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l’ennéagramme

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Conformément à nos conditions d'utilisation, ce forum sera accessible uniquement en lecture du 26 octobre au 12 novembre 2017 inclus.

Gus

Suis-je vraiment un 8 ? (Le déni de vengeance)

Messages recommandés

Gus

Bonjour à tous,

En ce moment j’ai placé un petit observateur sur mon épaule, car j’ai des doutes sur le fait d’être 8. Je ne me reconnais pas dans la vengeance du 8. Je me reconnais plus (plussss) dans le mensonge du 3… Puis Patricia, en toute bienveillance, m’a rappelé que le 8 était dans le déni… Pour y aller doucement, j’ai commencé par poser plutôt l’hypothèse d’un malentendu sur les mots (les maux ?). Voici donc un extrait des SMS que j'ai échangé ce matin avec mon ami « Lui ».


Moi : Dis ! Tu y crois toi que je suis un 8 ?
Lui : (Pas de réponse)
— Parce que la vengeance, ça me parle pas…
— (Pas de réponse)
— À moins que ce soit parce que je l’appelle autrement ?
— C’est top ! Tu es en train de voir ce qui se passe en toi…
— Non mais attends, je ne suis pas sûre… Exemple !!!! Donc ce matin, j'arrive au travail en mode "autiste" (mon casque audio sur les oreilles), à fond les ballons… La fille devant moi (aussi en mode autiste) jette un œil sur son épaule, puis elle ouvre la porte de l'immeuble et la laisse se refermer… Genre “Je suis seule au monde…”
— Et tu as réagi comment ?
— Je la double, je tourne à droite vers la cafétéria… Et je laisse la porte se refermer sur elle… Genre “Ah bon ! Il y avait quelqu’un derrière moi ?” Et dans ma tête je me dis : “Leçon n° 1 : tu vois ce que ça fait de ne pas tenir la porte aux gens !
— Lol
— Ensuite, je me sers un café… et, je me tourne d’un coup vers elle et avec un super-sourire commercial. Je lui propose de la servir. Elle affiche aussitôt un visage terrorisée. Je la sers très aimablement et, dans ma tête,  je me dis : “Leçon n° 2 : tu vois si je veux… je peux ! Toi, je crois que tu as compris… Tu ne recommenceras pas ! Ça, c'est fait !” Tu crois que c’est une vengeance ??????
— Tout à fait… Tout y est, je crois. Il y a le “Je vais te le faire payer, tu ne vas pas t’en sortir comme ça !” . Et la personne en face qui est terrorisée par la « puissance-force » que tu  dégages…
— Attends ce n’est pas fini… J’ai filé vers l’ascenseur et, au moment où la porte se referme, j’entends des pas qui arrivent. Devine ce que j’ai fait ?
— Tu as forcé la fermeture de la porte de l’ascenseur ?
— Ben non ! J’ai retenu la porte. Fallait bien que je fasse un renforcement positif sur ma toute-puissance… Mon droit de vie ou de mort… Genre “Tu vois là,  JE retiens la porte (affichage de mon sourire commercial) ” C’est vraiment de la vengeance, ça ? Alors ?

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Tout d'abord, Gus, bienvenue sur ce forum et merci pour ce premier témoignage. J'ai dû réveiller tout le quartier tellement j'ai ri.

 

"J’ai commencé par poser plutôt l’hypothèse d’un malentendu sur les mots (les maux ?)."

Oui, c'est une défense astucieuse et classique de l'ego. Si on appelle la colère implication ou la rationalisation intelligence, il n'y a pas de raison d'évoluer. Si j'ai bien compris, ta vengeance s'appelle éducation !

 

"Affichage de mon sourire commercial"

J'ai une aile 8 et je fais des trucs comme ça mais je l'appellerais plutôt “mon sourire sarcastique et foutage de gueule”.

 

"Je ne me reconnais pas dans la vengeance du 8. Je me reconnais plus (plussss) dans le mensonge du 3…"

Pour ton premier message, tu as fais fort c'est un succès. :rofl:

 

Très amicalement,

Fabien

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Kayla

Bienvenue Gus !

