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On dirait le sud

Les types et la cuite

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On dirait le sud

Bonjour à tous,

Lors du stage Ailes du week-end dernier, un participant a fait remarquer qu'il lui était difficile de réfléchir en raison d'une soirée bien arrosée la veille. J'ai alors brièvement interrogé Fabien pour savoir comment un ennéatype 7 pouvait gérer les conséquences d'une cuite (au vu de sa compulsion d'évitement de la souffrance) sachant que l'intempérance du type pouvait le confronter plus souvent et/ou plus fortement que d'autres ennéatypes à la consommation d'alcools. Fabien a alors suggéré l'idée d'ouvrir ce nouveau sujet sur le forum.

En tant qu'ennéatype 9 de sous-type conservation "Appétit", j'ai conscience que je pourrais moi-même être ou avoir été confronté aux problèmes liés à une consommation abusive d'alcools, le type 9 pouvant justement narcotiser dans l'alcool. Et j'imagine que cela peut être le cas pour tous les ennéatypes, surtout en cas de sous-type conservation.

J'aimerais dès lors savoir comment chaque ennéatype aborde la consommation de boissons alcoolisées, s'il pense ou non aux conséquences d'une consommation excessive et comment enfin il gère lesdites conséquences (la fameuse cuite) lorsque cela arrive. Naturellement, puisque je lance officiellement le sujet, je vais y répondre en premier.

1) Comment chaque ennéatype aborde la consommation de boissons alcoolisées

Fils aîné d'un père gendarme, enfant et adolescent particulièrement calme et discret, j'ai été confronté à ma première vraie cuite à 18 ans, lors du "bal des Rhétos". À l'époque, je ne buvais pas (encore) de bières car je n'en aimais pas le goût. Et je ne voulais pas perdre le contrôle de mon comportement (même en famille de mémoire) en consommant trop de vins ou d'apéritifs alcoolisés.
Au début de ma vie d'étudiant, j'acceptai de boire de temps en temps quelques bières afin de m'intégrer plus facilement mais j'étais effaré de voir ou d'entendre des témoignages sur les consommations excessives lors des guindailles qui rythmaient la vie des campus en Belgique. J'imagine dès lors que le métier de mon père, sa visibilité sociale et donc le besoin d'irréprochabilité de la famille, ont fortement influencé mon rapport à l'alcool. Au vu de mon ennéatype, je ne pouvais pas risquer un conflit ouvert avec lui (ni avec ma mère ou mes frères et sœurs puisqu'en temps que fils aîné, j'avais hérité inconsciemment du statut de sage).

Aujourd'hui, si je fais le compte, j'ai dû avoir maximum 5 (grosses) cuites dans ma vie, chaque fois avec un alcool différent. Chacune m'ayant servi de leçon afin de ne pas réitérer l'excès avec le même type de breuvage. Et j'ai l'impression que ces cuites remontent toutes à mes années d'étudiant sauf la dernière, vers 30 ans, lors d'un voyage en Guadeloupe où j'ai été pris en traître avec l'apéritif de bienvenue. :happy:

Depuis lors, je veille à ne pas dépasser l'état joyeux quand j'accepte de boire plus d'un verre. Je déteste trop l'inconfort du lendemain.

2) s'il pense ou non aux conséquences d'une consommation excessive

Comme dit ci-dessus, j'y pense systématiquement. En même temps, co-réprimant le centre émotionnel, j'ai conscience que boire un verre en société (ou lors d'une démarche de séduction) facilite grandement à me décoincer, à réduire ma timidité.

3) comment enfin il gère les dites conséquences (la fameuse cuite) lorsque cela arrive

Je dors tard (encore plus tard que d'habitude), je m'isole, je fais une sieste si nécessaire, j'évite les contacts sociaux autres que les intimes, et surtout, j'évite les bruits intempestifs (surtout en cas de migraine). Et je me promets de ne plus revivre cela avant des lustres.

