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l’ennéagramme

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Claire5

Portrait de directeur technique 3 alpha depuis mon ennéatype 5 alpha

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Claire5

Bonjour à tous,

Je travaille depuis quelques semaines dans une nouvelle structure et j'avais envie de typer la principale personne avec qui je vais être amenée à collaborer, afin d'adapter dès maintenant ma communication. Il s'agit du directeur technique dont je pense après analyse que c'est un 3 alpha (sous-type social).

La première chose qu'on m'a dit à son sujet, c'est : "Quand il est là, on l'entend. Si on ne l'entend pas; c'est qu'il n'est pas là." Effectivement, il en impose, à la fois physiquement et acoustiquement. Très dynamique, en permanence dans l'action et souvent branché avec son oreillette, il peut recevoir 2-3 appels à la demi-heure. Tout le couloir peut suivre ses conversations tellement il parle fort (heureusement pour mon ego 5, il est les trois quarts du temps hors-bureau, sur le terrain).

Une certitude à son sujet est qu'il n'a pas l'instinctif réprimé. C'est une véritable pile électrique, et son métier l'amène à être en permanence dans l'action, voire dans l'urgence (exploitation d'un réseau d'eau potable). C'est un bourreau du travail. Dernièrement il se levait à 4h du matin pour emmener son fils en stage avant de venir bosser. Il peut rester tard le soir au travail. Il répondait un jour en rigolant qu'il ne voyait pas sa femme le soir car quand il rentrait, elle dormait. Il vient travailler alors qu'il est officiellement en vacances.

Il peut être très sympathique et relationnel, arborant un grand sourire. Il connaît énormément de personne et n'hésite pas à passer un coup de fil à l'une d'entre elles dès qui lui manque un renseignement. Il peut être aussi beaucoup plus agressif. Il peut alors se mettre dans des formes de colère, mais que je ne percevais pas comme de la colère au sens 8 du terme.

En exposant rapidement quelques éléments à Patricia, elle en est arrivée à la même conclusion que moi, il pouvait être un 3 ou un 8 ORANGE. Je lui faisais alors remarquer que je trouvais peu probable qu'il soit en ORANGE, ayant fait le choix suivant : celui de quitter une grosse entreprise ORANGE pour venir faire le même travail dans une collectivité, une régie publique. Patricia m'a alors fait une remarque que j'ai trouvée géniale : un ORANGE peut faire ce genre de choix, pour l'image ! Elle m'expliquait qu'une de ces clientes, par exemple, avait acheté une Smart car elle ne pouvait plus dire qu'elle roulait en 4x4.

 

Sous cet angle-là, ce directeur technique aurait saisi une excellente opportunité. J'imagine son entourage, avant, lui dire : "Ohlala, tu travailles chez [grosse entreprise du CAC 40] ; c'est vraiment des voleurs !" Et maintenant : "Ah la classe, tu travailles dans cette structure publique vertueuse qui a fait ce choix courageux du retour en régie. C'est la mode." Oui, c'est la grande mode !
Extrait du stage sous-type : "Le 3 de sous-type social attache de l'importance à faire partie du bon groupe : la bonne entreprise, la bonne association, le bon club."

Patricia m'a dit : "Si c'est un 3, tu ne vas pas tarder à voir ses mensonges." À un prestataire qui lui demandait si d'autres de ses anciens collègues n'avaient pas fait le même choix que lui de venir dans le public, il répondait que cela nécessitait le renoncement aux primes d'intéressement de l'ancienne entreprise, et que tout le monde n'était pas prêt à faire ce choix-là. Il passait alors pour l'homme vertueux. (J'étais au passage un peu surprise puisque les techniciens m'avaient dit au contraire qu'il avait négocié un salaire à la hausse). Un autre jour, il m'expliquait qu'il ne voyait pas l'intérêt de partir bosser en province ; pour la raison principale, c'était qu'on gagnait plus de fric ici !

Ce qui m'impressionne beaucoup chez lui, c'est le basculement du centre émotionnel, très visible, quand il est mis en défaut. C'est généralement lorsqu'on lui pose une question qu'il ne comprend pas. Ou quand quelqu'un n'a pas fait ce qu'il demandait. Il devient tout d'un coup très agressif.

5 alpha, j'ai pu être complètement tétanisée le jour où il s'est mis à insulter de toutes ses forces un type au téléphone qui avait endommagé son réseau. J'étais juste à côté dans la voiture et je ne respirais plus !

Le fonctionnement I-M/(E) ou E-I-M, inverse au mien, me déroute un peu. Je perçois du manque de réflexion, de la versatilité, voire de l'incohérence. J'apprécie par contre beaucoup son efficacité, son pragmatisme, son dynamisme et sa passion pour son métier. Comme lui, je n'aime pas perdre mon temps. Et son côté excellent relationnel, mais pas émotionnel, tout en restant professionnel me convient très bien.

J'ai l'impression qu'il utilise pas mal les autres. Il est en contact avec la jardinière du boulot par exemple, pour qu'elle lui réalise une prestation de rénovation d'un bac à fleures à lui. Si j'ai lu un document, il me demande ce que j'en ai pensé avant de me donner son point de vue (que je trouve souvent plein de facilités et de lieux communs).

