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l’ennéagramme

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Demilune

L'intellectualisation : défense contre la répression du centre mental ?

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Demilune

Bonjour à tous,

J'ai vécu il y a quelques semaines une situation qui me questionne du point de vue de l'Ennéagramme. Alors que je relate les événements qui me sont arrivés récemment dans ma vie professionnelle (voir ce message), la personne qui m'écoute me demande tout à coup si je n'« intellectualise » pas trop mon vécu, au risque de ne pas laisser suffisamment de place aux émotions. Cette remarque m'a surpris sur le coup car, ayant le centre mental réprimé et le centre émotionnel en support, j'ai eu plutôt l'impression inverse au cours de mon expérience, à savoir être pris dans un flot d'émotions difficilement contrôlé et d'avoir du mal à laisser le mental s'exprimer. J'ai donc répondu que je ne pensais pas intellectualiser outre mesure, ou que cette impression pouvait résulter du fait que je relatais une situation a posteriori, sur laquelle j'avais eu le temps de prendre du recul.

Pourtant, j'ai eu nettement l'impression de ressentir une menace en entendant cette remarque et je reste convaincu que ma réponse était, au moins pour partie, une réaction de défense égotique. Partant du principe que « le sens de votre message est la réponse que vous obtenez », je ne pouvais pas nier le retour que j'avais reçu. Bref, je suis reparti avec cette question qui me taraude depuis : de quoi mon ego cherchait-il donc à se défendre ?

En essayant d'affiner l'auto-observation, j'ai pris conscience que j'essayais de garder en permanence le contrôle de cette discussion et que donc, quelque part, je m'astreignais à enchaîner des arguments les uns après les autres, comme une belle démonstration achevée, incontestable. Dans cette conversation, j'avais choisi de faire appel à mon centre mental dont je suis pourtant conscient des limites, probablement pour avoir mémorisé des situations où le mental m'a fait défaut face à des personnes qui utilisent mieux ce centre. Et il me semble que je crains l'imprévisibilité qui résulterait d'une remise en cause de mon argumentation par l'extérieur. Du coup, pour éviter d'être mis en difficulté sur le terrain mental, je me débrouille pour préparer à l'avance un raisonnement construit, en espérant avoir une petite longueur d'avance sur ce terrain : il est probable qu'alors, je m'exprime avec maladresse car mon discours manque souvent de spontanéité et peine à s'adapter aux circonstances, et peut-être que ces ficelles se voient : j'en fais trop dans le mental de peur de me laisser déborder, et du coup, certains peuvent percevoir cela comme de l'« intellectualisation ».

Au-delà de cette situation particulière qui m'a permis cette prise de conscience, je me rends compte qu'il y a bien d'autres situations de vie où je mets en place le même processus :

  • Lorsque j'anime une réunion, je suis mal à l'aise si l'ordre du jour n'a pas été préparé et que je n'ai pas suffisamment réfléchi à ce que je voulais y dire. Lorsque je prévois un moment participatif et/ou dédié aux échanges, j'aime bien qu'il soit déjà cadré d'une certaine manière, cela me rassure. Et quand une personne intervient sur un sujet auquel je n'ai pas vraiment réfléchi, cela m'angoisse car je sens que mon mental a du mal à construire un raisonnement en direct, qui soit capable d'intégrer la nouvelle information. Notamment sur les sujets potentiellement conflictuels (compulsion de 9 oblige !), j'ai tendance à vouloir blinder les choses et quasiment avoir une solution avant de commencer la discussion, dans l'espoir de l'imposer par un raisonnement préparé à l'avance. Cela ne fonctionne pas toujours, comme vous pouvez l'imaginer, et quand le débat est vraiment lancé avec des personnes préférant le centre mental, j'ai l'impression d'être à la ramasse, ce qui conduit à l'oubli de soi : je me range à l'avis des autres.
  • Lors des stages Ennéagramme, quand je me pose une question ou que quelque chose n'est pas clair, je n'interviens pas tout de suite. J'ai besoin de temps pour clarifier la formulation de ma question, puis j'envisage ensuite quelques réponses possibles de Fabien ou Patricia, afin de savoir quoi répondre dans tel ou tel cas. Ici, ce n'est pas tant pour contrôler la situation que pour avoir une réponse à la question que je me pose vraiment, car je sais que ma formulation peut être imprécise et recevoir une réponse qui n'est pas tout à fait liée à mon problème. Bref, encore une fois, j'intellectualise tout le processus avant d'avoir dit un mot.
  • Lorsqu'une émotion me pousse à intervenir sans préparation dans une conversation, je suis souvent confus et si la personne en face de moi fonctionne à ce moment sur un mode mental, il y a peu de chance qu'elle me comprenne. Je ne compte pas le nombre de fois où je me suis entendu dire « essayons de sérier les problèmes » ou « hiérarchisons les choses » après l'une de mes remarques. Dans ces moments, je voudrais exprimer un ressenti que je ne parviens pas à reformuler sur un mode rationnel pour être sur le même canal de communication que mon interlocuteur. Je ressens alors beaucoup de frustration de ne pas avoir pu être entendu, faute de savoir utiliser en temps réel mon centre réprimé. :sour: En tant que 9, je trouve que c'est un motif de colère intérieure fréquent. Et cela renforce ma conviction égotique que l'intellectualisation est nécessaire pour se faire entendre !
  • J'observe que ce phénomène d'intellectualisation intervient de façon bien plus rare vis-à-vis de personnes proches et/ou en qui j'ai totalement confiance. J'accepte dans ces cas de « réfléchir tout haut », sachant que l'autre me permettra de poursuivre mon raisonnement à mon rythme, de douter et d'emprunter des chemins un peu tortueux, bref de ne pas être très clair d'un bout à l'autre. Je sais que l'autre ne profitera pas du fait que ma pensée est en train de se construire pour imposer son idée, seulement parce qu'il a fait une synthèse plus vite que moi. Et j'insiste sur le fait que cette intellectualisation ne se produit que sur des sujets mentaux (résolution de problèmes, synthèse d'informations en vue d'une prise de décision, présentation d'une étude…) : lorsqu'une personne vient de manière improvisée me faire part de ressentis et d'émotions, je suis la plupart du temps ouvert à la conversation et prêt à approfondir ce ressenti avec l'autre sans m'inquiéter de la direction que prendra la conversation et de l'incertitude qui en résulte.

Si je résume, ce que j'appelle ici intellectualisation est ce processus qui consiste à préparer à l'avance un raisonnement le plus solide possible, dans l'espoir de pouvoir l'imposer aux autres sans être remis en cause, et donc éviter une mobilisation en direct du centre mental dont l'issue est incertaine. Le discours qui en résulte peut sembler exagérément mental ou manquer de spontanéité.

