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Pocahontas

Répression de l'émotionnel ou mécanisme d'isolation

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Pocahontas

Bonjour,
 
Une question que nous nous posons ma collègue et moi-même  :proud: : comment fait-on la différence entre la répression de l'émotionnel et le mécanisme d'isolation propre à une aile 5 (utilisé par l'ego d'un 6 entendons-nous) ?
 
La répression d'un centre signifie qu'il se situe toujours dans la hiérarchie des centres en troisième position. Je redonne également une définition de l'isolation que tu donnes Fabien dans la conversation “Détachement ou désintégration” :

 

L'isolation consiste à vivre en différé des émotions qui auraient risqué de perturber le mental si le 5 s'y était laissé aller.

 
Nous supputons qu'un élément de la réponse provient du fait que la répression d'un centre est permanente (dans mon cas l'émotionnel est en troisième position sauf dans le cadre de la bascule) alors que l'utilisation du mécanisme d'isolation serait ponctuelle.
 
Je reprends un exemple que j'avais déjà évoqué avec toi Fabien. Il y a deux ans, ma maison a été cambriolée. En découvrant la fenêtre cassée par laquelle le cambrioleur était passé, j'ai senti ma gorge se serrer et j'ai eu envie de pleurer. L'instant d'après, je ravalais le tout pour courir vers la porte d'entrée afin de commencer à mesurer l'étendue des dégâts : j'avais besoin de mes jambes (centre de support) et de mon mental (pour réfléchir à ce que je devais faire dans ces circonstances auxquelles je n'avais jusqu'à présent jamais été confrontée). J'ai vécu en différé le traumatisme émotionnel puisqu'il m'a fallu plusieurs mois pour digérer l'événement. Alors répression de l'émotionnel, forcément, il y a stress. Mais le mécanisme d'isolation est-il utilisé ici aussi ?
 
Merci beaucoup d'éclairer nos lanternes et désolée si le sujet a déjà été abordé ailleurs par le passé : j'ai procédé à une rapide vérification mais je ne garantis pas de ne pas avoir laissé passer le coche.
 
Amitiés,
Pocahontas et Alice et le lapin

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Nous supputons qu'un élément de la réponse provient du fait que la répression d'un centre est permanente (dans mon cas l'émotionnel est en troisième position sauf dans le cadre de la bascule) alors que l'utilisation du mécanisme d'isolation serait ponctuelle."

Vous supputez bien, Pocahontas et Alice et le lapin. L'isolation est est un processus, là où la répression de l'émotionnel est un état.

 

Si je prend le cas du 5, dont l'isolation est le mécanisme de défense principal, l'isolation est plus utile à la variante alpha qu'à la variante mu et est donc plus utilisée. Le 5 mu, réprimant l'émotionnel, vit moins d'émotions et n'a donc pas besoin de les isoler. À l'inverse, j'ai vu des 5 alpha très émotif et qui y avait recours intensément.

 

À titre personnel, comme je l'ai dit récemment dans la conversation “Utilisation des mécanismes de défense”, mon ego apprécie l'isolation alors que j'ai l'émotionnel en support. Cela se produit notamment quand il vit une émotion liée à la souffrance et qu'il ne veut pas la monter.

 

"En découvrant la fenêtre cassée par laquelle le cambrioleur était passé, j'ai senti ma gorge se serrer et j'ai eu envie de pleurer. L'instant d'après, je ravalais le tout pour courir vers la porte d'entrée afin de commencer à mesurer l'étendue des dégâts : j'avais besoin de mes jambes (centre de support) et de mon mental (pour réfléchir à ce que je devais faire dans ces circonstances auxquelles je n'avais jusqu'à présent jamais été confrontée). J'ai vécu en différé le traumatisme émotionnel puisqu'il m'a fallu plusieurs mois pour digérer l'événement. Alors répression de l'émotionnel, forcément, il y a stress. Mais le mécanisme d'isolation est-il utilisé ici aussi ?"