Au sujet justement d'un rapport de prestataire, il me disait qu'il trouvait que leur objectifs initiaux n'était pas assez bien définis et qu'ils s'auto-évaluaient de manière trop flatteuse. Et que lui aussi si on lui demandait de s'auto-évaluer, il pouvait très bien dire : "Je suis génial, je suis le meilleur, vous trouverez pas mieux sur le marché." Même si c'est du second degré, il sort souvent ce genre de phrase : "Je suis intelligent et j'ai des gros muscles", par exemple. Arrive-t-il souvent que des 3 soient dans la vanité au second degré ?

Enfin, j'ai souvent l'impression qu'il est en représentation. À l'écrit, il a l'art d'utiliser des mots un peu compliqués ou savants… mais souvent le sens de la phrase ne veut plus rien dire ! Un jour il me dit "Ça coute au moins 10 000 !!", et le lendemain, quand je lui annonce un prix de 3000 : "QUOI ! 3000, tu es folle ! C'est beaucoup moins !" Autant dire que ça me laisse perplexe. Peut-être est-ce des coups de théâtre pour impressionner (?).

Amicalement,
Claire

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Fabien Chabreuil

Bonjour Claire,

Merci pour ce beau et convaincant portrait.

"Arrive-t-il souvent que des 3 soient dans la vanité au second degré ?"

Je ne saurais dire si c'est fréquent, mais c'est fort compatible. Il me semble qu'il peut y avoir là une adaptation à ses interlocuteurs dans un souci d'efficacité et d'image : là où de la vanité brute serait rejetée, le second degré peut être accueillie avec le sourire, mais le message (ou au moins une partie) passe.

 

Très amicalement,

Fabien

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Thierry

Bonjour Claire, bonjour Fabien,

Le fait de jouer de ses défauts, en l'occurence la vanité, me semble un indicateur du niveau d'intégration au moment où l'on en joue. Trop désintégré, l'on ne joue pas, et très intégré, l'on a pas besoin d'en jouer. Qu'en pensez-vous ?

Très amicalement,
Thierry

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

"Trop désintégré, l'on ne joue pas, et très intégré, l'on a pas besoin d'en jouer. Qu'en pensez-vous ?"
C'est sans doute statistiquement exact, mais j'ai vu, par exemple, des 6 assez désintégrés afficher à l'excès leur peur en pensant que cette fragilité les protégerait (un peu comme un loup temps sa gorge au mâle dominant pour interrompre un combat).

Très amicalement,
Fabien

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Jérôme

Bonjour Claire,

Merci pour ce très beau portrait.

J'ai une anectode qui date de ce matin concernant la vanité au second degré ou vanité au carré, je ne sais pas bien.

Je suis allé voir un médecin spécialiste que je n'avais jamais rencontré. En moins de 10 minutes, je savais qu'il détenait le record de l'heure des non-licenciés du vélodrome de la ville, qu'il avait été pilote de chasse mais suite à un crash où il avait du s'éjecter en Forêt Noire, il avait du arrêter sa carrière. Du coup il a décidé de devenir médecin à 25 ans, en ne comptant sur personne car il était le 7e d'une fratrie de 11. Il a été médecin pour les JO d'Albertville, et le premier à demander des tests sanguins pour le dépistage du dopage. Il a pendant plusieurs années fait de la compétition de ski de fond. Il a aujourd’hui 73 ans et est fier d'être en activité. Le rendez-vous a duré près d'une heure, et il était parfois littéralement en transes, sans rien faire d'autre que de parler comme un moulin à paroles, en ressassant les réussites des membres de sa familles, à commencer par un cousin très éloigné qui avait quitté son village avec seulement des doigts en or pour finalement fonder une marque de bagagerie de luxe aujourd'hui la plus célèbre, en passant par son fils qui est pilote de ligne, ou ses neveux ingénieurs en Suisse. S'il avait 20 ans de moins, il quitterait la France car il n'y a plus d'avenir, nous ne sommes pas assez travailleurs.

Pour en revenir à la vanité au second degré, après quelques tournures de phrase où il a parlé de lui à la troisième personne, il m'a dit qu'il y a quelques temps, il a fait une course dans les Pyrénées (vélo ou ski, je ne sais plus) avec son petit fils. "Je courais dans les plus de 60 ans, et lui dans les juniors. À l'arrivée il m'a félicité car j'avais fini premier des plus de 60 ans, mais je lui ai dit que je n'avais pas de mérite car nous étions que 6, alors que lui, qui avait fini 4e junior dans une compétition beaucoup plus relevée, avait désormais un niveau national." J'ai trouvé cette tournure qui fait exprimer la vanité à un tiers particulièrement habile de la part de son ego !

Dans tous les cas bonne intégration dans ton nouveau boulot (à la mode en plus ! :happy:).
Bien amicalement,
Jérôme

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Claire5

Bonjour à Tous,

Merci pour vos retours (même l’habituelle petite participation plus ou moins périphérique de Thierry, dont pour une fois j’ai compris le sens !). Nous avons gagné un second portrait de 3 assez incroyable avec le médecin de Jérôme.

Dernier épisode en date : le 3 m’a fait une crise de jalousie ! J’ai eu le malheur d’aller poser quelques questions au service informations géographiques. Le type était tout content de me trouver pour échanger au niveau technique, car il me disait se sentir un peu seul dans son travail. Bref, je me suis retrouvée, sans rien demander, référente de mon service auprès de son service, et invitée à une rencontre des référents. Le 3 n’a pas été invité. Et en bonne 5, je ne lui ai pas transféré l’invitation, estimant que ca ne devait pas l’intéresser vu qu’il n’y connaissait rien (et qu’il était déjà débordé). Quand il a appris que j’étais invité, il s’est mis en colère : :hautetfort:"Je ne comprends pas pourquoi tu y vas ?!?", "Pourquoi tu y vas ?!" Je ne pouvais pas m’empêcher de sourire, je trouvais ça ridicule de faire un caca nerveux pour si peu ! Il a eu droit à une réponse d’avare : "Bah parce que je suis invitée."

