Institut Français de

l’ennéagramme

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Jérôme

Amélie Poulain

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Jérôme

Bonjour à tous,

J'ai revu la semaine dernière ce film à la télévision. Je l'avais déjà vu au moins deux fois, mais sans les lunettes énnéagrammiques. Cette fois, il m'a semblé voir une séduisante représentation d'énnéatype 5, et j'essaie ci-après d'argumenter mon avis.

Centre mental extérieur

L'utilisation du centre mental est permanente. Amélie Poulain se questionne, analyse, et fait des stratagèmes qui l'obligent à se projeter dans le futur pour arriver à ses fins. M Dufayel, l'homme aux os de verre qui la connait bien, lui rappelle d'ailleurs qu'elle fait peut être trop de stratagèmes.

Le centre instinctif est en support, elle n'hésite pas à agir et dépenser de l'énergie pour accéder aux informations dont elle a besoin, et pour mener ses plans à bon terme.

Le centre émotionnel est réprimé. La brève description de ses parents au début peut facilement l'expliquer. Amélie cherche à comprendre les gens mais recherche rarement les interactions avec eux, sauf pour accéder aux précieuses informations. M Dufayel lui dit sur la cassette vidéo qui la pousse à aller rencontrer Nino : "Si vous laissez passer cette chance, alors avec le temps, c'est votre cœur qui va devenir aussi sec et cassant que mon squelette."

Son attention est tournée vers l'extérieur : elle observe le monde, et surtout les gens qui l'entourent. Elle cherche à les comprendre, et le fait qu'elle arrive à ses fins dans ses plans pour aider les autres la rassure probablement sur le fait qu'elle a compris la logique qui sous-tend leurs comportements.

Orientation de connaissance et de précision

Les connaissances sont précieuses. La mise en scène montre a quel point c'est une satisfaction pour elle d'être la première à comprendre le mystère de l'homme chauve dont des photos déchirées trainent autour de nombreux photomatons. Cette connaissance est d'ailleurs le cadeau qu'elle fait à Nino lorsqu'elle lui donne rendez-vous à la fin du film.

L'aide qu'elle apporte autour d'elle lui donne un prétexte pour accumuler les connaissances sur ses bénéficiaires. Elle visite en secret et en détail l'appartement de M Collignon, le méchant épicier qui tyrannise le gentil Lucien. Elle lit en secret tout le courrier intime de la concierge Mme Wallace qui ne se remet pas du départ de son mari 40 ans plus tôt. Elle cherche à comprendre l'histoire de la petite boîte retrouvée dans la plinthe en retrouvant le propriétaire.

Cette aide lui permet de comprendre les autres et leurs interactions. Elle écoute avec avidité le témoignage de l'homme qui a retrouvé la petite boîte, elle observe attentivement les ondes émises par la rencontre dans les toilettes de Georgette et Joseph, rencontre qu'elle a savamment orchestrée.

On retrouve là le domaine et la dichotomie du 5.

Elle "aime bien repérer le petit détail que personne ne verra jamais". Ses observations sont précises, jusqu'à savoir (du moins dit-elle) toutes les combien de secondes un couple a un orgasme à Paris.

Lorsqu'elle aide l'aveugle à traverser la rue, elle l'accompagne ensuite le long de la rue en lui décrivant ce qui se passe d'une manière sans équivoque sur sa capacité d'observation : "Venez j'vais vous aider. On descend. Et hop c'est parti ! Là on croise la veuve du tambour de la fanfare. Elle porte l'apparence de son mari depuis qu'il est mort. Attention ! Hop ! Tiens l'enseigne de la boucherie chevaline a perdu une oreille. Ce rire, c'est celui du mari de la fleuriste, il a des petites rides de malice au coin des yeux. Oh dans la vitrine de la pâtisserie, y'a des sucettes Pierrot Gourmand ! Humm vous sentez ce parfum ? C'est Péponne qui fait goûter ses melons aux clients. Ah, chez Marion, ils font de la glace aux calissons. On passe devant la charcuterie : 79 le jambon à l'os, 45 le travers demi sec. On arrive chez le fromager : 12,90 les picotouls de l'Ardèche et 23,90 le capitoul du Poitou. Chez le boucher, il y a un bébé qui regarde un chien qui regarde les poulets rôtis. Voilà, maintenant on est devant le petit kiosque à journaux, juste devant l'entrée du métro. Et moi je vous laisse ici. Au revoir."

La taille de ses yeux sur l'affiche du film est un indice.

Passion d'avarice

Amélie Poulain parle peu, se tient en retrait dans la plupart des situations, et vit simplement dans un petit appartement.

L'aide qu'elle apporte est non engageante. Les personnes aidées ne savent pas qu'elle en est à l'origine, et l'aide apportée ne demande pas de nouvelle implication dans le temps. Dans le cas de l'aveugle, elle disparaît ensuite rapidement sans se présenter après l'avoir accompagné un bout de chemin.

Fixation de détachement et mécanisme de défense d'isolation

La mise en scène met plusieurs fois en œuvre Amélie qui se voit à la télé, en général dans des moments où elle se retrouve seule et accède à ses émotions grâce au mécanisme de défense d'isolation.

M Dufayel, en fin psychologue, utilise également cette fixation de détachement pour réussir à faire parler Amélie de ses propres sentiments, en passant par le biais de la petite fille au verre d'eau sur le tableau de Renoir qu'il reproduit : "Après toutes ces années, le seul personnage que je n'arrive toujours pas à cerner, c'est la fille au verre d'eau. Elle est au centre et pourtant elle est en dehors." Amélie exprime plus librement ses sentiments au nom de cette petite fille.

Amélie met en œuvre toutes les techniques du 5 pour voir sans être vu, pour trouver la place et l'attitude qui permettent d'observer le plus précisément possible sans se dévoiler, sans être vue.

  • Elle observe derrière le rideau du photomaton, ou derrière celui de son appartement ;
  • Elle sort la longue vue pour observer M Dufayel (qui le lui rend bien) depuis sa cuisine ;
  • Elle met son masque de Zorro ou ses lunettes de soleil ;
  • Elle adopte un visage inexpressif et détaché qui ne reflète pas du tout l'intérêt qu'elle a pour la conversation, par exemple quand l'homme qui a retrouvé sa petite boîte témoigne au bar.

Elle tente également de se réfugier derrière son regard fuyant et l'écriture du menu sur la vitre quand Nino la reconnait dans le bar. Elle nie mais ce dernier n'est pas dupe. Amélie comprend qu'elle est démasquée, et se liquéfie, mais seulement après que Nino a quitté le bar, mécanisme d'isolation oblige.

Évitement du vide intérieur

Cet évitement n'est pas facile à mettre en scène. J'y vois une allusion dans la réplique de M Dufayel : "Si vous laissez passer cette chance, alors avec le temps, c'est votre cœur qui va devenir aussi sec et cassant que mon squelette."

Amélie aborde probablement également le sujet lors d'une de ses transes hypnotiques ou suite à des remarques de M Dufayel. Elle voit à la télé son procès par Staline lui-même qui exprime avec force : "Si Amélie préfère vivre dans le rêve et rester une jeune fille introvertie, c'est son droit. Car rater sa vie est un droit inaliénable."

Je vois enfin une allusion à ce vide intérieur dans la situation de l'écrivain raté Hippolito, écrite en rouge sur un mur (probablement par Amélie), devant lequel Amélie passe à la fin du film, en allant rejoindre Nino : "Sans toi, les émotions d'aujourd'hui ne seraient que la peau morte des émotions d'autrefois."

Style de communication

Amélie poulain parle peu, et ne parle pas pour ne rien dire.

Ses discours intérieurs en voix off sont clairs et précis, logiques et quantifiés.

Elle ne donne des informations utiles qu'a ceux qui le méritent. Quand son père lui demande comment elle va sans l'écouter vraiment, elle répond : "J'ai eu deux crises cardiaques, et j'ai dû me faire avorter parce que j'ai pris du crack pendant que j'étais enceinte. En dehors de ça tout va bien." Elle ne lui parle pas de sa situation réelle.

Derrière un visage avenant, elle ne manifeste que très peu d'émotions en présence d'un tiers.

Lorsqu'elle ouvre la porte à Nino à la fin du film et qu'elle se retrouve face à lui, elle s'empresse de lui mettre un doigt sur la bouche pour ne pas qu'il parle, et toute la suite est non verbale.

Sous-types

Le sous-type conservation, Château fort, est visible avec la peur de base d'être sans ressource qui est fortement exprimée lors d'une autre transe hypnotique ou Amélie voit à la télé un reportage sur sa mort. Le commentateur parle d'une jeune fille dévouée mais exsangue, qui n'a pas survécu aux efforts qu'elle a faits pour aider les autres.

Pour l'encourager à agir, M Dufayel lui dit : "Vous n'avez pas les os en verre, vous pouvez vous cogner à la vie."

On la voit tout au long du film se réfugier dans son appartement rose qui lui fait office de château fort, dans lequel elle peut enfin accéder à ses émotions, et dont il lui est si difficile d'ouvrir la porte.

Le sous type sexuel, Confidence, est aussi visible, dans l'intensité de son regard, dans le fait qu'elle parle très rarement à plus d'une personne à la fois, ou dans sa relation de confidence avec M Dufayel.

Son chemin vers l'intégration

Enfant, faute de pouvoir exercer sa capacité d'observation et de compréhension vers le monde réel, Amélie s'est enfermée dans un mode imaginaire : "Privée du contact des autres enfants, ballottée enter la fébrilité de sa mère et la distance glaciale de son père, Amélie n'a de refuge que dans le monde qu'elle invente. Dans ce monde, les disques vinyles sont fabriqués comme des crêpes. Et la femme du voisin, dans le coma depuis des mois, a en réalité choisi d'effectuer d'une traite la totalité de ses heures de sommeil." Cela correspond à un état assez désintégré de 5 de penseur déconnecté du monde.

En prise avec le monde réel, une fois partie de chez ses parents, elle s'intègre un peu et reprend contact avec la réalité, tout en restant très en retrait. Elle passe progressivement au stade d'observateur détaché, non interactif.

