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Simechau

Doute et suspicion

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Simechau

Doute et suspicion

 

Sur l’Enné-agora, je lis le message « Chemin vers la détermination de mon ennéatype 2 variante mu ». Je lis les échanges entre Oyoshi et Fabien. Oyoshi interroge : « S’il y a demande, suis-je automatiquement dans le dédain ? » Réponse immédiate et sans ambigüité de Fabien : « Tu es dans le dédain dès que ton ego entrevoit une possibilité d’aide, et même avant, dès qu’il la cherche, (c'est-à-dire tout le temps). » (Mise en caractères gras ajoutée par moi).

 

À cette lecture, j’ai ressenti de la tristesse et je me suis dit : « Pauvre Oyoshi, il est, en fait, toujours dans le dédain, c’est triste pour lui. »

 

Et puis, soudainement, j'ai eu une étincelle de réflexion, qui m’a éclairé douloureusement. Si Oyoshi, qui relève du type 2, est tout le temps dans le dédain, est-ce que moi, qui relève du type 6, je ne serais pas tout le temps dans le doute et la suspicion ?

 

Eh bien, force est de constater que c’est le cas. Merci Oyoshi pour ta question, merci Fabien pour ta réponse.

 

Un fonctionnement mental automatique, permanent et constant de doute et de suspicion, ça s’appelle une fixation égotique. À chacun sa fixation égotique.

 

Me concernant, la mécanique est la suivante :

 

Doute et suspicion permanents, doute sur soi et donc doute sur les autres. Doute sur soi qui nourrit et alimente le doute sur les autres et leurs intentions.

 

Doute et suspicion alimentés par une perception hypertrophiée des risques, nourrissent une rumination mentale permanente, inappropriée. Cette dernière est génératrice de la création d'une existence fantasmée d’un complot multiforme, potentiellement permanent, à mon encontre.

 

Exemples me concernant

 

Pourquoi la salle de réunion a changé ? D’habitude, on ne se réunit pas dans cette salle ?

C’est louche, non !

 

Pourquoi ai-je été prévenu de la date de la réunion par mail alors que les autres participants ont été prévenus par téléphone, ou l’inverse ?

C’est louche, non !

 

Pourquoi ce Monsieur, qui m’a adressé un mail, demande un accusé de réception du mail alors qu’en règle générale les autres ne le demandent pas ?

C’est louche, non !

 

Pourquoi il n’y a pas d’ordre du jour pour cette réunion alors que d’habitude il y en a un, ou l’inverse ?

C’est louche, non !

 

Une personne m’a dit qu’elle allait m’appeler lundi dans l’après-midi. On est lundi 14 heures et cette personne ne m’a toujours pas appelé

C’est louche, non !

 

Pourquoi j’ai été informé de la date de réunion aujourd’hui, alors que d’autres participants l’ont su hier ?

C’est louche, non !

 

Pourquoi un collègue de travail m’adresse-t-il un prestataire de services pour que je le rencontre ?

C’est louche, non !

 

Quelqu’un me dit : «  J’ai beaucoup apprécié ton intervention à l’occasion de la réunion, je l’ai trouvée brillante et pertinente ».

Ce compliment, c’est louche, non ! Il doit vouloir quelque chose ? Mais quoi ? Qu’est-ce qu’il me veut ? C’est donc bien louche, c’est donc bien ce que je pensais !

 

Alors comment fais-je pour m’efforcer de contenir cette fixation, dans les limites du raisonnable, voire pour la déconstruire ? Je dispose, à ce stade de mon cheminement, de plusieurs méthodes. Elles sont les suivantes :

 

La prise de conscience

 

J’admets et je reconnais la présence active, en moi, du phénomène permanent de doute et de suspicion, alimentée par la peur sous toutes ses formes : angoisse, inquiétude, anxiété, terreur, préoccupation, sur la défensive, crainte, frayeur, etc.

 

Aujourd’hui, j’ai pris conscience de l’existence de ce fonctionnement automatique et systématique. J’en suis conscient et je peux le percevoir parfois. Mais effectivement, me concernant, il est toujours, toujours présent. Je confirme, c’est déjà ça. Aussi, sur la base de cette prise de conscience et de cette perception, je parviens à détecter le mécanisme, à le déconstruire, à empêcher sa mise en fonctionnement automatique. Mais il revient dès que je suis fatigué ou en stress, dès que je n’y porte pas mon attention.

 

La réassurance

 

Je pratique la réassurance. Je m’efforce de porter mon attention, et de me remémorer les moments, lieux et personnes, avec qui je me sens accepté, protégé, et en sécurité. De ce fait, le monde tend à m’apparaitre comme moins menaçant.

 

J’observe que cette mécanique mentale du doute et de la suspicion n’intervient pas, ne se met pas en fonctionnement vis-à-vis de personnes proches (ma femme, mes filles, mes sœurs, ma mère, mes amis, mes collègues de travail). Dans les relations avec les personnes que je considère comme proches, je suis dans la confiance. Cette confiance ne laisse pas de place pour le doute et la suspicion. À tel point que si on me posait la question suivante « C’est quoi pour toi, un ami ? », je répondrai : « C’est quelqu’un pour lequel je n’ai ni doute, ni suspicion. »

 

Aussi, je m’efforce en permanence d’élargir le champ des personnes avec les quelles je suis en confiance. Ce qui me permet de sortir du monde du doute et de la suspicion, ça fait du bien. 

