Institut Français de

l’ennéagramme

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Stéphanie Auxenfans

Cherchez Hortense

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Stéphanie Auxenfans

J'ai vu Cherchez Hortense la semaine dernière. J'avais plus ou moins analysé le film en le regardant mais sans penser le typer sur le site et justifier mes choix. Je vous livre les ennéatypes qu'il m'a semblé reconnaître.

Le père de Bacri est joué merveilleusement par Claude Rich. Un beau salaud ! Il est centré sur lui et super méprisant, comme il le dit lui-même à la fin du film. Il semble avoir une très haute opinion de lui et de sa fonction.

 

On le découvre épicurien et aimant toutes sortes de plaisirs dans la très géniale scène du restaurant. Dans cette scène il répond à son fils avoir des relations avec les hommes, mais se refuse à être étiqueté homosexuel. C'est d'ailleurs à peu près le seul moment où l'on perçoit son énergie, il explique avec ferveur qu'il se refuse à être homosexuel car il ne supporte pas le communautarisme. Il se déclare anti-communautarisme, car le communautarisme est synonyme de perte de liberté.

Beaucoup d'éléments pour un ennéatype 7.

Quand à Isabelle Carré, qui joue le rôle d'une Croate (je crois) sans papier, dès les premières apparitions, j'y ai vu un ennéatype 2. C'est une émotionnelle sans aucun doute, et son énergie est tournée vers l'extérieur. Elle est sympathique. Elle s'intéresse à Damien, le personnage que joue Bacri. Elle sait des choses sur lui, elle cherche à rentrer en contact avec lui, à assister à ses cours, tout ça en fait pour se rapprocher d'un de ses
amis, on peut voir là la manipulation émotionnel du 2.

J'ai ressenti sur deux ou trois scènes cette sensation qu'elle avait l'air étouffante et dépendante. Elle est toujours très proche physiquement des personnes qui l'entourent. Elle semble très en demande d'amour. Je pense qu'elle est de sous-type sexuel. Elle regarde toujours dans les yeux, avec les yeux grands ouverts, comme si elle écoutait et tendait l'oreille pour mieux entendre et mieux comprendre (avec ses yeux).

J'ai retenu une phrase que lui dit Bacri désespérément à la fin, alors qu'elle lui annonce qu'elle va partir en Inde et faire un enfant avec son meilleur ami : "Vous vous trompez, vous vous êtes toujours trompée, vous vous
trompez tout le temps !"
Cette phrase illustre la répression de ses besoins, que Bacri a bien compris.

Pour le rôle de la femme de Bacri, joué par Kristin Scott Thomas, je pense à une 4. Je n'ai pas tellement d'éléments à donner, mais c'est un ressent global. Je repense à une des premières scènes dans la voiture avec l'acteur principal de la pièce qui la drague. Elle lui dit qu'il lui plaît mais qu'il ne se passera rien. Puis elle descend de la voiture au milieu de nul part. Comme si elle cherchait à susciter encore plus de désir chez l'autre. Elle se rend mystérieuse en quelque sorte.

J'ai vu aussi l'envie, lors de la scène du baiser. Elle bout et envie sans doute l'actrice qui reçoit les baisers de cet homme qui lui plaît. Pour se venger de lui, elle lui demande de se jeter aux pieds de l'actrice et de lui embrasser les pieds. Ce qui, a priori, n'a pas vraiment sa place dans la pièce. Dernier point, à la fin du film, au moment du deuxième au revoir avec son mari, elle dit "Adieu" avec un ton à la fois dramatique et plaintif. Elle a d'ailleurs essayé de revenir en jouant la tristesse, en essayant par une forme de ruse émotionnelle de se remettre avec son mari. Voyant que ça ne fonctionne pas, elle part simplement. Ce moment où elle essaye de renouer avec lui ne faisait pas très authentique et sonnait plus comme un jeu d'acteur.

