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Claire5

Bonjour,

 

Cela fait quelques mois que je me suis remise à pratiquer le Feldenkrais, et je souhaitais me renseigner sur le sujet de manière à trouver éventuellement le type de la méthode et de son fondateur, Moshe Feldenkrais.

 

Moshe Feldenkrais (1904, Ukraine 1984, Tel Aviv) est un physicien qui a exercé à Paris et un pratiquant du judo (dont il a contribué à l'implantation en France). C'est suite à une blessure à son genou déjà fragilisé qu'il s'intéresse à des techniques de rééducation. Il réussit ainsi à le soigner sans avoir besoin d'une intervention chirurgicale (cela devrait plaire aux sous-types Conservation :wink:).

 

Il a ainsi développé petit à petit une méthode qui vise à retrouver la santé et l'apprentissage du corps, par le toucher et en explorant les petits mouvements, nommée Intégration Fonctionelle (IF). Plus tard, pour rendre cette méthode plus accessible, il la met également en uvre sous forme de cours collectifs. Il appelle cela Prise de conscience par le Mouvement (PCM). L'ensemble de l'IF et de la PCM constitue la Méthode Feldenkrais.

 

Concrètement, les cours collectifs se déroulent ainsi : les pratiquants sont allongés sur le sol, et le praticien donne des indications de mouvement à essayer, qui doivent être exécutés très lentement et très petit. L'objectif est de retrouver une harmonie, de la fluidité et de la connaissance/sensibilité de soi-même.

 

Hiérarchie des centres

 

L'approche est instinctive. Comme son nom l'indique il s'agit de prendre conscience de son corps en l'activant par le mouvement.

 

Pour moi, il n'y a aucune dimension émotionnelle dans les cours. D'ailleurs ce centre émotionnel semble également oublié lorsque l'on lit Moshe Feldenkrais. Dans son article "Esprit et Corps", il parle de la nécessité d'unifier la vie mentale et musculaire uniquement, sans aborder la vie émotionnelle. D'ailleurs selon lui, cette unité à un avantage a être abordée par le corps car l'expression musculaire est plus simple. L'approche corporelle donne des bénéfices rapides et des résultats plus directes.

 

Il y a également très peu de mental en PCM. La théorie n'est pas du tout l'objet des cours, même si quelques explications peuvent être données à la fin d'un cours. Cependant, je pense qu'elle existe et qu'elle est au service du centre instinctif. À la question de savoir à quoi il pensait pendant qu'il enseignait l'IF, Moshe aurait répondu qu'il pensait à l'équation mathématique de la fonction idéale avec laquelle il travaillait1.

 

Je vois une hiérarchie des centres I-M-E, ce qui pointe vers : 8 alpha, 1 mu, 9 alpha, 6 mu et 3 alpha.

 

Orientation

 

Le titre d'un des livres de Moshe La Puissance du Moi (traduit de l'anglais "The Potent Self"), me fait penser à l'orientation du 8, la puissance et le courage.

 

L'orientation du 3, la capacité à réaliser et réussir pourrait également faire sens. Il y a d'ailleurs des chapitres dans le livre précédemment cité, intitulés "Comment devenir plus performant", "Comment réussir". Le leitmotiv de Moshé était : "Si vous savez ce que vous faites, vous pouvez faire ce que vous voulez1."

 

Il n'est pas vraiment question de la rigueur personnelle du 1, dans le sens où il ne s'agit pas du tout de faire un mouvement parfait, d'ailleurs il n y a pas d'évaluation ou de correction du mouvement qui soit donné par le praticien au pratiquant. Le pratiquant est invité à faire ce qu'il peut, et s'arrêter s'il y a trop d'inconfort.

 

L'orientation du 9 d'acceptation et de soutien fait moyennement sens. Certes il y a acceptation de soi-même, écoute de son corps, sans jugement. Mais c'est une démarche individuelle, et je ne sais pas si on peut vraiment parler de soutien de soi même, ou encore de soutien du pratiquant par le praticien.

 

Enfin, la loyauté 6 ne fait selon moi aucun sens pour la méthode Feldenkrais.

 

Type de Moshe Feldenkrais

 

Si on part du présupposé que le type de la méthode est le même que celui de son fondateur, je trouve qu'il y a plus de chance pour que l'on soit en présence d'un 8 que d'un 3 : "En lui-même il exprimait toujours sincèrement ce quil ressentait. Il ne se cachait pas derrière un masque sociale. Par moments il était monstrueux, et parfois égocentrique. Il nétait jamais faux par rapport à son for intérieur2."

 

"Ce qui m'impressionna le plus pendant ma première séance avec lui fut sa façon d'être, simple, directe, toujours terre-à-terre3."

 

Nous pourrions être en présence d'un 8, qui aurait compris son chemin de développement personnel passe par la réduction des "efforts inutiles", ce qui est aussi un des buts de la pratique.

 

Cela me rappelle ma première prof de Feldenkrais qui répétait bien fort dans ses cours bondés : :hautetfort:"Faites petit !! Extrêmement petit!!" Ce qui paradoxalement peut être très 8 (style de communication impératif + excès dans le petit).

