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l’ennéagramme

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Conformément à nos conditions d'utilisation, ce forum sera accessible uniquement en lecture du 16 au 24 octobre 2018,
  puis du 30 octobre au 14 novembre 2018 inclus.

Fabien Chabreuil

Ennéatype 2 et nouveauté

Messages recommandés

Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Une de mes deux meilleures amies, que je connais depuis 40 ans, est d'ennéatype 2 alpha, sous-type conservation. Nous parlons de temps en temps de nos vacances respectives.

 

Personnellement, je cherche le plus souvent à explorer de nouveaux endroits. Bien sûr, il m'arrive d'aller plusieurs fois dans le même pays, comme cela a été le cas par exemple pour la Chine, mais l'idée est de permettre de nouvelles découvertes à chaque visite.

 

Mon amie 2, c'est tout le contraire. Elle ne rêve que de retourner dans les endroits où elle est déjà allée et où elle a rencontré des personnes tellement adorables.

 

En réfléchissant à notre relation, je me suis aperçu qu'elle avait un refus de la nouveauté dans plusieurs autres contextes, tout simplement parce qu'elle y souhaitait revivre ou réactiver des relations.

 

En termes d'ennéagramme, cette attitude est compréhensible. Mais est-elle généralisable ? Le 2 n'est généralement pas classé dans les ennéatypes réticents face à la nouveauté. Alors si vous avez des ennéatypes 2 dans votre entourage familial ou amical — comme d'habitude, excluons le contexte professionnel —, faites-vous le même constat que moi ? Et bien sûr, si vous êtes d'ennéatype 2, n'hésitez pas à partager votre introspection sur le sujet !

 

Très amicalement,

Fabien

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Fredd

Bonjour à tous,

 

J'ai constaté cela dans le cadre de ma famille. Une personne 2 alpha conservation est très réticente aux voyages comme tels mais elle acceptera le voyage fait dans un but relationnel. Faut-il aussi y voir l'importance du sous-type conservation qui cherche d'abord la sécurité que lui offre le "déjà connu" ?

 

Fredd

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci Fredd. Apparemment tu es le seul à connaître des 2 !

 

Tu as raison, l'instinct de conservation peut jouer pour des voyages, et il est vrai que mon amie n'ira certainement pas passer ses vacances en Papouasie ou en République Démocratique du Congo ! Cependant, vu les choix envisagés, je n'ai pas l'impression que l'impact de l'instinct de conservation soit dominant, mais seulement qu'il renforce le mécanisme. À vérifier avec d'autres témoignages.

 

Très amicalement,

Fabien

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Jorune

Salut !

 

J'ai aussi remarqué cela chez une 2 sous-type conservation de ma connaissance qui peut même parfois avoir des réactions violentes si la deuxième rencontre ne se passe pas comme prévu (en particulier si elle se sent oubliée), et c'est le besoin d'être rassurée sur le fait qu'on ne l'a pas oubliée qui la pousse à aller toujours au même endroit où elle bénéficie d'un traitement de faveur.

 

Si elle se sent oubliée ou si on ne tient pas compte de sa présence comme on devrait (par exemple, en n'écoutant pas  ses conseils ou en oubliant de lui souhaiter son anniversaire qu'elle avait fêté au même endroit à une semaine d'écart l'année précédente), on passe dans la catégorie des gens "pas fiables", et à partir de ce moment là, inutile d'essayer de la faire aller en Chine qui est devenu subitement un odieux pays peuplé de gens "pas fiables" et "malveillants"… Et sur ce point-là, le 2 peut être alors ultra rancunier et difficile à convaincre du contraire.

 

Bref, ce qui stresse un 2 conservation n'est pas ce qui stresse un 6 conservation par contre je pense que l'association "endroit" <-> "souvenir" ou "a priori" peut être très forte dans les deux cas.

 

Damasio dit que les souvenirs ont une origine interne : c'est la capacité du corps à reconstituer artificiellement son état physiologique interne. Les perceptions d'un lieu que l'on connaît (qu'elles soient visuelles, auditives ou dans mon cas majoritairement kinesthésiques) ravivent rapidement ces souvenirs. Alors Fabien, je ne sais pas si c'est l'instinct de conservation qui joue sur le choix du voyage ou bien le contraire, mais le lien existe…

 

Cordialement,

Jorune

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Fabien Chabreuil

Bonjour,

 

J'aurais sans doute dû écrire mon premier message autrement… et sans doute aussi mon second. :cry:

 

En effet, il semble qu'il y ait une focalisation sur le thème des voyages alors que j'avais écrit le 15 juin "je me suis aperçu qu'elle avait un refus de la nouveauté dans plusieurs autres contextes", et que j'avais précisé ce matin en réponse à Fredd "l'instinct de conservation peut jouer pour des voyages, et il est vrai que mon amie n'ira certainement pas passer ses vacances en Papouasie ou en République Démocratique du Congo ! Cependant, vu les choix envisagés, je n'ai pas l'impression que l'impact de l'instinct de conservation soit dominant".

