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Docthib

« Mais laissez-moi passer ! » – Pensées typiques de 3

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Docthib

Bonjour à tous, et meilleurs vœux !

 

Je souhaitais partager avec vous ce que je pense être une pensée typique de 3… Quand je suis en train de marcher dans la foule (métro, gares, rue), je suis souvent aux prises avec ce que je prends pour des messages de mon ego, et je vous les livre comme témoignage. Le message fondamental, c'est « Laissez-moi passer, je n'ai pas le temps de lambiner ». Mais derrière cela, il y a quantité de sous-messages que je trouve typiques du 3 :

  • MOI j'ai des choses à faire, MOI.
  • Ce que j'ai à faire est plus important que ce que vous avez (peut-être) à faire.
  • Si je vais plus vite, j'arriverai plus vite au travail, et je ferai plus de choses (en quantité), ce qui sera mieux.

J'y vois aussi une connexion avec la colère ou la frustration (domaine émotionnel) : quelque chose du domaine de « vous m'empêchez de réaliser mon potentiel », avec un problème de reconnaissance : « Mais enfin, vous ne voyez pas que j'ai des choses importantes à faire ? » (avec l'accent sur le « vous ne voyez pas »).

 

Enfin, il y a une question de présence à l'instant présent : en fait, j'ai le sentiment d'être toujours en transition vers la prochaine étape, sans profiter du moment présent. Par exemple, dans les couloirs du métro, je marche vite pour anticiper sur le prochain temps (quand j'arriverai au bureau) ; en réunion ou en rendez-vous, je m'impatiente, j'attends la fin de la réunion pour retourner (enfin) travailler — comme si la réunion ou le rendez-vous n'étaient pas un travail aussi important. En d'autres termes, l'anticipation de ce qui va venir après me fait fait négliger ce qui se passe sur le moment, je suis très souvent dans l'impatience du moment suivant.

 

Si je devais décrypter cela à la lumière de mon type 3 mu, donc avec le mental en support et l'instinctif en réprimé, je dirais que cette petite voix est très mentale, très orientée « désintégration en 6 ». En effet, l'instinctif n'est mobilisé que pour aller plus vite, en raison de scénarios mentaux « il faut que je me dépêche sinon une catastrophe va arriver ». Ce n'est pas comme si l'instinctif était mobilisé directement sur la résolution des tâches : il n'est que le valet du centre mental, qui est celui qui fait ses scénarios et envoie ses injonctions. Je dis cela, parce que c'est un paradoxe amusant : je marche vite, mais ce n'est pas l'instinctif qui est aux manettes, c'est le mental. Et je n'oublie pas le fondement : celui qui est vraiment aux manettes, c'est le centre préféré/coréprimé : l'émotionnel. Maintenant, la question : comment sortir de ce schéma ?

Pour ma part, dans ces situations, je fais attention à ma respiration, je me force à ralentir en « parlant » à mon mental pour dégonfler les scénarios catastrophe (et c'est souvent bénéfique que je sois "coincé" derrière quelqu'un qui marche lentement, parce que là, je suis obligé de ralentir, ce qui me permet de prendre conscience de tout ce schéma mental), je pratique aussi la méditation en marchant, bref, j'essaie de revenir à l'instant présent…

Cela vous évoque-t-il quelque chose dans les 3 que vous connaissez ?

 

Amicalement,

Christophe/Docthib

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci Christophe pour cette belle auto-observation et auto-analyse. C'est intéressant de voir l'ego se manifester dans les petites situations du quotidien : c'est souvent là qu'il est le plus difficile à repérer et pourtant le plus utile à interrompre.

 

Je reconnais aussi mon ego dans ce « laissez-moi passer » que je peux facilement vivre, mais chez moi, c'est refus de la frustration et manifestation de la dichotomie. :sick:

 

"Comment sortir de ce schéma ?"

Le plus dur est fait : identifier le problème. Il ne reste plus qu'à appliquer les techniques du stage Éveil sur les transes qui se manifestent à ce moment-là.

