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Stéphanie Auxenfans

Le 3 et la maladie

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Stéphanie Auxenfans

Bonjour à tous,

 

Voici un témoignage sur trois maladies qui me sont arrivées et leurs effets par rapport à mon travail.

La première, j'étais au collège, j'ai eu une angine mal soignée et je continuais à avoir mal. J'étais en période d'examen et je ne voulais pas perdre mon temps à retourner chez le médecin, à attendre dans la salle d'attente, la plupart du temps bondée. Je me suis mise à m'alimenter de moins en moins, car j'avais de plus en plus mal. J'ai fini par être obligée, après le coup de feu passé, de retourner chez le médecin qui m'a directement hospitalisé pour percer un phlegmon qui prenait une grande partie de la gorge. Au final, j'ai eu le droit à deux interventions à l'hôpital pour ce qui était juste une angine : une première pour le phlegmon et une deuxième pour retirer mes amygdales. C'est très efficace pour une perte de poids. Entre la sous alimentation et les deux anesthésies générales, j'avais perdu pas de loin de 10 Kg.

Le deuxième cas est assez similaire. J'avais 23 ans, je travaillais. J'ai commencé à sentir une grosse gêne, puis une très forte douleur au niveau des côtes. Je suis allée consulter, faire des radios, mais rien, les deux médecins ne voyaient rien. J'ai continue à travailler et la douleur a continué à s'aggraver. J'ai tenu vingt jours comme ça, car je savais que j'avais rendez-vous avec un pneumologue (pour des problèmes de bronchites chroniques) et je me disais qu'il fallait que je tienne et que j'attende ce rendez-vous, lui saurait bien ce que j'ai. La dernière semaine je ne pouvais plus m'allonger pour dormir, car je n'arrivais plus à respirer allongée. Je devais me mettre contre le mur et je dormais assise (plus ou moins, moins que plus d'ailleurs). J'étais totalement au ralenti, affaibli, je montais les marches comme une vieillarde, je ne pouvais plus rien faire, mais je continuais à aller au travail. Mes collègues me disaient que ça n'allait pas du tout et qu'il fallait que je retourne consulter. Je m'accrochais jusqu'au jour du dit rendez-vous.

 

Là, je me suis prise un savon par le professeur qui m'a hospitalisée tout de suite pour une pneumonie sévère, j'étais en insuffisance respiratoire depuis plusieurs jours. J'ai été hospitalisé pendant plus d'une semaine et arrêtée pour la première fois de ma vie. Je me souviens que quelques jours après, toujours à l'hôpital, je me sentais mieux et je voulais retournée travailler. En sortant de l'hôpital, j'étais toujours en arrêt de travail et j'avais l'ordre de me reposer. Je suis retournée au travail. L'idée de ne pas aller travailler m'était insupportable, mon existence se limitait à mon travail, comme si je n'existais pas en dehors de mon activité professionnelle. La peur de l'ennui aussi était très grande : mais qu'est ce que j'allais FAIRE ?

 

Ce qui me reste en tête, c'est la stupeur du professeur de me voir dans cet état et d'être restée comme ça. J'avais à l'époque une grande résistance à la douleur semble-t-il.

Le dernier de la liste est plus récent. Il y a 5 ans, je chute et je me fais une fracture de la malléole. À ma grande surprise, on m'explique que l'on doit me poser des broches et donc m'opérer. Je pensais qu'un plâtre suffisait pour une fracture. Je me revois en larmes dire à la chirurgienne : "Mais c'est pas possible. Lundi j'ai un séminaire à Lyon, c'est pas possible !!!" Alors tout de suite je lui demande quand est-ce que je pourrai retourner travailler. Elle m'informe que je vais être arrêtée au minimum 2 mois. Là, je tombe des nues… Je reste un instant sans rien dire, et la première chose qui sort de ma bouche était quelque chose comme "Mais c'est IMPOSSIBLE. Je ne peux pas ne pas aller travailler pendant 2 mois. Vous vous rendez compte !! Mon employeur ne sera jamais d'accord." Et nous avons discuté quelques temps. La chirurgienne essayait de me convaincre et de me rassurer que c'était normal, que c'était le temps nécessaire pour que ma malléole se renforce et se répare. J'étais anéantie et désespérée. Jamais je n'aurais imaginé avoir un arrêt de travail aussi long.

