Institut Français de

l’ennéagramme

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Patrick

Utilisation des mécanismes de défense

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Patrick

Bonsoir à tous,

 

En stages, on répète régulièrement que le mécanisme de défense de notre type est notre mécanisme de défense principal, mais qu'on peut utiliser les autres occasionnellement.

J'ai tenté d'observer l'utilisation des mécanismes de défense chez moi, et j'en suis arrivé à cette répartition :

  1. En médaille d'or, c'est bien sûr l'Isolation.
  2. À égalité sur le podium pour l'argent : la projection, la rationalisation, la répression et la narcotisation
  3. À égalité pour le bronze : les autres.

L'Isolation est le mécanisme de défense que j'utilise le plus, en quasi continu. Rien de surprenant, c'est lié au type de base. Passons.

 

Ensuite, il y a ces quatre mécanismes décrit en 2) que j'utilise assez fréquemment. Je vais en détailler quelques exemples, c'est aussi l'occasion de tester si j'ai bien compris les mécanismes de défense.

 

- Projection : souvent, en contexte de travail ou privé, il m'arrive de penser quelque chose et de l'attribuer à quelqu'un d'autre.

Exemples :

  • "Ouh là, avec ce que je viens de dire, il va penser que je tourne autour du pot." En fait non, c'est moi qui m'observe tourner autour du pot pour éviter de sortir de l'information trop directement…
  • "Je ne vais pas l'appeler, elle va penser que je la dérange." En fait non, c'est moi qui n'ai pas envie d'être dérangé…

- Rationalisation : souvent, face à quelque chose de désagréable, je peux être amené à trouver une excuse pour me justifier et éviter d'être confronté à la chose désagréable.

Exemples :

  • "Il ne veut pas comprendre c'est de sa faute, en fait il s'en fout." En fait non, j'ai sorti du charabia, du jargon, et c'est logique qu'il n'ait pas compris ce que j'ai dit mais je ne vais quand même pas me confronter à ça.
  • "Je ne vais quand même pas monter les 5 étages à pied pour aller à mon bureau, c'est normal, c'est même pour mon bien, je risquerais de sentir la transpiration pour le reste de la journée, ce ne serait pas correct envers les autres." Mais oui bien sûr… :laugh:

- Narcotisation : ça m'arrive régulièrement de l'utiliser, afin d'éviter de penser à moi et de faire quelque chose.

Exemples : si généralement, en rentrant le soir, j'ai une forte tendance à aller m'hyper-occuper le mental sur internet ou dans un livre, il peut arriver que j'allume juste la télé, et en m'observant, je m'oublie et ne bouge plus.

J'ai failli écrire d'autres exemples, mais à y repenser, ce serait plutôt de la dissociation.

 

- Répression : un peu plus difficile à décrire, mais je peux réprimer ce que je ressens afin de faire plaisir.

Exemple : le midi on va déjeuner en groupe et on choisit un lieu, si je propose d'aller un endroit mais que quelqu'un d'autre propose autre chose, je peux régulièrement être amené à réprimer mon envie d'aller là où je voulais, car sinon, je ne serais pas si aimable que ça envers l'autre proposition.

 

Les autres mécanismes sont très peu utilisés à ma connaissance, sauf bien sûr si je les occulte sans le savoir !

 

Ceci m'amène à la remarque suivante : j'ai tendance à utiliser préférentiellement les mécanismes de défense de mon centre préféré (5, 6, 7), du type de mon centre de support que j'ai identifié en stage Centres comme étant celui que j'utilise le plus (2) et du type du triangle de mon centre réprimé (9).

 

Peut-être une coïncidence ou pas, mais est-ce que c'est quelque chose qui est fréquent ?

 

Très amicalement,

Patrick

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Je vais en détailler quelques exemples, c'est aussi l'occasion de tester si j'ai bien compris les mécanismes de défense."

Merci Patrick pour cette contribution. J'ai toutefois un petit doute à propos de la répression. Telle que tu la décris — mais ce n'est peut-être qu'une question de formulation —, cela ressemble plus à un choix réfléchi, de manière égotique certes, qu'à un automatisme.

