Institut Français de

l’ennéagramme

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Conformément à nos conditions d'utilisation, ce forum sera accessible uniquement en lecture du 16 au 24 octobre 2018,
  puis du 30 octobre au 14 novembre 2018 inclus.

Jérôme

La colère chez le 1

Messages recommandés

Jérôme

Bonjour à tous,

J'ouvre cette conversation dans la suite de cette autre conversation sur le groupe du 6, afin de ne pas faire un trop gros hors sujet sur le 1.

Pour le 1, nous disons au stage de Bases que pour évier la colère, il est perfectionniste et que comme le perfectionnisme ne peut qu'échouer, cela déclenche la colère. Le même mécanisme fait donc un petit détour par la fixation.

Ce détour est-il nécessaire ?

Il me semble qu'il y a deux chemins possibles la compulsion activant en premier la passion ou la fixation, selon que la situation et la hiérarchie des centres de la personne activent l'émotionnel ou le mental.

Pour le 1, je crois qu'il y a effectivement aussi un chemin qui passe directement par la passion, quand le 1 s'irrite ou vit du ressentiment face à l'insuffisance de ses efforts, et surtout, du fait de l'injustice qu'il ressent en constatant que d'autres personnes semblent s'en sortir dans la vie sans faire autant d'efforts que lui, voire en faisant passer le plaisir avant le travail.

 

En plus des chemins de la fixation (perfectionnisme) et de la passion décrit ci-dessus, le mécanisme de défense du 1 ajoute encore sa dose de colère. La formation réactionnelle est en effet elle aussi basée sur le déni de pensées, d'intentions, d'émotions jugées incompatibles avec l'idéal, et qui sont aussitôt remplacées par une attitude plus conforme. Cette « deuxième couche » de déni, après celui du perfectionnisme, est une nouvelle opposition à la réalité de ses besoins et génère de la colère, le plus souvent inconsciente.

J'aimerais aussi revenir sur la compulsion d'évitement de la colère, car j'ai eu besoin de redétailler ce qu'il y a derrière ce terme.

La peur de base du 1 est d'« être corrompu, immoral, mauvais », son filtre égotique cherche en permanence ce qui est conforme ou non conforme à son idéal, et au-delà, ce qui peut le rendre critiquable. Le 1 évite sa colère et celle des autres, celle qui voudrait dire qu'il est non conforme. Il a donc d'une certaine manière fait de la colère un révélateur de sa conformité, et à ce titre cherche à l'éviter.

  • À noter que critiquable ne veut pas forcément dire non conforme, mais le 1 étant à référence interne, c'est lui qui définit si la critique est recevable ou pas (et donc si la colère qui va en résulter est respectivement plus liée au perfectionnisme ou à l'injustice :happy:).
  • Le 1 préfère le centre instinctif, et son idéal est un idéal d'action avant tout. Le pire pour lui est donc d'avoir mal agi, même si son critique intérieur peut aussi s'en prendre à des pensées et émotions non conformes..

Le 1 préfère le centre instinctif intérieur. Pour répondre à la question de survie du centre instinctif, il compte avant tout sur la maîtrise de soi. Or la colère est souvent associée à une perte de maîtrise de soi, ce qui la rend intrinsèquement « non conforme ».

 

Ce n'est donc pas seulement la colère que le 1 cherche à éviter, et peut être pas toutes les colères non plus, mais ce terme a le mérite de traduire en un seul mot une grande partie de sa compulsion.

 

Pour résumer, le 1 cherche à éviter la colère car c'est

  • un manque de contrôle de soi ;
  • un révélateur de non-conformité.

Cet évitement de la colère génère paradoxalement sa colère par trois mécanismes :

  • Sa passion, dont le ressort direct est l'injustice, le ressentiment, et le ressort indirect le constat d'échec du perfectionnisme ;
  • Sa fixation, basée sur le déni de la réalité forcément imparfaite ;
  • Son mécanisme de défense, basé sur le déni de ses réactions spontanées.

Cette synthèse vous semble-t-elle "conforme" ? :happy: Ben oui, j'ai une aile 1 quand même.

Bien amicalement,
Jérôme

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Thierry

Bonjour Jérôme, bonjour à tous,

Merci pour cette analyse qui nous montre, une fois de plus, à quel point le modèle a une grande cohérence interne.

"Cet évitement de la colère génère paradoxalement sa colère par trois mécanismes […]"
Dire cela, n'est-ce pas idéaliser la démarche d'évitement de la colère ?