Chouette, un nouveau 8, même pas peur. :happy:

Merci pour cette anecdote savoureuse… Je connais aussi une 8 qui ne se venge jamais. Bah, oui, ce n'est pas de la vengeance, "c'est du recadrage". Qu'on se le dise !

À bientôt ici ou ailleurs sur le forum,
Kayla

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Gus

Bonjour,
 
Merci à tous les deux pour vos messages de bienvenue…
 
Depuis mon premier message, je dois dire que je me suis jeté à corps perdu dans la lecture de ce forum. :glouton: Merci à tous pour vos témoignages très instructifs.
 
J’en tire en particulier un enseignement relatif à ce premier message : il ne serait l’expression que de mon ego. J’entends à double titre ! Sur le fond, bien sûr ! Mais par le fait même d’avoir posté ce message. Genre [moi ? pilotée par mon ego] "… Plutôt en rire (mais surtout FAIRE rire) ! Pour ne pas avoir à en crever."

"Pour ton premier message, tu as fais fort c'est un succès."
Si Fabien n’avait pas fait une petite rature, j’aurais pu le traiter de « vil flatteur ».
 
Bon comme en ce moment j’en « crève » plutôt… :cry:, je ne résiste pas à vous raconter une seconde anecdote, manière de faire une régression en âge. Du temps où mon ego me réconfortait avec sa « sortie de secours ». C’était d’ailleurs peu de temps après ma « séance » d’éducation.

Mon mari était très malheureux dans son travail et a fini par trouver un nouveau poste. Au moment de négocier sa sortie, les RH du poste sortant lui annoncent qu’ils le bloquent. Manière de faire un exemple pour les collègues qui pourraient avoir la même envie (pas de commentaire sur les RH ici…). C’est ainsi qu’il rentra dans une période de négociation qui lui généra un énorme stress et donc de la fatigue (mon mari est 9 alpha, C++ S? X?). Un soir je le retrouve à la sortie de son travail. Face à son air déprimé, je me sens impuissante et lui lance : "Mon chéri, à part une petite pipe — ce qui n'est évidemment pas envisageable en ces lieux  :rofl:, qu’est-ce que je peux faire pour te redonner le sourire ???
 
Et lui, sans même réfléchir une seconde, m’implore : "S’il te plait, est-ce que tu pourrais aller casser la gueule ma DRH ?"

Haaaaaaa ! Je suis découverte ! Même mon mari qui ne connaît pas l’ennéagramme devine que je suis 8.

Pour terminer mon message, je souhaitais quand même partager ma contrariété à renommer « vengeance », « ÉDUCATION » ou « RECADRAGE »… Tout est vengeance alors ??? Je sais, c'est un peu excessif comme remarque (je m’en vais, de ce pas, faire une exercice afin de me « réveiller du sortilège de mon ego »).

Bien à vous,
Gus

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Plutôt en rire (mais surtout FAIRE rire) ! Pour ne pas avoir à en crever."

C'est sain de rire de son ego, tant qu'on rit avec lui et non pas contre lui. Évidemment ce n'est pas suffisant, mais c'est une bonne étape puisqu'elle implique de l'avoir observé et d'avoir identifié le ou les mécanismes à l'œuvre.

 

"Si Fabien n’avait pas fait une petite rature, j’aurais pu le traiter de « vil flatteur »."

Même teinté d'humour, ma remarque était un compliment pour les raisons données dans mon paragraphe précédent..

 

Tu m'avais déjà raconté en stage cette seconde anecdote, mais j'avoue qu'elle me plaît toujours autant. Peut-être même s'est-elle améliorée car je n'avais pas le souvenir que ton mari "t'implorait". En effet, la supplique est sans doute la manière dont il faut demander quelque chose à un 8 ; d'ailleurs le premier exemple que donne le dictionnaire présent sur mon micro pour le mot « implorer » est "implorer Dieu" ! :rofl:

 

"Même mon mari qui ne connaît pas l’ennéagramme devine que je suis 8."

Heureusement quand même qu'il te connaît un peu… Et la bonne nouvelle est qu'il t'aime comme ça, même avec un ego qui te fait actuellement souffrir — parlons-en dans une autre conversation si tu veux.