Du coup, depuis quelques années, je remarque que je suis plus vite saoul rien qu'avec un verre de bière ou un cocktail. J'ai l'ivresse économique et j'ai appris à dire non plus facilement en cas de pression sociale (ce qui était loin d'être évident au départ).

Au plaisir de vous lire.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Fabien a alors suggéré l'idée d'ouvrir ce nouveau sujet sur le forum."

Disons plutôt que j'ai émis l'idée. C'est notre problème à nous autres 7, nous disons n'importe quoi et d'autres nous prennent au mot ! :rofl: Pas de problème, j'assume.

 

Évidemment, se pose le problème de la frontière entre la cuite et l'excès. Je suppose que cette frontière varie selon les individus.

 

Selon la saga familiale, j'aurais pris ma première cuite à 7 ans en vidant des coupes de champagne qui traînaient sur la table lors d'une fête quelconque. Il paraît que j'étais convaincu d'avoir deux frères au lieu d'un, ce qui aurait beaucoup amusé les personnes présentes. Je n'ai aucun souvenir de cet épisode qui, pour moi, ne compte donc pas vraiment.

 

Si je me fie à ma mémoire, je n'ai pris que trois cuites dans ma vie — j'en ai retrouvé une depuis la discussion du stage —, toutes avant 28 ans, soit assez jeune comme Benoît.

 

Lors de la première, j'étais étudiant et après une grosse consommation de vodka, j'avais quitté un groupe d'amis en leur disant aimablement "vous êtes trop cons, je m'en vais", ce qui est somme toute assez 7. Le seul souvenir qui suit est d'une dame compatissante m'aidant à trouver le trou de la serrure qui semblait se déplacer à chaque fois que j'essayais d'y mettre la clé. Je ne crois pas que ce soit avec elle que j'ai perdu un précieux sous-vêtement disparu au cours de cette nuit et jamais retrouvé, mais tout est possible !

 

La seconde a eu lieu environ un an plus tard. Après avoir festoyé avec des amis, nous sommes sortis nous balader en espérant que la fraîcheur nocturne nous fasse retrouver nos esprits. À un moment donné, l'un d'eux et moi, qui marchions plus rapidement et avions distancé les deux autres, avons fortement bousculé un policier que nous n'avions même pas vu. Ce brave pandore s'est amusé de l'incident, nous a demandé nos papiers et nous a gentiment indiqué le chemin de mon domicile que nous aurions eu bien du mal à retrouver, croyant être à Grenoble alors que nous étions à Nice…

 

La troisième et dernière, ce fut deux ans plus tard. J'avais invité un ami de passage à Paris à déjeuner dans un restaurant dont j'étais un grand habitué. À la fin du repas, le patron est venu à notre table avec une bouteille d'alcool de prunes de la région dont il était originaire. Que dire sinon que la prune était bonne. En sortant vers 17 h, mon ami et moi avons constaté une anomalie météorologique. Malgré un soleil radieux, la ville de Paris était couverte d'une brume empêchant depuis les bords de la Seine de voir la rive opposée. Prudemment, nous avons pris un taxi et sommes rentrés nous coucher. Réveillés à 2 h du matin suivant, nous avons dévoré un solide dîner, éprouvé le besoin de téléphoner à l'épouse de mon ami qui était restée en province et qui fut ravie de notre appel tardif, puis sommes retournés dormir pour se réveiller en pleine forme au matin.

 

Je crois qu'on peut qualifier ces épisodes de cuites, mais comme je n'ai dans aucun d'entre eux été malade, ce sont de bons souvenirs. De bons souvenirs égotiques, s'entend.

 

En dehors de ces sommets, il y a par contre eu, jusqu'à l'âge de 31 ans, une multitude de fêtes bien trop arrosées. Comme je le disais en stage, 7 à aile 8, cela fait intempérance plus excès, c'est-à-dire beaucoup. Un dîner avec des amis, c'était apéritif(s) et digestif(s), et entre les deux, application de la règle des N-1 : “s'il y a N convives, il faut N-1 bouteilles, sauf pour N=2, cas où il faut N bouteilles.”