Suite au choc émotionnel de la mort de Lady Di, et de la découverte de la petite boîte, la voie de l'intégration s'ouvre encore un peu, pour passer au stade de personne impliquée dans le monde, pouvant faire bénéficier les autres de son expertise dans le domaine des relations humaines. Mais elle a encore du mal à passer à l'action en ce qui la concerne, orientation extérieure aidant.

M Dufayel, lucide, l'encourage à plusieurs reprises sur ce chemin :

  • En parlant du la fille au verre d'eau sur le tableau : "Ah, autrement dit, elle préfère s'imaginer une relation avec quelqu'un d'absent que de créer des liens avec ceux qui sont présents ?"
  • "Une fille normale prendrait le risque de l'appeler tout de suite. Elle lui donnerait rendez-vous à une terrasse pour lui rendre son album, et en quelques minutes, elle saurait si ça vaut le coup de continuer à rêver ou non. Ça s'appelle se confronter à la réalité. Mais ça justement, Amélie n'y tient pas du tout."
  • "Voilà ma petite Amélie. Vous n'avez pas des os en verre. Vous pouvez vous cogner à la vie. Si vous laissez passer cette chance, alors avec le temps, c'est votre cœur qui va devenir aussi sec et cassant que mon squelette. Alors… Allez-y ! Nom d'un chien !"

Voilà pour ma proposition. J'ai vu après avoir rédigé ce billet qu'une autre hypothèse a été évoquée sur ce forum il y a quelques années, sans être développée, mais pour l'instant je persiste.

Au plaisir de lire vos compléments ou contre-propositions argumentées bien sûr.

Bien amicalement,
Jérôme

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Fabien Chabreuil

Bonjour Jérôme,

"J’ai vu après avoir rédigé ce billet qu’une autre hypothèse a été évoquée sur ce forum il y a quelques années, sans être développée, mais pour l’instant je persiste."
Je plaide coupable. C'est moi qui ai émis au détour d'une conversation l'hypothèse 9 pour Amélie Poulain… il y a douze ans de cela ! Je ne me rappelle plus suffisamment du film ni pour justifier mon point de vue de l'époque, ni pour accepter ou contester le tien.

En tout cas, un grand merci de ton analyse dont j'espère qu'elle est le début d'une nouvelle conversation passionnante.

Très amicalement,
Fabien

 

P.-S. : pour info, j'ai vu Amélie Poulain classée en 5w4, 4w5, 9w8 et 6 sur des sites américains…

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Aurolaf

Bonjour à tous,

 

Arggl Jérôme… tu me tues ! Après le travail que j'ai fourni dans la semaine sur Cloclo, il va maintenant falloir que je me tape Amélie Poulain ! Promis, je m'y colle dès que j'ai le temps (mais pas avant 15 jours). Je suis trop fan de ciné-agramme pour laisser passer l'occasion.

"Pour info, j'ai vu Amélie Poulain classée en 5w4, 4w5, 9w8 et 6 sur des sites américains…"
Fabien, quand on voit la qualité de certains sites américains, mieux vaut parfois s'abstenir d'y chercher l'inspiration… Autant jouer le typage aux dés ! :rofl:

 

Amicalement.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

"Fabien, quand on voit la qualité de certains sites américains, mieux vaut parfois s'abstenir d'y chercher l'inspiration… Autant jouer le typage aux dés !"
Ah non, ce n'était pas pour chercher l'inspiration, juste pour mettre un peu la pagaille ! :crazy:

Très amicalement,
Fabien

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Stéphanie Auxenfans

Bonjour à tous,

 

Jérôme, quelle surprise pour moi de découvrir que tu as typé Amélie en 5 !! Je n'aurais sans doute jamais imaginé cela. J'ai adoré le film et je l'ai vu deux fois, mais il y a très longtemps, et je ne connaissais pas, moi non plus l'ennéagramme.

 

Ceci dit, à la lecture de ton analyse, certains éléments semble pertinents. Mais je n'arrive pas à imaginer Amélie en 5. Il faudrait que je revois le film pour apporter des éléments concrets.

 

De souvenir, pour moi, il a beaucoup de joie, de légèreté, d'amour dans ce film, et aussi beaucoup d'émotionnel. Je crois que c'est aussi pour ça que j'ai adoré ce film, une tornade de joie et de bonne humeur. Un autre point qui m'a fait adorer ce film, c'est qu'Amélie est très connectée à son enfant intérieur. Je ne sais pas si cela peut nous aider dans notre analyse.

 

Jérôme, tu parles de la scène avec l'aveugle, une de mes scènes préférées. Je trouve qu'il y a plein de vie et d'émotions dans ce passage, exprimées par le rythme, par la voix, par ce qu'elle voit des gens, et elle prête un grand intérêt à qui ils sont, à ce qu'ils vivent. Il y a tellement d'humanité dans cette description que je ne peux y voir un ennéatype 5.

 

Dans mon souvenir, Amélie cherche à rendre les gens heureux, mais elle ne cherche absolument pas à tirer profit de cette aide ou à être reconnu comme celle qui aide, comme le montre la scène où elle rend la boîte d'enfant à l'homme devenu adulte. Elle ne se présente pas à l'homme, elle l'observe de loin, elle ne cherche pas à tirer des honneurs de ce merveilleux cadeau, ce qui élimine définitivement le type 2.

 

J'ai hâte de lire la suite.

Belle journée à tous,

Stef

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Jérôme

Bonjour Stéphanie, bonjour à tous,

 

"De souvenir, pour moi, il a beaucoup de joie, de légèreté, d'amour dans ce film, et aussi beaucoup d'émotionnel. Je crois que c'est aussi pour ça que j'ai adoré ce film, une tornade de joie et de bonne humeur."

Oui, il y a beaucoup d’émotions, surtout celles des autres. Amélie les observe, s’en émerveille parfois, et joue avec, mais dans un registre que je trouve plus mental.

 

"Un autre point qui m'a fait adorer ce film, c'est qu'Amélie est très connectée à son enfant intérieur. Je ne sais pas si cela peut nous aider dans notre analyse."

Je suis intéressé par un peu plus de détails sur cette notion d’enfant intérieur. Pour l’instant je ne me représente pas assez ce que cela veut dire pour tenter un lien avec l’Ennéagramme. Je ne sais pas s’il y a un lien, mais cela m’a fait penser au VIOLET de la Spirale Dynamique qui est très présent dans ce film. VIOLET est une zone de confort égotique pour plusieurs ennéatypes dont le 5, et l’enfance d’Amélie telle qu’elle est décrite au début du film me semble bien l’illustrer. Adulte, son VIOLET est toujours très fort, avec notamment ses pensées magiques et son approche très sensorielle et intuitive du monde.

 

"Jérôme, tu parles de la scène avec l'aveugle, une de mes scènes préférées. Je trouve qu'il y a plein de vie et d'émotions dans ce passage, exprimées par le rythme, par la voix, par ce qu'elle voit des gens."

Oui, je trouve aussi que c’est une belle scène. C’est probablement un gros effort pour Amélie de faire cela, ce n’est pas naturel pour elle. C’est une des rares scènes du film ou elle s’engage autant avec une autre personne, mais cet engagement reste bref dans le temps, vis-à-vis d’un aveugle qui ne peut pas l’identifier, et ensuite elle part en courant !

 

"Elle prête un grand intérêt à qui ils sont, à ce qu'ils vivent."

Cela me semble très compatible avec un 5, en lien avec leur orientation extérieure et aussi leur domaine (cf. stage Ailes).

 

"Il y a tellement d'humanité dans cette description que je ne peux y voir un ennéatype 5."

Il faudrait que tu décrives un peu plus ce que tu mets dans le mot humanité. À la première lecture, je trouve cette phrase sévère vis-à-vis des 5, d’autant plus que je connais des exemples de 5 pleins d’humanité, même si leur façon de la mettre en œuvre est moins démonstrative que pour certains autres ennéatypes.

 

Bien amicalement,

À très bientôt.

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Stéphanie Auxenfans

"Je suis intéressé par un peu plus de détails sur cette notion d'enfant intérieur."
Pour moi l'enfant intérieur, c'est le lien que j'ai avec l'enfant que j'ai été et que je suis. Cette possibilité de revenir à des pensées, des réactions d'enfant, dans la joie, l'innocence, le plaisir, la légerté.

 

La prochaine fois qu'on se voit Jérôme, je te montrerais les dangereux passages piétons qu'il faut traverser UNIQUEMENT sur les traits blancs pour éviter les crocodiles mangeurs d'enfants. :wink:
Un autre exemple c'est de mettre de la musique à fond et de danser n'importe comment, sans chercher à faire beau, juste à bouger son corps et à s'amuser, à se défouler, ou encore marcher en sautillant, j'ai beaucoup de plaisir et de joie quand je sautille comme ça (bon ok, plutôt le soir quand il n'y a personne dans la rue. :wink:)

Je ne sais pas si l'on peut faire de lien entre l'Ennéagramme et l'enfant intérieur. Je pense que potentiellement nous avons tous accès à notre enfant intérieur. Cela dit cette présence est plus facile et plus prédominante chez certains types, comme le 7, le 2, sans doute le 4 aussi (et peut d'être d'autres, là ce sont ceux qui me semblent les plus évidents). Et inversement, je pense que la connexion à l'infant intérieur est plus difficile chez le 1 qui se veut sérieux.


Je ne suis pas sûre non plus du lien avec VIOLET, à moins que… Personnellement, j'ai depuis toujours été très connectée à mon enfant intérieur et j'avais, et j'ai encore, sans doute une belle déficience de VIOLET. Le lien viendrait de là ?

 

Le film est bourré de liens à l'enfant intérieur : la scène de la découverte du Trésor, de la boite d'enfant, le mystère du photomaton, la création de cet album mystérieux, le masque de Zoro, la référence aux sucettes Pierrot ("Oh dans la vitrine de la pâtisserie, y'a des sucettes Pierrot Gourmand ! Humm vous sentez ce parfum ?"), etc.

"Il faudrait que tu décrives un peu plus ce que tu mets dans le mot humanité. À la première lecture, je trouve cette phrase sévère vis-à-vis des 5"
Oui, tu as raison, toutes mes excuses amis 5. En effet j'ai fait un gros raccourci, ou plutôt je fais une confusion entre l'humanité et la capacité à ressentir les émotions d'un coté et de l'autre la froideur que peuvent montrer certains 5 qui ne sont pas à l'aise avec les émotions. J'ai clairement un truc à revoir de ce côté. Pour le coup, c'est peut être moi qui ai manqué d'humanité ?