Remarque : j'ai pu constater que l'usage du mot paradoxe par un autre 9 alpha (peut-être "F" au MBTI ???) était totalement obscur pour moi, tandis que j'ai pu vérifier que mon propre usage étant en accord avec le dictionnaire d'usage de l'Académie, généralement assez clair et précis.

Très amicalement,
Thierry

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Caro1

Bonjour,

 

Ici tous les ingrédients y sont…

 

Comme bien des mamans 1, je souhaite autonomiser mes enfants, seulement pour leur bonheur. Ma fille étant 1, elle demande à faire seule et j’acquiesce la plupart du temps. Mon fils a 6 ans et il est 7. Lui aussi, il veut faire seul de temps en temps pour que je lui fiche la paix, et là aussi je comprends et je permets.

 

Ma fille de 8 ans fait de la danse classique depuis quelques années. Elle me demande d’aller dans un magasin spécialisé pour acheter les vêtements et autres accessoires indispensables à la pratique de cette activité, et mademoiselle veut tout choisir. Dans les 10 minutes précédant l’arrivée au magasin, j’ai essuyé leurs colères, en prenant sur moi et j’étais passablement irritée en rentrant dans le magasin. Ma fille fait la queue tandis que je m’occupe de son petit frère qui entreprend déjà d’escalader la vitrine où trône un superbe cygne en papier.

 

Il y avait 4 personnes devant elle. Un long moment après, je vais la voir et je m’aperçois que les deux personnes après elle se font servir, et une femme est en train de passer devant elle.

 

INJUSTICE

 

Mon sang n’a fait qu’un tour, j’ai dit à la vendeuse : « Vous ne voyez pas que ma fille était avant cette dame ? Alors évidemment si votre champ de vision ne débute qu’à 1 mètre 60 au-dessus du sol, vous ne pourrez jamais voir les enfants… » Et à la femme : « Vous êtes responsable aussi ! »

L’horreur totale, tout le monde en a pris pour son grade et je commençais déjà à culpabiliser. J’aurais pu… hum… j’aurais dû m’exprimer en toute assertivité me dit le premier de la classe dans ma tête. Jugement de MAUVAIS COMPORTEMENT

 

La vendeuse n’a eu qu’à dire : « Je pensais que quelqu’un s’occupait d’elle puisqu’elle était seule. »

Là, comment dire, sermon sur l’éducation ? Sermon sur la valeur enfant : droit à la parole et à la considération des adultes ? Je n’ai rien dit.

Elle s’adresse à moi pour me demander ce que je veux. Je m’adresse à ma fille, elle énonce clairement ce qu’elle veut : chaussons, collants, gilet.

Elle me regarde et me dit : « Quelle couleur pour le justaucorps ? » Je crois que j’ai fermé les yeux et j'ai demandé à ma fille de répéter. Elle ne sait pas voir, elle ne sait pas écouter, c'est peine perdue.

Finalement, on a eu ce qu’on a voulu mais j’ai dû assister ma fille alors qu’elle n’en n’avait pas besoin. Pourtant, si, simplement, elle avait pris en considération ma fille, les achats se seraient bien déroulés, et mon fils n’aurait pas fait de bêtises : il a ouvert tous les rideaux des cabines d’essayage — oui oui avec des gens dedans — et a joué à Tarzan avec…

 

Quelque part c'était tant pis pour eux : vengeance ?

 

 Je ne ressens pas chez moi de “déni de mes réactions spontanées”, j'observe très bien la colère monter et me donner compulsivement la moitié du droit de l'exprimer. L'autre moitié est consacrée à la culpabilité de l'avoir exprimée.

 

J’ai décidé de tirer des leçons de toutes mes colères. Je ne les juge plus, je les analyse. Ce travail m’aide à ne pas ressentir de culpabilité mal placée (tensions dans le corps).

 

J’ai trouvé :

  • Besoin que l’autre ait la même conception de l’enfance que moi. Possible ? Oui, mais jamais jamais jamais garanti !
  • Besoin que mon fils se tienne bien. Possible ? Bof… Donc ? La prochaine fois, je m’arrange pour qu’il ne vienne pas. Après tout une après-midi shopping entre filles, ce serait sympa.
  • Besoin que l’autre reconnaisse que je suis une bonne mère. Piste de progrès : donne-toi toi-même cette reconnaissance et ça ira mieux.
  • Besoin de mieux communiquer avec moi-même pour mieux communiquer avec les autres.