 

"Je souhaitais quand même partager ma contrariété à renommer « vengeance », « ÉDUCATION » ou « RECADRAGE »… Tout est vengeance alors ???"

C'est un comme ce que je disais plus haut sur l'humour. L'éducation, c'est pour et avec la personne, la vengeance, c'est contre. Peut-on dire qu'un recadrage avec amour de l'autre devient de l'éducation, et que sans amour de l'autre, il devient de la vengeance ?

 

Très amicalement,

Fabien

 

P.-S. : "Mon mari est 9 alpha, C++ S? X?" Tu peux lever une partie de ton incertitude sur l'instinct sexuel et exclure le X++ qui ne saurait refuser une "petite pipe" quel que soit l'endroit ! :rofl: Bon je sors…

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Gus

Bonjour,

Tout d’abord quelques réponses à Fabien

"Peut-être même s'est-elle améliorée car je n'avais pas le souvenir que ton mari “t'implorait”."  
Dans quelques mois, si je la raconte à nouveau, il sera à genoux… Tu verras. :wink:

Sur la pipe, je ne peux pas te laisser glisser sur cette voie-là car sauf à ne pas maîtriser le français, critique que j’accepte au demeurant, ma formulation ne visait pas à proposer cette option mais à l’écarter… Sur ce sujet comme les autres, avec un 8, vaut mieux activer sa compulsion de 9.

Puis un nouveau témoignage sur la fixation du 008 : la vengeance.

Le premier jour d’une formation, j’arrive avec 10 bonnes minutes de retard. L’animateur nous demande de nous présenter et de préciser ce que nous attendons de cette formation. Mentalement, je prépare mon intervention. Cela donnait quelque chose du type : « Je n’ai rien demandé, on m’a inscrite sans me demander mon avis. Je ne sais pas de quoi ça parle : je n’attends rien… »

Or, avant moi, une collègue se prête à l’exercice. Elle affiche son plus beau sourire (elle est 2) et déclare quelque chose du style : « Je ne connais pas [thème de la formation] mais je trouve que c’est intéressant car les collègues en charge du [thème de la formation] sont dans la même direction que moi, et je trouve dommage de ne pas savoir ce qu’ils font précisément. »

Et là, mes warnings s’allument, et je perçois que, derrière la réponse lapidaire que je venais de préparer (« Je n’ai rien demandé… Je n’attends rien… »), se dissimulait une vengeance aux motifs que :

  • On m’avait inscrite à cette formation sans me demander mon avis ;
  • J’avais reçu, la veille de cette formation, un mail incendiaire du service de formation suite à de nombreux désistements…

Je ne sais pas pourquoi ni comment, la réponse de ma collègue m’a fait prendre conscience que l’animateur de cette formation n’était pour rien dans nos problèmes internes et qu’il n’avait pas à en subir les conséquences. D’autant qu’il mettait beaucoup d’application à ce que la formation démarre dans de bonnes conditions.

Cette prise de conscience m’a bouleversée et m’a aussi fait toucher du doigt la difficulté d’identifier le mécanisme de vengeance qui sommeille derrière quelques-uns de mes actes. À chaque prise de conscience, c’est un sentiment complexe mêlé de tristesse et de frayeur, voire de découragement ! Est-ce que pour le 008, l’identification de sa fixation n’est pas une sorte de mission impossible ? N’est-ce pas l’ennéatype qui rencontre le plus de difficultés à identifier et contrôler ce mécanisme égotique ? En particulier à cause du double impact de :

  • son mécanisme de défense (le déni, mécanisme de défense inconscient) ;
  • sa compulsion (éviter la faiblesse).

Car en effet, découvrir que notre attitude est pilotée par un désir de vengeance, nous renvoie une image d’homme/femme faible : qui n’est pas « dirigé consciemment par sa propre volonté mais par des mécanismes inconscients ».

Ce qui peut aussi expliquer que plusieurs fois, lors des stages que j’ai suivis sur l’ennéagramme, ce qui se disait me parlait tout en me parlant pas (ou sans savoir expliquer en quoi ils me parlaient) : oui, je pouvais accepter que le mécanisme décrit pré-existait en moi. Mais non, je n’avais aucun exemple de sa manifestation (ben voyons !).

