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Yves

L'optimisme, une ressource pour conjurer la peur ?

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Yves

Bonjour à tous,

Un jour, lors d'un repas collectif :happy:, je demandai à une amie 7 mu : "As-tu toujours été optimiste comme ça ?" Pendant sa réponse (qu'elle a exprimée très rapidement), je fus d'abord émerveillé par son travail de lucidité, puis bouleversé : "Oui. Même si je ne voulais plus être optimiste, je n'y arriverais pas. Je crois que c'est génétique. D'un côté, heureusement, car j'ai un grillage d'anxiété au fond de moi. Cela vient de mes parents. Ils étaient très anxieux. Surtout ma mère. Elle en est morte, d'ailleurs." Elle m'a alors donné des détails éprouvants sur la mort de sa mère. Je fus ému par son courage de parler de ça.  :heart: Je pensai au billet de Fabien sur Alzheimer, Spirale Dynamique et Ennéagramme. Je subis des hallucinations auditives et visuelles soustractives, et une dissociation. Je me souviens seulement qu'elle a fini par dire : "Après la mort de ma mère, j'ai fait des années et des années de psychothérapie et de développement personnel."

Comment ces paroles résonnent-elles en vous, amis 7 ?

Considérez-vous que l'optimisme est une ressource créée par nos gènes pour conjurer le sentiment de peur engendré par le centre mental ?

Voyez-vous de l'ambivalence dans cette ressource, je veux dire dans son utilisation aussi bien par l'ego que par l'essence ?

Pour ma part, je ne ressens de l'optimisme que lorsque je vais très bien. :happy: La plupart du temps, j'entends le message parental de l'ennéatype 5 (cf. le stage Connexions). Ce message provient-il d'un manque de familiarité avec la ressource "optimisme" ? En tout cas, cela me semble une grosse différence structurelle entre les ennéatypes 5 et 7.

Amicalement,  :bye:
Yves

P.S. : une autre fois, suite à un quiproquo entre nous à propos de la mère humaine et de la mère archétypale, cette amie 7 me répondit, de façon inattendue, "La mère humaine, elle, elle fait ce qu'elle peut !" Je fus très touché. Me revint la souffrance engendrée par le type de connexion parentale et par le message manquant de l'ennéatype 7 (cf. le stage Connexions).

P.P.S. : je repense également aux paroles suivantes d'Ouadjet, au milieu de ce message-ci de la conversation Antonio R. Damasio et l'Ennéagramme. "Chez le 7, l'émotion 'peur' génère un sentiment de dédramatisation, qui entraîne un comportement de refoulement, ou refus optimiste (l'expression est de Weinberger, elle a été reprise par Goleman)." Ces paroles m'avaient, lorsque je les avais lues la première fois, laissé dans la perplexité.  :perplexe: Je ne connais pas assez de 7 pour les valider ou les invalider, ni pour établir un lien avec le niveau d'intégration. Qu'en pensez-vous, amis 7 ?

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

"Considérez-vous que l'optimisme est une ressource créée par nos gènes pour conjurer le sentiment de peur engendré par le centre mental ?"
L'optimisme est un élément de l'orientation du 7. Il préexiste donc à l'ego. Certes, dans l'ego, il contribue à rendre beaucoup de 7 aveugles à leur peur, mais il existe aussi dans l'essence quand la peur n'est plus présente. Il ne peut donc pas être créé uniquement comme ressource contre la peur ; il ne peut qu'être utilisé par l'ego à cette fin.

 

"Voyez-vous de l'ambivalence dans cette ressource, je veux dire dans son utilisation aussi bien par l'ego que par l'essence ?"
Je dis souvent que tout mécanisme égotique est une caricature d'un aspect de l'essence. Il y a donc ambivalence sur tout couple de traits ego-essence.

 

"Cette amie 7 me répondit, de façon inattendue, 'La mère humaine, elle, elle fait ce qu'elle peut !'"

Je crois que tout être humain fait ce qu'il peut, peut-être est-ce cela l'optimisme. Mais bon, il faut reconnaître qu'il y en a qui peuvent peu… et que c'est parfois très insuffisant.