Enfin, après tout, ma colère a duré 20 secondes et heureusement ça n’arrive plus souvent…

 

Mais j’aimerais me poser la question de mes besoins avant d’intervenir en colère. Ressentir de la colère, je me dis c’est OK. Et là il me manque ce pas de côté qui met de la distance… pour pouvoir interroger l’objet même de la colère jusqu’aux confins des besoins jugés non admissibles par mes “standards” personnels. J’y arrive, mais après…

 

Bien à vous,

Caro1

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Ressentir de la colère, je me dis c’est OK."

La vertu du 1, c'est quand même la patience… Parmi les colères que ressent le 1, peu sont vraiment OK, comme peu de peurs du 6 le sont pour ne prendre que ce seul exemple. Je te renvoie au domaine et à la dichotomie du 1 (cf. stage Ailes).

 

Pour le reste, je ne vais pas redire de pratiquer les exercices de rappel de soi et de déconstruction des transes. Ah ben tiens, zut, si, je l'ai redit. Des trucs comme s'arranger pour aller faire du shopping sans son fils, ce ne sont pas des solutions, cela n'aide pas à l'intégration, ce sont juste des échappatoires (crois-en un connaisseur !).

 

Très amicalement,

Fabien

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Simechau

Bonjour,

 

"Parmi les colères que ressent le 1, peu sont vraiment OK, comme peu de peurs du 6 le sont pour ne prendre que ce seul exemple."

Je confirme pour le fonctionnement égotique de type 6 dont je relève.

 

En ce qui me concerne, 99 % des peurs que je ressens ne sont pas OK, dans le sens où elles ne sont aucunement fondées sur des éléments objectivement observables. C'est un automatisme, rien d'autre.

 

Si j'explique la source d'une peur que je ressens, au moment où je la ressens, à une autre personne (ne relevant pas du fonctionnement égotique de type 6), j'ai déjà expérimenté que cette personne va trouver cette peur totalement infondée et même avoir les plus grandes difficultés à saisir qu'il est possible de ressentir de la peur sur cette base.

 

Anecdote. À l'occasion d'un stage Ennéagramme, je travaille avec une personne relevant du type 6. À l'extérieur de la salle, dehors, nous voyons passer une personne. Simultanément, nous la trouvons "louche", et cela nous inquiète. Je m'ouvre de cet état de fait à un stagiaire qui relève du type 3. Non seulement il n'a pas du tout repéré ni même vu la personne qui est passée devant la fenêtre de la salle (quelle imprudence) mais, en plus, quand je lui explique la situation stressante que nous avons vécu de ce fait, il s'exclame (avec bienveillance) : "Vous êtes vraiment des malades."

 

Aujourd'hui , je ne fuis pas mes peurs, je ne cherche pas non plus à les éviter (je ne crois pas d'ailleurs que cela soit possible), je les vis, je les sens et ressens, et je les circonscris à la source, dès les premières sensations que je perçois. Je ne les laisse pas se développer et produire un comportement automatique sur cette base de la peur.

En règle générale, je fais une action immédiate, un acte, un geste, un mouvement, une mobilisation du centre instinctif en quelque sorte, qui circonscrit cette peur naissante.

 

Ceci étant dit, à force de travail constant, je ressens de moins en moins de peurs. Peut-être ai-je de plus en plus de courage (à mon échelle) ?

Et c'est bien agréable.

(Je m'aperçois qu'il faut peut-être reclasser ce message côté "peur du 6", mais en même temps il n'y aurait pas eu ce message s'il n'y avait pas eu la colère du 1).

 

Bien amicalement.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci Simechau pour cette très sage réponse. Accepter l'inévitabilité de l'ego, le vivre donc tout en actant le fait qu'il n'est qu'une partie de nous (ici en se connectant à l'essence par la mobilisation du centre réprimé), c'est la juste démarche. Je trouve l'emploi du terme "circonscrire" tout à fait pertinente qui implique de laisser à l'ego sa place tout en lui fixant des limites.

 

Très amicalement,

Fabien

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Caro1

Bonjour,

 

Merci aussi Simechau pour cet exemple en tant que 6 très parlant et tu y décris une piste intéressante. Mobiliser mon centre réprimé pourrait "circonscrire" ma colère ?

Cela me laisse perplexe. Moi qui réprime le mental, vous pourriez me donner un exemple ?