Enfin il y a des jours aussi où ses crises d’hystérie et ses mensonges me font moins rire.

Très amicalement,
Claire

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Jérôme

Bonjour Claire,

"Dernier épisode en date : le 3 m'a fait une crise de jalousie !"
Comment sais-tu que c'est de la jalousie ? Était-ce une ombre à sa réussite et à son statut ? La jalousie n'est pas directement un mécanisme égotique de 3.

Je te pose la question car j'ai eu il y a deux ans un collègue 3, qui était chef de service et qui avait une forte volonté de tout savoir et contrôler dans son service, au point que j'avais aussi hésité au début entre le 3 et le 8. Au-delà de traduire un probable solide instinctif en support, je n'avais pas fait de lien direct avec un mécanisme égotique de 3.

Bien amicalement,
Jérôme

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Claire5

Bonsoir Jérôme,

Effectivement j'ai été trop rapide, la jalousie n'est pas un mécanisme egotique du type 3. J'ai qualifié son comportement ainsi, car en relisant certaines converstions du forum (ici, sans que le terme jalousie ne soit employé ou ), je trouvais des similitudes avec le comportement du directeur technique. C'est un peu léger. Mon interprétation est qu'il était vexé de ne pas avoir été invité, car cela faisait de l'ombre à son image et son prestige.
L'autre jour, il a fait un déni complet, alors j'ai repensé au type 8. Mais c'était un déni sur un échec, alors ça collerait avec le 3 aussi. J'ai remarqué qu'il délègue très facilement et sans aucun contrôle les tâches "ingrates", où il y a peu de reconnaissances; mais qu'il est très réticent à déléguer les tâches où il y a plus de visibilité.
Sur quels critères avais-tu tranché, pour ton collègue, en faveur du 3 par rapport au 8 ?

Bien amicalement,
Claire

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Claire et Jérôme, le mot jalousie ne m'avait pas gêné à la lecture du message. Si je consulte le dictionnaire présent sur mon ordinateur, je lis pour jalousie la définition suivante : "Attitude ombrageuse que provoque celui qui jouit d'un avantage que nous désirons pour nous-même."

 

En dehors du fait que cette défintion transgresse le métamodèle par une horrible cause-effet, il me semble que l'esprit de compétition qui anime la plupart des 3 associé au centre émotionnel (voire à une aile 4) peut facilement provoquer de la jalousie.

 

Je penche plus pour un 3 que pour un 8 dans ce cas parce qu'il me semble que l'attitude de ton directeur, Claire, a quelque chose d'émotionnel et de plaintif ("Pourquoi tu y as ?"), et qu'un 8 aurait été plus direct, voire en cas de bonne désintégration, aurait essayé de t'empêcher d'y aller. En tout cas, la réponse que tu lui as faite m'a bien amusé.

 

Très amicalement,

Fabien

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Jérôme

Bonjour à tous,

Merci Claire et Fabien pour ces précisions.

Je me rends compte en relisant mon message que je n'ai pas été très clair : ma question sur le rattachement de la jalousie à un mécanisme égotique de 3 était dissociée de mon hésitation entre 3 et 8. La jalousie ne m'a pas semblé être plus un argument en faveur d'un 8 que d'un 3. Je me suis juste demandé si la situation que tu as décrite, Claire, ne reflétait pas un fort besoin de contrôle, plutôt que de la jalousie.

J'avais bien en tête l'influence possible de l'envie d'une aile 4, mais était intéressé par une éventuelle explication intrinsèque au 3.

"Sur quels critères avais-tu tranché, pour ton collègue, en faveur du 3 par rapport au 8 ?"
Tranché est un bien grand mot dans ce cas, disons penché. :happy:

  • Le type de communication propagande collait parfaitement.
  • Un très fort investissement dans son travail.
  • Dans des cas où il a pu être mis en défaut, parfois du fait d'autres personnes, je n'ai pas vu de vengeance, mais plutôt l'amnésie des échecs.
  • Je ne l'ai pas vu tester ou remettre en cause directement ou indirectement l'autorité de la hiérarchie. Cela ne l'empêchait toutefois pas d'habiller la mariée à chaque fois que ses résultats n'étaient pas à la hauteur de l'attendu.
  • Les objectifs à atteindre à court terme dictaient complètement son action, souvent à l'excès, au point de négliger ce qui n'était pas explicitement attendu et le plus long terme. Toute discussion tentant d'ouvrir l'horizon à un contexte plus large était recentrée sur les objectifs.
  • Dans son métier précédent, il a été consultant pour un cabinet spécialisé dans l'organisation industrielle, avec une politique d'engagement sur des résultats visibles à quelques mois (pas de résultat, pas ou peu de rémunération). Après son expérience chez nous, il est reparti vers ce type de métier.
  • Lors d'une discussion tendue avec lui, j'ai maladroitement traversé sa cuirasse en le mettant sans échappatoire face à ce qu'il a perçu comme l'échec de sa prise de poste chez nous. Il a été extrêmement touché, il me l'a dit en exprimant une fragilité qui me semble peu compatible avec un 8.

