Institut Français de

l’ennéagramme

À quoi sert tout le reste...

Jump to content
Sign in to follow this  
Florence77

(Mal)adresse et centre instinctif

Recommended Posts

Florence77

Bonjour à tous,

 

Évoquant ce soir, chez ma psy (je suis en analyse), la maladresse dont j'ai fait preuve en me cognant dans la porte de son cabinet, je me suis rendu compte de plusieurs choses dans mon rapport au corps et je voudrais savoir si ce ressenti (et ce que me renvoient les autres sur ce point) est typiquement 9 ou pas.

 

En effet, soit on souligne à quel point je peux être gauche, soit on me fait remarquer mon aisance physique.

Il n'y a pas vraiment de juste milieu, et je ressens moi-même ces deux extrêmes dans la manière dont je m'inscris dans l'espace.

 

- Ma maladresse s'exerce le plus souvent directement contre mon corps.

Je suis ainsi devenue experte dans les chutes d'escalier (plusieurs happenings, spectaculaires mais pas forcément sonores, accompagnés ou non d'entorses ou de bleus géants)…

Mes proches m'ont, de fait, et depuis longtemps, affublée de surnoms tels que "deux mains gauches", "mains d'or", "la chèvre", "Pignon" ou encore "Perrin" (en hommage aux personnages de Pierre Richard, qui a aussi été l'un de mes sobriquets !) et j'en passe. Même mon neveu de 4 ans me surveille du coin de l'oeil quand je manie une flûte (de champagne) depuis que j'en ai cassé une en sa présence. Bref, ma réputation n'est plus à faire, du moins dans le milieu familial.

 

Car oui, étrangement, avec mes amis, ou au travail, je ne suis pas si maladroite : est-ce inconsciemment une manière d'occuper, en famille, une place à la fois voyante et non menaçante (notamment envers ma sœur jumelle, dont je me distingue ainsi par cette spécificité) ? Le rôle de la gaffeuse, en effet, ce n'est pas hyper valorisant, mais c'est sympathique (dans la mesure où on ne casse pas des objets de valeur)…

 

Est-ce donc une manière de m'assurer qu'on m'aime bien malgré tout, et surtout qu'on n'oublie pas que je suis là ? (Inquiétude que j'éprouve très souvent et que j'ai retrouvée sous la plume de plusieurs 9).

 

Ou est-ce plutôt qu'avec des moins proches, je contrôle plus mes gestes, par peur du conflit ? Bref, je relâcherais la tension et l'attention avec mes proches, ce que je ne m'autorise pas à faire avec les autres ?

 

- A contrario, au volant, par exemple, me garer dans un espace franchement réduit, en pente, sous la pluie battante et de nuit, ne suscite en moi aucune hésitation.

J'ai également recueilli des compliments de la part de mes partenaires de danse avec qui je parviens tout naturellement à éviter les chocs (de pieds de chaises ou de pieds tout court…) et qui, plus sérieusement, trouvent que je leur donne une très bonne connexion.

 

Ceci dit, lorsque je repense aux phases d'apprentissage (de la conduite, de la danse…), elles sont toujours très difficiles, passé le tout premier instant où je suis sans réelle appréhension : c'est comme si je perdais (temporairement) mes moyens et devenais gauche, incapable de mettre un pied devant l'autre ou de faire des manipulations que j'exécutais avec aisance quelques instants plus tôt. Puis, avec la confiance, le "naturel" revient, la facilité, le plaisir, un plaisir absolument physique.

 

Bref, j'aimerais savoir si ce que j'évoque ici :

  1. trouve un écho en certains de vous, amis 9,
    • comme la marque de la répression de l'instinctif dont souffrent chroniquement les membres de notre type
    • et/ou comme celle d'une certaine forme de distraction qui pourrait relever de la narcotisation (je suis "ailleurs", je ne suis pas vraiment à ce que je fais et je me cogne ou je casse un objet...).
  2. a plus trait à un sous-type conservation un peu ambivalent (ce qui est mon cas) : par moments, je ne prêterais ainsi pas assez attention à moi, à mon corps, que je malmène en le cognant sans voir les obstacles.

Merci de votre lecture (car j'ai fait trop long, désolée !), en espérant que cela résonnera en quelqu'un, 9 ou pas.