 

Bien amicalement,

Caro1

 

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Cela me laisse perplexe. Moi qui réprime le mental, vous pourriez me donner un exemple ?"

Le message de Simechau et le mien n'ont été affichés que depuis trois heures. Et si tu cherchais un peu plus ? Les méthodes que l'on trouve soi-même sont beaucoup plus efficaces. Les chercher est un acte de volonté, et celle-ci est le moteur de la métanoïa.

 

Très amicalement,

Fabien

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Caro1

Coucou,

 

J'y ai réfléchi toute la journée, mais cela n'a rien donné. D'une part parce que mon mental, pouh, n'était pas avec moi, enfin, si, analytique et m'empêchant de trouver le calme intérieur.

Alors je l'ai laissé tombé et suis allée voir du côté de mon intuition.

 

Mon intuition m'a indiqué le moment présent. Le moment présent comme si je m'en faisais un ami qui me dit de voir le meilleur en moi.

 

La situation ne s'est pas faite attendre, mes enfants se sont disputés, très fort. J'ai vécu l'instant présent comme un ami qui m'a dit de ne pas intervenir, ils ont besoin d'en passer par là pour s'aimer. Deux secondes plus tard j'entendais "je t'ai fait mal, oh pardon, viens", je suis montée, ils se faisaient un câlin, et j'en ai profité…

 

Merci Fabien !!!

 

Très amicalement,

Caro1

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Interroger son intuition est une très bonne idée par le lâcher prise et le contact à l'essence que cela implique.

 

Je constate avec plaisir que ton intuition est plutôt d'accord avec moi :

Le 25/09/2018 à 17:09, Fabien Chabreuil a dit :

Pour le reste, je ne vais pas redire de pratiquer les exercices de rappel de soi et de déconstruction des transes. Ah ben tiens, zut, si, je l'ai redit.

Le rappel de soi est bien une technique pour s'ancrer dans le moment présent. Donc, je redis ici ce que je ne redis pas. (Si tout va bien, cela devrait provoquer une transe de confusion une phrase comme ça. :rofl:)

 

À part ça, si la solution est bonne et certainement meilleure, elle ne répond pas au cahier des charges :

Il y a 13 heures, Caro1 a dit :

Mobiliser mon centre réprimé pourrait "circonscrire" ma colère ?

 

Très amicalement,

Fabien

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Simechau

Bonjour à tous ,

 

Le 26/09/2018 à 16:00, Caro1 a dit :

Mobiliser mon centre réprimé pourrait "circonscrire" ma colère ?

Ci-joint une idée à ta destination, Caro1.

 

Phase 1 : tu sens, tu ressens, tu vis de la colère, elle est là, ta compagne de tous les jours. Tu la sens, tu la sens bien. Elle monte, elle est présente en toi, vivante en toi.

Normalement la phase 1 n'est pas trop difficile. Si tout va bien dans le monde égotique, tu dois bien, au moins, éprouver deux colères le matin, deux l'après-midi et deux le soir.

 

Phase 2 : tu as appris par cœur ce poème « Allégorie » extrait des Fleurs du mal (ou un autre de ton choix) :

 

Charles Baudelaire a dit :

C'est une femme belle et de riche encolure,
Qui laisse dans son vin traîner sa chevelure.
Les griffes de l'amour, les poisons du tripot,
Tout glisse et tout s'émousse au granit de sa peau.
Elle rit à la mort et nargue la Débauche,
Ces monstres dont la main, qui toujours gratte et fauche,
Dans ses jeux destructeurs a pourtant respecté
De ce corps ferme et droit la rude majesté.
Elle marche en déesse et repose en sultane ;
Elle a dans le plaisir la foi mahométane,
Et dans ses bras ouverts, que remplissent ses seins,
Elle appelle des yeux la race des humains.
Elle croit, elle sait, cette vierge inféconde
Et pourtant nécessaire à la marche du monde,
Que la beauté du corps est un sublime don
Qui de toute infamie arrache le pardon.
Elle ignore l'Enfer comme le Purgatoire,
Et quand l'heure viendra d'entrer dans la Nuit noire,
Elle regardera la face de la Mort,
Ainsi qu'un nouveau-né, — sans haine et sans remord.

 

Quand la colère survient, tu la sens et tu récites le poème en entier, complétement (à haute voix, ou dans ta tête), en concentrant ton attention sur cette récitation, et en y mettant toute ta capacité poétique.