À ce stade, voilà l'état de mes réflexions sur ce sujet de l'« intellectualisation » (je ne suis pas sûr que ce terme soit le plus adéquat, mais bon…). Mon hypothèse est que cela pourrait être une conséquence de la répression du centre mental, pour pallier les faiblesses de ce centre. J'aimerais donc avoir votre avis sur cette interprétation, notamment si vous êtes en mesure de témoigner sur ces différents points :

  • Amis réprimant le centre mental, avez-vous déjà eu l'impression de faire de l'intellectualisation, et pensez-vous que cela est lié à la répression de ce centre ?
  • Amis ne réprimant pas le centre mental, avez-vous aussi fait de l'intellectualisation, et à quoi l'attribuez-vous ?
  • Est-ce que ce phénomène d'intellectualisation pourrait être plus marqué chez les personnes préférant le centre instinctif, dans l'objectif de garder le contrôle, voire propre aux 9 pour qui cela pourrait être une manière d'éviter une situation potentielle de conflit ?
  • Question bonus :wink: : n'aurait-on pas tendance à vouloir border les incertitudes provoquées par le centre que l'on réprime en mettant en place des stratégies du même type que celle que je décris pour le centre mental ?

Merci d'avance pour vos réactions !

Bien amicalement,
Tristan

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Amis réprimant le centre mental, […] Amis ne réprimant pas le centre mental."

Ami Tristan, tu as oublié pour ratisser suffisamment large et être ami avec tous : "Amis n'ayant pas encore déterminé votre centre réprimé". :rofl:

 

Blague à part, merci pour cette nouvelle belle introspection.

 

Tu as fait le stage Ailes et tu sais donc que le champion de cette problématique est le 4 notre ami 4 (allez, je cesse de te taquiner, mais je ne taquine que les gens que j'aime bien). Ce mécanisme, même s'il est plus large que ta définition, est indépendant de sa variante, ce qui implique que l'on trouve de l'intellectualisation avec du mental en support et avec du mental réprimé.

 

Je suis cependant d'accord avec toi sur le fait que le phénomène est plus fréquent quand il y a répression du mental. Personnellement, je l'ai constaté plus souvent chez des ennéatypes émotionnels, 4 et 2, 3 dans une moindre mesure. C'est observation est liée à mon réseau relationnel et n'a donc pas de valeur statistique.

 

"Amis ne réprimant pas le centre mental, avez-vous aussi fait de l'intellectualisation, et à quoi l'attribuez-vous ?"

Je ne peux évidemment pas dire jamais, mais c'est en tout cas exceptionnel. J'ai suffisamment confiance en mon mental pour être certain de pouvoir improviser un raisonnement correct, ou si ce n'est pas le cas pour l'élaborer en présence de l'autre sans me sentir gêné.

 

Ceci dit, on pourrait dire qu'il y a de l'intellectualisation inconsciente permanente. Il y a plusieurs années des gens avaient modélisé au cours d'une formation mes capacités de structuration mentale. Chez moi, une information n'est jamais stockée en vrac dans un tiroir mental. Elle est immédiatement intégrée dans des structures complexes préexistantes. Si ce n'est pas possible, après une phase de réflexion et/ou de recherches d'informations complémentaires, les susdites strructures sont revues, élargies ou transformées pour que l'information puisse s'y intégrer.

 

"N'aurait-on pas tendance à vouloir border les incertitudes provoquées par le centre que l'on réprime en mettant en place des stratégies du même type que celle que je décris pour le centre mental ?"

Oui certainement. Dans le stage Centres, je raconte les stratégies que j'utilise pour utiliser le centre instinctif de manière apparemment optimale.

 

Cela peut pour certains masquer la répression du centre. Je me souviens que sur ce forum, certains ont dit à Jérôme qu'ils avaient du mal à imaginer qu'il réprime le centre mental. Je suis sûr qu'à la lecture de tes messages, beaucoup pourraient avoir les mêmes doutes à ton égard.

 

Très amicalement,

Fabien

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Aurolaf

Bonjour Tristan, bonjour Fabien, bonjour à tous,

Je réagis car, il y a très peu de temps, une personne exaspérée, m'a dit : "Mais tu ne peux pas arrêter d'intellectualiser deux minutes. Je te demande de me dire ce que tu ressens, ton émotion de l'instant. Pas d'intellectualiser." Patricia également, si je me souviens bien, m'a fait cette remarque plusieurs fois en supervision.

Pour mémoire, je suis 8 alpha et j'ai donc le centre émotionnel réprimé, ce qui veut dire que si je suis fatiguée ou stressée, j'ai beaucoup de mal à me connecter à l'émotionnel alors qu'intellectualiser, c'est-à-dire décrire en long, en large et en travers, les mécanismes en jeu chez moi ou chez les autres est un exercice facile, presque reposant pour moi. Bref, c'est intellectualiser au sens : "Processus de défense par lequel l'homme essaie de dominer ses émotions en utilisant le raisonnement et la logique". (Dans mon cas, ce n'est même pas pour dominer les émotions mais pour éviter de m'y connecter car c'est parfois trop fatiguant.)

N'aurait-on pas tendance à vouloir border les incertitudes provoquées par le centre que l'on réprime en mettant en place des stratégies du même type que celle que je décris pour le centre mental ?

J'ai réfléchi à ta définition de l'intellectualisation — "ce processus qui consiste à préparer à l'avance un raisonnement le plus solide possible". Il m'arrive souvent de préparer à l'avance… Et je n'utilise presque jamais ce que j'ai préparé car mon "gut feeling" est tellement fort que je vais m'adapter à ce que je trouve dans la discussion, aux gens, et 9 fois sur 10, je vais modifier "en live" ce que j'ai préparé.

Du coup, je me suis demandée pourquoi je préparais le raisonnement !? :confused: Et j'ai réalisé que je prenais parfois le temps de la préparation (pour des choses qui normalement ne devraient pas l'être) pour me tourner vers l'intérieur, pour vérifier ce que je voulais, mes valeurs, mes émotions car, dans le feu de l'action, ça devenait compliqué de m'y connecter puisque j'étais totalement orientée vers l'extérieur.

Parfois, ce temps de préparation me permet de dire : "J'y vais pas, je refuse de faire ce truc car c'est pas OK avec mes émotions, ce que je veux vraiment, mes valeurs, mes besoins, etc." Et je ne suis pas certaine qu'on puisse appeler cela de l'intellectualisation, même si le processus est là pour pallier à la faiblesse de mon centre émotionnel tourné vers l'intérieur (car tourné vers l'extérieur, il fonctionne plutôt bien).

En espérant que ma réaction te sera utile.

Bien cordialement,
Aurore

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Yves

Bonjour à tous,

 

Merci Tristan de partager avec nous ta belle prise de conscience. :happy:

 

Ton message éclaire le fonctionnement d'une amie 8 mu. À son travail et dans sa vie privée, cette amie est entourée de personnes préférant — trop — le centre mental. Elle pratique l'intellectualisation telle que tu l'as définie, Tristan ("préparer à l'avance un raisonnement le plus solide possible"), pour ses échanges avec ces personnes (échanges par écrit ou lors de réunions de travail) et pallier son manque de confiance en elle-même. Il faut aussi à tout prix se protéger et éviter de se retrouver en position de faiblesse face à des argumentations acérées. Parfois son style signale qu'elle vit la contrepassion du 8. Parfois aussi, elle retrouve soudain le style de communication du 8 pour conclure ses courriels ou ses interventions orales.

