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Comme chaque année, le mois de juin est particulièrement chargé. En conséquence, en plus des jours prévus dans nos conditions d'utilisation, ce forum sera accessible uniquement en lecture
les 20 après-midi, 21, 25, 26 & 28 juin 2018.

Gus

Et vous, c’est quoi votre bouton rouge ?

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Gus

Bonjour,

 

Au cours d’une séance d’échange entre "ennéagrammistes", nous nous sommes posé la question de ce qui pouvait nous faire « monter dans nos tours » (notre bouton rouge). Par chance mon observateur intérieur venait de me prendre en flag ! Voici donc mon témoignage.

 

Il faut dire que j’ai le chic pour collectionner les amies 8. :wink: L’une d’entre elle me contacte pour qu’on s’organise une sortie. Le premier SMS date du 16 septembre 2017, et on aboutit à un rendez-vous le lundi 23 octobre après pas moins de 20 échanges de SMS. En bout de ligne droite complétement piloter par mon ego, je «sécurise» la sortie (pour ne pas dire « contrôler ») en proposant d’aller au ciné voir Le Sens de la fête.

 

------ Vendredi 20 octobre 2017 ------

[20h19] – Elle : Ah oui top.

[20h27] – Moi : Cinéma UGC les Halles car j’ai des tickets UGC.

 

Tout était sous contrôle ! Super, j’avais hâte d’y être.

 

------ Dimanche 22 octobre 2017 ------

[15h18] – Elle : Hello du coup on a vu Le Sens de la fête hier soir. Dis-moi si tu veux voir autre chose ?

 

Et là bouton rouge ! Une énorme colère m’envahit subitement. J’identifie bien en même temps que tous mes voyants sont au rouge et que si je réagis à chaud je pourrais être très désagréable. Je décide alors de temporiser et n’envoie ma réponse qu’après un long moment au cours duquel je tente de me recentrer. J’écris donc ensuite une réponse qui me parait être le meilleur compromis possible au regard de ma prise de recul.

 

[15h23] – Moi : Ben on se retrouvera une autre date de sortie. Je ne savais pas que tu étais si pressée. Dom a très envie de le voir. On ira tous les deux lundi. Passez de bonnes vacances.

[15h27] – Elle : No pb. Vous aussi bises.

 

Ce n’est qu’en revenant sur mon SMS au moment de partager mon aventure que j’ai constaté que mon SMS était parti seulement 5 minutes après avoir pris connaissance du sien. Mais ces 5 minutes m’ont quand même paru une éternité.

Si j’essaie de décrypter ce qui m’a fait monter dans mes tours, je dirai que c’est certainement la perte de contrôle de la situation et/ou sentiment d’être contrôlé. Mais aussi le fait que mon amie soit revenue de façon unilatérale sur ce que je considérais être un engagement et qu’elle ne semble pas avoir imaginé que son comportement pourrait avoir un impact sur moi (mon impuissance face à son déni). Je ne suis pas sûre que sa réponse m’ait calmé. Mais là j’ai un trou de mémoire. :wink:

 

Et vous, quels exemples de "bouton rouge" ?

GUS

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Il est certain que nos boutons rouges sont liés à notre ennéatype. Ceux de mon ego sont en lien direct avec :

  • Mon centre mental intérieur, le compulsion et l'orientation, notamment quelqu'un qui me donne des informations négatives alors que je ne les lui ai pas demandées. Par exemple, je dis à une personne que mon prochain voyage est en Éthiopie et sa première réaction est de me parler de la prévalence du sida dans la région, du paludisme et de l'insécurité près des frontières avec la Somalie et avec l'Érythrée. :angry:
  • Ma false core. L'anecdote que tu racontes, Gus, m'aurait été insupportable de ce point de vue-là, et ma réaction aurait été moins mesurée que la tienne. :angry:

 

En général, certaines non-utilisations du mental intérieur m'agacent aussi prodigieusement. Par exemple, il y a quelques jours quelqu'un m'a téléphoné à propos de nos stages sur la spirale dynamique pour me demander s'il n'y avait pas une session avant celles qui étaient listées sur notre site. Ben oui, bien sûr, j'organise des sessions et pour être certain de ne pas les remplir, elles ne sont ni sur mon site ni sur ma documentation… :angry:

 

Mon centre de support est à l'origine d'agacement et de retrait. Par exemple quelqu'un qui n'a aucune sensibilité artistique me navre. :sad: Mais ce n'est pas à proprement parler un bouton rouge.