 

Je voulais soumettre ce début d'analyse avant d'aller plus loin. D'autant plus que j'ai beaucoup de mal à lire La Puissance du moi et Énergie et bien-être par le mouvement. Autant j'apprécie pratiquer la méthode, autant je n'aime pas lire les écrits de Feldenkrais.

 

Amicalement,

Claire

 

(1) Entretien entre Myriam Pfeffer et Ilana Nevill

(2) Danser ensemble, plutôt qu'un traitement Sur la relation entre le travail de Moshe Feldenkrais et celui de Martin Buber, par Carl Ginsburg.

(3) C'est à LUI qu'il faut demander si on peut l'aider !

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Claire, je ne connais que de nom la méthode Feldenkrais. Je me souviens juste que Richard Bandler, un des deux cofondateurs de la PNL, disait qu'elle est exactement au travail corporel ce que la PNL est au travail psychologique. Richard Bandler est d'ennéatype 8 et la PNL est une technique de type 3. C'est bien en harmonie avec tes hypothèses, mais je reconnais que cela ne résout pas le problème.

 

Très amicalement,

Fabien

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Yves

Bonjour à tous,

Merci Claire d'avoir ouvert ce sujet et d'avoir entamé cette analyse. Je trouve ce thème très intéressant. En particulier pour les 5 (mais les autres ennéatypes sont bienvenus).

J'ai longtemps hésité à témoigner, j'ai procrastiné. D'abord parce que cela fait plusieurs années que je n'ai pas pratiqué la méthode Feldenkrais, malgré ses bienfaits avérés dans mon cas personnel. Mon ego de 5 n'y voit pas d'intérêt. Surtout que cette méthode consiste à explorer, elle ne poursuit aucun objectif, à part écouter ses sensations (à quoi ça sert, me demande mon ego, et pourtant j'ai participé au stage Essence) et prendre conscience de son corps ; elle ne vise aucun résultat, alors là, mon ego, vous savez… J'ai d'ailleurs été amusé par ses manifestations pendant certaines séances. Eh oui, mon ego de 5 est capable de tapage nocturne… dans mon crâne !

Par ailleurs, j'ai oublié le contenu de La Puissance du Moi, un des essais de Moshe Feldenkrais, que Claire a évoqué. Je ne pouvais donc en parler.

Double honte donc, la deuxième plus égotique que la première. Puis, troisième motivation égotique pour ne pas participer à cette conversation, je trouve les bienfaits de cette pratique tellement difficiles à préciser avec des mots ; c'est flou, ça ne va pas du tout avec mon orientation de 5, me chuchote mon ego. Bref, je me suis laissé inhiber par une honte et une crainte égotiques de ne pas en savoir assez et d'être incapable de m'exprimer avec précision et pertinence (ah, la peur de base du 5).

Courage, commençons par le plus difficile : les bienfaits de cette pratique. Moi qui, en tant que 5, ai tendance à me dissocier, j'ai affiné la conscience de mon corps. Conscience de l'interdépendance de mes os, grâce à mes articulations, de mon gros orteil jusqu'à ma colonne cervicale, par exemple. J'ai été agréablement surpris de découvrir par l'exploration, que je pouvais effectuer certains mouvements autrement (flexions, torsions, mouvements complexes). Cela m'évoque le stage Essence. Mon squelette m'a paru fluide. Je me suis senti associé à mon corps. Bon, de peur d'être imprécis, je m'arrête là.

Dans un prochain message, je complèterai l'analyse, entamée par Claire, de la méthode du point de vue de l'Ennéagramme.

Amicalement,
Yves

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Cette méthode consiste à explorer, elle ne poursuit aucun objectif, à part écouter ses sensations […] et prendre conscience de son corps ; elle ne vise aucun résultat."

Moi, au contraire, cela commence à m'intéresser. Mais je suis stupéfait. Je disais dans mon dernier message que "Richard Bandler, un des deux cofondateurs de la PNL, disait qu'elle est exactement au travail corporel ce que la PNL est au travail psychologique". Et s'il y a une approche orientée résultats, et résultats concrets et rapides, c'est bien la PNL !

 

Claire, elle disait que "l'objectif est de retrouver une harmonie, de la fluidité et de la connaissance/sensibilité de soi-même", ce qui va dans le même sens que toi, Yves.

 

Eh bien, on va voir !

 

Très amicalement,

Fabien

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Yves

Bonjour à tous,

Quelle est la finalité de cette méthode ?