 

Il est probable que l'instinct de conservation soit plus activé dans le contexte des voyages, et la difficulté est qu'il est capable de se manifester dans n'importe quelle situation. Fredd et Jorune, quel est le sous-type de votre connaissance d'ennéatype 2 ? L'amie que je citais est clairement de sous-type social. Son instinct de conservation est certes blessé, mais n'est de toute évidence pas le dominant. Son attitude ne peut donc pas être due uniquement à cet instinct. Mon questionnement tourne donc autour du fait de savoir si son type de réaction est une idiosyncrasie ou peut être affecté à l'ennéatype 2 en général.

 

"Damasio dit que les souvenirs ont une origine interne : c'est la capacité du corps à reconstituer artificiellement son état physiologique interne. Les perceptions d'un lieu que l'on connaît (qu'elles soient visuelles, auditives ou dans mon cas majoritairement kinesthésiques) ravivent rapidement ces souvenirs. Alors Fabien, je ne sais pas si c'est l'instinct de conservation qui joue sur le choix du voyage ou bien le contraire, mais le lien existe…"

Jorune, je suis entièrement en phase avec Damasio. Je dis souvent en stage qu'un souvenir est une histoire que nous nous racontons pour justifier une émotion liée au passé. Cependant, je ne vois pas du tout le lien entre cela et l'instinct de conservation. Peux-tu préciser ?

 

Très amicalement,
Fabien

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Abdel

Bonjour Fabien,
Bonjour à tous,

Étant moi-même un 2 alpha de sous-type conservation/sexuel, je dois avouer que je me reconnais assez dans le comportement de l'amie de Fabien.

Si je reprends l'exemple du voyage, j'ai une forte tendance moi aussi à repartir aux mêmes endroits, me retrouver dans le même cadre, que j'estime émotionnellement sécurisant.
Dans d'autres contextes, j'ai assez de difficultés (non insurmontables cependant) à me rendre dans des lieux où il me sera inévitable de rencontrer de nouvelles personnes. Je le fais quand c'est nécessaire, mais je dois avouer que cela me met mal à l'aise et, souvent, me coupe même l'envie de me rendre à la soirée en question. Même si il m'est arrivé à de nombreuses reprises de repartir d'une soirée/diner, très heureux des nouvelles rencontres que je venais de faire, et de la soirée agréable que je venais de passer, cette réticence émotionnelle revient tout de même systématiquement quand je suis invité à passer un moment avec des personnes que je ne connais pas. Il suffit que l'on m'annonce la présence d'une seule personne inconnue, pour que je me sente — au moins un peu — réticent à y aller. Je préfère résolument "l'entre-soi".

 

J'ai par ailleurs déjà remarqué que d'autres types 2 réagissaient de la même manière, préférant se retrouver avec des personnes connues, plutôt que de devoir faire de nouvelles rencontres, ou préférant être aller des endroits déjà connus.

Je pense que cela peut s'expliquer, en apparence paradoxalement, par les désir et peur de base du type 2 : être aimé/être indigne d'être aimé.
Parce qu'en tant que type 2, le réel est nécessairement à perçu à travers le filtre égotique, et à travers le centre émotionnel préféré. Et au delà du fait que cela peut parfois être nerveusement épuisant pour un type 2 de vivre chaque contact humain d'abord et surtout émotionnellement, le besoin de retour sur image du type 2 peut pousser — paradoxalement — à ne se limiter qu'à des personnes déjà connues (manipulées ?) pour satisfaire son désir d'être aimé, sans qu'il doive s'agir d'une nouvelle rencontre, et donc d'un nouveau stress émotionnel pour savoir si on va réussir à ce que cette personne va nous aimer, et réussir à ce qu'elle ne nous rejette pas.
Ça n'est pas une angoisse non plus, mais un stress sous-jacent, que des types 2, l'ayant conscientisé ou pas, peuvent ressentir ; tant qu'ils ne sont pas intégrés en tous cas.
Ce stress émotionnel sous-jacent, présent à chaque nouvelle rencontre, incite le type 2 à rester entouré des siens, fussent-ils très nombreux d'ailleurs, tant qu'ils sont connus, déjà acquis à sa cause, et qu'ils lui offrent son retour sur image, dont il a tant besoin.
Et il en va de même pour les lieux, le type 2 retournera plus facilement dans un lieu où son centre émotionnel sera détendu, apaisé par des souvenirs agréables déjà liés à ce lieu, plutôt que de prendre "le risque" d'un mauvais souvenir, d'un stress émotionnel, que pourrait provoquer une nouvelle expérience dans un nouveau lieu.