Quand à Bacri, je ne l'ai jamais vu aussi triste dans un rôle. Triste, mou et désabusé. Et j'oubliais aussi peu râler. :miam: Il s'occupe de tout, de son fils, de l'appartement, de son ami suicidaire. On peut compter sur lui, il accepte l'absence de sa femme jusqu'au moment où elle ne dort pas à la maison et où il comprend qu'elle a un amant. J'ai vu son orientation de loyauté et sa passion de peur face à son père. Vers la fin du film, il s'intègre. On voit la vertu du type le courage lorsqu'il décide de trouver son père pour lui demander enfin son aide, et lorsqu'il contacte et rencontre directement l'ami de son père qui pourrait l'aider. Enfin quand la police risque de demander ses papiers à Isabelle Carré, il la protège en se rebellant contre la figure d'autorité : "Oui mais j'emmerde vos ordres, j'emmerde la loi, je vous emmerde, c'est niet. […] Vous êtes pas capables d'aller dire à votre hiérarchie d'aller se faire foutre ! Des flics ça ? Des bouffons !"

 

Encore un rôle de 6. J'avoue que là, ses antécédents de 6 m'ont aussi aidé à le typer. Je dirais un 6 de sous-type sexuel avec une répression de centre instinctif (alpha).


Si vous avez vu le film, amis de l'ennéagramme, votre avis m'intéresse.

Très amicalement,
Stef

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Le père de Bacri est joué merveilleusement par Claude Rich. Un beau salaud ! […] Beaucoup d'éléments pour un ennéatype 7."
Je ne comprends pas. Il est très bien : intelligent, drôle, séduisant, et j'en passe…

 

Blague à part, j'ai vu le film à sa sortie et ne l'ai que moyennement aimé. J'adore Jean-Pierre Bacri, mais il ne fait que du Bacri… Quant Isabelle Carré en sans-papier croate, j'ai eu du mal à la trouver crédible. Bref, à part le sublimissime Claude Rich :rofl: dont le type est évident, je n'ai pas vraiment cherché à typer les personnages.

 

Ceci dit, ton analyse est crédible car elle impliquerait que chaque acteur des rôles principaux joue son propre ennéatype. Et ma foi, si le casting a été bien fait, c'est fort possible.

 

Très amicalement,

Fabien

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Kayla

Bonjour Stéphanie, bonjour Fabien,

 

J'ai vu le film. Ce que j'ai d'abord remarqué c'est l'orientation intérieur/extérieur des personnages :

  • Intérieur pour le père (Claude Rich) ;
  • Extérieur pour Aurore (Isabelle Carré) ;
  • Intérieur pour Iva (Kristin, Scott Thomas) ;
  • Intérieur/extérieur pour Damien (Bacri).

 

Le père : en effet, un beau salaud :wink:, égocentré au possible, et puis porté sur les plaisirs en tous genres, en effet. La scène du restaurant est terrible. Et l'expression sur son visage quand Bacri part se rafraîchir est un "délice" ! Il jouit visiblement de l'effet qu'il a produit sur son fils, et s'en amuse visiblement. Deux moments de rationalisation :

  • Quand il essaie de justifier sa non-intervention auprès d'Henri disant que de toute façon ça peut mettre des mois avant la police s'intéresse au cas d'Aurore, etc.
  • Et puis sa tirade au restaurant.

Bref, je suis partante aussi pour un type 7. :happy:

 

Aurore : ce qui frappe, c'est le peu de distance physique qu'elle met entre elle et les autres personnages. Toujours tournée vers eux, face à face, se touchant presque ou carrément. La phrase "tu te trompes toujours" que lui dit Bacri me fait penser à la confusion que font les 2 (et désintégrés en 2 :sick:) entre le message envoyé par le centre émotionnel et le message envoyé par le sous-type instinctif, qui les fait se retrouver dans des situations qu'ils ne voulaient pas. J'y vois aussi une répression du mental (agir en fonction de ce qu'on ressent, et réfléchir après). Et comme sa compulsion l'empêche de savoir ce dont elle a besoin et ce dont elle a envie, elle se trompe ("Ttut le temps") !

 

De plus, quand elle apprend que Bacri n'a finalement pas demandé à son père de l'aider, elle s'en va brusquement certes, mais elle revient vers lui après ! Elle ne lui en veux pas et ne veux pas rompre le lien. Après son interpellation, elle va prendre de ses nouvelles. Elle s'intéresse à lui, à ce qu'il fait, ce qu'il écrit, ce qu'il ressent.

