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Aline

Poème de 5

Messages recommandés

Aline

Bonjour à toutes et à tous,

Voici un poème d'un auteur anonyme qui a longtemps été mon préféré. J'ai réalisé qu'il illustre le désintéressement :

Le don du sourire

Il ne coûte rien
et produit beaucoup.

Il enrichit celui qui le reçoit
sans appauvrir celui
qui le donne.
Il ne dure qu'un instant,
mais son souvenir
est parfois immortel.

Un sourire, c'est du repos
pour l'être fatigué, du courage
pour l'âme abattue, de la
consolation pour le
coeur endeuillé.

C'est un véritable antidote
que la nature tient en réserve
pour toutes les peines.

Et si l'on refuse
le sourire que vous méritez,
soyez généreux, donnez le vôtre.

Nul, en effet, n'a autant besoin
d'un sourire que celui qui ne sait
pas en donner aux autres.


Très amicalement,
Aline

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Yves

Bonjour à tous,

 

Merci Aline pour ton partage. :happy:

 

Quand j'ai ouvert ton message, j'ai senti une pointe de déception : je m'attendais à un poème écrit de ta main. Bon, peut-être sera-ce l'objet d'un de tes prochains messages ?

 

Dans certains sourires spontanés et sincères, je vois une manifestation d'une belle harmonie entre les trois centres. Ainsi chez l'ange au sourire.

 

Amicalement,

Yves

 

P.S. : quant au sourire intentionné, j'aime bien la méthode de Papyzen.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Amis du sourire, je ne saurais trop vous recommander d'investir 1,78 euros — je précise, nous sommes dans le forum des 5 :rofl: — dans le délicieux petit (48 pages) livre de Ron Gutman Smile: The Astonishing Powers of a Simple Act. Partant de son histoire personnel, l'auteur donne de nombreuses informations historiques et scientifiques sur le sourire. Un régal.

Très amicalement,

Fabien

 

P.-S. : précisons qu'il s'agit d'un livre qui n'existe qu'au format Kindle mais que ces livres peuvent être lus sur la plupart des machines (PC, Mac, iPhone ou autres smartphones, tablettes) à l'aide de logiciels fournis gratuitement par Amazon.

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Yves

Merci Fabien pour cette info, c'est un cadeau très à propos (et très 5).

 

Amicalement,

Yves

 

P.S. : … oui d'accord, mais je vais devoir déranger (une intrusion !) le hérisson qui a décidé d'hiberner dans mon porte-monnaie (c'est un 5 dissocié).

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Yves

Bonjour à tous,

Ce poème de Jacques Prévert, simplement, douloureusement, me parle du détachement :

 

Déjeuner du matin

Il a mis le café
Dans la tasse
Il a mis le lait
Dans la tasse de café
Il a mis le sucre
Dans le café au lait
Avec la petite cuiller
Il a tourné
Il a bu le café au lait
Et il a reposé la tasse
Sans me parler

Il a allumé
Une cigarette
Il a fait des ronds
Avec la fumée
Il a mis les cendres
Dans le cendrier
Sans me parler
Sans me regarder

Il s'est levé
Il a mis
Son chapeau sur sa tête
Il a mis son manteau de pluie
Parce qu'il pleuvait
Et il est parti
Sous la pluie
Sans une parole
Sans me regarder

Et moi j'ai pris
Ma tête dans ma main
Et j'ai pleuré


Yves

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Fabien Chabreuil

Bonjour Yves,

 

J'aimais beaucoup Jacques Prévert quand j'étais très jeune, puis je m'en suis détaché préférant des œuvres plus intenses et plus lyriques. Depuis plusieurs années, j'y reviens et j'apprécie à nouveau sa simplicité apparente, sa justesse et son économie de moyens. Peu de mots et peu d'effets, mais beaucoup d'émotions.

 

C'est dire que je te remercie de ce partage. Ce poème est poignant.

 

Très amicalement,

Fabien

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Demilune

Bonjour Yves,

 

Je voulais juste te dire, même si c'est après-coup, que la lecture du poème que tu nous as fait partager m'est allée droit au coeur. J'ai eu les larmes aux yeux à la lecture de la dernière strophe, si courte et si poignante. Merci pour cette découverte.

 

Amicalement,

Tristan

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Yves

Bonjour à tous,

 

Jadis j'ai lu ce poème sans m'y arrêter. Peut-être parce que mon centre mental cherchait fébrilement quelque chose et ne l'a pas trouvé. Je n'ai pas prêté attention à ce poème, du moins consciemment.

