Institut Français de

l’ennéagramme

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Yves

Je veux être aimé(e) !

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Yves

Bonjour à tous,

 

J'ai été surpris et très touché par certains mots du forum des 3.

 

Ainsi, à la fin de ce message de Stéphanie :

"[…] de reconnaître que je ne suis pas moi dans ces cas-là, que je manque d'affirmation, je suis une mendiante d'Amour."

 

Et à la fin de ce message de Laure :

"[…] je voulais avant tout être aimée."

 

Et aussi à la fin de ce message de Frédéric :

"Je suis en manque d'Amour."

 

Un jour, ma tante (6 alpha) s'indignait d'une injustice commise par le père de mon oncle. Bien sûr, mon oncle (3 alpha), drapé de retenue, la laissait s'échauffer sans rien dire (cf. ce message dans la conversation "Ennéatype 3 – Contrepassion"). Tout à coup, à brûle-pourpoint, il surgit, un torchon de vaisselle à la main, avec force émotions. Il semblait ulcéré. J'eus le couple soufflé par ses paroles : "Je ne veux plus jamais entendre parler de ma famille ! Je ne veux plus m'appeler D… ! Je veux changer de nom !" [i.e. de patronyme ; cf. le problème de l'identité]. Il parlait de ses parents. Ils étaient pourtant morts depuis sept ans.

 

Son centre émotionnel venait de sortir de sa répression. Sous sa colère couvaient des vieux sentiments d'humiliation (ROUGE) par son père , d'injustice, de rejet.

Se terrait aussi une autre émotion : la tristesse. Cette tristesse, c'était la tristesse de ne pas s'être senti aimé par ses parents.

 

La blessure de mon oncle était toujours étonnamment bien masquée par sa constante bonne humeur, son entrain, son activité — toujours en train de faire quelque chose —, et son endurance face à la douleur et la souffrance (cf. "Le 3 et la maladie"), et j'ai été très surpris par l'explosion poignante de ce jour-là.

 

Mon oncle réprimait sa tristesse. En quarante ans, ma tante l'avait très rarement vu pleurer. En fait, mon oncle utilisait très souvent la colère pour cacher (inconsciemment) une autre émotion. En l'occurrence c'était la tristesse, mais d'autres fois cela avait été la tendresse. Il dressait un barrage face à la rivière de tendresse qui coulait en lui : des larmes, c'aurait été trop de honte ROUGE. Ce barrage n'était-il pas une construction de l'ego du 3 (cf. la passion du 3) ? Les manifestations de sa masculinité, renforcées par un ROUGE fort (emportements impulsifs sous forme de colère ou d'admiration exaltée pour un héros), et peut-être aussi par des attentes inconscientes de ma tante (6), lui servaient de garde-fou contre les manifestations de sa féminité.

 

Son ego l'empêchait de (re ?)connaître son désir d'être aimé.

 

Amicalement,

Yves

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci Yves de ces citations et de ce témoignage qui constituent un rappel fort utile. Beaucoup de gens oublient que le 3 est un émotionnel tellement il peut être absorbé par ses réalisations : quand c'est le cas, il y a effectivement chez eux une profonde souffrance qu'ils avouent rarement (sauf ici, merci !) puisque le faire serait reconnaître un échec dans un certain secteur de leur vie.

 

Très amicalement,

Fabien

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Laurecd

Cher Yves,

Ce qui est sûr, c'est que tu fais passer un mauvais quart d'heure au cliché du 5 froid et peu enclin à l'empathie ! Je suis toujours émue de la gentillesse et de la finesse qui émanent de tes messages.

L'histoire de ton oncle est très triste. L'histoire des 3 est souvent très triste. Il suffit que je m'observe, moi, pourtant plutôt attentive aux autres et à cheval sur le principe de gentillesse, pour savoir que je peux me transformer en véritable robot, en machine à détruire ou à ignorer tout ce qui me déplait lorsque je suis sous stress. Même mon mari 5 me le reproche parfois. Je me dis souvent, peut-être à tort que, sans l'exemple de mon père 9, je ne saurais pas ce que c'est que de faire vraiment attention aux autres. Cette pensée est terrifiante. Les 3 sont, peut-être plus que les autres, le produit de leur éducation, de leurs lectures, de leurs fréquentations, et ça peut donner tout et n'importe quoi dans les comportements. En fonction de tout cela, l'ego va choisir ce qu'il perçoit comme faiblesse et va se construire en évitement de cette dernière (j'espère que je ne raconte pas trop d'énormités).

Cela dit, que cela soit formulé ou non, je suis absolument certaine qu'il n'y a pas un 3 qui ne souffre de ne pas se sentir assez aimé. L'amour est le grand drame du 3. Je "m'amuse" parfois, lors de soirées avec des collègues de mon mari (qui travaille pour une boîte américaine de conseil, de type 3 sous toutes les coutures) à repérer les 3, les aborder, refuser de les faire parler boulot, bagnoles et possessions diverses (trop facile !) mais à chercher à connaître qui ils sont. C'est absolument incroyable combien, une fois le premier moment de surprise passé, ça les touche. Lorsque le masque tombe, ce sont des trésors de vulnérabilité que l'on découvre, et je trouve ça très beau. Je suis attentive à cela lorsque je rencontre un 3 car je sais combien, en ce qui me concerne, on ne pourra jamais m'aimer assez, et combien l'intérêt que l'on me porte, que l'on porte à qui je suis, sous l'image, m'est précieux ; il me faudra toujours plus dans ce domaine-là. Je pense que ce besoin de compliments, d'admiration des 3 n'est qu'un cache-misère ; comme il n'y aura jamais assez d'amour, on se rattrape comme on peut avec ce qu'il est plus aisé d'obtenir. Mais c'est bien de l'Amour que l'on recherche au fond, souvent avec désespoir. Cela doit avoir un rapport avec l'idée supérieure de Vérité, bien sûr ; nous devons le sentir confusément, mais comme s'intégrer dans son propre type n'est pas une mince affaire, et faute de fournir le travail nécessaire à la connaissance de soi, on se contente de ce que demande l'ego et qui ressemble vaguement à de l'amour. Et comme ce n'est pas ça l'amour, ça rend malheureux.

Voilà, j'espère ne pas avoir été trop confuse.

Je te souhaite, Yves, une très belle après-midi.
Bises à tous,
Laure

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Fabien Chabreuil

Bonjour Laure,

"Et comme ce n'est pas ça l'amour, ça rend malheureux."
Merci pour ce témoignage bouleversant. J'ai eu le souffle coupé à sa lecture.

"Les 3 sont, peut-être plus que les autres, le produit de leur éducation, de leurs lectures, de leurs fréquentations"
C'est exactement cela, le 3 se construit de l'extérieur et non de l'intérieur.

"Je 'm'amuse' parfois, lors de soirées avec des collègues de mon mari (qui travaille pour une boîte américaine de conseil, de type 3 sous toutes les coutures) à repérer les 3, les aborder, refuser de les faire parler boulot, bagnoles et possessions diverses (trop facile !) mais à chercher à connaître qui ils sont. C'est absolument incroyable combien, une fois le premier moment de surprise passé, ça les touche."

Pour que cela puisse se faire, il faut vraiement que le 3 soit en confiance. Peut-être le fait que tu sois de cet ennéatype te permet-il de créer ce cadre indispensable.

 

Il faut aussi que le 3 ne soit pas trop désintégré car sinon il ne saura pas aller ainsi au-dessous de la surface.

 

Très amicalement,

Fabien

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