 

Iva : l'attitude, la gravité, le côté tragique, j'ai tout de suite pensé au 4. En fait, il y a plein d'éléments pour un type 4 ! Sa réaction face à la jeune actrice, expression d'un sous-type sexuel Compétition. On voit l'envie, on voit la haine aussi, verbalisée d'ailleurs : "Je la hais" dit-elle de la jeune actrice quand Bacri lui dit qu'"elle est très jeune, non ?" Peut-être que c'est même l'envie qui la fait sortir avec Antoine alors qu'au départ elle refuse. Une phrase qu'elle dit à Antoine fait penser à l'évitement de la banalité : "Tout le monde était nul mais toi avec plus de talent que les autres." Quand il lui dit qu'elle sent bon, elle répond "Machin numéro de chez truc" : peut-être trouve-t-elle le compliment trop banal ? Dans le seul moment d'intimité, il lui dit : "Je te trouve très très belle, même un peu tragique."

 

Quand elle rentre la première nuit, elle est là, prostrée, les larmes aux yeux, mystérieuse. Quand elle demande à Antoine d'embrasser les pieds de la jeune actrice, elle dit : "Allons-y à fond [dans le grotesque], pas de demi-mesure." Ou juste avant : "Que tu l'embrasses comme si tu allais lui arracher la bouche, pas ce petit baiser d'amoureux de merde."

 

Une communication vraiment sur le mode drame, des termes forts, expressifs, des phrases interrompues, en suspens, mystérieuses : "Nulle part, ça me va très bien."

 

On voit bien aussi son centre émotionnel tourné vers l'intérieur. Quand Bacri lui dit qu'ils doivent parler, qu'il a quelque chose à lui dire, elle reste obnubilée par ses cigarettes et l'écoute à peine. Il lui reproche d'ailleurs à ce moment-là de ne pas s'intéresser à ce qu'il a fait cette nuit-là, de ne pas s'intéresser à ce qu'il fait tout court. Dans la cuisine, quand elle lui apprend qu'elle l'a trompé, on la voit tragique, les larmes aux yeux, perdue. Son "Puisque tu le veux comme ça" est très théatral, d'ailleurs il n'est pas dupe. À un moment, on la voit authentique, quand elle va dans la chambre pour embrasser Noé. C'est d'ailleurs la seule scène où on la voit proche de son fils. Le reste du temps elle est centrée sur elle, ses émotions, sa souffrance. Une autre scène aussi est caractéristique du 4, celle dans le bureau, quand elle lui fait la grande scène mélodramatique du "tu n'as jamais rien fait pour me garder", les larmes qu'elle essuie pile au bon moment, la communication encore une fois sur le mode drame : "Je suis déchirée", "C'est bon, je m'en vais", "Adieu mon chéri." On apprend à la fin du film qu'elle est resté très peu de temps avec Antoine et vit une nouvelle passion amoureuse.

 

Damien (Bacri) : pour lui je suis donc partie de l'orientation intérieur/extérieur et donc un type du triangle. Il me semble réprimer le centre émotionnel : par exemple il ne réagit pas aux tentatives de manipulation émotionnelle d'Iva. Il reste stoïque, même quand elle pleure. Et même si Iva lui reproche à plusieurs reprises de ne rien faire, c'est en général des actions sources de conflit qui lui posent problème, comme appeler son père. À côté de ça, son centre instinctif fonctionne, c'est lui qui s'occupe des devoirs, de la maison, des repas, des devoirs. Mais dès qu'il s'agit de contacter son père, pff… il fuit ! D'un autre côté, on le voit mentir quand Iva l'interroge sur le déjeuner. Pour éviter le conflit ? Ou pour cacher sa déviance ? Je n'ai pas l'impression qu'il s'occupe de la maison, de Noé, des devoirs, par loyauté, mais juste parce que ça doit être fait et qu'Iva n'est pas là pour le faire. Pareil pour la nuit où il s'occupe de son ami. Il est le seul disponible, alors il y va.

 

On le voit amusé par certaines remarques que Noé fait à sa mère (mais pas quand il se met à être grossier, trop conflictuel pour lui sans doute). Il fait preuve d'humour aussi. "Mais, il n'est pas l'heure ?" lui demandent ses stagiaires/étudiants. "Bah... Méditez là-dessus aussi" leur répond-il. On peut voir sa colère dans le taxi, ou quand Noé parle mal à sa mère, quand son beau-frère et son amie batifolent dans la salle de bains. On remarque la réaction posée et mesurée quand il apprend l'homosexualité de son père : "Bon, d'accord, très bien." Et l'humour plein de dérision juste derrière. Quand son père lui demande "Et toi de ton côté, tout va bien ?", "De quel côté ?" répond-il ; "Pas aussi grande (forme) que la tienne, papa." "Tout va très bien, ça doit être mon air habituel" dit-il à Aurore quand elle lui dit qu'il a l'air chiffonnné. Sa conversation avec le jeune serveur qu'il retrouve dans son lit est aussi pleine d'auto-dérision : " Je suis toujours pas bien." On pourrait le voir affolé de ce qu'il a pu faire, mais non, il reste finalement plutôt calme. Pas de panique, rien de grave, semble être son credo. :happy:

