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Lighyli

Éducation et hiérarchie des centres

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Lighyli

Bonjour,

 

Depuis que je me comprend et m'analyse en tant que 9 mu, je ressens une plus grande paix intérieure.

 

J'observe avec bienveillance mes périodes de narcotisation, je me connecte plus facilement avec mon énergie (énorme) et j'y prends un réel plaisir, j'écoute plus mon feeling (que je découvre très développé) et surtout, je constate que je réprime beaucoup le mental au quotidien.

 

Quand je pense à mon enfance, j'ai souvenir d'une période de souffrances psychologiques et je me suis rendu compte que ces souffrances (rapport au père difficile) étaient dues principalement à un conflit au niveau de la hiérarchie des centres entre mon père et moi-même.

 

Je ne connais pas son ennéatype précis, mais une certitude : il réprime (fort) l'émotionnel et son centre mental fonctionne très bien. J'ai donc souvenir d'une éducation avec une très forte attente de sa part (à mon égard) sur le mental : les études et tout ce qui est réflexion… et moi qui avait un mental réprimé j'étais vraiment en souffrance tant il me mettait la pression… Le résultat, c'est que j'ai — grâce à lui (sic) — fait des études supérieures et que mon mental au final est de très bonne qualité, ce qui m'aide bien dans notre société il faut bien le dire !

 

Autre résultat, j'ai longtemps eu comme croyance que la norme était le mental, que l'intuition n'existait pas, que les émotions était dangereuses, et que l'analyse mentale permanente et de qualité était l'objectif. Au fond de moi, je ne me sentais pas "aligné". J'étais mal. Je ne me sentais pas à ma place… J'interprète cela comme une désintégration interne (problème horizontal). Désintégration visible dans ma mémoire par les multiples moments de narcotisation dont j'ai souvenir !

 

Les évènements de ma vie d'adulte (dont certains que j'ai déjà racontés sur l'Enné-agora) m'ont permis de remettre en cause ces croyances avec au final un travail horizontal qui m'a fait un bien immense. Au final, aujourd'hui, j'écoute mon énergie et j'essaye même de la pousser un peu — ce qui me procure beaucoup de plaisir —, j'écoute mes émotions avec curiosité, et surtout, je fonctionne énormément au feeling, que je découvre plutôt fin et juste : c'est super pour moi. Je constate que je réprime le mental qui a du mal à démarrer, mais comme il est de qualité, quand il faut, c'est difficile, mais je sais l'utiliser.

 

Ce fonctionnement est bien égotique (mais il était déjà forcément égotique étant jeune), la différence, c'est que je me sens "aligné" maintenant. Et j'en éprouve une grande paix intérieure.

 

Bref, c'est ce qu'on appelle le "travail horizontal" si je ne me trompe pas.

 

D'où mon hypothèse (qui n'a forcément pas valeur de norme :happy: (note à la relecture avant de poster ces mots : je me rend compte que cette parenthèse est très égotique ! elle est là, au cas où mon hypothèse serait une ânerie balayée par une réponse contraire… (par définition, une hypothèse est là pour être critiquée ! mais c'est pas facile pour moi une critique de mon mental quand j'arrive à le faire travailler un peu :laugh:)))…

 

Donc, mon hypothèse : la différence de hiérarchie des centres entre la figure d'éducation et le sujet a une grande influence sur le développement personnel. La survalorisation d'un centre par l'éducateur auprès de quelqu'un qui le réprime peut induire chez lui une croyance opposée à sa façon de fonctionner plus "naturelle" (égotique).

 

Bien évidemment, l'avantage, c'est que cela l'aide à développer ce centre qui est réprimé, avec l'inconvénient de ne pas aider le travail horizontal… J'imagine que certains enfants plus en opposition que moi pourraient réagir différemment...

 

Tout est bien question de bienveillance et d'attention à la façon dont l'enfant le vie.

 

Intuitivement (!!), je me dis que la hiérarchie des centres est un bon outil pour comprendre le fonctionnement parent-enfant dans la phase d'éducation. Vos avis ??

 

Lighyli

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Tu as raison, Lighyli. La différence de profil et notamment de hiérarchie des centres est déterminante dans le processus d'éducation, comme il l'est en apprentissage professionnel, en développement personnel, en évolution spirituelle, etc.

 

"J'imagine que certains enfants plus en opposition que moi pourraient réagir différemment..."

