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l’ennéagramme

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Simechau

Contrefixation : la naiveté

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Simechau

De doute et suspicion à naïveté, il n’y a qu’un seul faux pas

 

Je relève, sans conteste de l’ennéatype 6. Doute et suspicion me sont égotiquement familiers.

 

Un des faux pas possible dans le cheminement en vue d’une intégration interne dans son type, me semble être pour une personne relevant du type 6, la négation, l’oubli, l’effacement du doute et de la suspicion, et son remplacement, aussi inconscient qu’enthousiaste, par la naïveté. Ce qui pourrait donner l’exclamation suivante : « Ça y est, je suis intégré, c’est chouette je ne suis plus du tout dans le doute et la suspicion, quelle joie, alléluia ! ».

 

En fait, je peux croire être libéré du doute et de la suspicion et donc me sentir libre et libéré, sans me rendre compte que je suis dans la naïveté, et donc toujours prisonnier de mon fonctionnement égotique. Ma prison d’hier était le doute et la suspicion, ma prison d’aujourd’hui est la naïveté. La forme change, le fond demeure, c’est toujours la prison.

 

La contrefixation du 6, c’est à dire : une caricature de son idée supérieure vécue dans le mental est la naïveté. La confiance et la foi, l’idée supérieure du 6, se caricaturent en naïveté.

 

Quelques exemples illustratifs, me concernant

 

Le service national

 

Il y a fort longtemps, c’était un autre temps, j’effectue mon service national. Je décide, grâce à mon action déterminée, de conduire et de forcer l’institution militaire à changer, évoluer, se modifier, dans ses règles et son fonctionnement.

 

À cette décision, s’ajoute bien sûr un peu de contre-phobie, sous forme de défi à l’autorité. Tant qu’à faire, à cet âge-là, autant être le plus désintégré possible.

 

Je ne respecte aucune règle, je ne salue pas les officiers, je ne vais pas aux séances de tir car ce n’est pas bien de tirer sur les gens Je ne m’habille pas conformément aux règles car chacun s’habille comme il veut, je m’arrête durant les exercices, etc.

 

Aucun doute que devant une attitude aussi déterminée, les règles de l’institution militaire ne vont pas manquer de changer.

 

Résultat, je suis souvent aux arrêts et il ne m’est pas apparu, au final, que les règles de l’institution militaire aient changé, suite à mon action personnelle aussi déterminée que « courageuse ». Contrephobie et naïveté, quel beau cocktail !

 

Les témoins de Jéhovah.

 

Fréquemment, un groupe de témoins de Jéhovah a pris l’habitude de se rendre à mon domicile. En règle générale, ils se déplacent par binôme, un témoin expérimenté encadre un témoin néophyte. Je les reçois toujours avec courtoisie, bienveillance, disponibilité, et longuement, de plus en plus longuement d’ailleurs. Je finis d’ailleurs par les connaître tous par leur prénom, et ils reviennent de plus en plus fréquemment.

 

Mon épouse, excédée par cette attitude, s’enfuit en courant dès qu’ils arrivent. Il est vrai qu’elle relève du type 5. J’en déduis qu’elle est un peu asociale.

 

Pourtant, je lui ai expliqué ma démarche. Je considère que les témoins de Jéhovah n’ont pas une lecture assez éclairée de la Bible. Je vais donc leur expliquer ce qu’il en est, avec patience et pédagogie, et contribuer à leur ouvrir de nouveaux horizons.

 

Bizarrement, l’explication de cette démarche a encore accru la colère contenue de mon épouse (Effectivement, elle est vraiment asociale).

 

Pourtant, aucun doute, que devant la pédagogie éclairée que je déploie, tous les témoins de Jéhovah, qui se rendent à mon domicile, ne vont pas manquer de quitter la secte. Toute proposition gardée, je serai en quelque sorte un nouveau messie (aux petits pieds). Résultat, à ce jour, je n’ai enregistré aucune conversion.

 

Je crois que je vais stopper ma démarche. Mon épouse en sera soulagée et contente.

 

De toute façon, La naïveté déterminée ne paie plus.