Imaginez un 8 (un seul ! sinon ce n’est pas drôle) au milieu de stagiaires qui ont comme référence de 8 des personnes tels que Fidel Castro, Saddam Hussein ou Nicolas Sarkozy (oups ! revengeance) à qui on demande : « Et toi niveau vengeance ? Un témoignage ? »…

Dans ma tête j’hésite … :

  • « J’ai dissous ma grand-mère qui m’empêchait d’aller rejoindre mon amoureux en boite de nuit quand j’avais 16 ans et que même je l’ai pas fait exprès… »
    ou
  • « J’ai mal parlé au monsieur par vengeance. » Whoua !!!!! Et je le vis comme une grosse faiblesse !!!!

Là, c’est la grosse fatigue qui arrive. Avoir conscience (et non nier) un mécanisme égotique qui me pilote (grrrr, quelle horreur d’être sous contrôle !!!) et de ne même pas pouvoir montrer que je suis le plus méchant de tous les ennéatypes…  : « Je reviendrais quand je serais complétement intégrée… »

Je conclurais ce témoignage en indiquant que, lors de ces prises de conscience, je suis dans l’impossibilité de témoigner (implosion nucléaire dans mon corps… c’est le minimum). Je suis obligé d’attendre d’être de nouveau sous « contrôle » (même pas mal ). Du coup, je me demande si mon message fait vraiment sens… Mais bon, je me dis « courage » !!!!!

 

Gus

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Salut 008, c'est le collègue 007 qui répond ! Je rappelle que notre permis de tuer ne doit pas s'exercer sur notre ego, mais uniquement sur les autres participants au forum, quoique 006 s'en charge parfois. :rofl:

"Sur la pipe, je ne peux pas te laisser glisser sur cette voie-là car […] ma formulation ne visait pas à proposer cette option mais à l’écarter…"

Même si je suis un peu déçu, j'avais compris, je crois. J'avais quand même mis une émoticône (comme au paragraphe ci-dessus et, virtuellement à celui-là).

 

"Cette prise de conscience m’a bouleversée."

Eh bien, c'est super. Il y a la prise de conscience et il y a un accès à l'altérité.

 

"Est-ce que pour le 008, l’identification de sa fixation n’est pas une sorte de mission impossible ? N’est-ce pas l’ennéatype qui rencontre le plus de difficultés à identifier et contrôler ce mécanisme égotique ?"

Oh, la mission impossible, c'est d'établir un classement de la difficulté à s'auto-observer et à s'intégrer. Je crois que chaque ennéatype a ses difficultés, même si ce n'est pas toujours au même endroit.

 

Pour tous les types, il s'agit de pratiquer les exercices d'auto-observation et de multiplier les échanges. Sur ce dernier point, tu peux (re)lire la conversation “Comment ne pas louper ses taches aveugles”.

 

Chez un 8, cette démarche prend effectivement de front la compulsion jusqu'à ce que son ego comprenne que le déni est une faiblesse et accepte de démarrer le travail. Dès lors, une définition venant de l'essence de la force et du courage peut s'élaborer. Puisque tu écris ici, c'est que c'est en partie fait. Après, il faut se réjouir humblement du chemin parcouru et non pas se reprocher de celui qui reste à parcourir.

 

"Imaginez un 8 (un seul ! sinon ce n’est pas drôle) au milieu de stagiaires qui ont comme référence de 8 des personnes tels que Fidel Castro, Saddam Hussein ou Nicolas Sarkozy." 

Oui, la barre est mise haut ! C'est aussi une difficulté pour les 8 : plus que beaucoup d'autres, leur personnalité se prête aux stéréotypes. (Pour info, même si je m'intéresse à Cuba, je ne connais pas l'ennéatype de Fidel Castro et ne confirme donc pas le 8.)

 

"Avoir conscience (et non nier) un mécanisme égotique qui me pilote […] et de ne même pas pouvoir montrer que je suis le plus méchant de tous les ennéatypes…"

Là aussi, la prise de conscience est intéressante. Notre ego est fier de lui-même… et même de ses débordements.

