Institut Français de

l’ennéagramme

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Mdo

Une 4 en entreprise

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Mdo

Bonjour à tous !

 

En faisant du rangement, je suis tombée sur un bilan de compétences fait en 1995, au siècle dernier, quoi, période où je ne connaissais pas l'ennéagramme.

 

J'avais un peu fait le tour du travail à l'antenne, j'avais envie d'évoluer, et un poste que j'espérais m'avait été refusé trois fois. Mon chef m'avait proposé de faire ce bilan pour y voir plus clair…

J'ai eu dans ce cadre toute une recherche à faire sur le thème : "Vous n'êtes pas bien dans votre poste car vous n'êtes pas bien avec vous même. Essayez de définir les causes de ce sentiment de mal être à travers des situations vécues dans la vie de tous les jours." 

 

Voici trois de mes réponses :

  • Je suis insatisfaite lorsque je fais un travail de peu d'intérêt, je m'ennuie et j'ai l'impression de gaspiller mes compétences.
  • Lorsque je suis contrariée par une situation ou par quelqu'un, je rumine mes griefs pendant des jours, et je me plains sans arrêt.
  • Je passe mon temps à regretter ce qui me manque et j'ai du mal à profiter de ce que j'ai. J'envie les autres qui, me semble-t-il, sont plus heureux que moi.

 

J'ai bien ri en relisant ce bilan, pour compléter le tableau, cinq autres de mes réponses montraient une désintégration en 2, et une signait une aile 3 !!!

 

Je dois ajouter que la formatrice qui m'a accompagnée m'a fait travailler sur le contentement de ce que j'avais et qui était déjà là, ce qui m'a à l'époque aidée à changer de regard (et de comportement) sur mon travail et ma vie, à la suite de quoi un nouveau poste auquel je n'avais pas pensé s'est ouvert à moi comme par magie…

 

Amitiés à tous,

Marie Do, décidément 4 :happy:

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci Marie Do pour ce magnifique exemple.

 

C'est peut-être quand on le cherche qu'il est le plus difficile de trouver son ennéatype ! À ces moments-là, nous analysons, nous pinaillons, nous doutons, nous sommes défensifs, alors que si nous nous reportions simplement à notre vécu, il serait bien souvent évident.

 

Très amicalement,

Fabien

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Gri

Bonjour à tous,

 

J’ai sauté sur l’occasion de ton message, Mdo, pour exhumer et relire des écrits personnels datant de la période de quelques années (environ 2010-2015) précédant ma découverte de l’Ennéagramme. J’étais curieux de voir si mon type ressortirait aussi (envie :laugh:).

Résultat : j’ai bien ri tout du long ! Et j’encourage ceux qui en ont la possibilité à faire l’exercice. Voici quelques-unes des perles que j’ai trouvées :

 

Dans un bilan professionnel fait en 2011, mes ressorts profonds (positifs et négatifs) :

  • Me sentir reconnu pour qui je suis (centre émotionnel, quête du 4).
  • Ne pas risquer d’être rejeté, ridiculisé, pas à ma place, etc. (peur de base du 4, honte).
  • Ne pas avoir à faire de démarche commerciale et risquer l’échec (aile 3).

 

Dans le même bilan, ce qui me plaît :

  • Créativité, brainstorming, la variété, travailler sur des projets différents, … (fierté et compulsion du 4).
  • Comprendre comment fonctionne le monde, la société et les entreprises, surtout dans ce qu’ils ont de pas forcément intuitif, des choses nouvelles ou méconnues jusque là (aile 5, fierté & compulsion du 4).
  • Travailler sur des sujets  en conformité avec mes valeurs : une société plus éthique, plus transparente, mieux informée, des organisations à la fois plus responsabilisantes et plus respectueuses des droits de chacun, un système politique et de régulation qui protège des abus (spéculation, corruption, pratiques anti-concurrentielles, marketing agressif, etc.) (quête d’authenticité, rejet des excès de ER, valeurs FS émergentes).
  • M’organiser comme je veux / être indépendant (compulsion du 4).

