètement déconnecté de l’extérieur."

D'accord, c'est plus clair comme ça. Le rabattement vers de l'intérieur (peut-être provoqué dans ton cas par une désintégration en ?) ne supprime pas la structure de base orientée vers l'extérieur, mais ne fait que l'altérer fortement.

 

"Quels phénomènes apparaissent à ce moment-là ?"

Hum, ce sont mes dilemmes classiques entre prudence et audace en général. Ça part de là, j'hésite entre prendre en compte des informations soi-disant objectives (mental extérieur) qui me poussent soit à m'abstenir soit à foncer et prendre en compte une poussée interne (mental intérieur) vers soit une envie de tenter quand même soit un sens que cela ne s'applique pas à ma conception idéale de ce que doit être le monde. En gros, la tension est entre une image interne de ce que je veux et une image externe de ce que le monde exigerait comme capacités. Ainsi, je n'arrive pas à trancher et je tourne en rond car j'ai peur d'être stupide en laissant gagner la direction intérieure (stupide car inconscient du monde) mais j'ai aussi peur d'être stupide en laissant gagner la direction extérieure (stupide car niant la réalité de ce que je veux VRAIMENT). Cette tension s'accroît alors car je m'en veux de n'être ni efficace-compétent comme un 5 (ou un 3 ou un 1), ni authentique-léger comme un 7 (ou un 2 ou un 9). Arrivent alors le manque de confiance en moi, l'impression de ne pas valoir grand chose (parfois je peux me comparer à d'autres pour accroître ce sentiment d'insécurité, autre ressemblance comportementale avec mes amis 4) et de ne pas être capable d'assurer ma sécurité (genre mener une vie épanouie, enrichissante, riche et stable), ce qui enclenche le manque de confiance en l'autre car je ne comprends pas alors ce que me veulent les autres vu mon peu de valeur. Si l'anxiété ne veut pas partir et que je dois pourtant continuer à vivre, j'intègre alors ces sentiments dans mon corps comme une donnée objective et je remplace ce dont j'ai vraiment envie par une image de moi destinée à continuer à m'assurer le soutien de mes proches : je crois qu'il y a mouvement en 3, et que c'est effectivement causé par cette peur de la déviance qui donne lieu ensuite au manque de confiance et à un besoin compulsif d'être rassuré émotionnellement. Je crois que je choisis une fausse direction extérieure (car forgée de beaucoup de projections de ma part sur ce que désirent les autres), que je bâilllonne ma direction intérieure, ce qui renforce alors l'insécurité. En termes de phénomènes hypnotiques, j'ai un peu de mal à voir ce qui se joue. Ce qui est sûr en tout cas c'est que quand la parano opère, il y a hallucination positive de signes d'hostilité de la part des miens et hallucination négative de mes ressources et de mes qualités. Ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas si simple de sortir du phénomène globalement, car la volonté d'équilibre, interprétée égotiquement, empêche de choisir une source de sécurité intérieure, car mon ego voit ça je crois comme un privilège de la direction intérieure sur la direction extérieure (en fait, la sortie du phénomène passe sûrement en partie par un peu de courage, pour dépasser le tiraillement entre désir d'honnêteté et désir de sécurité, et ce afin de casser la spirale sans fin des projections, mentalisations et surinterprétations). Je ne sais toutefois pas si cette façon de considérer intérieur et extérieur est généralisable à tous les 6 (et j'espère surtout être clair :confused: j'aurais bien donné un exemple de tout ça, mais le message me semble déjà bien long, donc au pire ce sera pour une autre fois).

 

Très amicalement,

Bookineur

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Yves

Bonjour à tous,

 

Un grand merci Bookineur de ces éclaircissements. Faute de temps, aujourd’hui je réagirai à seulement une partie de ton message.

 

"J'ai l'impression alors que l'évitement de la déviance a pu être une réaction à cette part incontrôlée d'impulsivité et d'agressivité qui provoquait de la honte de la part de mes parents."

Cette honte de tes parents… Peut-être une part de projection ?

 

"Puis, en amont, il y a de la honte et de l'embarras à dévier"

Là, pas de projection. Un conflit intérieur douloureux, j’imagine.

 

"Je pense que la répression du centre instinctif renforce le phénomène."

Je le pense aussi. L’ego s’est construit une stratégie cohérente, intégrant les trois centres.