Ce qui m'a fait hésiter :

  • Une très forte volonté de contrôle de tout ce qui se passait dans son service, parfois un peu au-delà.
  • Une forte aptitude à la colère, souvent exprimée même pendant certaines discussions par des grondements qui accompagnaient sa réflexion.
  • Une volonté de ne jamais laisser cristalliser un conflit, un fort besoin de franchise.
  • La frontière pas toujours facile à discerner entre le mensonge à lui-même et aux autres et le déni.
  • Je n'ai pas vraiment vu de recherche d'affichage de sa réussite, de son statut, en dehors de l'expression de son autorité en interne de l'entreprise. (vieille voiture, petit appart, fringues standards, pas de profil internet bien visible, etc.)

Cet exercice m'a permis de mieux me clarifier les idées, j'espère qu'il pourra aussi t'aider

À très bientôt,
Jérôme

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Claire5

Bonsoir à tous,

Merci Jérôme pour ton complément. Je viens faire également un petit complément après sept mois de travail avec le directeur technique.

Comme souvent lorsque j'ai affaire régulièrement à une nouvelle personne dont j'ai identifié l'ennéatype, je fais quelques "révisions" sur ce type. Ce fut le cas pour le directeur technique, qui est le premier 3 que j'ai identifié à 100 % (et le dernier ennéatype où je n'avais pas un représentant que je côtoie très régulièrement et identifié !). J'ai donc relu l'article de Tom Condon sur le sujet : "L'Ennéagramme dynamique : type 3". Une chose m'a plutôt amusé, c'est de lire que certains 3 se prennent pour des voitures :

Dans la transe de leur type, les 3 se voient souvent comme des machines hautement perfectionnées. [...] Certains 3 en transe se voient inconsciemment comme des robots. [...] D'autres 3 sous transe se décrivent comme des voitures. Résumant son récent divorce, un homme disait : "Vous savez comment c'est quand vous êtes sur l'autoroute et que vous voyez cette voiture-là sur le bas-côté de la route ? Il y a des milliers de voitures qui roulent. Et bien une fois de temps en temps, c'est votre tour d'être cassé. Et vous attendez la dépanneuse. C'est comme ça que je vois ce moment difficile de ma vie." Un autre 3 ajoute : "J'ai travaillé dur récemment et je ne suis pas sûr de l'avoir apprécié comme auparavant. C'est une période de réévaluation pour moi. Je ne me sens pas particulièrement en forme. J'ai accumulé beaucoup de kilomètres et je n'ai pas eu le temps de faire un peu de réglage. J'ai besoin de changer les pneus, de mettre de nouvelles bougies et de refaire les sièges. J'ai besoin d'une révision corps-esprit complète."


Pour l’anecdote, cet été le directeur technique à fait un arrêt maladie. À son retour, une collègue s'inquiétait de savoir comme il allait : "C'est la vieillesse ?" Quelle ne fut pas ma stupéfaction d'entendre :
— Oh tu sais, la révision des 50 000 !
— Et ça va mieux ?
— Disons que l'on a changé quelques pièces… et depuis, oui, ça va mieux !

J'ai trouvé ça très amusant.

En parlant de voiture, le seul moment où j'ai eu une discussion sur la vie personnelle avec le directeur, j'ai appris qu'il était un fana de vitesse sur l'autoroute. Il m'a vanté ses nombreux records comme faire la Bretagne-Paris en trois heures. :mouais:

Ce qui peut paraître paradoxal (en première approche seulement), c'est que ce 3 s'engage à faire énormément de choses… mais au final il y en a énormément qu'il ne fait pas ! Il est hors délai sur énormément de sujets. Ce qui cause du stress aux autres membres de l'équipe qui dépendent de ses engagements auprès de l'extérieur. D'autant plus que notre structure et notre équipe est nouvellement constituée, qu'il y a beaucoup de procédures ne sont pas encore établies, et qu'il y a énormément d'interdépendances entre nos services en interne, les usagers, les élus, les autres services de notre structure, les autres collectivités, etc.

La responsable gestion des abonnés est une 8 alpha. Elle a je crois, perdu la confiance dans le 3. Et elle a opté pour le réflexe de la traçabilité. Avec elle maintenant, tout doit passer par mail. Elle n'hésite pas à harceler de mails le 3, et elle met tout le monde en copie. S'il répond à côté à une question, elle insiste. Une fois, s'en est enchaîné un échange de douze mails à la suite entre elle et le directeur, avec 10 personnes en copies, pour une question complétement bidon, mais à laquelle le directeur technique ne répondait pas correctement. Sinon elle incendie verbalement le 3, elle lui répète trois fois de suite les mêmes phrases en gueulant quand il ne veut pas comprendre. J'ai parfois beaucoup de compassion pour elle, car elle ne contrôle plus rien lorsqu'elle est responsable d'une affaire pour laquelle elle dépend du 3.

La directrice du service est une 6 X++ (ça y est, je l'ai enfin identifiée !). J'ai du mal à saisir ce qu'elle pense du directeur technique. Il peut lui arriver de le critiquer, mais jamais en sa présence. En groupe, avec lui, elle peut même le défendre. Une fois avec moi, il lui est arrivé de fulminer : "Avec lui, un coup c'est A, un coup c'est B. Déjà que j'ai du mal à suivre, alors s'il change d'avis tout le temps, ça ne va pas le faire […] Mais il m’enfume là !! C'est du pipeau !! C'est incroyable comme il nous enfume !! C'est incroyable !" Sa stratégie a été d'instaurer des réunions de coordination interne, où sont notées noir sur blanc les actions à mener par chacun, avec les deadlines. Maintenant, en rouge au début des CR, s'accumulent les actions hors délai… quasiment toutes du ressort du directeur technique. Je trouve ça un peu gênant pour lui de mettre en avant ses échecs ainsi… Mais d'un autre côté, comment faire autrement ?