 

Très amicalement,

Fabien

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Simechau

Bonjour à tous,

 

Je reprends la structure du message précédent (merci Fabien), en l'adaptant à ma situation, bien sûr. Il est certain que mes boutons rouges sont liés à mon ennéatype. Ceux de mon ego, en lien direct avec :

  • Mon centre préféré : le centre mental.
  • Ma compulsion : éviter la déviance.
  • Mon orientation : la loyauté.
  • Ma fixation : le doute et la suspicion.
  • Ma passion : la peur.

Illustrations

 

Je travaille avec une élue locale qui est  mon autorité de référence dans le cadre professionnel qui est le mien.

 

En mars 2016, elle conduit et formalise mon entretien professionnel annuel. À cette date, mars 2016, elle produit deux correspondances professionnelles que j'ai écrites en décembre 2015, et qu'elle a signé en son temps. Elle a donc mis délibérément de côté ces deux courriers depuis trois mois, sans m'en parler à aucun moment antérieurement à mars 2016, aux fins de les ressortir trois mois plus tard, et de les utiliser.

 

Pour moi, c'est une rupture de loyauté, une déloyauté, une trahison. C'est inacceptable. Même aujourd'hui, deux ans plus tard, en écrivant ces quelques lignes, je suis furieux, cela ne passe pas.

 

Objectivement, je précise que ces deux correspondances sont effectivement de qualité moyenne, voire médiocre, au regard de ce que je pourrais produire si, notamment, j' y avais passé plus de temps.

 

En sus, sur la base exclusive de ces deux correspondances, dans le compte rendu écrit  de l'entretien professionnel qu'elle a formalisé, qu'elle me communique quelques jours plus tard, sans m'en avoir fait part oralement à l'occasion de l'entretien, il est porté la mention écrite suivante me concernant : "Qualité de l'expression écrite médiocre." 

 

Là, en sus de la déloyauté, c'est le fonctionnement de mon centre mental, qui est heurté. Je rédige plusieurs centaines de correspondances par an, et sur la base de deux correspondances délibérément choisies, la qualité de mon expression écrite est qualifiée de médiocre. C'est prendre le détail pour la réalité globale. Quelle tristesse !

 

Depuis cette date, mars 2016, malgré tous les efforts d'apaisement, de réconciliation effectués par cette élue locale, je me trouve en situation de rupture de loyauté. Je suis délié, je me suis délié de mon obligation de loyauté vis-à-vis de cette autorité. Cette dernière ne le sait pas et ne le perçoit pas, car en surface, en apparence, rien ne change. C'est une sensation relativement inédite pour moi, d'être en situation de rupture de loyauté, mais paradoxalement c'est une situation que je qualifierai de plutôt d'agréable. Cela m'apporte de la légèreté, ça enlève un poids. C'est un peu comme une jouissance, ça fait du bien.

 

Pour compléter la présentation de cette situation, je me dois de dire que mon cheminement au sein de l'ennéagramme m' a permis de mieux comprendre l'élue locale avec laquelle je travaille. Elle présente, notamment les caractéristiques suivantes :

  • Elle voit toujours, exclusivement et systématiquement, les détails qui ne vont pas. Ces détails, qui ne vont pas sont pour elle la réalité, sa réalité, il n'y en n'a pas d'autre. 
  • Elle ne fait jamais de compliment, et elle le dit, car cela ne sert à rienm'
  • Par contre les critiques sont utiles,  et elle le dit et les pratique assidûment car elle les perçoit comme des  marges de progression, des indications ayant pour but une améliorationm'
  • Elle n'est jamais en retard car cela ne se fait pas, c'est incorrectm'
  • Elle n'apprécie pas les longues explications incluant, en sus, pour compliquer encore, la dimension temporelle du futur ou une vision un tant soit peu systémique. C'est trop complexe, et à la fin on ne sait plus ce que l'on doit faire, formule-t-elle.