 

Ce qui m'étonne avec la scène de l'aveugle, c'est qu'elle semble avoir comme un décodeur et capter ce que les autres vivent et ressentent : "Elle porte l'apparence de son mari depuis qu'il est mort. (…) Il a des petites rides de malice au coin des yeux." Je ne suis pas sûre qu'un 5 puisse sentir autant ce qui se passe chez les autres, puissent décoder aussi bien les émotions des autres, ni les siennes d'ailleurs.

En relisant tes notes : "Privée du contact des autres enfants, ballottée enter la fébrilité de sa mère et la distance glaciale de son père, Amélie n'a de refuge que dans le monde qu'elle invente."

Un 5 serait-il triste s'il était privée du contact des autres enfants. N'est-ce pas plutôt lui qui se met tout seul à l'écart ? La distance glaciale de son père, même si c'est bien insuffisant, me fait penser à du 5, et ça aussi, ça ne serait pas un gros problème pour un enfant 5. Au contraire, ils se comprendraient et auraient du lien dans la précision et la recherche d'informations, non ?

Belle journée à tous,
Très amicalement,
Stef

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Cela dit cette présence est plus facile et plus prédominante chez certains types, comme le 7, le 2, sans doute le 4 aussi."

En dehors du 7 naturellement en plein syndrome de Peter Pan, ce serait intéressant de justifier cette assertion (dans une autre conversation). En tout cas, le 5 ne fait certainement pas partie des types fortement connectés à leur enfant intérieur, de manière générale bien sûr.

 

Très amicalement,

Fabien

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Aurolaf

Bonjour à tous,

Jérôme, en te lisant, j'ai été séduite par ton argumentaire et par ton hypothèse qui me semblait très surprenante mais relativement cohérente avec le lointain souvenir que j'avais du film. Mais lorsque j'ai revu le film, j'ai eu le feeling que le 5 ne collait pas. J'avoue que j'ai dû réfléchir longuement pour trouver une autre hypothèse. Je trouve que le film se prête mal à des typages, et l'exercice était beaucoup plus difficile qu'avec Cloclo.

1/ Pourquoi le 5 ne colle pas

En visionnant le film, j'avais le feeling viscéral que le 5 ne convenait pas. En effet, lorsque je remonte "la chaîne des pourquoi" (pour essayer de revenir à la motivation la plus profonde), je ne trouve pas une motivation de 5.

Normalement un 5, pour éviter son vide intérieur, va se remplir d'informations et de connaissances qu'il va chercher dans le monde extérieur. Or, dans le cas d'Amélie, je n'ai déjà pas du tout l'impression d'un vide intérieur. Au contraire, la vie intérieure d'Amélie me semble particulièrement riche et intense (trop d'ailleurs, elle en oublie de vivre dans le réel). Et je n'ai pas non plus l'impression que le but d'Amélie est d'aller chercher des informations et de s'en remplir ; elle le fait pour une autre raison => pour générer du bonheur et de la joie.

Bref, le ressenti que j'ai eu et qui s'est rapidement transformé en conviction, c'est que le but ultime d'Amélie, c'est d'apporter de la joie, du bonheur et du plaisir autour d'elle. La collecte des informations et l'observation du monde extérieur n'ont pour seul but que cela.

D'ailleurs, l'une de tes phrases m'a bien fait sourire : "Ses observations sont précises, jusqu'à savoir (du moins dit-elle) toutes les combien de secondes un couple a un orgasme à Paris." II ne s'agit pas là d'observation mais simplement de la puissance de son imaginaire qui va jusqu'à imaginer ce qu'il se passe au cours d'une soirée sur Paris. À ce moment-là, il me semble qu'on est en orientation intérieure et non extérieure.

2/ De quels éléments dispose-t-on pour construire un typage ?

C'est bien le problème : on n'a pas grand-chose !

  • Je vois une petite fille curieuse et souvent souriante, qui s'intéresse beaucoup au lien de cause à effet (cf. VIOLET dont Jérôme a parlé, plus la "pensée magique").
  • Je vois quelqu'un qui vit beaucoup "dans sa tête", dans un monde imaginaire qu'elle s'est créé (ceci dit, étant donné son enfance et le peu de contact avec le monde réel, ça peut s'expliquer et ce n'est peut-être pas lié à son type).
  • En terme de centres, je ne vois pas grand-chose d'évident (et je n'irai pas parier sur un centre émotionnel réprimé ; je ne suis pas experte en émotions mais il me semble qu'il se passe des choses et qu'il y a beaucoup d'émotions derrière les grands yeux noirs d'Amélie).
    Paraissent relativement factuels :
    • Absence totale de colère => le centre instinctif ne peut pas être préféré (sauf dans le cas d'un 9 où la colère serait totalement et profondément refoulée et inconsciente).
    • Je vois quelqu'un qui a peur du monde extérieur : non verbal assez explicite ! Ici j'ai un doute car je ne connais pas le vrai type d'Audrey Tautou (qui a quand même toujours l'air d'un moustique apeuré et fragile) : alors manifestation non verbale de peur voulue par le scénariste ou bien naturel d'Audrey qui transpire ?
  • Je vois quelqu'un qui a les sens bien développés, notamment l'olfactif, le visuel et le kinesthésique et qui "capte" kinesthésiquement tout ce qui a un rapport avec les plaisirs.
  • Amélie aime les jeux, les devinettes et les énigmes.
  • Je vois quelqu'un qui "manipule" les gens pour les amener à être heureux ou être malheureux (lorsqu'elle décide de punir un "méchant" = Collignon ou le voisin qui lui a fait croire à une relation de cause à effet stupide).

3/ Alors, quelle hypothèse ?

Sur la base de ces maigres éléments, j'ai décidé de tenter une audacieuse hypothèse en partant d'une apparente orientation.

a- Orientation : joie et optimisme – Compulsion : éviter la souffrance
Comme évoqué ci-dessus, je vois quelqu'un qui a envie de créer du plaisir et de la joie autour d'elle. Quel est le déclencheur dans la vie d'Amélie, le moment où tout bascule et où elle décide de se mêler de la vie des gens, c'est lorsque l'homme auquel elle a rendu sa boîte à trésor d'enfants exprime des émotions et se reconnecte à ses plaisirs d'enfance. À ce moment-là, "Amélie a soudain le sentiment étrange d'être en harmonie totale avec elle-même." Bref, c'est le moment de la bascule. Peut-être un moment où Amélie, cloîtrée dans la solitude depuis sa petite enfance, est enfin connectée à son orientation.

Plusieurs indices tendent vers cette recherche du plaisir : "Elle cultive un goût particulier pour les tout petits plaisirs. Plonger la main au plus profond d'un sac de grains. Briser la croûte des crèmes brûlées avec la pointe de la petite cuillère. Et faire des ricochets sur le canal Saint-Martin."

La scène du début de film avec la façon dont la petite Amélie engloutit ludiquement les fraises Haribo qu'elle a sur chaque doigt, ses jeux avec les doigts maquillés me semblent aussi tendre vers cette recherche de plaisir.

Dans la scène de l'aveugle, Jérôme, tu soulignes la puissante capacité d'observation. Certes, c'est indéniable. Mais je vois aussi dans ces observations un hymne aux plaisirs simples de la vie qu'ils soient visuels, olfactifs ou gustatifs : "Là on croise la veuve du tambour de la fanfare. Elle porte la vareuse de son mari depuis qu'il est mort. Attention, hop ! Tiens, l'enseigne de la boucherie chevaline a perdu une oreille. Ce rire c'est celui du mari de la fleuriste, il a des petites rides de malice au coin des yeux. Oh, dans la vitrine de la pâtisserie, il y a des sucettes Pierrot Gourmand. Mmm... Vous sentez ce parfum ? C'est Poponne qui fait goûter ses melons aux clients. Ah, c'est marrant, on fait de la glace au calisson ! On passe devant la charcuterie… 79 le jambon à l'os, 45 le travers demi-sel. On arrive chez le fromager, 12,90 le picodon de l'Ardèche et 23,50 le cabécou du Poitou. Chez le boucher il y un bébé qui regarde un chien qui regarde les poulets rôtis…"

D'ailleurs, joie, bonheur et plaisirs simples de la vie. N'est ce pas un peu le thème du film ?

Certes, Amélie a des coups de blues comme les moments que tu décris, comme des accès à ses émotions où elle fantasme des moments imaginaires. J'ai noté que dans l'oraison funèbre qu'elle imagine tout un vocabulaire autour de la souffrance et des solitaires : "Marraine des laissés-pour-compte, ou la Madone des mal-aimés. Tel Don Quichotte, elle avait résolu de s'attaquer à l'implacable moulin de toutes les détresses humaines, […] la bouffée d'air qu'elle était parvenue à insuffler à tant d'autres." Bref, on pourrait y voir une orientation de 2 (mais rien ne colle avec le 2) ou celle de quelqu'un qui veut éviter la souffrance du monde.
Systématiquement, elle remarque les clochards et de leur donner une pièce.
Elle essaye aussi de sortir Georgette et Joseph de leurs émotions négatives en les manipulant pour qu'ils tombent amoureux.
Elle essaye de sortir son père de son isolement en le surprenant (et en faisant voyager son nain).
Elle tente de consoler Madeleine avec des lettres qu'elle invente.
Elle surprend Monsieur Dufayel avec ses cassettes vidéos cocasses.
Et surtout, elle évite de se confronter au monde, elle préfère vivre dans sa tête plutôt que de "se cogner dans la vie". N'est ce pas là une façon d'éviter la souffrance ?

b- Passion d'intempérance et fixation de planification
Il me semble que les fabuleux stratagèmes d'Amélie pourraient passer pour de la planification. C'est une orfèvre pour bâtir des plans et des stratagèmes (qui en plus sont plutôt ludiques et créatifs).

 

L'intempérance apparaît à partir du moment où Amélie se lance dans la vie et accumule les idées pour rendre les gens heureux. Quelques indices tendent également vers l'intempérance en début de film (fraise haribo du début, les photos, le gâteau qu'elle fait lorsqu'elle est malheureuse…).

c- Mécanisme de défense de rationalisation
Difficile à trouver car Amélie parle peu. Sa communication est essentiellement non verbale. Elle a rarement de vrais dialogues avec d'autres personnes.