Au passage, le directeur technique s'arrange souvent pour faire annuler ces réunions au dernier moment, les reporter, ou arriver en retard (ce qui a pour conséquence d'écourter la réunion) !

Quant à moi (5 alpha, aile 6), je vis un véritable casse-tête dans ma relation avec ce 3. Je suis malheureusement une des mieux placés, je crois, pour voir ses coups de bluff hallucinants ! Et je me retrouve régulièrement dans des situations où je dois expliquer :

  • que tel dossier est bloqué car le 3 n'a pas fait une action,
  • que le 3 a telle idée complètement farfelue, irréalisable… quand elle n'est pas carrément illégale !
  • que le 3 s'est engagé sur telle action… mais qu'il n'a pas donné suite, qu'il n'a pas prévenu la personne capable de la réaliser.

Ce qui revient à le mettre quelque part en défaut… et à déclencher son agressivité lorsqu'il est au courant. :sick:

Une partie de moi (dont l'aile 6 je pense) veut m'investir, que les choses soient bien faites, la vérité rétablie, les problèmes et les incohérences traitées, les échéances respectées. Une autre partie de moi veut éviter à tout prix les interactions avec le directeur technique, où je vis beaucoup trop d'émotions : colère, angoisse, indignation, exaspération, que j'essaye tant bien que mal de retenir… ce qui au final m'épuise complètement ! Le mécanisme de défense d'isolation (où je revis les scènes, les émotions en différé) me prend plein de temps en dehors du travail… quand ce n'est pas la nuit et que je cauchemarde.

Parfois aussi, je me débrouille toute seule, sans aucune interaction avec le 3 pendant longtemps. Je suis bien tranquille… Mais avec au fond un petit sentiment de culpabilité car je me retrouve moins efficace pour avancer dans mon travail.

Je pourrais développer encore longtemps, mais je m'arrête là pour le moment.

Amicalement,
Claire

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Aurolaf

Merci Claire pour ces savoureuses anecdotes qui me font bien sourire (quoiqu'en lisant le dernier message, j'étais mal pour tous les protagonistes. C'est quand même triste comme situation).

 

"La responsable gestion des abonnés est une 8 alpha. Elle a je crois, perdu la confiance dans le 3. Et elle a opté pour le réflexe de la traçabilité. Avec elle maintenant, tout doit passer par mail. Elle n'hésite pas à harceler de mails le 3, et elle met tout le monde en copie. S'il répond à côté à une question, elle insiste. Une fois, s'en est enchaîné un échange de douze mails à la suite entre elle et le directeur, avec 10 personnes en copies, pour une question complétement bidon, mais à laquelle le directeur technique ne répondait pas correctement. Sinon elle incendie verbalement le 3, elle lui répète trois fois de suite les mêmes phrases en gueulant quand il ne veut pas comprendre. J'ai parfois beaucoup de compassion pour elle, car elle ne contrôle plus rien lorsqu'elle est responsable d'une affaire pour laquelle elle dépend du 3."
Petit éclairage de 8 : ce que tu nous décris là, ce sont des techniques classiques de 8. C'est ce que j'appelle la "technique du spamming" (je te pourris de mails jusqu'à ce que tu craques), avec escalade progressive pour essayer d'intensifier la pression et "foutre la honte" en prime (dans le but d'essayer de faire bouger l'autre). Quant à répéter, plusieurs fois la même phrase, ma copine 8 Shana appelle cela, la technique du "disque rayé" : tu répètes la même phrase jusqu'à ce que le mec en face craque et ai une réaction.

 

À noter qu'elle n'a pas encore fait le tour des techniques, ta 8 ! Il lui reste le harcèlement au téléphone, l'interpellation publique (devant le N+1, s'il existe), la prise de contrôle du territoire (= envahir le bureau du 3 en y allant dix fois par jour [au passage, t'imagines si elle te faisait ça à toi, envahir ton bureau ? :rofl: :rofl:] + traquer le 3 à la cantine et aux toilettes, etc.).

 

Bref, c'est juste de l'excès… Quelle perte d'énergie quand on pense qu'il suffirait juste qu'elle aille s'assoir tranquillement avec le 3 en lui disant qu'ils sont dans le même bateau et qu'ils rament dans la même direction. Elle pourrait essayer de trouver ce qu'elle peut faire pour l'aider à répondre à la question ou débloquer la situation. Elle utiliserait mieux son énergie !

 

Bon courage ! Je compatis de tout cœur ! :heart:

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Yves

Bonjour à tous,

 

Je suis très content de te lire à nouveau, Claire, :happy: et en même temps attristé par ce que tu vis.

 

Mes connaissances d'ennéatype 3 alpha évitent de parler de leurs hospitalisations ou simplement de leurs souffrances.

 

J'ai travaillé autrefois en trio avec un 3 mu désintégré et un 1 mu. C'étaient des très gros travailleurs, je n'arrivais pas à les suivre, je vivais en permanence la peur de base du 5. :peur: Je pense que mon collègue 3 mu aurait moins réprimé son centre émotionnel, si notre service avait été en transition ORANGE/Vert (cf. la Spirale Dynamique) au lieu d'être centré et de culminer en ORANGE. Mais une telle transition était impossible, tellement la répression de l'expression des émotions y était puissante (si je devais typer ce service, ce serait 5 mu à aile 6). Peux-tu définir un centre réprimé et un niveau de culminance sur la Spirale, pour ton service ?

