Institut Français de

l’ennéagramme

À quoi sert tout le reste...

Aller au contenu

Conformément à nos conditions d'utilisation, ce forum est accessible uniquement en lecture jusqu’au 6 mars 2018 inclus.
Il vous sera à nouveau possible de poster des messages après cette date.
D’ici là, vous pouvez consulter également nos 149 articles et nos 89 analyses de film.

Mdo

Sublimation : mécanisme de défense ou chemin vers l'intégration ?

Messages recommandés

Mdo

Bonjour à tous !

 

Je suis allée voir il y a une dizaine de jours avec une amie une exposition à la Philharmonie sur la chanteuse Barbara. Expo très intéressante, qui vient de se terminer.

 

Barbara était de toute évidence une 4 ! (cf. cette discussion dans la section du forum sur les célébrités). Je suis revenue de l'expo partagée entre admiration pour l'artiste, ses chansons sublimes, personnelles et universelles à la fois (j'avais eu de plus la chance de la voir en récital dans les années 70…) et malaise parce que quand même, ses chansons nous font rentrer dans son monde émotionnel, et que bizarrement je suis gênée de tous ces ressentis forts et intimes exposés au grand jour.

 

Alors ça fait 10 jours que le sujet tourne dans ma tête.

 

Je suis persuadée que si Barbara n'avait pas pu devenir chanteuse, elle se serait tuée, ou serait devenue folle… Pour elle, c'était une nécessité absolue, une obligation…

 

Je relis mes notes du stage Bases : "Mécanisme de défense du 4 : introjection (vivre émotionnellement ce qui se passe dans son environnement pour comprendre) et sublimation (sortir des émotions par des créations artistiques). Les émotions rentrées doivent ressortir. Introjection + sublimation pour évacuer le trop plein émotionnel."  Effectivement, j'ai ressenti très fort, en voyant les interviews ou en ré-écoutant les chansons de Barbara, cette "pesanteur" du 4 nostalgique, blessé, écorché vif, pesanteur que je trouve si difficile à vivre. 

 

En même temps, cette chanteuse a apporté au monde son sens du beau, des chansons poétiques et splendides. Elle a atteint une dimension universelle, beaucoup de gens se sont reconnus dans ses émotions, se sont senti mieux, se sont retrouvés, en l'écoutant. Elle a contribué à faire un monde meilleur, c'est incontestable. Et il me semble que tout ça, c'est ce que peut apporter un 4 intégré, non !!!??

 

Je lis dans Le Grand livre de l'ennéagramme : "Le mécanisme de défense est un obstacle majeur sur notre chemin d'évolution de l'ego à l'essence." Pourtant, il me semble que la sublimation du 4, qui au départ vient bien de l'ego, peut mener à l'orientation du 4 "sens du beau" et à l'intégration en rendant cette beauté universelle. Alors, est ce que l'intégration commence quand la création artistique, tournée d'abord vers soi, se tourne vers les autres et le monde ?

Ou est-ce qu'il y a quelque chose que je n'ai pas compris ? :confused:

Ou alors les 4 sont-ils différents des autres types de l'ennéagramme ? :laugh:

 

Toutes ces réflexions juste parce que je suis allée voir une expo !!!!

Amitiés à tous,

Marie Do

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Ça m'a bien surpris, Mdo, de découvrir ce message ce matin.

 

"Je relis mes notes du stage Bases : Mécanisme de défense du 4 : introjection (vivre émotionnellement ce qui se passe dans son environnement pour comprendre) et sublimation (sortir des émotions par des créations artistiques). Les émotions rentrées doivent ressortir. Introjection + sublimation pour évacuer le trop plein émotionnel."

Commençons par dire qu'il y a une exactitude dans tes notes. Pour la sublimation, nous parlons de liens avec l'orientation et précisons systématiquement qu'il ne s'agit pas forcément de créations artistiques, que cela peut être pour un 4 faire de la carrosserie automobile, et que pour nombre de 4, si ce n'est la plupart, il s'agit simplement de tenir un journal.