 

Au final j'ai été arrêté 3 mois. Et après cette période, je n'avais plus du tout envie de retourner au travail. Il aura fallu ce long temps de pause pour me déconnecter de mon identification à mon travail et prendre du recul avec cette croyance "je fais donc je suis".

 

Très amicalement,
Stéphanie

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Fabien Chabreuil

Bonjour amis lecteurs et participants,

Intéressant sujet, Stéphanie. Nous avons tous besoin du choc pour prendre de la distance avec notre ego, avce le risque, s'il est trop fort, de basculer dans la contrepassion.

Ton témoignage est bien comportemental… Et si tu nous parlais un petit peu de ce qui s'est passé à l'intérieur au cours de cette déconnexion… Je sais, tu es 3 mais quand même. Ou plutôt mais justement. :happy:

Très amicalement,
Fabien

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Stéphanie Auxenfans

Bonjour à tous,

Désolée pour le temps que j’ai mis à répondre. Mais voilà bien toute ma problématique ! Quand je parle ou je raconte quelque chose, je suis très factuelle. Dès qu’il s’agit de rentrer en profondeur, voilà que la difficulté se fait sentir, et par la même occasion ma compulsion d’éviter à tout prix l’échec. De ne pas vraiment savoir analyser la situation me met en situation d’échec. Alors je trouve plein d’autres choses à faire et je retarde le moment de répondre.
Je vais essayer de répondre le plus honnêtement possible.

J’ai vécu un moment très difficile surtout au début. J’ai un fort sous-type conversation, et l’idée même d’être ouverte au bistouri (c’était la première fois et la dernière je l’espère) et que l’on mettre du matériel dans mon corps m’a mis dans un état de stress énorme.
Ensuite je me suis positionnée à fond en victime, ou plutôt je suis passée par une phase Caliméro : "Mais pourquoi ça m’arrive à moi ?", "C’est pas possible, j’ai vraiment pas de bol." Bref je me suis retrouvée très fragilisée dès l’accident.
Puis au moment de rentrer chez moi, c’était un peu la panique. Je vivais seule, ma meilleure amie venait de quitter Paris la même semaine. Je me suis demandée comment j’allais faire pour gérer ma vie. Il n’était pas question de retourner chez mes parents. Je préférais me sentir seule et galérer toute seule, même si ça allait être assez compliqué.
J’avais la trouille d’être coincée chez moi, toute seule, mais qu’est ce que j’allais FAIRE… J’allais royalement m’emmerder.

Au début, j’étais très motivée pour mettre à profit ce temps de calme (j’allais écrire ce temps mort…) pour peindre, méditer, écrire, m’introspecter et pour Être. Voilà la bonne occasion, je ne pouvais plus faire grand chose, alors c’était le bon moment pour Être.
Pendant cette période de spleen que je traversais au tout début de mon retour à domicile, un ami passait me voir de temps en temps pour m’apporter quelques courses alimentaires. Quand il venait, il apportait aussi de l’herbe, nous fumions des pétards, et il me laissait de quoi fumer. Très vite, mon ego s’est vautré dans la facilité et je suis tombée dans la narcotisation (je me désintègre en 9). Fumer était bien pratique. Lorsque je fumais, je ne posais plus la question de ce que j’allais faire, puisque j’étais totalement au ralenti, du coup je pouvais passer des après-midi à ne faire rien devant des programmes TV pourris.
J’ai fumé pendant de longues années auparavant. C’était à l’époque la seule façon que j’avais trouvée pour me poser (ne rien faire) et me détendre de tout ce stress présent (de manière inconsciente à l’époque). Bien évidemment j’ai compris par la suite le mensonge que c’était.
Bref, je suis retombée dans le piège du cannabis. Autant vous dire que pour l’introspection ça marche moyen…
Je suis passée par une désintégration en 9 pendant cette période, je ne pense pas par contre avoir été dans ma contrepassion.
Après ces 3 mois d’arrêt, ce qui est sûr, c’est je n’avais plus du tout envie de retourner à mon travail. Cette grosse coupure m’a permis de prendre conscience que je pouvais faire autre chose que travailler, que le travail n’était la seule raison d’être. Alors à commencer à réellement grandir en moi, l’idée que je pouvais être quelqu’un de bien sans avoir besoin d’avoir une activité professionnelle qui permette d’afficher des "réussites".
J’ai tenu un mois après la reprise de mon accident et je me suis faite licenciée.