À l'origine, comme l'a indiqué Claire, Moshe Feldenkrais se demandait s'il était possible d'éviter une opération chirurgicale de son genou. Pourquoi ? Je ne sais pas. J'ai senti chez lui une colossale espérance en lui-même. Il s'est mis à explorer des alternatives à sa façon habituelle de mouvoir son genou, dans la lenteur. Découvrir des alternatives à ses habitudes, changer ses habitudes, les longues pauses au cours de la pratique : un parallèle peut être fait avec le stage Intuition (que je recommande en particulier aux 5). Puis, petit à petit, il a exploré des façons de mouvoir de façon plus efficace, non seulement son genou, mais tout son corps. Comment adapter ses mouvements à l'état de son corps, à sa pathologie, à ses handicaps : l'adaptabilité. Pour cela, offrir la possibilité à son système nerveux d'inscrire en lui d'autres schémas de mouvements, repousser ses limites : cette méthode induit une capacité, une forme de puissance dirigée vers soi-même (au sens de capacité à faire, et aussi à se transformer), une métanoïa (cf. le stage Essence), une forme de liberté. Elle induit aussi de la fluidité, de l'harmonie. Et aussi une forme de connaissance/sensibilité de soi (je reprends l'expression de Claire, que je trouve très juste). D'ailleurs PCM signifie « Prise de Conscience par le Mouvement ».

Bref, si je devais choisir, je dirais pour l'instant — sans certitude — que, pour Moshe Feldenkrais, la finalité de la méthode était l'adaptabilité. Pour en être certain, il faudrait que je relise ses écrits. Or, une caractéristique de l'ennéatype 3 est justement l'adaptabilité. Est-ce aussi une caractéristique de la PNL ? Je ne sais pas.

Entre parenthèses, la finalité originelle d'une méthode peut être détournée par les enseignants et les pratiquants.

Quant à moi, je voulais travailler l'accès au centre intuitif du 5 (cf. le stage Centres) et, imprégné de l'excellent stage Essence, mon objectif n'était pas de me mouvoir autrement, mais plutôt d'être davantage conscient de mes sensations.

La découverte de la fluidité de mon squelette a été un effet secondaire. Un autre effet secondaire a été la découverte d'autres façons de me mouvoir : par exemple, pour fléchir mon genou gauche, à plat dos, en tournant d'abord la hanche vers l'extérieur (mais ça pourrait être aussi vers l'intérieur), ou pour changer de position à partir de la position à plat dos. Non seulement je les ai découvertes, mais mon système nerveux les a intégrées. Pourquoi ? Cette question… mais non, voyons, il n'est pas besoin de connaître la réponse pour pratiquer ! Ah, il faut bien lui donner un os à ronger, à mon ego de 5 ! :glouton: Bon, voilà, il paraît que certaines connexions neuronales s'établissent lors de mouvements lents et de faible amplitude.

Je vous livrerai bientôt mon analyse de la méthode du point de vue de l'Ennéagramme.

À très bientôt, :bye:
Yves

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci, Yves, pour ces compléments. Maintenant, ça colle, et ça colle bien !

 

"Bref, si je devais choisir, je dirais pour l'instant […] que, pour Moshe Feldenkrais, la finalité de la méthode était l'adaptabilité. […] Est-ce aussi une caractéristique de la PNL ? Je ne sais pas."

Moi si ! :proud: :rofl: C'est un des présupposés de la PNL : la loi de la variété requise. Cette loi vient de la théorie des systèmes et dit qu'un élément d'un système a besoin d'une quantité minimale de flexibilité proportionnelle à la variété dans le reste du système. Elle est presque systématiquement outrageusement simplifiée par les enseignants de la PNL sous la forme "Plus on a de choix, mieux c'est".

 

"Non seulement je les ai découvertes, mais mon système nerveux les a intégrées. Pourquoi ?"

Là aussi, cela va avec un autre des présupposés de la PNL : le meilleur choix. Un individu est censé faire toujours le meilleur choix dans le cadre de son modèle du monde et des connaissances et possibilités. La PNL ne cherche donc pas à modifier un comportement gênant, elle se contente d'en apprendre un autre plus utile et pense qu'il sera spontanément adopté quand il est approprié.

 

Très amicalement,

Fabien

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Yves

Bonjour à tous,

Je ne connaissais pas ces présupposés de la PNL et ils me semblent très intéressants, ainsi que ce lien avec la théorie des systèmes. En effet, ils s'adaptent bien aux principes de la méthode.

"Cette loi vient de la théorie des systèmes et dit qu'un élément d'un système a besoin d'une quantité minimale de flexibilité proportionnelle à la variété dans le reste du système."
Dans le cas de la méthode Feldenkrais, est-ce que le système est mon corps — plus précisément, mon squelette, car la méthode s'intéresse au squelette — et le reste du système, mon environnement (par exemple, un outil ou un instrument à manipuler) ?

Bon, voici un complément de l'analyse de la méthode, entamée par Claire. Je suis parti de ma pratique, telle qu'elle m'a été enseignée par quatre enseignantes très différentes les unes des autres (plusieurs stages d'une semaine et pratique hebdomadaire).

La hiérarchie des centres
 

L'approche est instinctive. Comme son nom l'indique il s'agit de prendre conscience de son corps en l'activant par le mouvement.

Bouger, écouter ses sensations, le confort et l'inconfort, le mouvement et l'immobilité (pendant les pauses d'intégration), voilà en effet des thèmes centraux du centre instinctif.
 