 

"Je suis alors plus dans la rhétorique défensive que dans un usage réel du mental (mais je crois que tous les mentaux peuvent agir comme cela au fond)."

Mon ego fonctionne comme cela aussi. Il manifeste même une tendance paranoïde. Pour se défendre, il pratique très fréquemment, en plus de l’isolation, la rationalisation et la projection.

 

"Le rabattement vers de l'intérieur (peut-être provoqué dans ton cas par une désintégration en 7 ?) ne supprime pas la structure de base orientée vers l'extérieur, mais ne fait que l'altérer fortement."

Ce mécanisme du 5 n’est pas forcément lié à une désintégration en 7 : pendant mes efforts d’interprétation de faits extérieurs, je reste a priori concentré. Par contre, je me coupe de mon corps et parfois de ce qui se passe à l’extérieur. C’était le cas par exemple il y a un instant, pendant que je réfléchissais à ce que j'allais écrire. Ainsi, de même que la préférence pour un centre ne signifie pas que ce centre est fonctionnel, la préférence pour une direction d’utilisation ne signifie pas que cette direction l’est. Les pratiques simples apprises dans les stages de Fabien & Patricia me permettent d’abréger et de raréfier ces deux coupures, coupure de mon corps et parfois coupure de l’extérieur, et d’amorcer un rééquilibrage à la fois des directions et des centres.

 

Amicalement,

Yves

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Bookineur

Bonjour Yves, bonjour à tous,

 

J'espère que toi, et les autres lecteurs, allez bien.

Le 20/06/2018 à 08:29, Yves a dit :

Cette honte de tes parents… Peut-être une part de projection ?

C'est bien possible. Une part seulement. J'ai identifié chez moi un certain problème avec la honte, l'impression d'être inadapté ou inadéquat, un peu à la 4. Cela vient parfois effectivement d'une projection d'attentes de la part des gens suite à la peur de ne pas appartenir, mais parfois aussi de comportements en décalage réels liés à la difficulté (que je n'explique pas encore tout à fait) de mon ego de se plier à toutes les conventions sociales. Comme si mon ego basculait entre excès de déviance et réaction à cet excès de déviance. Mais alors peut-être cet excès de déviance est il toujours trop surinterprété par mon ego qui y projette sa propre frayeur. Je prends un exemple que j'a vécu aujourd'hui. J'ai été pris dans un conflit de loyautés qui m'a amené à mentir dans un moment de panique pour tenter d'assurer le bien-être de la loyauté que j'ai priorisé (on commence sur le triangle en Sauveteur = on commence mal et dans une position que je suis loin de prendre pour la première fois, là où mon amie 9, pro des positions tantôt méta tantôt passives-agressives m'avait préconisé de privilégier la stratégie du silence à celle du mensonge). Dès lors, lorsque j'ai reçu le feedback de la partie de mes ami.e.s qui étaient dans la confidence que ce mensonge improvisé de ma part était inutile et pas très pertinent, j'ai culpabilisé grave et surtout l'ai pris personnellement comme une faute grave. Pour me rassurer, mes camarades, ces malheureux, ont jugé bon de me dire que j'avais déjà commis des fautes (oups, ça c'est mon interprétation spontanée :beurk:) erreurs bien plus graves, ce qui n'a fait que renforcer ma frayeur : moi, je suis si nul que ça, si perfide et amoral ? C'est sûr, j'ai encore été trop ambitieux dans mes aspirations, il faut réduire tout ça, limiter tout ça, car là, vois-tu, tu dépasses les bornes mon petit Bookineur (:laugh:). Mais le mental a redémarré, au bout d'un petit temps, je ne sais trop comment, et j'ai pu analyser cet épisode avec un peu plus de recul (et éviter en passant de sauter tête la première dans le domaine et la dichotomie de mon aile principale 7). Donc, oui, il y a projection, mais pas toujours directement. Parfois, la projection fait un petit crochet par l'évitement de la déviance pour mieux cacher son jeu. Cela m'évoque le cas du 1 par exemple chez qui le mécanisme de défense fait un crochet lui par la fixation parfois si j'ai bien compris.

 

Le 20/06/2018 à 08:29, Yves a dit :

Un conflit intérieur douloureux, j’imagine.

Oui, d'ailleurs j'ai oublié de rajouter une immense tristesse et une grande désespérance dans les réactions fréquentes qui se produisent.

 

Le 20/06/2018 à 08:29, Yves a dit :

Je le pense aussi.