La seule véritable communication qu'elle établit est avec Monsieur Dufayel qui la piège dans une conversation :
Mr Dufayel : Ah, autrement dit, elle préfère s'imaginer une relation avec quelqu'un d'absent, que de créer des liens avec… ceux qui sont présents ?
Amélie : Non… Peut-être même qu'au contraire, elle se met en quatre pour arranger les cafouillages de la vie des autres.
Dufayel : Mais elle… Les cafouillages de la sienne, de vie, qui va s'en occuper ?
Amélie : Oui, ben en attendant, mieux vaut se consacrer aux autres qu'à un nain de jardin.

Rationalisation ou pas ?

Étonnant, également, le dialogue intérieur d'Amélie qui, voyant que Nino n'arrive pas, trouve plein de bonnes raisons pour ne pas se rendre malheureuse : "Nino est en retard. Pour Amélie, il n'y a que deux explications possibles. Premièrement, il n'a pas trouvé la photo. Deuxièmement, il n'a pas eu le temps d'achever la reconstitution parce que trois truands, multirécidivistes qui venaient de braquer une banque l'ont pris en otage. Poursuivis pas tous les flics du département, ils ont réussi à les semer, mais lui a provoqué un accident. Quand il a repris conscience, il ne se souvenait de rien. Un routier ex-taulard l'a pris en stop et le croyant en cavale, l'a planqué dans un container en partance pour Istanbul. Là il est tombé sur des aventuriers afghans qui lui ont proposé de partir avec eux pour voler des têtes de missiles soviétiques. Mais leur camion a sauté sur une mine à la frontière du Tadjikistan. Seul survivant, il a été recueille dans un village de montagnards et il est devenu militant moudjahidin. Alors Amélie ne voit vraiment pas pourquoi elle se mettrait dans un état pareil pour un type qui va passer le reste de ses jours à manger du bortsch avec un stupide cache-pot sur la tête !"
Là encore rationalisation ou pas ?

d- Communication
La communication non verbale et le mutisme ont déjà été évoqués.O

 

Autre ces caractéristiques, la communication d'Amélie est très imaginative, et elle aime indéniablement les histoires : celles qu'elle se raconte dans sa tête et celles qu'elle invente pour les autres (les lettres à Mado, le voyage du nain de jardin, les énigmes qu'elle crée pour Nino, l'histoire qu'elle imagine pour le gars du photomaton).

Sa communication avec Nino est basée sur une histoire et des énigmes.

e- Les sous-types
Le sous type sexuel du 7, Imagination, me semble parfaitement convenir à Amélie qui préfère s'imaginer une relation plutôt que de la vivre.

 

L'instinct social d'Amélie me paraît également gravement endommagé (cf. les circonstances de son enfance). Elle serait d'ailleurs S--. (J'aurai du le noter dans les éléments factuels du début! )

Pas le temps de développer davantage aujourd'hui. Voilà pour ma tentative du jour !

Bien amicalement,
Aurore

PS : Jérôme, encore merci pour le fichier des dialogues du film : un sacré gain de temps !
PS2 : pour être totalement honnête, je dois avouer que dans la recherche de l'orientation, j'aurai pu voir des éléments en rapport avec le contrepoids égotique du 9. Et pour le style de communication, j'aurai pu voir des sagas à la place des histoires…

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Wallace

Bonjour,

 

Belle analyse une fois de plus Aurore.

 

Cependant en vous lisant tous, j'entends :

  • Absence de colère ;
  • Contrepoids égotique du 9, (ce sont quasiment les seuls exemples de l'orientation du 7 que tu trouves, Aurore) ;
  • Style de communication du 9 ;
  • Narcotisation à la rêverie ;
  • Ressemblance avec le 2 mais ce n'est pas un 2 (acceptation et soutien qui ressemble à amour et aide ?) ;
  • Direction intérieure d'après Aurore (mais elle s'occupe plus du bonheur des autres que du sien : Aurore dit que "l'intempérance apparaît à partir du moment où Amélie se lance dans la vie et accumule les idées pour rendre les gens heureux", mais un 7 vise en priorité son propre bonheur ce que ne fait pas Amélie qui me semble dans l'oubli de soi : "Mais elle… Les cafouillages de la sienne, de vie, qui va s'en occuper ?"), et direction extérieure d'après Jérôme, donc pourquoi pas direction intérieure et extérieure ;
  • Manière dont elle s'occupe du bonheur des autres qui ressemble à de la participation périphérique (j'agis mais sans que cela se voit) ;
  • Etc.

Bref, si je regroupe tout ce qui a été dit, je ne vois pas ce qui est incompatible avec le 9, mais je vois que l'hypothèse 9 réconcilie vos divergences.

 

Très amicalement,

Wallace

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

7 moi-même, je n'ai jamais envisagé qu'Amélie Poulain puisse être de cet ennéatype. C'est dire, Aurore, que tu m'as surpris. Je reste sceptique car, mon Dieu, qu'est-ce qu'elle manque d'exubérance ! Et un goût pour les "tout petits plaisirs" ! Tout petits… pour un 7 !

 

Ayant comme on le sait initialement proposé l'hypothèse 9, j'aurais égotiquement tendance à soutenir l'avis de Wallace.

 

Il y a toutefois deux autres moyens de concilier les hypothèses d'Aurore et de Jérôme : un 7 mu qui se désintègre en 5, ou un 5 alpha qui se désintègre en 7. Mais dans mon souvenir, vague je le répète, il n'y a pas chez Amélie de grands moments de désintégration, et au contraire une égalité d'humeur qui me ramène à cette fichue hypothèse 9.

 

Reste l'éternelle question pour un film à laquelle on échappe dans la vraie vie : le personnage est-il typable ? Après tout ici, le film ne prétend pas au réalisme et se veut plutôt un conte (je ne serais d'ailleurs pas surpris qu'un des deux coauteurs soit un 7 dans la vraie vie).

 

Très amicalement,

Fabien

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Thierry

Bonjour à tous,

 

J'ai vu le film il y a longtemps. Je n'ai pas le souvenir d'avoir perçu, dans ce personnage, une tension ou une attention instinctive particulière. Les scènes autour du photomaton sont plus prétexte à un jeu qu'à un… safari photo. :laugh: De ce vague souvenir, je dirais qu'Amélie réprime son centre instinctif.

 

Amicalement,

Thierry

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Stéphanie Auxenfans

Re-bonjour,

 

Je ne vois pas du tout de 7 moi non plus. Tous ses plans, toute son énergie sont tournés vers les autres, et pas pour son plaisir peronnel et égoiste.

 

Aurore a rappelé tout un tas d'élements que je relis encore à l'enfant intérieur, que j'avais oubliés et qui m'avaient touchés, et qui me plaisent encore en les lisant. :wink:

 

Je suis d'accord pour un sous-type sexuel de ce que je me souviens, mais le sous type sexuel Imagination du 7 serait particulièrement asexué, et là encore, ça ne marche pas. Par contre le sous-type du 9, Union, colle bien. J'ai souvenir que le film fait sentir qu'elle cherche l'âme sœur, celui qui comprendra, celui qui la complétera.

 

Très amicalement,

Stéphanie

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Jérôme

Bonjour à tous,

Je trouve enfin le temps de participer à la discussion, après avoir vu défiler les messages dans la journée sans pouvoir prendre le temps pour y réfléchir et y répondre.

Hypothèse du 7

Aurore, merci beaucoup pour ton argumentaire détaillé sur un film qui ne t'intéressait pourtant pas. Il est courageux !
Pour tout dire j'avais pensé au 7 lors de mon typage, avec effectivement une certaine joie qui se dégage d'Amélie, et aussi sa capacité à planifier, à imaginer, à manipuler. J'ai quand même écarté cette piste, et je crois que Stéphanie résume très bien la principale raison qui m'étais venue, l'orientation essentiellement extérieure : "Je ne vois pas du tout de 7 moi non plus. Tous ses plans, toute son énergie sont tournés vers les autres, et pas pour son plaisir personnel et égoiste." Il me manquait aussi de l'intempérance, et de l'évitement de la souffrance.
J'avais pensé à l'hypothèse 5 alpha qui se désintègre en 7, mais cela ne collait pas avec la hiérarchie des centres que je voyais.

Hypothèse du 5

Stéphanie, Aurore, je note votre conviction-intuition sur le fait qu'Amélie ne soit pas 5, et je la prends en compte.
J'ai quand même besoin de plus d'argumentation pour me convaincre. Pour reprendre le théorème des Chabreuils, "la présence du centre préféré, de sa direction d'utilisation préférée, de l'orientation, de la compulsion, du mécanisme de défense, de la passion et de la fixation sont nécessaires et suffisantes." Il me semble avoir donné des exemples pour tout cela, et je n'ai pas vu assez de contre-arguments à mes yeux.
En bonus, le style de communication, les sous-types et le domaine collent.

"Normalement un 5, pour éviter son vide intérieur, va se remplir d'informations et de connaissances qu'il va chercher dans le monde extérieur. Or, dans le cas d'Amélie, je n'ai déjà pas du tout l'impression d'un vide intérieur."
Il me semble qu'Amélie se remplit un grande partie de son temps des informations qu'elle observe dans le monde bien réel qui l'entoure, et qu'elle utilise tous ses sens pour cela. Comment pourrait-elle réciter toute sa tirade à l'aveugle si elle n'avait pas déjà mainte fois observé les lieux et les personnages dans leurs menus détails ? (Ce n'est qu'un exemple.)

Par ailleurs, il me semble que le fait de vivre "dans sa tête" n'est pas incompatible avec le 5. Quand il se désintègre, notamment du fait de son trop grand détachement, le 5 n'est plus en mesure de suffisamment appréhender le monde réel, et il le substitue en partie par la compréhension qu'il s'en fait. Les incohérences qui ne manquent pas d'apparaitre entre le réel et cette compréhension partielle peuvent à l'extrême expliquer le contrepoids égotique et le trouble de la personnalité correspondant (cf. stage Connexions). Un exemple est visible dans le film Un homme d'exception du Ciné-agramme.