 

Si on fait attention à la communication, on voit que ce n'est pas une communication qui pose des limites. Mais ce n'est non plus vraiment un style saga. Ce qui est évident c'est qu'il est plus locace si le sujet ne prête pas à conflit.

 

En partant d'une hypothèse 9 alpha, il se désintègrerait donc en 6. On peut voir le doute et la suspicion quand Iva rentre tard, quand elle annule le déjeuner. Quand Iva le trompe, il ose s'affirmer, lui demander de partir. Quand il se rend compte que la Croate qu'il devait aider est en fait Aurore, il va enfin trouver son père puis prend rendez-vous avec Henri. Elle a touché son centre émotionnel, et ça se voit dans les actes qu'il va poser après, mais aussi dans le jeu d'acteur de Bacri.

 

Pour l'oubli de soi, on peut noter "je prends comme toi" quand il est au restaurant avec son père, mais surtout il se rend compte qu'il tient à Aurore au moment où elle décide de partir. Même s'il lui dit "cet enfant, j'aurais aimé vous le faire", il lui souhaite bon voyage. Heureusement Aurore va prendre de ses nouvelles, il ose alors lui parler de lui, de ce qu'il ressent, de ce voyage dont il n'a jamais parlé à personne. Mais là encore, il la laisse partir, il s'oublie. Il lui faudra encore attendre d'apercevoir son ami par la fenêtre. C'est là qu'il trouve la force de la rejoindre. On ne sait pas s'il est venu en voiture, s'il a pris le train. Mais il est là.

 

Je reste pour ma part sur une hypothèse 9 alpha.

 

J'ai trouvé ces personnages attachants, mais je suis partagée sur le film en lui-même. Il ne m'a pas enthousiasmée plus que ça.

 

D'autres propositions pour ce film ?

 

P.S. : ma fille cadette a vu un extrait où Noé parle à sa mère dans la cuisine. Sa réaction : "Je ne sais pas de quel type il est mais il me ressemble." Mouais… c'est surtout le ROUGE et le langage qu'ils ont en commun :cry:

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Stéphanie Auxenfans

Bonjour à tous,

Le rôle de Bacri est celui que j'ai le moins analysé, car je pense que Bacri est 6 dans la vraie vie, et il ne joue malheureusement que des rôles de 6. Et il semble qu'il a remis ça pour le prochain film.


Je vais avoir du mal à argumenter ma pensée, mais je vois bien un centre mental en premier d'où l'humour parfois sarcastique qu'il utilise. D'ailleurs il a vite cerné la problématique de vie du rôle joué par Isabelle Carré : "Vous vous trompez ! Vous vous êtes toujours trompez, vous vous trompez tout le temps !"

On voit la peur à plusieurs reprises, mais surtout face à son père qu'il n'arrive pas à affronter.

"Il me semble réprimer le centre émotionnel : par exemple il ne réagit pas aux tentatives de manipulation émotionnelle d'Iva."
Ça n'est parce que tu ne réponds pas à des manipulations émotionnelles que tu réprimes l'émotionnel. Bien au contraire, ça peut être signe d'un émotionnel qui fonctionne bien ou d'un état plutôt équilibré.

Je le trouve plutôt tourné vers les autres, que ce soit avec sa famille, ses amis, cette femme qu'il rencontre et à qui il s'intéresse tout de suite. C'est aussi, je pense, grâce à cet émotionnel en deuxième position qu'il va trouver le courage d'affronter son père pour essayer d'obtenir les papiers de cette femme.

Je le voyais plutôt réprimer le centre instinctif. Il est mou, extrêmement mou. On ne peut pas dire qu'il respire l'énergie et la vitalité. Il a l'air d'être tout le temps au ralenti. Assis dans l'appartement. On ne le voit pas beaucoup à l'action sauf à la fin, où il court pour aller chez l'ami de son père. Il sort également un soir pour rejoindre son ami en déprime, mais on sent que ça l'ennuie de sortir et que là, c'est sa loyauté qui le met en action.