 

J'avais la chance d'avoir une constitution robuste me permettant de mener ce train plusieurs fois par semaine pendant des années. Pour gérer cette vie de patachon, il me suffisait d'une aspirine préventive avant de me coucher, d'un maximum de 6 heures de sommeil, d'un long bain moussant avec un masque rafraîchissant le lendemain matin, et d'un bon gros steak saignant au déjeuner qui suivait. Plus une journée par semaine qui était exclusivement consacrée au repos et à la lecture.

 

Je n'ai jamais été malade malgré cette existence dissolue et, même si je n'ai jamais été vraiment mince, je n'étais pas non plus en excès de poids. Ce problème est apparu, au contraire, au moment où je découvrais la tempérance. C'est trop injuste ! :cry:

 

Cela signifie que ma compulsion d'évitement de la souffrance veillait à contrôler ma passion de gloutonnerie. Le maximum de plaisir, oui, mais malade, trop fatigué, dépendant, non en aucun cas. D'ailleurs, quel que soit le domaine où s'exerçait mon intempérance, j'ai toujours su jusqu'où je pouvais aller pour ne pas déclencher la souffrance. Curieusement, même si je n'étais pas présent au sens où nous l'entendons dans le stage Essence — loin s'en faut ! –, j'ai toujours été très attentif aux signaux corporels d'avertissement et j'en ai toujours tenu compte. On ne peut donc pas dire que je "pens[ais] aux conséquences d'une consommation excessive", cela se faisait naturellement sans que ce soit une réelle préoccupation.

 

Il me reste à répondre à la première question. Quel désordre, cette discussion m'enivre et je ne marche pas droit ! Ayant un père bourguignon et de type 9 sous-type Conservation, la consommation d'alcool était, dans ma culture familiale, une chose perçue comme normale, même si le dépassement des limites y était mal vu.

 

Ajoutons que, dans la France de l'époque, on considérait encore avec Pasteur que le vin était « la plus saine des boissons ». Je me souviens qu'on donnait à des enfants à l'entrée de l'hiver un soi-disant fortifiant appelé la quintonine. Ce délicieux produit était présenté dans un petit flacon à diluer dans un litre de vin…

 

Quintonine.png

 

Très amicalement,

Fabien

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Wallace

Bonjour Benoît et Fabien,

 

Eh bien, moi face à la cuite, c'est le côté phobique du 6 qui l'a emporté toute ma vie : peur d'être malade à court terme, peur des conséquences sur la santé à long terme, peur de perdre le contrôle de mon corps, peur de dire des choses que je regretterais après, peur d'être ridicule, j'en oublie peut-être. Bien sûr, il m'est arrivé d'être un peu gai mais je crois que je n'ai jamais pris une vraie cuite.

 

C'est plutôt un sujet de fierté, mais à te lire ce matin, Fabien, j'ai presque un léger regret : le talent des 7 pour rendre les choses plaisantes m'épate toujours.

 

Très amicalement,

Wallace

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Irimi

Bonjour à tous,

 

Pour moi aussi, comme pour Wallace, c'est le côté phobique qui l'a toujours emporté, avec en premier lieu la peur de perdre le contrôle, puis la peur du ridicule et celle des conséquences. Résultat : aucune vraie cuite à ce jour. À noter tout de même qu'au fur et à mesure du développement de mon aile 7, les soirées où je me suis sentie, disons, légère :laugh: se sont multipliées. Mais je m'arrête toujours avant de perdre le contrôle.

 

Par ailleurs, j'ai envie d'ajouter une question supplémentaire à ce sujet : comment vivez vous la cuite des autres ? Pour ma part voir quelqu'un saoul me met extrêmement mal à l'aise.

 

Amicalement,

Pascale

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

"Comment vivez vous la cuite des autres ? Pour ma part voir quelqu'un saoul me met extrêmement mal à l'aise."
Je n'ai pas de réponse simple à cela. Cela dépend de l'ampleur de la cuite, du fait que la personne ait l'alcool gai, triste ou agressif, du fait que je la connaisse ou pas et l'apprécie ou pas, du fait que la cuite a été prise avec moi ou non, etc.