La présence d'un fort VIOLET renforce cette capacité d'imagination pour faire le lien entre ce qui n'est pas explicable par une observation. Par exemple comme elle ne peut pas comprendre pourquoi un même homme se fait photographier régulièrement dans tous les photomatons, elle en déduit que c'est un mort qui revient. Sa satisfaction est très visible quand elle comprend pourquoi.
Tout ceci étant dit, il me reste un doute sur le vide intérieur et son évitement. C'est une notion que je ne suis pas sûr de bien comprendre, et du coup de bien utiliser dans mon argumentaire. Si jamais un 5 du forum avait vu le film et pouvait nous donner son avis ?

Hypothèse du 9

Je n'ai pas du tout pensé à cette hypothèse pendant le film. Avant de poster mon analyse, j'ai cherché des antécédents et ai vu une allusion au 9 faite par Fabien des années plus tôt. J'ai aussitôt repassé le film dans ma tête avec cette hypothèse, et j'aurais presque pu faire un argumentaire aussi complet que pour le 5, pour la variante 9 alpha uniquement tellement le centre mental est visible :

  • L'orientation de soutien et d'acceptation est visible, elle passe beaucoup d'énergie à soutenir ceux qu'elle fréquente, à l'exception de Monsieur Collignon toutefois.
  • La paresse à se connaitre est visible, et d'ailleurs c'est un grand soulagement pour Amélie d'enfin trouver un but à sa vie quand elle décide d'aider les autres.
  • L'oubli de soi l'est également, notamment quand Monsieur Dufayel lui demande qui va s'occuper d'elle.
  • J'ai eu du mal à voir de la narcotisation. Merci Wallace de rappeler que la rêverie en est une forme, va savoir pourquoi je n'y avais pas pensé. :cool: Ceci dit je ne suis pas convaincu qu'il y ait tant de rêveries que ça. Elle pense régulièrement à des stratagèmes qu'elle met en œuvre, et elle revient aussi souvent sur ses moments émotionnels précédents, ce qui à mes yeux peut relever du mécanisme de défense d'isolation du 5, mais qui peuvent aussi se lire comme une manifestation de la direction parfois extérieure et parfois intérieure.
  • L'évitement du conflit ne me semble guère visible, si ce n'est de dire que c'est l'origine de son extrême timidité.

Il me manque aussi l'influence du centre instinctif tel qu'il est typiquement utilisé par le 9, soit par de la colère parfois visible soit par une manifestation d'inertie, que ce soit bouderie, aquoibonisme, immobilisme, or rien de tout cela n'est visible. La peur, elle, est très visible, comme le souligne Aurore. Cela peut être compatible avec une désintégration en 6, mais dans ce cas je pense il y aurait plus de traces de l'instinctif réprimé.

J'ai du mal à voir la saga dans la communication, tant elle est minimaliste.

Le sous-type Union colle bien. Merci d'en rappeler le but, Stéphanie. Là aussi une mystérieuse tache aveugle m'a touché. :wink: Je m'arrêtais à l'absence visible de mécanisme de fusion, mais encore faut-il que l'âme sœur ait été trouvée pour pouvoir fusionner. Appétit ne me semble pas vraiment coller, même si Amélie aime savourer et sentir, mais je ne vois rien de compulsif. J'ai du mal à me positionner sur la participation périphérique, car je ne vois pas vraiment un groupe de référence et des relations 1-n, mais plutôt un ensemble de relations 1-1.

La connexion à l'idée supérieure sens dans le cas d'Amélie, qui se connecte à l'amour d'elle-même et des autres.

Voilà pour l'état de ma réflexion. Le dossier du 9 me semble quasi complet, et celui du 5 aussi.
Peut-être Amélie n'est elle pas complètement typable, peut être y a-t-il moyen de trouver encore des arguments pour emporter la décision. Si j'en trouve je reviens.

À bientôt,
Jérôme

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Fabien Chabreuil

Bonjour Jérôme et à tous les autres,

 

"Je n'ai pas du tout pensé à cette hypothèse pendant le film."

Rappel du stage Détermination : toujours penser au triangle quand un centre nous semble évidemment préféré et que cela pourraît être sous l'effet d'une bascule. Puisque tu pensais à un mental préféré, il y avait deux hypothèses supplémentaires dans le triangle.

 

Puisque tu sembles convenir que les hypothèses 5 et 9 se tiennent dans un mouchoir, tu peux explorer ce qui les rassemble et les distingue tes que décrit dans le susdit stage Détermination.

 

Mais peut-être Aurore va-t-elle revenir en force avec l'hypothèse 7. Tremblez braves gens !

 

Très amicalement,

Fabien

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Jérôme

Bonjour à tous, merci Fabien pour ce retour

"Rappel du stage Détermination : toujours penser au triangle quand un centre nous semble évidemment préféré et que cela pourrait être sous l'effet d'une bascule. Puisque tu pensais à un mental préféré, il y avait deux hypothèses supplémentaires dans le triangle."
Oui, je pense en général à cela lorsque je suis dans une démarche de détermination. Lorsque j'ai vu le film Amélie Poulain, je n'étais pas parti pour la typer, mais en cours de film, l'idée du 5 m'est venue spontanément. Il m'a été difficile de reprendre tout le recul nécessaire à partir de ce moment-là. Il vaut mieux éviter d'avoir une idée le plus longtemps possible, mais là elle est arrivée sans l'avoir demandée.

"Puisque tu sembles convenir que les hypothèses 5 et 9 se tiennent dans un mouchoir, tu peux explorer ce qui les rassemble et les distingue tes que décrit dans le susdit stage Détermination."
Bonne idée, voici une tentative :

  • Face aux autres, le 5 est résistant et plutôt méfiant, il maintient ses frontières
    Face aux autres, le 9 est réceptif et facile à vivre. Il fusionne avec eux.
    -> Je vois plutôt Amélie sur ses gardes, avec la peur visible, et tenir la distance par rapport aux autres. Je ne la vois pas fusionner. Plutôt 5.
  • Le 5 ne veut pas de l’attention des autres.
    Le 9 pense qu'il ne mérite pas l'attention des autres.
    -> Amélie ne cherche pas l'attention des autres, je n'ai pas d'élément pour dire si elle pense qu'elle ne la mérite pas.
  • Le 5 réfléchit à fond; il s'intéresse aux détails, il est concentré.
    La pensée du 9 se fait en termes de généralités. Il est facilement distrait.
    -> La réflexion profonde, l'intérêt aux détail et la concentration me semblent visibles, plus que des pensées générales ou des distractions. Plutôt 5.
  • Le 5 complexifie.
    Le 9 simplifie.
    -> il me semble que ses stratagèmes vont plutôt dans le sens de la complexification. Monsieur Dufayel l'incite à simplifier. Plutôt 5.
  • Le 5 s’intéresse au réel.
    Le 9 s'intéresse à la fantaisie.
    -> Les deux.
  • La pensée du 5 a pour objectif de le protéger du monde.
    La pensée du 9 a pour objectif de le faire fusionner avec le monde
    -> je rejoins le premier point pour cela, je trouve qu'Amélie a plus pour objectif de se protéger du monde ("Vous ne risquez pas de vous rompre les os.") que de fusionner avec lui. Plutôt 5.

"Mais peut-être Aurore va-t-elle revenir en force avec l'hypothèse 7. Tremblez braves gens !"
Même pas peur… :tongue: Enfin un peu quand même si.

Bien amicalement,
Jérôme

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Kayla

Bonjour tout le monde,

 

J'ai une vision et une compréhension d'Amélie Poulain totalement différente. C'est pourquoi j'ai mis du temps avant d'intervenir ici, je n'arrivais pas à trouver les mots pour exprimer tout ça.

 

La plupart d'entre-vous avez automatiquement écarté le 2 parce qu'elle ne recherche soi-disant pas de reconnaissance. Or, certes elle ne l'exprime pas, mais les 2 expriment rarement ce besoin, voire n'en ont aucunement conscience.

 

Certes, elle ne remet pas directement la boite à son propriétaire, elle ne lui dit pas non plus que c'est elle, mais elle ne s'en va pas. Non, elle reste là et elle se "nourrit" de l'émotion qu'elle a créée. Elle reste là, pendant qu'il en parle. C'est quand elle se rend compte que son acte donne l'envie à l'homme de retrouver sa fille, et donc de donner à son tour qu'elle goûte l'harmonie que lui procure ce don "libre" au sens d'idée supérieure du 2.

 

C'est alors qu'"Amélie a soudain le sentiment étrange d'être en totale harmonie avec elle-même. Tout est parfait en cet instant : la douceur de la lumière, ce petit parfum dans l'air, la rumeur tranquille de la ville. Elle inspire profondément, et la vie lui paraît alors si simple et si limpide qu'un élan d'amour comme un désir d'aider l'humanité tout entière la submerge tout à coup." Elle se reconnecte à cet instant instant précis à son orientation d'aide et d'amour. Juste après vient la scène de l'aveugle, elle a retrouvé sa spontanéité d'enfant, sa joie "libérée". Je connais très peu le concept d'enfant intérieur, mais j'y ai vu aussitôt l'expression de l'enfant libre, au sens où l'entend l'Analyse Transactionnelle. C'est cette enfant-là que je vois en Amélie, cette partie de soi qui s'émerveille, qui prend du plaisir, qui s'amuse. Dans cette scène, on perçoit toute l'énergie et la générosité exubérante que peut mettre un 2 alpha dans son aide à l'autre.

 

Oui, elle aide tous les gens autour d'elle, mais ne fait rien pour elle-même.

 

Une scène me parle beaucoup, au tout début : son coeur bat tellement fort que son père en déduit que ce n'est pas normal, qu'elle a un souffle au coeur. Elle est tout simplement une émotionnelle, mais ses parents ayant ce centre réprimé sont incapables de l'envisager, c'est forcément une anomalie, une maladie.

 

Alors, pour faire plaisir à ses parents, elle ne vit plus que des émotions intérieures, elle s'offre des petits plaisirs de rien du tout et vit dans son monde intérieur, mais on perçoit à chaque instant sa capacité de s'émerveiller et sa joie. Les seules expressions émotionnelles qu'elle s'autorise sont quand même des crises pleines d'hystérie : quand son poisson suicidaire saute du bocal, elle pousse des hurlements jusqu'à ce qu'on l'y remette.