 

Florence

Share this post


Link to post
Share on other sites
Kayla

Bonjour Florence,

Je ne suis pas 9 mais je réprime le centre instinctif et je présente parfois toutes les caractéristiques de ton premier paragraphe : me cogner, tomber, lâcher des choses… Aggravées en cas de rêveries et Introjections diverses et variées. (Mais plus si nombreuses depuis quelques années, ouf !)

Beaucoup moins l'aisance physique, sauf quand je me sens vraiment que je me sente en totale confiance, voire intimité, et que je ne sois ni fatiguée, ni émotionnellement perturbée (si, si, ça m'arrive ! :tongue:). Bref, si j'ai librement accès à mon centre instinctif ! Ce qui arrive, depuis que je travaille mes mécanisme égotiques, de plus en plus régulièrement, re-ouf !

La plupart du temps, je suis entre les deux !

À bientôt.

Share this post


Link to post
Share on other sites
Thierry

Bonjour Florence,

C'est plus qu'un écho, hélas, je me sens totalement concerné, d'abord en tant que sous-type conservation. Malmener est un euphémisme dans certains cas. Il peut y avoir un côté auto-flagellation, lié à l'instinctif intérieur, donc beaucoup à l'aile 1.

Ensuite, en tant que 9, bien entendu, si je ne suis pas à ce que je fais, ce n'est pas sans effet corporel éventuellement accidentel, mais on peut noter que je n'ai jamais eu de mauvais réflexes lors de chutes, et que, dans les une à deux secondes où se décident la préparation de l'amortissement de la chute, je suis à la fois sans émotion et en réaction tranquille, et je fais exactement ce qu'il faut faire dans le laps de temps imparti (pas plus rapidement que nécessaire).

Amicalement,
Thierry

Share this post


Link to post
Share on other sites
Florence77

Bonjour et merci de vos réponses, Kayla et Thierry !

 

Les personnes qui ont un centre réprimé seraient donc souvent maladroites, ce qui me fait réfléchir à la nature de mon père 7 dont je pensais qu'il a l'émotionnel en dernier : étant donné sa maladresse légendaire (on ne dirait pas qu'il a deux mains gauches, on dirait qu'il a… des moufles à la place des mains…), cette configuration est envisageable. Et, tout comme moi, il peut passer ses journées allongé (à lire ou à regarder la télé). Chez lui, je n'ai aucune inhibition à manger allongée : je me dis que finalement, on fait comme faisaient les Romains lors des banquets !

 

Avec ma mère (ou mon ex, qui n'avait pas l'instinctif en dernier, c'est clair), je me sens/-tais beaucoup plus Alexandre le bienheureux, avec son lit et ses poulies pour tout faire venir à soi… :rofl:

 

Ma mère, qui est plutôt très à l'aise dans l'espace, très manuelle, très créative, qui ne sait pas s'asseoir et se reposer 2 minutes à moins d'être grippée (et encore !), est, à ce que je pense, 2 : elle n'aurait donc pas l'instinctif en premier. De là à dire qu'elle est 1, plutôt que 2, il y a un pas, mais cette discussion me ferait presque douter de son type (ce qui conforte au passage le mien !) ! :laugh:

 

Thierry, qu'entends-tu par : "Malmener est un euphémisme dans certains cas. Il peut y avoir un côté auto-flagellation, lié à l'instinctif intérieur, donc beaucoup à l'aile 1." Peux-tu donner un exemple ? Et que veux-tu dire par "instinctif intérieur" ?

 

Enfin, tes remarques sur l'amortissement de la chute me parlent : je ne me suis jamais rien cassé malgré mes culbutes (un exploit, sachant parfois le nombre de marches dévalées) et j'ai moi aussi toujours l'impression de tomber au ralenti, c'est-à-dire d'être calme au moment où ça se produit et d'avoir le temps de me positionner le moins mal possible (y compris quand je descends 50 barreaux d'échelle d'un coup). Et ton "pas plus rapidement que nécessaire" me fait sourire.

 

À bientôt,

Florence

Share this post


Link to post
Share on other sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Florence, je crois que tu as mis le doigt sur les deux éléments les plus déterminants de la maladresse : non-présence et répression de l'instinctif.

 

C'est dire que comme Kayla et Thierry, j'y reconnais une bonne part de jeunesse. Moi, le surnom, c'était plutôt "brise-fer" tant j'avais une facilité à casser involontairement diverses choses…

 

Les deux éléments se renforcent, la non-présence étant quand même le plus important. J'ai en effet connu des instinctifs purs (pas 9, quoi :rofl:) qui pouvaient être maladroits car ils agissaient trop vite sans être conscients de ce qu'ils faisaient.