Tiens, un cadeau : Si tu me payes un verre, une magnifique chanson du grand poète Bernard Dimay chantée par Serge Reggiani.

 

 

Très amicalement,
Fabien

 

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Wallace

Bonjour Benoît, Fabien et Pascale,

 

Par ailleurs, j'ai envie d'ajouter une question supplémentaire à ce sujet : comment vivez vous la cuite des autres ?

C'est vraiment la conversation qui me met le nez dans ma partie phobique. Comme toi, Pascale, je suis mal à l'aise. En réalité, je les perçois comme imprévisibles, et donc là aussi, j'ai plutôt peur.

 

Fabien, je ne connaissais pas cette chanson, et pourtant j'adore Serge Reggiani. Merci, elle est vraiment déchirante.

 

Très amicalement,

Wallace

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On dirait le sud

Bonjour Pascale, Fabien et Wallace,

 

Merci pour ces premières réponses.

 

Et pour répondre à la question bonus de Pascale, je suis, moi aussi, très mal à l'aise face à la cuite des autres.

 

S'ils me connaissent, ils peuvent me dire des choses qu'ils n'auraient pas dites en temps normal (ce fut le cas d'une ex qui vidait ce qu'elle avait sur le cœur, et je me refusais à profiter de sa faiblesse pour régler nos comptes du moment, mais le lendemain elle avait oublié). Ils peuvent aussi me bousculer physiquement car me trouvant trop léthargique en temps normal (ce fut le cas de mon meilleur ami à l'époque des soirées d'étudiant). Enfin ils peuvent me causer de la honte socialement car je n'aime pas trop attirer l'attention sur moi, surtout de cette façon.

 

S'ils ne me connaissent pas (et réciproquement), je déteste encore plus qu'ils s'approchent de moi. Je crains toute agressivité, volontaire ou non, renforcée par l'alcool, je déteste les marques excessives de vulgarité (même si parfois je n'en laisse rien paraître extérieurement), et en même temps, je peux ressentir de la compassion si je sens la souffrance humaine cachée derrière cette ivresse. En cas d'ivresse joyeuse et non agressive, je suis moins mal à l'aise, voire je rigole. (Il me semble que mon attitude alors dépend aussi de si je suis seul, ou en groupe face à l'ivrogne.)

 

Bref, comme l'a dit Fabien, une réponse simple n'est pas facile.

 

Bien amicalement,

Benoît

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Docthib

Bonjour Benoît, bonjour à tous,

 

Quelle idée originale, ce sujet ! :happy:

  1. Comment chaque ennéatype aborde la consommation de boissons alcoolisées

J'ai eu tendance plus d'une fois à abuser (dépasser les limites), mais je ne sais pas si c'est symptomatique du 3. Vu de mon point de vue, je dirais que l'alcool servait (dans une première période de ma vie) à « faire circuler le courant social ». Cela me mettait dans l'ambiance assez rapidement, et j'y mettais aussi les autres en vérifiant régulièrement que les verres n'étaient pas vides.

 

Pour un 3 – je parle pour moi – l'alcool sert de désinhibant, d'accélérateur social : on arrive plus vite « dans le vrai » (croyais-je à l'époque). Il y avait aussi un souci d'image : l'alcool me rendait plus spirituel, plus boute-en-train, et me donnait plus de réparties qu'en état de sobriété. Par ailleurs, hum, mon sous-type sexuel était bien content de cette désinhibition…

 

En revanche, sans parler de cuite (cela viendra plus bas), j'étais très vigilant sur l'image : jusqu'à un certain point, mes performances étaient améliorées (je parle des performances cérébrales et sociales, hum, notamment), mais au-delà d'un certain nombre de verres, je sentais que le cerveau continuait à très bien fonctionner, le problème se situant plutôt au niveau du corps : voix pâteuse, bafouillement. Il fallait alors que je devienne extrêmement vigilant, car j'aurais très mal supporté que quelqu'un se rende compte que j'étais parti. Un gros souci d'image, donc.