"Pareil pour la nuit où il s'occupe de son ami. Il est le seul disponible, alors il y va."
Je ne ressens pas du tout les choses comme cela. J'y vois justement la loyauté du 6. Son ami va mal au beau milieu de la nuit, il arrive. Il râle, mais il y va sans hésiter. Il est présent quand on lui demande de l'aide. Quand à son fils, je trouve que Damien est aussi très présent et attentionné. Il essaye de concilier au mieux les besoins de son fils et de sa femme. Par exemple avec les cigarettes ou la montre rouge. Il cherche à protéger son fils et en même temps lui faire comprendre ce qu'il peut faire et ce qu'il ne peut pas faire.

Une phrase me revient qui élimine tout de suite la possibilité 9, il dit : "J'ai des relations simples avec personne et encore moins avec mon père." Or le 9 est connu pour ses qualités de médiateur, d'acceptation des autres et de soutien. Et le 6 pour son lien à la figure protectrice, ici en contre-modèle.


Je pense toujours à un 6 mu avec une aile 7.


Belle journée,
Stef

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Kayla

Bonjour Stéphanie,

 

J'ai pris quelques jours pour laisser poser et revoir le film avec un peu de recul. C'est vrai qu'il est "mou, triste et désabusé". Mais si je devais affubler quelques personnes de mon entourage de ces qualificatifs, ce serait sans doute des amis 9 et 4. Je trouve justement les 9 très "mous" en général, pire que moi (c'est dire ! :wink:), même s'ils peuvent paraître très actifs.

 

Damien dans le film s'occupe de tout, c'est vrai, mais quand il s'agit de faire quelque chose qui pourrait provoquer un conflit, il ne bouge plus, ou bien dévie la conversation sur autre chose. Dans la cuisine, à deux moments différents, quand Iva le presse pour qu'il appelle son père, il détourne son agacement vers Noé, plutôt que d'affronter Iva. Dans le salon, il discute avec elle, lui pose des questions sur la pièce, etc., mais dès qu'elle aborde le sujet de l'appel à son père, il quitte la pièce.

 

J'ai essayé de repérer des moments de bascule de mental, mais je n'en relève pas. Je ne vois pas non plus d'évitement de la déviance. Par contre l'évitement des conflits est bien là, quitte à détourner l'attention vers un conflit moins grave pour lui.

 

"Une phrase me revient qui élimine tout de suite la possibilité 9, il dit : "J'ai des relations simples avec personne et encore moins avec mon père." Or le 9 est connu pour ses qualités de médiateur, d'acceptation des autres et de soutien."

J'ai l'impression que pour les 9, toute relation peut être source de conflit, surtout quand ils vivent un moment de désintégration. Et puis leur façon de noyer le poisson pour éviter tout conflit est souvent ce qui les mène tout droit au conflit, justement, et donc à des relations compliquées.

 

Ce qu'il fait selon toi par loyauté, il pourrait tout aussi bien le faire par soutien et acceptation des besoins d'Iva. Le 9, c'est aussi ça, il fait pour l'autre : comment pourrait-il agir pour lui-même, puisqu'il ne sait pas ce qu'il veut, ni ce qu'il ressent ? Il s'oublie complètement dans cette relation, il n'a aucune connaissance de ses émotions, de son ressenti. Quand il dit à Aurore "Cet enfant, vous savez, j'aurais aimé vous le faire", c'est une réponse à son envie à elle. Et là encore il ne sait pas ce qu'il veut, puisqu'il la laisse partir malgré tout.

 

Quand vers la fin, il lui raconte son voyage en Chine, on pourrait y voir la communication saga, floue et imprécise. On ne sait pas trop où il veut en venir, c'est confus. Il dit quand même : "Avant... J'me souviens de rien. Comme si... Peut-être que je n'existais pas ?"

 

"Je vais avoir du mal à argumenter ma pensée, mais je vois bien un centre mental en premier d'où l'humour parfois sarcastique qu'il utilise"

Un 9 peut aussi avoir un humour sarcastique. Un 4 aussi d'ailleurs (on me le reproche parfois.)