Pour moi, il n'y a aucune dimension émotionnelle dans les cours. D'ailleurs ce centre émotionnel semble également oublié lorsque l'on lit Moshe Feldenkrais. Dans son article "Esprit et Corps", il parle de la nécessité d'unifier la vie mentale et musculaire uniquement, sans aborder la vie émotionnelle. D'ailleurs selon lui, cette unité à un avantage a être abordée par le corps car l'expression musculaire est plus simple. L'approche corporelle donne des bénéfices rapides et des résultats plus directes.

Je confirme. La pratique demande une écoute fine de ses sensations. Mais il n'est jamais question des émotions. Pas d'expression d'émotions pendant la séance, ni après, ni au début de la séance suivante. D'ailleurs, la méthode ne préconise pas de porter attention à ses émotions. Mais elle n'interdit pas de le faire. J'ai pris l'initiative personnelle de le faire. Mais cela change la répartition de l'attention, faite par le centre instinctif inné (cf. le stage Essence). La méthode demande de porter son attention, non pas sur nos muscles où surgissent des réactions liées à des émotions, mais sur nos os et leurs articulations, sièges de la stabilité. Sièges de la stabilité émotionnelle, ai-je envie d'ajouter. Car Moshe Feldenkrais se défiait des émotions. Voici, par exemple, une citation de La Puissance du Moi (chap. 11, p. 140) :


« Le niveau de maturité d'un individu se reconnaît à deux choses qu'il a apprises au fil des années : l'un étant sa faculté à dissocier ses émotions de leur contexte d'origine, et l'autre étant son efficacité dans l'action. En ce qui concerne les émotions, leur intensité est, de ce fait, également sous contrôle. »
 

Il y a également très peu de mental en PCM. La théorie n'est pas du tout l'objet des cours, même si quelques explications peuvent être données à la fin d'un cours. Cependant, je pense qu'elle existe et qu'elle est au service du centre instinctif. À la question de savoir à quoi il pensait pendant qu'il enseignait l'IF, Moshe aurait répondu qu'il pensait à l'équation mathématique de la fonction idéale avec laquelle il travaillait.

Je confirme également. Pas question d'analyser. Même après une séance. Lors d'une pratique solitaire, l'usage du centre mental que je perçois est la représentation des possibilités de mouvoir un sous-ensemble de mon squelette. Me représenter les axes de rotation de mes articulations dans mon anatomie du moment (forcément unique, aile 4 oblige :laugh:). C'est une fonction de support du mouvement. Il y aussi les mouvements « j'imagine que je le fais, mais je ne le fais pas ». Et pendant une pratique de PCM en groupe, écouter et comprendre les consignes de l'enseignante, données sans dessins, requiert le centre mental. Par contre, pendant une séance d'IF, tous les mouvements sont créés par des manipulations du praticien, la séance se déroule sans paroles, et toute l'attention est donnée au centre instinctif. À la fin d'une séance d'IF, le praticien m'a seulement précisé un sous-ensemble de mon squelette qu'il serait bon de rendre plus mobile et comment (en l'occurrence, mes omoplates).

Finalement mon analyse complète celle de Claire et je confirme son résultat : I-M-E.

L'ennéatype 8 ?

Il faut contrôler ses mouvements : ils doivent être lents et petits, comme l'a précisé Claire. Il faut donc avoir du contrôle sur soi, agir sur soi et ce contrôle n'est pas destiné à améliorer ou augmenter mon contrôle sur autrui ou sur mon environnement. Par ailleurs, le mot « puissance » dans La Puissance du Moi signifie capacité de faire pour se transformer, pour s'adapter, métanoïa. Quant au courage, il n'en est pas vraiment question. Et l'idée supérieure du 8 ne fait pas sens. La vertu pourrait faire sens, je suis d'accord avec toi, Claire. Mais cela ne suffit pas. J'exclus donc l'ennéatype 8.

L'ennéatype 1 ?

Le contrôle de soi, l'action sur soi me font d'abord penser à l'ennéatype 1.
 

Il n'est pas vraiment question de la rigueur personnelle du 1, dans le sens où il ne s'agit pas du tout de faire un mouvement parfait, d'ailleurs il n y a pas d'évaluation ou de correction du mouvement qui soit donné par le praticien au pratiquant. Le pratiquant est invité à faire ce qu'il peut, et s'arrêter s'il y a trop d'inconfort.

La passion, la fixation, la vertu, l'idée supérieure : certes, il ne s'agit pas d'effectuer un mouvement parfait. Mais le perfectionnisme lors d'un mouvement visé, prédéfini, normé, est remplacé ici par l'exploration, la recherche d'un mouvement autre, d'un mieux en fonction du contexte (en l'occurrence le contexte est l'état de mon corps à l'instant présent, avec ses handicaps, ses limites, ses possibilités). Voici l'idée supérieure du 1.

Certes, comme l'a précisé Claire, les mouvements ne doivent être, ni corrigés, ni évalués. Mais cela n'exclut pas le 1 : correction et évaluation sont des comportements, pas des motivations. Ne pas corriger, ne pas évaluer, ça ne convient peut-être pas à l'ego du 1, mais un ennéatype ne se réduit pas à son ego. En tout cas, il ne s'agit pas ici de la contrepassion du 1.

