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Fantasio

Expression du mécanisme de défense, de la compulsion, de la passion et de la fixation

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Fantasio

Bonjour à tous,

 

N’ayant pas trouvé sur le forum de conversation sur le mécanisme de défense du 3, j’ouvre le sujet avec le premier évènement dans lequel j’ai identifié l’expression de ce mécanisme chez moi.

 

Il y a quelques années, je travaillais sur un gros projet informatique où tout se passait globalement bien. Pour toutes les décisions importantes, des dossiers étaient élaborés pour comparer différentes manières de répondre à un besoin (description de chaque solution proposée plus avantages, inconvénients, coûts… associés). Ainsi les manageurs disposaient d’une vision globale et de la solution préconisée par leurs équipes. En général, les manageurs retenaient la préconisation jusqu’au jour où la pression des dates limites les poussait à opter de plus en plus pour des solutions répondant moins bien aux besoins, aux objectifs.

 

Lorsque que je considérais que la solution retenue était vraiment trop bancale, j’exprimais — à mon manageur direct et à toute personne en capacité de pouvoir faire changer la décision — pourquoi je pensais qu’on faisait une erreur avec cette décision ! J’allais jusqu’à tenir des propos du type « Avec cette décision, on est en train de se construire une usine à gaz, et ça va nous péter à la gueule un jour où l’autre ! Pour s’éviter ça, il faudrait faire comme ça… ». Malheureusement, durant cette période de forte pression sur les dates limites, les décisions étaient maintenues. :cry:

 

Je finissais en général par tracer dans un mail les raisons pour lesquelles je n’adhérais pas à telle ou telle décision. Ça me permettait de me sentir un peu mieux intérieurement parce que celui-ci me donnerait la possibilité de me défendre si un jour l’idée venait à quelqu’un de m’accuser de n’avoir rien fait pour éviter que le projet aille dans le mur ! Bon, et puis, je dois quand même mentionner que dès que nous nous retrouvions confrontés à l'un des impacts listé dans le mail, je n’hésitais pas à y faire référence histoire de montrer que « j’avais tout prédit ! Si on m’avait écouté, on en serait pas là aujourd’hui ! »

 

Après l’envoie de ce « mail de protection », je continuais :

  • à me sentir responsable du fait que le projet allait se prendre un mur tôt ou tard et
  • à me battre pour essayer de limiter la casse

alors que quasiment tous mes collègues avaient choisi l’option de la résignation, du désinvestissement !

 

Lorsque j’ai commencé à sentir l’épuisement engendré par ce contexte, j’essayais régulièrement de me poser pour essayer de comprendre ce qui me poussait à agir de la sorte. Je me demandais alors : « Qu’est-ce qui te pousse à faire ça ? Tu es en train de t’épuiser alors que tu as fait tout ce que tu pouvais pour que la meilleur décision puisse être prise ! Tu n’as pas à te sentir responsable puisque tu as donné tous les éléments pour que la meilleure décision puisse être prise ! Les manageurs sont conscients des risques de la solution retenue ! Ce sont eux qui sont responsables des impacts de ces décisions ! »… et, en réponse, j’obtenais « À quoi ça sert de faire quelque chose si c’est pour faire quelque chose qui ne fonctionne pas… Ça n’a pas de sens… Ça me coûte de l’énergie de faire consciemment quelque chose qui ne marchera pas, qui ne servira pas… Ça va être un enfer pour tout remettre sur pied le jour où il faudra le faire… » En parallèle à ces réponses, j’avais la sensation que j’étais en danger de mort ! Ce ressenti me semblait alors complètement absurde mais je percevais clairement que c’était ce sentiment qui me poussait à me battre pour trouver des solutions afin que tout se passe au mieux et se finisse bien !

 

Si l’on regarde maintenant cette expérience sous l’angle des mécanismes du 3 :

  • La sensation d’être en danger de mort était liée au mécanisme de défense du 3 ; j’étais tellement identifié au projet que j’en arrivais à ressentir que je n’allais pas réussir à survivre si le projet périclitait,
  • ce qui me poussait à me battre en permanence (afin que tout se passe au mieux et se finisse bien) était une manifestation de la compulsion d’évitement de l’échec ;
  • la majorité du temps, je ne sentais pas mon épuisement physique et mes propres émotions tellement mon attention était focalisée sur qu’il fallait faire (pour que tout se passe au mieux et se finisse bien) ; j’étais alors totalement dans la passion de mensonge ;
  • le fait d’exprimer en permanence — et par tous les moyens possibles — ce qu’il aurait fallu faire et ce qu’il faudrait faire pour rattraper le tir illustre la fixation de vanité.

Voici donc l'événement qui m'a permis de comprendre l'identification du 3 à ce qu'il fait « Je suis ce que je fais » et tout ce qui en découle.

 

J’ai tendance à penser que lorsque le 3 est totalement dans son mécanisme de défense, il va être tellement identifié à ce qu'il fait qu’il va se battre corps et âme pour éviter l’échec ! Tout inaboutissement de ce qu’il en train de faire, tout désengagement… ne sont alors pas des options qui lui viennent facilement à l’esprit.