 

Très amicalement,

Fabien

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Wallace

Bonjour à tous,
 
"Salut 008, c'est le collègue 007 qui répond ! Je rappelle que notre permis de tuer ne doit pas s'exercer sur notre ego, mais uniquement sur les autres participants au forum, quoique 006 s'en charge parfois."
Je me demande bien pourquoi, mais j'ai un peu l'impression qu'on parle de moi, là. En tout cas, je suis honoré de faire partie de la Section 00 et heureux qu'elle intègre Gus dont les premières participations ici me laissent penser que cela va être fort intéressant en plus d'être haut en couleur.
 
Très amicalement,
Wallace

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Gus

Merci à tous pour vos messages de bienvenue.

 

Je ne cache pas qu'il m'a bien fallu tout l'été et plus pour m'apercevoir que je n'avais peut-être pas bien compris et intégré vos réponses. Mon mental en réprimé ? Tiens ! Il a bon dos celui-là, je sens que ce n'est pas là dernière fois que je vais vous la faire.

Avec un peu de recul, je comprends qu'il ne s'agit pas que d'un simple problème de mots.
Kayla écrit : "Je connais aussi une 8 qui ne se venge jamais. Bah, oui, ce n'est pas de la vengeance, “c'est du recadrage”."
Fabien précise : "Oui, c'est une défense astucieuse et classique de l'ego. Si on appelle la colère implication ou la rationalisation intelligence, il n'y a pas de raison d'évoluer. Si j'ai bien compris, ta vengeance s'appelle éducation !"

Notre ego en réinterprétant la réalité à sa sauce évite de nous faire prendre conscience de la nécessité de soulever le capot et de mettre le nez dans le moteur. Contrairement à ma première analyse il ne s'agit donc pas d'un simple glissement sémantique (vengeance, recadrage, éducation, etc.) mais bien d'une sorte de déni voir de dénégation.

 

Peut-on en conclure que l'ego par définition serait porteur de cette dénégation et ce quelque soit l'ennéatype ? Le 2 ne reconnaît pas là flatterie, le 1 le perfectionnisme, etc.

 

"Vodka-Martini, secoué mais pas agité…" Faudrait quand même pas trop bousculer notre ego !
Gus

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

"Peut-on en conclure que l'ego par définition serait porteur de cette dénégation, et ce quelque soit l'ennéatype ?"

Tu as tout à fait raison, Gus. Les mécanismes de défense sont universels, et notre ego les pratique tous. Celui qui est associé à notre ennéatype est simplement notre préféré, notre défense principale.

 

On associe à l'ennéatype 8 les mécanismes de déni (refus de la réalité d'une perception) et de dénégation (refus d'un contenu intra-psychique). Il me semble que ces deux mécanismes sont intrinsèques à tous les ego. Ce qui caractérise le 8 est peut-être à la fois la fréquence et la manifestation explicite de ces deux mécanismes.

 

Très amicalement,

Fabien

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Gus

Bonjour à tous et très belle année 2017,
 
Ayant mis à profit cette période festive pour échanger avec quelques EnnéAmis sur les mécanismes de défense, je me suis demandé si le titre de cette discussion n’était pas trompeur. N’aurais-je pas dû, plus justement, la nommer "Suis-je vraiment un 8 ? (La dénégation de vengeance)" au lieu de  "Suis-je vraiment un 8 ? (Le déni de vengeance)".
 
En effet Fabien rappelait ci-dessus les définitions de déni et dénégation : "On associe à l'ennéatype 8 les mécanismes de déni (refus de la réalité d'une perception) et de dénégation (refus d'un contenu intra-psychique). Il me semble que ces deux mécanismes sont intrinsèques à tous les ego."
 
En effet, je me suis rendu compte de la difficulté, pour un 8 de prendre conscience de sa fixation (la vengeance). Je me demande si  cette difficulté n’est pas lié à l’un des deux mécanismes de défense en particulier : la dénégation (l’autre étant le déni).
 