 

Certains disent qu'ils ont fait ce qu'ils pouvaient, un peu comme les enfants qui ont fait une bêtise et se défendent contre l'ire des parents en clamant qu'ils n'ont pas fait exprès…

 

Vaste question philosophico-morale : jusqu'à quel point est-il acceptable d'être piloté par ses automatismes ?

 

Très amicalement,

Fabien

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Yves

Bonjour à tous,

 

Merci Fabien pour ces beaux sujets de réflexion. Ils éclairent mon chemin psycho-spirituel. :happy:

 

Je n'ai pas encore trouvé de réponse satisfaisante à la dernière question. La Spirale Dynamique m'aide, en particulier le niveau d’existence JAUNE.

 

Amicalement,

Yves

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

"Je n'ai pas encore trouvé de réponse satisfaisante à la dernière question."

Moi non plus, Yves ! Sans doute parce qu'il n'y a pas d'autre réponse qu'une décision au cas par cas.

 

Je rappelle l'existence de ces articles du blog Et à l’aurore : "Vers une éthique pas toc", "Méta-éthique".

 

Très amicalement,
Fabien

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Seven

Bonsoir à tous, 

 

Cette discussion me concerne, et j'ai déjà eu les mêmes interrogations que toi, Yves, au sujet de l'optimisme et de la peur.

 

Voici ma façon de voir les choses, en tant que 7 mu, aile 6.

 

"Comment ces paroles résonnent-elles en vous, amis 7 ?"

Face à la disparition d'un être cher, comme face à une grande douleur, je vais occuper mon esprit à chercher ce qu'il peut y avoir de "moins désagréable possible " dans cette situation. Ce sera sans doute de comprendre, à travers le prisme de ma sensibilité, comment cette personne à vécu : a t-elle eu des moments heureux dans sa vie ? A-t-elle pu partir apaisée ? Puis je vais me questionner sur ce que moi, j'ai pu lui apporter d'agréable au cours de sa vie, quels ont été nos échanges, nos relations. Et si je trouve là des éléments positifs, cela va m'apaiser en partie, en pensant que je lui ai apporté ce que j'avais de mieux à lui apporter, à savoir ma joie de vivre, mon optimisme. Je réponds donc à ma douleur de façon égotique, en imaginant que ce qui me nourrit aurait pu lui convenir aussi. Ce n'est qu'après, dans un second temps, que je vais me questionner sur ce qui était réellement important dans sa vie à elle, à savoir — maintenant que j'étudie l'ennéagramme — son orientation, et comment elle a pu s'en nourrir, et à quel moment j'ai été en phase avec elle en la partageant. Il y aura certainement de nombreux souvenirs pour lesquels je me dirai "j'aurai pu mieux faire", et faute de savoir partager cette douleur avec d'autres personnes qui m'apporteraient sans doute une écoute, un dialogue, une autre vision, je me tournerai vers une solution mentale acceptable, peut-être un psychothérapeute (je n'aurais pas mauvaise conscience de l'ennuyer avec mes problèmes, puisque c'est un professionnel que je paye pour cela), peut-être du développement personnel, car je trouverais des solutions à mon mal-être sans embêter autrui avec mes idées noires.

 

"Considérez-vous que l'optimisme est une ressource créée par nos gènes pour conjurer le sentiment de peur engendré par le centre mental ?"

Pour moi l'optimisme est une ressource, générée non par mes gènes, mais par mon orientation de 7. Je ne suis pas né avec, je l'ai développé (c'est donc de l'acquis) lorsque les évènements de ma petite enfance m'ont fait développer une sensibilité de 7.

L'optimisme peut m'aider à conjurer le sentiment de peur en effet, mais ce n'est pas son unique fonction, ce serait trop réducteur. Je l'adapte à chaque situation pour satisfaire mon ego.

 

"Voyez-vous de l'ambivalence dans cette ressource, je veux dire dans son utilisation aussi bien par l'ego que par l'essence ?"

