Scroll To Top

Institut Français de

l’ennéagramme

À quoi sert tout le reste...

Aller au contenu

Conformément à nos conditions d'utilisation, ce forum est accessible uniquement en lecture jusqu’au 26 décembre 2017 inclus.
Il vous sera à nouveau possible de poster des messages après cette date.
D’ici là, vous pouvez consulter également nos 149 articles et nos 89 analyses de film.

Sid

6 alpha en désintégration externe ?

Messages recommandés

Sid

Bonjour, pour ma première fois sur le forum de l'ennéagramme, je voudrais évoquer trois personnes que j’ai, amoureusement parlant, aimées et quittées. Le schéma de la relation est toujours identique mais je réalise que ces hommes n’avaient pourtant rien en commun hormis leur grande gentillesse et leur loyauté sans faille. Il s’agit d’ailleurs des deux raisons pour lesquelles je suis tombée amoureuse et des deux mêmes raisons pour lesquelles j’ai eu un mal fou à mettre fin à ces relations, au point de m’en rendre physiquement très malade. Déviance ultime pour moi d’abandonner ces personnes qui ne m’ont jamais fait de mal et qui n’avaient rien demandé. Mais c’est un autre sujet.

 

Ainsi, l’un était châtain, chevelu, avec un corps sec et nerveux, pas très grand, assez porté sur la boisson, cuisinier, énorme bosseur, souvent hâbleur ce qui cachait un joli manque de confiance en lui (un 8 mu selon moi) ; l’autre était brun avec un début de calvitie, très calme et réfléchi, ingénieur, adepte des bons mots, solitaire et peu bavard (je l’ai typé 5 mu) ; le dernier était toujours très souriant, le contact facile, avec parfois des moments de détresse assez intense, grand, blond et chauve, guitariste de métier, bon vivant, plutôt cultivé, très à l’écoute, nonchalant et n’aimant pas se faire violence (un 9, je crois). Ces descriptions ne sont pas exhaustives, elles ont simplement pour objectif de montrer la variété des « profils » qui ont traversé ma vie dans ce domaine.

 

Et pourtant je n’ai jamais ressenti de difficultés à m’adapter à eux et à leurs mondes respectifs, au contraire je m’y fondais avec une grande aisance. Je m’y investissais même, sans jamais délaisser mes proches mais je crois pouvoir écrire que leurs univers devenaient les miens… Sans effort, j’adoptais leurs codes, leurs amis, leurs dadas et leurs batailles. Est-ce cela que l’on appelle l’identification ? La nouveauté et la curiosité me portaient, mais surtout la fierté de montrer à tout le monde que j’étais quelqu’un d’ultra-adaptable, d’ouvert, de flexible, qui se fiche des cadres… Un beau mensonge à moi-même (et aux autres de fait) mais que je ne faisais pas consciemment sur le moment promis, c’est cela qui est rageant !

 

À chaque fois néanmoins, le moment est arrivé où une force incontrôlable me faisait douter de mon amour pour eux sans que je puisse comprendre pourquoi, sans pouvoir non plus me l’avouer et leur avouer immédiatement. J’ai cependant toujours fini par partir, le ventre rempli de peur et de culpabilité, honteuse au point de me retirer complètement de leurs mondes (mécanisme d'isolation de mon aile 5 ?) ; mais après plusieurs mois à l’arrêt dans ma vie, lorsque je retrouvais enfin mon mental, je parvenais de nouveau à rationaliser et à avoir la quasi-certitude - celle dont j’avais en tout cas besoin pour diminuer ma peur et avancer de nouveau - que nous ne partagions pas tant de choses et que je m’étais sur adaptée jusqu'à l'épuisement, d'où cet écroulement au propre comme au figuré. S’agissant de sur adaptation, j’ai toujours et inconsciemment repéré chez mes hommes la « faille » (selon moi bien sûr) que je m’échine alors à combler. Avec le cuisinier qui n’avait pas suivi de longues études, je lui ai offert ses premiers bouquins. Avec l’ingénieur peu loquace, j’étais celle qui assurait l’aspect social du couple. Et avec le guitariste insouciant côté finances, j’avais pris en charge presque toutes nos dépenses. Je précise qu’ils ne m’ont jamais rien demandé. Je réalise en l’écrivant qu’auprès des autres, je tirais de leurs soi-disant faiblesses une image valorisante de ma personne : j’ai tantôt été la petite amie intelligente, tantôt la copine dynamique et enthousiaste, tantôt la working girl assumant son mec artiste. J’aimais, avec du recul, construire ces images artificielles de couples et les faire vivre comme dans un roman. Mais logiquement, je finissais par m’épuiser à jouer un rôle qui n’était pas le mien. Et puis le prix à payer en les quittant a été trop lourd.