  1. s'il pense ou non aux conséquences d'une consommation excessive

J'y pensais très souvent, et je savais que le verre de trop, on ne le reconnaît… qu'après l'avoir bu ! Donc je dirais que je ne partais jamais avec l'idée que j'allais me prendre une cuite coût que coûte, j'essayais de l'éviter (la honte, et les situations très embarrassantes pour l'image), mais une fois lancé, je voyais les limites de manière beaucoup plus floues. Je me demande s'il n'y a pas aussi une influence de l'émotionnel réprimé derrière cela : une manière de libérer les émotions…

  1. comment enfin il gère les dites conséquences (la fameuse cuite) lorsque cela arrive

C'est arrivé très très souvent, au point que je n'ai jamais pris la peine de compter, et que je ne vais pas jouer la vanité de celui qui vous assénerait un score… que je n'ai pas, vous l'aurez compris. Je dirais que j'ai été malade (= synonyme de cuite) une dizaine de fois, et migraineux ou dans le gaz (autre signe de cuite) plusieurs fois par an, disons tous les deux mois en moyenne.

 

Je gérais les conséquences à plusieurs niveaux :

  • Physiologique : aspirine + endurance (to endure). Si j'avais une cuite, ça ne servait à rien de me lamenter, il fallait que je vive ma cuite comme punition logique de mon intempérance, et je crois ne jamais m'être menti sur ce sujet.

  • Social : je m'excusais auprès de potes rigolards et qui me pardonnaient illico, certains me faisant part de leur inquiétude, et moi les rassurant par un mélange d'humilité (contre-passion) et de réassurance (mensonge à eux, et aussi mensonge à moi-même ("j'ai la situation sous contrôle")).

  • Relationnel : dans ma relation du moment, on était toujours deux bons vivants, dans un milieu qui fait la fête, donc c'était bien vécu, mais là aussi, on s'inquiétait pour moi, et il me suffisait d'afficher une diète de quelque temps (quelques jours, quelques semaines, voire quelques mois) pour rassurer ma relation.

Voilà pour mon témoignage !

 

Très amicalement,

Docthib / Christophe

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

Le 23/06/2015 à 09:34, Wallace a dit :

C'est plutôt un sujet de fierté, mais à te lire ce matin, Fabien, j'ai presque un léger regret.

Il n'y a vraiment pas de quoi. Vraiment.

 

Le 23/06/2015 à 09:34, Wallace a dit :

Le talent des 7 pour rendre les choses plaisantes m'épate toujours.

Oui, nous sommes souvent de bons bonimenteurs. Et dans bonimenteurs, il n'y a pas que boni ! Non que les anecdotes racontées ne soient pas mes souvenirs de ces moments, mais je me méfie de l'exactitude des souvenirs.

 

Le 02/07/2015 à 08:10, Docthib a dit :

Pour un 3 – je parle pour moi – l'alcool sert de désinhibant, d'accélérateur social : on arrive plus vite « dans le vrai » (croyais-je à l'époque). Il y avait aussi un souci d'image : l'alcool me rendait plus spirituel, plus boute-en-train, et me donnait plus de réparties qu'en état de sobriété. Par ailleurs, hum, mon sous-type sexuel était bien content de cette désinhibition…

[…]

En revanche, sans parler de cuite (cela viendra plus bas), j'étais très vigilant sur l'image : jusqu'à un certain point, mes performances étaient améliorées (je parle des performances cérébrales et sociales, hum, notamment), mais au-delà d'un certain nombre de verres, je sentais que le cerveau continuait à très bien fonctionner, le problème se situant plutôt au niveau du corps.

Oui, dans le stage Sous-types, nous classons effectivement l'alcool dans les drogues de l'instinct social. Pour les deux autres instincts, il n'est pas très efficace… et il n'est recommandé pour aucun des trois.