 

Il me semble que la répression de l'instinctif (niveau automatique de l'instinctif acquis au sens du stage Essence) n'est qu'un plus qui augmente la maladresse, mais c'est difficile à d'en avoir une certitude puisque la présence diminue la répression.

 

Très amicalement,

Fabien

Share this post


Link to post
Share on other sites
Thierry

Bonjour à tous,

Thierry, qu'entends-tu par : "Malmener est un euphémisme dans certains cas. Il peut y avoir un côté auto-flagellation, lié à l'instinctif intérieur, donc beaucoup à l'aile 1." Peux-tu donner un exemple ? Et que veux-tu dire par "instinctif intérieur" ?

Instinctif tourné vers l'intérieur.

Je pensais à l'attitude égotique qui consiste à s'infliger des épreuves ou des mauvais traitements pour à la fois justifier de sa propre colère intérieure et se prouver qu'on l'endure bien. Ce que j'entends en pratique ? Il m'est clairement arrivé de forcer physiquement, en m'en rendant compte mais en étant dans une telle colère intérieure que j'avais un besoin égotique de ne pas tenir compte de mes limites physiques. :sad:

Amicalement,
Thierry

Share this post


Link to post
Share on other sites
Kayla

Ma fille et mon amie toutes deux 1 mu se cognent elles aussi très souvent, mais en effet plutôt à cause de la brusquerie de leurs gestes et déplacements. Leur brusquerie, dans ces moments-là, me coûte bien trop d'énergie rien qu'à les regarder s'agiter, hi hi hi !
Pareil pour les objets qui "valsent" parce que saisis trop vite !

(J'exclue ici les fois où elles se blessent plus ou moins inconsciemment pour se punir d'une "faute" commise.)

À bientôt !

Share this post


Link to post
Share on other sites
Jérôme

Bonjour Florence,

 

Voici mon témoignage de 9 sur le sujet. Je réprime régulièrement l'instinctif, et ma présence est variable, étant régulièrement dans mes pensées et rêveries.

 

Je ne me suis jamais senti vraiment maladroit et ne crois pas l'avoir été, en tout cas pas du tout dans le sens des exemples que tu cites. Il m'arrive parfois de mal évaluer la distance entre le bout de mes pieds et certains pieds de chaises, mais c'est anecdotique. Comme Thierry, j'ai jusque-là toujours rectifié le mouvement en cours de chute quand cela m'est arrivé, et je ne me suis jamais blessé sérieusement.

 

Je me situe plutôt bien dans l'espace, et me retrouve en particulier dans ton témoignage sur les créneaux en voiture, je sais aussi faire avec une remorque. J'aime aussi agencer l'espace dans lequel je vis, et j'y suis sensible.

 

Pour autant je ne me sens pas très à l'aise pour certains mouvements. Je sais très mal danser, à regret, pourtant j'aime voir d'autres danser. Je crois que dans cet exemple mon principal frein est la gêne de potentiellement attirer le regard sur moi. Le ski a longtemps été un grand mystère effrayant pour moi, avec de mauvaises expériences à l'école primaire. Je m'y suis remis vers 20 ans, avec peu de style, mais j'ai quand même été chasseur alpin ensuite. Dans ce domaine du ski en particulier, j'ai toujours su amortir les chutes pourtant nombreuses, et avec beaucoup moins de 2 secondes pour apprendre à voler. :aie:

 

Au delà de la danse et du ski, j'ai toujours eu la sensation que pour des gestes techniques sportifs ou artisanaux, je ne pourrai pas dépasser un certain niveau de maîtrise. Je crois que c'est en partie lié au fait que je voudrais savoir faire trop rapidement (répression de l'instinctif et donc des entraînements nécessaires).

 

Bien amicalement,

Jérôme

Share this post


Link to post
Share on other sites
Florence77

Bonjour à tous, je suis ravie qu'il y ait autant de témoignages ! Merci à vous, en particulier à Fabien (dont je goûte le surnom aux consonances assez médiévales…).

 

Je retiens ce que tu dis sur la maladresse des instinctifs, 1 mu trop pressés de bien faire notamment (dont parle Kayla), et sur le fait que la non-présence est fondamentale.

