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Mdo

Centre instinctif réprimé et manque d'espérance

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Mdo

Bonjour à tous.

 

Voici quelques phrases, de Siri Hustvedt à propos de son livre Un monde flamboyant [Version Kindle], qui me semblent se rapporter à la problématique de ceux qui, réprimant le centre instinctif, ont un problème avec le manque d'espérance : "Les vrais artistes possèdent cette chose remarquable : être convaincu que ce que l'on donne au monde a de l'importance. Ce n'est pas nécessairement une question de talent. Il faut croire en soi."

 

Après le stage Centres du mois de novembre, j'ai beaucoup réfléchi à cette question de l'espérance et j'ai aussi fait quelques observations sur mon utilisation des centres.

  • Étant 4 alpha, j'ai bien entendu un centre émotionnel en surchauffe permanente et j'ai un besoin compulsif d'exprimer ce que je ressens. Résultat, des relations passablement conflictuelles, les autres n'appréciant généralement pas les déballages émotionnels surtout quand ils consistent à tirer sur tout ce qui bouge. Après j'ai honte de moi et je me mets en retrait, ce qui n'améliore pas vraiment la situation.
  • Là dessus, le centre mental rapplique pour soutenir son copain émotionnel. D'où ruminations interminables, analyse de ce qui s'est passé pour tenter de comprendre le pourquoi du comment des émotions fortes. En retrait, toujours, d'abord parce que les deux centres sus-cités prennent toute la place et toute mon énergie, ensuite parce que je suis persuadée de l'inutilité de quelque action que ce soit.
  • Enfin, le centre instinctif qui, dans la vie de tous les jours ne fonctionne en fin de compte pas si mal (oui, à ma surprise), si toutefois je parviens à me décider à l'activer (mais je ruse)…

    Soit il se met à son tour au service du centre émotionnel, ce qui se traduit en agitation stérile pour "éviter la banalité". À y réfléchir, je crois que c'est plutôt le désir incontrôlable de me faire remarquer, d'exister, de marquer ma différence, que juste le désir de ne pas être banale. Banale je peux l'être, si je suis au milieu de gens qui ne le sont pas (surtout ne pas faire comme les autres) ! En réalité j'ai découvert que derrière cette agitation, il y a une peur bleue de ne pas exister aux yeux des autres, de ne pas avoir d'importance, d'être celle qu'on laisse derrière. Je travaille beaucoup là-dessus, je suis très vigilante sur le moment où je commence à dire ou faire n'importe quoi pour montrer que je suis là. Le monde ne s'est pas encore transformé en désert pour autant, a priori

    Soit je l'active volontairement dans l'intention de trouver un meilleur équilibre de mes centres, d'être plus dans la vraie vie au lieu d'attendre que les circonstances soient idéales. Là ça se complique, parce que mes peurs rappliquent à toute vitesse. Peur de m'exposer. Peur de montrer qu'en réalité je suis nulle. Peur d'être rejetée. Et puis aussi, je me retrouve en face d'une totale conviction que ce que je peux faire ne change rien, n'est pas important, voire est complètement inutile. Ce qui est quand même assez désespérant…

En fin de compte, je me suis aperçue en faisant les exercices préconisés à propos de la compulsion, que me mettre en retrait ou au contraire remplir tout le paysage pour être le centre de l'attention étaient une très bonne protection. (Et le pire c'est que le retrait peut être aussi un bon moyen d'attirer l'attention !)

Sauf que la protection ne me protège de rien et m'évite seulement de me confronter à mes peurs. Surtout, elle m'emprisonne, et m'empêche de vivre librement.

 

Je trouve en fin de compte assez ironique le décalage entre le désir d'exister et d'avoir de l'importance, et le fait de rester en retrait et d'éviter le risque d'être vraiment vue à travers des actes correspondant à mes valeurs profondes. C'est une furieuse contradiction, non ? Je trouve cette stratégie très bizarre !

 

Je finis tout de même par une note d'espoir : agir peut changer quelques petites choses dans les environs immédiats !

 

Vivez vous des contradictions similaires ?

Et est-ce que ceux qui répriment l'émotionnel ou le mental trouvent aussi des incohérences ?

En travaillant à votre intégration, "croyez-vous en vous" (ou vous faites-vous confiance, ou avez-vous de l'amour pour vous) ???

 

Amitié à tous,

Marie-Do

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci Mdo pour cette fine analyse.

 

"Je trouve en fin de compte assez ironique le décalage entre le désir d'exister et d'avoir de l'importance, et le fait de rester en retrait et d'éviter le risque d'être vraiment vue à travers des actes correspondant à mes valeurs profondes. C'est une furieuse contradiction, non ? Je trouve cette stratégie très bizarre ! […] Vivez vous des contradictions similaires ?"

Oh la la ! En tant que 7 mu de sous type social, j'aurais pu écrire cette phrase mot pour mot. En inversant les centre émotionnel et mental, j'ai eu le même type de fonctionnement que toi. Je voulais changer le monde et je ne quittai pas ma bibliothèque…

 

C'est une illustration de l'affirmation de Kathy Hurley et Theodorre Donson : "Le centre réprimé contrôle silencieusement la personnalité."

 

"Je finis tout de même par une note d'espoir : agir peut changer quelques petites choses dans les environs immédiats !"

Oui, indubitablement et pour commencer !

 

Très amicalement,

Fabien

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