Un indice : si spontanément et immédiatement ma proposition te parait bien incongrue, bien chiante, bien déplacée, bien bizarre… et en plus avec tout le travail que tu as à faire, si en plus il faut consacrer du temps à apprendre une poésie, ce serait peut être une indication.

 

Par contre, je partage l'observation de Fabien. Il n'y a que moi, qui sait, connaît et décide, au fond pour moi, et qui peut vouloir, et faire ce qui peut m'enrichir, me compléter et contribuer à me libérer des entraves familières de mon fonctionnement égotique, même si je me nourris et m'enrichis dans le lien vivant à autre que moi, et que je peux aussi utiliser des méthodes éprouvées par d'autres.

 

C'est mon cheminement singulier.

 

En même temps, j'ai tendance à penser que mon cheminement comporte des choses simples, à portée de ma main, mais que je fuis ou occulte, et pourtant pour marcher, il  me suffit de faire un pas… Puis un autre… Puis un autre…

 

Bonne déclamation poétique, poétesse Caro1.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

En fermant le forum ce jeudi midi, je n'avais pas vu cette contribution de Simechau et la découvre ce soir en passant. Évidemment, si on parle de poésie, je frétille. Je ne discuterai pas aujourd'hui du fond mais j'ai pensé à cet autre poème des Fleurs du mal qui parle de la colère, « L'Héautontimorouménos », nom grec signifiant « bourreau de soi-même » ce qui va bien à la passion et à la fixation de tous les ennéatypes (même si Baudelaire y mettait certainement plutôt la haine de des autres et soi que peut vivre un ennéatype 4 en très grande souffrance, ici amoureuse) :

 

Charles Baudelaire a dit :

Je te frapperai sans colère
Et sans haine, comme un boucher,
Comme Moïse le rocher
Et je ferai de ta paupière,

 

Pour abreuver mon Saharah
Jaillir les eaux de la souffrance.
Mon désir gonflé d'espérance
Sur tes pleurs salés nagera

 

Comme un vaisseau qui prend le large,
Et dans mon cœur qu'ils soûleront
Tes chers sanglots retentiront
Comme un tambour qui bat la charge !

 

Ne suis-je pas un faux accord
Dans la divine symphonie,
Grâce à la vorace Ironie
Qui me secoue et qui me mord ?

 

Elle est dans ma voix, la criarde !
C'est tout mon sang, ce poison noir !
Je suis le sinistre miroir
Où la mégère se regarde.

 

Je suis la plaie et le couteau !
Je suis le soufflet et la joue !
Je suis les membres et la roue,
Et la victime et le bourreau !

 

Je suis de mon cœur le vampire,
— Un de ces grands abandonnés
Au rire éternel condamnés
Et qui ne peuvent plus sourire !

 

Très amicalement,

Fabien

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Je ne discuterai pas aujourd'hui du fond."

Je suis un petit peu sceptique sur ta proposition, Simechau, la récitation d'un poème me paraissant quand même plus une mise en œuvre du centre émotionnel que du mental.

 

Revenons donc à la demande initiale :

Le 26/09/2018 à 16:00, Caro1 a dit :

Mobiliser mon centre réprimé pourrait "circonscrire" ma colère ? Cela me laisse perplexe. Moi qui réprime le mental, vous pourriez me donner un exemple ?

Un exemple, une solution, est dans vous supports de cours, chers Caro1 et Simechau : il suffit de réaliser les étapes 4 et 5 du processus que vous avez appris dans le stage Résilience, étapes qui suivent une expression de la colère (étape 1) et qui correspondent à l'activation du centre mental (point choc 3). Précisons que quand on connait bien la méthode pour l'avoir pratiqué dans le ca dre du processus du stage Essence comme une hygiène de vie quotidienne, ces étapes sont rapides pour les petits problèmes du quotidien.

 

Très amicalement,

Fabien

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Caro1

Bonjour,

 

Merci Fabien. Mais… c'est difficile à mettre en mots.

 

C'est lorsque je vois chez ma fille des mécanismes que j'ai eu enfant, c'est là que la colère se creuse en moi de façon abyssale. Là, il vaut mieux que je quitte la pièce, que j'éloigne cette colère d'elle. Je sais, tu vas dire pardon à soi. Et tu vois, là encore mon ego me dit, tu ne l'as certainement pas bien fait, sinon tu ne serais pas en train d'écrire cela.

 

Est-ce que me dire "elle a raison", ça arrêterait le processus et me permettrait de faire les étapes que tu as décrites ?