 

Très amicalement,

Fabien

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Demilune

Bonjour à tous, et une bonne année à la communauté,

 

J'ai un 3 dans mon entourage, un ancien collègue devenu ami. Je ne me souviens pas de l'avoir vu s'impatienter dans le métro, mais en revanche, le "Laissez-moi passer" s'applique bien à sa façon d'envisager sa carrière. Doté d'un certain charisme et d'incontestables qualités relationnelles, il s'est assez vite démarqué de ses collègues de même niveau hiérarchique. Il m'avait dit, à l'époque, qu'il se rendait bien compte que sa réussite agaçait autour de lui ; mais que pour autant, il n'allait pas s'arrêter à ça car il avait un potentiel à exploiter. Peu de temps après, une belle promotion interne lui a été proposée, qu'il a acceptée tout en continuant à occuper son précédent poste. Je pense qu'il vivait un sentiment d'urgence à monter les échelons, avec l'idée que son âge risquait de ne pas lui laisser le temps de réaliser toutes ses ambitions. Je cite ce qu'il m'écrivait à cette période : "Assis sur deux postes et quatre missions, le temps et l'oxygène me manquent mais c'est l'équilibre émotionnel que j'ai du mal à gérer. Partir et rester, dire au revoir et transformer, être accueilli et jalousé, poussé dans le ring d'un côté et happé et manipulé de l'autre. Tout cela en même temps est juste un peu beaucoup ; j'essaye juste de ne pas vieillir trop vite." Au passage, je trouve qu'on voit bien là comment le besoin de réussite du 3 peut le conduire à voir son centre préféré basculer…

 

Moins d'un an plus tard, nouveau changement de poste, dans une autre structure. Et toujours une forme d'impatience. Étant 3 mu, il s'agace parce que ses collaborateurs ne comprennent pas la direction qu'il veut donner à son service: "J'ai 1500 personnes sous mes ordres, il y a en a peut-être trois qui comprennent ce que je veux faire, une dizaine qui me regardent avec une admiration béate, et tout le reste qui n'a absolument rien pigé !" Je sens à quel point ça génère de la frustration chez lui, parce que ça n'avance pas assez vite.

 

En revanche, c'est quelqu'un qui est réellement présent lorsqu'il est avec vous. Que ce soit en réunion ou autour d'un café, il manifeste toujours un intérêt sincère pour l'autre et ne cherche pas à écourter la discussion. Mais je pense que c'est parce que ces moments sont réellement importants et plaisants pour lui. Pourrais-tu nous dire, Christophe, si tu as des moments où tu es vraiment pleinement dans le présent pour des choses qui sont vraiment importantes pour toi (par exemple, si je comprends bien ton message, travailler seul à ton bureau) ou si, y compris dans ces circonstances, tu anticipes déjà le coup suivant ?

 

Bien amicalement,

Tristan

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Docthib

Bonsoir Fabien et Tristan,

 

Fabien, j'attends avec impatience le stage Éveil, car je pense qu'il recèlera beaucoup de clés de développement personnel pour moi ! Cet ego que je trimbale est parfois d'autant plus envahissant qu'il avance masqué (si je n'y fais pas attention, je crois que moi, c'est lui…) Donc au plaisir de te retrouver lors de ce stage. :happy:

 

En revanche, c'est quelqu'un qui est réellement présent lorsqu'il est avec vous. Que ce soit en réunion ou autour d'un café, il manifeste toujours un intérêt sincère pour l'autre et ne cherche pas à écourter la discussion. Mais je pense que c'est parce que ces moments sont réellement importants et plaisants pour lui. Pourrais-tu nous dire, Christophe, si tu as des moments où tu es vraiment pleinement dans le présent pour des choses qui sont vraiment importantes pour toi (par exemple, si je comprends bien ton message, travailler seul à ton bureau) ou si, y compris dans ces circonstances, tu anticipes déjà le coup suivant ?

En fait, Tristan, j'ai heureusement des moments où je suis dans l'instant présent. Je me suis bien reconnu dans l'exemple de ton collègue : quand je suis en train de parler avec un(e) collègue sur des choses importantes (= personnelles), je suis 100 % là… et content d'y être. Idem quand ce sont des sujets professionnels, mais qui me passionnent. Dans le premier cas, je vois mon centre émotionnel qui empêche mon centre mental de partir dans des "scénarios de solutions", je profite du moment d'échange, sans chercher à tout prix à résoudre les problèmes ; dans le second cas, c'est un mélange d'émotionnel et de mental (les sujets me passionnent, me donnent de l'énergie) et c'est très agréable de travailler ainsi.