Voici deux extraits de La Puissance du Moi (chap. 10, p. 126 et 11, p. 138) :

 

« Nous faisons le meilleur usage de nous-mêmes, compte tenu des circonstances, quitte à nous apercevoir plus tard que nous aurions pu faire mieux ou différemment. Par conséquent, sur le moment, nous faisons toujours pour le mieux. Si par exemple, nous marchons la tête baissée, ce n'est pas par choix, comme si nous pouvions faire autrement. Et cependant il est vrai que nous ne nous servons pas correctement de notre corps. Nous faisons usage de notre corps au mieux de nos moyens du moment. Cet usage reste jusqu'ici irrationnel et fortuit […]. En fait, le système nerveux est très souple. »

 

Ici l'idée supérieure du 1 n'exclut pas une recherche du « correct », sorte d'idéal élevé à atteindre. D'ailleurs, un des paragraphes de La Puissance du Moi s'intitule « La posture correcte » (en fait, il ne s'agit pas de « posture », mais d'« acture », un néologisme).


« Les buts les plus louables, comme la perfection, le progrès, la concentration, la persévérance, la régularité, la méthode, la générosité, l'amour ou la vérité, peuvent se retourner contre n'importe qui, si on les considère comme des fins en soi. Qu'il s'agisse des muscles ou de la mémoire, à quoi sert de vouloir les exercer à la perfection ? Y a-t-il seulement des hommes, des livres ou des œuvres d'art qui soient parfaits ? N'auraient-ils pas, eux aussi, le droit d'exister ? Ne sont-ils pas tout aussi nécessaires ? Il faut de tout pour faire un monde et il ne faut être excessif en rien. Seule importe la liberté que nous aurons conquise. »

 

Une fois conquise, cette liberté permettra de trouver l'« acture » correcte. Ces paroles, tout comme ma pratique de la méthode, m'évoquent un lâcher-prise, une paix avec soi-même, typiques d'un 1 qui a évolué (les 1 cherchent à s'améliorer), typiques de l'essence du 1. La pratique permet aussi de cultiver la vertu du 1. Mais il est vrai que ce n'est pas la finalité de la méthode.

Le premier extrait m'évoque aussi un des présupposés de la PNL cité par Fabien précédemment.

L'orientation : contrôler ses mouvements (petits et lents) demande de la rigueur personnelle. Pour quel idéal ? Les deux premières phrases de la citation suivante de La Puissance du Moi (chap. 11, p. 138) ressemblent à l'énoncé d'un idéal élevé :

 

« Il existe, quel que soit le contexte, un point optimum de maturité qui se doit d'être atteint. Si un ou plusieurs éléments du contexte changent, il faut à chaque fois reconsidérer le processus de maturité qui n'est jamais, faut-il le rappeler, une chose acquise définitivement ; elle évolue sans cesse à mesure que nous évoluons. Malheureusement, nous tuons souvent le projet dans l'œuf. En effet, nous estimons qu'il faut à tout prix figer les comportements, sous prétexte qu'ils sont bons ou utiles socialement, à défaut de l'être individuellement. Ce raisonnement relève d'une politique à courte vue, qui se retournera contre nous s'il nous arrive de trop dévier de la norme. La rigueur avec laquelle nous inculquons la nature humaine est la source de tous nos malheurs, car le système nerveux humain est tout le contraire d'une structure rigide ; nous savons bien qu'il se développe en même temps que nous, qu'il est, plus que tout autre système nerveux, sensible à notre expérience personnelle. Celle-ci est la clé de notre devenir. »
 

Entre parenthèses, ces paroles, ainsi que les suivantes, m'ont aussi évoqué les présupposés de la PNL cités par Fabien précédemment :


« La maturité, à laquelle nous aspirons tous, passe par la possibilité affective d'exprimer ses choix. À partir de là, tout individu devient alors responsable, et rien, pas même l'échec, ne saurait remettre en cause sa faculté de progresser, dans quelques domaines que ce soit. Il saura s'adapter à toutes les situations. »

 

Le 1 cherche à s'améliorer.

Accessoirement, l'acceptation du mouvement que je réussis à faire, mouvement imparfait, pas normé, original, pourrait illustrer le lien 1 mu-4.

L'ennéatype 9 ?

Il est tout aussi important de considérer le 9. :wink:

La passion, la fixation, la vertu, l'idée supérieure : je ne retrouve ni la passion, ni la fixation, ni la contrepassion du 9. Mais la vertu du 9 fait complètement sens. Personnellement, en pratiquant cette méthode, j'ai pratiqué la vertu du 9.