Voilà, je ne prétend évidemment pas que ça soit une vérité générale, valable pour tous les 2, mais il me semble que ça devrait être vrai pour certains d'entre eux.

Cordialement,
Abdel

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Bienvenue Abdel sur ce forum. Cela fait plaisir de t'y lire, en général bien sûr et en tant que type 2, ennéatype pour lequel nous avons assez peu de témoignages.

 

Le lien avec les désir et peur de base est fort intéressant. Je déjeune avec mon amie dans une dizaine de jours, je vais essayer de creuser le sujet en douceur.

 

Très amicalement,

Fabien

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Demilune

Bonjour à tous,
 
Le questionnement initial de Fabien me donne l'occasion de réfléchir au cas d'une de mes amies, 2 alpha, chez qui je ne voyais pas a priori de problématique particulière vis-à-vis de la nouveauté. Je ne lui connais pas de réticences particulières à aller dans de nouveaux lieux, c'est même elle qui parfois me donne l'occasion de découvrir des endroits que je ne connaissais pas. Cependant, sa stratégie consiste à aller à la découverte de la nouveauté avec des personnes connues, et c'est en effet une condition sine qua non pour une nouvelle expérience. Ainsi, pour rebondir sur l'exemple du choix des vacances, elle m'a dit qu'elle partait cet été avec trois amis, le lieu de destination étant une question secondaire, que je n'ai connu que plus tard au cours de la conversation. Autre exemple : lorsque je lui ai proposé cette année de faire une activité sportive hebdomadaire dans le cadre d'un cours collectif, elle s'est montrée tout d'abord hésitante, tergiversant pendant les deux premières semaines. Il faut dire qu'elle ne connaissait personne à part moi, et elle a essayé de me convaincre d'aller dans des cours équivalents où elle connaissait déjà quelques personnes. Restant sur mon choix initial, elle a fini par me rejoindre à ce cours avec l'argument "ça me fait plaisir de te voir" qui, au-delà de la flatterie, montrait bien chez elle le besoin de faire face à ce contexte nouveau avec une personne déjà connue.
 
Il me semble également que la nouveauté est d'autant plus facile à appréhender pour elle que le nombre de personnes susceptibles de l'accompagner est important. Ainsi, je lui ai proposé l'année dernière de participer à une manifestation annuelle, sur trois jours, autour d'une activité que nous aimons tous deux. J'étais à l'époque la seule personne à lui proposer d'y participer, et elle a finalement décliné. Cette année, nouvelle occasion. Entre temps, d'autres connaissances lui avaient dit qu'elles s'y rendraient, et c'est elle qui m'a sollicité pour y aller. Entourée de son groupe d'amis, elle était ravie et n'a pas été avare de mots pour décrire son plaisir de passer ce moment en si bonne compagnie.
 
En résumé, pour cette amie 2 alpha, un contexte nouveau n'est pas une difficulté tant qu'il est appréhendé avec des personnes qu'elle connaît et qu'elle aime. Je ne perçois pas chez elle d'attachement à certains lieux ou à certaines habitudes : je l'ai vu changer certaines de ses habitudes quasiment du jour au lendemain parce que les personnes qui y étaient associées n'étaient plus là, ou lui avaient fortement déplu.
 
Bien amicalement,
Tristan

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci Tristan de ton intervention qui élargit la situation initiale et, de ce fait, la résout sans doute. On doit pouvoir synthétiser ainsi :

  1. Face à une nouveauté, le 2 ferait une sorte de bilan émotionnel et relationnel réel et anticipé. Chaque 2 aurait un seuil dépendant de son histoire personnelle et de son niveau d'intégration (la proposition d'Abdel ci-dessus joue là). En dessous de ce seuil, le bilan est négatif, et la nouveauté est refusée ; au-dessus, elle est acceptée.
  2. Si la nouveauté est en compétition avec d'autres possibilités nouvelles ou des répétitions du passé, la règle précédente joue, et si plusieurs des possibilités franchissent le seuil, celle dont le bilan est le meilleur est choisie.
    Dans ce cas, la répétition du passé a sans doute un avantage parce que le bénéfice émotionnel attendu est plus certain que dans une nouveauté.
  3. Quand une des possibilités est retenue, il peut y avoir des tentatives pour augmenter son bilan ou, en cas de désintégration, elle peut même être abandonnée si une autre se présente dont le bilan est bien meilleur.