 

La théorie de l'Ennéagramme me semble impliquer que les mécanismes de défense favoris sont ceux de son type, de son ou de ses ailes et de son type de désintégration.

 

Dans mon cas, ça marche : la rationalisation est effectivement en tête, et le déni et l'isolation sont les brillants seconds. J'y ajoute la narcotisation que, comme toi, j'attribue au centre réprimé.

 

Dans ton cas, comme tu te désintègres en 7 et a une aile 6, ça ne marche pas trop mal non plus. Ce qui ne colle pas, c'est la présence de la répression et l'absence d'introjection-sublimation correspondant à ton aile principale.

 

Ton idée de lier un mécanisme de défense au centre de support est donc très intéressante. J'évoque régulièrement la rationalisation pour le 1 mu lors du stage Centres — je l'ai réalisé ce week-end en l'animant — mais je n'avais pas généralisé… :blush:

 

Ayant en support un émotionnel tourné vers l'intérieur, l'introjection-sublimation fait sens (à la réflexion, elle a même été fréquente pendant une certaine période de ma vie, assez longue quand même). La répression, par contre, ne me parle guère.

Alors que pour toi, qui a la même hiérarchie que moi mais tourné vers l'extérieur, c'est le contraire.

 

J'espère que de nouveaux témoignages vont nous permettre de creuser ce filon.

 

Très amicalement,

Fabien

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Yves

Bonjour à tous,

Intéressant sujet d’auto-observation, merci Patrick de l’avoir lancé. :happy:

À vrai dire, il y a quelques semaines, cette question, je me la suis posée, moi aussi. J’étais probablement poussé par l’orientation du 5 et mon goût pour la théorie et la modélisation, cohérent avec l’ennéatype 5. Cette question m’a tarabusté. Alors je l’ai éludée.

Voici ce qui s'est passé. J’ai constaté que je me servais très souvent des mécanismes préférés des ennéatypes 5, 7 et 6, et je me suis demandé si j’en employais d’autres. Voyons les mécanismes favoris des ennéatypes 2, 3 et 4. Est-ce que je les ai jamais utilisés ou pas ? Diantre, je m’avérai incapable de le savoir (le savoir, c’est la fameuse quête du 5). Je ressentais une grosse frustration, un sentiment d’insécurité (lié à la peur de base du 5), de la honte, de l’agacement. Amère était la découverte de mon incapacité à connaître. C’est pourquoi, jusqu’à la lecture du message de Patrick, je me suis gardé d’aborder ce sujet sur l’Enné-agora. Je n’en savais pas assez, la honte de mon incompétence et la peur d’écrire une inexactitude me paralysaient. Aujourd’hui le message de Patrick me met au pied du mur. :thumb_up:

Bon, commençons par le plus facile à observer : les mécanismes préférés des ennéatypes 5, 7 et 6. J’ai déjà témoigné plusieurs fois de mon usage fréquent de ces trois mécanismes, souvent quasi-simultanément (par exemple dans ce message-ci de la conversation “Le 5 et la projection ? ” ou ce message-là de la conversation “Serviabilité et menus propos”). Maintenant au tour des autres mécanismes.

Le mécanisme favori du 8, je n’ai pas trouvé d’exemple — mais peut-être que je nie mon usage du déni ? Ah si… Je nie quelquefois mécaniquement mes erreurs de raisonnement. Pour protéger mon centre préféré, serviteur de l’orientation du 5. À ces moments-là, mon centre préféré me pousse aussitôt à me servir aussi du mécanisme du 7.

Et puis aussi, j’ai utilisé le déni lors d’annonces inattendues de la mort d’êtres chers. Pour me protéger de l’émotion forte qui m’envahissait, poussé par la nécessité de réagir, je n’ai pas utilisé tout de suite l’isolation et le détachement, mais le déni. Je pense que dans le contexte particulier d’une perte brutale et douloureuse, l’usage du mécanisme de déni n’est pas lié à l’ennéatype.