En effet dans les exemples cités ci-dessus, je n’identifiais pas la vengeance (dénégation ?) sans nier pour autant mon comportement (absence de déni). Plus précisément sur la formation :

  • Je suis capable de reconnaître que je n’ai  pas apprécié les conditions d’inscription à cette formation (mis devant le fait accompli, informé par mail, etc.) ;
  • Je suis capable de reconnaître que je peux faire preuve de mauvaise humeur au moment du tour de table ("Je n’ai rien demandé, on m’a inscrite sans me demander mon avis. Je ne sais pas de quoi ça parle : je n’attends rien…").

Par contre, jusqu’alors je pouvais nier, voir tout simplement occulter, le lien de cause à effet entre ces deux événements (la vengeance). J’occultais également le fait qu’en me présentant en adoptant une attitude « hostile » pouvait mettre le formateur en difficulté. À moins que ce soit une façon de tester ce que l’animateur à dans le ventre ?
 
En niant la vengeance, il m’est apparu qu’il s’agissait plus d’un processus de dénégation que de déni ? Mais peut-être pas ?
 
Et si j’osais aller plus loin, je poserai aussi la question du rôle de la dénégation dans le développement personnel du 8 : en « refusant » de voir les liens de cause à effet entre des événements antérieurs (souvent oubliés) et des comportements « égotiques », les 8 ne passent-ils pas à coté de leur propre chemin de la liberté ?
 
Gus

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Fabien Chabreuil

Bonjour Gus,

 

Tu as entièrement raison, Gus. La dénégation est un obstacle beaucoup plus grand à l'évolution personnelle que le déni.

 

Comme je le disais dans mon premier message, ce mécanisme existe chez tous les ennéatypes, et c'est le but du développement de l'observateur intérieur que d'y mettre fin. C'est le but aussi des échanges avec un accompagnant spirituel, un thérapeute, un coach, un groupe de pairs ou simplement un ami bienveillant : il est généralement admis que, seul, on ne peut faire qu'une partie du chemin.

 

Si cette difficulté est universelle, elle est évidemment un peu plus forte chez l'ennéatype 8 puisque il s'agit chez lui d'un mécanisme de défense dit principal. En tout cas, cette prise de conscience est déjà un joli pas : nombreux sont ceux qui font de la dénégation à propos de la dénégation. :thumb_up:

 

Très amicalement,

Fabien

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Gus

Bonjour Fabien,

Merci pour ces éléments de réponse. Je ne te cache pas que je me sens comme un petit enfant tout minuscule qui s'apprête à faire l'ascension d’une énorme montagne très impressionnante.

Au sujet de mon message précédent, je peux donc bien en conclure qu’il est plus correct de parler de dénégation au sujet de la vengeance plutôt que de déni ?
 
​Amicalement,
Gus

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

"Je ne te cache pas que je me sens comme un petit enfant tout minuscule qui s'apprête à faire l'ascension d’une énorme montagne très impressionnante."

Tu te rappelles certainement qu'au stage Essence, nous employons d'une manière particulière la métaphore de la montagne. Donc, oui, c'est une montagne mais elle a déjà été gravie, et le chemin est donc reconnu et praticable. Nous sommes plusieurs à la grimper en même temps, chacun à son rythme et dans une atmosphère de soutien mutuel.

"Je peux donc bien en conclure qu’il est plus correct de parler de dénégation au sujet de la vengeance plutôt que de déni ?"
Oui, il me semble que c'était plutôt de la dénégation.

 

​Très amicalement,
Fabien

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Gus

Je poursuis mon témoignage au sujet du mécanisme de défense du 8 (puisque cette piste semble se confirmer…).
Je propose d'intituler mon nouveau sujet (dans la continuité) : “Le 4 : révélateur de la dénégation du 8 ?”

Voici quelques temps, après une réunion de travail qui avait fini tard, je pars diner avec deux amis dans une cantine japonaise : service rapide, sans fioritures, l’addition sur la table dès le dernier plat servi, pas de surplus de sourire. Service efficace et contenu des assiettes très appréciable (c’est l’essentiel pour moi).