 

Quant à moi, je pratique aussi l'intellectualisation telle que tu l'as définie, Tristan. J'ai confiance en mes capacités de raisonnement, mais mes interlocuteurs sortiront peut-être des rails du raisonnement. Peut-être exprimeront-ils des émotions imprévues ? Lesquelles ? J'ai peur des émotions imprévues engendrées en moi par les réactions imprévues de mes interlocuteurs. Quoi de pire que l'imprévu ? À quoi me raccrocher ? La logique ? Mais nous ne serons pas sur ce terrain. À une valeur ? Laquelle ? Quelle sera la parole juste ? Je risque de me vider, d'être sans ressources. J'ai l'esprit de l'escalier (je trouve la bonne répartie dans l'escalier, quand mes interlocuteurs ne sont plus là :peur:). Pour éviter ce vide intérieur, je prépare mes interventions. J'émende, je rapetasse interminablement ce que je vais écrire ou dire. :mouais: Je me raccroche à une sorte de modèle à suivre, une image figée de moi-même : l'image de la maîtrise par le mental. :proud: Le résultat est que je vis la contrepassion du 5, je manque de spontanéité et de capacité d'adaptation in situ… La peur de base du 5 reste aux commandes de ma vie. Seule solution : installer des escaliers partout ! Ainsi je passerai plus facilement du grenier à la cave (je reprends une métaphore de Fabien et Patricia, trouvée dans leur article "Le type 5 et l'utilisation extérieure du centre mental").

 

Dans ton cas, Tristan, ainsi que dans le cas de cette amie 8 mu et le mien, l'intellectualisation excessive n'est-elle pas motivée par une peur des conséquences de nos propres émotions : conflit, faiblesse ou vide intérieur ?

 

Amicalement, :bye:

Yves

 

P.S. : Aurore, je viens tout juste de découvrir ton message. Il me semble que nos deux messages ne se contredisent pas. :wink:

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Kayla

Bonjour tout le monde !

Déjà, merci pour cet intéressant sujet et occasion d'introspection ! Ensuite, je suis ravie de lire les témoignages d'Aurore et Yves !

Et donc j'ai observé chez moi différents types d'intellectualisation :

  1. Je suis dans un contexte où je ne me sens pas trop en confiance, où je me sens inférieure intellectuellement aux autres personnes présentes, mon instinct social mis à rude épreuve. Je serai alors sur le pôle "superficialité" de ma dichotomie. C'était le cas lors de mes premiers stages. Très fort pendant le stage Spirale Dynamique. Je l'ai vécu les premières fois où j'ai participé au café-philo près de chez moi. Ces moments sont de plus en plus rares, j'ai beaucoup travaillé sur l'estime de moi et mon instinct social. Il est la plupart du temps maintenant en -/=.
  2. Quand je vis quelque chose de douloureux émotionnellement, intellectualiser ce qui se passe m'aide à ne pas me noyer dans mes émotions, à prendre un minimum de recul. Plus l'événement est prégnant, plus je vais analyser jusqu'à l'ergotage, des heures, voire des jours. Mais après ça, je vais mieux, je peux alors me détacher et analyser vraiment.
    Avec le temps et le travail accompli depuis ces dernières années, ces phases précédant l'équilibre raccourcissent.
    On m'a souvent dit à moi aussi que j'intellectualise trop, mais je sais que c'est passager et que ça m'aide à traverser ces fortes émotions, de les visualiser comme un processus. J'ai besoin de "chosifier" ma douleur dans ces cas-là, de la sortir à l'extérieur de moi pour pouvoir l'observer dans tous les sens, sous tous les angles, et ainsi, justement, me désidentifier d'elle.
    Pour le moment je suis en plein dedans et je sais que c'est une étape d'un processus, et que donc après ça ira mieux ! Une fois que j'aurai bien tout décortiqué dans ma tête. Et ce n'est surtout pas le moment de me donner des conseils pour ne plus y penser, par exemple. J'ai justement besoin d'y penser pour passer à autre chose après. Parfois on me dit que c'est me "torturer les méninges". Mais mon ressenti est tout le contraire : ça secoue la poussière d'émotions qui se colle partout sur mes méninges ! Et la poussière, ça se faufile dans tous les recoins, donc faut bien secouer, bien tout retourner dans tous les sens. Le plus efficace est de le faire avec quelqu'un. Écrire ne suffit pas, il manque alors l'éclairage extérieur. Pour éviter que mon mental tourne en rond sur lui-même.
  3. En "bonne" 4, j'introjecte beaucoup MAIS ce n'est alors pas que mental : certes, je vais mentaliser les scènes, mais aussi les ressentir avec tous mes sens. Si j'imagine une discussion avec Fabien et Patricia (par exemple :tongue:), c'est comme s'ils étaient là en chair et en os. Je peux sentir les odeurs du plat que j'aurai préparé, les bruits de tondeuse du voisin, le goût des aliments sur mon palais. Je vois les tableaux au mur, j'entends leur voix, etc. Ce n'est pas que mental. J'ai déjà ainsi invité plusieurs membres de ce forum. Et j'ai bien ri en lisant qu'un autre 4 du forum avait fait la même chose !
    Mais c'est alors rarement pour "préparer" et anticiper une rencontre, c'est juste pour le plaisir de la rêverie. Jusqu'à il y a quelques années, il m'arrivait d'imaginer des rencontres avant qu'elles aient lieu, mais j'étais alors souvent déçue de la rencontre réelle. Depuis le stage Éveil, j'ai appris à déconstruire ces transes.

En conclusion je dirais que plus je travaille sur moi, mieux j'arrive à vivre les caractéristiques posititives de mon domaine de préoccupation. Plus de capacité d'analyse, moins d'ergotage. En tout cas, des moments d' ergotage moins nombreux et plus courts dans la durée.
Je m'aide alors de mon centre mental, en support, pour ne pas me noyer dans l'émotionnel. Une fois que j'ai réussi à regagner la surface, je peux nager (en mobilisant mon centre instinctif réprimé !). Ou pour continuer la même métaphore, une fois que j'ai bien dépoussiéré à l'aide du mental, si c'est nécessaire, je passe au nettoyage/lavage avec l'instinctif ! En faisant l'inverse, je me retrouve avec plein de poussière alors que je viens d'aspirer, que d'énergie mobilisée pour rien ! :rofl:

 

À bientôt, en vrai et/ou dans ma tête. :wink:

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Marie-Noëlle

Bonjour à tous, ami(e) 4 au rapport :bye:

 

L'intellectualisation (excessive) est en effet un de mes grands sujets — et de variante alpha, j'ai le centre mental en support. :miam:

 

  • Je me situe plutôt sur le pôle Superficiel de la dichotomie étudiée dans le stage Ailes. Ma première partie de vie professionnelle (cadre modèle, mobile et ambitieuse dans un grand groupe bancaire) me semble toute entière contenue dans ce qualificatif. Je suis passée d'un métier à un autre en survolant, ça marchait, et à chaque poste j'avais l'impression d'avoir fait le tour du sujet en moins d'un an. Mon aile 3 me donnait sans doute les ressources pour faire illusion, et je me suis souvent vue comme un semi-imposteur dans bien des situations.
    Dans cette période de ma vie (qui a tout de même duré près de 20 ans), j'ai très souvent préparé des discussions et présentations à l'avance, essentiellement pour maintenir l'illusion du personnage brillant intellectuellement qui était attendu dans ce contexte. Les sujets (techniques) en eux-mêmes ne m'intéressaient guère, ou pas très longtemps.
  • C'est surtout dans le domaine des émotions et de ma vie personnelle que ce mécanisme d'intellectualisation est le plus envahissant. Garder sous contrôle ces vagues permanentes d'émotions sans cesse fluctuantes, et en période de stress ou de fatigue, tellement puissantes et anarchiques, représente certains jours une véritable guerre intérieure pour ne pas se laisser submerger.