 

Nous précisons toujours, dans ce même stage, qu'une majorité de 4 croient ne pas pouvoir créer hors du mécanisme d'introjection-sublimation et que c'est inexact.

 

Venons-en maintenant au fond.

 

Il me semble que tu es dans la confusion entre horizontal et vertical. Que certaines personnes se sentent bien en écoutant du Barbara est incontestable mais être bien est l'objectif du travail horizontal et être libre celui du vertical. Oui, les chansons de Barbara sont "poétiques et splendides". Cependant quand nous écoutons du Barbara, il me semble que ce n'est pas uniquement parce que c'est beau. Avec elle, nous sublimons par procuration ! S'approprier ses chansons et s'identifier à ce qu'elle chante si bien, c'est aussi réussir à exprimer notre propre souffrance mieux que nous ne saurions le faire tout seuls.

 

Dans mon expérience personnelle, il est évident que mieux je vais, moins j'écoute Barbara, Ferré et consorts.

 

Il y a une contradiction à écrire "Je suis persuadée que si Barbara n'avait pas pu devenir chanteuse, elle se serait tuée, ou serait devenue folle… Pour elle, c'était une nécessité absolue, une obligation…" d'une part et "Et il me semble que tout ça, c'est ce que peut apporter un 4 intégré, non !!!??". Obligation et intégration, ce sont des mots qui ne vont pas très bien ensemble.

 

Comme tout le monde ici le sait, nous ne militons pas dans ces pages pour la mort de l'ego. L'ego de Barbara fait du bien à nos ego, ne boudons pas notre plaisir.

 

Très amicalement,

Fabien

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Mdo

Bonjour Fabien, bonjour à tous !

 

Pour commencer, je ne suis pas surprise de ta surprise !!!

 

Le départ de cette conversation, c'est que je me suis demandé pourquoi cette chanteuse me met si mal à l'aise. Je ne ressens pas du tout ça en écoutant Gainsbourg, par exemple…

 

De cette constatation, je me suis demandé si toute la carrière de Barbara reposait sur la sublimation de ses émotions et de ses souffrances, c'est à dire sur un des deux mécanismes de défense propres à l'ego du 4. Ce qui peut expliquer que je ne me sens pas bien en écoutant ses chansons, étant moi même une 4.

 

Là où ça s'est compliqué fortement dans mon raisonnement, c'est que d'un autre côté, elle exprime des émotions universelles, dans un langage poétique et rempli de beauté. Alors, est-ce que c'était le signe qu'elle avait dépassé son ego et ne chantait plus seulement ses propres souffrances, mais des émotions concernant l'humanité ? Et que par la beauté elle contribuait à améliorer le monde ?

 

Peut-être que la sublimation, peut elle, aussi permettre de créer de grandes œuvres d'art, l'art en question pouvant être d'écrire de belles chansons, ou aussi de faire de la carrosserie automobile ou de tenir un journal, comme effectivement j'avais bien noté également…

 

Je me suis donc trouvée dans une contradiction, que tu as relevée, et c'est bien là l'objet de mes questions ! Du coup, je me suis dit que peut-être alors la sublimation peut constituer une passerelle vers l'intégration, si et dans la mesure où, le 4 dépasse son mécanisme de défense et continue à créer hors du mécanisme d'introjection-sublimation… Était-ce le cas de Barbara ? Pas sûr !

Mais je ne trouvais pas mon hypothèse très satisfaisante…

 

Aurais-je mis en parallèle deux situations qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre, créer à partir de son mécanisme de défense et créer à partir de son essence, ce qui suppose qu'on s'est libéré au moins de temps à autre des automatismes de son ego ?

 

Si c'est ça, je comprends mieux.

 

Amitiés à tous,

Marie Do

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Est-ce que c'était le signe qu'elle avait dépassé son ego et ne chantait plus seulement ses propres souffrances, mais des émotions concernant l'humanité ?"

Toutes les émotions concernent toute l'humanité. Il n'y a pas de lien entre l'universalité de ses textes et le dépassement de son ego.