 

C'est justement ce qui me plaît dans la danse : je suis pleinement dans l'instant et j'adore le fait d'être guidée par l'autre, dont les mouvements sont improvisés (salsa et surtout tango) : il faut réagir tout de suite à l'information, qui est purement corporelle. Je me déplace dans l'espace grâce à l'autre (l'idée de prendre l'autre comme un moteur, que chérit le 9 ?), sans autre but, et j'éprouve la connexion à l'autre (l'idée de fusion du 9 aussi ?) qui me réjouit profondément.

 

Ça me permet de vivre avec mon corps (loin de l'horrible spectre du sport ! :happy:) des expériences qui sont à la fois positives ET à la verticale… position qui n'est pas ma préférée, il faut bien le reconnaître !

 

Jérôme, je suis moi aussi très sensible à l'espace, à la manière dont on agence les meubles, les objets, même les plus petits. Je suis allée jusqu'à repeindre mon bureau (nom de la couleur : "Brun primate", tout un programme…) et y ai disposé des objets artistiques car il est hors de question qu'un lieu de travail ne soit pas un lieu pleinement habité, harmonieux et accueillant (sinon, pourquoi y rester ? :laugh:). Bien sûr, il y a une "chauffeuse" (rarement dépliée !) dans ce bureau (pour les corrections de copies les après-midis où le passage est moindre)… :rofl:

 

Enfin, une dernière source d'interrogation au sujet de ce que tu précises, Thierry : "Je pensais à l'attitude égotique qui consiste à s'infliger des épreuves ou des mauvais traitements pour à la fois justifier de sa propre colère intérieure et se prouver qu'on l'endure bien."

Petite fille, je fixais le soleil, je m'asseyais sur ma jambe pour l'anesthésier et ensuite endurer le retour du sang et les picotement parfois très pénibles qui l'accompagnent, ou encore, plus rarement mais quand même, je glissais sous la peau de la pulpe d'un doigt des épingles, le jeu étant d'en mettre le maximum sur cette petite surface sans se faire saigner… Comme toi, j'étais très en colère sans le savoir, peut-être. Et je voulais me prouver que je savais résister à la douleur, aussi.

 

C'est grave, docteur ? :surprised: Surtout, plus important, est-ce propre au 9 comme tu le suggères, Thierry, dans tes exemples plus soft que les miens, ou est-ce plutôt la marque d'un sous-type conservation ambivalent (comme je l'ai et comme je ne sais pas si tu l'as, toi) ?

Pour l'étayer, ce sous-type conservation ambivalent, je pense à mes expériences au volant : conduite sportive, certes soucieuse d'économiser les vies (bien sûr ! et aussi les points sur le permis, sans parler du carburant…) mais il est clair que j'aime ressentir la puissance du moteur et que j'ai toujours souhaiter conduire, pour décrire des courbes (la sensualité), pour me positionner dans l'espace (en étant protégée, avec un objet à mon goût, qui me représente bien), et pour aller vite de temps en temps !

 

Mais c'est aussi pour moi, dans tout ce que je viens d'évoquer (la danse, la conduite), être en contact avec un ressenti physique et émotionnel fort (mais seulement, ainsi, quand je le souhaite, l'accepte, bref, quand je le décide…). Et ce sont, il faut bien le reconnaître encore, des situations où je me déplace sans avoir conscience de l'effort fourni physiquement…

 

Bonne soirée,

Florence (je modifie donc le sous-type sensiblement dans ma signature.)

Share this post


Link to post
Share on other sites
Demilune

Bonjour Florence, bonjour à tous,

 

Je ne me perçois pas comme particulièrement maladroit dans la vie quotidienne. Je ne me cogne ou ne me fais mal que rarement et j'ai plutôt l'impression que dans mon cas, le centre instinctif fonctionne bien pour les activités que tu mentionnes. Je crois que les activités dont l'objectif est de "faire" me permettent naturellement de me concentrer et être présent : lorsque je me gare, lorsque je découpe les légumes ou que je joue de la musique, je suis attentif à la coordination de mes mouvements et je ne pense pas à autre chose en même temps. En fait, je ne fais aucun effort pour cela et j'éprouve très souvent du plaisir à être pleinement dans mon activité. Il me semble que c'est en partie lié au fait que ces activités ne provoquent aucun conflit : je peux m'y consacrer totalement et sans crainte. En revanche, les fois où je suis maladroit sont toujours liées au fait que je ne suis pas assez présent à mes gestes et actions. Alors que je conduis bien et que j'y prends plaisir, j'ai quelques fois failli emboutir la voiture qui me précédait pour m'être évadé dans mes pensées. Mais les fois où je m'éloigne de l'ici et maintenant sont bien plus fréquentes quand j'exerce des activités mentales (effet probable de mon centre réprimé) : les activités concrètes ont tendance à me raccrocher à la réalité.

