Institut Français de

l’ennéagramme

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Claire5

Comment ne pas louper ses taches aveugles

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Claire5

Bonjour à tous,

Ces derniers temps, cette question m'est revenue (je me la suis déjà posée à plusieurs reprises par le passé) : comment peut-on être sûr de ne pas louper une tache aveugle ?

Ce soir, je me disais que j'avais vraiment de la chance de connaître tous ces modèles (ennéagramme, PAEI, spirale dynamique, etc.) qui m'aident à mieux appréhender le monde et me rendent quand même la vie bien plus facile à vivre. Je me disais que si davantage de personnes les connaissaient, ce serait sûrement plus simple.

Mais d'un autre côté, la simple connaissance des modèles ne garantit pas de passer à côté de ses tâches aveugles (même si ça en efface probablement un grand nombre). Du coup cela m’inquiète. En fait, quand je vois des personnes (qui connaissent des modèles de personnalité ou pas) qui ne semblent pas du tout conscientes de l'image qu'elles renvoient, je me dis : "Mon dieu, j'espère que je ne suis pas pareille. Si ça se trouve, c'est pareil pour moi." Alors comment faire ?

Bien amicalement,
Claire

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

"Comment peut-on être sûr de ne pas louper une tache aveugle ?"
Eh bien, on ne peut jamais être sûr mais on peut augmenter la probabilité de sa détection. À chaud, il me semble qu'il y a principalement deux moyens.
 
Le premier est de bouger. Physiologiquement, si nous et notre œil étions immobiles, nous verrions une petite zone nette dans notre champ de vision, et tout le reste serait flou. Psychologiquement, c'est pareil. Changer nos habitudes, nos fréquentations, notre environnement, etc. fait surgir en nous des réactions qui mettent en évidence quelques-unes de nos taches aveugles.

C'est ce que Patricia et moi suggérions dans Le Grand Livre de l'Ennéagramme : "En théorie, l’auto-observation consiste à observer avec curiosité tout ce qui se passe en soi. La difficulté vient de ce « tout » ! Comme le dit la vieille plaisanterie, il est très facile de manger un éléphant tout entier : il suffit de le faire par petites bouchées. Il en est de même ici. On peut commencer par choisir une activité simple, comme décrocher le téléphone. En s’observant plusieurs fois, des constantes dans la manière de le faire, dans l’émotion vécue, dans les pensées suscitées par la sonnerie apparaissent et sont riches d’enseignements. Il est alors possible de saisir l’appareil d’une manière légèrement différente. De nouveau, des émotions et des pensées surgissent. Quelque temps plus tard, l’auto-observation dans une autre activité donne de nouvelles informations… à moins qu’elle confirme celles précédemment obtenues."
 
Le second est de faire confiance à un regard extérieur. Nos proches, nos collègues, nos accompagnants psychologiques ou spirituels voient généralement assez clairement certaines de nos taches aveugles et nous les pointent. Si nous sommes capables d'accueillir leurs messages sans se mettre sur la défensive, il y a là l'occasion de belles prises de conscience. Il est généralement admis qu'il est impossible de faire seul un vrai travail psycho-spirituel, mais on peut être à l'écoute de nombreuses sources : « Un sage fameux parmi les sages racontait qu’il avait eu dans sa vie vingt-deux gurus. Parmi eux, il citait une jeune putain, un vieux corbeau, une ruine, une maladie vénérienne ; mais pas un seul intellectuel, pas un seul brahmane¹. »

De ce point de vue, l'ennéagramme et la spirale dynamique sont de merveilleux outils. Nous utilisons ce que nous savons de nous pour nous positionner sur ces modèles, puis nous utilisons ces modèles pour découvrir des choses que nous ne savions pas sur nous, certaines de ces fameuses taches aveugles. Mais parfois, c'est notre ennéatype qui est la tache aveugle… Et plus encore notre positionnement sur la Spirale Dynamique…

Très amicalement,
Fabien

 

P.-S. : "Ce soir, je me disais que j'avais vraiment de la chance de connaître tous ces modèles." Ce n'est pas de la chance. C'est le résultat de ta curiosité intellectuelle, de ta volonté, de ton travail, d'un gros investissement en temps et en argent que tu aurais pu consacrer à autre chose, etc. Bref, c'est le résultat d'un choix dont la plus grande part du mérite te revient, Claire.
 