 

Donc, c'est la relation authentique avec un être humain qui m'aide à sortir de ce schéma "toujours un coup d'avance". Mais il y a au moins deux cas de figure où je me vois partir malgré tout :

  • quand mon mental me balance une todo list à faire (comme cela m'arrive régulièrement, malédiction des 3), j'en arrive à refuser l'interaction avec les autres "parce que j'ai tellement de choses à faire". C'est la métaphore de Steven Covey, sur le gars qui s'acharne à abattre des arbres, et qui ne s'arrête pas 5 mn pour aiguiser sa scie "parce qu'il faut que j'aie abattu tous les arbres avant" ! :surprised:
  • quand je suis prisonnier de ma compulsion à apporter des solutions. En tant que 3, j'ai du mal à être coach "accompagnant", car j'ai souvent cette petite voix mentale qui me suggère des solutions que je "devrais" proposer à mon client, voire lui imposer, puisque, n'est-ce pas, je sais mieux que lui ce qui est bon pour lui… :laugh:

La bonne nouvelle, c'est que ce sont des occasions quotidiennes de travailler sur moi-même. :happy:

 

Très amicalement,

Christophe

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Même pas peur

Bonjour à tous !

Je ne suis pas 3 mais je suis ici pour représenter la partie "désintégration" dont tu parles Christophe.

Je suis 6 alpha et ce que tu dis résonnes parfaitement en moi. Je me désintègre en 3 et lorsque cela arrive :wink:, je suis prise d'une crise de vanité qui me dégoûte (je parle des phénomènes égotiques du 3, pas de leurs nombreuses qualités, hein amis 3 ?). Si je suis pressée, j'entends une petite voix qui voudrait dire aux autres "Mais dépêchez vous, je n'ai pas que ça à faire" !

Ancienne cadre commerciale stressée (et stressante), il m'arrivait même de parler tout haut dans ma voiture, bloquée dans des embouteillages : "Mais vous allez avancer ! Je suis pas ici pour compter les moutons, moi !" (J'ai des choses à faire, MOI).
Prise dans les mécanismes égotiques, j'ai poussé plus loin que mon type propre. Mon mental a basculé et à la peur, s'ajoutent la colère, la vanité et le mensonge (à moi-même). Oui, il faut bien le dire, j'avais beau me répéter à ce moment-là "j'ai des diplômes, un cv, bla bla bla bla bla etc,", c'est vrai quoi, je ne faisais que vendre des produits, pas décoller des fusées !

Lorsqu'il s'agit d'échanger avec d'autres personnes c'est très (TRÈS) compliqué.
Il est rare que je parvienne à rester centrée sur la discussion. Mais là, je serai hors sujet car justement ce n'est pas le sujet de ce post. Non non, ça n'est pas du teasing… Hi hi (mais je vais suivre le stage Éveil parce que je voudrais pouvoir suivre des discussions sans décrocher sans cesse).

 

Même pas peur,
6 alpha (je tente de changer mais on m'a dit que c'était incurable…) :aie:

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Solène

Ha ha ! Ça y est, je vous tiens, Docthib et Mêmepaspeur, vous qui trépignez derrière moi et soufflez dans mon cou tandis que je monte paisiblement (de mon pas de 9) dans mon RER. :laugh:

Effectivement, Christophe, pour répondre à ta question, ton analyse intérieure me semble bien faire écho à certains comportements de mon 3 de mari.

Et tes réflexions tombent à pic parce que mon mari étant parti en voyage d'affaire pendant une dizaine de jours, je me demandais justement ce qui pouvait bien faire que je sois si bien, si sereine dans mon organisation quotidienne quand il n'est pas là (alors que je l'aime beaucoup, évidemment ! :happy:) !

En lisant ton message, ce qui m'a frappé, c'est le problème du rythme.