Pour illustrer le troisième point, mon amie 2 est coutumière de ce genre d'attitude. Avec elle, je sais qu'un rendez-vous n'est jamais totalement ferme et qu'il vaut mieux vérifier quelques jours avant qu'il est toujours d'actualité. À une certaine époque, quand son mari (9) et elle nous invitaient à déjeuner, il n'était pas rare qu’au dernier moment, elle ait convié des personnes que nous ne connaissions pas, simplement parce qu'elles étaient de passage ou parce qu'elle avait appris qu'elles étaient seules ce jour-là ; il a fallu que j'explique très fermement que je détestais cela pour qu'elle arrête. Il y a deux ans, nous avions envisagé d'aller ensemble visiter un pays d'Amérique du Sud. À un moment de l'étude du projet, elle a déclaré qu'elle ne "pouvait pas" aller dans ce pays sans rendre visite à son ancien patron qui y avait pris sa retraite depuis plus de dix ans et avec lequel elle n'avait pas de contact depuis… Ladite visite n'impliquait qu'un tout petit détour aller-retour de 4500 kilomètres ; là aussi, elle a été surprise que Patricia et moi disions non.

 

C'est — surprise ! — tout à fait en conformité avec la théorie de l'ennéagramme et les fondements de l'ennéatype.

 

De plus, nous pouvons généraliser à tous les ennéatypes. Nous devons tous faire un bilan assez semblable, simplement la devise utilisée change. :rofl:

 

Très amicalement,

Fabien

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Kayla

Bonjour à tous,

Enfin un peu de temps pour réfléchir à la situation.
Ma fille 2 alpha, 18 ans, projetait de partir à l'étranger pour un an, très loin. Contexte nouveau, elle ne connaît personne là-bas et partait seule.

MAIS elle avait ce projet parce qu'elle avait fusionné avec le même projet vécu par deux de ses amis l'an dernier. Elle en avait fait SON projet.

Sinon, en effet, elle part facilement dans des endroits inconnus, mais accompagnée d'amis. Ça peut-être des amis de longues dates ou bien des connaissances récentes ou qu'elle n'a pas vu depuis des mois mais qui sont disponibles à ce moment-là.

Je dois dire que moi non plus, je ne partirais pas sans une amie proche. Mais la différence avec ma fille, c'est que cette présence n'est pas interchangeable en fonction de la disponibilité des personnes, le projet se construit avec une personne en particulier.

Merci pour cette conversation et tous les apports des uns et des autres.
Kayla

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Yves

Bonjour à tous,

 

Je trouve ce sujet très intéressant. Merci à Fabien de l’avoir créé et à ceux qui ont témoigné. Peur d'émotions féroces et avarice obligent, j’ai constamment différé mon témoignage.

 

Dans le premier message de cette conversation :

Le 15/06/2016 à 14:16, Fabien Chabreuil a dit :

En réfléchissant à notre relation, je me suis aperçu qu'elle avait un refus de la nouveauté dans plusieurs autres contextes, tout simplement parce qu'elle y souhaitait revivre ou réactiver des relations.


En termes d'ennéagramme, cette attitude est compréhensible. Mais est-elle généralisable ? Le 2 n'est généralement pas classé dans les ennéatypes réticents face à la nouveauté. Alors si vous avez des ennéatypes 2 dans votre entourage familial ou amical — comme d'habitude, excluons le contexte professionnel —, faites-vous le même constat que moi ?