¹ Source : Jean-Claude Carrière, Dictionnaire amoureux de l'Inde, Paris (France), Plon, 2001. [Version Kindle]

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Claire5

Bonjour,

Ok, merci Fabien de ton retour. J'aime bien la citation de Jean-Claude Carrière. Dans mon cas — mais je n'ai pas l'impression que ce soit généralisable à tous les 5 ayant connu l'ennéagramme — la découverte de ce modèle m'a fait prendre conscience qu'il y avait une connaissance bien plus large que la simple connaissance intellectuelle, et que le 5 dans son ego passait à côté de pans entiers de cette connaissance (si on peut encore parler de connaissance, qui est plutôt une expérience de la vie en général). Une tâche aveugle qui en est devenue un peu moins une.

Pour donner un exemple parmi d'autres et actuel, c'est cette philosophie qui, indirectement, a dû m'amener à vivre depuis ce début d'année une expérience nouvelle. Devant retrouver un logement en semaine pour une durée de deux mois, et ayant demandé conseil à une covoitureuse, celle-ci m'a proposée de vivre chez elle, ses parents et ses trois frères et sœur, mon loyer pouvant les aider financièrement. Je dois dire que je n'avais jamais fréquenté de si près (ni même de loin) le quotidien d'une famille pareille (appartement hors normes, catégorie sociale, valeurs et ambiance très différentes de celles dans lesquelles j'ai été élevée). Une expérience a priori anecdotique mais au fond très riche.

Je reste cependant vigilante car l'ego est là pour récupérer le truc, avec une fierté qui peut apparaître du type : "Je connais ça aussi."

Sinon j'ai repensé aussi que, souvent, voir d'autres types 5 m'amenait par effet miroir à prendre conscience de mes taches aveugles (puisqu'il est plus facile de les voir chez les autres que chez soi).

Très amicalement,
Claire

PS : bien contente de pouvoir accéder de nouveau à certaines parties de ton blog !

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Fabien Chabreuil

Bonjour,

"J'aime bien la citation de Jean-Claude Carrière."

Moi aussi… Cependant, au moins pour un ennéatype 7, du fait de son domaine, sa fin peut être un piège en refusant l'humilité nécessaire à l'apprentissage auprès d'une personne dont on reconnaît explicitement qu'elle est plus avancée que soi sur le chemin.

 

"Dans mon cas — mais je n'ai pas l'impression que ce soit généralisable à tous les 5 ayant connu l'ennéagramme — la découverte de ce modèle m'a fait prendre conscience qu'il y avait une connaissance bien plus large que la simple connaissance intellectuelle, et que le 5 dans son ego passait à côté de pans entiers de cette connaissance."

Ce n'est effectivement pas généralisable. Il s'agit pour le 5 aller au-delà des livres, accepter de suivre un stage et, pendant celui-ci, lâcher suffisamment prise pour apprécier le partage des expériences individuelles.

 

"Je reste cependant vigilante car l'ego est là pour récupérer le truc."

Je ne sais pas ce qu'il n'est pas capable de récupérer !

 

"Sinon j'ai repensé aussi que, souvent, voir d'autres types 5 m'amenait par effet miroir à prendre conscience de mes taches aveugles (puisqu'il est plus facile de les voir chez les autres que chez soi)."
C'est très juste. L'agacement face aux membres de son propre ennéatype est un indicateur sûr.

 

Très amicalement,
Fabien

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Yves

Bonjour à tous,
 

Nos proches, nos collègues, nos accompagnants psychologiques ou spirituels voient généralement assez clairement certaines de nos taches aveugles et nous les pointent. Si nous sommes capables d'accueillir leurs messages sans se mettre sur la défensive, il y a là l'occasion de belles prises de conscience.

Il y a vingt-trois ans, je traversais une période d’échecs douloureux. J’ai demandé à mes collègues et à mes proches comment ils me percevaient. J’ai été très surpris de découvrir des aspects inconnus de moi (jusqu’alors, j’utilisais l’orientation du 5 vers l’extérieur). Certains aspects s’avéraient très peu flatteurs. Une fois le choc passé, je crus pouvoir évoluer et retrouvai cette espérance en moi-même qui me manquait. Aujourd’hui encore, je me sens touché par la sincérité et l’espérance manifestées par mes collègues et mes proches.

Les retours pendant les stages de Patricia et Fabien m’ont aussi aidé à prendre conscience de certaines taches aveugles. Je pense en particulier à des exercices du stage Libération et du stage Communication.