Voici ce que je retrouve vraiment bien dans ton témoignage chez mon mari (sur un plan privé et non professionnel, du coup) :

- Être pressé : oui, carrément ! Quand il doit réaliser quelque chose pour lequel il ressent une obligation ou pour lequel il a un intérêt, c'est maintenant et tout de suite. Sous mes mes yeux ébahis, c'est comme un tour de magie : 1) il est là et décide d'accomplir une action 2) il est déjà parti.
Il lui arrive de vouloir finir certains mouvements à ma place pour aller plus vite. (Par exemple : me prendre le bol des mains pour le mettre dans le lave-vaisselle alors que je suis en train de le faire.)

- Avoir la sensation que ce qu'on a à faire est plus important : oui, je pense ! Quand il se met en mouvement, il me semble qu'il ne lui vient pas à l'idée que les autres aussi ont des trucs à faire et que ça peut chambouler leur emploi du temps ou les interrompre dans ce qu'ils ce qu'ils sont en train de faire. Il a l'air uniquement centré sur son objectif.

Il faut vraiment l'arrêter au vol et formuler, sinon, ça lui passe totalement au-dessus de la tête.

Avant de connaître l'ennéagramme, c'était dur car au lieu d'entendre son message à lui ("j'ai des choses importantes à faire"), j'entendais la chose en négatif : "Ce que tu fais ou ce que tu veux n'est ni utile, ni important, ce sont des pécadilles." Aujourd'hui, je défends mieux mon steack, j'argumente (si tant est que j'arrive à savoir ce que je veux).

- Vouloir passer sans cesse à autre chose : oui. J'ai souvent l'impression qu'une fois un projet accompli (par exemple, on achète notre maison), il faut vite vite passer à un autre projet : acheter une voiture ? Changer la chaudière ? Déménager ? J'ai souvent l'impression qu'il ne profite pas de ce qu'il vient d'obtenir. Il faut vite se mettre en mouvement sur autre chose. Le plaisir pourrait donc se situer davantage dans la démarche que dans ce qu'on a obtenu… mais je ne suis pas très sûre car la démarche me parait occasionner beaucoup de stress chez lui.

Sur le plan des loisirs, il a aussi tendance effectivement à zapper alors qu'il est très doué dans beaucoup de domaines (la chance !) ! Il passe du piano à la guitare, du roller à plein d'autres trucs sans jamais approfondir. Je dirais aussi que lorsqu'on sort, que ce soit chez des amis ou si on va à un événement festif, il est souvent le premier à vouloir partir. Je crois qu'il n'aime pas rester fixé longtemps. Il est difficile de savoir s'il s'ennuie vite, s'il ne reste pas très longtemps concentré, ou si "l'image qu'il doit donner" en société lui demande pas mal d'energie, donc qu'il est plus vite fatigué. (Si ça se trouve, aucun des trois.)

Sinon, rapport à vos remarques à tous sur la capacité à "écouter" l'autre, rester concentré, etc., effectivement, mon mari est très capable de m'écouter avec attention, mais cela est très peu effectif si j'essaye d'avoir de l'attention à n'importe quel moment. Je me suis aperçue que son attention était décuplée si, en quelque sorte, je lui demande un rendez-vous. Je lui dis "j'aimerais te parler de telle chose, quand serais-tu disponible ?", et là, j'ai une attention du tonnerre à l'heure du rendez-vous. Mais bon, faut pas non plus que ça dure des heures, je pense.

Voilà, voilà pour mon témoignage sur le rythme du 3 perçu à travers la lorgnette d'un 9 ! Je me sens assez souvent "bousculée", ce qui est assez inconfortable dans mon quotidien, mais faut avouer que si le monde était peuplé de gens comme moi (un 9 à mon stade personnel d'évolution), on vivrait sûrement encore dans les cavernes !

Pour finir, deux petites question pour toi, Docthib, ou pour tous les autres 3 :

  • Est-ce que ce rythme que je perçois comme soutenu vous pousse parfois à bâcler les choses ? Tout au moins dans la vie personnelle. (Je pense qu'au boulot, le problème de l'image ou de l'efficacité ne le permet pas ?).
  • Est-ce que vous pouvez avoir tendance à faire plusieurs choses en même temps (genre : regarder la télé, surfer sur Internet et parler en même temps) ? J'ai un collègue 5 au boulot qui fait cela à merveille et arrive à traiter simultanément les infos. Mais j'ai la sensation que chez le 3, ça relève de quelque chose de différent.