Le mécanisme préféré du 9, je l’ai utilisé, oui, enfant, pour tuer le temps, surtout pendant des convalescences : faire des réussites (ce sont des jeux de cartes solitaires), des mots-croisés, jouer seul aux dés (!), regarder des émissions télévisées décérébrantes. Depuis l’âge adulte, je l’emploie beaucoup moins, par peur de revivre ces sentiments de vanité et de vacuité vaseuses, ressentis autrefois après avoir abusé de ce mécanisme. De plus j’ai vu mon père (9 alpha) employer ce mécanisme, et cela m’a attristé et vacciné.

Le mécanisme favori du 2 ? Pendant une conversation orale, parfois je me coupe de mes émotions et je me détache, parfois je réprime seulement mon agacement et j’écoute attentivement. Et quand j’entre en contact avec un groupe ou une personne, il m’arrive de réprimer ma mélancolie ou ma lassitude, mécaniquement, et de sourire. Par contre, concernant la peur, je n’ai pas trouvé d’exemple : dans ce cas, j’utilise l’isolation. Bizarrement le fait d’avoir déploré l’usage abusif par ma mère (2 alpha) du mécanisme du 2, ne m’empêche pas de l’employer, hélas.

Au tour du mécanisme préféré du 4. Ouh la la ! Pour l’instant, je ne sais pas. Je pense à des exemples, je ne les trouve pas probants, il me semble que c’était plutôt du désir mimétique ou de l’empathie émotionnelle ou de l’imagination.

Quant aux mécanismes favoris du 3 et du 1, je ne sais pas non plus. Je n’ai pas assez cherché.

Pour conclure, voici la liste des mécanismes dont je me suis servi jusqu’à présent. Cette liste est temporaire : j’ai exclu les mécanismes préférés du 4, du 3 et du 1. En effet, les concernant, je ne peux pas répondre aujourd’hui, hélas, faute d’auto-observation. Je vais poursuivre celle-ci et témoignerai plus tard : j'espère pouvoir vous en dire plus à la rentrée du forum ( :mouais: Je suis en train de projeter ma déception, là.). Voici la liste, du mécanisme le plus utilisé au moins employé :

  • le mécanisme préféré du 5, :sour:
  • ceux du 7 et du 6,
  • beaucoup moins fréquemment, celui du 2,
  • encore moins, ceux du 8 et du 9.

Sans défense,
Yves

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Yves

Bonjour à tous,

 

J’ai poursuivi mon auto-observation. Voici les résultats.

 

Commençons par les mécanismes associés à la triade du centre émotionnel. Un mécanisme ne s’est pas avéré aisé à repérer : celui d’introjection-sublimation. Et tout d’abord, une scène de ménage ; cela mettra de l’animation.

 

Je passais l’aspirateur chez moi et soudain je ressentis dans mon thorax une légère oppression-rétraction et comme un étrécissement de mes tuyaux (ceux où passent l’air et mon sang), lorsque mon aspirateur faillit engloutir un taille-crayon. Même scénario plus tard avec une pince à linge. Les mêmes ressentis que face au lac de cratère d’un volcan (éteint) et jadis, dans le Voyage au centre de la terre de Jules Verne. Enfant, avec un objet métallique et un aimant trouvés dans la boîte à outils de mon père, je jouais à me faire peur, fasciné. Jusqu’à quelle distance pouvais-je rapprocher l’objet sans danger de fusion avec l’aimant ? Tout cela me rappelle la peur d’une chute dans un trou noir, évoquée par Patrick dans le premier message de la conversation “Type 5, tentative d’auto-analyse”.

 

J’ai aussi vécu ces ressentis, de façon plus poignante, lors de l’emmurement d’Antigone vivante ; lors de l’emprisonnement d’un homme dans les oubliettes d’un château fort ; et dans une des histoires extraordinaires d’Edgar Poe, une atroce histoire d’écrasement et d’étouffement. Émotions féroces. Enfin, quelque temps après avoir regardé sur un écran l’attentat du 11 septembre 2001, je me suis vu m’apprêter, pour échapper à l’asphyxie, à sauter dans le vide du haut d’un étage incendié d’un immeuble. Entre parenthèses, planer sans engin dans l’immensité est un de mes nombreux fantasmes.