 

"Ça n'est parce que tu ne réponds pas à des manipulations émotionnelles que tu réprimes l'émotionnel."

u as raison, ce n'est pas un bon argument. Le répression de l'émotionnel chez lui, je la vois surtout dans le peu d'accès à ses propres émotions, alors que le mental me semble en support. Même quand il commence à prendre conscience de ses sentiments pour Aurore, il tourne autour du pot, n'arrive pas à lui dire, attend que ça vienne d'elle, et comme ça ne vient pas, il finit par aller la retrouver, à agir pour lui-même. Mais là encore, il ne lui exprime pas ouvertement ses sentiments, elle devra deviner, comprendre.

 

J'ai besoin d'arguments pour étayer l'hypothèse 6. Je suppose que tu le vois plus comme un 6 alpha alors ? (Tu as écris 6 mu à la fin de ton dernier post.) D'ailleurs, où vois-tu l'aile 7 ?

 

Amitiés,

Kayla

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Je laisse bien évidemment Stéphanie répondre.

 

"Mais si je devais affubler quelques personnes de mon entourage de ces qualificatifs, ce serait sans doute des amis 9 et 4. Je trouve justement les 9 très "mous" en général, pire que moi (c'est dire ! :wink:), même s'ils peuvent paraître très actifs."

Là, on est dans les stéréotypes. Ton entourage n'est pas le monde… En dehors d'une histoire de vie particulière, ce qui peut pousser à être "mou, triste et désabusé", c'est la répression de l'instinctif sans doute combinée à un émotionnel assez fort préféré ou en support. Ce n'est donc pas le cas de tous les 4 (notamment les 4 mu sont rarement mous, tu peux penser à Steve Prefontaine), ce n'est pas toujours le cas des 9 loin de là, et cela peut exister chez d'autres types.

 


"Un 9 peut aussi avoir un humour sarcastique. Un  4 aussi d'ailleurs (on me le reproche parfois.)"

Et bien d'autres encore ! [Hors-sujet : cela fait deux fois dans ce message, Kayla, que tu parles du 4 alors que ce type n'est pas envisagé pour Damien. Introjection ? À discuter dans le forum des 4 peut-être.]

 

Très amicalement,

Fabien

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Stéphanie Auxenfans

Bonjour,

J'aurais préféré te faire une réponse partant de ma propre analyse détaillée et argumentée du personnage plutôt de reprendre les points que tu mentionnes, mais comme je l'ai indiqué dans mes deux messages, je n'avais pas prévu d'ennéatyper le film, et Damien est celui sur lequel j'ai le moins d'informations. Il va donc être difficile pour moi d'argumenter. Il faudrait que je revois le film. Donc je vais devoir partir de ta propre analyse, ce qui n'est pas la bonne démarche, mais la seule chose que je peux faire.

"J'ai l'impression que pour les 9, toute relation peut être source de conflit, surtout quand ils vivent un moment de désintégration. Et puis leur façon de noyer le poisson pour éviter tout conflit est souvent ce qui les mène tout droit au conflit, justement, et donc à des relations compliquées."
La fierté égotique du 9, c'est je suis bien, calme, facile à vivre. Son orientation, c'est l'acceptation et le soutien. Je te mets au défi de trouver un 9 qui te dise : "J'ai des relations simples avec personne." Le 9 a des relations simples avec les autres, il les accepte, les comprend, c'est sa fierté et son orientation, Kayla.

 

Il me semble tout que le monde au moment de désintégration peut potentiellement vivre des moments de conflits avec les autres. Et les 9, comme tous, ne sont évidemment pas à l'abri de conflits, mais de là à écrire qu'ils ont des relations compliqués, je trouve que tu y vas fort et que tu déformes les caractéristiques de base pour le faire coller à ton ressenti.

 

Pour moi ce seul point clos le débat d'un ennéatype 9.
Mais je continue.

 

"Ce qu'il fait selon toi par loyauté, il pourrait tout aussi bien le faire par soutien et acceptation des besoins d'Iva. Le 9, c'est aussi ça, il fait pour l'autre : comment pourrait-il agir pour lui-même, puisqu'il ne sait pas ce qu'il veut, ni ce qu'il ressent ?"
Il semble savoir ce qu'il veut quand il s'aperçoit que sa femme le trompe et qu'il lui demande de partir, de quitter le domicile.

 

Tu écris : "Il reste stoïque, même quand elle pleure." C'est parce qu'il sait, il comprend qu'elle lui joue une scène larmoyante. Il ne se laisse pas un seul moment duper. J'y vois là une illustration du centre mental préféré.