Amicalement,
Yves

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Daly

Merci Claire d’avoir soulevé ce sujet.
 
Pour moi, c’est une interrogation importante mais à laquelle, paradoxalement, je pense qu’il n’est pas crucial d’y apporter une réponse.
 
En effet, il faut bien comprendre et distinguer la motivation profonde pour laquelle on cherche à deviner ces tâches aveugles. Je vais y répondre du point de vue purement empirique d’un cheminant qui a décidé d’emprunter une démarche de développement personnel et qui s’interroge sur la l’opportunité de s’investir plus ou pas dans la connaissance de ces tâches aveugles.
 
Il y a deux motivations profondes qui sont très récurrentes : le besoin de perfectionnisme et la peur. La première née du fait qu’on se trouve dans une dynamique d’apprentissage par rapport à soi-même et que par conséquent, on se sent obligé de tout connaître. Exemple : je viens de découvrir l’ennéagramme, cette théorie m’apporte beaucoup, je vais donc lire toutes les autres typologies de personnalité pour compléter mon savoir (exemple MBTI).  La seconde motivation, la peur, naît de l’anxiété de l’inconnu : il y a des choses qui se passent en moi que j’ignore complètement, je cherche donc à me renseigner pour gérer cette peur.
 
En plus du perfectionnisme et de la peur, on peut également observer comme motivation profonde dans la recherche de tâches aveugles, de la vanité. Elle provient, au contraire de la peur, des  succès à se comprendre soi-même : j’ai déjà accompli des réalisations sur le chemin du développement personnel et je tombe dans l’accomplissement pour impressionner les autres ou accomplir pour la vanité d’accomplir et gonfler mon ego. Dans ce cas aussi, je m’interroge et j’éprouve le besoin d’en savoir plus sur ces choses cachées, et cette motivation peut également me porter.
 
Lorsqu’on est mû par une de ces trois motivations, la recherche des tâches aveugles ne fera pas avancer le cheminant mais ne fera qu’amplifier sa motivation originale. Si c’est la peur de l’inconnu qui est en moi qui me pousse à m’intéresser à ces tâches aveugles, j’obtiendrai plus d’anxiété car de nouvelles tâches encore plus grosses apparaîtront. Si c’est le perfectionnisme, je serai plus au fait du cadre théorique mais toujours aussi frustré, et si c’est la vanité, j’aurai toujours envie d’accomplir un défi encore plus important.
 
Plus précisément, il faut bien comprendre mon propos : je ne suis pas en train de dire qu’il ne faut pas s’intéresser à ces tâches aveugles.  Il faut apprendre à distinguer ce qui me fait réellement avancer des autres motivations que l’ego peut me faire miroiter. Ce n’est pas une question facile car il faut être très objectif par rapport à soi-même. Exemple : dans ta question, Claire, je lis plus une motivation de perfectionnisme ou de peur qu’un réel besoin empirique. Il y a déjà largement de quoi remplir toute une vie rien qu’avec l’ennéagramme, PAEI, spirale dynamique, etc. ! :rofl: Dans la pratique, ce sont les petits pas qui nous font avancer et pas les grands sauts. Et dans l’ensemble des petits pas, c’est très rare qu’il y figure les tâches aveugles.
Il faut bien distinguer ce qui se trouve à la frontière de notre connaissance (ce qui ne constitue pas des choses aveugles) de ce qui se trouve loin de notre chemin (les tâches aveugles).
 
En écrivant ces lignes, j’ai l’image de l’ancienne google maps ou les plateformes de jeu où tu avais des zones qui ne s’affichaient pas. Tu connais l’endroit où tu trouves mais il y a des tâches noires partout sur la carte. Pour avancer, tu pars toujours de là où tu trouves et tu explores petit à petit ce qui t’entoure. Tu n’as pas besoin de connaître tout ce qui se passe sur la carte. De même pour le cheminement.

Enfin, et là je termine par une ouverture, que fais-tu dans ce cas d’un enfant né dans une favela brésilienne ou des townships en Afrique du Sud ? Il n’a jamais entendu parler d’ennéagramme ou de toute autre théorie et n’en entendra probablement jamais parler. Il n’a pas accès à une thérapie ni à un professionnel. Est-il condamné à ne pas s’éveiller à lui-même ? Est-il condamné à ne pas se développer ? Bien sûr que non, les chemins du développement sont bien plus complexes. Moi je dis, au contraire, heureusement qu’on n’a pas besoin d’en savoir beaucoup plus sur ces tâches aveugles pour pouvoir avancer…

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Fabien Chabreuil

Bonjour Daly,

 

Très grippé (ou autre chose), j'ai vraiment besoin de repos et je réponds donc rapidement. Je complèterai éventuellement, ou d'autres peut-être s'en chargeront.