 

Petite, elle va se venger de son voisin qui lui a fait croire que son appareil photo, et donc elle, était responsable de son accident de voiture. Pendant un match de foot, elle va passer son temps à débrancher et rebrancher l'antenne de télé dudit voisin. Il en devient fou, mais elle continue, encore et encore à brancher et débrancher cette antenne. Elle se venge aussi de Collignon, l'épicier. Tout est minutieusement conçu pour lui faire mal : les pantoufles, la poignée de porte, le whisky, etc.

 

Pascal Ide dit d'elle qu'elle "ne dédaigne pas à l'occasion de quitter son sari de Mère Teresa pour endosser la cape du Zoro vengeur".

 

Elle n'exprime pas beaucoup cette ouverture vers les autres au début du film mais elle choisit quand même d'être serveuse dans un restaurant. Elle n'est pas bibliothécaire ou un autre métier qui lui permettrait d'être isolée. Non, elle choisit un métier qui lui permet de servir les autres.

 

Elle va se réfugier dans son monde intérieur jusqu'à ce qu'elle trouve cette fameuse boîte qui la réveille. Alors tout ce qu'elle a pu observer jusque là, toute sa capacité d'émerveillement, de joie, d'optimisme, elle va s'autoriser à l'exprimer à nouveau pour les autres. On peut voir alors le but d'intégration à la fois dans son type et en 4, et utiliser l'imagination, la capacité créatrice, l'originalité au service de son aide aux autres, mais une aide gratuite, libre, une vraie générosité.

 

Je trouve Amélie pleine d'orgueil. Seuls les autres ont besoin d'aide. Et puis la peur du rejet. Même à la fin, quand elle décide de prendre son destin en main, elle ne va pas voir directement Nino, et risquer un refus : elle décide de résoudre pour lui l'énigme, de le délivrer de cette obsession pour qu'il soit disponible pour elle.

Une scène aussi, pleine d'orgueil, est celle où elle visualise ses obsèques et son éloge funèbre : "Au soir d'une scintillante journée de juillet, tandis que sur les plages, les estivants s'amusent dans l'insouciance des beaux jours retrouvés, et qu'à Paris, les badauds, accablés de chaleur, contemplent les premiers panaches du feu d'artifice traditionnel, Amélie Poulain, que l'on surnommait aussi la marraine des laissés-pour-compte ou la madone des mal-aimés, succombe à son extrême fatigue. Sous les fenêtres d'un Paris accablé de chagrin, des millions d'anonymes en deuil se pressent le long du cortège et lui témoignent en silence l'incommensurable douleur de se sentir désormais orphelins. Étrange destin que celui de cette jeune femme dépossédée d'elle-même, pourtant si sensible au charme discret des petites choses de la vie. Telle Don Quichotte, elle avait résolu de s'attaquer à l'implacable moulin de toutes les détresses humaines. Combat perdu d'avance qui consuma prématurément sa vie. À 23 ans à peine Amélie Poulain, exsangue, laissait sa courte existence s'étioler dans les remous du mal de vivre universel. Mais c'est là que l'attendait le regret lancinant d'avoir laissé mourir son père sans qu'elle n'eut jamais essayé de redonner à cet homme asphyxié la bouffée d'air qu'elle était parvenue à insuffler à tant d'autres."

 

Elle n'exprime pas son besoin de reconnaissance aux autres, mais cet (auto-)éloge funèbre le dit bien ! C'est grandiloquent, plein d'orgueil, elle se donne à elle-même dans cette scène la reconnaissance qu'elle n'ose réclamer : musique tragique, voix de Frédéric Mitterrand, mise en scène grandiose. On est loin, là, d'une personne qui n'a pas besoin de reconnaissance de son sacrifice… Comme l'éloge se termine sur le fait qu'elle n'ait pas réussi à aider son père avant de mourir, elle décide alors d'envoyer voyager le nain de jardin, encore une idée créative et pleine d'originalité.

 

Elle aide tout le monde, sauf elle-même. Et les autres, quand elle ne les aide pas, elle se venge (Collignon, par exemple, comme vu plus haut). Elle n'existe que pour l'autre.

 

Elle ne s'autorise pas à vivre pour elle. Elle a bien trop peur d'être rejetée. Dufayel, l'homme aux os de verre lui dira : "Autrement dit, elle préfère s'imaginer une relation avec quelqu'un d'absent plutôt que de s'imaginer des liens avec ceux qui sont présents." Elle est dans le déni à ce moment-là, elle refuse d'entendre ce qu'il essaie de lui dire. Alors, il insiste : "Mais elle, et les cafouillages de la sienne, de vie, qui va s'en occuper ?" La réponse ne se fait pas attendre : "Mieux vaut se consacrer aux autres qu'à un nain de jardin." Elle n'entend pas, elle ne comprend pas encore.

 

Pascal Ide dit : "Elle n'ira à autrui que grâce à lui." C'est aussi ce qu'il se passe dans sa rencontre avec Nino. Elle le conduit vers elle plutôt que d'aller vers lui. Mais au moins, là, elle utilisera sa créativité, son énergie et son imagination au service de sa relation avec Nino.

 

Il y a quelques mois, un ami proche m'a écrit : "Pourquoi prendre le risque de mettre son bonheur entre les mains d'une seule personne ?" Cet ami a donc pris le parti de mettre son bonheur entre de multiples mains et plaisirs. J'ai repensé à cette phrase en regardant Amélie Poulain : elle met son bonheur entre les mains de Nino mais en fait, elle devrait prendre elle même en main son bonheur.

 

Là où Pascal Ide parle de réconciliation entre rêve et réalité, on pourrait dire en termes d'Ennéagramme, que son ego la coupait de la réalité et qu'au fur et à mesure, elle recouvre la vue, son champs de vision s'élargit, elle devient capable d'apercevoir au-delà de ses filtres égotiques et de ses croyances : "En racontant ce superbe parcours de libération de l'altruisme, celui qui aliène, à l'autre, à la véritable altérité, celle qui engage avec l'autre, le film se trouve placé sous le triple signe de la douceur, du don de soi et de l'espérance."

 

Au final, on retrouve du 2 :

  • La passion d'orgueil ;
  • La compulsion d'évitement de ses propres besoins ;
  • La fixation ambivalente de flatterie/dédain (elle rend visite à Dufayel mais le compare à Staline ; elle écoute la concierge mais l'ignore quand celle-ci veut lui exprimer son bonheur des lettres "retrouvées") ;
  • La manipulation émotionnelle : elle manipule Nino pour l'amener à lui ; elle manipule encore quand elle invente les sentiments de Joseph pour Georgette et inversement, elle manipule les émotions de la concierge en lui envoyant ces fausses lettres ;
  • Les qualités essentielles du 2 : humilité (elle finit par admettre qu'elle a besoin d'amour et d'attention elle aussi), liberté (dans le don gratuit et dans la capacité de choisir de s'aider, elle, plutôt que d'aider seulement les autres).

On retrouve les qualités essentielles du 4 dans les moments d'intégration (originalité, harmonie) et les mécanismes égotiques du 8, dans ses moments de désintégration (vengeance, déni).

 

Alors, je vous l'accorde, c'est une 2 très introvertie, mais on peut le lire comme une enfant qui s'est enfermée en elle-même pour moins souffrir. Elle y a sacrifié son orientation mais continue à s'autoriser des plaisirs minuscules, tout simples. Sa communication est très laconique mais le passage avec l'aveugle la rend volubile et pleine d’enthousiasme, d’exubérance.

 

Elle est de sous-type sexuel, et c'est vrai qu'elle est beaucoup moins agressive que ce qu'on peut dire habituellement. Mais si elle n'y va pas directement, c'est par peur d'être rejetée, comme elle se sentait rejetée par ce père qui préférait la croire malade plutôt que de lui octroyer plus de tendresse en sentant son coeur battre la chamade.

 

J'avais d'abord envisagé un 4 qui s'intégrerait en 2. Mais il n'y a pas d'envie, et elle est bien trop tournée vers l'extérieur dès le début.

 

Voilà pour cette audacieuse proposition. :wink:

Kayla

 

Source : Pascal Ide, La Rencontre au cinéma, Emmanuel, 2005.

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Thierry

Bonjour Kayla,

 

Bravo pour cette hypothèse ! Ce film est trop loin dans ma mémoire pour que je puisse commenter cette hypothèse, mais cela éclaire d'un jour nouveau mon antipathie pour le personnage. Par ailleurs, j'ai trouvé le film plutôt bien.

 

Du coup, et par ailleurs, je viens de regarder sur l'Internet quelques photos de l'actrice qui joue Amélie (Audrey Tautou), dont je ne connais pas l'ennéatype, tout en me remémorant les visages de femmes que j'ai typées 2 alpha. Mon intuition trouve que tout cela colle, si l'on peut dire…

 

Amicalement,

Thierry

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Wallace

Bonjour à tous,

 

Eh bien, après deux mentaux et un instinctif, voilà un émotionnel ! Heureusement qu'il n'y a que trois centres… Blague à part, je me demande ce que pourrait penser de l'Ennéagramme quelqu'un qui ne le connaîtrait pas et le découvrirait par cette conversation ou celle de Cloclo : :confused: ou :beurk: ? Le typage de personnages non réels est bien dangereux, comme celui de personnages réels qu'on ne connaît pas personnellement.

Reste l'éternelle question pour un film à laquelle on échappe dans la vraie vie : le personnage est-il typable ? Après tout ici, le film ne prétend pas au réalisme et se veut plutôt un conte (je ne serais d'ailleurs pas surpris qu'un des deux coauteurs soit un 7 dans la vraie vie).

Fabien, tu devrais construire un stage Non-détermination pour nous apprendre à reconnaître les personnages non typables. :pt1cable:

 

Très amicalement,

Wallace

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

Cela éclaire d'un jour nouveau mon antipathie pour le personnage.

Quand on a une antipathie pour un ennéatype, la priorité, c'est de la traiter : cette antipathie dit quelque chose sur nous, pas sur l'ennéatype concerné.

Je viens de regarder sur l'Internet quelques photos de l'actrice qui joue Amélie (Audrey Tautou), dont je ne connais pas l'ennéatype, tout en me remémorant les visages de femmes que j'ai typées 2 alpha. Mon intuition trouve que tout cela colle, si l'on peut dire…

Franchement, ce n'est pas sérieux et pas digne des échanges que nous avons ici.