 

Pour protéger l’ego du 5 de ce type d’introjections perturbatrices, le mécanisme d’isolation n’est pas superflu. Un mécanisme tel que le mécanisme de répression aurait-il suffi ? Non car, même réprimées, ces introjections auraient perturbé le centre mental extérieur, centre préféré du 5.

 

Ces introjections n’agissaient pas comme un mécanisme de défense, ne servaient pas ma compulsion d’évitement. Elles ont été sublimées lors de ma pratique salutaire de la natation.

 

Dans les premières introjections citées, je subissais ma terreur d’être englouti par fusion, peur liée à la false core du 5 (cf. le stage Néti néti) et à la peur du 5 alpha de ne pas être capable de résister aux influences de l’extérieur, l’extérieur étant la direction préférée du 5. Pour résister à ces influences, il s’agit pour moi d’accepter l’intensité de mes sentiments et besoins, au lieu de m’en couper par peur d’être englouti ; puis d’écouter le message manquant du 5 et d’acquérir l’assertivité d’un 8 intégré, mon type d’intégration, ou, vu du point de vue de la Spirale Dynamique, du vMème ROUGE. Entre parenthèses, ma peur de ne pas être capable de résister aux influences de l’extérieur, cas particulier de la peur de base du 5, a nourri la part rebelle de moi-même, rebelle à bon nombre de règles socio-culturelles. (J’en ai tout de même introjecté certaines.) Elle a aussi contribué à la construction du message parental du 5.

 

Dans les introjections suivantes (Antigone, etc.), je subissais ma peur de la déplétion, peur résultant de ma rétraction et à l’origine de la compulsion d’évitement du 5.

 

Terreur d’être englouti par fusion => force obscurcissante de rétraction => peur de la déplétion => compulsion d’évitement, retrait-avarice, détachement, mécanisme d’attention et posture de stress (cf. le stage Essence), etc.

 

Adolescent, j’introjectais des héros de romans. Une façon de vivre mon vMème ROUGE (cf. la Spirale Dynamique). Je me souviens d’une lecture passionnante d’un roman d’Alexandre Dumas, tandis que je gisais alité, malade, respirant péniblement. Ces introjections-là servaient ma compulsion d’évitement.

 

Il m’est aussi arrivé de créer de la sensualité par introjection d’une voix ou d’un détail visuel. Il me semble que c’étaient des introjections, mais je n’en suis pas certain — ah la la, ne pas savoir, c’est terrible pour mon ego de 5. En tout cas, là aussi, ces créations en mode non libre (cf. le stage Centres) servaient ma compulsion d’évitement tout en évitant le préoccupant domaine du 5 (cf. le stage Ailes) : je restais bloqué sur un pôle de ma dichotomie.

 

Dans le registre des interactions humaines, souvent je cherche un sens sous-tendant une parole ou un comportement de mon interlocuteur. Je cherche à le comprendre. Je cherche une cohérence. Je me perds en conjectures. Parfois je pratique des lectures de pensée. Je subis la peur de ne pas être capable de comprendre. La peur de base est ici intriquée au domaine du 5. Il m’est arrivé, après avoir tenté d’analyser ce que m’avait dit mon interlocuteur, d’en inférer une information négative sur mon comportement, et de sentir alors mon idéal de moi très déstabilisé, blessé. Mon ego jauge mon comportement à l’aune d’un comportement idéal de moi-même. De nouveau la vulnérabilité de mon ego face aux influences de l’extérieur. S’agissait-il d’introjections ? En tout cas, ne pas trouver de sens, c’est, pour mon ego, risquer de rencontrer le vide intérieur. Ces mécanismes soutiennent donc, eux aussi, à leur façon, ma compulsion d’évitement.

 

Plusieurs fois j’ai transformé des remarques lancées à la cantonade (remarques non ciblées) en informations négatives sur mon comportement. En différé, mécanisme d’isolation oblige. Plus précisément lors de transes de régression en âge (cf. le stage Éveil), transes créées pour éviter le vide intérieur.

 

Tous ces mécanismes participaient aux tentatives de mon ego de me différencier des autres, afin « d’ex-ister » : en arrière-plan, cette terreur d’être englouti par fusion. Me différencier pour échapper à la fusion-indifférenciation. Sauf les premières introjections citées, ces mécanismes soutenaient ma compulsion d’évitement.