 

"Le mécanisme de défense d'isolation (où je revis les scènes, les émotions en différé) me prend plein de temps en dehors du travail… quand ce n'est pas la nuit et que je cauchemarde."

Je compatis. Je subissais autrefois énormément de transes de régressions en âge (cf. le stage Éveil). Depuis que je les déconstruis, elles s'espacent et je les vis mieux. Je trouve que c'est une des transes les plus faciles à déconstruire. Oui, je sais que ce n'est pas ta tasse de thé ! :wink:

 

Très amicalement,

Yves

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Claire5

Bonjour Aurore,

Merci de ton retour !

"À noter qu'elle n'a pas encore fait le tour des techniques, ta 8 ! Il lui reste le harcèlement au téléphone, l'interpellation publique (devant le N+1, s'il existe)"
En fait nous en sommes presque là. J'ai appris hier que les cinq agents N-1 de la 8 souffraient également de problèmes de communication avec le 3. Elles ont donc demandées une mise au point entre elles et le directeur technique 3 à la 8, qui leur a dit de s'adresser pour ça à sa N+1 (qui existe bien et qui est la directrice 6). Car la 8 étant déjà en conflit avec le 3, elle n'était pas neutre pour mener la discussion.

Le service de la 8 a donc écrit une note des problèmatiques rencontrés avec le service du 3, qui se termine comme ceci : "À ce jour, la communication entre [le service du 3] et le [service de la 8] est quasi rompue. Quelle solution ? Le [service de la 8] souhaite une réunion avec [le service du 3] pour faire un point et éclaircir la situation et améliorer les rapports entre les deux services. La situation actuelle n'est plus acceptable."

Hier, nous avons parlé de cette situation ouvertement ensemble, la directrice 6, la responsable 8, la comptable 9 et moi-même. La 8 a dit tout fort ce que je pensais tout bas, notamment :

  • Que c'était insupportable de voir le 3 en représentation à l'extérieur, jouer le type "super sympa" avec tout le monde alors que c'était un con avec nous. Qu'elle au moins elle avait peut-être un caractère de cochon, mais au moins c'était avec tout le monde pareil, et ce n'était pas hypocrite.
  • Que si les agents venaient avec la boule au ventre le matin car ils avaient peur du 3, ça ne servait à rien et ils allaient finir par se casser voir ailleurs !
  • Que cette situation était bien triste.

Sinon Aurore, je crois que la 8 va s'arrêter là. Elle dit être fatiguée par cette situation. Elle dit qu'elle va finir par s'enfermer dans son bureau et ne plus insister, et tant pis si ce sera la merde, et aura fait son job.

Sinon je dois dire qu'il est très facile pour moi d'analyser la situation de l'extérieur, mais beaucoup plus difficile de connaître ma position et mes sentiments face à cela. Sauf quand quelqu'un d'autre exprime ce que je pense, et que je n'ai plus qu'à approuver (exemple : "si ça continue comme ça, je vais me casser voir ailleurs"). Je réalise à quel point je ne me connais pas bien de l'intérieur. Quel comportement et quelle attitude j'accepte, quel comportement je n'accepte pas de la part du 3 ? Et si je n'accepte pas, que faire, que dire ? Comment le manifester ?

Je crois que comme toi Aurore, je vais devoir méditer sur la phrase de Fabien : "L'Ennéagramme n'est pas une école de résignation. Comprendre les mécanismes égotiques de l'autre ne signifie pas en accepter systématiquement les manifestations."

Je vous tiens au courant si j'avance dans ma quête de connaissance… de moi-même !

Très amicalement,
Claire

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Claire5

Bonjour Yves,

"Peux-tu définir un centre réprimé et un niveau de culminance sur la Spirale, pour ton service ?"
Il m'est difficile de répondre simplement à ta question. Mon service appartient à une collectivité où BLEU est très présent. Faire sortir un projet est extrêmement long car il faut que le dossier fasse le tour de toutes les instances de la hiérarchie bureaucratique et que la fiche projet ait obtenu les visas de chacune. Je n'ai pas d'éléments de comparaison mais il paraît que notre "circuit de validation" est particulièrement long par rapport à d'autres collectivités. Cependant, mon service est composé à 99 % d'un personnel provenant du secteur privé, d'une entreprise sans doute ORANGE (et de type 8, il paraît).

La création de mon service est une mesure électoraliste ORANGE. L'argument affiché en faveur de la sa création était économique (à savoir une baisse de prix pour les abonnés). Sa création s'est faite en urgence : j'ai entendu l'élue en charge du projet se vanter de sa mise en place en quelques mois seulement, là où il faut habituellement deux ans en moyenne ; à sa place, je ne serais pas particulièrement fière d'être allée si vite lorsque je vois tous les dysfonctionnements présents aujourd'hui. La mise en place de mon service a fait l'objet d'un gros budget de communication, avec même le dépôt d'une marque (alors qu'il s'agit d'un service public). Tout cela me paraît ORANGE.