 

Toutefois, la connaissance et la prise en compte de ces éléments d'information ne changent rien à ma rupture de loyauté. Elles me sont utiles, cependant pour vivre ma rupture de loyauté.

 

Voilà donc mon bouton rougem': une trahison que je considère comme avérée, ne peut pas se réparer. Il y a un avant et un après.

 

Bien amicalement.

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Alice et le lapin

Bonjour à tous et très bonne année 2018 !

 

Ta contribution, Simechau, m’a bien intéressée, en effet elle met fort bien en lumière un comportement du type 6 décrit lors du stage Entreprise de décembre et que j'avais eu du mal à reconnaitre chez moi, à savoir la fameuse ligne rouge qu’il ne faut surtout pas dépasser sous peine de perdre la loyauté dudit 6.

À la lumière de ton témoignage, je réalise que moi aussi je l'ai cette ligne rouge. :blush:

 

Une connaissance qui était auparavant du coté des opprimés et que donc je "défendais" régulièrement l’a dépassée dernièrement en attaquant un de mes fils. Après un semonce restant polie de ma part, nos relations ont repris en apparence sur le même mode qu'auparavant. En réalité elle a maintenant basculé du coté des traîtres et a perdu la loyauté qui m’avait fait supporter l’écoute de ses états d’âme, plusieurs heures par semaine et ce pendant plus de 10 ans ! Moi aussi j’ai vécu cette rupture comme une libération.

Je continue à la côtoyer et à écouter ses soliloques, mais dorénavant je ne ressens plus de devoir de loyauté à son égard, par exemple, je ne partage plus mes informations avec elle. Cela a l'air anodin mais c'est une énorme différence pour moi.

 

J'attribue au bouton rouge dont parlent Gus et Fabien une acception plus générale, il s’agirait plutôt des déclencheurs de nos colères égotiques (d'ailleurs y a-t-il des colères essentielles ?).

Question intéressante, je dois reconnaitre qu’il y a pas mal de choses qui poussent mon bouton rouge :sarcastic:, même si maintenant de temps en temps j'ai suffisamment de recul pour l'observer et que du coup je m'emporte moins qu’autrefois.

 

Ce qui me met le plus fortement en colère, c’est le « sentiment » d’avoir été mise de côté, d’avoir été écarté, ignorée, exclue, etc. Dans ces cas-là la colère et l’agressivité sont un premier réflexe qui couvre en réalité de la peur, qui couvre elle-même de la tristesse… Cela se déclenche principalement dans le domaine social.

Exemple : je ne suis pas inclue dans une discussion en cours dans un de mes groupes et/ou on ignore mes interventions. J'y vois l'influence de mon sous-type.

 

Les injustices, ou du moins ce que j'estime comme étant des injustices, ont cette faculté également. Bien entendu le domaine social encore une fois est très prégnant, dans un autre post je donne l’exemple de ma « lutte » pour que l'institution dans laquelle je travaille nous exempte de la Journée de solidarité. Ce que j'ai pu pester contre les "méchants patrons" ! :hautetfort: 

 

Et puis paradoxalement, la répression du centre mental chez les autres m’irritait très régulièrement. J’avais alors un jugement péjoratif et tranchant, du style « quel c… ! ».

C’est l’hôpital qui se moque de la charité ! :rofl:

J'ai mis ce paragraphe à l'imparfait car depuis que je m'observe, j'ai plus de compassion pour les pauvres bougres qui répriment comme moi le mental. :heart:

 

Pour résumer, je rajoute le sous-type à tout ce qui a été dit précédemment.

 

Amicalement,
Alice et le lapin

 

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Mdo

Bonjour tout le monde !!!!

