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Simechau

Peur et courage

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Simechau

Je dirige un établissement médico-social et je viens de recruter une psychologue qui aura la charge ponctuelle d’animer des groupes d’analyse de la pratique professionnelle à destination des personnels soignants et hôteliers. Cette dame ne me connaît pas, je ne la connais pas, nous n’avons jamais travaillé ensemble.

 

Avant qu’elle intervienne dans l’établissement, je lui indique que je souhaite qu’elle se joigne à tous les personnels que je réunis pour leur présenter le bilan 2017, les remercier de leur action, et pour leur présenter les perspectives 2018. J’anime la réunion à laquelle cette dame assiste en silence, comme convenu, après que je l‘ai brièvement présenté aux personnels, ainsi que l’action qu’elle va conduire en 2018 au sein de l’établissement.

 

Quelques semaines après cette réunion, nous nous revoyons, pour entrer dans le vif du sujet et mettre en œuvre effectivement les groupes d’analyse de la pratique professionnelle que nous voulons. Au cours de la conversation, elle me dit : « je tiens à vous dire que vous êtes très courageux, et aussi plein d’entrain. ».

 

En tout état de cause, c’est comme cela qu’elle me perçoit.

 

Je suis assez interloqué car je connais bien la peur, c’est ma compagne de toujours et je la ressens vraiment en permanence, avec son compagnon mental, toujours tapi dans l’ombre, le doute et la suspicion.

 

Elle m’explique qu’elle travaille dans beaucoup d’établissements et d’entreprises où le directeur, le patron, ont, selon elle, peur de leurs personnels. Leurs bureaux sont fermés, et ils fuient toute réunion collective avec leurs personnels alors que vous, me dit-elle, vous réunissez tous les personnels. Ils se mettent en cercle et vous, vous allez au milieu du cercle et vous expliquez, explicitez, illustrez, remerciez, tracez les perspectives, montrez les difficultés.

 

Alors, je reçois ce qu’elle me dit, comme une évidence.

 

Effectivement : qui mieux que quelqu’un qui connait et ressent en permanence la peur, peut connaitre, ressentir et pratiquer le courage ?

 

Peur et courage sont les deux faces d’une même pièce, les deux dimensions duales d’une même unité. Peur et courage, je vous aime.

 

Et oui, il y a une espérance pour tous ceux et toutes celles, dont le fonctionnement égotique relève du type 6.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci pour ce nouveau témoignage, Simechau.

 

"Qui mieux que quelqu’un qui connaît et ressent en permanence la peur, peut connaître, ressentir et pratiquer le courage ?"

D'une certaine façon, oui. Cependant, faire la distinction entre le vrai courage de l'essence et le courage égotique qui est une maîtrise de sa peur n'est pas chose simple. Plutôt que de me paraphraser, je renvoie au début de l'article que Patricia et moi avons écrits sur les passions et contrepassions.

 

"Peur et courage, je vous aime."

Effectivement, l'essence ne peut ressentir que de l'amour pour l'ego. Il est important d'être vigilant à cela. Je rappelle une anecdote racontée dans Le Grand livre de l'Ennéagramme : « Les auteurs de ce livre ont participé aux États-Unis à un stage dont l’animateur était spécialisé à la fois dans l’ennéagramme et dans la gestalt-thérapie. Ce formateur faisait faire aux participants un exercice classique de gestalt consistant à taper sur un coussin en exprimant sa colère ; dans ce cas, il demandait de manifester sa colère à propos de l’ego et de l’enfermement créé par ses automatismes. C’est tout simplement absurde. La colère n’est pas une qualité de l’essence ; celle-ci ne peut donc pas être en colère après l’ego ; pour l’ego, l’essence ressent plutôt amour et compassion. Seule une partie de l’ego peut être en colère contre une autre partie de l’ego. L’exercice proposé revenait donc à déclencher dans l’ego une guerre intestine, et quand l’ego se bat contre l’ego, qui gagne ? L’ego, bien entendu. »

 

Très amicalement,

Fabien

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Pika

Bonjour à tous,

 

Pour essayer de me comprendre, je suis parti d'une liste d'environ 200 valeurs et j'ai essayé d'en sélectionner 4 triées par ordre de priorité. Ce que j'appelle une valeur, c'est ce qui est important pour moi. Voici le résultat :

  1. Courage
  2. Famille
  3. Franchise (y compris honnêteté intellectuelle)
  4. Liberté

 

En détails :

  1. Courage : je pense que même si on est pauvre, bête et seul, on peut survivre si on a du courage. C'est l'ingrédient primordiale à la survie. Et la survie, c'est ce qui est le plus important au monde. Sans survie, on meurt. C'est tout à fait logique, non ?
  2. Si j'ai du courage, alors je suis autonome pour ma propre sécurité. Et donc, je peux aider ceux pour qui je pourrais faire n'importe quels sacrifices. Je pense à mes fils et mes parents. Pour eux, je pourrais me sacrifier sans hésiter et les faire passer avant moi. Je ne pense pas du tout à mon mari, ni mes frères et sœurs, car j'estime qu'ils ont les moyens de se débrouiller.
  3. Franchise : je me moque de savoir si les gens sont gentils ou non, tant que les règles du jeux sont claires, tant que je sais à qui j'ai affaire devant moi. C'est pourquoi la franchise est primordiale. Sans cela, je bloque. Je ne supporte pas les gens non francs que je qualifie souvent de manipulateurs, de fourbes. Je ne supporte pas non plus la malhonnêteté intellectuelle.
  4. Si j'ai 1+2+3, alors la vie est belle. Je peux vivre en toute liberté et c'est la fête. Et là c'est le bonheur !!!