 

L’action concrète, immédiate, instinctive, qui rassure

 

Pour dissiper le doute et la suspicion, je me contrains à une action concrète et immédiate. Ce qui n’est pas nécessairement aisé pour moi, dont le centre instinctif est réprimé. Donc chaque fois que possible, je me contrains, je m’oblige, je me force à une action concrète, immédiate réactive, à une mise en mouvement impliquante. Par exemple, je décroche le téléphone, ou je parle directement à mon interlocuteur en posant une question précise et factuelle. Je ne reste pas dans le doute, qui déclenche la rumination mentale.

 

Exemple :

Question directe de ma part, à mon interlocuteur : « Il n’y a pas d’ordre du jour pour la réunion, c’est inhabituel. Est-ce normal ? »

Réponse de mon interlocuteur : « Oui, Simechau, c’est normal, je n’ai pas eu le temps de le faire et de l’envoyer, mais on abordera sûrement tel ou tel sujet à l’occasion de cette réunion. »

J’ai tué un doute, ouf, je suis rassuré Je peux passer à autre chose.

 

Le déploiement de mon aile 7

 

Je m’efforce de déployer mon aile 7. C’est un des apports du stage Ailes. Je m’efforce de me décaler pour adopter le point de vue, le regard du 7. Ça fait du bien, ça détend par rapport au regard exclusivement porté sur les exigences du respect de la règle du groupe et au devoir qui s’impose, du fait de ce respect indispensable pour empêcher la déviance. Je m’efforce de prendre le point de vue de mon aile 7. C'est-à-dire, dans la mesure du possible, d’élargir mon champs de perception du réel.

 

Et voilà pour le partage de mon cheminement du moment, je poursuis mon travail sur mon soi, courage à tous.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci, Simechau, de ton généreux et lucide partage. En fait, c'est du double courage : vis-à-vis de toi et vis-à-vis de nous. Intérieur et extérieur, comme il se doit.

 

Une deuxième note d'optimisme. Tu écris : "Si Oyoshi, qui relève du type 2, est tout le temps dans le dédain, est-ce que moi, qui relève du type 6, je ne serais pas tout le temps dans le doute et la suspicion ?" Tu n'es pas tout le temps dans la doute et la suspicion, pas plus que le "pauvre Oyoshi" n'est toujours dans le dédain. Ce sont vos ego qui sont toujours dans leur fixation, et vous êtes bien plus que cela. La preuve : "J’observe que cette mécanique mentale du doute et de la suspicion n’intervient pas, ne se met pas en fonctionnement vis-à-vis de personnes proches J’observe que cette mécanique mentale du doute et de la suspicion n’intervient pas, ne se met pas en fonctionnement vis-à-vis de personnes proches."

 

Très amicalement,

Fabien

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Simechau

Bonjour Fabien ,

 

Merci pour ce message qui précise les choses et qui me fait du bien.

 

Relever du type 6 présente, à mes yeux, au moins un avantage (parfois). C'est le respect de la règle du groupe. La règle de mon groupe ennéagramme, type 6, ou du moins, telle que je la conçois, la formule et me l'approprie, est la suivante : "Confiance en soi, confiance en les autres, courage."

 

Comme, en sus, c'est une phrase qui me parle vraiment et me touche beaucoup, je sens que c'est le cheminement (le mien), je respecte la règle et je mets en pratique.

 

Bien amicalement,

Simechau

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Confiance en soi, confiance en les autres, courage. Comme, en sus, c'est une phrase qui me parle vraiment et me touche beaucoup, je sens que c'est le cheminement (le mien), je respecte la règle et je mets en pratique."

Oui, ce sont ta fixation et ta passion et donc la direction de ton intégration. Cependant…

 

"La règle de mon groupe ennéagramme, type 6, ou du moins , telle que je la conçois, la formule et me l'approprie, […]"

… ce n'est pas une règle. C'est un choix d'être humain libre que tu fais, justement parce qu'il te "parle vraiment et [te] touche beaucoup". La confiance en toi ne pourra être complète que quand tu accepteras et assumeras ce choix comme personnel et non comme venant de l'extérieur — et si tu as besoin dans un premier temps de rester dans un cadre règlementé, c'est bien sûr OK. Ton "groupe ennéagramme" n'est pas constitué de personnes suivant une consigne mais d'individus adhérant à une vision personnelle (intérieur) et heureux de parcourir avec d'autres le chemin qu'elle implique (extérieur).

 

Très amicalement,

Fabien

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Simechau

Bonsoir à tous,

 

Merci pour ta nouvelle observation.

 

Effectivement, quand j'ai pensé et écrit cette phrase, j'ai senti, perçu confusément (intuitivement ?) que quelque chose n'allait pas, que ce n'était pas une pensée juste. Quelque chose, confusément, me gênait mais je l'ai quand même écrite.

 

J'ai tant à faire à m'occuper de mon soi intérieur, tout s'y trouve, qu'il n'est ni utile, ni nécessaire que j'aille à l'extérieur chercher une règle à laquelle me référer.

 

Automatisme, quand tu nous tiens, c'est féroce.

 

Encore merci.

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