Blague à part, je me demande ce que pourrait penser de l'Ennéagramme quelqu'un qui ne le connaîtrait pas et le découvrirait par cette conversation ou celle de Cloclo : :confused: ou :beurk: ?

Personnellement, je penserais que les gens sont passionnés et ouverts à la discussion, mais je ne serais pas forcément tenté par le modèle si des personnes qui y sont formées peuvent voir des choses aussi contradictoires.

 

Fabien, tu devrais construire un stage Non-détermination pour nous apprendre à reconnaître les personnages non typables. :pt1cable:

C'est une bonne idée, mais c'est un stage difficile à concevoir… Prouver que quelque chose n'est pas est fort complexe, comme il est parfois difficile de prouver son innocence. La solution est peut-être d'éviter les typages "dangereux" ! (Beau qualificatif de la part d'un 6.)

Très amicalement,
Fabien

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Thierry

"Quand on a une antipathie pour un ennéatype, la priorité, c'est de la traiter : cette antipathie dit quelque chose sur nous, pas sur l'ennéatype concerné."

Oui, bien entendu. Je sais que j'ai, à titre personnel, pour raison familiale, ma dose de désintégration 2 alpha. Cela ne m'empêche pas d'apprécier tranquillement des 2 alpha, dès lors que j'ai la certitude de pouvoir, en toute circonstance, avoir un certain retrait.

 

"Franchement, ce n'est pas sérieux et pas digne des échanges que nous avons ici."

Perception brute de fonderie à travailler en développant plusieurs aspects et à reformuler…

 

Amicalement,

Thierry

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Aurolaf

Chers tous,

 

"Je me demande ce que pourrait penser de l'Ennéagramme quelqu'un qui ne le connaîtrait pas et le découvrirait par cette conversation."
Il est bien évident que je me pose la même question que Wallace. J'arrête donc de jouer (car je considère qu'à ce stade, le jeu devient nuisible au modèle !).

 

Ce que j'aime dans le ciné-agramme, au-delà du fait d'avoir tort ou raison et au-delà du plaisir de la discussion et de la confrontation, c'est l'inestimable valeur pédagogique de l'exercice :

  • Comprendre où on a pu se tromper (et là, on revient à un exercice d'introspection qui est quand même la première règle éthique du modèle : "Avant toute autre chose, connais-toi toi-même.") et ce que nos erreurs nous disent sur nous-mêmes ;
  • Approfondir sa connaissance et sa compréhension d'un type et de ses mécanismes ;
  • Affiner nos stratégies de typage et élargir notre panel sur des types donnés.

Dézingage de 7 et pourquoi le personnage est difficilement typable :

 

Au départ, j'étais partie pour être d'accord avec Jérôme, mais en revoyant le film, ce n'était pas possible ! J'aurais pu défendre le 9 mais ce n'était pas vraiment drôle parce que Fabien avait déjà émis cette hypothèse. [Déjà là, première erreur égotique de ma part…]

 

Quoiqu'en postant, je savais que mon hypothèse ne tenait pas totalement la route pour les raisons suivantes :

  • Incohérence en terme de hiérarchie des centres. Jérôme tu l’as bien souligné : "J'avais pensé à l'hypothèse 5 alpha qui se désintègre en 7, mais cela ne collait pas avec la hiérarchie des centres que je voyais."
    Note que j'ai prudemment évité le sujet dans mon argumentaire initial ! Amélie a des moments de grande activité et c'est bizarre dans l'hypothèse d’un centre instinctif réprimé en permanence. [=> déni d'une partie de la réalité pour arriver à ma démonstration.]
  • Incohérence due au fait que le 7 mu est détaché-détaché. Or Amélie fait parfois preuve d'une forme d'agressivité parfois étonnante : sa vengeance avec le voisin qui s'est moqué d'elle et son stratagème avec Mr Collignon. Cette attitude me semble compatible avec un profil détaché-agressif pas avec un détaché-détaché. [Encore un petit coup de déni.]
  • Incohérence avec la direction d'utilisation du centre mental (comme l'ont souligné Jérôme et Stéphanie). [Là c'est du gros déni car je l'avais vu et je m'étais dit (rationalisation) "Allez ça passe si je me dis que "le bonheur qu'elle déclenche chez les gens produits à l'intérieur d'elle un plaisir immense qu'elle recherche gloutonnement." Et voilà comment on tord une hypothèse.]
  • Absence totale de contrepoids égotique du 7.

Au moment de poster mon texte, je me suis dit que, vraiment, il y avait beaucoup d'éléments qui me semblaient louches pour typer (et le plaisir du jeu et l'impulsivité l'ont emporté sur la raison. Mea culpa ! :sorry: :sorry: )

  • La hiérarchie des centres n'est pas claire du tout : nous n'arrivons pas à un consensus alors que nous devrions juste hésiter entre deux hypothèses de hiérarchie (ex : M-I-E ou I-M-E).
    Je reste persuadée que le véritable type d'Audrey Tautou "transpire" sur le personnage d'Amélie d'où l'impossibilité de définir une hiérarchie qui tienne la route.
    Option 2, peu plaisante : nous sommes archi nuls en détermination de hiérarchie des centres et nous devons (re)faire très vite le stage Centres ! (Perso, je prends option 1 :wink:)
  • Fabien a dit : "Je ne serais d'ailleurs pas surpris qu'un des deux coauteurs soit un 7 dans la vraie vie". Je me suis fait la même réflexion en réfléchissant à un typage.
  • Réalisme du personnage : certains d'entre vous disent qu'ils ne voient pas de désintégration ou ont même argumenté vers une intégration du personnage. Pensez-vous réalistement que quelqu'un qui aurait eu une enfance comme Amélie pourrait vivre normalement et même s'intégrer spontanément à l'âge adulte (surtout, si elle est 2 !) ? Je ne vois un typage possible, avec ses conditions de vie, qu'avec une désintégration durable et marquée pendant l'enfance et l'adolescence !

Parmi les difficultés de l'apprentissage et la compréhension de l'ennéagramme, il me semble qu'il y a aussi ce qu'on met derrière chaque mot avant d'avoir une compréhension profonde de chaque type.

 

Qu'est ce que pour vous que le "vide intérieur" du 5 ? C'est une notion qu'il serait intéressant de creuser dans une autre conversation (personnellement, j'ai mis longtemps à comprendre "l'évitement de la déviance" — j'ai compris grâce à un travail acharné sur les 6) et je sais que j'ai encore à travailler, par exemple, pour comprendre pleinement la notion de "vide intérieur" (et je crois que Jérôme aussi). Idem pour la compréhension de l'évitement du vide intérieur.

 

Dans toute notre approche n'y a-t-il pas une grande subjectivité (et trop de filtres), source de plantage ?
Par exemple :

  • @Jérôme : "Ceci dit je ne suis pas convaincu qu'il y ait tant de rêveries que ça." J'ai un peu halluciné en lisant cela ! C'est subjectif et fonction de l'endroit où tu places le curseur "rêverie". Pour moi, Amélie est totalement coupée de la réalité de ce monde et ça m'effare de voir quelqu'un autant dans la rêverie (et là encore ma perception est subjective et fonction de mon vécu et de mes filtres de 8).
  • @ Kayla : je pourrais réfuter point par point l'hypothèse du 2 mais je n'en ai ni le courage, ni l'envie étant donné la tournure que prend cette conversation. Deux questions : est-ce bien réaliste de baser une partie du typage sur un chemin d'intégration avec un tel personnage et un tel passé ? Et  est-ce bien sérieux de baser une partie de typage sur les interprétations d'une autre personne, à savoir Pascal Ide (qui a donc déjà posé ses propres filtres sur le film) ? 2 Séduction agressive : les bras m'en tombent ! :surprised:

Bref, pour conclure, je dirai que le 9 me paraît le moins discutable des ennéatypes, même si je pense que le personnage n'est pas totalement cohérent pour les raisons évoquées ci-dessus.

 

Bien amicalement.

 

PS : Et pour que cette conversation serve à quelque chose, il serait utile que chacun s'interroge sur ses propres travers de détermination.

PS 9 : Thierry, la participation périphérique, c'est bien… Mais parfois, c'est lourd pour ceux qui bossent vraiment et qui attendent la même implication de la part des autres !

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Fabien Chabreuil

Bonjour,

 

Cette conversation a effectivement donné quelques exemples de ce qu'il vaudrait mieux ne pas faire, qui ont été relevés successivement par Wallace, moi-même et Aurore.
 
"2 Séduction agressive : les bras m'en tombent !"
Même si mes souvenirs du film sont lointains, moi aussi je commence à ressemble à la Vénus de Milo ! Wallace réclamait un "stage de Non-détermination". Le b.a.-ba en serait, comme d'ailleurs Aurore l'a mentionné ci-dessus, de ne pas tolérer une incohérence dans ses hypothèses. Amélie Poulain n'est de toute évidence pas dans la séduction agressive donc :

  • Soit elle n'est pas 2 ;
  • Soit elle n'est pas de sous-type sexuel.

Et il est alors inutile de poursuivre, rédiger et publier l'hypothèse 2X. Autant occuper son énergie mentale à explorer d'autres pistes, et ne pas polluer celle des autres. Je rappelle que cette stratégie d'élimination est expliquée et utilisée dans le stage Détermination.

 

Pour un personnage de fiction, si on arrive à aucune hypothèse totalement cohérente, c'est que le personnage n'est pas typable, peut-être parce qu'il n'est pas réaliste humainement, par la volonté des auteurs qui n'avaient pas ce but, ou contre elle parce ce qu'ils se sont plantés quelque part. Si on arrive à plusieurs hypothèses également cohérentes, c'est la même chose, certains auteurs mélangeant des éléments de plusieurs personnages réels pour construire un personnage de fiction.

Dans la vraie vie, les cas précédents par contre indiquent que nous manquons d'informations, et qu'il faut aller les chercher.

 

Merci Aurore d'avoir exposé courageusement les erreurs que tu as commises. Le faire ainsi spontanément est une marque d'humilité, et c'est la vertu de ton type d'intégration.

 

Quant au cas d'Amélie Poulain, je n'ai toujours pas revu le film et ne me prononce donc pas.

Très amicalement,
Fabien

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Thierry

Bonjour,

PS 9 : Thierry, la participation périphérique, c'est bien… Mais parfois, c'est lourd pour ceux qui bossent vraiment et qui attendent la même implication de la part des autres !