"Intellectualiser", ou utiliser mon mental pour identifier, comprendre, disséquer et modéliser sans fin ce que je ressens, dans l'espoir illusoire de le contrôler (et peut-être inconsciemment de le stocker avec une étiquette pour pouvoir le revivre en mode replay), est une stratégie quasi-quotidienne pour moi, et parfois malheureusement un vrai handicap pour mes relations personnelles — car comme dirait Patricia "les émotions ça ne se gère pas, ça se vit" !

 

Dans mon nouveau métier de coach, j'ai dû apprendre à lâcher le mental pour accueillir les émotions et l'intuition. J'essaie (de tout cœur :laugh:) de rester vigilante pour ne pas tomber dans mes pièges préférés : rester mentalement superficielle pour me protéger des émotions que l'histoire de l'autre peut déclencher chez moi, et/ou intellectualiser à outrance son mode de fonctionnement, au lieu d'être présente, simplement.

 

Je bosse, donc. :surprised::rofl:

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Florence77

Bonsoir à tous,

 

Déjà, une réponse à la remarque de Fabien : lorsque je t'ai entendu la première fois, Tristan, lors du stage Ailes, j'ai bien cru que tu avais le mental en 1e ou en 2e position. Ce souci d'être bien sûr d'avoir compris, de poser des questions sur des points que les autres participants ne relevaient pas, et puis ta manière aussi de structurer très clairement tes "prises de parole" sur le forum…

 

Je pense être 9 mu même si cela reste à vérifier et je me reconnais beaucoup dans ton témoignage, bien que plusieurs aspects se recoupent dans les messages qui ont été laissés dans cette conversation avant le mien et concernent d'autres types et d'autres hiérarchies des centres que les nôtres (comme l'a clairement expliqué Fabien).

 

Il me faut un fil directeur, un plan, une trame, pour argumenter (elle peut être mémorisée, consciemment, ou par réminiscence d'un modus operandi qui a déjà fonctionné en d'autres circonstances et que j'applique à nouveau avec l'espoir que cela va encore marcher). Mais si j'ai en face de moi un mental, alors c'est (plus ou moins vite !)… la Bérésina. Il m'arrive ce que tu décris très bien en ces termes : "J'ai l'impression d'être à la ramasse, ce qui conduit à l'oubli de soi : je me range à l'avis des autres." C'est vraiment cette sensation-là : le combat est inégal car les armes ne sont pas celles que je maîtrise le mieux. Plutôt que de me battre en vain, je me couche (plus rarement, je me braque et je boude, et, encore plus rarement, j'aboie sur mon interlocuteur ou je le mouche d'une phrase cinglante et après, je me ronge les sangs en m'imaginant vivre avec lui dans le conflit jusqu'à la fin des temps…). :laugh:

 

Pour donner un exemple récent d'intellectualisation, l'été dernier, je me suis retrouvée avec un copain photographe pour qui j'avais posé quelques années plus tôt. Il me demandait pour la deuxième fois, à plusieurs mois d'intervalle, ce que j'avais éprouvé, en quoi cette séance avait été importante pour moi. La première fois, je me souviens d'avoir été embarrassée, de m'être sentie prise au dépourvu. J'avais trouvé ma réponse floue, sans aucun intérêt (sans doute aussi parce que je me demandais bien si la situation qui était censée avoir changé ma vie avait vraiment produit en moi un si grand bouleversement ! :perplexe:).

 

J'ai spontanément interprété cette nouvelle tentative de recueillir mon opinion comme la marque que ma première réponse n'avait pas été pas satisfaisante. Cette fois, j'ai pensé qu'il allait me falloir être efficace, structurée, bref, tout le contraire de ce que j'avais fait la première fois. Et, sans prendre le temps de réfléchir (mais l'analyse que je fais m'a aidée à trouver les grands axes que j'ai développés) je me suis lancée dans un discours. J'étais plutôt fière de moi, or la réaction que j'ai recueillie a été celle-là : "Ouh, c'est très intellectuel tout ça." Déception (discrète) de part et d'autre (ce copain est 3, ou bien 7, je ne sais dire encore. S'il voulait revivre le plaisir de se reconnecter à son émotionnel avec moi, c'était râpé !). :rofl:

 

Pour conclure, comme toi, Tristan, je pense que cette attitude me permet d'anticiper a minima l'argumentation de plus mental que moi et de maîtriser ma peur que la situation m'échappe (même si hélas, elle m'échappe la plupart du temps), ma peur de me bloquer (en mode rocher qui barre la route !) au milieu d'une discussion, aussi… bref, de ne pas pouvoir dialoguer avec l'autre.

 

Je vois donc cela comme une aide, même si j'ai raconté une anecdote où cela ne m'a pas servi (ou disons, où ce que j'ai fait n'a pas correspondu au besoin de l'autre, peut-être). Cette façon de procéder m'aide ainsi très souvent à trier mes émotions, comme l'explique très bien Kayla, même si d'aucuns me reprochent parfois d'être trop "cérébrale" et de trop "me prendre la tête".

 

Bonne suite de semaine à vous !

Florence

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Demilune

Bonjour à tous,

 

D'abord merci pour vos témoignages, c'est vraiment intéressant de voir s'exprimer autant de points de vue différents !

 

Tellement différents, d'ailleurs, que mon mental se trouve bien en mal pour en faire une synthèse ! :pt1cable: En bon 9, j'aurais eu envie de trouver un terrain de convergence, de déceler une unité derrière la variété… Bon, je crois que cette fois-ci c'est raté ! :laugh:

 

Ce que je remarque quand même, c'est que nous sommes plusieurs à nous être vu reprocher de trop "intellectualiser" (le terme a d'ailleurs une connotation péjorative dont je n'avais pas vraiment pris conscience) et que la perception de ceux qui nous écoutent est à peu près toujours la même : intellectualiser consiste à faire un usage abusif du mental au détriment de l'expression des émotions. Par contre, les raisons de cette intellectualisation sont fort différentes d'une personne à l'autre. C'est d'ailleurs amusant de constater que jusqu'ici, en dépit du titre de cette conversation, aucune personne réprimant le centre mental n'a encore témoigné — si j'excepte le témoignage de Yves au sujet de son amie 8 mu — et que toutes ont pourtant d'excellentes raisons d'intellectualiser !