À la relecture du message avant de l’envoyer, je me rends compte que je suis retombée dans du comportemental. :sick:

Amicalement,
Stéphanie

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Laurecd
Bonjour Stéphanie,


Merci pour tes messages ! Je comprends très bien ce que tu décris.


Voici mon propre témoignage concernant les maladies : tout d'abord, mes maladies n'en sont jamais vraiment à mes yeux ; je refuse de leur donner ce nom-là. En général, je dis "un petit virus de rien du tout" ou au pire, je nie complètement le fait que je suis malade. Une maladie, c'est une perte de temps et une terrible trahison. Je ne peux donc pas parler facilement de mes maladies puisque je m'empresse de les oublier, mais tout de même deux exemples : un parce qu'il est encore proche dans le temps et l'autre parce que ce fut suffisament grave pour que tout de même, je m'en souvienne. Je dois ajouter que mon père étant 9, dans le déni de soi, il était de bon ton dans ma famille d'ignorer complètement la douleur ; cela a dû me rester. J'ai refusé cinq fois la péridurale avec beaucoup de hauteur lors de mes accouchements et ai éprouvé un certain plaisir à être en contrôle de ma douleur et à essayer de la comprendre. La douleur pour moi est un défi et non quelque chose que je perçois comme négatif.


Il y a quelques mois, j'ai eu, je crois, la grippe, suite à la visite d'un de mes meilleurs amis (7) avec qui j'avais passé deux semaines à bavarder tous les jours jusqu'à 3 heures du matin, en buvant beaucoup, beaucoup plus que de raison. Mon quotidien de maman de cinq enfants n'étant pas changé, j'ai bien sûr continué de me lever tous les jours à 6h et à vaquer à mes occupations habituelles. Mon ami 7 était émerveillé par mon endurance et, pour mon plus grand plaisir, en faisait grand cas, donc il n'était pas question que je baisse le rythme, au contraire ! J'étais enchantée par mes performances qui consistaient à allier sans faillir vie de patachon et activités habituelles. Plus on m'encourage à faire ma maligne, mieux je me porte (merci les 7 !) Mon ami est reparti et mon corps s'est aussitôt rebellé contre cet ignoble traitement. J'ai bien sûr catégoriquement refusé d'analyser cette détérioration de ma santé et j'ai passé la première semaine, à 40° de fièvre que je refusais sauvagement de faire baisser (c'est comme ça qu'on devient plus fort !), à dire : "Un vilain rhume. Demain, c'est fini." La première semaine s'est donc écoulée dans la brume mais sans que je change quoique ce soit à ma vie. Je pratique le yoga tous les jours et j'aurais été bien trop malheureuse de lever le pied. De plus, j'éprouvais un léger mépris pour ma personne : tomber malade n'était pas digne de moi, je valais un peu mieux que ça (eh oui, un 3, ça peut être redoutable de bêtise !). Il y avait peut-être également, plus profondément, de la vanité à savoir mon corps capable de s'en sortir tout seul, sans docteur, sans avis et sans médicaments autre que ma merveilleuse machine corporelle. La fièvre a fini par tomber mais sont restés un mal de gorge lancinant et une énorme fatigue générale. J'ai tenu ainsi pendant un mois à coups de "demain, c'est fini". À la fin, tout le monde se fichait de moi.


Je ne dirais pas que je vis la maladie comme un échec mais plutôt comme une perte de temps, une trahison, quelque chose qui n'a pas le droit de m'arriver à moi. Toujours est-il que je suis aujourd'hui consciente que mon "vilain rhume" aurait pu être liquidé en une semaine et non un mois si j'avais accepté de prendre soin de moi. Je me suis promis de ne jamais refaire cela et je m'engage à raconter ma gestion du prochain rhume sur ce panneau !