Ta remarque tombe à pic : je viens de donner à Isabelle sur un fil voisin en quelques mots, ma définition de la participation périphérique. Ce n'est pas du tout le fait d'être à la périphérie ou d'être la mouche du coche.

Qu'est ce que ce serait si, en plus, j'étais intervenu en mode saga ! :confused:

Amicalement,
Thierry

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Kayla

Bonjour tout le monde,

J'avais longuement hésité à partager mon analyse ! Par contre, une chose est sûre, je n'ai pas défendu l'hypothèse 2 parce que personne ne l'avait choisie. C'était mon sentiment dès le départ. Là où j'ai tiqué, c'est que je penchais plus pour un 2 mu, moins agressif, plus détaché, moins flamboyant, etc. Alors que les direction d'intégration et de désintégration correspondaient à un 2 alpha. J'aurais donc dû partager mon ressenti sans la proposer comme une hypothèse, mais plutôt comme la façon dont j'avais ressenti et compris le personnage.

Je pourrais réfuter point par point l'hypothèse du 2 mais je n'en ai ni le courage, ni l'envie étant donné la tournure que prend cette conversation. Deux questions : est-ce bien réaliste de baser une partie du typage sur un chemin d'intégration avec un tel personnage et un tel passé ? Et est-ce bien sérieux de baser une partie de typage sur les interprétations d'une autre personne, à savoir Pascal Ide (qui a donc déjà posé ses propres filtres sur le film) ? 2 Séduction agressive : les bras m'en tombent ! :surprised:

  1. Elle a perdu sa mère, mais bon elle n'a pas eu une enfance martyr, non plus. J'ai beaucoup réfléchi à cette question depuis que tu as posté et, rien à faire, je trouve ça très pessimiste et décourageant pour tous ceux qui ont eu une enfance vraiment difficile. Ça équivaut à dire qu'il n'y a alors aucune chance d'intégration ? C'est ainsi que je le comprends, ce n'est pas forcément ce que tu voulais dire. Mais je n'arrive à aller au-delà pour le moment.
  2. Je n'ai pas basé mon type sur les interprétations de Pascal Ide, mais je l'ai cité comme un extérieur au mien, qui avait compris et ressenti le film de la même façon que moi.
  3. Et alors pour le sous-type, en effet, j'ai un souci : pour moi, une personne pouvait être d'un sous-type sans en manifester toutes les caractéristiques caricaturales. Je pensais qu'il y avait des nuances, pouvant aller de juste quelques traits (relation 1 à 1, regard intense, recherche de la relation) à la totalité du tableau décrit dans le stage. On n'a pas tous les instincts blessés aussi profondément ? Mais encore, une fois, j'y vois, moi, un chemin d'intégration, et donc des instincts pas tellement atteints.

Je vais donc relire mes notes, les fiches, etc.

En tout cas, même si je suis clairement capable de défendre une hypothèse à laquelle je ne crois pas (intellectuellement), je n'aurais jamais pris le parti de le faire ici, dans ce contexte. Donc, mon erreur est sans doute d'autant plus importante, puisque j'ai vraiment compris et ressenti ainsi le personnage d'Amélie. Parce que mon but n'était évidemment pas de polluer les hypothèses des autres, mais de présenter un autre point de vue.

Bonne semaine à vous,
Kayla

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Wallace

Bonjour à tous,

 

Merci Aurore d'avoir exposé courageusement les erreurs que tu as commises. Le faire ainsi spontanément est une marque d'humilité, et c'est la vertu de ton type d'intégration.

Oui, merci Aurore. Je suis épaté par ta capacité à te remettre en cause. Et puis ça fait contraste…

 

Très amicalement,

Wallace

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Administrateur

Bonjour à tous,
 
J'écrivais hier matin que "cette conversation a effectivement donné quelques exemples de ce qu'il vaudrait mieux ne pas faire, qui ont été relevés successivement par Wallace, moi-même et Aurore", et j'ai essayé d'expliquer pourquoi. Comme il me semble que je n'ai pas été assez clair, sur le métier, je remets mon ouvrage.
 
Commençons par le cadre général qui s'applique à tous les participants non seulement à cette discussion, mais au forum tout entier.
 
Aurore écrivait le 4 avril : "Mais parfois, c'est lourd pour ceux qui bossent vraiment et qui attendent la même implication de la part des autres !"  Je renchérissais hier en suggérant de "ne pas polluer [l'énergie mentale] des autres". Ce forum est effectivement un lieu de travail pour apprendre sur soi, sur les autres et sur l'Ennéagramme. Ce n'est pas un endroit de causerie où on vient quand la machine à café est en panne. Lors de sa création, j'ai écrit dans sa charte d'utilisation :
 

Le 25/09/2001 à 14:45, Administrateur a dit :

Ayez une attitude écologique vis-à-vis de ce forum. Utilisez-le pour ce qu'il est : un complément à une formation ou à une supervision individuelle et/ou un approfondissement des connaissances acquises dans ces contextes, et non pas un substitut à l'apprentissage. Consommez les ressources avec modération et laissez-les se régénérer : les administrateurs et modérateurs ont bien d'autres activités, et le temps qu'ils offrent ici ne peut être que limité et doit être partagé entre tous les intervenants.

 

Je sais parfaitement que notre égocentrisme naturel nous rend à tous — moi y compris bien sûr — difficile de ne pas tomber dans le piège de la tragédie des biens communs à laquelle nous devons quelques-uns des plus gros problèmes de notre époque.
 
Quand un message est publié, je le relis soigneusement, et le plus souvent j'y réponds (environ 30 % des messages ici sont de ma plume) ; de plus, le temps que je consacre par exemple à être obligé de publier cette mise au point qui ne devrait pas être nécessaire est pris sur celui que je pourrais consacrer à répondre à d'autres messages du forum. Les personnes qui nous font le plaisir de visiter ce forum ou d'y participer activement font le même travail d'analyse et parfois de réponse. Elles et moi avons aussi plein d'autres choses à faire dans notre vie, et cela doit être respecté. Cela implique de contrôler sa participation, tant en quantité qu'en qualité.
 

*-*-*-*-*

 

Le 08/04/2013 à 10:53, Thierry a dit :
Le 04/04/2013 à 07:44, Aurolaf a dit :

PS 9 : Thierry, la participation périphérique, c'est bien… Mais parfois, c'est lourd pour ceux qui bossent vraiment et qui attendent la même implication de la part des autres !

Ta remarque tombe à pic : je viens de donner à Isabelle sur un fil voisin en quelques mots, ma définition de la participation périphérique. Ce n'est pas du tout le fait d'être à la périphérie ou d'être la mouche du coche.

 La définition en Ennéagramme de la participation périphérique est qu'un 9 en S+ ou S++ appartient à des groupes et, si, reste à la marge pour en assurer un fonctionnement efficace et fluide sans pour autant avoir trop de visibilité afin d'éviter les conflits. Je ne sais pas, Thierry, si c'est ce que tu voulais faire, mais c'est loupé.

Les fondateurs de la PNL ont émis un principe général de communication, provocant mais fort intéressant : "Le sens de votre message est la réponse que vous obtenez, quelle que soit votre intention." Après tout, si nous communiquons, c'est sans doute pour faire passer un message à notre interlocuteur. Pour prendre une métaphore économique, il y a entre l'émetteur et le récepteur une relation fournisseur-client. Est-ce que ce dernier achète notre message ou non ? Si nous voulons être gentil et que notre message est perçu comme agressif, qu'avons-nous été ? Gentil ou agressif ? Dans la mesure où nous sommes en communication, on ne peut pas ne pas tenir compte de la réaction de l'autre.
 
À partir du moment où tes messages provoquent la réaction d'Aurore sus-citée, celle de Wallace et la mienne, des questions te sont posées.
 

*-*-*-*-*

 

Le 08/04/2013 à 11:45, Kayla a dit :

J'aurais donc dû partager mon ressenti sans la proposer comme une hypothèse, mais plutôt comme la façon dont j'avais ressenti et compris le personnage.

Eh bien non justement, tu n'aurais pas dû non plus. Cette conversation est consacrée à la détermination de l'ennéatype d'Amélie Poulain. Ton ressenti sur le personnage n'a rien à y faire : "Traitez un seul sujet par discussion", dit la fameuse charte d'utilisation.
 
Ce ressenti aurait pu nous intéresser et être publié ailleurs, certainement pas en l'état, mais en faisant le lien avec ton vécu de ton ennéatype : "L'ennéagramme est avant tout un outil destiné à la connaissance de soi et à la transformation personnelle", rappelle le code d'éthique de l'IEA. Il y a pour exprimer ce ressenti et l'introspection correspondante un secteur "Ennéatype 4" sur ce forum auquel tu n'as pas participé depuis près de six mois.
 

*-*-*-*-*

 
La charte d'utilisation conclut : "Participer à ce forum présuppose l'acceptation sans réserve de ces conditions générales d'utilisation : les messages qui n'y répondent pas pourront être déplacés ou supprimés sans préavis, et le compte de leur auteur pourra être fermé." Je ne validerai plus dans cette discussion de message ne discutant pas exclusivement du typage d'Amélie Poulain. Je serais aussi plus strict dans les autres conversations.
 
La charte dit aussi : "Ce panneau est un espace de travail et de convivialité." Ici, l'un et l'autre ont disparu en même temps. Rétablissons-les.
 

*-*-*-*-*

 
Je suis triste pour Jérôme qui a commencé cette conversation avec un travail sérieux et de qualité, et une réelle ouverture à la discussion. Dans la conversation "J'arrive !", il a écrit hier soir :
 

Le 08/04/2013 à 18:56, Jérôme a dit :

Dans un cadre de réunions familiales plus larges, l'ambiance joue beaucoup et quand le niveau sonore ou l'intensité des discussions est trop important, je déconnecte systématiquement au bout d’un moment. Je suis très sensible au niveau d'écoute mutuelle, et le fait qu'une ou plusieurs personnes parlent beaucoup est presque systématiquement éliminatoire pour moi. Je me mets si possible à l'écart physiquement. Je reste alors en "participation périphérique".

Je n'ai pas pu m'empêcher de faire un lien… Rendons-lui la parole.
 
Très amicalement,
Fabien

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