 

Ayant participé à la discussion avec Gus sur la sortie au cinéma, je me suis demandé quelle aurait été ma réaction de 4 alpha en pareil cas : le SMS aurait déclenché en moi une énorme colère, mêlée de honte et de désespoir de me voir rejetée. Je me serais aussitôt mise en retrait, j'aurais ruminé et ressassé l'affaire, et c'est sûr que je n'aurais pas été libre pour le prochain cinéma projeté ! Enfin, peut-être que maintenant j'arriverais à moins ressasser et à plus agir…

 

Qu'est ce qui déclenche le bouton rouge pour moi ?

  • Tout ce qui touche mes peurs de base: ne pas avoir d'importance pour les autres, ne pas trouver ma place, me sentir défectueuse, me sentir ignorée ou rejetée.
  • Le manque de respect et l'injustice. Ces deux points me font toucher du doigt mon "envie existentielle" : j'ai l'impression que si je suis injuste ou que je ne respecte pas les autres, je vais être rejetée, et en conséquence je fais beaucoup d'efforts sur ces points. Et j'ai par contre l'impression que les autres, eux, peuvent se le permettre et ne sont pas rejetés pour autant. Pourquoi les autres peuvent, et pas moi ???? (Salut l'ego, je t'observe !)
  • Curieusement, les gens qui ont le centre instinctif réprimé m'exaspèrent, ce qui est quand même un comble !!
  • Et bien sûr tout ce qui touche ma false core, mais là je suis sûre que c'est un bouton rouge pour tous les types…

 

Comment je réagis :

  • Je me mets immédiatement en retrait. J'ai besoin de temps pour comprendre ce qui s'est réellement passé, avec un autre éclairage que le sentiment de rejet.
  • Avant, je ruminais et retournais tout dans ma tête pendant assez longtemps, ce qui avait pour effet d'augmenter les émotions négatives (colère, sentiment d'être une victime impuissante, tristesse), émotions qui finissaient par ressurgir de façon généralement tout à fait inopportune. Ce qui aggravait un sentiment persistant d'être à côté de la plaque. Ou alors, je réagissais par une violente colère et confrontation, presque comme un 8 (pas étonnant pour une 4 de sous-type sexuel…).
  • Maintenant j'essaie de voir autrement les motivations de l'autre, ce qui relativise un peu le rejet ressenti. Et surtout, au lieu de ruminer je me pose des questions claires, et j'agis davantage. Il y a des jours où ça marche et où je comprends mieux l'autre personne, qui a elle aussi un ego, des peurs, une false core… Et des jours où ça marche moins bien !

 

Amitiés à tous

M Do

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Oyoshi

Bonjour à tous !

 

Une contribution d’un ennéatype 2 mu à cette conversation. :happy:

 

Je m’étais posé longuement la question de la ligne rouge suite au stage Entreprise de décembre dernier. Est-ce que j’ai vraiment un point de non retour, moi qui suis tant attaché au lien avec l’autre ? J’ai l’impression que la limite est plutôt grise de mon côté. En effet, cela me rappelle un échange autour de la trahison lors du stage Négociation où je me suis rendu compte que j’étais capable de renouer un lien même s’il ne serait jamais d’aussi bonne qualité qu’avant. Peut-on alors vraiment parler de ligne rouge ?

 

Ce fameux bouton rouge (source d'irritation au sens général) étant lié à mon ennéatype, ceux de mon ego sont en lien direct avec :

  • Mon centre préféré : Émotionnel (extérieur).
  • Ma compulsion : Éviter de reconnaître mes propres besoins.
  • Mon orientation : Aide / Amour.
  • Ma passion : Orgueil.
  • Ma fixation : Flatterie / Dédain.
  • Mon instinct social blessé.

 

Si je reprends la situation décrite par Gus, à la réception du SMS :

  • J’aurais ressenti une grande frustration accompagnée d’orgueil (“Vraiment ?!?”) ;
  • Le dédain aurait été immédiat (“Me faire ça à moi ?”, “On ne peut vraiment pas compter sur elle !”) ;
  • Je me serais senti rejeté, oublié et dénigré ce qui aurait probablement titillé ma false core dans le même temps ;
  • J’aurais probablement répondu quelque chose du type (“Pas de souci”) pour éviter de reconnaître mes propres besoins ;
  • Le mécanisme de répression aurait ensuite fait sa magie !