Avantage = moins de conséquences néfastes à gérer d'actions inadéquates effectuées par peur ou réaction. Inconvénient = accumulation de conflits intérieurs et manque d'assertivité.

 

Le 20/06/2018 à 08:29, Yves a dit :

Mon ego fonctionne comme cela aussi. Il manifeste même une tendance paranoïde. Pour se défendre, il pratique très fréquemment, en plus de l’isolation, la rationalisation et la projection.

Merci de confirmer. Il n'y a donc pas bascule chez moi à ce moment-là. Je vais continuer à observer pour faire la différence. Je pense qu'un bon indice de bascule est quand l'émotivité empêche de se détacher du problème en question et/ou de le remettre en perspective (par l'usage d'un des trois mécanismes préférés des trois types mentaux).

 

Le 20/06/2018 à 08:29, Yves a dit :

C’était le cas par exemple il y a un instant, pendant que je réfléchissais à ce que j'allais écrire

Ceci ne m'arrive quasiment jamais : je peux "bloquer" les demandes de mon corps, mais elles restent toujours présentes à la conscience, simplement je "choisis", égotiquement, de ne pas y céder, en général par répression de l'instinctif et/ou préférence pour des activités mentales. Il pourra m'arriver de pratiquer les suppressions de sensation dans des contextes sociaux où j'ai beaucoup de responsabilités m'empêchant de m'attarder sur mon sort (sous-type et compulsion), alors que chez toi elles semblent se faire sous l'effet de l'orientation. Autre différence.

 

Le 13/06/2018 à 12:00, Bookineur a dit :

Ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas si simple de sortir du phénomène globalement, car la volonté d'équilibre, interprétée égotiquement, empêche de choisir une source de sécurité intérieure, car mon ego voit ça je crois comme un privilège de la direction intérieure sur la direction extérieure (en fait, la sortie du phénomène passe sûrement en partie par un peu de courage, pour dépasser le tiraillement entre désir d'honnêteté et désir de sécurité, et ce afin de casser la spirale sans fin des projections, mentalisations et surinterprétations).

Je voulais exemplifier ce point. Par exemple, cela peut être aussi simple que moi au bar avec des amis. Je me sens inconfortable physiquement, je serai mieux à rentrer chez moi, problème, les autres sont encore attablés, donc l'effort de me désolidariser du groupe pour aller faire ma vie tout seul me semble trop important. Du coup je reste assis et je serre les dents. Si la tension intérieure s'accroît, il peut alors y avoir mouvement en 3 et je vais tenter de garder bonne figure pour cacher un mal-être naissant, ce mal-être étant créé de toutes pièces par mon manque de courage et ma peur de la lâcheté (je vois ce mouvement surtout à la recherche de succès faciles visant à s'assurer l'approbation de son groupe, et je crois que c'est surtout ça en fait le mouvement en 3 chez un 6 alpha comme moi). Effectivement, la solution serait de prendre mes corones et d'affirmer mon désir de partir. Cependant, en le faisant, mon ego croira (ou pas ? Ceci est une transe à déconstruire je crois) qu'au moins un instant la sécurité sera rompue, et comme il n'est pas sûr à 100% que ce genre d'initiative personnelle sera bien reçue, il fait pression par la fixation (le perfide, le jaloux, l'ingrat ! :cry:) pour me faire préférer fermer ma bouche.

Une solution que j'ai apprise, pour prendre une initiative personnelle de la sorte sans sacrifier l'équilibre des directions, nécessité égotique pour assurer ma sécurité, est l'usage de la technique "Déployer ses ailes" du stage Ailes, où je peux prendre une décision librement choisie car prenant en compte à la fois des données internes et des réalités externes, objectives et sereines sur la situation.

 

Très amicalement,

Bookineur

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Yves

Bonjour à tous,

 

Merci Bookineur de tes réponses très éclairantes. En particulier, ta réponse m'aide à percevoir comment se manifestent chez toi l’écartèlement entre les deux directions et les jeux des centres mental et émotionnel.

 

"Parfois, la projection fait un petit crochet par l'évitement de la déviance pour mieux cacher son jeu."

Elle sert la compulsion.

 

"[…] ce mal-être étant créé de toutes pièces par mon manque de courage"

Ah oui, je connais aussi… Je ne peux puiser du courage que dans mon centre réprimé.

 

Amicalement,

Yves

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

×