 

Les apprentissages des activités instinctives font l'objet chez moi de deux réactions opposées. Soit l'activité me paraît assez facile, et je l'acquiers rapidement et sans mal (c'est le centre instinctif qui se contente d'agir pour reproduire les gestes), soit l'activité me paraît dépasser un seuil de difficulté tel que je dois faire appel au centre mental pour y arriver : dans ce dernier cas, je deviens très gauche et je suis davantage occupé à réfléchir à ce que je dois faire plutôt qu'à faire effectivement — et du coup je fais mal. C'est très symptomatique car lorsque l'apprentissage est collectif, je suis soit un des premiers à réussir l'exercice, soit un des derniers, mais je ne suis presque jamais dans la moyenne. J'ai mis du temps à apprendre à conduire car la gestion de la mécanique en simultané avec l'observation de l'environnement "me faisait perdre les pédales" (c'est le cas de le dire !). De plus, mes moniteurs me bassinaient avec des règles à appliquer à la lettre (regarde le rétro, l'angle mort, mets ton clignotant), et j'étais bien plus préoccupé par le fait de penser à appliquer la règle que de m'en servir (j'étais d'ailleurs assez dangereux car je ne regardais pas vraiment dans les rétros, je me contentais de tourner la tête vers eux :mouais:). En revanche, je suis un grand amateur de danse à deux, et l'apprentissage ne me pose pas de problèmes. Très vite, j'intériorise les pas et les mouvements, c'est de l'instinctif pur. Mais là encore, je constate que lorsque je dois apprendre une passe difficile et que je commence à essayer de l'analyser, ça me prend beaucoup plus de temps.

 

À ce propos, la danse est un exercice dans lequel je n'ai pas d'autre choix que de mobiliser le centre instinctif, et ce n'est peut-être pas étranger au plaisir que j'y prends :

  • l'enchaînement des passes sur le tempo de la musique ne laisse pas le temps de réfléchir, si bien que je fais appel à mes réflexes et, dans les meilleurs cas, à mon intuition pour adapter les mouvements à la musique (approche d'un break, répétition d'un même motif musical…) ;
  • le guidage est quasi instantané et en plus, le danseur doit s'adapter aux réactions de chaque nouvelle danseuse en l'espace de quelques secondes ;
  • donner un grand coup de coude dans la figure de la danseuse a tendance à rompre le charme de la danse (sans parler du risque de conflit…), aussi il y a nécessité d'être attentif à la position de son corps et la précision des mouvements !

Bien amicalement,

Tristan

Share this post


Link to post
Share on other sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

Je retiens ce que tu dis sur la maladresse des instinctifs, 1 mu trop pressés de bien faire notamment (dont parle Kayla), et sur le fait que la non-présence est fondamentale.

Je rappelle que j'ai parlé des 8 et des 1, et chez les 1 pas que de la variante mu.

Petite fille, je fixais le soleil, je m'asseyais sur ma jambe pour l'anesthésier et ensuite endurer le retour du sang et les picotement parfois très pénibles qui l'accompagnent, ou encore, plus rarement mais quand même, je glissais sous la peau de la pulpe d'un doigt des épingles, le jeu étant d'en mettre le maximum sur cette petite surface sans se faire saigner… Comme toi, j'étais très en colère sans le savoir, peut-être. Et je voulais me prouver que je savais résister à la douleur, aussi.

C'est grave, docteur ? :surprised:

C'est triste surtout !

 

Ces pratiques peuvent être effectivement lié au 9, comme étant un moyen de se sentir vivant au-delà de l'anesthésie. Cependant, de très nombreux autres types en sont capables : je pense qu'on trouve de tels comportement aussi chez quelques 5 (tentative de nier la false core), et plus généralement chez les personnes réprimant trop le centre instinctif.

 

L'environnement joue aussi bien sûr. On considère qu'une cause possible de ces actes est une interdiction familiale d'exprimer ses émotions.