 

J’avais déjà rencontré une situation similaire avec une amie 4 mu qui avait cette tendance à me faire faux bond de cette manière, probablement à cause d’un niveau d’intégration pas très élevé. Il s’avère que j’ai arrêté pendant plusieurs mois de la solliciter car cela était pour moi d’une trop grande source de souffrance à répétition. Nous avons repris contact il n’y a pas si longtemps et je prends plaisir à passer du temps avec elle lorsque cela se fait.

 

Il est certain que mon niveau d’intégration joue un rôle important dans ma manière de réagir mais je pense que d’une manière générale, ce qui a tendance à m’irriter sont :

  • La non prise en compte des autres dans des prises de décision ou des actions (émotionnel extérieur) ;
  • Ce qui m’empêche de trouver ma place dans la relation (instinct social/sexuel).

Lorsque j’arrive à prendre du recul :

  • J’accepte le fait que la personne n’agit pas à mon encontre et que je ne suis pas “indispensable” ;
  • Je tente de trouver comment ses besoins ainsi que les miens peuvent être satisfaits et j'arrive à le partager avec elle.

 

Bonne semaine à tous !

 

Bien amicalement,

Oyoshi

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Gri

Bonjour à tous,

 

Je reprends ce sujet auquel je voulais répondre depuis un moment. Je me reconnais bien dans tes exemples de 4, Mdo, et mes boutons rouges sont très souvent liés la crainte ou au fait d’être ignoré et non considéré par les autres. Dans les exemples récents que j’ai trouvés, c’est d’autant plus vrai si l’orientation, la compulsion ou la honte liée à l’instinct social sont également activées :

  • Je partage quelque chose qui m’enthousiasme et me passionne (une musique, une idée, un voyage, etc.) et qui ne suscite pas de réaction. D’ailleurs l'exaspération que je peux ressentir pour les instinctifs réprimés vient de là.
  • Une boulangère me fait répéter plusieurs fois ce que je veux (en l’occurrence 100 g de chocolats) sur un ton mécanique, tout en poursuivant nonchalamment sa conversation avec sa collègue. À la quatrième redite, j’étais sensiblement énervé, et ça s’est senti dans le ton de ma voix. Elle s’offusque : « Mais pourquoi vous vous énervez ? » Moi (de plus en plus agacé et en même temps honteux de m’être emporté) : « Parce que ça fait quatre fois que vous me posez la même question ! J’ai fait le nécessaire pour être sûr que vous ayez bien entendu ma réponse ! » Et ce fut le cas… mais ça ne m’a pas empêché de me sentir frustré d’avoir été traité de la sorte et mal à l’aise de m’être emporté. Et je me suis débarrassé des chocolats à la première occasion !

Je vois bien le rôle de l’instinctif. Dans ces situations, j'ai tendance à agir trop précipitamment, ce que je régule quand même de mieux en mieux. Un exemple à ce propos :

 

J'ai acheté un appartement dans lequel des travaux, gérés par la copropriété, sont en cours. L’artisan m’ayant signalé un jour que sa facture n’avait pas été réglée, je me suis empressé de relayer le message auprès de la copropriété pour qu’il le soit. Je n’ai aucune responsabilité dans ces travaux, mais je prends le temps de discuter avec les uns et les autres dans un souci d’apaiser les tensions éventuelles et évidemment pour pouvoir emménager au plus vite. Le lendemain, j'insiste encore auprès du président du conseil syndicat pour qu’il fasse le nécessaire auprès du syndic, ce qu’il me promet de faire rapidement. Or le soir même je reçois un message de la part de l’artisan stipulant qu’il arrête les travaux et qu’il ne les reprendra que lorsqu’il aura été réglé. Bouton rouge ! Alors que je fais tout ce qu’il est en mon pouvoir de faire, le comportement de la copropriété et de l’artisan sont totalement égoïstes, et aucun d’entre eux ne prend la peine de réfléchir à l’impact de ses décisions sur moi. La situation est absurde : je ne vois pas en quoi le fait que l’artisan suspende ses travaux va mettre davantage de pression sur la copropriété puisque le seul que sa décision pénalise, c’est moi, et que je suis le seul à avoir pris le temps d’essayer de l’aider. Je suis la dernière chose au monde dont ces gens se préoccupent.