 

Ce qui est intéressant, c'est que le courage vient en premier. Quand j'en ai parlé à mon mari, il m'a taquiné en me disant que j'étais quand même assez peureuse pour quelqu'un dont la première valeur est le courage. Ça m'a bien énervée et vexée. J'ai répondu comme Simechau :

Le 14/02/2018 à 20:02, Simechau a dit :

Qui mieux que quelqu’un qui connait et ressent en permanence la peur, peut connaitre, ressentir et pratiquer le courage ?

 

Et en relisant l'article sur les passions et contrepassions du 6, j'ai compris ceci :

Le 15/02/2018 à 09:57, Fabien Chabreuil a dit :

D'une certaine façon, oui. Cependant, faire la distinction entre le vrai courage de l'essence et le courage égotique qui est une maîtrise de sa peur n'est pas chose simple. 

 

Avec ces nouvelles informations, je comprends que ma valeur "courage" telle que je la décris est celle du courage égotique. Ce que j'appelle "le courage" et "la franchise", j'en ai besoin pour ma stratégie pour maîtriser ma peur. Par contre "la famille", ça, c'est bien important pour moi, avec ou sans peur. Et la "liberté" que je décris, c'est ce que je recherche. Je pense que pour cela, il faudrait que j'arrive à atteindre le courage de l'essence. Le Grand livre de l'Ennéagramme dit : "Dans l'essence, le 6 vit l'idée supérieure de confiance. Il a confiance en lui : il connaît, accepte et utilise ses ressources. Il voue une confiance réaliste aux autres."

 

Quand j'ai peur, j'en ai de plus en plus conscience. Et je me pose la question : "Objectivement, est-ce qu'il y a un vrai danger comme un lion qui va me dévorer, ou non ?" J'arrive de mieux en mieux à être objectif. Quand j'ai conscience que ma peur est excessive, j'essaye de la surmonter. La pemière fois que j'arrive à surmonter une peur, ça me met dans tous mes états. Après deux ou trois essais, c'est plus facile à surmonter. Je suis plutôt fière de moi. Cependant, je ne trouve toujours pas le sommeil. C'est plus fort que moi, je ne me sens toujours pas en sécurité. La nuit, je continue de faire des stratégies pour que ça se passe bien pour moi. Le courage égotique, c'est mieux que d'être sans protection, mais ça ne relaxe pas, car la peur est toujours là.

 

J'espère vraiment que le stage Essence va m'aider. Parce que je ne vois pas comment atteindre le courage de l'essence. Et j'en ai marre de me sentir dans une sorte de prison où je me suis mise à cause de peurs irrationnelles. Je veux être LIBRE, LIBRE de profiter de la vie sans être barricadée. Et j'en ai marre de me prendre la tête en essayant d'anticiper comme un joueur d'échecs tous les scénarios possibles. Tout cela, c'est beaucoup de charge mentale, de stress. Je voudrais dormir la nuit, arrêter de réfléchir, être en paix. En gros, j'en ai marre d'avoir peur.

 

Vraiment, je suis super motivée. Mais est-ce suffisant…

 

Dans le stage Centres, on nous a remis un petit guide "Démarche d'intégration au sein d'un type". Pour le type 6, j'arrive plus ou moins à faire les 6 premières étapes. Mais la septième, je bloque totalement : "En cas d'hésitation entre deux actions, en choisir une sans prendre avis auprès de qui que ce soit et noter les conséquences." Quand il s'agit d'une décision qui va impacter le regard des autres et où j'ai un doute, je ne sais pas agir sans demander l'avis de quelqu'un d'autre. Rien que d'y penser, j'ai peur. C'est ma prochaine étape… Je vais essayer… Souhaitez moi bonne chance.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Eh bien, bonne chance, Pika ! Même si je ne crois pas du tout à la chance dans cette situation. Il est préférable de se sevrer en douceur de sa passion. Alors commence par des petites décisions où l'impact d'un mauvais choix serait faible.

 

"Vraiment, je suis super motivée. Mais est-ce suffisant…"

Non, mais c'est nécessaire. Les techniques d'accès à l'essence sont très simples. La seule difficulté sera de ne pas céder à tout ce que fera ton ego pour saper ta motivation.

 

Sinon, merci pour ce nouveau témoignage.

 

Très amicalement,

Fabien

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