 

Ma question est la suivante : est-ce que ces observations pourraient correspondre à des expériences de désintégration externe ? En tant que 6 alpha, je me désintègre en 3 en adoptant la passion et le mécanisme de défense de ce type, à savoir le mensonge et l’identification.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Bienvenue, Sid, sur ce forum et merci pour cette première participation.

 

Il est difficile de répondre à ta question car une bonne part de ce que tu nous décris est comportemental et peut donc relever de plusieurs interprétations. Il me semble qu'il faut distinguer trois phases  :

  1. Tu deviens amoureuse de ces hommes et adopte beaucoup d'éléments de leur vie. Est-ce un mécanisme de fusion ? D'identification ? Est-ce simple loyauté à leur égard ? Peut-être est-ce leur propre "gentillesse" et "loyauté sans faille" qui t'ont plu et ont déclenché chez toi l'obligation d'être à la hauteur en ce domaine de la passion de ton type.
  2. Tu entretiens une relation avec eux et t'" échine alors à combler" les failles que tu perçois chez eux. Il me semble là qu'il y a la loyauté du 6 mais sans doute aussi un peu de désintégration en 3 puisqu'il semble que tu tirais vanité de cette attitude et que tu as conscience d'avoir joué un rôle dans ces moments-là.
  3. Ne supportant plus cette désintégration externe, tu romps avec ces hommes. Cela te ramène à ton ennéatype ce qui est à la fois une chose positive et une souffrance puisque tu réalises que tu as donné en vain ta loyauté et ta confiance.

Qu'en penses-tu ?

 

Très amicalement,

Fabien

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Sid

Bonjour Fabien, et merci pour ton retour rapide.

 

En référence aux trois phases que tu évoques :

  1. Avant d'entamer la relation : de façon générale et chez tout le monde, je suis en effet très sensible à la gentillesse (mais pas à la flatterie) et à la loyauté. Et si en plus, la personne manifeste des intentions amoureuses à mon égard, il y a des chances si elle persévère (test, test !) pour que je finisse par éprouver des sentiments pour elle. Mais je crois que ces conditions sont nécessaires mais pas suffisantes. Il faut aussi que je puisse admirer l'autre, qu'elle ait quelque chose que je n'aie pas (un métier manuel, un calme apaisant, un don artistique). Alors la relation amoureuse peut démarrer.
  2. À ce moment-là, je place l'autre très haut sur un piédestal et me sens très inférieure et ne méritant pas cette personne, comme une usurpatrice. Dans un premier temps, trouver la faille chez l'autre est donc ce qui va me permettre de réajuster la relation et de mériter cet homme. Combler la faille intervient ensuite : en terme de renvoi d'images (comme couple mal assorti mais joli, et comme individu qui fait progresser l'autre mais de façon complètement intéressée en fait), j'en tire clairement de la vanité comme expliqué précédemment (désintégration en 3). Comme évoqué, il y a également une notion de rééquilibrage (mais je ne vois pas à quoi cela renvoie en terme d'ennéagramme, manque de confiance du 6 ?). L'autre m'apporte quelque chose (son amour, son aide, son soutien, son intérêt pour moi ?), je lui rends la pareille en lui apportant ce qui lui manque (selon moi) et en souhaitant secrètement qu'il en prenne de la graine. Autrement dit, il me fait cadeau de son amour, merci, et je lui en offre un autre en retour mais empoisonné car il n'a rien demandé et je n'en ai rien dit (c'est un peu machiavélique mais peut-être est-ce le test ultime). Et ça ne loupe pas, je finis invariablement par m'irriter que le premier ne finisse pas par être plus cultivé, que le second soit toujours aussi mutique et que le troisième ne se démène pas davantage pour trouver un job régulier. Ce que je trouvais original chez eux se transforme immuablement en points faibles. Je me demande si je n'assimile pas ça à un manque de loyauté de leur part que je finirai irrémédiablement par sanctionner par une rupture. Je refuse de le reconnaître, d'en parler à l'autre encore moins, car cela me paraît inavouable et en même temps, cela me semble si évident, pourquoi n'a t il pas compris tout seul, double faute !? Est-ce ce à ça que tu fais allusion en parlant d'"une souffrance puisque tu réalises que tu as donné en vain ta loyauté et ta confiance" ? Une colère intérieure monte néanmoins petit à petit mais sur une période très courte pour atteindre un pic, généralement une crise complètement exagérée pour un motif sans importance.
  3. C'est à ce moment-là que les vannes lâchent et que je ne peux plus rien contenir. Je balance violemment tout à l'autre qui n'y comprend rien. À ce stade (stress intense), je suis revenue dans mon type (6), mais étant sur le point de dévier en faisant du mal à l'autre qui n'a rien demandé et se retrouve acculé, mon mental a filé au triple galop et là, plus moyen de le rattraper, pour le moment du moins et d'expérience pour au moins plusieurs mois. Je me retrouve avec l'émotionnel au premier plan, incapable de me raisonner, dans le doute perpétuel, dois-je arrêter la relation, oui, non, oui, aucune option ne me satisfait, je me trouve horrible, je suis complètement apeurée. Je finis par libérer l'autre pour me libérer aussi, et peu à peu grâce au temps et à différentes méthodes, l'apaisement revient.