J’ai beaucoup du mal à contenir l’émotion. Je sais bien que l’artisan a besoin d’être payé et qu’il joue le rapport de force avec les moyens dont il dispose, mais à ce moment-là seule existe ma frustration, et j’ai l’impression que je dois agir sinon je vais exploser. Je rédige fébrilement des projets de réponses au mail de l’artisan, en variant le ton. Je pense à tout arrêter, envoyer des lettres de menace, poursuivre la copropriété en justice, etc. Tout cela est disproportionné et ne ferait qu’empirer les choses mais ça demande un gros effort de résister à l’énergie autodestructrice qui me domine. Je comprends bien pourquoi : y résister équivaudrait à être obligé d’accepter la réalité telle qu’elle est (au lieu de la remplacer par une illusion dans laquelle je suis la victime d’un terrible drame) et de vivre pleinement ma frustration de voir mes travaux ralentis et mes perspectives d’emménager rendues plus incertaines.

 

Heureusement, une part de moi reste consciente de ce qui se trame en moi et je résiste à l’envie d’envoyer les premières versions de mail les plus radicales. Je finis par répondre sur un ton plus informatif et plus conciliant. Puis je décide d’aller me coucher, vaguement rassuré d'avoir renoncé au pire mais conscient que la bulle émotionnelle que j’ai laissée se gonfler en moi prendra un peu de temps à dégonfler…

 

Amicalement,

Gri

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Mdo

Bonsoir Gri, bonsoir Fabien, bonsoir à tous !

 

À vrai dire mes réactions ressemblent beaucoup aux tiennes, mais je note quand même une différence qui est liée, je pense, à nos deux variantes.

 

Toi qui est 4 mu, tu as tendance à agir trop précipitamment, et je trouve super que tu arrives à observer, à ne plus juste "réagir" en mode automatique, et à activer ton centre mental.

Moi 4 alpha, je devrai faire un effort pour résister à ma tendance à me mettre en retrait, à ruminer ce qui s'est passé, et en fin de compte à ne rien faire (mais en imagination, j'aurai changé le monde :wink:), et pour réussir à agir de façon appropriée.

 

Je suis toujours émerveillée de la pertinence de la hiérarchie des centres !

 

Amitiés à tous,

Marie Do

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Bookineur

Bonjour à tous,

 

Je suis en plein dedans, moi qui me faisait une joie d'être gentil, détaché, au dessus de tout ça (sous-type Conservation + empreinte paternelle 9)… Bon bien sûr, faut pas déconner, je savais m'affirmer quand il le fallait, mais la plupart du temps, je ne m'abaisse pas à la colère…

Vraiment ?

 

J'ai lu les témoignages de mes amis (j'auto-proclame cette communauté au nom de nos mécanismes communs :laugh:). Évidemment, je me reconnais dans cette ligne rouge, où il y a basculement de la soumission au détachement réel, parfois à coups de grand(e)s cris(es). Mais il y a plein de fausses lignes rouges, de rupture qui me semblent définitives mais où je suis encore récupérable (difficilement parfois, certes). Et donc, je dois aussi avouer que je ne m'affirme pas toujours, subissant certaines frustrations, jusqu'à balancer mon carnet de timbres à certains (cf. le témoignage de Même pas peur dans lequel je me reconnais, avec un peu d'identification quand même).

Étonnamment, je n'ai pas tant de sens de l'humour que ce que je pensais :laugh: et je fais une grosse différence entre les blagues qui passent, et celles qui heurtent ma conception de la déviance. Ceci forme un terreau fertile pour bouton rouge.

Sinon, je rajouterai aussi que ce qui m'énerve à coup sûr sont les reproches déloyaux : on me reproche de ne pas avoir deviné un besoin, on m'accuse de mal faire mon devoir ou d'en faire trop (position de sauveteur)/pas assez (paresse de l'instinctif réprimé), ou on me fait une accusation injuste.