 

"Peut-être que la sublimation, peut elle, aussi permettre de créer de grandes œuvres d'art."

Bien sûr, il me semblait que c'était inclus dans mon dernier message. 90 % (soyons indulgent et ne disons pas 99 %) de ce que nous considérons être de l'art vient de l'ego. J'avais fait cette distinction à propos de la musique dans la conversation “Le jazz et autres styles de musique” à laquelle tu as d'ailleurs participé.

 

"Était-ce le cas de Barbara ? Pas sûr !"

Non vraiment pas sûr. Je te cite : "Je suis persuadée que si Barbara n'avait pas pu devenir chanteuse, elle se serait tuée, ou serait devenue folle… Pour elle, c'était une nécessité absolue, une obligation…"

 

"Aurais-je mis en parallèle deux situations qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre, créer à partir de son mécanisme de défense et créer à partir de son essence."

Oui. Là aussi, il me semblait l'avoir dit dans mon message précédent ("Il me semble que tu es dans la confusion entre horizontal et vertical.") où décidément je n'ai pas dû être clair.

 

Très amicalement,

Fabien

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Mdo

Bonjour Fabien et tous les autres !

 

Si si, tu as été très clair ! J'ai reformulé pour être tout à fait sûre que j'avais bien compris !

 

Et cette conversation m'a permis de voir où était ma confusion, à savoir qu'une œuvre d'art, même unanimement reconnue et appréciée, peut venir de l'ego et n'implique pas forcément qu'on est dans son essence !

 

Amitiés,

Marie Do

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Gus

Bonjour,

 

Un petit clin d’œil pour Marie Do, qui s’inquiète du devenir (ex-devenir) de Barbara si elle n’avait pas été chanteuse. Voici ce que Barbara déclarait dans son spectacle Lily passion (spectacle musical qu'elle crée sur la scène du Zénith de Paris en janvier 1986, avec comme partenaire l'acteur Gérard Depardieu) : « Si je n'avais pas chanté, j'aurais sans doute été prostituée », déclare Lily en répondant à des questions imaginaires. « Chanteuse, religieuse ou putain, c'est un peu la même chose», répète souvent Barbara aux journalistes interloqués.

 

Mon fils de 8 ans, qui est 4, semble manifester son processus de sublimation au travers d’histoires qu’il vit au 1er degré. Soudainement on le voit se battre contre des ennemis imaginaires. Tout y est : les gestes, les simulations de bagarres, les dialogues et le bruitage, etc. Dans ces moments, il nous reste inaccessible. Il est complètement dans son monde. A priori donc pas de création artistiques sauf à dire qu’il fait l’acteur et occupe à lui tout seul tous les rôles de la scène.

 

Amicalement,

GUS

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

J'avais effectivement entendu Barbara faire ce genre de déclaration mais je l'avais complètement oublié. Merci Gus GUS — à chaque fois que je lis ta signature, je pense à cette boutique — de me l'avoir rappelé.

 

Quant à ton fils, ce genre de jeu est typique de la dernière étape de la transition entre ROUGE et BLEU sur la spirale dynamique. Sans doute les mécanismes de sublimations sont-ils différents d'un vMème à l'autre, le sens du beau évoluant à chaque étape (cf. “L'art du baiser” et “Éclosion de ORANGE” et leurs commentaires. La sublimation peut peut-être aussi se voir dans la manière donc il pratique ses jeux. Enfin il peut en exister sous forme de rêveries qui te sont invisibles.

 

Très amicalement,

Fabien

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Gus

Bonsoir,

 

De rien Fabien :proud: même si je ne sais pas comment prendre la comparaison avec cet énorme bouledogue, moi qui me sens comme une chouquette ramollie face à la violence du monde (et celui de l'entreprise en particulier).

 

S'agissant de mon fils je n'ose imaginer que quoi que ce soit puisse échapper à ma vigilance et à mon contrôle !

 

Bon ce message ne fait pas avancer la connaissance de l'ennéagramme sauf à dire qu'il ne faut pas trop tirer sur la corde avec un 8

 

Amitiés,

GuS 

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

×