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Même pas peur

Maman 6 d'un petit HPI de 6 ans

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Même pas peur

Bonjour à tous,

 

Je viens ici témoigner en tant que maman d'un petit HPI de 6 ans. Je suis pour le moment incapable de déterminer son énnéatype, d'une part car je n'ai pas encore le recul et l'expérience nécessaires, d'autre part car il me semble complexe de détacher les signes d'un surdouement de ceux de la compulsion.

 

Je suis 6 alpha et j'ai vécu la période avant le test comme un vrai parcours du combattant. Très vite j'ai vu que mon fils était hyper-sensible, très (parfois du fait de ma fatigue, trop) curieux, vif, ayant sans cesse besoin de stimulation et d'activités.

 

À 2 ans, j'ai commencé à en parler, d'abord à mon mari, puis à mes amis proches. Et au doute et à la supicion, s'ajoutait le doute de mon entourage (il est très petit, c'est tout à fait normal). Déjà à cette époque où je ne connaissais pas encore l'ennéagramme, j'avais conscience que j'avais un vrai problème : mon "instinct" de maman qui disait que "quelques chose cloche" et cette propension à accorder plus de crédit aux autres qu'à moi-même.

 

J'ai stagné comme ça pendant 2 ans, et mon fils n'allait pas bien. En petite section déjà, nous êtions souvent convoqués car notre fils avait "l'impression d'être tout seul en classe", posait trop de questions, sollicitait tout le temps l'adulte. Enfant unique, il n'a pas pu s'appuyer sur un peu de recul de notre part, et à cela s'est ajouté un déménagement qu'il a très mal vécu mais qui, en me faisant "perdre" mon job, a permis que je me concentre sur lui. À cette époque il a été facile pour l'ancienne école (je veux dire l'éducation à l'ancienne) d'incriminer maman, souvent partie, souvent au travail, laissant ce petit livré à lui-même et sans autorité aucune (son papa était présent avec lui pourtant…) et moi, 6 alpha, je ne supportais évidemment pas d'entendre cela, mais j'avais bon dos, car je culpabilisais beaucoup. Avec le recul je retrouve bien tous les mécanismes égotiques du 6. Puis dans la nouvelle école, les problèmes ont continué et bien que persuadée d'un souci, je ne savais pas le nommer. J'ai dû convaincre mon mari qui est beaucoup dans le déni, d'écarter l'hyper-activité, puis il a été inscrit en CMP. Mais nous n'avions toujours pas de réponse, car les spécialistes nous disaient qu'il allait bien.

 

Je ne veux pas du tout dire que le surdouement est un problème ou une maladie. Au contraire, pour une mentale comme moi, je suis très fière de ce mental brillant que l'on décrit de mon enfant, et je crois d'ailleurs que s'il m'avait été donné de choisir un don plutôt qu'un autre, j'aurais choisi le mental, plutôt que des aptitudes physiques par exemple ou autre chose. Je me suis sentie, lors de l'annonce des résultats du test, me désintégrer en 3, car j'ai tout de suite eu envie d'aller dire au corps enseignant et aux parents dénigrant mon fils : "Eh bien vous savez quoi, vous ne pouvez pas le comprendre, vous êtes stupides, et lui est brillant !" Evidemment j'ai conscience que ça n'est pas du tout la bonne manière de faire, justement, je me désintégrais.

 

Et puis il a commencé à avoir des problèmes relationnels, avec de la violence à son égard, violence qu'il a finit par reproduire cette année.

Si je n'avais pas été victime de ma compulsion, j'aurais avancé plus vite. Au lieu de cela, je m'en suis remise à tout ce qui gravitait autour de moi, mais le jour où mon fils m'a dit, du haut de ses 6 ans, qu'il voulait se jetter sous une voiture, je n'ai plus écouté que mon propre instinct et les choses se sont précisées en à peine 3 mois. Psychomotricienne et neuropsychiatre qui nous ont confirmé la surdouance de notre fils.

 

Il est soulagé, comme libéré d'un poids. Et en rentrant chez moi ce jour-là, je n'ai pas m'empêcher de pleurer. Pleurer beaucoup, car je ne cessais, dans une très longue transe que je n'ai pas travaillé, de répéter "je le savais, je le savais, je le savais…"

 

J'en ai beaucoup voulu à mon ego, qui m'a coincée dans l'inertie, mais le travail sur les transes m'aide à maintenir ce mental mais je vois bien que l'ego me souffle : regression en âge, hallucinations positives, et évidemment progression en âge.

 

Quant à mon fils, j'ai vraiment hâte de pouvoir cerner son ennéatype pour mieux le comprendre et l'aider à être lui-même.

Au delà du travail de l'ennéagramme, si vous avez des conseils, en tant que surdoués ou proches de surdoués, à donner à une maman de surdoué, je suis preneuse !

 

Bien à vous,

Même pas Peur

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Tout d'abord, toute mon amitié à ton petit HPI de 6 ans, MêmePasPeur. La conversation sur les types et la précocité intellectuelle a largement montré la souffrance que représente cet état, y compris la tentation du suicide. C'est plutôt positif que ton fils ait pu t'en parler ; personnellement en tant que 7, j'y ai si souvent pensé sans jamais l'exprimer.

 

Déterminer son ennéatype me semble une priorité, car la manière de vivre sa surdouance et d'en surmonter les difficultés est, je pense, très différente selon le profil.

 

Personnellement, la plus grande souffrance résultant de ma surdouance a été la solitude, l'impossibilité d'échanger à mon niveau, même avec des adultes, alors qu'en tant que 7, j'aime bien partager mon savoir et discuter de mes idées. À l'époque, il n'y avait pas d'écoles et de lycées spécialisés dans l'accueil de ces enfants. À distance, il me semble que fréquenter un tel établissement aurait été le mieux pour moi sur le plan psychologique. Sur le plan mental aussi puisque j'ai, comme raconté dans la conversation suscitée, systématiquement sous-utilisé mes capacités. Et après, "on se sent floué par les années perdues."

 

Très amicalement,

Fabien

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