 

Ceci dit, on pourrait dire qu'il y a de l'intellectualisation inconsciente permanente. Il y a plusieurs années des gens avaient modélisé au cours d'une formation mes capacités de structuration mentale. Chez moi, une information n'est jamais stockée en vrac dans un tiroir mental. Elle est immédiatement intégrée dans des structures complexes préexistantes. Si ce n'est pas possible, après une phase de réflexion et/ou de recherches d'informations complémentaires, les susdites strructures sont revues, élargies ou transformées pour que l'information puisse s'y intégrer.

Là, je vois une différence majeure — et éclairante — dans nos fonctionnements. Je n'ai pas sur tous les sujets (loin s'en faut !) de "structures complexes préexistantes" pour intégrer l'information nouvelle. En fait, dans bien des cas, je n'arrive pas à en identifier et j'ai tendance à essayer de les trouver à l'extérieur : règles, usages, analyses existantes… (C'est une des manifestations de BLEU dans ma personnalité). Particulièrement dans le monde professionnel, où les situations à traiter sont pour moi presque toujours nouvelles, je cherche inconsciemment à quelle structure logique pas trop lointaine, je pourrais la rattacher : mais la structure en question a été construite pour résoudre l'ancien problème, pas le nouveau, et elle n'est donc pas forcément bien adaptée. J'ai vraiment du mal à construire des structures logiques plus générales, donc plus abstraites, à partir desquelles je pourrais résoudre un problème inédit. Je sens que je suis limité par le fait qu'en tant que 9, j'aimerais bien que ma structure de pensée intègre les préoccupations des autres, que je ne connais pas toujours. Du coup, ma compulsion "bloque" mon mental (c'est vraiment comme ça que je le ressens) de peur que mon raisonnement puisse déplaire à d'autres, ce qui empêche l'élaboration d'une structure plus complexe. Je fais le lien avec le fait que les 9 aiment bien travailler en autonomie : si le travail du mental n'implique que soi-même, on est libre de l'organiser à notre guise et donc de construire de belles cathédrales.

 

À défaut, je stocke pas mal d'informations en vrac dans mon tiroir mental. Comme elles ne sont reliées à rien, je fais un effort considérable pour m'en souvenir et je finis tôt ou tard par les oublier. Cela surprend mon entourage, surtout les mentaux, et je pense, à la lumière de ta remarque, que c'est parce que chez eux l'information est rangée dans la case qui va bien, elle est liée à d'autres pour former un tout cohérent. Là, je vous envie ! :sad:

 

Je comprends par la même occasion pourquoi j'aime tant la physique et les disciplines scientifiques en général. Le cadre de pensée est construit et il est partagé par tous. Pas de conflit en perspective ! Dans ce domaine, je peux intégrer une nouvelle information et la rattacher à une théorie ou un modèle, ce qui est en effet très satisfaisant. Et pas besoin d'intellectualisation (au sens où je l'entendais dans mon premier message) puisque le cadre préexiste et ne sera pas remis en cause tant qu'on reste dans le domaine de validité du modèle.

 

Je réagis car, il y a très peu de temps, une personne exaspérée, m'a dit : "Mais tu ne peux pas arrêter d'intellectualiser deux minutes. Je te demande de me dire ce que tu ressens, ton émotion de l'instant. Pas d'intellectualiser." Patricia également, si je me souviens bien, m'a fait cette remarque plusieurs fois en supervision.

Pour mémoire, je suis 8 alpha et j'ai donc le centre émotionnel réprimé, ce qui veut dire que si je suis fatiguée ou stressée, j'ai beaucoup de mal à me connecter à l'émotionnel alors qu'intellectualiser, c'est-à-dire décrire en long, en large et en travers, les mécanismes en jeu chez moi ou chez les autres est un exercice facile, presque reposant pour moi. Bref, c'est intellectualiser au sens : "Processus de défense par lequel l'homme essaie de dominer ses émotions en utilisant le raisonnement et la logique". (Dans mon cas, ce n'est même pas pour dominer les émotions mais pour éviter de m'y connecter car c'est parfois trop fatiguant.)

Ce que tu dis confirme l'impression première que j'avais de l'intellectualisation, à savoir qu'elle aurait tendance à se manifester chez les personnes ayant le mental avant l'émotionnel dans leur hiérarchie des centres. Mais si je comprends bien, lorsqu'on te dit que tu intellectualises, tu n'as pas pour autant préparé ton discours à l'avance ?

 

N'aurait-on pas tendance à vouloir border les incertitudes provoquées par le centre que l'on réprime en mettant en place des stratégies du même type que celle que je décris pour le centre mental ?

J'ai réfléchi à ta définition de l'intellectualisation — "ce processus qui consiste à préparer à l'avance un raisonnement le plus solide possible". Il m'arrive souvent de préparer à l'avance… Et je n'utilise presque jamais ce que j'ai préparé car mon "gut feeling" est tellement fort que je vais m'adapter à ce que je trouve dans la discussion, aux gens, et 9 fois sur 10, je vais modifier "en live" ce que j'ai préparé.

Du coup, je me suis demandée pourquoi je préparais le raisonnement !? :confused: Et j'ai réalisé que je prenais parfois le temps de la préparation (pour des choses qui normalement ne devraient pas l'être) pour me tourner vers l'intérieur, pour vérifier ce que je voulais, mes valeurs, mes émotions car, dans le feu de l'action, ça devenait compliqué de m'y connecter puisque j'étais totalement orientée vers l'extérieur.

Parfois, ce temps de préparation me permet de dire : "J'y vais pas, je refuse de faire ce truc car c'est pas OK avec mes émotions, ce que je veux vraiment, mes valeurs, mes besoins, etc." Et je ne suis pas certaine qu'on puisse appeler cela de l'intellectualisation, même si le processus est là pour pallier à la faiblesse de mon centre émotionnel tourné vers l'intérieur (car tourné vers l'extérieur, il fonctionne plutôt bien).

En fait, c'est quasiment le pendant de ce que j'appelle intellectualisation avec une hiérarchie des centres inversée. Consciente des faiblesses de ton centre réprimé, tu prépares le terrain pour ne pas oublier tes propres émotions dans le feu de l'action. Est-ce que tu viendrais d'inventer "l'émotionnalisation" ? :rofl: Pour prolonger le parallèle, est-ce que tu décèles parfois une certaine maladresse dans l'utilisation du centre émotionnel au cours de la discussion (sur-expression de l'émotion, ou expression qui manque de spontanéité, ou crainte de perdre le lien avec tes propres émotions…) ?

 

Ton message éclaire le fonctionnement d'une amie 8 mu. À son travail et dans sa vie privée, cette amie est entourée de personnes préférant — trop — le centre mental. Elle pratique l'intellectualisation telle que tu l'as définie, Tristan ("préparer à l'avance un raisonnement le plus solide possible"), pour ses échanges avec ces personnes (échanges par écrit ou lors de réunions de travail) et pallier son manque de confiance en elle-même. Il faut aussi à tout prix se protéger et éviter de se retrouver en position de faiblesse face à des argumentations acérées. Parfois son style signale qu'elle vit la contrepassion du 8. Parfois aussi, elle retrouve soudain le style de communication du 8 pour conclure ses courriels ou ses interventions orales.