 

**********

 

Quant au mécanisme de répression, je l’ai employé, oui. Il touchait, non seulement des sentiments « négatifs » tels que ceux cités dans mon premier message, mais aussi des sentiments d’attirance, d’attachement, des désirs et d’autres sentiments « positifs ».

 

Face à sa peur de ne pas être capable de résister aux influences de l’extérieur, mon ego de 5 alpha me demande de minimiser l’ensemble de mes besoins, de renoncer à des possibles. Le mécanisme d’isolation opère sur une durée limitée et le mécanisme de répression s’enclenchait en renfort du mécanisme d’isolation, à la fois au service de la compulsion d’évitement du 5 (sentiments tenaces perturbant mon ego) et pour m’éviter de reconnaître mes besoins (par exemple, mes besoins affectifs,  mon besoin de me relier aux autres).

 

Ce mécanisme me permettait de réprimer mes sentiments et besoins ego-incompatibles avec le retrait-avarice et la peur de base. Réprimer aussi cette mélancolie qui me colle au cœur depuis mon enfance. Mélancolie née du renoncement et d’un sentiment de solitude psycho-spirituelle. Cette mélancolie m’est aussi familière et douce que celle de sa cellule pour un animal né dans un zoo.

 

**********

 

J’évoquerai les autres mécanismes dans mon prochain message… Je cours de ce pas réveiller mon bon vieux balai.

 

Amicalement,

Yves

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Yves

Bonjour à tous,

 

Voici la suite et la fin.

 

Je n’ai pas constaté d’emploi des mécanismes d’identification et de formation réactionnelle. Je ne sais pas si cette non-constatation est due à des inattentions ou des dénis ou des amnésies, ou à une non-utilisation de ces mécanismes. Comme d’habitude, mon ego se sent déçu et contrarié de ne pas savoir… Hmmmpfff.

 

**********

 

Poursuivons avec le centre instinctif.

 

À propos du mécanisme de déni, j’ajoute, par rapport à mon premier message, qu’il me permettait, lorsqu'il concernait mon centre préféré, de nier la honte de sa faiblesse. Il protégeait ainsi mes fiertés égotiques (cf. le stage Libération). Je l’ai utilisé rarement.

 

Par contre, j’ai narcotisé beaucoup plus souvent que je ne l’avais supposé dans mon premier message. J’ai déjà évoqué mes narcotisations dans ce message-ci et les suivants de la conversation “Hiérarchie des centres et mécanisme de défense”. J’ajoute ici que chaque narcotisation s’accompagnait d’une procrastination.

 

« Ô rigoureux combat d’un cœur irrésolu

Qui fuit en même temps tout ce qu’il se propose […] »

disait de lui-même Auguste, dans Cinna de Corneille.

 

Tourmenté par des sentiments violemment antagonistes, je réactivais la scission entre mon idéal de moi-même et mon rebelle intérieur. Conflit intestin ne pouvant être résolu que par la mise en œuvre de mon centre réprimé. Celui-ci aurait pu me sauver. Mais non. Soudain mon manque d’espérance (lié à ma répression de mon centre instinctif) m’emportait dans une grosse vague. Vite, isoler mon centre préféré de ces vagues de sentiments violents. Vite, geler mes centres… Vite, éviter le vide… Plonger à mental perdu dans la recherche de n’importe quelle information.

 

À mon réveil, à moins d’avoir fait une belle découverte, je vivais, mêlée aux sentiments de vacuité et de vanité vaseuses mentionnés dans mon premier message, une douloureuse honte mélancolique… Je me sentais encore plus tourmenté qu’avant ma narcotisation. J’enviais certaines personnes motivées et auto-disciplinées, de ma famille ou autres.

 

Entre parenthèses, cette honte, je ne la ressens pas souvent lorsque je subis la passion d’avarice. À cause de ses fiertés, mon ego assume plus facilement mon retrait-avarice que d’autres traits de ma personnalité, pourtant moins prégnants.