 

Nos assiettes vides, je me dirige vers les toilettes puis reviens à notre table. Sauf qu’au lieu de m’assoir à nouveau à la table, j’attrape directement mon manteau, me rhabille et m’apprête à me diriger vers la caisse. Et là je capte sur le visage de l’un de mes amis (un 4) une multitude d’expressions que j’ai interprétées comme suit : « Mais elle fait quoi là celle-là ? Elle n’est quand même pas en train de nous signifier qu’on se barre ? Non mais je rêve ! Aaaaahhhh ! Ben si, visiblement c’est le départ ! Si elle veut, elle ne nous demande même pas notre avis ! Etc. » Et là je vous la fait soft car je peux avoir beaucoup d’imagination. Cependant, impassibles, mes deux amis se lèvent et me précèdent en se dirigeant vers la caisse.

 

Mécanisme de projection ou ultra-lucidité ? Dans tous les cas, je ne peux même pas témoigner d’un quelconque ralentissement dans mon élan au moment de « cette lecture de pensées » soudaine de mon ami 4 (ni pendant, ni même après). Rien !

 

Cependant, elle m’a fait prendre conscience de « mon impact sur le monde ». Soyons clair, je ne me suis pas excusé, ni manifesté aucun regret, j’ai suivi ma trajectoire jusqu’à la caisse où chacun a payé son addition.
Mais après coup, j’ai quand même beaucoup repensé à cette scène et j’ai fait le lien entre le centre préféré du 8 (centre instinctif tourné vers l’extérieur) et son mécanisme de défense (déni et dénégation).
Car rarement je me rends compte de mon impact sur les gens (c’est en tout cas ce qu’on peut me reprocher). Et c’est donc d’autant plus facile, pour le 8 que je suis, de foncer dans le tas, que je n’en mesure pas les impacts sur le monde extérieur.
J’avais même une sorte de croyance : “pas de manifestation extérieure” égale “vide intérieur”, égale “même pas d’impacts”, égale “même pas mal !”.
Or cet ami 4, avec son hyper-expression du visage, m’a fait prendre conscience de cet impact. Et je l’en remercie beaucoup.

Amicalement,
Gus

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Nous avons tous besoin de feed-back sur l'impact négatif que notre ego a sur les autres, et ce feed-back peut être verbal ou non verbal. L'avantage du second est qu'il est nettement moins contrôlé et auto-censuré. Il est donc sans doute plus fréquent que le premier. Son inconvénient est qu'il est moins explicite et que donc il est sujet à interprétation, parfois erronée.

 

Il faut aussi être suffisamment présent pour le voir. Faire une transe d'hallucination négative pour y échapper est un des moyens que peut prendre le déni. Comme toujours en communication, les différents protagonistes ont leur part de responsabilité. Pour que ton interlocuteur ait pu être un révélateur de ton mécanisme de défense, encore fallait-il que tu sois en état de recevoir le message. :thumb_up:

 

Après, le mieux aurait été de le vérifier, les excuses ne pouvant venir qu'après.

 

"Le 4 : révélateur de la dénégation du 8 ?"

Le fait que tu écrives "Le 4" et non "Ce 4" présuppose que cet ennéatype envoie un feed-back non verbal plus fréquent et plus intense que les autres. Au-delà d'évidentes variations individuelles, je ne sais pas si c'est statistiquement exact mais c'est possible, au sein d'une même culture, une plus grande intensité émotionnelle intérieure pouvant aboutir à une plus forte manifestation extérieure.

 

Très amicalement,

Fabien

 

P.-S. : ce n'est pas le sujet mais, en admettant que son vécu soit celui que tu imagines, Gus, le 4 est aussi dans son ego bien sûr. Pourquoi n'a-t-il pas formulé explicitement son ressenti ?

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Mdo

Bonjour Gus, bonjour Fabien, bonjour à tous !

 

Gus, pour des raisons que tu trouveras évidentes, j'imagine très bien la scène du restaurant japonais. :wink:

(Je précise tout de suite que non, je ne suis pas le 4 dont il est question, et pas l'autre ami non plus !)

 

Mais oui, je le confirme, hélas, trois fois hélas, je crains fortement que le feed-back non verbal est très évident chez le 4 ! (Au minimum, pour la 4 que je suis !) Même quand je ne dis rien, on peut lire sur mon visage (et mon attitude corporelle) comme à livre ouvert, et franchement ça peut poser de nombreux problèmes…

Même pas possible de mentir ou de faire preuve de la moindre hypocrisie. :confused:

 

Tout ça pour dire : le 4 révélateur de la dénégation du 8, mais aussi de la rationalisation du 7, etc. ! Bref, le 4 est très (trop) transparent quant à l'impact que peut avoir sur lui l'ego des autres… Mais peut-être que c'est juste une question de centre émotionnel hyper actif en toutes circonstances !