Je me retrouve en grande partie dans ce témoignage. Il s'agit bien d'un manque de confiance en ce qui me concerne, et la crainte d'une position de faiblesse ne m'est pas étrangère, quand je suis dans une position hiérarchique. Mais je pense que c'est plutôt lié à mon aile 1 qu'à un embryon d'aile 8, la faiblesse étant contradictoire avec l'idée que j'ai de mon rôle (l'encadrant DOIT être capable de suivre les réflexions de son équipe) : le perfectionnisme que je m'impose vient renforcer la fixation d'oubli de soi. Au lieu de me dire que ce n'est pas dramatique de ne pas tout comprendre en permanence, je m'obstine à vouloir tout maîtriser : l'intellectualisation n'est en ce sens qu'un mécanisme qui permet de satisfaire mon ego.

 

Quant à moi, je pratique aussi l'intellectualisation telle que tu l'as définie, Tristan. J'ai confiance en mes capacités de raisonnement, mais mes interlocuteurs sortiront peut-être des rails du raisonnement. Peut-être exprimeront-ils des émotions imprévues ? Lesquelles ? J'ai peur des émotions imprévues engendrées en moi par les réactions imprévues de mes interlocuteurs. Quoi de pire que l'imprévu ? À quoi me raccrocher ? La logique ? Mais nous ne serons pas sur ce terrain. À une valeur ? Laquelle ? Quelle sera la parole juste ? Je risque de me vider, d'être sans ressources.

Ton témoignage, Yves, me permet de comprendre un peu mieux la machinerie interne du 5 et la façon dont l'ego le piège. Si je reformule, tu fais des efforts mentaux supplémentaires en prévision de réactions qui, justement, ne seront pas du domaine mental ? Au moment où tu fais de l'intellectualisation au sens où je l'entendais, est-ce que tu as conscience que tu ne pourras pas résoudre toutes les peurs que tu anticipes en faisant seulement appel à ton centre mental ?

 

Dans ton cas, Tristan, ainsi que dans le cas de cette amie 8 mu et le mien, l'intellectualisation excessive n'est-elle pas motivée par une peur des conséquences de nos propres émotions : conflit, faiblesse ou vide intérieur ?

Je ne crois pas que la peur du conflit soit le véritable moteur de mon intellectualisation. C'est plutôt le souhait de garder le contrôle, commun à tous les représentants du centre instinctif. D'ailleurs, quand je me mets à réprimer l'instinctif, je ne fais même plus d'intellectualisation. Je tombe juste dans la plus totale inertie, et l'instinctif n'est plus là pour secouer le mental et le mettre au service de son souhait de contrôle. Alors le mental n'est plus capable de se rendre compte qu'il risque d'avoir des problèmes s'il ne balise pas les choses à l'avance : a fortiori il n'est pas prêt à faire l'effort considérable de se mobiliser pour préparer un raisonnement construit !

 

Je suis dans un contexte où je ne me sens pas trop en confiance, où je me sens inférieure intellectuellement aux autres personnes présentes, mon instinct social mis à rude épreuve. Je serai alors sur le pôle "superficialité" de ma dichotomie. C'était le cas lors de mes premiers stages.

Est-ce que cela veut dire que tu ne t'autorisais pas à utiliser ton centre mental ? Comment cela s'exprimait-il à l'intérieur de toi et se manifestait-il extérieurement ?

 

On m'a souvent dit à moi aussi que j'intellectualise trop, mais je sais que c'est passager et que ça m'aide à traverser ces fortes émotions, de les visualiser comme un processus. J'ai besoin de "chosifier" ma douleur dans ces cas-là, de la sortir à l'extérieur de moi pour pouvoir l'observer dans tous les sens, sous tous les angles, et ainsi, justement, me désidentifier d'elle.

Je ressens aussi parfois cela. Mettre des mots sur des émotions, c'est salvateur et personnellement je trouve cela positif. Si je comprends bien, tu associes cela au pôle ergotage de ta dichotomie, ce qui semble, en apparence au moins, être une manifestation excessive de l'ego. Quand je suis capable d'atteindre ce niveau de conscience, j'ai pour ma part plutôt l'impression d'avoir fait un pas vers l'intégration. Mais peut-être est-ce lié au fait que je parle d'une relation entre mon centre de support et mon centre réprimé, tandis qu'il s'agit pour toi d'une relation entre centre préféré et centre de support…

 

"Intellectualiser", ou utiliser mon mental pour identifier, comprendre, disséquer et modéliser sans fin ce que je ressens, dans l'espoir illusoire de le contrôler (et peut-être inconsciemment de le stocker avec une étiquette pour pouvoir le revivre en mode replay), est une stratégie quasi-quotidienne pour moi, et parfois malheureusement un vrai handicap pour mes relations personnelles — car comme dirait Patricia "les émotions ça ne se gère pas, ça se vit" !

Le "caméscope à émotions", un concept que seul un 4 alpha pouvait inventer ! :laugh: En tout cas, telle que tu la décris, l'intellectualisation est bel et bien une stratégie de défense pour ton ego. L'image qui m'est venue en te lisant est une sorte "d'équilibre de la terreur" entre le centre émotionnel et le centre mental. Cela me donne un élément de plus pour comprendre pourquoi l'intellect est le domaine du 4.

 

"Amis réprimant le centre mental, […] Amis ne réprimant pas le centre mental."

Ami Tristan, tu as oublié pour ratisser suffisamment large et être ami avec tous : "Amis n'ayant pas encore déterminé votre centre réprimé". :rofl:

 

[...]

 

Cela peut pour certains masquer la répression du centre. Je me souviens que sur ce forum, certains ont dit à Jérôme qu'ils avaient du mal à imaginer qu'il réprime le centre mental. Je suis sûr qu'à la lecture de tes messages, beaucoup pourraient avoir les mêmes doutes à ton égard.

Une nouvelle preuve que je réprime le centre mental, je ne suis même pas capable de faire une catégorisation exhaustive des membres de ce forum ! :rofl: Je me prive d'amis potentiels !!!

 

Je suis prêt à croire que certains de mes messages sur ce forum paraissent mentaux et pourraient créer des doutes sur ma variante. Mais tu n'imagines pas l'effort et le temps que ça prend pour moi de les écrire ! Ce qui me motive est la clarification de mes propres idées qui en résulte (ça n'a rien à voir de réfléchir à quelque chose deux minutes et de devoir l'écrire noir sur blanc) et le plaisir des échanges que cela suscite.

 

Bien amicalement,

Tristan

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Wallace

Bonjour à tous,

 

En tant que 6, à la fois je suis habité par le doute et si celui-ci devient trop fort, mon centre mental bascule. :peur: Il m'arrive donc, en prévision de ces horribles manifestations égotiques, de pratique l'intellectualisation au sens donné par Tristan. Faite en sécurité, c'est-à-dire avec un mental préféré, cette préparation est rapide et facile. Par contre, si dans la situation la peur et le doute sont trop forts, elle est délivrée avec maladresse.