 

Le 27/09/2018 à 12:08, Simechau a dit :

En même temps, j'ai tendance à penser que mon cheminement comporte des choses simples, à portée de ma main, mais que je fuis ou occulte, et pourtant pour marcher, il  me suffit de faire un pas… Puis un autre… Puis un autre…

Je fais un petit pas et c'est reprendre, refaire à la lumière de chaque part d'ombre révélée ?

 

Parfois c'est comme si mon critique intérieur (la voix intériorisée de mes figures d'autorité) était substitué par la voix de Fabien, ou même Patricia, et commence à me critiquer parce que je n'ai pas suffisamment progressé dans les stages de développement. Mais ce qui est génial dans ce forum, c'est que c'est ce que tu fais Fabien. Et moi j'essaie d'être bonne élève. Donc je vais refaire aussi Libération…

 

Et moi aussi j'ai trouvé un poème… d'une femme sur sa colère… Il s'agit de « À l'amour » extrait de Élégies :

 

Marceline Desbordes-Valmore a dit :

Reprends de ce bouquet les trompeuses couleurs,
Ces lettres qui font mon supplice,
Ce portrait qui fut ton complice ;
Il te ressemble, il rit, tout baigné de mes pleurs.

Je te rends ce trésor funeste,
Ce froid témoin de mon affreux ennui.
Ton souvenir brûlant, que je déteste,
Sera bientôt froid comme lui.

Oh ! Reprends tout. Si ma main tremble encore,
C'est que j'ai cru te voir sous ces traits que j'abhorre.
Oui, j'ai cru rencontrer le regard d'un trompeur ;
Ce fantôme a troublé mon courage timide.

Ciel ! On peut donc mourir à l'aspect d'un perfide,
Si son ombre fait tant de peur !
Comme ces feux errants dont le reflet égare,
La flamme de ses yeux a passé devant moi ;

Je rougis d'oublier qu'enfin tout nous sépare ;
Mais je n'en rougis que pour toi.
Que mes froids sentiments s'expriment avec peine !
Amour… que je te hais de m'apprendre la haine !

Éloigne-toi, reprends ces trompeuses couleurs,
Ces lettres, qui font mon supplice,
Ce portrait, qui fut ton complice ;
Il te ressemble, il rit, tout baigné de mes pleurs !

Cache au moins ma colère au cruel qui t'envoie,
Dis que j'ai tout brisé, sans larmes, sans efforts ;
En lui peignant mes douloureux transports,
Tu lui donnerais trop de joie.

Reprends aussi, reprends les écrits dangereux,
Où, cachant sous des fleurs son premier artifice,
Il voulut essayer sa cruauté novice
Sur un cœur simple et malheureux.

Quand tu voudras encore égarer l'innocence,
Quand tu voudras voir brûler et languir,
Quand tu voudras faire aimer et mourir,
N'emprunte pas d'autre éloquence.

L'art de séduire est là, comme il est dans son cœur !
Va ! Tu n'as plus besoin d'étude.
Sois léger par penchant, ingrat par habitude,
Donne la fièvre, amour, et garde ta froideur.

Ne change rien aux aveux pleins de charmes
Dont la magie entraîne au désespoir :
Tu peux de chaque mot calculer le pouvoir,
Et choisir ceux encore imprégnés de mes larmes…

Il n'ose me répondre, il s'envole… il est loin.
Puisse-t-il d'un ingrat éterniser l'absence !
Il faudrait par fierté sourire en sa présence :
J'aime mieux souffrir sans témoin.

Il ne reviendra plus, il sait que je l'abhorre ;
Je l'ai dit à l'amour, qui déjà s'est enfui.
S'il osait revenir, je le dirais encore :
Mais on approche, on parle… hélas ! Ce n'est pas lui !

 

Belle journée…

Caro1

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"C'est lorsque je vois chez ma fille des mécanismes que j'ai eu enfant, c'est là que la colère se creuse en moi de façon abyssale. […] Je sais, tu vas dire pardon à soi."

Oui, je vais dire cela mais pas uniquement. Ta fille n'est pas toi. Je te suggère de faire une déconstruction de la transe d'identification sur elle, plus la technique d'hallucination négative (fin de la fiche correspondante) pendant deux à trois semaines.

 

"Et tu vois, là encore mon ego me dit, tu ne l'as certainement pas bien fait, sinon tu ne serais pas en train d'écrire cela."