Bien à vous tous !

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Le 06/01/2015 à 08:48, Fabien Chabreuil a dit :

Je reconnais aussi mon ego dans ce « laissez-moi passer » que je peux facilement vivre, mais chez moi, c'est refus de la frustration et manifestation de la dichotomie. :sick:

Aujourd'hui, je devais me rendre dans trois endroits de Paris assez distants les uns des autres et j'étais donc un peu pressé, d'autant que ces déplacements correspondaient à des activités qui ne m'enchantaient guère. J'ai donc pu observer mon ego à l'œuvre pour confirmer ou non par l'observation l'analyse ci-dessus qui avait été faite a posteriori. Cela confirme d'une manière assez amusante (heureusement !) :

  • Si je suis dans un couloir de métro, dans un escalier mécanique ou sur un trottoir où il y a du monde, je suis pressé, et mon ego pense qu'on devrait me laisser passer !
  • Si par contre le couloir, l'escalier ou le trottoir sont dégagés, je ne suis tout à coup plus pressé et je marche à un rythme tranquille.

C'est lamentable !

 

Très amicalement,

Fabien

 

P.-S. : de la même manière, en voiture, je déteste me retrouver derrière un camion ou une camionnette haute, indépendamment de la vitesse à laquelle ces véhicules roulent.

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Docthib

Bonjour Même pas peur,
 
Merci pour ton témoignage, je ne me rendais pas compte à quel point cela faisait partie du côté "désintégration" du 3. Cette petite voix, c'est l'ego qui parle, visiblement, et qui renforce certaines croyances.
 

Ancienne cadre commerciale stressée (et stressante), il m'arrivait même de parler tout haut dans ma voiture, bloquée dans des embouteillages : "Mais vous allez avancer ! Je suis pas ici pour compter les moutons, moi !" (J'ai des choses à faire, MOI).
Prise dans les mécanismes égotiques, j'ai poussé plus loin que mon type propre. Mon mental a basculé et à la peur, s'ajoutent la colère, la vanité et le mensonge (à moi-même). Oui, il faut bien le dire, j'avais beau me répéter à ce moment-là "j'ai des diplômes, un cv, bla bla bla bla bla etc,", c'est vrai quoi, je ne faisais que vendre des produits, pas décoller des fusées !

 
Et sans avoir fait le stage Éveil (non plus), je me dis que cette rationalisation calmante ("je ne vends que des produits, pas des fusées") a du bon. Ce que je trouve par la respiration et la méditation (marcher sans me presser derrière une personne, essayer de me reconnecter à l'instant présent) me permet de lancer le mental qui "déconstruit" la transe. C'est un bon exemple d'utilisation du mental, soit en négatif (me construire des scénarios grandioses où je suis boligé de sauver le monde sinon il s'écroulera), soit en positif (ben non, finalement, il suffit de respirer un bon coup pour que mon mental me dise "là, tu étais bien dans l'ego, n'est-ce pas ?" :laugh:).
 
Bonjour Solène,
 
Je pense que tu as mis le doigt sur quantité de choses avec ton 3 de mari (un être exceptionnel, je n'en doute pas :wink:).
 

Ha ha ! Ça y est, je vous tiens, Docthib et Mêmepaspeur, vous qui trépignez derrière moi et soufflez dans mon cou tandis que je monte paisiblement (de mon pas de 9) dans mon RER. :laugh:

Désolé, je le ferai plus… :mouais: Jusqu'à la prochaine fois ! :pt1cable:
 

Sur le plan des loisirs, il a aussi tendance effectivement à zapper alors qu'il est très doué dans beaucoup de domaines (la chance !) ! Il passe du piano à la guitare, du roller à plein d'autres trucs sans jamais approfondir. Je dirais aussi que lorsqu'on sort, que ce soit chez des amis ou si on va à un événement festif, il est souvent le premier à vouloir partir. Je crois qu'il n'aime pas rester fixé longtemps. Il est difficile de savoir s'il s'ennuie vite, s'il ne reste pas très longtemps concentré, ou si "l'image qu'il doit donner" en société lui demande pas mal d'energie, donc qu'il est plus vite fatigué. (Si ça se trouve, aucun des trois.)