 

Et quelques extraits de mon journal :

  • "Je ne conçois pas la vie sans une forme d’excès."
  • "[…] mon refus délibéré de choisir la voie de la normalité."
  • "Suis-je le seul être humain à être si totalement gouverné par son humeur, c’est-à-dire par quelque chose de superficiel et de passager ?"
  • "Mais b… de m…, oui ou non peut-on vivre avec parmi vous en étant différent, DIFFÉRENT ???"
  • "[…] irrépressible tentation de descendre toujours plus bas, de flirter avec l’abîme."
  • "Ne vaut-il pas mieux la révolte que l’ennui ?"
  • "[…] accepter la frustration en la considérant pour ce qu’elle est, sans l’exagérer, sans qu’elle prenne des proportions intolérables."
  • "Il y a comme une banalisation ; je ne ressens — déjà — plus les mêmes émotions qu’au début."
  • "Je m'aperçois que tous mes espoirs depuis quelques années (depuis toujours) consistent à faire en sorte de rentrer un jour dans le rang. D'être dans la vie, avec les autres. D'être normal. De pouvoir échanger avec mes semblables, me sentir comme eux, accepté, reconnu par eux. […] Mais si je suis fondamentalement différent, presque d'une autre nature, alors quel espoir puis-je entretenir de me rapprocher des autres ? Et de fait, je me sens de plus en plus étranger. De plus en plus à côté. En marge. En opposition de phase. Je ne comprends pas les autres. Leurs comportements n'ont pas de résonances dans mon monde à moi."
  • "Je viens de loin tout de même. J'étais un Désir. Ardent, permanent, total, de vaincre, de posséder, d'être aimé et reconnu, de rugir la vie sous toutes ses formes. Et j'étais aussi Frustration en devenir, tout aussi vaste. Me convaincre, doucement et progressivement, que je suis autre chose que mes désirs."
  • "Retrouver l’envie pour retrouver la fierté ou retrouver la fierté pour retrouver l’envie ?"
  • "Penser que les autres m’en veulent me donne le sentiment de mon originalité, me permet de me sentir exister. Eh bien il faudra s’en passer."
  • "Ce monde ne trouve aucune grâce à mes yeux. Où que j'aille, je ne vois plus que la laideur"
  • "Je déteste, déteste, déteste quand je suis dans cet état d'esprit, de Calimero-vilain petit canard, que je suis incapable de me sortir le nez de ma merde, que je vasouille misérablement dans ma fange pathétique. Je me hais quand je suis comme ça. Que mon cerveau tourne au ralenti, comme s'il était obstrué, qu'il manquait de tout. Que rien n'est clair. Que je ne sais plus rien de ce que je savais parfaitement quelques jours avant : pourquoi je fais les choses ou pourquoi je ne les fais pas. Que j'ai envie d'effacer les 35 projets que j'avais sur ma to do list et qui me semblaient tous parfaitement faire sens lorsque je les y ai mis. Que j'ai désespérément besoin qu'on m'aide mais que je veux que personne ne me voit. J'en ai marre de ces doutes qui me viennent de nulle part, qui me noient dans des brumes épaisses, et qu'il est si difficile d'évacuer. Les certitudes dont je me dote ne durent qu'un temps, court, absolument court. Il me faut un quintal d'énergie pour me construire quelques grammes de certitudes que le premier vent balaie impitoyablement. Certitude que j'avance pour une raison valable. Une raison profonde. Quelque chose d'important, qui a du sens pour moi, qui m'anime, qui m'excite, qui m'enthousiasme. Je cherche, je cherche, je cherche, et je ne trouve rien. Est-ce que je suis encore dans un tel besoin d'absolu que je n'arrive pas à voir ce qui va bien ?"

 

Oui c’est possible de se distancier de ces mécanismes, jusqu’à arriver à la situation présente où je lis tout cela avec beaucoup de bienveillance et de tendresse. :happy:

 

Amitiés,

Gri

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci beaucoup, Gri, pour ce partage.

 

"J’ai bien ri tout du long !"

J'ai souri aussi en pensant que tu ne t'étais pas identifié immédiatement en 4. Je suis toujours fasciné de la capacité que nous pouvons avoir à nous masque l'évidence.

 

"Je lis tout cela avec beaucoup de bienveillance et de tendresse."

:thumb_up:

 

Très amicalement,

Fabien

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Katz

Bonjour à tous,

 

Je rebondis sur les propos de Gri qui font totalement écho en moi (rien d’original, donc… :wink:) :

  • "Travailler sur des projets différents" ;
  • "M’organiser comme je veux, être indépendant".