 

L'orientation du 9 aurait fait qu'il aurait au minimum essayé de parler, de se mettre à la place de l'autre, peut être d'accepter, en tout cas de comprendre ce qui se passe pour elle. Dans le film, cette seule information met fin à leur relation. Le 6 se sent trahi, mais pas seulement. Personnellement, j'ai eu l'impression que le couple n'allait déjà plus très bien dès le début du film et que cette rencontre avec Aurore et l'adultère révélé, lui donne la force et le courage de sortir de cette relation et de redevenir vivant.

"Le répression de l'émotionnel chez lui, je la vois surtout dans le peu d'accès à ses propres émotions, alors que le mental me semble en support. Même quand il commence à prendre conscience de ses sentiments pour Aurore, il tourne autour du pot, n'arrive pas à lui dire, attend que ça vienne d'elle, et comme ça ne vient pas, il finit par aller la retrouver, à agir pour lui-même. Mais là encore, il ne lui exprime pas ouvertement ses sentiments, elle devra deviner, comprendre."
Il a plein d'émotions, il vit plein d'émotions tout au long du film. Dès le début lorsqu'il parle à son père et voit Aurore par la fenêtre en train de pleurer, il est touché. Il est venu voir son père pour lui parler, mais il est attiré et regarde par la fenêtre pour la voir. Quand il descend, il va sur le banc pour la voir, mais elle n'est plus là. La passion et la fixation du 6 sont la peur et le doute. Il a peur d'exprimer ses émotions, peur d'être rejeté (c'est d'ailleurs cette même peur qu'il l'empêche d'aller voir son père). À chaque fois qu'il la retrouve, on voit son visage s'illuminer. Quand il comprend qu'elle est là sans papier, son visage se transforme aussi, il est atterré. Il me semble qu'il dit qu'il est une grosse merde ou quelque chose comme ça. Et c'est à partir de ce moment-là, qu'il prend la décision d'affronter son père, grande source de peur pour lui. Son père lui refuse son aide, il ruse (centre mental), il demande à sa mère le numéro de téléphone de l'ami très haut placé de son père, et décide d'y aller lui même sachant que son père désapprouverait totalement.

"Quand il dit à Aurore 'Cet enfant, vous savez, j'aurais aimé vous le faire', c'est une réponse à son envie à elle. Et là encore il ne sait pas ce qu'il veut, puisqu'il la laisse partir malgré tout."
Il est authentique dans cette scène et très touchant. Il livre ses sentiments à Aurore en lui disant cela, il est sincère.

 

Dans le stage Détermination, on apprend que le 6 est dépendant/détaché. Dépendant des règles, de l'autorité (de son père également) et cette dépendance aux règles et à l'autorité le rendent détaché, il a du mal à partager ses émotions avec les autres.

Pour l'aile 7, c'est son humour, son ton sarcastique et parfois caustique, qui m'a fait penser à l'aile 7. Bon c'est un peu léger, je te l'accorde.

Oui tu a raison, je voulais bien dire un 6 alpha.

Bonne journée,
Stef

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Aurolaf

Bonjour,

 

Kayla, si cela peut t'aider pour le typage de Bacri, tu peux t'entrainer sur plusieurs films du ciné-agramme : Un air de famille, Comme une image, Cuisines et dépendances, Didier, et Le goût des autres. Personnellement, j'ai eu beaucoup de mal , à mes débuts en typage, à typer Bacri dans ses divers films. Je me suis vautrée dans presque tous les cas ! :angry:

Le ciné-agramme est également l'un des exercices qui m'a le plus aidé à faire tomber mes stéréotypes concernant certains ennéatypes.

 

Bien amicalement,

Aurore

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Jérôme

Bonjour à tous,

 

"Personnellement, j'ai eu beaucoup de mal , à mes débuts en typage, à typer Bacri dans ses divers films. Je me suis vautrée dans presque tous les cas !"

La même chose pour moi, j'ai trouvé Jean Pierre Bacri particulièrement difficile ! J'ajoute qu'il m'est difficile de typer des personnages joués par un acteur dont je connais l'ennéatype, ou dont je connais les ennéatypes les plus fréquents des personnages qu'il joue. Il m'est difficile d'en faire abstraction, et je n'ai pas l'esprit assez ouvert pour un typage correct.

 

Belle journée à vous,

Jérôme

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