Ou si ça se trouve, les trois !! :proud:
 
Pour ma part, je me retrouve dans les trois : s'ennuyer vite = ne pas rester concentré longtemps, je ne sais pas où est la cause et l'effet, mais je me reconnais bien dans cet effet zapping. Quand, dans une soirée, je parle à quelqu'un depuis longtemps (ma mesure du "longtemps"…), il y a ego qui me dit : "Bon alors c'est bon là, ça commence à devenir chiant, il n'y a pas quelqu'un d'autre à qui parler ?" (= sous-entendu "une personne plus intéressante pour moi").
Et la question de l'énergie me parle aussi : jouer une image, ça pompe de l'énergie.
L'inconvénient, du coup (je ne sais pas si ton mari t'en a parlé), c'est de se sentir "jamais là", toujours en anticipation du coup suivant… tant qu'on n'a pas déconstruit (= déjà, en commençant par observer) ce mécanisme.
 
Pour ce qui est de l'écoute, j'ai en effet souvent l'impression d'être "dérangé" dans ma productivité (au boulot ou chez moi) quand j'ai une demande d'interruption. La plupart du temps, j'essaie de respirer un grand coup, d'oublier mes soi-disant urgences, et de me focaliser sur l'autre. Mais la piste du rendez-vous me semble intéressante. Il reste à dialoguer à deux pour se faire comprendre. Il me semble que je pourrais dire quelque chose du genre "écoute, j'ai l'esprit un peu pris par ce que je suis en train de faire, mais j'ai entendu ta demande, est-ce qu'on peut en parler à tel moment ?" Il me semble que l'autre entendra ma disponibilité (future…) et comprendra qu'il me faut un peu de temps pour m'extraire de ma spirale de boulot. Mais évidemment, la contrepartie, c'est que je tienne mon engagement de disponibilité. Or, il y a toujours "autre chose" à faire avant… :mouais:
 

Pour finir, deux petites question pour toi, Docthib, ou pour tous les autres 3 :

  • Est-ce que ce rythme que je perçois comme soutenu vous pousse parfois à bâcler les choses ? Tout au moins dans la vie personnelle. (Je pense qu'au boulot, le problème de l'image ou de l'efficacité ne le permet pas ?).
  • Est-ce que vous pouvez avoir tendance à faire plusieurs choses en même temps (genre : regarder la télé, surfer sur Internet et parler en même temps) ? J'ai un collègue 5 au boulot qui fait cela à merveille et arrive à traiter simultanément les infos. Mais j'ai la sensation que chez le 3, ça relève de quelque chose de différent.

Alors, pour la question de bâcler, quelques éléments de réponse :

  • personnellement, je ne fais pas la distinction boulot/maison, plutôt la distinction "est-ce que ça a un impact sur mon image ou pas ?" Je peux bâcler sans problème un truc de boulot si tout le monde s'en fout (moi le premier). :laugh:
  • Oui, ça m'arrive de bâcler, mais toujours en surveillance des conséquences. Je te donne un exemple : si je prépare mal un support de formation, je sais que sur le moment, je vais gagner du temps, mais quand la formation va avoir lieu, je vais probablement le payer en transpiration et en stress (ex : devoir dessiner sur le paperboard toutes les choses que je n'ai pas mises dans mon support de formation).
  • Sinon, il m'arrive souvent de raisonner en pourcentage, par exemple : "Allez, là c'est bon à 80 %, c'est un niveau de qualité qui leur ira, et s'ils ne sont pas contents, qu'ils viennent me chercher." Plutôt que "bâcler", je dirais que vu de mon point de vue, c'est "arrêter de faire du perfectionnisme pour des choses que je serai le seul à voir".

Pour l'idée de faire plusieurs choses à la fois, la réponse pour moi est définitivement non. :happy: Là je réponds à cette question avec la radio en bruit de fond, mais si je devais me concentrer un peu plus, ou si la radio passait une chanson en français, il est probable que je l'éteindrais.
 