D'abord, quand ton ego te dit cela, tu pratiques la technique de déconstruction des suggestions hypnotiques. Ensuite, on a généralement plusieurs pardons à faire à soi-même et l'un d'entre eux peut nécessiter plusieurs tours.

 

"Est-ce que me dire “elle a raison”, ça arrêterait le processus et me permettrait de faire les étapes que tu as décrites ?"

Ah non ! Elle n'a peut être pas raison. Tu peux éventuellement te dire "elle a ses raisons" qui est forcément exact ou peut-être mieux "quelles peuvent être ses raisons ?".

 

Très amicalement,

Fabien

 

P.-S. : j'adore Marceline Desbordes-Valmore. Comme semble le montrer le dernier vers, je vois plus de chagrin que de colère dans ce texte, ou disons que ce n'est pas une colère de 1 !

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Caro1

Bonjour,

 

Merci Fabien pour tes précieux conseils par rapport à ma fille.

 

Je reviens à ma question qui me taraude depuis quelques temps et j'ai eu la réponse grâce à la CNV (communication non violente) à ce que je recherchais, c’est-à-dire de déployer toute la compassion et la bienveillance avant que la colère me submerge.

 

Or, ce n’est pas possible. Face à un stimulus, le « cerveau reptilien » va 300 fois plus vite que le « néo-cortex ». Autant dire que la peur, la colère, et toutes les émotions nous submergent bien avant que nous puissions en avoir le contrôle. J’ai alors compris que je n’arriverai jamais à dégainer ma compassion et ma bienveillance avant que ma colère sorte en agressivité ou m’attrape à la gorge.

 

Exemple : La personne fait son stimulus : « ….!!! » en criant. On se fait prendre à la gorge (par la peur ou la colère) ou on a envie de dire « mais quel …(bip) ».

Pause.

On la regarde et derrière, avec tous les efforts et le courage dont on est capable de faire preuve, on tire la compassion et la bienveillance et au passage on donne de l’empathie à toutes nos parts qui se sont pris un coup.

 

Le temps réel, quête impossible ? Selon mes connaissances le cerveau « reptilien, néocortex » sont des théories obsolètes.

 

Alors ce raisonnement tient-il toujours ? Et bien oui. Seulement, plus avec les mêmes termes mais en gros ça veut dire la même chose. La voie courte thalamus-amygdale permet d’assurer des réactions de survie, de fuite et de défense (peur et agressivité) dans un délai très court; la voie longue thalamus-cortex-amygdale assure une perception précise du stimulus mais nécessite un prolongement du temps de réaction qui peut être fatal en cas de danger.

 

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Il faut faire un effort pour calmer le thalamus et emprunter la voie la plus longue afin d’accéder aux émotions plus élaborées.

 

Quête du temps réel face à un stimulus extérieur, pas pour un cerveau humain…

 

Ce que cela a pour conséquence chez moi, c’est abord faire le deuil de la maîtrise de la première réaction. Et en même temps en avoir connaissance de cette manière me permet-il d’activer ce mental dont on parlait plus haut ?

 

Avoir une connaissance mentale de comment fonctionne les émotions « primaires » me permet quelque part de lâcher prise sur ce point mais renforce le contrôle sur la seconde réaction.

 

Manifester les aspects positifs de sa personnalité implique-t-il de faire des efforts et du contrôle > rajout de contrôle chez le 1 ?

Mon ego frétille, c'est louche… Faire des efforts pour être une meilleure personne, qui gagne ? L'ego ou l'essence ?

 

Belle journée,

Caro1

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Selon mes connaissances le cerveau « reptilien, néocortex » sont des théories obsolètes."

Oui totalement et depuis longtemps. Cela a été signalé plusieurs fois sur le forum, notamment ici.

 

"Or, ce n’est pas possible."

Oui… mais NON.

 

Il me semble que tu n'intègres pas dans ta réflexion la différence entre travail horizontal et travail vertical.

 

Si tu cherches une baguette magique qui va t'empêcher maintenant de basculer dans la colère, ce n'est effectivement pas possible. Quelques techniques de travail horizontal pourraient peut-être te permettre de faire quelques progrès, mais dans une mesure limitée dans l'intensité et dans le temps.