Oui, si je m'observe et m'analyse, je constate que dans les situations égotiques, je mobilise mon optimisme pour déformer la réalité et la rendre plus agréable, ou plus supportable. Dans les situations ou je tente de me rapprocher de mon essence je constate que l'optimisme est présent également, mais il n'est pas seul, il se trouve à côté d'autres réalités que j'avais cherché à occulter. Il est présent parmi d'autres sensations, et je ne ressens pas forcément l'obligation de vivre cet instant à travers lui plus qu'à travers ces autres sensations. Cette prise de conscience date du stage Éveil pour moi.

 

"Chez le 7, l'émotion 'peur' génère un sentiment de dédramatisation, qui entraîne un comportement de refoulement, ou refus optimiste (l'expression est de Weinberger, elle a été reprise par Goleman)."

Je peux expliquer ce que je ressens dans cette phrase lorsque mon ego est à l'ouvrage.

Lorsque je mène une action, j'espère en tirer au moins une conséquence agréable (mais je n'ai rien contre la stratégie du billard qui fait qu'en échange d'une action il peut en résulter plusieurs autres agréables). Alors je dresse mentalement la liste de tout ce qui pourrait empêcher une conséquence agréable de survenir. Mon aile 6 met du cœur à l'ouvrage : je noircis le tableau à dessein, j'envisage le pire du pire, puis le pire, puis le moins pire, etc., jusqu'à ce que ma liste soit la plus exhaustive possible. Je deviens en quelque sorte un spécialiste de la cindynique. Pendant cette phase purement mentale, j'ai besoin d'être seul, afin de me concentrer tout d'abord, mais aussi pour ne pas imposer ces visions que je juge déplaisantes à autrui.

Ensuite seulement arrive l'analyse de chaque risque, je les pondère en leur attribuant une probabilité de réalisation. 

Si la conclusion m'amène à penser que les risques, avérés ou probables, sont plus importants que l'agrément à en tirer, alors je ne me lance pas dans l'action.

Mais ce choix est rare. La plupart du temps, ma vision des risques m'a permis simplement de "savoir où j'allais mettre les pieds", et alors l'attrait de la récompense convoitée l'emporte. Je me lance.

Alors je masque, toujours mentalement, un par un, tous les risques pouvant générer de la peur pendant mon expérience, comme le ferait un décorateur mettant en scène une vitrine qui ne montrerait que les produits flatteurs, en cachant minutieusement tout autre chose désagréable qui pourrait heurter l’œil du spectateur (les spots lumineux, les fils électriques, le sol abimé, les murs défraîchis…) : à dessein, comme dans la phrase de Weinberger, je dédramatise la situation, je refoule ce qui peut être gênant pendant l'expérience, je refuse de penser aux risques pour me concentrer sur la joie à venir.

Voilà comment je ressens cette phrase, Yves.

 

Amicalement,

Seven

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Pour moi l'optimisme est une ressource, générée non par mes gènes, mais par mon orientation de 7. Je ne suis pas né avec, je l'ai développé (c'est donc de l'acquis) lorsque les évènements de ma petite enfance m'ont fait développer une sensibilité de 7."

C'est inexact. L'orientation est commune à l'essence et à l'ego. Elle précède donc l'apparition de ce dernier. Les évènements de ta petite enfance ont déterminé la manière qui t'est spécifique de manifester égotiquement l'orientation du 7. Tu verras cela plus en détail lors du stage Néti néti.

 

Très amicalement,

Fabien

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Seven

Bonjour,

 

Je ne voyais pas les choses comme cela en effet.

 

Dois-je comprendre que l'orientation appartient à l'inné, qu'elle fait partie de notre patrimoine génétique ? Que nous sommes donc prédéterminés dans notre type bien avant la naissance ? Et que l'acquis ne concerne, comme tu sembles le dire, que la façon spécifique dont chaque individu colore l'orientation de son type au cours des premières années de sa vie ?

 

Cela rejoint une discussion que nous avons eu avec ma fille qui me décrivait, après avoir effectué son stage Bases, l'ennéatype d'un individu comme appartenant à l'inné, et les ailes que l'on déploie plus tard, comme appartenant à l'acquis.