Et les moments qui m'énervent, c'est quand je travaille le soir (ça m'arrive… :cry:) et que ma femme me parle par interruptions : (je bosse) elle soliloque sur un truc (je me reconcentre, et je bosse) elle me pose une question (je réponds, puis je replonge en concentration et je) elle me pose une autre question (rah !!!). Ça donne un côté yo-yo à ma concentration, et ça, je ne peux vraiment pas le faire. Je suis admiratif des personnes qui peuvent faire plusieurs choses à la fois. Mais je me suis toujours dit qu'elles faisaient plusieurs choses mal, plutôt qu'une seule bien. On en revient aux pourcentages. :happy:
 

Je reconnais aussi mon ego dans ce « laissez-moi passer » que je peux facilement vivre, mais chez moi, c'est refus de la frustration et manifestation de la dichotomie. :sick:

Aujourd'hui, je devais me rendre dans trois endroits de Paris assez distants les uns des autres et j'étais donc un peu pressé, d'autant que ces déplacements correspondaient à des activités qui ne m'enchantaient guère. J'ai donc pu observer mon ego à l'œuvre pour confirmer ou non par l'observation l'analyse ci-dessus qui avait été faite a posteriori. Cela confirme d'une manière assez amusante (heureusement !) :
  • Si je suis dans un couloir de métro, dans un escalier mécanique ou sur un trottoir où il y a du monde, je suis pressé, et mon ego pense qu'on devrait me laisser passer !
  • Si par contre le couloir, l'escalier ou le trottoir sont dégagés, je ne suis tout à coup plus pressé et je marche à un rythme tranquille.
C'est lamentable !
 
P.-S. : de la même manière, en voiture, je déteste me retrouver derrière un camion ou une camionnette haute, indépendamment de la vitesse à laquelle ces véhicules roulent.

Ah, Fabien, tu as mis le doigt dessus !! :laugh:
 
J'adhère totalement à ces observations. J'y vois une "compétition parisienne", qui ne concerne pas que les 3, semble-t-il. Un côté mimétique : si les autres me bloquent, ça me stresse ; si personne ne me contraint, je n'ai pas de contrainte. Je te rejoins : "C'est lamentable !" :cry: Mais bon, on se soigne… :rofl:
 
Et je te livre un mot issu du Baleinié (Dictionnaire des tracas) : le Boulbos, c'est "le camion qui te masque systématiquement le panneau sur l'autoroute." :happy:
 
Très amicalement,
Docthib

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Solène

Bonjour à tous,

Pour réagir à 2 ou 3 petites choses que tu as dites, Christophe :

"L'inconvénient, du coup (je ne sais pas si ton mari t'en a parlé), c'est de se sentir 'jamais là', toujours en anticipation du coup suivant… tant qu'on n'a pas déconstruit (= déjà, en commençant par observer) ce mécanisme."
Alors j'ai parlé de cela avec mon mari (sur rendez-vous, bien entendu :laugh:), et il ne ressent pas particulièrement de gêne par rapport à la sensation de "n'être jamais au moment présent" que crée le " zapping". Mais il faut dire qu'il n'est pas, comme toi, en démarche particulière d'auto-analyse, et c'est peut-être justement quelque chose qui n'est pas perceptible d'emblée comme un manque pour un 3.

Par contre, la conversation a dérivé un peu, et d'après ce qu'il dit, il a l'impression que la plupart des conversations (dans le cadre des sorties et des loisirs) ne lui apportent pas grand chose. Il a souvent (tout le temps) l'impression que les gens ne parlent que pour se valoriser ou s'écouter parler et que ça n'a pas d'intérêt pour lui. Par contre, alors que ce même constat pourrait avoir sur moi un effet complètement dépressif, lui, il joue le jeu à fond en étant très drôle et sympa (les autres ont alors une image de lui très positive), et il zappe ensuite totalement car il n'éprouve en vérité aucun intérêt.

Mais bon, il semble que c'est le risque pour certains 3… À être trop dans la représentation, dans l'image, on doit perdre l'intérêt du contact (il y a peut-être aussi de la "projection" : imaginer un peu trop que les gens sont autant dans la représentation que soi ?).

Enfin, en tout cas, à te lire plus haut, pour ta part, tu sembles conserver le plaisir des conversations entre amis.

