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Fabien Chabreuil

Savoir dire non

Messages recommandés

Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Hier, Jacques Attali publiait sur son blog un article qui pourrait sans doute être utile à nos amis 2 et 9, et peut-être même à d'autres. En voici quelques extraits :

Jacques Attali a dit :

« Apprendre à savoir dire non », c’est d’abord avoir le courage de choisir ce qu’on veut, ne pas se laisser porter par le désir des autres. Quel que soit l’enjeu […]. De ce point de vue, dire non est toujours un acte d’héroïsme du quotidien ; la première manifestation de la liberté. Celle de l’enfant comme de l’adulte.

 

Savoir dire non, c’est aussi construire l’éthique qui permet de choisir. C’est avancer dans la connaissance de soi.

 

Savoir dire non, c’est encore ne pas procrastiner. C’est ne pas dire » peut-être », ni « plus tard », ni « on verra », ni « pourquoi pas », ni « on en reparle » ; c’est ne pas mentir, et surtout ne pas se mentir à soi-même. C’est apprendre à ne pas avoir peur. Ni avoir peur de faire de la peine. Ni laisser planer un doute sur ses intentions, ni sur ce qu’on est prêt à accepter, ou à refuser. […]

 

Savoir dire non c’est aussi savoir dire oui. C’est commencer à devenir soi.

 

[…]

 

Dans ce cas, dire non peut même devenir l’occasion de créer une relation vraie avec l’autre, dans le respect réciproque.

 

[…] C’est alors la meilleure façon de rendre plus précieux encore le cadeau d’un « oui ».

 

Si quelqu'un connaît un texte équivalent centré sur le oui, nous l'offrirons à nos amis 8.

 

Très amicalement,
Fabien

Source : Jacques Attali, « Savoir dire non », Conversation avec Jacques Attali, 9 décembre 2017.

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Pocahontas

Bonjour à tous,

 

Merci Fabien d'avoir restitué ici une partie de ce beau texte.

 

Je ne connais pas de texte équivalent centré sur le oui, en revanche, en te lisant, m'est revenu à l'esprit un verset biblique de circonstance (j'ai une Segond et une Semeur sous la main). Il s'agit d'un passage tiré du livre de Matthieu, chapitre 5, verset 37 :

Version Segond : "Que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce qu'on y ajoute vient du malin."

Version Semeur : "Dites simplement oui si c'est oui, non si c'est non. Tous les serments qu'on y ajoute viennent du diable."

 

Le truc drôle, c'est que ça marche bien aussi si on remplace les termes "malin" et "diable" par "ego". :rofl:

Que personne ne se méprenne, je ne compare pas l'ego au malin-diable. :wink:

 

Bien cordialement,

Pocahontas

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Etoile filante

Bien le bonjour Messieurs-Dames,

 

Fabien, il y a aussi la troisième voie: dire oui et n'en faire qu'à sa tête. Méthode expérimentée avec succès vers la fin de ma vie professionnelle. Mais attention : à réserver aux situations où tout le monde s'en fout ! :happy:

 

Pocahontas, je connaissais cette citation sous une autre version : "Que ta parole soit oui ou non, le reste ne sera que mensonge." Je n'en ai jamais recherché la source (apparemment la tienne) mais je trouve que c'est puissant…

 

Cordialement.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Il y a aussi la troisième voie : dire oui et n'en faire qu'à sa tête."

Ah non ! Comme le dit ta version de la citation dont Pocahontas nous a fait cadeau (merci !), c'est un mensonge aux autres et à soi. C'est se complaire dans son ego, ne respecter ni les autres ni soi-même. Cela ne peut pas être considéré comme une option située sur le même plan que le oui ou le non, même si je suis conscient que certaines conditions de vie peuvent nous donner l'impression que nous n'avons guère d'autre choix que de l'utiliser. Attali par mon canal et Matthieu par celui de Pocahontas — étrange rapprochement — parlent d'essence.

 

Très amicalement,

Fabien

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Oyoshi

Bonjour à tous,

 

La lecture du texte de Jacques Attali a généré chez moi quelques réactions émotionnelles et bien évidemment quelques réflexions mentales.

 

Je me rappelle de ces moments où j'ai osé dire "non" : "Non, je n'ai pas envie d'aller là bas", "Non, je ne suis pas d'accord avec toi"… J'ai effectivement senti une chaleur m'emplir le corps que je pourrais associer à ce courage qui parfois m'apaise, dans l'affirmation de ce que je souhaite dans le respect de moi-même et des autres.

 

J'avais lu un jour que le conflit pouvait être vu comme un réalignement des positions des deux parties. Dans mon cas, au regard de mon ennéatype cela m'inviterait à dire que :

  • Si je dis non, c'est que je respecte (enfin) mes propres limites et que je le manifeste à l'autre : cela me ferait alors penser à l'idée supérieure de liberté.
  • Si je dis non, c'est que je crois en l'autre dans sa capacité à me comprendre et je me permets de symétriser notre relation : cela me ferait alors penser à la vertu d'humilité.

 

Vivant dans le présent, dire "non" peut également être un moyen de se donner le temps de la réflexion :

  • "Mais quelle est véritablement MA réponse et non pas celle que l'autre aimerait que je donne ?",
  • "Qu'est-ce que je veux vraiment ?",
  • "Qu'est-ce que j'aime ?",
  • "Qu'est-ce qui est acceptable pour moi ?"…

Cela m'amènerait à pousser la porte de la découverte intérieure qui pour un ennéatype orienté vers l'extérieur me ferait beaucoup de bien ! :happy:

 

Jacques Attali a dit :

Dans ce cas, dire non peut même devenir l’occasion de créer une relation vraie avec l’autre, dans le respect réciproque.