L'autre exemple remonte à quatre ans, juste après la naissance de mon petit dernier. Je me suis retrouvée un soir presque complètement anesthésiée sur tout le côté gauche de mon corps. J'ai bien senti que quelque chose n'allait pas mais j'avais un tout petit bébé, mes quatre autres enfants et un mari en déplacement à l'étranger, donc pas question de changer la routine pour un vulgaire problème de santé. Mes enfants avaient besoin de moi, et puis cet étrange engourdissement allait bien finir par se dissiper tout seul. Mon mari a téléphoné à ce moment-là, et je lui ai mentionné mon problème en passant (ce que j'ai bien regretté, au vu de sa réaction). Complètement paniqué (il est 5 et fils de médecin), il m'a ordonné de filer à l'hôpital, ce à quoi j'ai dû répondre : "Hors de question, je n'ai pas que ça à faire, ce n'est pas grave du tout." (Parenthèse pour expliquer que je comprends le récit factuel de Stéphanie ; dans ces moments-là, tout se bloque ; il n'y a aucune tentative d'analyse de la situation, c'est comme si notre cerveau hurlait "allez, on enchaîne, on passe à autre chose." Même après coup, il est difficile de relater ce qui passe par la tête). Mon mari, effrayé, habitué à mes entêtements ridicules, coincé à l'étranger, a dû se démener pour faire intervenir des gens sur place. Suite à quoi, une grande amie 8, célèbre sur ce panneau, a déboulé chez moi pour garder mes enfants en me fichant littéralement à la porte et en m'engueulant, pendant que l'assistante de mon mari s'improvisait chauffeur pour m'emmener à l'hôpital. J'étais furieuse : qu'on régimente ma vie, de m'éloigner de mes enfants et surtout très très gênée de faire perdre leur temps à mon amie 8 et à la pauvre assistante. Je pensais à tout sauf à ce qui m'arrivait. A l'hôpital, après IRM, il s'est bien sûr avéré que j'avais fait un petit AVC, pas du tout à prendre à la légère. Même là, j'ai refusé d'avoir peur et de mesurer tout le sérieux de la situation. Encore aujourd'hui, j'ai du mal, même si je prends désormais un traitement anti-coagulant et si j'ai conscience, lorsque je relate cette histoire, du caractère un peu pathétique de la chose.


Très amicalement,

Laure

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Stéphanie Auxenfans

Bonjour Laure et tous les autres,

 

"(Parenthèse pour expliquer que je comprends le récit factuel de Stéphanie ; dans ces moments-là, tout se bloque ; il n'y a aucune tentative d'analyse de la situation, c'est comme si notre cerveau hurlait 'allez, on enchaîne, on passe à autre chose.' Même après coup, il est difficile de relater ce qui passe par la tête)."

Ce que tu écris fait tout à fait sens pour moi. C'est comme si je rentrais dans une forme de déni, je porte toute mon attention ailleurs, sur le FAIRE. La maladie dans ces cas est aussi pour moi une perte de temps, quelque chose qui vient se mettre entre moi et ce que je suis en train de faire. L'ego doit se sentir en danger et doit venir prendre encore plus de place pour ne pas se faire chiper le premier rôle par le corps physique.

 

Par contre, à l'inverse de toi Laure, j'ai toujours eu très peur des douleurs liées à l'accouchement, et jusqu'à très peu de temps, je suis pratiquement sûre que j'aurais choisi l'option péridurale pour ne pas souffrir (bien que l'idée de cette énorme aiguille m’effraie énormément) et même plutôt deux qu'une. :wink:

Aujourd'hui c'est à la fois la volonté d'être consciente et d'accompagner le bébé qui me feraient choisir l'option naturelle. Cela dit, je serais morte de trouille.

 

Quand j'ai découvert l'Ennéagramme, mon instinct conversation était plutôt C--, depuis je suis passée C++. Bon j'ai raté la voie du milieu, mais je ne désespère pas. Je suis beaucoup plus connectée à mon corps qu'avant et pour le coup beaucoup plus douillette, ce qui est logique. Je perçois le moindre changement de mon corps, la plus petite modification et j'y suis très attentive. Cela doit aussi être lié à cette période de ma vie où j'ai beaucoup de temps pour moi et où je ne travaille pas. Bien que les deux exemples cités au premier message me semblent complétement fous, je pense que mon ego pourrait me faire retomber dans les mêmes travers si j'étais en pleine action. À moi de rester vigilante.

 

Amicalement,

Stéphanie

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