Nous avions effectivement évoqué cet épisode pénible de ton existence. Étant donné l'ampleur du stress, il est difficile d'analyser a posteriori le fonctionnement des centres. Je pourrai proposer l'analyse suivante qui tient compte du fait que le centre instinctif est le centre de l'action et de la non-action :

  1. Découverte de la fenêtre cassée : analyse mentale permettant de faire l'hypothèse que c'est un cambriolage, paralysie du centre instinctif sous l'effet de la peur (rappelle-toi les trois manifestations de la peur par Laborit), vécu émotionnel (envie de pleurer). À ce moment-là, l'instinctif est coincé entre la peur du mental et l'émotionnel.
  2. Mise en œuvre du mécanisme d'isolation pour desserrer la pression sur l'instinctif.
  3. Deux hypothèses possibles :
    1. Bascule du mental et course instinctive vers la porte d'entrée.
    2. Décision du mental d'aller constater les dégâts et utilisation de l'instinctif en support.
      Il me semble qu'il y a dans ce cas, passage en contrephobie : j'ai vécu cette situation et j'étais très prudent au cas où le cambrioleur serait encore présent dans mon domicile.

Très amicalement,

Fabien

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Pocahontas

Bonjour Fabien,
 
Merci pour ta suggestion.
 
Je suis certaine d'avoir vécu un temps de sidération — blanc mental — au moment de la découverte de la fenêtre parce que je n'ai pas tout de suite réalisé qu'il s'agissait d'un cambriolage. J'ai d'abord pensé (mental) que la fenêtre s'était cassée à cause d'un coup de vent et je me suis immédiatement accusée de l'avoir mal refermée le matin même. J'ai sérieusement envisagé cette hypothèse et commencé à monter un scénario mental de la façon dont les choses avaient bien pu se passer, tout cela en l'espace de quelques secondes. Puis j'ai ensuite très vite réalisé qu'il s'agissait d'un cambriolage parce que ce que j'avais sous les yeux ne pouvait pas être simplement les conséquences d'un coup de vent (toujours mental qui analyse la situation). Pendant ce temps, je restais effectivement là, plantée devant la fenêtre sans bouger (paralysie du centre instinctif). C'est à ce moment que ce sont cumulées trois choses :

  • Un temps de sidération => "Quoi ? Comment ? Que, que, que... Tuuuuuuu" (électroencéphalogramme plat) => bascule du mental ;
  • La peur/effroi qui prend toute la place depuis le début mais qui monte seulement maintenant à la conscience => "Mon Dieu, c'est un cambriolage !" (peur de ce qui est arrivé, de la situation présente et du futur) ;
  • Envie de pleurer très forte mais qui est réprimée dans la seconde => répression de l'émotionnel (je me souviens encore de la sensation d'une boule bloquée dans la gorge et "physiquement ravalée").

Je me souviens aussi très nettement avoir pensé : "Ce n'est pas le moment de pleurer, tu feras ça plus tard, pour l'instant il faut agir !" Disons que je me suis "secouée", puis j'ai embrayé la quatrième et couru vers la porte d'entrée. À ce moment il y a bascule du mental et le centre instinctif en support fait son boulot comme tu le proposes dans ta première hypothèse, Fabien. Et effectivement je n'envisage absolument pas la possibilité qu'il y ait encore quelqu'un dans la maison : je ne réfléchis tout simplement pas. C'est après, en commençant à faire le tour des pièces de la maison pour évaluer l'étendue des dégâts que j'ai remis mon mental en marche pour pouvoir gérer la situation avec mon instinctif en support. Je me souviens parfaitement comment cela m'a été difficile d'ailleurs et comment cet effort m'a coûté en énergie (en plus de l'encaissement du choc lui-même), d'autant plus que mon mari n'était alors pas encore rentré de son travail : j'étais toute seule. Il m'a vraiment fallu mobiliser toutes mes forces pour avancer étape après étape.
 
Alors je ne sais pas s'il y a isolation ou pas de ma part pour "desserrer la pression sur l'instinctif" comme tu dis. Quoi qu'il en soit, je me dis que si j'ai une aile 5, je dois bien utiliser de temps en temps le mécanisme d'isolation. Et dans la mesure où celui-ci est utilisé dans le cadre de mon fonctionnement égotique, j'aurais peut-être plus de chance en cherchant du côté de l'évitement d'une déviance. Je n'en fais pas une obsession, j'ai déjà de quoi faire avec mon type. Mais si des 6, de préférence mu, ayant une aile 5 veulent bien témoigner, cela serait apprécié. :wink:
 
Merci beaucoup !
La bise,
Pocahontas

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