 

[…] C’est alors la meilleure façon de rendre plus précieux encore le cadeau d’un « oui ».

Cette dernière partie me touche tout particulièrement car elle symbolise pour moi tout le piège de l'ego :

  • Croire qu'aller dans le sens de l'autre sans discernement permettra d'être aimé, accepté et voulu alors que cela ne génère que déception, orgueil et dédain.
  • Croire que dire "oui" et prendre sur soi permettra un retour positif sur son image et permettra d'être aimé, accepté et voulu alors que cela ne génère qu'une asymétrie de relation pouvant mettre l'autre en insécurité.
  • Croire que fusionner avec l'autre créera une relation authentique dans le respect réciproque alors que cela ne génère que plus d'incertitudes à propos de ses propres besoins et de sa propre personnalité.

Le plus difficile pour moi, je pense, est d'accepter que le plus grand cadeau que je peux faire aux autres, c'est de me faire moi-même le cadeau du "oui".

 

Bonne semaine !

Oyoshi

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Belle analyse Oyoshi, du moins jusque là : "Le plus difficile pour moi, je pense, est d'accepter que le plus grand cadeau que je peux faire aux autres, c'est de me faire moi-même le cadeau du “oui”."

 

"Le plus grand cadeau que je peux faire aux autres", ah, quelle belle tentative de récupération par l'ego : essayer de mettre ce qui devrait être du travail vertical au service de ses mécanismes !

 

Très amicalement,

Fabien

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Oyoshi

Bonjour à tous,

 

Merci Fabien pour cette prise de conscience qui m'a fait beaucoup rire ! L'écriture de cette phrase m'est apparue tellement automatique que je ne m'en étais même pas rendu compte ! :laugh:

 

Je me suis alors demandé comment j'aurais pu le dire autrement et la première chose m'est venue à l'esprit fut : Le plus grand cadeau que je peux me faire, pour les autres, c'est de me faire le cadeau du "oui."

 

Ego quand tu nous tiens. :happy:

 

Bonne journée ! Bien amicalement,

Oyoshi

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Merci Fabien pour cette prise de conscience qui m'a fait beaucoup rire !"

Serait-ce ce que l'analyse transactionnelle appelle le rire du pendu ?

 

"L'écriture de cette phrase m'est apparue tellement automatique que je ne m'en étais même pas rendu compte !"

Eh oui. Il est souvent dit que le travail vertical ne peut pas être fait entièrement seul parce que, seuls, nous ne pouvons détecter qu'une partie de nos automatismes.

 

Accepter cela est difficile. D'abord, nous vivons une époque individualiste, dominée par ORANGE sur la spirale dynamique. Ensuite, beaucoup d'ennéatypes y résistent : le 1 a peur d'être jugé, le 2 ne veut pas recevoir, le 7 pense y perdre sa liberté, le 8 craint d'être contrôlé, etc.

 

Très amicalement,

Fabien

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Oyoshi

Bonjour à tous,

 

"Serait-ce ce que l'analyse transactionnelle appelle le rire du pendu ?"

Dans mon cas, je parlerai plutôt de rire jaune ! :laugh: Plus sérieusement, même s'il est vrai que le rire peut être une de mes réactions automatiques (j'ai cru comprendre que c'était courant chez les Asiatiques) que ce soit dans la joie, la tristesse ou la gêne, j'ai eu cette fois-ci l'impression d'avoir un rire de compassion : compassion pour mon ego, compassion pour moi-même, sans animosité particulière.

 

"Il est souvent dit que le travail vertical ne peut pas être fait entièrement seul parce que, seuls, nous ne pouvons détecter qu'une partie de nos automatismes."

Je te rejoins totalement. Est-ce que cela ne s'appliquerait pas également au travail horizontal de la même façon ?

 

J'ai l'impression que depuis que je côtoie des personnes qui me font remarquer certains de mes automatismes (avec bienveillance bien sûr), cela m'aide à prendre du recul et surtout à le détecter de plus en plus souvent — même si c'est encore après coup. Les filtres d'attention des autres est alors une grande ressource pour s'ouvrir à d'autres perspectives et d'autres interprétations.

 

Merci en tout cas pour ce retour qui tombait à point nommé.

Bien amicalement,

Oyoshi

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"J'ai cru comprendre que c'était courant chez les Asiatiques."

En fait, ce rire est lié à la notion de "face" et donc au niveau d'existence ROUGE. Il est effectivement très fréquent en Asie mais aussi dans de nombreux pays d'Afrique et sert à masquer une gêne. Le rire du pendu de l'analyse transactionnelle consiste à rire de soi tout en énonçant quelque chose qui est loin d'être amusant : "J'ai encore horriblement vexé et peiné une Wallonne en lui racontant une blague belge pourrie, ha ha ha !" Le rire jaune lié à la face, que certaines régions d'Italie appellent le rire vert — mais on ne vas pas  faire toute la spirale ! —, inclut le rire du pendu mais est plus large car il intègre des moments de communication avec les autres. Par exemple, on peut rire quand on se fait engueuler par quelqu'un.

 

Ce type de rire peut donc être pratiqué par tout le monde, mais je pense que leurs mécanismes égotiques font des 7 des champions dans le domaine.

 

Très amicalement,

Fabien

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