Ma perception va en faveur d'un centre émotionnel réprimé. Et si je regarde les deux niveaux supérieurs de l'organigramme, qui comptabilisent cinq personnes :

  • niveau N : 6 alpha = M-E-I-M
  • niveau N-1 : 8 alpha = I-M-E, 3 alpha = E-I-M-E, 9 alpha = I-M-E-I, 5 alpha = M-E-I

Cela nous donne en global du M-I-E. Il s'agit également de la hiérarchie des centres de la N+1 du service, qui est une magnifique 7 alpha.

Amicalement,
Claire

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Fabien Chabreuil

Bonjour Claire,

 

Ma perception va en faveur d'un centre émotionnel réprimé. Et si je regarde les deux niveaux supérieurs de l'organigramme, qui comptabilisent cinq personnes :

  • niveau N : 6 alpha = M-E-I-M
  • niveau N-1 : 8 alpha = I-M-E, 3 alpha = E-I-M-E, 9 alpha = I-M-E-I, 5 alpha = M-E-I
Cela nous donne en global du M-I-E.

 

C'est assez étonnant. Il y a beaucoup de types du triangle, donc avec un changement de préférence en cas de stress égotique. Pourtant si on applique la méthode d'analyse de groupe vue dans le stage Entreprise ou dans l'ouvrage "Comprendre et gérer les types de personnalité", la hiérarchie globale est effectivement M-I-E sans qu'il y ait des écarts gigantesques, et elle reste inchangée en cas de stress généralisé.

 

Globalement la direction d'utilisation des centres est i/e avec une légère préférence pour l'extérieur.

 

Cela pencherait donc pour un type global 6 à aile 5 ou peut-être 5 à aile 6.

 

Très amicalement,

Fabien

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Claire5

Bonjour Fabien,

 

"Cela pencherait donc pour un type global 6 à aile 5 ou peut-être 5 à aile 6."

C'est intéressant et ca me fait penser à plusieurs choses :

  • Depuis le début je pense que la directrice 6 a une aile 5.
  • À mon arrivé, la 6 n'était pas encore officiellement la directrice de mon service, même si c'est elle qui l'avait mis en place et qu'elle dirigeait déjà le service voisin Assainissement. En discutant avec une collègue sur notre futur directeur encore inconnu, elle m'avait dit "Mais, tu ne le sais pas ?! Ça va être [la 6] la directrice ! Tout le monde le sait, mais enfin c'est un secret. Tu verras ici, il y a toujours des choses que l'on sait mais qu'il ne faut pas dire ! C'est les secrets, les secrets."
  • J'ai eu l'occasion récemment de savoir comment était perçu de l'extérieur le service voisin, celui qui était et qui est encore aujourd'hui dirigé par la 6. J'ai croisé une connaissance dont j'ai appris qu'elle avait travaillé comme prestataire pour eux. Elle m'a dit qu'elle trouvait ce service un peu trop calme et plat. Un peu trop détaché face à la gravités des problèmes rencontrés. Et que finalement, pour résumer, le service était à l'image de monsieur X. Monsieur X est l'expert du service, qui est incontestablement un 5 alpha.
Le type de la directrice et du service pré-existant au nôtre (avec lequel finalement nous sommes rattachés et formons une seule direction) pourraient très bien avoir influencé le type global de mon service dans le sens 6 à aile 5 (ou 5 à aile 6).

 

Très amicalement,

Claire

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Yves

Bonjour à tous,

Merci Claire pour ta réponse très intéressante.

Le principal reproche fait à mon ancien service (que j'ai typé 5 mu à aile 6) était son manque d'ouverture : nous ne nous intéressions pas assez aux activités des autres services ; nous nous repliions sur notre expertise, une expertise difficile à acquérir par des nouveaux venus, répétait notre chef, un 5 mu : "Le droit d'accès à notre service est très élevé, il faut deux années de formation pour pouvoir y travailler efficacement", aimait-il dire (le mot efficacité était son mot préféré). Bien entendu, c'était faux : le problème était simplement que les nouveaux embauchés devaient user de persévérance pour franchir les murailles de notre avarice.

Ce service montrait aussi un détachement calme face aux dysfonctionnements. Ces dysfonctionnements, moi seul les jugeais grave. Je me tourmentais beaucoup plus que notre chef. À la fin, je vivais la peur de base du 5 en permanence. Je me sentais très isolé de mes collègues, émotionnellement.

Amicalement,
Yves

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Claire5

Bonjour à tous,

Je reviens sur ta question (de l'année dernière !), Yves : "Peux-tu définir [...] un niveau de culminance sur la Spirale, pour ton service ?"

Lorsque l'on parle d'une entreprise ou d'un service, ne faudrait-il pas plutôt parler de position sur le Cycle des organisations plutôt que de culminance sur la Spirale Dynamique ? Avec cette approche et après y avoir réfléchi, la réponse est claire pour moi : mon service est en ROUGE/ Enfance/ Go-Go. Avec pour caractéristiques :

  • Pas de procédures claires et définies (pas de convention collective, pas de grille des salaires, pas de cahiers de prescriptions techniques, etc).
  • Problème de responsabilité : qui fait quoi et pourquoi ? Pas de logique sur la répartition des tâches.
  • Le "fondateur" (pas réellement fondateur au sens propre, mais équivalent), le 3 initialement objet de ce message, qui se sent tout puissant, et qui divise pour mieux régner.
  • Communication mauvaise.
  • Problème de qualité insuffisante des services et prestations rendues.

J'ai espéré que l'on soit en transition vers BLEU/Adolescence. Puisqu'il faut pour cela "une crise suffisamment grave" pour purger le fondateur de son arrogance. Il a été recadré plusieurs fois pour son attitude et son travail par sa hiérarchie.