 

Le mécanisme de narcotisation s’enclenchait en renfort du mécanisme d’isolation pour à la fois éviter un conflit, ne pas activer mon centre réprimé et servir la compulsion d’évitement du 5.

 

**********

 

Terminons avec le centre mental. Voici quelques ajouts par rapport à mon premier message.

 

Mes rationalisations me permettaient d’éviter des sentiments douloureux et perturbants, induits par les limites de mon centre préféré.

 

Aux exemples de projection déjà cités, j’ajoute la projection de mon besoin de me relier aux autres, et la projection de ma peur de base. Celle-ci, un jour, je l’ai même projetée sur un 1 très capable, qui avait accompli de très belles choses. Je l’envie un peu.

 

Lors de mes projections, mon ego cherchait à éviter de dévier par rapport à son idéal de moi-même, idéal qu’il avait créé. Cet évitement le sécurisait. Il évitait la honte ou le sentiment de culpabilité et d’autres sentiments imprévisibles. Son idéal ressemblait davantage à un ordinateur qu’à un être vivant. :blush:

 

Ces deux mécanismes, rationalisation et projection, participaient à la préservation de mes fiertés égotiques et, en m’évitant des émotions perturbatrices, à la compulsion d’évitement du 5.

 

**********

 

En conclusion, pour se protéger et protéger le fonctionnement de sa compulsion d’évitement, mon ego a mis en place, outre son mécanisme de défense préféré, d’autres évitements et leurs mécanismes associés :

  • La rationalisation pour éviter des sentiments douloureux et perturbants, induits par les limites de mon centre préféré ;
  • L’introjection-sublimation pour éviter la fusion-indifférenciation — je ne parle pas ici des premières introjections que j’ai citées dans mon précédent message : celles-là n’agissaient pas comme un mécanisme de défense — ;
  • La projection pour éviter de dévier par rapport à son idéal de moi-même et ainsi éviter des sentiments perturbants ;
  • La répression pour éviter de reconnaître mes sentiments et besoins perturbant son fonctionnement ;
  • La narcotisation pour éviter des conflits internes émotionnellement très chargés, perturbant son fonctionnement, et de plus ne pouvant être résolus que par la mise en œuvre de mon centre réprimé ;
  • Le déni pour nier la honte de la faiblesse de mon centre préféré ;
  • D’autres peut-être, je ne sais pas.

 

Voici ma liste corrigée, du mécanisme qui m’a paru le plus utilisé, à celui qui m’a paru le moins employé :

 

  • De très loin le plus utilisé : le mécanisme préféré de mon ennéatype (5) ;
  • Dans un ordre indéterminé :
    • ceux de mon type de désintégration (7),
    • de mes ailes (4 et 6) — mais certaines introjections n’agissaient pas comme un mécanisme de défense —,
    • de l’ennéatype associé à mon centre de support (2),
    • et de l’ennéatype du triangle associé à mon centre réprimé (9),
  • Celui de l’ennéatype de mon type d’intégration (8), parfois suivi par celui de mon type de désintégration (7).

 

Ceux du 1 et du 3 = ?

 

**********

 

Le 30/11/2016 à 21:32, Patrick a dit :

Ceci m'amène à la remarque suivante : j'ai tendance à utiliser préférentiellement les mécanismes de défense de mon centre préféré (5, 6, 7), du type de mon centre de support que j'ai identifié en stage Centres comme étant celui que j'utilise le plus (2) et du type du triangle de mon centre réprimé (9).

Même tendance pour moi que pour Patrick.

 

Le 01/12/2016 à 08:04, Fabien Chabreuil a dit :

La théorie de l'Ennéagramme me semble impliquer que les mécanismes de défense favoris sont ceux de son type, de son ou de ses ailes et de son type de désintégration.

 

[...]

 

Ton idée de lier un mécanisme de défense au centre de support est donc très intéressante. [...]

Les hypothèses posées par Fabien ne sont pas invalidées par mes auto-observations.

 

Trop bien défendu…

 

Très amicalement,

Yves

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Après quelque chose d'aussi précis et complet, je n'ai pas autre chose à dire que "Merci, Yves".

 

Très amicalement,

Fabien

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