Personnellement, sur le plan social, j'ai utilisé l'alcool dans deux directions opposées selon les circonstances : au service du S+ ou du S-. Comme toi, Christophe, il a parfois permis de faciliter les relations sociales. Parfois aussi, il m'a servi à m'isoler : je m'ennuyais et, comme pour une raison quelconque je ne pouvais pas partir, je m'occupais à boire un peu trop dans mon coin, comme dans mon premier exemple ci-dessus.

Très amicalement,
Fabien

P.-S. : un autre petit cadeau que seule la chaleur estivale excuse, cette blagounette d'Alphonse Allais :

Hamlet : Qu’avez-vous fait de la bouteille de gin ?
Le Fossoyeur : J’ai tout bu.
Hamlet : Tout bu, or not tout bu ?

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Kayla

Allez, c'est mon tour.

Je n'ai jamais pris une cuite, jamais.

En fait, je ne bois jamais plus d'un verre ou deux. Et encore, une fois par an maximum.
Jamais de vin rouge ni d'alcool fort.

Mon père buvait beaucoup, je suppose qu'il boit encore beaucoup. (Je ne le sais pas et ça ne m'intéresse pas)
Dans ma famille, les hommes buvaient beaucoup et avaient l'alcool triste et agressif. Très. Je me souviens de scènes violentes, voire ultra violentes. Ça m'a vaccinée…

Du coup, mon ego m'a emmenée vers l'excès inverse. J'étais anti-alcool à fond. Jamais une bouteille de vin à la maison. Même pas de bières. La dernière bouteille achetée, du Malibu, est encore dans le placard… Depuis 3 ans !

Je me suis un peu assouplie avec les filles… 18 et 19 ans, en Belgique, où la bière n'est pas considéré comme de l'alcool. (Je me souviens d'une pancarte, dans le magasin du coin : "Vente d'alcool interdite aux moins de 18 ans. Bière en dessous de 16 ans.")

Par contre, si j'ai des invités, je vais prévoir, mais jamais de quoi se prendre une cuite. Et seulement si je les connais bien et que je connais leur réaction après un verre ou deux ou trois.

Face aux excès des autres, je ressens de la peur, de la honte, de la colère, de la pitié. Ça peut aller jusqu'au mépris et au dégoût si c'est agressif et trop régulier.
De la tristesse si je les aime fort.

Face à des amis "gaies", je peux être amusée si elles sont beaucoup plus réservées en temps normal. Je rentre en phase d'observation et je remarque plein de choses quelles n'expriment pas d'habitude. C'est une mine d'informations ennéagrammiques supplémentaires !

Je sais que mes filles boivent de l'alcool et ont déjà vécu une ou plusieurs cuites. J'ai aussi compris que me braquer ne servirait qu'à les braquer elles aussi. Alors, j'ai lâché la bride et je fais confiance. La grande s'en est beaucoup servi de facilitateur social mais se rend aussi compte que son cerveau fonctionne alors moins bien. Bien plus efficace que mes interdictions !

La seconde est hyper sociale, et c'est plutôt pour faire comme les autres. Mais elle a pu observer les dégâts pendant les fameux carnavals et est plutôt responsable.

J'ai une amie 2 alpha qui a l'alcool agressif et trop régulier. Je l'évite dans ces moment-là, jamais d'alcool si je l'invite, pas une goutte. Et je suis déjà partie de chez elle parce qu'elle devenait trop acerbe.

Donc, voilà, un verre une ou deux fois par an. Hors de question de perdre le contrôle, certes, mais je n'ai jamais eu besoin de ça pour m'amuser.
Je suis toujours étonnée quand on me dit que je ne sais pas m'amuser et que je suis coincée parce que je ne bois pas… Moi qui passe tant de temps à jouer !

Sobrement vôtre,
Kayla

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Fabien Chabreuil

Bonjour Kayla,

 

Et le lien avec ton profil ennéagramme ?

 

Très amicalement,

Fabien

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Kayla

Le plus évident, c'est la compulsion d'évitement de la banalité dans une famille où c'était la norme. Puis dans une société dans laquelle boire un verre de trop, c'est savoir s'amuser.