Par ailleurs, des projets pour institutionnaliser le service ont vu le jour (révision de notre règlement de service qui n'était pas en conformité avec la réglementation, tableaux de bord de suivi, cahiers de prescriptions techniques, procédures, etc.). Mais la plupart de ces projets sont bloqués par le 3 qui ne semble pas vouloir ou être en capacité d'avancer dessus. Pour ma part, je plaide au contraire très en faveur de ces projets et y contribue largement.

Voici le dernier petit exemple en date. Je me suis retrouvée il y a quelques semaines, à remplacer des agents [oui car "bizarrement" nous avons un taux anormalement élevé d'agents qui partent en arrêts maladie, ou qui deviennent inaptes] pour de la relève de compteurs grands comptes. J'ai été complètement choquée de voir que la tournée de relève n'était pas organisée, si ce n'est pas ordre alphabétique des nom de rues, ce qui faisait perdre un temps fou (pas d'optimisation par secteurs géographiques) et ce qui était plutôt rageant… Cette tournée est quand même réalisée quatre fois par an.

J'ai donc réussi à imposer une réorganisation géographique de la tournée (profitant que le 3 était en congés) et j'ai créé des plans de localisation des compteurs par journées de relève. Bien utile pour les nouveaux agents qui ne connaissent pas les tournées (surtout qu'avec notre turnover, ils sont nombreux !). Si la réorganisation géographique a bien été imposée, le 3 a dit — contre toute évidence — que les plans étaient inutiles et qu'il n'en voulait pas !

À ce stade, nous sommes bloqués en ROUGE/ Enfance/ Go-Go, mais je ne suis pas sûre que le 3 soit le bloquant principal. J'en parlerai dans un autre message.

Bien amicalement,
Claire

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci Claire pour cette belle analyse à partir du cycle des organisations : la conjugaison de ce modèle, de l'ennéagramme et de la spirale dynamique permet vraiment une analyse intégrale des situations prenant en compte la complexité de la réalité.

 

"Il faut pour cela 'une crise suffisamment grave' pour purger le fondateur de son arrogance."

Deux solutions : attendre qu'elle se produise, ce qui peut être long, ou la provoquer !

 

"Le 3 a dit — contre toute évidence — que les plans étaient inutiles et qu'il n'en voulait pas !"

Puisque cela ne venait pas de lui, en reconnaître l'intérêt aurait été une forme d'échec.

 

Ceci dit, un 3 vraiment malin aurait su récupérer l'idée et faire croire qu'il en était à l'origine.

 

Très amicalement,

Fabien

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Claire5

Bonjour,

"Deux solutions : attendre qu'elle se produise, ce qui peut être long, […]"
J'avais lu dans Managing Corporate Lifecycles [version kindle] qu'Ichak Adizes disait qu'une organisation bloquée en ROUGE/Enfance/Go-Go pouvait durer trois générations…

"[…] ou la provoquer !"
J'étais allée voir ma directrice en lui demandant une rupture conventionnelle de mon contrat fin août. Ça avait bien fait avancer le schmilblick puisqu'elle s'était  retrouvée obligée d'en parler au service RH qui avait pris connaissance de la situation. C'est suite à cela que le 3 avait été convoqué par sa hiérarchie et le service RH. Il lui avait été dit qu'au vu des mails et témoignages que j'avais conservés, j'avais potentiellement un dossier suffisant pour l'attaquer aux prud’hommes pour harcèlement moral.

 

Comme dit ma collègue 8, j'avais mis un bon coup de pied dans la fourmilière.

Ensuite s'est produit une succession d'arrêts maladie chez les n-1 du 3, qui a mis en grande difficulté le service (jusqu'à 75 % des effectifs absents en même temps).

La situation s'est un peu améliorée par la suite (surtout en terme de communication), mais nous n'y sommes pas encore. Cette successions de crises ne semble pas suffire.

Je compte maintenant sur les trois démissions prévues officieusement début 2015 pour servir de "crise".

"Ceci dit, un 3 vraiment malin aurait su récupérer l'idée et faire croire qu'il en était à l'origine."
Il lui arrive pourtant souvent de faire croire qu'il est à l'origine d'une idée ou d'un travail qui ne sont pas les siens. Non pas qu'il soit malin, mais surtout je crois parce qu'il a une mémoire de poisson rouge et qu'il oublie d'où vient l'idée.

Très amicalement,
Claire

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"J'avais lu dans Managing Corporate Lifecycles [version kindle] qu'Ichak Adizes disait qu'une organisation bloquée en ROUGE/ Enfance/ Go-Go pouvait durer trois générations…"

C'est un maximum dans le cas de transmission familiale de l'organisation : le fondateur est un entrepreneur autocrate concerné par l'entreprise et connaissant le métier, le successeur est là par obligation et moins compétent, et le susccesseur du successeur dilappide l'argent.

 

Juste un avertissement : la version Kindle de cet ouvrage est incomplète et ne reprend que la première partie du texte anglais ; la version papier a plus de dix ans et n'est pas actualisée, mais toujours plus que la version française qui est une traduction d'une édition encore plus ancienne.

 

Très amicalement,

Fabien

 

P.-S. : la faible mémoire des poissons rouges est une légende ; ils sont capable de se souvenir de trajet dans un labyrinthe ou d'objets et de sons associés à la nourriture pendant plusieurs mois.

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