« J’ai envie de retourner en Tunisie, mais pas tout de seule, non ! Avec n’importe qui ! Je m’en fous ! » nous confia un jour, à ma très grande surprise, à mon père et à moi, une de mes tantes, 74 ans et vivant des problèmes de santé, 2 alpha. Pourtant elle y est déjà allée une dizaine de fois et s’y est fait des amis tunisiens, qui l’ont toujours accueillie très chaleureusement au sein de leurs familles, et auxquels elle a porté moult vêtements et autres cadeaux utiles. Oui mais elle n’y est jamais allée seule. Autrefois elle y allait avec mon oncle. Depuis sa mort, elle n’y est allée que lorsque qu’elle avait trouvé une amie pour l’accompagner, ou bien avec son petit-fils. Voici le bilan émotionnel et relationnel pour partir en vacances :

  • Aller seule en Tunisie, où se trouvent des amis, pour satisfaire l’instinct de conservation : le bilan est négatif.
  • Y aller accompagnée par un proche : le bilan est positif.
  • Y aller accompagnée par — a priori — n’importe qui : le bilan autrefois négatif, est devenu positif aujourd’hui, car récemment, sa fille, qui vivait chez elle, est partie habiter loin.
  • Aller en croisière en Norvège pendant huit jours et se retrouver avec des inconnus : le bilan est positif aussi, seulement avec son petit-fils — qu’elle aime d’un amour réciproque ; cette relation privilégiée satisfait le désir de base du 2.

 

Maintenant voici le bilan pour rester dans sa maison, pour ne pas déménager :

  • Pendant un demi-siècle, le bilan était positif.
  • Aujourd’hui, ses parents (qui habitaient à deux pas) morts, mon oncle mort, sa fille partie, l’artisan désargenté qu’elle aidait en lui confiant des tâches, très gravement malade, son chien mort, sa maison vide, ne servant plus le désir de base du 2 et ne pouvant plus être entretenue à la perfection (aile 1) : le bilan est devenu négatif, a priori seulement si elle vend sa maison à une de ses connaissances.

Notons que ma tante est aujourd’hui de sous-type Conservation, introvertie et culmine en ER (ORANGE) sur la Spirale Dynamique.

 

Concernant ma mère, 2 alpha aussi, également de sous-type Conservation, mais sur l’autre pôle de la dichotomie du 2, j’ai constaté une phobie de la nouveauté, grandissante avec l’âge : c’était très difficile pour elle de changer de commerçants, de médecin (même après la très grave erreur de diagnostic de celui-ci). Rencontrer de nouvelles personnes l’angoissait. Elle manquait énormément de confiance en elle-même, était très très introvertie et culminait en EQ (dissonance) sur la Spirale.

 

Quant à ma tante 2 mu, paysanne, j’ai constaté la même phobie de la nouveauté que ma mère. Elle avait davantage confiance en elle-même que ma mère, était très introvertie et culminait également en EQ (dissonance) sur la Spirale.

 

Je songe aussi à un ami 2 alpha de sous-type Social. Il a souvent changé d’entreprise et de métier. À chaque fois, il changeait après un violent conflit avec son employeur ou son associé. Ce conflit était essentiellement lié à un manque de reconnaissance. Le bilan pour rester devenait négatif.

 

Et à une artiste 2 alpha de sous-type Social, qui est allée souvent à l’étranger pour des motifs professionnels ou des vacances. À chaque fois, soit elle a répondu à une invitation (elle a rejoint là-bas son ancien compagnon, ou un ami autochtone qu’elle a déjà hébergé chez elle, ou un public l’aimant), soit elle est partie avec un ou des collègues, ou son compagnon, ou une amie ou un parent l’aimant. Une exception toutefois : elle s’est rendue seule à l’étranger, à un concours. L’instinct social a joué un rôle, car en cas de victoire, sa popularité aurait été pleinement assurée. La tentative « d’augmenter le bilan » (je reprends l’expression de Fabien) a tout de même réussi.

 

Enfin, chez cinq de mes connaissances d’ennéatype 2, soit peu introverties, soit extraverties, culminant en ER, FR ou FS, j’ai constaté une acceptation facile de la nouveauté (changer de métier, de région, de maison, de lieu de vacances). Le modèle du monde du vMème ORANGE facilite l’acceptation de la nouveauté.

 

En résumé, l’état des trois instincts, le degré d’introversion et le positionnement sur la Spirale — soit en ER « Opportunités » ou au-delà, soit en dissonance DQ « Chacun à sa place » —, font varier le seuil d’acceptation de la nouveauté.

 

Pour conclure, mes exemples n’infirment pas la synthèse de Fabien.

 

Amicalement,

Yves

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci Yves pour toutes ces observations. Eh bien, tu en connais un flopée de 2, veinard !

 

Tu as certainement raison sur le fait que le positionnement sur la spirale dynamique a un impact sur l'attitude face à la nouveauté. Je ne suis pas surpris que tu le relèves pour ORANGE et, peut-être peut-on généraliser aux couleurs chaudes. Je suis plus étonné de l'influence que tu as constatée en VERT. Il me semble que l'augmentation de l'attrait pour la nouveauté ne devrait pas venir du niveau d'existence en tant que tel mais plutôt de la nature de la communauté à laquelle notre 2 est relié.

