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Comme chaque année, le mois de juin est particulièrement chargé. En conséquence, en plus des jours prévus dans nos conditions d'utilisation, ce forum sera accessible uniquement en lecture
les 20 après-midi, 21, 25, 26 & 28 juin 2018.

Caro1

Le 1 et le féminisme

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Caro1

Bonjour,

 

Je me pose la question à savoir ce que signifie pour les femmes 1 leur nom de famille. Avez-vous ou envisagez-vous, mesdames, de changer de nom une fois mariée sans que cela ne révèle une crise ?

 

Cela n’a pas été mon cas. Changer de nom ne m’étais pas envisageable. Je l’avais décidé assez tôt, et cela restait actuel et congruent avec ce que j’étais. Tout se passait bien jusqu’à ce qu’un jour une pharmacienne m’annonce comme si j’étais une criminelle : « votre carte est radiée ». Plus que ma carte, c’était moi qui étais radiée à ses yeux. Pourtant je me sentais droite dans mes bottes, alors je commençais un échange sur le pourquoi du comment et j’ai fini la conversation réhabilitée mais sans carte vitale.

 

J’appelais mon centre de sécu. C’était parce que j’étais mariée et que j’avais une carte à mon nouveau nom. Oui mais cela n’était pas d’hier que j’étais mariée (6 ans…) et que cette carte (euh… comment dire ?) était passée sous les lames tranchantes de mes ciseaux… J’étais obligée de me déplacer pour invalider la carte détruite et faire une nouvelle demande.

La visite a été épique puisque j’y allais en soldat bien armé. L’agent de sexe féminin m’a sorti tous les clichés sexistes, ma colère ne s’est pas fait attendre, je l’ai fusillé sur place en reprenant tout le discours misogyne. J’ai néanmoins fait ce qu’elle me demandait de faire… de manière assez agressive quand-même…, et je n’ai pas dit au revoir en partant…

Quelques semaines plus tard je reçois une carte vitale… au nom de mon mari !

 

Pourtant autour de moi, personne ne semble s’offusquer du fait de prendre le nom de son mari une fois mariée : « Il n’y a pas de quoi en faire tout un plat… C’est normal même », me disent beaucoup d’interlocutrices, et elles affichent même une certaine fierté. Moi, ma fierté ne doit pas porter sur un nom. Ce n’est pas que je tienne à mon nom de famille, je tends à croire que nous les filles, nous n’avons pas de nom. Dans les sociétés patriarcales, c’est le nom du père qui est transmis, et jamais on ne peut identifier un nom de famille féminin. Alors je crois que je me suis dis que je n’allais rien rajouter à l’humiliation en gardant le seul nom qu’on m’ait donné à ma naissance.

 

J’appelais le centre de sécu. Comprenant ma démarche, mon interlocutrice m’expliquait la marche à suivre. Et ça m’a fait un bien fou, il y avait des êtres humains qui me comprenaient…

 

J’ai donc envoyé un courrier, forte d’avoir trouvé une loi confortant ma requête : la loi du 6 Fructidor de l’an II (23 août 1794), toujours en vigueur. Peu de temps après je reçois une carte vitale… au nom de mon mari !

 

Je fais quatre lettres pour laisser s’exprimer ma colère, des lettres de colère que je n’envoie pas bien sûr… Plus je fais des courriers, plus j’ai l’impression que mon individualité s’envole…

 

Je change de stratégie, mais toujours forte du droit français datant de la Révolution… Plusieurs semaines plus tard je reçois… enfin une carte vitale à mon nom. Il s’est passé 2 mois et demi… mais Victoire ! Une… parmi d’autres…

 

Maintenant je m’attaque à tout le reste… Et c’est beaucoup d’énergie dépensée, pas que chez moi, mais aussi chez les autres qui subissent mon « caprice » sachant que mon adversaire a changé de face, il ne s’agit plus de l’administration mais de logiciels. Ceux-ci écrasent votre « nom de jeune fille » (encore lui…) quand vous ajoutez un nom marital. Le problème c’est que j’engage une lutte contre quelque chose de désincarné. Et j’engage ceux qui ont besoin de ma signature pour travailler, bloqués face à mon refus catégorique d’apposer ma signature en bas d’un document qui n’est pas à mon nom.

 

Inflexibilité du 1 qui se croit dans son bon droit ? Ou la persévérance du 1 qui se sait dans son bon droit ?

Suis-je une femme 1 bloquée dans sa valeur « indépendance » ou en défense d’une cause féministe face à une domination masculine ordinaire ?

Est-ce typique du 1 ?

 

Au plaisir de vous lire,

Caro

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Bienvenue Caro1 sur ce forum.

 

Le féminisme est un ensemble de valeurs, diverses d'ailleurs selon les formes qu'il prend. Il n'est lié à aucun ennéatype, et il y aura donc, homme ou femme, des 1 qui adhèrent à ces valeurs, d'autres qui s'y opposent, d'autres encore qu'elles indiffèrent.

 

Quand nous nous sommes mariés, après presque 7 ans de vie commune, Patricia a pris le nom de Chabreuil sans état d'âme… et sans pression de ma part bien entendu ! Pour des raisons intellectuelles et d'histoire de vie qui ne sont pas l'objet de cette conversation, je ne suis pas attaché au nom de famille. Personnellement, cela ne m'aurait aucunement gêné si j'avais dû prendre le nom de jeune fille de Patricia et m'appeler Fabien Damien, ou Fabien Damien-Chabreuil ou Fabien Chabreuil-Damien. La carte ne fait pas le territoire.