 

Vous avez parlé du rejet de l'intellectualisation par vos interlocuteurs accompagné d'un reproche de manque d'émotions. C'est certainement le cas, mais je pense que la préparation ajoute un côté artificiel aggravant, un peu comme un 4 est parfois perçu comme apprêté même lorsqu'il parle d'émotions. Fabien dit qu'il ne pratique pas l'intellectualisation : j'aimerais savoir si il a eu le même genre de reproches lorsqu'il faisait des discours mentaux.

 

Très amicalement,

Wallace

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Fabien Chabreuil

Bonjour la compagnie !

"Je pense que la préparation ajoute un côté artificiel aggravant."

Sans doute. Si le centre mental, même réprimé, est de bonne qualité, il me semble que la préparation peut être délivrée avec suffisamment d'aisance pour que cela passe. Par contre, quand on se rend compte que la personne récite un discours préparé et/ou quand ce discours ne colle pas avec le fonctionnement habituel de la personne, il y a alors une incongruence qui est effectivement gênante.

 

"Fabien dit qu'il ne pratique pas l'intellectualisation : j'aimerais savoir si il a eu le même genre de reproches lorsqu'il faisait des discours mentaux."

J'ai l'émotionnel en support et je n'aime pas souffrir dans mes relations. Cela fait deux raisons pour lesquelles je ne me suis guère exposé à ce type de reproche. Par contre, les reproches ont été souvent exprimé, et à juste titre, quand le discours mental devenait une rationnalisation d'une mauvaise foi absolue.

 

Très amicalement,

Fabien

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Kayla

Bonjour,

Je suis dans un contexte où je ne me sens pas trop en confiance, où je me sens inférieure intellectuellement aux autres personnes présentes, mon instinct social mis à rude épreuve. Je serai alors sur le pôle "superficialité" de ma dichotomie. C'était le cas lors de mes premiers stages.

Est-ce que cela veut dire que tu ne t'autorisais pas à utiliser ton centre mental ? Comment cela s'exprimait-il à l'intérieur de toi et se manifestait-il extérieurement ?

Je n'aurais pas pensé en termes d'autorisation ou non. Je dirais que si je me sens inférieure intellectuellement aux personnes présentes, je deviens d'un coup inférieure intellectuellement, incapable de réfléchir autrement que de façon superficielle, sans plus d'accès à une pensée complexe avec une équivalence "je me sens limitée -> je deviens limitée".

Je vis ces moments-là de plus en plus rarement. Maintenant, quand je me sens d'un coup très intimidée, au lieu de me sentir aussitôt inférieure, je prends le temps d'observer, de respirer, un bon coup, et d'écouter. Pour me rendre compte la plupart du temps que le niveau de la conversation m'est tout à fait accessible et même, parfois, que la personne a en fait un raisonnement complètement creux mais asséné avec beaucoup de confiance.

Quant à l'analyse poussée des émotions pour tout décortiquer, je l'associe à une manifestation de l'ego quand elle est inconsciente et irrépressible et sinon à de l'analyse poussée des émotions. :tongue:
J'ai pris le réflexe d'utiliser très régulièrement les bips aléatoires du stage Essence pour interrompre les transes hypnotiques dans les moments de fatigue où l'observation intérieure est plus difficile.
Je me surprends alors en pleine introjection. :sad:

À bientôt !

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Odile2

Bonjour à tous,

 

Je rejoins le club du "Arrête d’intellectualiser !" En tant que 2 mu, j’ai le centre mental en support, donc comme l’a dit Fabien, normal de le trouver, et j’y recours souvent dans le sens exprimé par Aurore : "Processus de défense par lequel l'homme essaie de dominer ses émotions en utilisant le raisonnement et la logique." Dans toute l’acceptation de la définition : ne pas me faire déborder par mes émotions, tenter de les maîtriser au moins, voire de les cacher. J’ai été qualifiée de "froide", analytique, une assez longue période de ma vie, alors que j’abusais, pour me protéger, du processus.

 

Il y a une différence entre l’utilisation personnelle et professionnelle.

 

Au niveau personnel, l’utilisation de mon centre mental peut me permettre de croire que je garde le contrôle (de mes émotions), et aussi il m’arrive de l’utiliser pour conduire mon interlocuteur vers l’expression de ses propres émotions quand il a du mal à les formuler et que j’ai envie de les connaître. Ce n’est pas un discours préparé mais c’est un appel à mon centre support pour établir le lien.

 

Au niveau professionnel, si je suis prise au dépourvu sur un sujet que je ne maîtrise pas totalement alors que j’estime que je le devrais (orgueil), ma false core est activée ! Dans un contexte de travail annoncé, mon aile 1 est aussi très présente, et il importe que je prépare au mieux, voire que je répète, mon discours pour avoir la maîtrise du sujet et me permette ainsi, lors de l’expression, de faire appel à mes émotions qui viennent en fonction des personnes présentes et de réadapter si nécessaire.

 

Amicalement,

Odile

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Isa63

Bonsoir à tous,

Merci à vous tous pour ces échanges vraiment intéressants. Voilà la participation d'un mental réprimé !

Oui, j'ai souvent entendu aussi que je "réfléchissais trop" ou que "je me prenais trop la tête".

Je n'avais pas l'impression d'utiliser un "processus de défense par lequel l'homme essaie de dominer ses émotions en utilisant le raisonnement et la logique." Et pourtant, lors d'un accompagnement thérapeutique, c'est la première chose que le thérapeute m'a renvoyée ! J'ai eu du mal à comprendre, parce qu'en entendant cela, ma première réaction a été de me dire : "Mais non, puisque je réprime le mental…" Pour moi, l'intellectualisation appartenait aux mentaux.

Ce thérapeute trouvait que j'intellectualisais beaucoup trop la situation difficile que je vivais et je ne m'autorisais pas à vivre mes émotions, écouter mes ressentis, prendre soin de moi…

Je rappelle que je suis 1 alpha avec une forte aile 2.

Je pense que dans ce cas, cette forme d'intellectualisation servait à me protéger et à rester dans le contrôle pour ne pas m'effondrer émotionnellement parlant (côté inflexible de mon domaine ?), et ne pas aller voir les points bien sensibles à visiter et à guérir. Au cours de ce travail thérapeutique, j'ai accepté de lâcher prise, de m'effondrer (côté hypersensible du domaine ?),puis de remonter et d'écouter maintenant ce que je ressens, sans masquer ni contrôler mes émotions, sans en avoir honte. J'accepte enfin d'écouter mes propres besoins et d'y répondre, dans la mesure du possible.

Si j'ai pu éprouver une certaine fierté de cette intellectualisation (moi qui réprime le mental, j'apparais comme quelqu'un qui réfléchit beaucoup !) — un indice supplémentaire pour la répression du mental — elle était aussi peut-être l'expression de l'ergotage du 4 dans mes moments de désintégration ?