 

Très amicalement,

Fabien

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Yves

Bonjour à tous,

 

"Je ne suis pas surpris que tu le relèves pour ORANGE et, peut-être peut-on généraliser aux couleurs chaudes."

C’est en ROUGE que mon ami 2 alpha changeait d’entreprise — en claquant la porte —, ou de métier. Et aussi en ROUGE, suite à une ostracisation en VIOLET (un héritage inique), qu’il se jeta, la rage au ventre, seul, sans aide, dans la construction de sa maison.

 

Malgré sa terreur de la nouveauté, ma mère, 2 alpha, a créé inconsciemment, pendant sa maladie style Alzheimer, des comportements nouveaux. Ainsi pendant les repas, au lieu de rester assise, il lui arrivait de se poster debout derrière mon père (exclusivement mon père) pour lui chiper de la nourriture dans son assiette. J’y perçois une manifestation en BEIGE de l'instinct de conservation du 2.

 

"Je suis plus étonné de l'influence que tu as constatée en VERT. Il me semble que l'augmentation de l'attrait pour la nouveauté ne devrait pas venir du niveau d'existence en tant que tel mais plutôt de la nature de la communauté à laquelle notre 2 est relié."

Dans un cas, il s’agit d’une micro-communauté de couples homosexuels. C’est plutôt le compagnon du 2 qui y est attaché. Dans les autres cas, les 2 jouent un rôle spécial d’éminence grise et ils ont failli quitter la communauté faute de reconnaissance suffisante.

 

Amicalement,

Yves

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Oyoshi

Bonjour à tous,

 

Je me permets d'apporter mon "grain de riz" à ce sujet en tant que 2 mu de sous-type Social.

 

Je n'ai pas particulièrement de problèmes liés à la nouveauté en soi. Cependant, comme les témoignages précédents l'évoquent, c'est plutôt une question de bilan (émotionnel) positif ou négatif.

 

On m'a souvent demandé dernièrement si je partais en voyage pour les vacances et auquel cas, où est-ce que je comptais aller. C'est une question à laquelle il m'est assez difficile de répondre car ce n'est pas la destination qui est importante mais les personnes avec qui j'y vais ! J'ai d'ailleurs souvent des trous de mémoire sur les destinations que j'ai pu faire et c'est en me rappelant des personnes avec qui j'y étais que les souvenirs refont surface.

 

Je n'éprouve pas particulièrement de plaisir à retourner au même endroit plusieurs fois, bien au contraire, je trouve que la découverte de lieux nouveaux est plutôt dynamisant et enrichissant… mais pas tout seul ! Le lien effectué avec la peur et le désir de base du 2 me parle car pour ma part, il m'est encore difficile de concevoir partir avec des personnes inconnues. Dans ce cas, c'est probablement mon sous-type Social (S--/+) qui doit parler car j'ai toujours besoin d'un certain temps d'adaptation et d'observation avant de pouvoir me sentir à l'aise avec d'autres personnes — ce qui risque de nuire à l'image qu'ils pourraient avoir de moi et donc pourrait augmenter la probabilité d'être rejeté.

De plus, je rajoute mon instinctif réprimé qui ne m'invite pas à passer à l'action si en plus c'est pour me mettre dans une situation d'inconfort ! Donc la nouveauté oui, mais pour une bonne raison ! :tongue:

 

Les seules expériences qui me viennent en tête où je suis "parti à l'aventure" sans personne :

  • Un stage linguistique de 4 semaines en Angleterre, pendant l'été, je devais être en 1ère à l'époque. Une grande crainte au départ mais j'étais accueilli par des amis de la famille ce qui a dû me rassurer. J'ai par la suite sympathisé avec un autre français avec qui j'ai pu me heurter à de nouvelles expériences sans trop de difficultés. Je pense que dans ce cas, le lien avec une personne reste important pour que je puisse me laisser bousculer par de la nouveauté.
  • Une année d'étude à l'étranger (Calgary, Canada) pour terminer mon école d'ingénieur. Dans ce cas, je pense que c'est le bilan qui a pris le pas dans cette décision. C'était une période difficile émotionnellement pour moi et de partir loin, découvrir autre chose et me heurter à une nouvelle culture me semblait salvateur et nécessaire. Bilan positif donc.

Bien amicalement,

Oyoshi

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