 

Mais, je t'aurais dit explicitement ce que je ressentais (j'ai bien écouté au dernier stage Communication :happy:).

 

Amitié à tous,

Marie Do

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Gus

Bonjour à tous,

Merci Fabien et Marie Do pour votre retour qui m’a fait avancer dans ma réflexion.

"Le 4 : révélateur de la dénégation du 8" est effectivement une généralisation qui n’est peut-être pas justifiée.

 

Je rejoins Marie Do, le stage Communication est riche d’enseignement : j’ai eu l’occasion d’observer un 2 qui se figeait les yeux grands ouverts, un 7 qui zappe, etc. Ce sont effectivement des manifestations non verbales de notre propre impact sur l’autre.

 

Marie Do, je comprends que cela puisse être gênant, d’autant que, comme le précise Fabien, « il est nettement moins contrôlé et auto-censuré [que le feed-back verbal] », mais tu noteras qu’il parle d’un avantage. :wink: En tout cas pour moi, cela m’a permis de prendre un peu plus conscience de l’impact de mon comportement à ce moment-là. Et c'est cette prise de conscience qui m'aidera certainement à changer mon comportement. Donc merci à ceux qui expriment leurs émotions ! :calin:

Le 8 que je suis manque parfois de courage pour affronter ce feed-back. Et ce soir-là c’était un sentiment étrange que j’ai ressenti : un mélange de surprise (à la découverte de cet impact), de colère (envers moi-même) face à mon incapacité à prendre en compte les autres (re-généralisation ! Mince ! :beurk:). Et il m’a certainement paru plus simple (plus égotique donc) de poursuivre mon chemin. Aurais-je su gérer sereinement un retour que j’aurais, à juste titre, pris comme un rapproche : j’ai le sentiment que non. :confused:
Et en même temps je pressens que revenir dans mon orientation, force et courage, peut m’aider à affronter ce type de situation.

Amitiés,
Gus

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Et c'est cette prise de conscience qui m'aidera certainement à changer mon comportement."

Oui, on ne change que ce dont on est conscient. Nous parlons ici souvent d'auto-observation, mais bien sûr l'observation du monde extérieur et des autres est tout aussi nécessaire et pas facile non plus : parfois l'ego nous rend aveugle et sourd. 7 à aile 8, j'ai bien connu cela, même si la volonté d'évolution est surtout venue d'une souffrance intérieure. Peut-être peut-on faire l'hypothèse — à valider dans une autre conversation — que le moteur d'une volonté durable de changement est corrélé à la direction d'utilisation de notre centre préféré.

 

"Je pressens que revenir dans mon orientation, force et courage, peut m’aider à affronter ce type de situation."

Oh que oui, mais il faut beaucoup plus de courage pour tenir compte des autres, demander pardon et pardonner que pour faire du déni. Bien entendu, ce courage est là, en toi Gus, il suffit de lui laisser la main.

 

Très amicalement,

Fabien

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Mdo

Bonjour Fabien, bonjour Gus, et bonjour à tous !
 
Je crois que le choc de voir les réactions des autres devant les manifestations de notre ego ne concerne pas que les 8
 
C'est sans doute arrivé à chaque type de se comporter, de parler ou d'agir en étant coincé dans les automatismes de son ego puis de prendre clairement conscience de la peine, ou du mal qu'il a fait ainsi aux autres, et en plus de ne pas savoir comment rattraper ce qui s'est produit.
 
Je sais que comme 4, centre émotionnel tourné vers l'intérieur donc plus préoccupée de mes émotions que de celles des autres, j'ai de brusques prises de conscience de l'impact de certains de mes comportements, et que la honte m'envahit au point que j'ai envie de disparaître — le retrait n'arrange pas les choses.
 
Et oui, le langage non verbal est aussi une forme de communication !
 
Amitié,
Marie-Do

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