 

Il n'y a pas longtemps, je suis allé écouter des non-comédiens réciter en public des textes de Prévert. Un homme âgé récita ce poème. Il le fit avec simplicité et limpidité. Arrivé au dernier vers, sa voix s'étouffa, il s'enfuit, et je sentis ma gorge et ma poitrine se resserrer.

 

Amicalement,

Yves

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Yves

Bonjour à tous,

 

Après ce poème-là de Jacques Prévert, ce poème-ci du livre Premier du recueil Les Contemplations de Victor Hugo, me parle aussi — avec des émotions plus douces — du détachement :

 

Victor Hugo a dit :

Vieille chanson du jeune temps

 

Je ne songeais pas à Rose ;
Rose au bois vint avec moi ;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.

 

J’étais froid comme les marbres ;
Je marchais à pas distraits ;
Je parlais des fleurs, des arbres
Son œil semblait dire : « Après ? »

 

La rosée offrait ses perles,
Le taillis ses parasols ;
J’allais ; j’écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.

 

Moi, seize ans, et l’air morose ;
Elle, vingt ; ses yeux brillaient.
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient.

 

Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches
Je ne vis pas son bras blanc.

 

Une eau courait, fraîche et creuse,
Sur les mousses de velours ;
Et la nature amoureuse
Dormait dans les grands bois sourds.

 

Rose défit sa chaussure,
Et mit, d’un air ingénu,
Son petit pied dans l’eau pure
Je ne vis pas son pied nu.

 

Je ne savais que lui dire ;
Je la suivais dans le bois,
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois.

 

Je ne vis qu’elle était belle
Qu’en sortant des grands bois sourds.
« Soit ; n’y pensons plus ! » dit-elle.
Depuis, j’y pense toujours.

 

Amicalement,

Yves

 

P.-S. : notre cher ami wallon Julos Beaucarne a mis ce poème en musique. Cette interprétation-ci m’a très ému :

 

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Yves

Bonjour à tous,

 

C’est seulement un matin, au réveil, deux jours après avoir redécouvert ce poème, que j’en ai tout à coup pris conscience, avec un léger frisson d’horreur, suivi d’une grosse déception : à l’époque des mûres, rossignols et merles ne pouvaient plus chanter depuis belle lurette.

 

Pourquoi ai-je été choqué ? Cherchant à se protéger de mon univers intérieur, mon ego de 5 ne considère pas que les fantasmes, eux aussi, participent à la réalité. Il cloisonne fantasmes et réalité. Préfère porter son attention sur le monde extérieur. Ce monde soi-disant objectivable, observable à distance de mon univers intérieur, le sécurise.

 

Amicalement,

Yves

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Fabien Chabreuil

Bonjour Yves,

 

Merci pour cette intéressante observation. La loi implacable de l'orientation et de la hiérarchie égotique des centres s'applique bien sûr.

 

Tu ne devais pas en attendre moins de Victor Hugo qui ne se gênait pas pour faire adapter le monde à ses besoins poétiques.

 

Très amicalement,

Fabien

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Bookineur

Bonjour Yves, bonjour Fabien,

 

Le 10/12/2018 à 12:55, Yves a dit :

Pourquoi ai-je été choqué ? Cherchant à se protéger de mon univers intérieur, mon ego de 5 ne considère pas que les fantasmes, eux aussi, participent à la réalité.

Je voulais juste réagir à cette phrase de ta part, Yves, car mon ego de 6 a plutôt tendance à envisager toutes les possibilités, et donc que pour lui, l'idée selon laquelle il y aurait une réalité objective qu'il faudrait simplement découvrir est contre-intuitive. Je fais ainsi continuellement la synthèse entre ce que j'observe et ce que j'imagine, et mon monde intérieur n'est ainsi pas étanche au monde extérieur ; ce dernier provoque évidemment en lui peur et doutes. D'où un manque de limite claire chez moi entre fiction et réalité (avec des transes associées, évidemment, notamment hallucinations, progressions en âge et régressions en âge, mais ce n'est pas le sujet).

 

Cela me rappelle ce que tu m'as dit tantôt, dans la conversation "Tâtonnements de 6", et que je reproduis ci-après, sur la différence entre les 6 et les 5 sur l'arrogance intellectuelle et la croyance en la possibilité d'avoir un monde objectivable :

Le 06/06/2018 à 11:04, Yves a dit :

C’est encore une différence entre nous. Contrairement à toi, Bookineur, face à la peur de mes ressentis, ma préférence pour l’extérieur a conforté mon illusion que l’analyse du monde extérieur m’apporterait la certitude. Cette illusion de certitude s’est manifestée sous forme d’arrogance intellectuelle. Cette arrogance, je ne l’ai pas constatée chez mes amis 6, ni chez toi, Bookineur. Je suis tombé, non dans la paresse psycho-spirituelle, ni dans le manque d’amour, mais dans les mensonges à moi-même. Là nous nous rejoignons, bien que nos mensonges soient de natures différentes. Ces mensonges ont validé mon manque d’espérance.