Oui, cela joue fortement. Je suis un mental et mes deux parents (6 et 9 alpha) valorisaient ce centre. Ma mère avait un instinctif hyper-présent mais ses tentatives de m'entraîner dans cette direction se heurtaient à un refus obstiné. Généralement, un enfant prend dans ce que lui disent ses éducateurs ce qui intéresse son ego.

 

"Tout est bien question de bienveillance et d'attention à la façon dont l'enfant le vit."

Là est une des conditions pour que ma dernière phrase soit inexacte. L'autre, hélas, est le contraire absolu de la bienveillance.

 

Très amicalement,

Fabien

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Yves

Bonjour à tous,

 

Je trouve cette conversation intéressante et édifiante. Et aussi pleine d’espérance. Merci Lighyli de l’avoir créée.

 

Le 02/01/2018 à 11:52, Lighyli a dit :

Donc, mon hypothèse : la différence de hiérarchie des centres entre la figure d'éducation et le sujet a une grande influence sur le développement personnel. La survalorisation d'un centre par l'éducateur auprès de quelqu'un qui le réprime peut induire chez lui une croyance opposée à sa façon de fonctionner plus "naturelle" (égotique).

 

Bien évidemment, l'avantage, c'est que cela l'aide à développer ce centre qui est réprimé, avec l'inconvénient de ne pas aider le travail horizontal… J'imagine que certains enfants plus en opposition que moi pourraient réagir différemment...

Ma hiérarchie des centres diffère de celles de mes éducateurs, et mon vécu de ceux de Lighyli et de Fabien. Voici mon témoignage personnel. Mon père est 9 alpha, ma mère était 2 alpha. Mon grand-père paternel était 1 alpha et mon grand-père maternel, 8 alpha. Ma grand-mère paternelle, 7 mu.

 

Le centre instinctif

Mes parents et mes grands-pères utilisaient énormément le centre instinctif et aimaient l’utiliser. Tous mes ascendants travaillaient beaucoup manuellement ; soit par goût, soit par nécessité acceptée (cf. VIOLET et BLEU de la Spirale Dynamique, je pense à ma grand-mère), soit les deux. Leurs vMèmes de sacrifice de soi étaient bien installés, et ils valorisaient le travail manuel au service de leur groupe. Je les respectais (cf. VIOLET) et les estimais (centre émotionnel), ainsi que les travailleurs manuels dans l’ensemble. Mais je ne mobilisais pas pour autant mon centre instinctif — ego oblige. Je me sentais honteux de ma gaucherie et aussi, parfois, malgré ma capacité à la rationaliser, de ma paresse à agir. Ainsi je vivais une ambivalence et un désarroi. Las, ni la valorisation du centre instinctif par mes ascendants, ni mon respect, ni mon estime pour eux, ni mon désarroi, ne m’ont empêché de sous-utiliser mon centre instinctif. Pour rationaliser cette sous-utilisation, mon ego s’appuyait sur mon centre mental.

 

Le centre mental

Dans l’ensemble, exception faite du dédain muet de ma mère, mes ascendants estimaient travail intellectuel et travail manuel de la même façon. Une chance extraordinaire. Cela ne m’a pas empêché de sur-utiliser mon centre mental.

 

Le centre émotionnel

Dans ma famille, nous n’étalions guère nos sentiments. Pour diverses raisons : leurs milieux socio-culturels, les effets des guerres, leurs positionnements sur la Spirale (ils culminaient en BLEU), une forte introversion chez mes parents et mes grands-pères, des centres pas assez dirigés vers l’intérieur (sauf mon grand-père 1 alpha et ma grand-mère 7 mu), une pudeur, une peur des sentiments ou de leur expression (cf. la répression du centre émotionnel du 9 alpha et du 8 alpha), ou carrément leur répression (cf. le mécanisme de défense du 2). Cette retenue et ces non-dits convenaient à mon ego : il les trouvait normaux et confortables.

 

Je vais reprendre l’expression de Fabien. Comme pour le centre instinctif, mon ego n’a pas pris ce qui ne l’intéressait pas : ni l’expression joyeuse de ma grand-mère, ni le lien, chez ma mère, entre la ferveur du centre émotionnel extérieur et l’action… Si, si, cher ego, y’a un lien.