 

Est-ce ce que tu attendais ou suis-je trop dans la description des comportements ? Difficile parfois de prendre de la hauteur en écrivant.

J'ai une autre question : faut-il obligatoirement se désintégrer d'abord en interne pour se désintégrer en externe ?

 

Bonne soirée !

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Je commence par la fin.

 

"Difficile parfois de prendre de la hauteur en écrivant."

C'est surtout difficile d'analyser le passé, une partie de nos émotions et de nos pensées de l'époque pouvant avoir été oubliés ou transformés.

 

"Faut-il obligatoirement se désintégrer d'abord en interne pour se désintégrer en externe ?"

Oui la désintégration commence en interne, puis si elle atteint une certaine ampleur, elle a lieu en parallèle en interne et en externe.

 

Merci pour les précisions que tu as données, Sid. Elle confirme bien cette désintégration en 3. Pour sortir du cadre seul de l'ennéagramme, il y a deux mécanismes qui entre en œuvre dans ce que tu décris.

 

D'abord une dévalorisation de soi assez fréquente chez le 6 : "Je me sens très inférieure et ne méritant pas cette personne, comme une usurpatrice." Il faudrait identifier et traiter les transes qui créent cette illusion (cf. stage Éveil). En attendant, tu peux prendre conscience de la manière dont tu déformes la réalité pour la créer. Si tu visualises des scènes avec ces personnes (ou certainement avec d'autres), il est probable soit que tu te représentes plus petite que tu n'es soit que tu te les représentes plus grands ou plus gros qu'il ne sont. En corrigeant régulièrement ces représentations, tu devrais améliorer la situation même si c'est insuffisant pour traiter complètement le problème. Par corriger, je veux dire remettre les protagonistes à leur taille réelle ; ne te fais pas plus grande que tu n'es sous peine de créer un complexe de supériorité.

 

Ensuite un parcours régulier et complet du triangle de Karpman (si tu ne connais pas ce concept, fais une recherche sur le forum, le sujet a été abordé plusieurs fois). Tu commences en position de victime ("Je me sens très inférieure et ne méritant pas cette personne, comme une usurpatrice."), tu continues en position de sauveur ("Je lui en offre un autre en retour mais empoisonné car il n'a rien demandé et je n'en ai rien dit.") , tu passes ensuite en position de persécuteur ("C'est à ce moment-là que les vannes lâchent et que je ne peux plus rien contenir. Je balance violemment tout à l'autre qui n'y comprend rien."), avant bien sûr de retourner en position de victime ("Je me trouve horrible, je suis complètement apeurée.") et de recommencer avec un autre. Le triangle dramatique mérite bien son nom. Il serait utile que tu apprennes à le repérer et à l'interrompre, d'autant qu'il est vraisemblable que tu le pratiques, peut-être avec moins d'intensité, dans d'autres contextes.

 

Travailler sur ces deux points devraient te permettre de ne pas revivre une quatrième fois ce scénario.

 

Très amicalement,

Fabien

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

×