 

"Inflexibilité du 1 qui se croit dans son bon droit ? Ou la persévérance du 1 qui se sait dans son bon droit ? Suis-je une femme 1 bloquée dans sa valeur « indépendance » ou en défense d’une cause féministe face à une domination masculine ordinaire ?"

Ton comportement est bien entendu égotique puisqu'il est accompagné de la passion de ton type et d'un vocabulaire guerrier ("soldat bien armé", "fusillé", "stratégie", "attaque"). Cela ne veut pas dire que ton objectif n'est pas juste ou nécessaire. D'abord la discrimination des femmes heurte certaines valeurs essentielles. Ensuite certaines revendications égotiques peuvent être légitimes. Je te suggère néanmoins deux pistes de travail :

  • Les 1 ayant du mal à définir l'importance relative de leurs différentes préoccupations, tu peux essayer d'évaluer si celle-ci vaut ou non l'énergie que tu lui consacres ;
  • Puisque tu as fait le stage Ailes, tu pourrais pratiquer sur ce sujet l'exercice “Déployer les ailes” pour explorer des manières alternatives d'obtenir satisfaction.

Très amicalement,

Fabien

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Je me suis méfié de mon optimisme amnésique de 7. Et à juste titre ! Ce midi, j'ai passé Patricia à la question. Elle m'a dit que le changement de nom avait représenté pour elle un certain trouble et que si elle avait changé tous ses papiers, elle avait gardé son compte en banque à son nom dit "de jeune fille" pendant quelques années et que j'en étais surpris à l'époque. Il lui avait fallu, m'a-t-elle dit, un certain temps pour faire une distinction claire et sans ambiguïté entre son nom et son identité.

 

Nous avons discuté du problème et sommes tombés d'accord pour dire que cela pouvait être déstabilisant pour une femme de changer de nom à un moment donné de sa vie, surtout à une époque où le divorce est aussi fréquent. Nous avons aussi convenu qu'il n'y avait guère de solution viable. En effet, si X épouse Y et qu'ils gardent chacun leur nom, comment appellerons nous leurs enfants. X ou Y ? Gros risque de conflit. Alors X-Y. Oui mais pourquoi pas Y-X ? Puis si X-Y épouse A-B, les enfants s'appelleront-ils X-Y-A-B (ou A-B-X-Y) ? Et à la génération suivante ? À un moment donné, il faudra choisir. Je n'aime pas les règles, mais en l’occurrence une règle, aussi mauvaise soit-elle, évite les conflits qu'impliquerait un choix. Une autre solution assez sympathique serait que tout enfant à sa majorité puisse se choisir un nom de famille totalement indépendant (ou non) de celui de ses parents. À l'heure de l'informatique, une telle solution ne poserait guère de difficultés.

 

Très amicalement,

Fabien

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Etoile filante

Bonjour !

 

Intéressante discussion. Je ne suis pas 1 mais je suis une femme, donc j'ai moi-même été amenée à changer de nom lors de mon mariage. je suis passée de Mademoiselle D à Madame V. Et j'en ai été absolument enchantée ! Parce que je haïssais mon père et que j'étais très heureuse de me débarrasser de son nom. Mon ego de 7 était vraiment content, car tout ce qui me rappelle mon père me ramène à la souffrance, et là je pouvais m'affranchir de quelque chose venant de lui et que j'ai du me trimballer pendant des décennies (je me suis mariée à 50 ans). Je vis donc très bien mon changement de patronyme, au point que même si je devais divorcer, je garderais le nom de mon mari !

 

Ceci-dit j'ai quand même été surprise du témoignage de Caro1, pare que la norme, en réalité, est qu'une femme mariée conserve toute sa vie son nom de naissance. Pour l'État civil, pour le Trésor Public, je suis toujours Mme D épouse V. Prendre le nom de son conjoint (ce qui peut aussi se faire dans l'autre sens, de la femme vers le mari) relève simplement d'un usage social. Rien de plus. Mais on ne change pas "réellement" de nom. Je suis donc choquée que Caro1 se soit heurtée à tant d'obstacles. Il me semble que techniquement, elle était dans son bon droit. Je comprends sa colère de 1 !

 

Bien amicalement.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Ceci-dit j'ai quand même été surprise du témoignage de Caro1, pare que la norme, en réalité, est qu'une femme mariée conserve toute sa vie son nom de naissance."

Pour info, Patricia m'a fait part hier midi du même étonnement et du même rappel de la loi que je n'avais pas rapporté ici puisqu'il n'avait pas de lien avec l'ennéagramme. Nous avons récemment refait nos passeports et, pour Patricia, le seul nom obligatoire était son nom dit "de jeune fille". Rajouter "Chabreuil" ou "ép. Chabreuil" à son gré était facultatif. Alors effectivement y a-t-il autre chose ?

 

Très amicalement,

Fabien

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Caro1

Bonjour à tous,

 

Bonne année 2018 !

 

C'est intéressant ce que tu dis Fabien, parce que j'ai très récemment refait mon passeport, et sur le formulaire je n'ai mis que mon nom de naissance, comme celui que j'avais sur mon passeport précédent, mais l'agent m'a fait écrire la phrase suivante sur papier libre : "Je souhaite conserver mon nom de naissance mais je suis toujours mariée avec X ". Cela n'a pas été le cas pour ma pièce d'identité nationale. Donc, j'en déduis que chaque agent voit selon son filtre égotique comment "gérer les patronymes" inscrits sur des documents officiels, certains s'en tiennent à la loi, d'autres y mettent leur touche personnelle. Et donc ma question reste entière : comment réagissent les femmes 1 quand on met sa touche personnelle dans ses papiers d'identité ?

 

Bien à vous,

Caro1

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