 

À noter que pendant un moment, j'ai cru que mon désir omniprésent de faire des choses qui fonctionnent était l’expression de la « fonctionnalité » du vMème JAUNE de la spirale dynamique ! Quelle ne fut pas ma déception quand j’ai réalisé que c’était simplement une belle manifestation de la compulsion de l’évitement de l’échec ! :sad::confused:

 

D’ici quelques jours, je partagerais ici un autre exemple dans le domaine de la vie privée.

 

Bises,

Fantasio

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Docthib

Bonjour Fantasio,
 
Merci pour cette description très détaillée de tous les mécanismes du 3. J'ai pu me reconnaître dans certains aspects de ce que tu as décrit, même si j'ai eu la chance de ne pas sentir une "menace de mort" quand je m'identifiais à mes projets (quoique je me méfie de mes amnésies, bien pratiques pour éviter de reconnaître… l'évitement de l'échec !! :happy:)
J'ai noté un passage qui m'évoque des choses :
 
"Je finissais en général par tracer dans un mail les raisons pour lesquelles je n’adhérais pas à telle ou telle décision. Ça me permettait de me sentir un peu mieux intérieurement parce que celui-ci me donnerait la possibilité de me défendre si un jour l’idée venait à quelqu’un de m’accuser de n’avoir rien fait pour éviter que le projet aille dans le mur ! Bon, et puis, je dois quand même mentionner que dès que nous nous retrouvions confrontés à l'un des impacts listé dans le mail, je n’hésitais pas à y faire référence histoire de montrer que « j’avais tout prédit ! Si on m’avait écouté, on en serait pas là aujourd’hui ! »"
Les mots qui me parlent ici sont "me sentir mieux intérieurement", "défendre", "m'accuser". J'y entends une forte composante émotionnelle. Je tiens à le souligner, parce que pour un lecteur extérieur qui ne serait pas de notre type, ça pourrait passer pour du 6 (peur, projection), du 7 (éviter la souffrance, planification), bref, un processus très mental. Peut-être même du 8 (mais je ne sais pas si le 8 chercherait à anticiper de se protéger autant). Or ici, et tu le dis très bien, il s'agit d'une question d'image : il y a ce paradoxe du 3 ici, qui est "je suis mon projet", donc je souffre quand il n'est pas bien, mais en même temps, "je ne suis pas mon projet", parce qu'il ne va pas donner satisfaction aux autres, et que ça m'embête et me démange énormément d'être identifié à un projet qui ne va pas être "bon".

 

Je vais chercher des cas d'identification dans ma vie pour essayer de faire le même travail. En tout cas, merci pour cet exemple englobant toutes les caractéristiques majeures du 3.

 

Amicalement,
Docthib

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Gus

Bonjour à tous,

Je vois qu’on interpelle 08. :hautetfort: Je ne résiste donc pas à tapouiller sur mon clavier pour vous écrire une bafouille.

Je suis 8 mu (mental réprimé). Mon témoignage reste personnel et n’a pas pour objectif d’être, en soi, représentatif de tous les 8.

 

Dans mon travail je dirai que je n’anticipe pas énormément. Je suis plutôt dans l’action ici et maintenant.
Anticiper me demande une mobilisation du mental, la mise à plat d’une stratégie souvent accompagné de documents de partage : et là mon mental m’abandonne complétement.
L’idée même de devoir coucher sur le papier ma stratégie peut m’amener à abandonner l’action.

 

Face à un échec, en tout cas ce que je vis comme tel, je peux ressentir une énorme colère. Par exemple : je suis appelé pour une expertise sur un projet, et le projet ne prend pas en compte mes recommandations. La colère ressentie n’est pas tant liée au sentiment d’échec qu’un sentiment d’impuissance à convaincre. Ce sentiment d’impuissance à convaincre réveille alors ma més-estime de moi-même et mon manque de confiance en moi (« je suis vraiment trop nulle ! » et hop une transe). (Voilà quelques éléments de réponse pour Quokka qui a posté une message sur “le 8 et la confiance en soi”)

 

Je ne crois pas avoir peur de l’échec, au sens où le 3 peut le ressentir. Je suis plutôt un adepte de l’essai-erreur du moment qu’on essaie (traduisez « qu’on est dans l’action »).
Il me semble que l’on apprend des erreurs. Je me sens parfois comme un chimiste : je mets une goutte de A avec une goutte de B et je regarde ce qui se produit. Mentaliser le résultat est difficile pour moi, il faut que je voie, que je vive le résultat.

Un autre exemple : un jour (alors que mon enfant avait 2,5 ans), on perd le groupe avec qui on était en train de faire de la randonnée en moyenne montagne. C’est l’hiver. Il est 16h. Mon temps de réflexion pour trouver une solution a été au bas mot de 3 secondes. Le temps de faire un 360 de l’environnement à la recherche d’un indice de vie humaine. Mon idée : « foncer vers ce qui bouge », on arriverait bien à un moment à rencontrer un être humain. Ma fatigue disparaît. Il est impossible d’imaginer que mon corps pourrait faiblir à ce moment-là. Il est mon allié. Impossible qu’il me lâche (« tu es avec moi ou contre moi. Pas d’intermédiaire possible »).

L’inaction (j’entends mouvement physique), reste quelque chose d’assez difficile à gérer pour moi. La « non-réflexion »… moins.

En espérant que mon témoignage vous éclaire sur ma position de 08 face à l’échec.

Bonne fin de semaine,
GUS

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