 

Je suis aussi très très sensible à la notion de respect, influence de ma variante alpha (je me sens très 4, sur ce point comme sur pas mal d'autres) : je veux surtout que ce soit mes capacités mentales qui soient respectées, aussi bien vers l'intérieur (capacité à planifier et à prendre des décisions) que vers l'extérieur (capacité à comprendre des enjeux), à cause de la répression je pense. Un de mes boutons rouges est donc le non-respect et la non-reconnaissance de mes capacités mentales.

 

Et puis j'ai beaucoup de mal à supporter la dissimulation à mon égard. Je me mets à interpréter des choses et à imaginer le pire et cela déclenche donc la peur et la suspicion, jusqu'au lâchage de la soupape. Je considère donc que c'est un bouton rouge.

 

Bon et puis le classique bouton rouge du 6 face aux opprimés, celui-là s'activant d'autant plus que je me sens moi-même opprimé et que je me reconnais dans la personne (projection de ma propre faiblesse et identification à une cause).

 

Un peu comme Fabien, j'ai du mal avec les gens qui heurtent mon émotionnel de support, que ce soit vers l'extérieur en ne prenant pas en compte les autres dans leurs actions, leurs paroles et leurs pensées ou vers l'intérieur si je constate qu'on a vraiment rien en commun en termes de goûts et de passe-temps, et ce même si je pourrais tirer de la relation des satisfactions mentales ou instinctives. Je me sens insécurisé dans ces cas-là, et il y a alors mise à distance, désintérêt ou blacklistage.

 

Amicalement, :happy:

Bookineur

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Petite parenthèse à destination de Bookineur qui écrit "je me sens très 4, sur ce point comme sur pas mal d'autres" : il me semble qu'il te serait utile de dresser la liste de ces points et de vérifier que tes motivations sont différentes. Comme cela tu pourras plutôt te sentir très 6 ! :rofl:

 

Très amicalement,

Fabien

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Seven

Bonsoir à tous, 

 

Merci pour ce sujet intéressant. L'idée de bouton rouge ne m'avait jamais effleuré, mais vos échanges me permettent d'y voir plus clair sur une interrogation qui me poursuit depuis plusieurs mois : pourquoi, parmi tous les ennéatypes existant, je me sens plus souvent irrité, réactif, en colère, face à certaines réflexions de 6 ?

 

J'avais beau chercher une explication logique, je ne trouvais pas. Mais il y a peu, j'ai compris, et cette discussion de bouton rouge corrobore mon raisonnement.

 

Je suis 7 mu, avec une aile 6. Ainsi à côté de ma compulsion de 7 à éviter la souffrance, je vis également la passion du 6 qui est la peur. Mais j'aime l'aventure, ce qui est nouveau et qui m'apportera peut-être du plaisir. Alors mon raisonnement se construit ainsi :

 

  • Le 7 dit en moi : ah tiens voilà une chose nouvelle, qu'il serait bien tentant d'essayer, je suis persuadé que je vais y trouver au moins un avantage agréable.
  • Puis aussitôt après, mon aile 6 me dit : OK, il y aura peut-être quelque chose d'agréable à la clé, mais méfie-toi des dangers qui seront certainement présents dans cette aventure…

 

Ensuite je laisse mon central mental fonctionner : si je vais là-bas, je risque ceci ou cela. Si je croise tel type d'individu, je risque ceci ou cela. Ces risques sont ils imaginaires ou avérés ? Puis-je me permettre de les courir ( et la réponse est bien différente aujourd'hui où je suis père de famille de l'époque ou j'étais seul) ? Et je prends ma décision en fonction du rapport de force entre les arguments 7 ou 6.

 

Lorsque 6 l'emporte, je m'abstiens de vivre cette nouvelle aventure, en regrettant un peu le plaisir que j'aurais pu y prendre. Et lorsque 6 l'emporte, les réflexions des 6 qui m'entourent me confortent dans l'idée que j'ai fait le bon choix : me tenir éloigné des risques de l'aventure.

 

Mais lorsque 7 l'emporte, je fonce dans l'aventure en me donnant à fond et en anticipant le plaisir que je vais y ressentir, balayant les risques mineurs qui pourraient se trouver sur mon chemin.