 

J'ai aussi vécu l'idée supérieure. Et j'ai été très intrigué par le titre de l'introduction de La Puissance du Moi : « Aime-toi comme tu aimes ton prochain ». Entre parenthèses, j'ai trouvé dans cette introduction des problèmes de 9. Par exemple : « [beaucoup] se mettent dans les pires situations parce qu'ils sont incapables de faire valoir leur point de vue, quand bien même celui-ci est justifié. » (dès la première page !). Une de mes enseignantes disait que l'amour était d'abord une rencontre avec soi, et qu'à partir de là, une rencontre avec l'autre était possible. Mais bon, elle était 7. :wink:

Revenons à Moshe Feldenkrais. Il voulait le « pouvoir de » et non le « pouvoir sur » ; et aussi que chacun se responsabilise, s'autonomise : je pense au billet Esperanza de Fabien, au pouvoir génératif et à l'amour génératif, au lien entre le pouvoir, le désir d'atteindre ses propres buts et le désir d'unité (je cite ce billet).

L'orientation : cette méthode demande d'accepter son corps dans l'état où il se trouve, d'accepter ses sensations, et de se soutenir soi-même en cherchant d'autres façons de se mouvoir. Est-ce incompatible avec l'acceptation et le soutien des autres ? Non, au contraire. Un  9 vivant sa vertu et son idée supérieure trouve un équilibre entre extérieur et intérieur. Il vit son orientation dans les deux directions : extérieur et intérieur. Alors son centre instinctif ne bascule plus.

De plus, le premier extrait que j'ai cité pour l'orientation du 1 peut aussi s'appliquer — et même mieux — à l'orientation du 9.

Comme le 1, le 9 me semble une hypothèse très plausible.

Une petite parenthèse. Nous sommes toujours dans l'essence, me direz-vous. Où est passé l'ego ? Réponse dans le stage Essence, vous répond mon ego de 5.

L'ennéatype 3 ?

Maintenant au tour du 3.
 

L'orientation du 3, la capacité à réaliser et réussir pourrait également faire sens. Il y a d'ailleurs des chapitres dans le livre précédemment cité, intitulés "Comment devenir plus performant", "Comment réussir". Le leitmotiv de Moshé était : "Si vous savez ce que vous faites, vous pouvez faire ce que vous voulez."

Oui. Dans "Comment réussir", il s'agit de réussir à acquérir "l'acture tonique". Et l'adaptabilité est une caractéristique du 3. Mais ni la passion, ni la fixation, ni la vertu, ne me parlent ici. L'idée supérieure pourrait faire sens : cette méthode sans objectifs prédéfinis, s'avère très porteuse d'espérance. Mais le centre préféré d'un 3 dans son essence ne bascule pas et là, la hiérarchie des centres ne colle plus. Puis-je considérer le 3 alpha comme hypothèse de type d'intégration externe (du 9 alpha) ?

L'ennéatype 6 ?
 

Enfin, la loyauté 6 ne fait selon moi aucun sens pour la méthode Feldenkrais.

Je suis d'accord avec Claire. Et ni passion, ni fixation, ni vertu, ni idée supérieure ne font sens. Je l'élimine.

Conclusion

Pour conclure, je penche vers le 1 mu à aile 9, et le 9 alpha à aile 1 me semble une hypothèse valable aussi.

Mais bon, je compléterai mon analyse après avoir repris la pratique (Ah, mon ego, je te tiens, te voilà pris au piège !).

Serait-il aussi utile de compléter la détermination de l'ennéatype de Moshe Feldenkrais, commencée par Claire ? Peut-être aurais-je dû commencer par là ? J'ai commencé à la compléter, mais n'ai pas terminé.

Amicalement,
Yves

Source : La Puissance du Moi (trad. française : Robert Laffont, 1990).

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Claire5

Bonjour à tous,

 

La semaine dernière j'ai reçu un mail de ma prof de Feldenkrais qui faisait la promotion d'un stage qu'elle allait animer prochainement. Le mail était accompagné de cette citation attribuée à Moshe Feldenkrais, qui m'a fait repenser à cette conversation : "L'objectif  [de la méthode] n'est pas une relaxation complète mais bien un usage de soi facile et agréable, orienté vers la santé et la puissance."

 

Cette citation serait extraite de son ouvrage traduit en français par La conscience du corps (Titre original : Awareness Through Movement), avec entre parenthèses que puissance s'entend comme "pleine possession de ses moyens".

 

J'avais également eu une information que je n'avais pas relaté dans cette conversation à l'époque. J'avais échangé il y a environ un an avec la compagne d'une personne qui a connu personnellement Moshe Feldenkrais et qui connait également l'ennéagramme des personnalités (Siska Tovey du site https://newequations.com/). Elle m'avait confirmé que Moshe Feldenkrais était d'ennéatype 8.