 

Jeune adolescent, il m'arrivait de me cogner volontairement la tête contre le mur — légèrement quand même, on est 7 ou on ne l'est pas ! — et la raison était un cumul des aspects précédents : répression de l'instinctif avec désintégration en 5 et environnement familial non émotionnel.

Je ne me perçois pas comme particulièrement maladroit dans la vie quotidienne. Je ne me cogne ou ne me fais mal que rarement et j'ai plutôt l'impression que dans mon cas, le centre instinctif fonctionne bien pour les activités que tu mentionnes. Je crois que les activités dont l'objectif est de "faire" me permettent naturellement de me concentrer et être présent : lorsque je me gare, lorsque je découpe les légumes ou que je joue de la musique, je suis attentif à la coordination de mes mouvements et je ne pense pas à autre chose en même temps. En fait, je ne fais aucun effort pour cela et j'éprouve très souvent du plaisir à être pleinement dans mon activité.

Comme toujours, il y a ambiguïté chez vous les 9 entre les moments où l'instinctif est préféré et celui où il est réprimé. Les vrais maladroits, c'est nous, les instinctifs réprimés sans espoir de l'avoir jamais en préféré ! :cry:

Bien amicalement,
Fabien

Share this post


Link to post
Share on other sites
Florence77

Bonsoir à tous,

 

Merci à vous de vos remarques et à toi, Tristan, pour ton témoignage éclairant. Je retiens ce que tu dis de l'apprentissage en ces termes, qui me parlent beaucoup :

Les apprentissages des activités instinctives font l'objet chez moi de deux réactions opposées. Soit l'activité me paraît assez facile, et je l'acquiers rapidement et sans mal (c'est le centre instinctif qui se contente d'agir pour reproduire les gestes), soit l'activité me paraît dépasser un seuil de difficulté tel que je dois faire appel au centre mental pour y arriver : dans ce dernier cas, je deviens très gauche et je suis davantage occupé à réfléchir à ce que je dois faire plutôt qu'à faire effectivement — et du coup je fais mal.

Enfin, Fabien, ton propos fait aussi sens pour moi :

Ces pratiques peuvent être effectivement liées au 9, comme étant un moyen de se sentir vivant au-delà de l'anesthésie. […] L'environnement joue aussi bien sûr. On considère qu'une cause possible de ces actes est une interdiction familiale d'exprimer ses émotions.

Oh que oui ! J'avais une vraie difficulté à le faire, pourtant, ma mère est une 2, avec l'émotionnel en premier.

 

À bientôt.

Share this post


Link to post
Share on other sites
Patrick

Bonsoir à tous,

Florence, en tant que 5 alpha qui réprime l'instinctif, je peux ajouter ma dose qui va un peu dans le même sens. :confused:

La maladresse ponctuelle, la petite maladresse, je connais bien. J'ai tendance à réaliser les choses au ralenti. En fait, régulièrement, je "pense" pour agir sur des banalités. Quelques exemples parleront peut-être mieux :

  • J'ai une tasse à café dans les mains. Je me déplace de quelques mètres avec. Résultat : je me concentre sur chaque geste, j'avance lentement, et inévitablement, la tasse se met à osciller, et le haut du café dans la tasse déborde. Je vois mes parents (deux instinctifs) faire ce geste naturellement sans se poser de question, et ça m'épate. J'ai déjà essayé de jouer le jeu de le faire au flair. Ben, c'est pire. :laugh:
  • Je descends des escaliers toujours lentement. Je suis peu capable de suivre la cadence des autres. La cause : je pense chaque pas à faire. Ça me fait osciller, mais là, je ne tombe pas parce que je suis bien sur mes gardes. La maladresse s'exprime par le fait que je constate toujours qu'on m'attend puisque j'arrive toujours bien en dernier.
  • Je mentalise souvent l'ouverture d'une porte : "Je dois appuyer ? Tirer ?" L'instinctif réprimé fait ce qu'il peut pour suivre. J'ai des feed-backs externes qui me confirment que je suis maladroit pour ces choses banales. Mais ça me semble quand même un peu compliqué de le faire instinctivement.
  • Souvent, je ne sais pas quoi faire des bras en marchant. Mon père aime bien en rire en disant que je ressemble à un robot, il dit parfois "Terminator" (pour la raideur !).

Les deux derniers cas sont peut-être moins dans la lignée de ceux que tu décris, mais montrent une autre forme de maladresse.