 

Sur le coup, cela ne correspondait pas à ma vision, je lui ai dit que je te demanderai Fabien et puis j'ai oublié. Voilà la question posée aujourd'hui.

 

"L'orientation est commune à l'essence et à l'ego. Elle précède donc l'apparition de ce dernier."

Je comprends mal la chronologie dans cette phrase :

  1. L'orientation est commune à l'essence et l'ego : soit.
  2. Je reprends mes notes et je lis qu'à sa naissance, le nouveau-né n'est qu'essence.
  3. Puisque l'orientation est commune à l'essence et à l'ego, alors elle doit être présente dès que l'une ou l'autre apparait.
  4. Puisque l'essence apparait en premier, dès la naissance, alors l'orientation est également présente à ce moment là. 
  5. Donc l'orientation précède bien l'apparition de l'ego, mais également celle de l'essence, ou tout au moins doit-elle lui être concomitante.

 

L'orientation d'un type est définie comme la spécialité de chaque type, ce qu'il veut réaliser dans sa vie, ce qu'il sait et veut faire de mieux. Comme la colonne vertébrale autour de laquelle il organise son existence.

En prenant cette définition, je trouve que les termes "ennéatype" et "orientation" sont synonymes, ou tout au moins interchangeables.

Ai-je raison de penser comme cela ? Ou y aurait-il une subtile différence entre ces deux termes qui m'empêcherait de raisonner clairement sur ces notions ?

 

Amicalement.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Cela rejoint une discussion que nous avons eu avec ma fille qui me décrivait, après avoir effectué son stage Bases, l'ennéatype d'un individu comme appartenant à l'inné, et les ailes que l'on déploie plus tard, comme appartenant à l'acquis."

C'est ta fille qui a raison. Nous parlons de cela à chaque stage Bases… donc aussi à celui que tu as suivi. En cherchant "inné" et "acquis" sur le forum, tu peux trouver notamment la conversation “Question sur la nature innée ou acquise de l'ennéatype”. Le sujet est aussi traité dans Le Grand livre de l'Ennéagramme dans le chapitre « La construction de l'ego ».

 

"Que nous sommes donc prédéterminés dans notre type bien avant la naissance ?"

Oui, c'est l'hypothèse la plus vraisemblable actuellement.

 

''Et que l'acquis ne concerne, comme tu sembles le dire, que la façon spécifique dont chaque individu colore l'orientation de son type au cours des premières années de sa vie ?"

Je n'ai pas dit "ne concerne que" (mise en gras par moi). L'acquis concerne :

  1. Ceci (pas seulement dans les premières années de la vie),
  2. Plus le niveau d'intégration,
  3. Plus comme te l'a dit ta fille les ailes,
  4. Plus comme nous le disons en stage Centres la variante,
  5. Plus comme nous le disons en stage Sous-types la structure instinctive.

Cela fait pas mal de choses.

 

"Donc l'orientation précède bien l'apparition de l'ego, mais également celle de l'essence, ou tout au moins doit-elle lui être concomitante."

Ma phrase était correcte. Donc orientation et essence sont concomitants.

 

"Je trouve que les termes “ennéatype” et “orientation” sont synonymes, ou tout au moins interchangeables."

Ils ne le sont pas. L'orientation est un des éléments de l'ennéatype. On peut dire que l'ennéatype, c'est l'orientation, l'essence et l'ego. Et donc aussi tous les éléments qui constituent ces deux derniers termes.

 

Très amicalement,

Fabien

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Yves

Bonjour à tous,

 

Merci Seven de ton message détaillé, qui illustre entres autres comment un 7 mu peut recadrer positivement, et montre aussi l’influence d’une aile 6.

 

« Dans les relations, l’essentiel est de passer un moment agréable ensemble », affirma un jour une autre 7 mu, alors que nous — ses amis — évoquions nos difficultés relationnelles. Suite à la rupture de son couple, elle nous avait invités pour une soirée un peu excessivement (aile 8) festive.

 

Amicalement,

Yves

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