Peut-être que la poésie, acceptant des contradictions et créant du sens malgré tout, peut être pas mal pour lâcher prise sur le mental et s'ouvrir à l'aspect émotionnel de l'existence. :happy: En tout cas, moi, ça me fait du bien d'écrire (ou de faire du théâtre) et de ne pas chercher de sens apparent, de cohérence, de parallèles…

 

Amicalement,

Bookineur

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Yves

Bonjour à tous,

 

Ah oui, j’avais oublié cet article de ton blog, Fabien. Merci de me le rappeler.

 

La vraisemblance de ce poème de Victor Hugo satisfaisait naïvement mon centre préféré. La découverte de son incohérence m’a empli de mal-être.

Le 11/12/2018 à 13:34, Bookineur a dit :

Peut-être que la poésie, acceptant des contradictions et créant du sens malgré tout, peut être pas mal pour lâcher prise sur le mental et s'ouvrir à l'aspect émotionnel de l'existence. :happy:

Oui, Bookineur. Ce mal-être ressenti avec le poème de Victor Hugo, je ne l’ai pas ressenti avec des poèmes ou des chansons assumant sans ambiguïté leur subjectivité, sans trahir la réalité du monde extérieur. Ainsi le poème « Clown » d’Henri Michaux, lorsqu’il est dit avec simplicité, comme ici par Juliette Binoche :

 

 

Henri Michaux a dit :

Clown

 

Un jour,

Un jour, bientôt peut-être,

Un jour j'arracherai l'ancre qui tient mon navire loin des mers

Avec la sorte de courage qu'il faut pour être rien et rien que rien.

Je lâcherai ce qui paraissait m'être indissolublement proche.

Je le trancherai, je le renverserai, je le romprai, je le ferai dégringoler.

D'un coup dégorgeant ma misérable pudeur, mes misérables combinaisons et enchaînements « de fil en aiguille »

Vidé de l'abcès d'être quelqu'un, je boirai à nouveau l'espace nourricier.

À coups de ridicule, de déchéances (qu'est-ce que la déchéance ?), par éclatement.

Par vide, par une totale dissipation-dérision-purgation, j'expulserai de moi la forme qu'on croyait si bien attachée, composée, coordonnée, assortie à mon entourage

Et à mes semblables, si dignes, si dignes mes semblables.

Réduit à une humilité de catastrophe, à un nivellement parfait comme après une immense trouille.

Ramené au-dessous de toute mesure à mon rang réel, au rang infime que je ne sais quelle idée-ambition m'avait fait déserter.

Anéanti quant à la hauteur, quant à l'estime.

Perdu en un endroit lointain (ou même pas), sans nom, sans identité.

CLOWN, abattant dans la risée, dans l'esclaffement, dans le grotesque, le sens que toute lumière je m'étais fait de mon importance.

Je plongerai.

Sans bourse dans l'infini-esprit sous-jacent ouvert à tous, ouvert moi-même à une nouvelle et incroyable rosée. À force d'être nul

Et ras

Et risible…

 

Ce poème parle d’identité, parle à mon centre émotionnel libéré de la tutelle du centre mental. Parle aussi à mon centre réprimé et mon vMème ROUGE (cf. la Spirale Dynamique), vMème qui n’est pas mon préféré. Il touche une part de moi enfouie. Enfouie sous mon ego de 5.

 

Amicalement,

Yves

 

P.-S. : j’aime aussi beaucoup la poignante chanson « La Mémoire et la mer » de Léo Ferré, déjà citée dans ce message-ci de la conversation "S’exercer sur du Léo Ferré" :

 

 

 

Source : Henri Michaux, « Peintures » (1939) in L’espace du dedans : Pages choisies (1927-1959), Paris (France), Gallimard, 1966, p. 249. [Version Kindle]

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

J'adore Henri Michaux et je me souviens encore de sa découverte quand j'avais 13 ou 14 ans. L'énergie de « Contre ! » par exemple entrait bien en résonance avec la révolte de mon adolescence. Par contre, je n'aime pas du tout l'interprétation de Juliette Binoche ci-dessus qui me semble par trop se détacher des émotions, ou les contenir, mais je comprends bien qu'un 5 puisse l'apprécier.

 

Très amicalement,

Fabien

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