De façon plus générale, j'ai des gestes souvent un peu lents, j'essaie d'être précis par le mental, même si ce n'est pas le plus adapté, ce qui génère de la maladresse. Ce n'est jamais quelque chose de gros, c'est plutôt sur des détails, sur des choses futiles du quotidien, mais régulièrement. Peu de capacité demandant de l'équilibre. La maladresse dans toute sa splendeur quand j'ai essayé de faire du patin, du vélo, et j'ai jamais tenté le ski (à quoi bon ? :happy:).

Bien sûr, dans chacun de ces cas, il peut arriver que mon instinctif quasi-inexistant dans ces moments-là soit moins sous la pression du mental, et là ça passe tout seul, je ne m'en rends même pas compte (sauf si ça demande de l'équilibre !). Mais je dois préciser que ce n'est pas le cas le plus fréquent. En général, ce sont les situations décrites ci-dessus qui sont les plus fréquentes.

Amicalement,
Patrick

Share this post


Link to post
Share on other sites
Yves

Bonjour à tous,

 

À chaque fois que je marche sur les pieds de quelqu'un ou que je le bouscule, je ressens de la terreur et je suis tétanisé. Je fais donc très attention. Par contre, sur les pots de fleur, je ne projette pas ma peur des intrusions et des conflits : ces derniers mois, j'ai renversé maladroitement trois malheureux pots de fleur. Ils n'ont pas protesté, ouf ! À chaque fois, soit je portais un sac à dos, soit mon manteau était ouvert. Pas facile d’assouplir pas les murailles de mon château fort ! :rofl:

 

Amitié,

Yves

Share this post


Link to post
Share on other sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

C'est plaisant et étonnant comme cette conversation du secteur de l'ennéatype 9 a attiré d'autres personnes réprimant l'instinctif. Cela confirme bien la corrélation entre cette répression et une certaine forme de maladresse.

 

J'ai beaucoup souri, Patrick, à ton exemple de la tasse de café qui s'applique à une bonne partie de ma vie. Je ne te raconte pas la catastrophe quand j'ai rencontré Patricia et qu'il m'est arrivé de transporter un récipient contenant du liquide dans chaque main ! Cela ne m'arrive plus que très rarement, en cas de fatigue, d'une part parce que je me suis réconcilié avec mon centre instinctif et d'autre part parce que j'ai découvert ce qui ne collait pas dans ma stratégie de déplacement : il faut regarder devant soi et non pas en direction du récipient transporté.

 

Ceci dit, Florence avait intitulé avec finesse sa conversation "(Mal)adresse de 9 ?". Alternant préférence et répression du centre instinctif, le 9 est parfois adroit et parfois non. Qu'en est-il quand la répression de l'instinctif est définitive ? Dans mon cas, il m'arrive souvent de ne pas être maladroit. Cependant, je ne pense pas qu'il y ait de situation où je sois vraiment adroit : j'agis sans maladresse, mais sans l'élégance instinctive des gens adroits.

 

Très amicalement,

Fabien

 

P.-S. : une petite moitié des messages de cette conversation ayant été écrite par des non-9 ce qui a élargi le thème de départ, je la déplace dans le secteur "Hiérarchie des centres" et je la renomme "(Mal)adresse et centre instinctif".

Share this post


Link to post
Share on other sites
Thierry

Bonjour à tous,

L'exemple du verre plein donné par Patrick me fait penser à une constatation que j'ai souvent faite chez des collègues, en revenant de la machine à café. Un collègue me l'a clairement confirmer : il ne peut pas boire en marchant. Cela n'est, a priori, aucunement lié à une répression du centre instinctif, mais à la qualité du centre instinctif. En revanche, si l'on part avec un verre plein et arrive avec un verre à moitié plein, on peut mieux faire, bien entendu !

Malgré mon sous-type Soif Appétit, je n'ai pas encore essayé un verre dans chaque main. :happy: Comme je bois presque indifféremment avec ma main droite ou ma main gauche, cela devrait être possible.