 

Tu as raison sur un point : toute démarche peut être récupérée par l'ego. Donc, ce peut aussi être le cas du développement personnel. J'ai des exemples en tête bien sûr.

 

Pour le reste, je suis en total désaccord avec toi, et ce que tu dis me semble être la négation de l'ennéagramme ou d'ailleurs de toute démarche spirituelle.

 

L'ennéagramme est une approche psycho-spirituelle voulant travaillant sur ces deux plans, même si, hélas, certains voudraient bien gommer la deuxième dimension. Si tu ne l'as pas déjà fait, je te suggère de lire la conversation “Spiritualité, vous avez dit spiritualité ?”. Nous explicitons concrètement la différence entre ces deux approches dans les stages Sous-types et surtout Éveil. Résumons :

  • Le travail psychologique est un travail sur l'ego et son objectif est de se sentir bien avec soi-même et les autres (contextes conservation, social et sexuel).
  • Le travail spirituel est un travail d'accès à l'essence et son objectif est d'être libre.

De mon point de vue, et c'est ce que fait l'ennéagramme, un être humain a besoin d'entreprendre les deux démarches. Il n'y en a pas une qui soit plus noble que l'autre ou prioritaire, même si de trop gros problèmes psychologiques peuvent rendre impossible un travail spirituel.

 

Un certain nombre d'êtres humains ne sont intéressés que par le travail psychologique et ignorent le travail spirituel. C'est surtout vrai dans nos sociétés matérialistes dominés par le vMème ORANGE. L'histoire contemporaine semble montrer que cela ne peut pas marcher très longtemps.

 

Le travail psychologique consacre ou non de l'énergie à rechercher les tâches aveugles. Certaines méthodes, comme la psychanalyse, ne font que cela, alors que d'autres, comme la PNL, ont une approche plus panachée.

 

Au cœur du travail spirituel, par contre, est la recherche des tâches aveugles, car ne pas avoir identifié ces tâches aveugles fait de nous des esclaves qu'elles pilotent.

 

"Dans ta question, Claire, je lis plus une motivation de perfectionnisme ou de peur."

Contrairement à toi, il se trouve que je connais bien Claire — elle a suivi tous nos stages, tous — et la sincérité de sa démarche, même si bien sûr, c'est une mentale et il y a dans son ego de la peur, et une 5 et il y a dans son ego un perfectionnisme intellectuel. Je sais cependant que sa motivation va bien au-delà. Je trouve cette réflexion vraiment inappropriée, et si tu avais vraiment besoin de la faire, elle devrait être justifiée. Cependant, je pense que tu ferais mieux de réfléchir au mécanisme de projection…

 

"Que fais-tu dans ce cas d’un enfant né dans une favelas brésilienne ou des townships en Afrique du Sud ? Il n’a jamais entendu parler d’ennéagramme ou de toute autre théorie et n’en entendra probablement jamais parler. Il n’a pas accès à une thérapie ni à un professionnel. Est-il condamné à ne pas s’éveiller à lui-même ? Est-il condamné à ne pas se développer ?"

L'intégration peut venir de circonstances de vie ou d'une aide extérieure. Cette dernière n'a pas besoin d'être celle d'un professionnel (cf. ce message ci-dessus). Cependant, il y a toujours eu des personnes, professionnelles ou non, prenant en charge le développement psycho-spirituel des membres de leur communauté : des chamans, des prêtres, etc. Là aussi, je te conseille d'étudier la spirale dynamique ou au moins de lire à son propos, mais, ici ou là, il n'y a pas d'évolution spirituelle sans prise de conscience des chaines de nos automatismes.

 

Les enfants des favelas brésiliennes — j'en ai visité et j'ai parlé avec les gens qui y habitaient — et ceux des townships sont tellement préoccupés par des questions de survie qu'il n'ont pas un temps énorme à dédier à leur évolution personnelle. Cependant, j'en ai vu beaucoup qui y consacraient plus d'énergie, dans leur niveau d'existence sur la spirale dynamique, que nombre d'Occidentaux matérialistes.

 

Très amicalement,

Fabien

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