 

Le travail vertical, en te connectant notamment à l'essence, augmente le champ de conscience et fait que la "route courte" est de moins en moins utilisée. Mais le travail vertical, ce n'est pas une intervention en cas de crise, c'est une discipline de vie reposant sur la pratique régulière, multi-quotidienne, des techniques enseignées dans les stages dits ici d'évolution. Sans cela, l'ennéagramme ne sert au fond pas à grand-chose, c'est-à-dire que notre évolution ne va alors pas au-delà du point 2 de l'ennéagramme des processus vu au stage Essence (et présenté sommairement ici).

 

"Manifester les aspects positifs de sa personnalité implique-t-il de faire des efforts et du contrôle -> rajout de contrôle chez le 1 ? Mon ego frétille."

Le mien hésite entre la ciguë et l'arsenic, choix sans doute plus humble. Soit je n'ai pas bien compris ta question, soit il y a quelque chose à clarifier pour expliquer que, totalement contraire à la totalité de notre enseignement, elle puisse être posée au stade où tu en es.

 

"Faire des efforts pour être une meilleure personne […]"

Rien que le terme "meilleure" implique un jugement et est donc la formulation égotique d'un objectif. Une telle formulation t'enferme dans l'ego et dans une démarche horizontale.

 

Très amicalement,

Fabien

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Caro1

Bonjour,

 

Merci Fabien pour ta réponse.

 

Le 09/10/2018 à 09:06, Fabien Chabreuil a dit :

"Manifester les aspects positifs de sa personnalité implique-t-il de faire des efforts et du contrôle -> rajout de contrôle chez le 1 ? Mon ego frétille."

Le mien hésite entre la ciguë et l'arsenic, choix sans doute plus humble. Soit je n'ai pas bien compris ta question, soit il y a quelque chose à clarifier pour expliquer que, totalement contraire à la totalité de notre enseignement, elle puisse être posée au stade où tu en es.

Non, non, Fabien, tu as bien compris. C'était le sens de ma question mais pour une autre approche que l'ennéagramme, et c'est fou mais je ne trouve pas que les autres approches en vogue actuellement aussi attrayantes soient-elles, aient une démarche de travail vertical. Je n'arrive pas encore à classer la CNV.

 

Est-ce qu'un outil de développement personnel peut avoir une intention de travail vertical mais ne serait pas suffisante en soi ?

 

Pour ma part, je pense que la CNV est un bon complément de l'ennéagramme mais pratiquée seule, elle peut percuter les limites égotiques.

 

Cependant, pour revenir à la colère, c'est par toute la pratique de l'ennéagramme que j'ai vraiment ressenti une paix intérieure, moins de tensions dans mon corps, et ma colère, bien sûr, ne s'est envolée, mais est bien moins présente dans ma vie. Je suis heureuse d'avoir croisé votre chemin.

 

Avec toute ma gratitude,

Caro1

 

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"C'était le sens de ma question mais pour une autre approche que l'ennéagramme."

Ah ! Ouf, j'ai eu peur !

 

"Je n'arrive pas encore à classer la CNV."

La CNV est très clairement une approche spirituelle qui se veut verticale. Je l'ai expliqué sur ce forum il y a 9 ans :

Le 09/12/2009 à 10:00, Fabien Chabreuil a dit :

D'une certaine manière, la CNV porte mal son nom. Son fondateur, Marshall Rosenberg, y voit avant tout une approche à dimension spirituelle. Dans Bases spirituelles de la Communication Non Violente, il écrit que la CNV est le résultat de sa "tentative de devenir conscient de ce qu'est l'Énergie Divine Bien-Aimée et de la façon de se mettre en lien avec elle". Il ajoute que "il est important de voir que la spiritualité est au coeur de la CNV, et de garder cela à l'esprit quand on apprend les étapes du processus. L'art de vivre [qu'il essaie] d'enseigner est véritablement une pratique spirituelle." La CNV ne cherche pas réellement un bénéfice immédiat de sa pratique, mais plutôt "qu'une masse critique de personnes utilisent la CNV pour participer à l'avènement d'une paix intérieure, interpersonnelle et institutionnelle." Les personnes qui se forment à la CNV ne sont pas toujours bien informées de cet aspect de la méthode.

 

Cependant, la CNV est aujourd'hui bien souvent vendue comme une approche psychologique. Quand c'est le cas, cela dénature l'outil, un peu comme si quelqu'un utilisait les techniques du stage Éveil pour atteindre des objectifs égotiques.

 

Ensuite, la CNV me semble être une méthode formidable mais ne traitant qu'une partie du problème égotique. Comme tu le soulignes, elle est bien insuffisante à elle-seule.

 

Très amicalement,

Fabien

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