Mais c'est aussi grâce à cette intellectualisation que j'ai la sensation d'avoir pris confiance en moi pour m'autoriser à participer à des conversations. Moi à qui l'on a dit pendant des années que "j'étais la petite dernière de la famille qui comprendrait quand elle serait grande et que j'étais trop petite pour participer aux conversations" — poids inconscient bien enfoui, porté trop longtemps…

Outre la blessure humiliante que cela représentait pour moi, je me dis que cela confortait probablement mon centre mental réprimé : pas besoin de réfléchir puisque je suis trop petite.

J'ai la sensation que ce processus me permet d'utiliser mon centre mental, d'augmenter mon attention et ma concentration pour trouver
des sources d'argumentation aux échanges.

Ce qui me motive est la clarification de mes propres idées qui en résulte (ça n'a rien à voir de réfléchir à quelque chose deux minutes et de devoir l'écrire noir sur blanc) et le plaisir des échanges que cela suscite.

Cela fait tout à fait sens pour moi.

L'ennéagramme sollicite mon mental ; lire et rédiger sur le forum me demandent aussi un effort et du temps. Je sais que cette gymnastique de réflexion m'apporte aussi beaucoup.

Amicalement,
Isabelle

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

"J'ai eu du mal à comprendre, parce qu'en entendant cela, ma première réaction a été de me dire : 'Mais non, puisque je réprime le mental…' Pour moi, l'intellectualisation appartenait aux mentaux."
Personnellement, je trouve que, bien souvent, c'est dans les moments où les personnes réprimant le centre mental font de l'intectuallisation que ladite répression est le plus visible !

[unPeuHorsSujetQuoique]

"Côté inflexible de mon domaine ? […] Côté hypersensible du domaine ? […] Elle était aussi peut-être l'expression de l'ergotage du 4 dans mes moments de désintégration ?"
Que de points d'interrogation ! N'es-tu pas là justement dans l'analyse mentale plutôt que dans l'auto-observation ?

"Je me dis que cela confortait probablement mon centre mental réprimé : pas besoin de réfléchir puisque je suis trop petite."
Confortait la répression ou créait la répression ?

Je ne pouvais pas Isabelle ne pas relever ces points, mais merci de ne pas y répondre dans cette discussion déjà bien chargée. [isabelle a donc réagi dans la conversation "Auto-observation ou analyse mentale ?".]

[/unPeuHorsSujetQuoique]

Très amicalement,
Fabien

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Patrick
Bonjour à tous
Je vais essayer d'apporter une petite contribution. J'ai constaté plusieurs fonctionnements sur des intellectualisations :
  1. Quand je dois être confronté à d'autres personnes en le sachant à l'avance dans un contexte professionnel (réunion, etc.), j'y vais généralement peu préparé, je dois me forcer pour me préparer. La cause est que je suis suffisamment confiant de pouvoir argumenter en direct. J'ai souvent constaté que j'avais suffisamment confiance pour pouvoir m'y confronter en direct. Sachant que dans un contexte professionnel, il y a souvent peu d'émotions impliquées, même si c'est convivial, je n'ai pas là les interrogations soulevées par Yves.
  2. Quand je dois être confronté à d'autres personnes en le sachant à l'avance mais dans un contexte moins prévisible (familial, amical, pause café, stage d'Ennéagramme !), alors oui, j'intellectualise de la même façon décrite par Yves : est-ce que je vais être prêt ? Et en cas de montée d'émotion ? Etc. Là, ça tourne rapidement pour tester un maximum de possibilités et tester d'y être préparé. Et dans ces cas-là, ça ne loupe pas, effet escalier : lorsque je dois parler, il y a exposition au vide, donc avarice en place, et rien ne sort, et dès que mon tour passe, c'est de nouveau disponible.
    La différence entre les cas 1 et 2 pourrait-elle aussi être facilitée avec la contrepassion de l'aile 6 qui va affronter la peur (cas 1) ou subir la peur (cas 2) ?
  3. Mon cas préféré (égotique) dans lequel l'ego est à l'aise et "s'éclate" : imaginer une future discussion avec divers interlocuteurs, avec les échanges entre les autres et moi-même, en mentalisant et en intellectualisant tout l'échange, de sorte qu'à la fin, cette hypothétique future discussion, si elle devait avoir lieu, n'aurait plus aucun intérêt vu que mentalement tout a déjà été discuté. Cela m'est arrivé encore ce matin où durant tout le trajet en voiture d'une heure pour aller travailler, j'ai mentalisé tout un échange avec deux collègues avec les questions, réponses et remarques, jusque dans les moindres détails, de sorte qu'une heure plus tard, ça allait mieux, et la discussion, si elle devait avoir eu lieu, n'aurait plus d'intérêt. Je pense qu'il s'agit d'un moment d'isolation où je n'aurais vraiment pas aimé avoir eu quelqu'un à côté pour me perturber.
Patrick

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Yves

Bonjour à tous,

 

"La différence entre les cas 1 et 2 pourrait-elle aussi être facilitée avec la contrepassion de l'aile 6 qui va affronter la peur (cas 1) ou subir la peur (cas 2) ?"

Je ne pense pas, Patrick. :idontthinkso: Je ne vois pas la contrepassion de l'aile 6 dans le cas 1. Quant au cas 2, les mécanismes du 5 suffisent à l'expliquer.

 

"Mon cas préféré (égotique) dans lequel l'ego est à l'aise et 's'éclate' : imaginer une future discussion avec divers interlocuteurs, avec les échanges entre les autres et moi-même, en mentalisant et en intellectualisant tout l'échange, de sorte qu'à la fin, cette hypothétique future discussion, si elle devait avoir lieu, n'aurait plus aucun intérêt vu que mentalement tout a déjà été discuté."

C'est une observation très intéressante, Patrick. :thumb_up: Je vis ça aussi. Très souvent. J'y vois un effet de ma préférence pour le centre mental extérieur, préférence appliquée ici au domaine de préoccupation du 5. Chez moi, le risque est de construire une pièce de théâtre dans le grenier de ma tête (sans didascalies). Dans ce grenier-refuge, au lieu de subir des émotions imprévues liées aux interactions sociales (par exemple, la souffrance de ne pas être compris), je vivrais uniquement des émotions positives (l'émerveillement et la joie de trouver l'expression juste, précise, originale, voire élégante). Centre instinctif réprimé, à quoi bon vivre ces dialogues imaginaires dans cette chose qu'on appelle mon corps ? Autant rester dans mon pseudo-refuge.

 

Au départ, je désire me faire comprendre. J'imagine un dialogue. Je cherche les expressions justes et précises. Je les trouve. Arrive le moment de l'interaction sociale. Aïe, je vais devoir sortir de mon pseudo-refuge ! :perplexe::sick: Soit je garde mes paroles imaginaires pour moi (passion du 5), soit je les exprime à mes interlocuteurs, mais dans ce cas, je privilégie l'expression par rapport à la relation. Mes interlocuteurs, eux, privilégient la relation par rapport à l'expression. Nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde. À l'arrivée, dans les deux cas, ma bonne vieille croyance "Je ne sais pas me faire comprendre" se confirme automatiquement. Ce théâtre mental, quand il devient un château fort au pont-levis levé, est une des formes que peut prendre le contrepoids égotique du 5.

 

Amitié,

Yves

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