 

Ainsi lorsque 7 l'emporte, alors il ne s'agit pas qu'un 6 me donne son avis, sinon je vois rouge ! Quoi ! Quel est ce rabat-joie qui m'inonde des risques éventuels de cette aventure alors que j'ai décidé de m'y lancer ? Il pense peut-être que je suis trop bête pour ne pas y avoir pensé ? De quoi se mêle-t-il ? J'ai déjà tout envisagé, et si je me lance c'est que j'ai déjà calculé les risques et que je les ai considérés comme minimes. Alors comment ose-t-il la ramener avec ça pour gâcher mon plaisir ? Mais il finit invariablement par me gâcher, au moins en partie, mon plaisir en faisant resurgir à mes yeux les risques de l'aventure que je m'apprête à vivre alors que j'avais élaboré toute une construction mentale pour oublier ces risques et vivre un moment intense et unique. Alors suivant mon niveau de désagrément, je ne peux m'empêcher de lui décocher un trait blessant pour le réduire au silence, ou de m'enfuir rapidement pour ne pas me laisser influencer tout en n'oubliant pas que je dois le blacklister pour les années à venir…

 

Aujourd'hui, j'ai pris conscience de ce mécanisme, je m'emporte moins sur les 6 lorsqu'ils jouent les rabat-joie, et surtout quand je choisis l'option plaisir, je m'arrange pour ne plus avoir de 6 dans mon entourage, on ne sait jamais…

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Ton bouton rouge, Seven, est proche du mien :

Le 08/01/2018 à 09:49, Fabien Chabreuil a dit :

Mon centre mental intérieur, le compulsion et l'orientation, notamment quelqu'un qui me donne des informations négatives alors que je ne les lui ai pas demandées. Par exemple, je dis à une personne que mon prochain voyage est en Éthiopie et sa première réaction est de me parler de la prévalence du sida dans la région, du paludisme et de l'insécurité près des frontières avec la Somalie et avec l'Érythrée. :angry:

La différence est différence d'aile. Ayant une aile 8, ces propos alarmistes ne vont jamais "me gâcher, au moins en partie, mon plaisir". Ils rentrent par une oreille et trouvent un raccourci pour sortir par l'autre sans passer par le cerveau ! Une partie de moi râle mais une autre sait bien qu'ils ont été émis par gentillesse.

 

Très amicalement,

Fabien

 

P.-S. : par expérience, il n'y a pas que les 6 pour souligner les risques potentiels. Nous vivons à une époque où la prudence est excessive.

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Alice et le lapin

Bonjour à tous,

 

Ah la la, ta réflexion Seven m'a fortement fait penser à mon fils ainé 7 mu :

Il y a 10 heures, Seven a dit :

Surtout quand je choisis l'option plaisir, je m'arrange pour ne plus avoir de 6 dans mon entourage, on ne sait jamais…

C'est une stratégie qu'il a très vite adoptée et qui l'a conduit à bien souvent nous mentir à son père et à moi. Imagine en effet les privations qu'a dû subir mon fils, dont les deux parents sont des 6 !  Il en en a entendu des  "fait attention à…, as-tu pensé à…" et des "non" aussi bien sûr.

 

Seulement de mon bout de la lorgnette, c'est aussi lui par ses excès et son intempérance qui m'a obligée à lui poser des limites. Est-ce que cette recherche incessante et excessive de plaisirs n'oblige pas, quelquefois, l'entourage des 7 à poser les limites qu'ils ne peuvent se poser eux-même ? Et du coup ledit entourage endosse le costume du rabat-joie. :mouais: Il est certain que certains types sont plus enclins à la prudence et les 6 sont les champions, je le reconnais. :tongue: La solution est très certainement dans l'équilibre et forcément dans l'intégration pour les deux parties. :happy:

 

Je sais maintenant qu'expérimenter est vital pour lui et je sais aussi que mes peurs sont souvent injustifiées, alors je le laisse faire et j'essaye de ne donner mon avis que s'il est sollicité.

 

Très amicalement,

Alice et le lapin

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