Amicalement,
Thierry

Share this post


Link to post
Share on other sites
Dreamost

Bonjour,

 

J'ai découvert grâce à l'excellent stage sur les Centres que j'avais un centre instinctif réprimé. Pourtant rien ne le laissait augurer puisque je suis quelqu'un d'assez actif. Seulement le stage m'a permis une introspection — comme à chaque stage en outre — qui m'a rappelé des moments, plus ou moins longs, allant de 2 ou 3 jours à plusieurs semaines, voire de mois où le centre instinctif fut complètement out, c'est-à-dire dans l'incapacité d'agir, de me mouvoir même. J'ai pu constater que ces moments apparaissaient suite à une activité excessive ou bien un stress émotionnel trop important.

 

Ma maladresse s'est exprimée de nombreuses fois par des accidents de voiture à répétition. Rêvassant, imaginant la route plutôt que de la "contrôler", cela m'a valu de multiples peurs. Peut-être encore une manière de l'affronter — justement cette peur (de la vitesse) (de ne rien contrôler) — dans une attitude pleinement contrephobique. Le problème de cette maladresse c'est qu'elle aurait pu me coûter la vie à plusieurs reprises.

 

Cette conscience de ma maladresse — de mon inattention, de ma déconcentration, de ma rêvasserie fantaisiste — a été contrebalancée par une exigence de perfectionniste justifiant la paralysie de l'action, de l'investissement et de l'engagement. Incroyable ego tiraillant entre fixations (suspicion du 6 et intempérance du 7), plus passions (peur du 6 et planification du 7), plus projection du 6 et rationalisation du 7.

 

J'ai remarqué que je me cognais la tête, foulais une cheville, heurtais les coudes, prononçais un mot pour un autre, ou usait d'une expression pour une autre, alors que mon centre mental basculait (légèrement ?) laissant place au centre émotionnel. Rassuré alors — tel le zèbre qui s'approche trop des lions et qui peut alors affirmer qu'il est vraiment inefficace quant aux aspects physiques et dynamiques, et qu'il savait bien qu'il avait raison qu'il serait dévorer et qua sa peur était justifiée —, une telle attitude "excuse" ensuite l'inaction.

 

Pour compenser tout cela, je fais les choses moins vite, car la "terreur" de mon 6, c'est de craindre tout à la fois l'hyper-contrôle et l'abandon du contrôle. Pas simple d'être 6 ! L'aile 7 implique un questionnement avec la liberté, donnée en synonyme avec la spontanéité, le non-jugement, et sans idée de déviance aucune, mais plutôt comme acte d'intégration dans un groupe ou la revendication à l'appartenance à une communauté partageant les mêmes valeurs.

 

Agir moins vite, pratiquer le rappel de soi, respirer, remettre sa conscience dans ses semelles, voilà des pratiques qui me permettent de rester au sol, la tête dans les étoiles sans risquer de chutes trop fatales.

 

Bonne journée.

Share this post


Link to post
Share on other sites
Patrick

Bonjour tout le monde,

 

J'ai beaucoup souri, Patrick, à ton exemple de la tasse de café qui s'applique à une bonne partie de ma vie.

Je compatis Fabien, je vois ce que ça peut vouloir dire. :cry:

 

Il faut regarder devant soi et non pas en direction du récipient transporté.

Alors ça, c'est bizarre et pas naturel. Et j'ai déjà essayé. Le problème est que je ne fais que déporter le problème : je regarde devant moi, mais je suis concentré sur ce qui se passe dans la tasse, et ça coule encore plus puisque je cumule alors deux obstacles au lieu d'un. En fait, j'ai bien compris que le geste est à faire "instinctivement", sans réflexion et sans chercher de mode d'emploi. Oui, bizarre quand même ! :laugh:

 

Amicalement,

Patrick

Share this post


Link to post
Share on other sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

"Alors ça, c'est bizarre et pas naturel. Et j'ai déjà essayé. Le problème est que je ne fais que déporter le problème : je regarde devant moi, mais je suis concentré sur ce qui se passe dans la tasse."

En fait il faut regarder là où on va, sans s'occuper de la tasse, comme on ferait si on ne la transportait pas. Je me suis mis à faire cela le jour où j'ai découvert la stratégie pour apprendre à jongler : il faut regarder le haut de la trajectoire des balles, mais ni regarder ses mains, ni suivre le mouvement des balles. J'ai transposé cela au tranport de tasse avec un succès qui est certainement un des grands accomplissements de mon existence ! :rofl:

 

Voilà, tu peux t'entraîner pendant la fermeture du forum pour les vacances de printemps.

 

Très amicalement,

Fabien

Share this post


Link to post
Share on other sites
Sign in to follow this  

×