 

Un dernier exemple.

 

1986, Édouard Balladur est Premier Ministre. C’est l’époque des privatisations. La Bourse, les placements en actions, il n’y a que ça de vrai.

 

En plus c’est une autorité qui le dit, c’est le Premier ministre. Quand même, ce n’est pas n’importe qui. C’est une autorité.

 

Je décide de m’y intéresser. Nul doute que je vais devenir un expert et gagner des millions. Je lis assidument le Journal des Finances, je prends des notes, je fais le tour des établissements bancaires. Je finis par faire des placements.

 

Résultat : ils se révèlent tous catastrophiques, et je perds vraiment beaucoup d’argent. Une somme à 5 chiffres quand même. (Bon d’accord, c’était un peu l’argent de ma femme, mais quand même !).

Conclusion : non seulement la naïveté, qui confine à la bêtise, ça ne paie pas mais en plus, ça coûte cher.

 

Et voilà !

 

Quand la naïveté remplace le doute et la suspicion, ce n’est pas mieux. C’est toujours le fonctionnement égotique.

 

Courage à tous.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci Simechau pour ce nouveau témoignage.

 

Comme la contrepassion, la contrefixation est prise comme une intégration et source de fierté : tu as bien relevé ce point de manière générale et il est sous-entendu dans chaque exemple spécifique. Elle s'accompagne aussi d'une perte de l'orientation. Tu n'as pas traité ce point. Dans les exemples des témoins de Jéhovah et de la Bourse, il y a peut-être sous-jacent une perte de loyauté vis-à-vis de ton épouse mais c'est sans doute à creuser.

 

Très amicalement,

Fabien

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Yves

Bonjour à tous,

 

Merci Simechau pour ce témoignage. Il me rappelle celui de Sophie-Athéna dans le premier message de la conversation “Comment oser sans me perdre moi-même”, ainsi que la conversation “Confiance et contrephobie”.

 

Amicalement,

Yves

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Rosso

Bonjour à tous,

 

Merci pour ton témoignage Simechau qui m'a fait rire (certainement grâce à ta façon  de conter les choses mais aussi bien sûr parce qu'il y a résonance égotique).

 

J'ai repensé à un exemple récent où j'ai fait preuve de naïveté, et après coup, cela m'a mis en colère.

 

Je me suis inscrite, il y a quelque mois, à une formation en plusieurs modules pour créer son activité d'indépendant. Je vous passe les détails des conditions d'inscription. La personne en charge me dit que dès que je reçois la validation de l'inscription de l'administration, je dois absolument régler le montant rapidement (genre dans la semaine même si il est écrit dans le mail que j'ai un mois), sinon blabla, mon inscription sera annulée, blabla, je n'aurai plus de places, blabla. Je n'ai même pas posé de questions et par peur, j'ai payé quasi dans l'heure. Je ne me souviens pas si cela a été une source de fierté… quoique, à y réfléchir, le fait de payer sans trop réfléchir, pourrait être perçu comme une source de progrès pour moi. Je perçois une perte de loyauté interne principielle mais je n'arrive pas à mettre des mots précis dessus ; il me semble que c'est quelque chose du genre "on doit garder l'esprit critique".

 

J'ai suivi  le premier module de formation et ai appris que plusieurs personnes n'avaient même pas reçu l'accord de principe de la région, qu'elles n'avaient encore rien payé du tout. Bref, une impression de m'être fait avoir d'autant plus qu'au bout de la première journée, je n'étais pas complètement satisfaite. Je me suis dit : "Non didju, tu aurais pu au moins te poser la question ’quid si la formation ne te convient pas ? si tu ne peux pas y aller ?’" Je n'aime pas me sentir naïve et quand j'estime l'être, c'est une source de colère plus ou moins forte vis-à-vis de moi-même. Je me demande si cette colère n'est pas liée justement à la perte de loyauté. Je vois un travail à faire sur la colère et l'acceptation de cette partie naïve de moi, mais aussi peut-être sur la règle vis-à-vis de laquelle je suis loyale. Est-ce vraiment une bonne règle ?

 

Bonne journée,

Rosso

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