 

Pour ce qui est du type de la méthode, je suis bien plus convaincu par l'hypothèse 3 de Fabien que par l'hypothèse 1 de Yves. Il y a cependant quelque chose qui me gêne. J'ai l'impression que la méthode Feldenkrais est une méthode JAUNE et qu'il faut en tenir compte avant de déterminer son ennéatype. Voici les thématiques que je retrouve qui me font penser au vMème (je me base sur des citations d'articles de la revue Éclairage, de l'association Feldenkrais France, éditée pour les 30 ans de l'association) :

 

  • Faire plus avec moins / le minimalisme : "Réduire l'amplitude du mouvement autant que possible, répond à la nécessité qu'un stimulus soit léger au départ, pour qu'une petite variation du stimulus soit perceptible […] Réduire la vitesse du mouvement rend l'observation plus affûtée. […] Réduire l'effort est un moyen de repérer les efforts inutiles et de sortir des mouvements compulsifs et automatiques qui nuisent à toute possibilité d'apprentissage."
    "En faisant un peu moins que ce que vous pouvez, vous allez obtenir de meilleurs résultats que ceux que vous imaginez possibles."
  • Pensée systémique : "Moshe Feldenkrais s'adresse toujours à la personne dans son intégralité, et non pas à une partie de l'anatomie de la personne, comme un bras ou une jambe. Lorsque Feldenkrais fait rouler la tête d'une personne allongée, il n'effectue pas la manipulation d'une tête mais invite la personne à tourner la tête et, ce faisant, échange des informations avec le “système apprenant” qu'est cette personne. Il comprend l'organisme humain, comme un système auto-régulé dans lequel l'esprit et le corps forment une entité inséparable dont chaque action se caractérise — ou du moins en a le potentiel — par l'interaction harmonieuse de la pensée, de la sensation, du sentiment et du mouvement."
  • Observation des lois naturelles : "Beaucoup de mouvements proposés dans la Méthode Feldenkrais reprennent les mouvements de l'enfant… À cette époque déjà, il avait compris ce que les scientifiques viennent de trouver récemment : à savoir que l'activité la plus élevée de l'esprit n'est pas du tout la logique et le raisonnement, que la manifestation la plus profonde du savoir et de l'intelligence, n'est pas celle de l'expert qui fait des calculs différentiels et des intégrales, mais plutôt celle du bébé. Les bébés, et même les petits insectes, sont des “systèmes” qui n'utilisent pas de raisonnements compliqués, mais sont capables d'incarnation dans le monde par une activité sensori-motrice extrêmement profonde et intéressante."
  • Flexibilité / recherche de fonctionnalité : "En pratiquant la Méthode Feldenkrais, chaque personne peut faire l'expérience de se laisser conduire dans l'exploration d'un répertoire varié de mouvements sans se conformer à un modèle, sans vouloir atteindre une performance (sinon celle de rester en lien avec ses sensations), sans se comparer aux autres (sinon pour enrichir son répertoire). Les participants sont guidés dans la recherche d'un mouvement optimal dans la fluidité, la légèreté et l'absence d'effort."

 

Je ne connais pas bien la PNL, mais si je devais faire une analogie, j'aurais tendance à dire plutôt que le Feldenkrais est au travail corporel, ce que la Quantum Psychology est au travail psychologique. Dans le sens où il n'y a pas d'objectif si ce n'est de déconstruire les schémas habituels/automatisés et d'explorer d'autres voies/alternatives. D'ailleurs je suis bien embêtée quand je dois expliquer que je pratique le Feldenkrais, déjà pour décrire ce que c'est mais surtout pour répondre à la question de son utilité.

 

Bien amicalement,

Claire

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Je n'ai toujours pas la compétence pour intervenir dans cette discussion, sinon à la marge.

 

Je fais donc juste une parenthèse pour dire que les praticiens de la PNL affirmeraient aussi qu'ils cherchent à faire plus avec moins, qu'ils ont une pensée systémique, qu'ils observent les lois naturelles et qu'ils visent la flexibilité. Et pourtant la PNL est loin d'être centrée en JAUNE.

 

Très amicalement,

Fabien

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Yves

Bonjour à tous,

 

Merci Claire de ces compléments très intéressants, en particulier le parallèle avec la Quantum Psychology ; j’ajoute un autre point commun : la simplicité de la pratique.

 

Je n’ai pas avancé dans l’étude de cette méthode du point de vue de l’ennéagramme.

 

"D'ailleurs je suis bien embêtée quand je dois expliquer que je pratique le Feldenkrais, déjà pour décrire ce que c'est mais surtout pour répondre à la question de son utilité."

Ben pour ma part, je dirais que cette méthode me donne un coup de pouce pour accéder au centre intuitif du 5, qu’elle complète ainsi les stages de Patricia et Fabien. Étant donné son absence de recherche d’intégration du centre émotionnel extérieur et son absence de dimension spirituelle, typiques du vMème ORANGE (cf. la Spirale Dynamique), à elle seule, elle ne me suffit pas. Je parle ici de la méthode telle qu’elle est enseignée aux enseignants aujourd’hui en France et en Belgique : cf., sur ce site-ci, le but affiché de "croissance personnelle", typique de ORANGE. Ce phénomène d’emprise de ORANGE a déjà été signalé à maintes reprises par Fabien dans son blog, par exemple dans ce billet-là ou ce billet-ci.

 

À ma connaissance, Moshe Feldenkrais, lui, n'a pas utilisé l'expression "croissance personnelle".

 

Amicalement,

Yves

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Patrick

Bonjour à tous,

 

Je me suis mis à pratiquer le Feldenkrais en septembre 2017.

 

La pratique des mouvements physiques se fait en conscience, et les mouvements sont lents et de faible amplitude. Le style de pratique semble refléter l'ennéatype du professeur que je soupçonne fortement d'être 9.