Ensuite, je ne vois pas l'envie. Ni la fixation de mélancolie.

Peut-être plutôt de la contrepassion pendant toute une période de ma vie. Une fierté de pouvoir m'en passer pour m'amuser, d'être au-dessus de ça !

Maintenant la fierté égotique est moins présente, la contrepassion aussi, je suis plus en paix avec ça.

Ça a eu un fort impact sur mon sous-type conservation et social.

Un des rares domaines où j'ai toujours été en C++ (en fait tout ce qui peut rendre dépendant : j'ai le même rapport en plus extrême à la cigarette, aux médicaments, au reste…). Et une difficulté à fréquenter les soirées arrosées donc la quasi totalité des soirées pendant des années, donc un social en S--.
Maintenant, je peux m'amuser dans une soirée où les autres boivent un peu trop d'alcool, ça me fait moins peur. Si je ne suis pas confrontée violemment à l'alcool agressif.

Un rapport à l'image aussi, je ne voulais pas ressembler à ce que je pouvais voir de certaines personnes ivres. Mais même vis-à-vis de moi-même, ce serait en trop grand décalage avec l'image que je veux donner mais aussi à ce que je veux être et devenir. Quel exemple alors donnerais-je ? Directement lié à la honte, j'ai eu tellement honte quand les gens voyaient mon père dans cet état. Et elle est réveillée dès que le contexte est similaire.

Peut-être, enfin c'est sûr, une peur que mon père m'ait transmis cet atavisme et de ne pas savoir m'arrêter, du coup mieux vaut ne pas commencer du tout.

Je ne sais pas aller plus loin pour le moment. J'ai creusé loin et là j'ai trop mal pour continuer. :sad:

Bises,
Kayla

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Babou

Bonjour à tous !

Une cuite de thé, ça compte ? Car je ne bois pas d'alcool, je n'aime pas ça.
Par contre je bois énormément de thé, et en soirée je dois assumer ! J'ai ma réputation… Pas toujours facile à assumer mais je ne me force pas à boire de l'alcool, même si ça semble étrange de l'extérieur.

Par contre, on m'a déjà crue saoule plus d'une fois quand je rigole un peu trop ou que je me laisse aller à déconner !! :proud: Je ne ressens pas le besoin du verre d'alcool, même si, quand je suis dans une soirée où je ne connais pas grand monde (j'ai horreur de ça !!), je pense qu'un petit verre pourrait m'aider à m'ouvrir aux autres.

Et comme Pascale, je suis moi aussi mal à l'aise devant des personnes saoules. Généralement, je m'en éloigne car elles sont trop imprévisibles et le vrai échange est alors rompu.

Et ça fait plaisir de lire ton témoignage, Kayla, car généralement les gens qui ne boivent pas du tout sont assez cachés je trouve... Alors ça fait du bien de voir qu'il y en a !

À bientôt,
Babou

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Kayla

Bonjour Babou,

Grande buveuse de thé devant l'éternel, je suis ! J'en ai une cinquantaine de différents dans des jolies petites boîtes.

Moi aussi, on croit parfois que je suis saoule quand je suis très détendue. Mais non, les bulles sont dans ma tête tout le temps… Et parfois elles remontent…

À bientôt. :happy:

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,
 
Babou : "Par contre, on m'a déjà crue saoule plus d'une fois quand je rigole un peu trop ou que je me laisse aller à déconner !!"
Kayla : "Moi aussi, on croit parfois que je suis saoule quand je suis très détendue."
Cela m'est aussi arrivé très souvent quand j'étais jeune — j'ai aujourd'hui la déconnade plus mesurée ! :cry: Dans ce cas-là, je dégainais mon aile 8 et exprimais à mes interlocuteurs tout le dégoût que m'inspirait leur misérable vie dans laquelle on ne pouvait rire et s'amuser qu'en étant ivre.

 

Très amicalement,

Fabien

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