Mais sur le point suivant :

  • "Travailler sur des sujets en conformité avec mes valeurs (quête d’authenticité)",

j’ai réalisé qu’il y avait un décalage, et après avoir un certain temps oscillé entre le rejet et l’acceptation fatale douloureuse, un compromis apaisant est trouvé (l’apport de l’ennéagramme y est pour beaucoup je pense) : il s’agit d’un travail nourricier, je renonce à lui attribuer une valeur. En revanche, pour être en accord avec l’impératif d’authenticité (gagner un salaire signifie travailler correctement, ne pas faire semblant), je me dois de produire un travail de qualité dans l’équipe, et je respecte ceux qui sont animés par des valeurs (un brin de VERT ?).

 

Parfois bien sûr, je retombe dans le sentiment que ce travail est un non-sens, alors je récapitule tout en m’arrêtant à chaque étape : OK j’arrête mais je fais comment pour gagner le même salaire (même s’il n’est pas très élevé), dont ma famille a besoin et qui me permet aussi de faire des choses qui m’intéressent ? Alors dans l’immédiat je continue, et pour cela il suffit de faire le trajet de chez moi jusqu’au lieu de mon travail : ça, c’est agréable, je mets la musique dans la voiture, et le paysage de campagne est changeant. Ensuite, j’ai tel projet à finir : il y a des calculs à faire, des recherches pour aboutir, c’est une sorte de jeu mathématique (j’aime bien). Et puis il faut faire une synthèse (c’est une construction qui doit être bien bâtie) et aussi une présentation que je veux bien claire et esthétique (cela me plaît). Mon fond d’écran d’ordinateur est une photo prise lors d’une randonnée dans un coin que je considère comme paradisiaque. C’est une source de bien-être, il accueille mes pensées qui vont directement là-bas, bien sûr.

 

Parfois, je fais la course avec moi-même : je réussis à boucler un document le jour même, un record pour moi, c’est plaisant les défis en solitaire, une sorte de jeu.

 

D’autres fois je me dis que c’est sûr, je vais partir, mais pour cela, il faut que tout soit au clair (encore l’authenticité), alors je fonce.

 

Ou bien encore, beaucoup plus rarement, un petit vertige d’identification (transe hypnotique) : je me vois être à un poste (le mien en réalité, pas un autre), avec la conscience d’une identité professionnelle (existence LinkedIn, visibilité autre, réelles elles aussi), que je n’ai absolument pas en temps ordinaire puisque je me sens toujours à côté, en dehors.

 

En plus, ce qui sous-tend tout cela, c’est ma conviction qu’il y a toujours une petite voie différente, donc une solution quand tout semble bloqué, ou plutôt une façon différente de voir les choses. Ainsi, tout ne passe pas comme prévu ? C’est que l’on a quelque chose à voir qu’on ne pensait pas. Comme le contexte a pu être majoritairement négatif, je suis majoritairement positive, juste parce qu’il y a moyen de faire différemment, et non parce que je suis animée d’un idéal, d’une valeur par rapport à mon travail.

 

Il y a aussi (depuis quelques temps surtout, j’ai changé de service) des personnes sympathiques que je comprends bien, qui sont capables de parler de sujets profonds, et qui sont attachantes en racontant avec simplicité leurs bêtises pour en rire. Là, c’est un piège affectif… émotionnel, quand tu nous tiens…

 

Cela constitue comme un relais de petits moteurs qui me permettent de ne pas trop tomber en panne (dans l’apathie, la mélancolie immobile). C’est plutôt confortable de travailler en mode détachement (un brin d’aile 5 ?) : rien n’est important mais c’est essentiel d’avancer.

 

J’arrête de me relire parce que c’est toujours incomplet…

 

Bien amicalement,

Katz

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci Katz pour ce témoignage.

 

"Il s’agit d’un travail nourricier, je renonce à lui attribuer une valeur."

Il me semble qu'il y a peut-être là la tendance habituelle de l'ego du 4 à ne pas voir ce qui est là et qui est beau.

 

J'enseigne par ailleurs la sociocratie. En sociocratie, chaque service d'une organisation définit sa vision, c'est-à-dire qu'il définit quel monde il veut que son travail contribue à créer. Cette vision, à long terme, ne parle pas de l'activité exercée mais des conséquences positives que le service veut qu'elle ait. Ensuite cette vision devient une boussole pour faire ou ne pas faire certaines choses. Tu serais sans doute surprise et émue, comme je l'ai été, de la qualité de ce que les personnes mettent derrière des tâches apparemment simples. Je n'ai jamais trouvé une organisation où ce travail s'est révélé impossible  — bon, je ne suis jamais intervenu pour un fabricant de mines anti-personnelles !

 

Et si tu essayais cela ?

 

Très amicalement,

Fabien

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