 

Bien sûr, mon ego a pris ce qui l’intéressait :

  • Ici le mutisme de mes parents et de mon grand-père 8 alpha ;
  • Là le driver primaire du 8 (ma mère se désintégrait souvent en 8), pour renforcer celui du 5 ;
  • Là encore, l’orgueil et le dédain de ma mère, que je liais au scepticisme de mon père — « Il ne faut rien attendre des autres. », me confia-t-il un jour —, pour consolider la croyance du 5 que « le monde ne donne pas ce qui a de la valeur » et rationaliser, isolé derrière ma fenêtre, mon indépendance et mon détachement ;
  • La perception doloriste du monde que cristallisait ma mère, pour solidifier le message parental du 5.

 

D’un autre côté, leurs comportements discrets et pudiques se sont avérés des actions justes pour le 5 que je suis. Ainsi je songe avec tendresse à un long regard silencieux de mon grand-père 1 alpha, à son sourire vulnérable, avant de m’embrasser. Et aux clichés photographiques pris par mon père, où transparaissaient, sous une couche de convention et de consensus, ses sentiments cachés. C’est en écoutant des musiques dépouillées que je me suis ouvert.

 

Par chance, à l’époque, mon père n’était pas constamment désintégré comme aujourd’hui. Parfois il nous disait avec sincérité ce qu’il aimait ou n’aimait pas ; son flou intérieur s’estompait comme lorsque le soleil apparaît entre les nuages. Ma sœur et moi ressentions alors une joie secrète.

 

Inconsciemment j’ai cherché la compagnie d’êtres aimant utiliser à la fois leur centre instinctif et leur centre émotionnel intérieurs. Ô joie, j’en ai rencontré… Dans les trésors de notre XIXe siècle : des romans et des poèmes. Je songe à Stéphane (5 mu) dans le film Un cœur en hiver, trouvant beau le sentiment amoureux, dans la musique ou la littérature. Et puis quand même, j’en ai rencontré plusieurs dans le monde réel. Je songe à eux  avec gratitude, ainsi qu’à nos romanciers et poètes. Bref, un équilibrage extérieur-intérieur s’est amorcé.

 

Puis vers la fin de mon adolescence, alors que parce que personne ne me l’avait demandé — ne pas me le demander, c’était une action juste avec le 5 que je suis —, je conquis, porté par mon centre émotionnel, l’honneur imaginaire de la tribu imaginaire de mes ascendants (ROUGE, BLEU et VIOLET), conquête cette fois­ dans le monde réel, par des travaux manuels estivaux en entreprises. Je fis aussi mes débuts sportifs : sports collectif (toute mon holarchie) et individuel (vMèmes d’expression de soi), alors que ma tribu n’estimait pas le sport. Ainsi en utilisant la connexion parentale du 5, qui cette fois œuvrait à un travail horizontal, je commençais à réparer les blessures de mes instincts, et équilibrais un peu ma hiérarchie des centres.

 

****************

 

Pour conclure, malgré des hiérarchies de mes éducateurs différentes de la mienne, ma hiérarchie des centres est longtemps restée déséquilibrée, puis s’est un peu équilibrée grâce à l’acceptation de moi-même par mes éducateurs, ainsi que grâce à une installation harmonieuse de leur holarchie sur la Spirale, et grâce à mon centre de support dans le cadre d’un travail sur les instincts. Je ressens de la gratitude.

 

Le 03/01/2018 à 09:17, Fabien Chabreuil a dit :

"Tout est bien question de bienveillance et d'attention à la façon dont l'enfant le vit."

Là est une des conditions pour que ma dernière phrase soit inexacte. L'autre, hélas, est le contraire absolu de la bienveillance.

Oui. Une éducation dont le point de départ est ce que vit l’enfant. L’attention bienveillante, terreau de la compréhension, l’acceptation, la patience (utile avec des adolescents :happy:), la confiance, l’espérance et seulement à partir de là, en lien avec une éthique, des actions justes.

 

Le 02/01/2018 à 11:52, Lighyli a dit :

Intuitivement (!!), je me dis que la hiérarchie des centres est un bon outil pour comprendre le fonctionnement parent-enfant dans la phase d'éducation. Vos avis ??

Oui, Lighyli.

 

Amicalement,

Yves

 

P.S. : la pratique de l’ennéagramme des processus du stage Essence peut aider indirectement des éducateurs dans leur rôle, en particulier à travailler leur résilience, en premier lieu à l’égard de leurs propres éducateurs, ainsi que la compassion pour leurs adolescents.

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