En ce qui concerne les rendez-vous qui permettent de discuter dans des moments plus propices et ta réflexion : "Mais évidemment, la contrepartie, c'est que je tienne mon engagement de disponibilité. Or, il y a toujours 'autre chose' à faire avant…"
Ah oui, je pense que tu mets le doigt sur un point essentiel en notant la contrepartie ! :happy: Cela dépend peut-être de l'ennéatype, mais personnellement, autant je suis prête à patienter "avec grâce" si on me le demande, autant si on ne respecte pas le rendez-vous, il ne me suffirait plus de mes deux mains pour « coller des timbres » ! :laugh:

D’autre part, je te remercie pour ta réponse sur ce qui concerne la propension éventuelle à bâcler les choses, c'est très éclairant pour moi ! La phrase "est-ce que ça a un impact sur mon image ou pas ?" me semble être une clé très utile !

Pour ce qui est de faire plusieurs choses à la fois, je dois dire que je comprends ce que tu dis on ne peut mieux car je ne suis pas du tout multitâches personnellement. À la réflexion, en ce qui concerne mon mari, je me demande si ce n’est pas quelque chose qu'il fait surtout quand il cherche à se relaxer. Il est sur Internet et sur la télé simultanément par exemple. Mais c'est peut-être aussi pour bloquer son mental, ne pas penser à ses projets, son boulot, etc. (même s'il a le mental en réprimé, je pense).

Enfin, pour finir, et par rapport à l’anecdote de Fabien :

  • Si je suis dans un couloir de métro, dans un escalier mécanique ou sur un trottoir où il y a du monde, je suis pressé et mon ego pense qu'on devrait me laisser passer !
  • Si par contre le couloir, l'escalier ou le trottoir sont dégagés, je ne suis tout à coup plus pressé et je marche à un rythme tranquille.
C'est lamentable !

Oui, c'est lamentable :laugh: mais bon, à force de vous lire, et d'en rire, je vais finir par être moins crispée dans mon RER !

Bien à tous !

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Docthib

Bonjour Solène,

Cela fait longtemps que je ne m'étais pas connecté ! Je lisais ton message, et certains éléments me semblent très intéressants, je te donne alors mon retour de 3 sur le sujet.

"Il a l'impression que la plupart des conversations (dans le cadre des sorties et des loisirs) ne lui apportent pas grand chose. Il a souvent (tout le temps) l'impression que les gens ne parlent que pour se valoriser ou s'écouter parler et que ça n'a pas d'intérêt pour lui. Par contre, alors que ce même constat pourrait avoir sur moi un effet complètement dépressif, lui, il joue le jeu à fond en étant très drôle et sympa (les autres ont alors une image de lui très positive), et il zappe ensuite totalement car il n'éprouve en vérité aucun intérêt."
J'ai souvent ce même souci. J'y vois deux niveaux :

  1. Ils m'empêchent de briller en ne parlant que d'eux. C'est le fameux "laissez-moi passer" du titre. Mais bon, cette étape, on peut la passer avec philosophie si on souhaite progresser. Et puis il y a :
  2. Le centre émotionnel. Pour moi, un dialogue, c'est deux personnes qui échangent, on va dire à 50-50. Ça ne veut pas dire que chacun doit avoir le même temps de parole, mais qu'au moins, l'écoute doit être partagée. Or les quelques expériences que j'ai eues récemment étaient plutôt du type "monologue", la personne me parlant d'elle et de ses enfants, et longuement, très longuement… De mon côté, je sais que mon émotionnel en prend un coup, je me demande ce que je fais là… Je te le donne comme une piste, et aussi parce que ce sont des situations dans lesquelles je ne me verrais pas du tout faire de l'humour et de la légèreté comme ton mari… Plutôt une apathie, j'attends que ça se passe…
    C'est peut-être pour ça que, quand tu mentionnes mon "plaisir de la conversation entre amis", je m'y retrouve tout de même, à partir du moment où j'ai le sentiment d'une certaine réciprocité dans l'échange.
    En fait, je m'en veux de ne pas oser couper la personne, ou passer à autre chose. Je me suis pris encore hier en flagrant délit de me creuser le crâne pour chercher ce que je pouvais dire pour relancer le monologue… Qui m'embêtait par ailleurs ! Et j'en veux à l'autre de ne pas se rendre compte de ce déséquilibre.
    Tout cela est donc bien émotionnel ! :laugh::cry::happy:

Amicalement,
Docthib / Christophe

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