 

Les mouvements sont lents, réduits au minimum. En passant d'une position à une autre, le professeur dit bien de faire les transitions "comme un fainéant", tranquillement, de minimiser les efforts. On fait une pause allongée (style très courte relaxation que l'on fait en yoga) après environ 1 à 2 minutes de mouvements (qui, je le rappelle, sont lents et réduits au minimum d'amplitude). Au final, c'est très calme, doux, reposant. On pourrait facilement s'oublier si ce n'est le rappel permanent de conscience et de connexion à la respiration (qui est plus de l'ordre de porter son attention hors de l'égo, quel que soit le type). On peut aussi s'endormir en plein milieu d'un mouvement… Si, si, ça m'est arrivé quelquefois ! Pas longtemps, mais tout de même, cette légère perte de conscience avec le sommeil qui arrive, avant d'en ressortir et de revenir ici et maintenant dans le cours.

 

Ceci dit, la pratique est très efficace et agit en profondeur. J'ai des douleurs qui sont parties, et j'ai une meilleure conscience du corps de manière générale depuis quelques mois (ceci couplé aux exercices du cursus ennéagramme d'ici), ainsi qu'une meilleure facilité à faire des mouvements simples. Si le style me semble être 9, la pratique est tout de même axée sur de la conscience et du lâcher-prise.

 

Est-ce que toutes les pratiques reflètent le style du professeur ou non, je ne sais pas. En tout cas, si le Feldenkrais est de type 3, il est facilement adaptable (caméléon) à tous les types, et en ce qui me concerne, il s'adapte très bien en 9.

 

Très amicalement,

Patrick

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Yves

Bonjour à tous,

 

Entre parenthèses, voici un vieux cliché photographique (datant de 2012) pris pendant une pause d’un atelier collectif de Feldenkrais. Un 5 alpha très introverti s’est fait clichéiser à son insu… En pleine interaction sociale.

 

Yves Sablou 12 Dialogue.jpg

 

Un atelier remuant : l’ego du 5 alpha se défend.

 

Amicalement,

Yves

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Yves

Bonjour à tous,

 

Le 13/06/2018 à 22:04, Claire5 a dit :

Elle m'avait confirmé que Moshe Feldenkrais était d'ennéatype 8.

Voici mon analyse provisoire de l’ennéatype de Moshe Feldenkrais.

 

D’abord je suis d’accord avec Claire pour une hiérarchie I-M-E : la vie et l’œuvre de Feldenkrais, son approche de sa méthode, ainsi que ses écrits, leur contenu, leur ton froid, leur style aride, ne l’infirment pas.

 

Par ailleurs, une de mes enseignantes âgée a témoigné du conflit ouvert de Moshe Feldenkrais avec Françoise Mézières, de son intransigeance et de son caractère « pas facile ». Ceci corrobore l’analyse de Claire et j’exclus le 9 et le 3. Il reste donc 1 mu, 8 alpha et 6 mu. Est-ce qu’un ennéatype 1 mu aurait pu entrer ainsi en conflit ouvert, étant donnée sa compulsion d’évitement ? Je ne sais pas. Le sous-type social du 1 semble ne pas coller, mais bon, ce n’est pas un critère suffisant de détermination.

 

Dans la vie et les écrits de Moshe Feldenkrais, je n’ai perçu, ni les mécanismes égotiques, ni l’orientation du 6 mu : j’exclus cet ennéatype.

 

Comme Claire, je ne suis pas un fanatique des écrits de Moshe. Malgré ma curiosité, j’ai abandonné la lecture de La Puissance du Moi avant la moitié du livre. Son style aride et très « Il faut », ainsi que son positionnement très différent du mien sur la Spirale Dynamique, me rebutaient. Ce livre déclenchait des conflits égotiques en moi.

 

Son idéalisme exigeant, son style très « Il faut » et l’apparition régulière du driver primaire du 1 (cf. le stage Connexions), plutôt que celui du 8, m’ont orienté vers l’ennéatype 1 mu. Mais bon, ici encore, ce sont loin d’être des critères suffisants de détermination.

 

La dureté de Feldenkrais contraste fortement avec la fine sensibilité développée par la pratique de sa méthode. Cette sensibilité — sensibilité tactile en IF et ressentis en PCM —, liée avant tout au centre instinctif, n’est incompatible, ni avec le 1 mu, ni avec le 8 alpha.

 

Lorsque je pratique sa méthode, je ressens une dimension esthétique dans certains mouvements. Sauf quelques exceptions, mes enseignantes n’ont pas abordé cette dimension. Par contre, Moshe Feldenkrais, lui, l'a abordée.

 

Comme je l’ai indiqué dans mon message précédent, Feldenkrais a approché aussi la dimension émotionnelle extérieure et l’a reliée à l’intérieur.

 

Alors ?

*************

 

Pour conclure, aujourd’hui je ne parviens pas à trancher entre 1 mu et 8 alpha… Et je ne connais pas les arguments de Siska Tovey… Ah la la, que c’est dur pour mon ego de 5.

 

Amicalement,

Yves

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