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Claire5

Le 5 est-il influençable ?

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Claire5

Bonjour à tous,

 

Dans une conversation consacrée à l'avarice, j'expliquais que j'avais du mal à exprimer mon désaccord avec les personnes que j'appréciais. Je me demandais si cela pouvais être lié à un manque d'affirmation ROUGE ou à mon ennéatype 5.

 

Dans "L'Ennéagramme dynamique : type 5" (merci au passage pour la traduction et la publication), Tom Condon explique :

Le 5 peut se sentir vulnérable à votre influence, être parfaitement conscient de vos éventuelles attentes ou besoins, et prévoir d'être impuissant à y résister.

 

En gardant ses distances et en se montrant autosuffisant, le 5 émet un « non » total. Un excès de frontière compense une frontière trop fragile. Un romancier de type 5 explique : "Je me protège de ma tendance à être trop affecté par l'opinion des autres. Je ne discute par exemple jamais de l'avancement de mon travail avec les personnes de ma vie, même mes meilleurs amis car je sais à quel point je suis influençable. J'ai peur d'être détourné de mes propres instincts. Donc je vais trop loin pour les protéger."

Ce passage m'avait frappé à la parution de l'article, d'une part parce que ce n'est pas quelque chose que j'ai fréquemment lu à propos du type 5, et d'autre part, parce que ça me parlait pas mal.

 

Cela me fait penser à un anecdote que j'ai vécu ce weekend. Ça peut paraître peut-être insignifiant comme ça, mais je crois que c'est lié. L'été arrivant, j'avais besoin de m'acheter des tongs de plage, car celles que j'utilisais les années précédentes étaient cassées. En temps normal, je me serais rendu dans un magasin, j'aurais comparé les modèles, les prix, les couleurs, etc., et j'aurais rapidement fait un choix. Le hasard a voulu que ce week-end, je me retrouve devant un rayon entier de tongs -> c'était l'occasion d'en acheter. Sauf que je n'étais pas seule, j'étais accompagnée. Et là, du coup, impossible de faire un choix. C'est comme si la simple présence de l'autre m'empêchait de réfléchir normalement et d'accéder à mes préférences. Du coup j'ai décidé que je retournerai plus tard dans le magasin, seule, pour faire mon choix.

 

Autre exemple de difficulté à donner mon avis : l'autre jour, une de mes connaissances se met à s'intéresser à l'Ennéagramme, et m'apprend qu'elle a consulté une liste d'ennéatypes célèbres sur l'Internet, et que donc elle est du même ennéatype que machin. Elle trouve ça rigolo, alors moi aussi. Sauf qu'en réalité, j'ai oublié de lui dire, mais les listing de ce genre, non justifiés, je trouve ça débile et je suis complètement contre !

 

Bref. Mon hypothèse serait que ces comportements sont dû à un excès d'utilisation extérieure du centre mental, qui me fait comprendre en priorité l'avis des autres avant d'accéder à mon propre avis.

 

Cela expliquerait aussi un truc que je n'ai jamais trop compris, à savoir que l'intuition du type 5 s'exerce à propos de ses impressions et sentiments. Parce qu'a priori, avant cette réflexion, c'est quelque chose auquel je pensais accéder plutôt facilement.

 

Questions aux types 5 qui fréquente ce panneau (ou à ceux qui connaissent bien des types 5) :

  1. Avez vous l'impression d'être facilement influençable ?
  2. Arrivez-vous à faire des choix de préférence (par exemple pour vous acheter des vêtements) en présence d'autrui ?

Très cordialement,

Claire

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Mon hypothèse serait que ces comportements sont dû à un excès d'utilisation extérieure du centre mental, qui me fait comprendre en priorité l'avis des autres avant d'accéder à mon propre avis."

Cela fait sens. Et puis chercher son propre avis risquerait de confronter au vide intérieur ou à des émotions qu'il serait difficile de gérer en face de l'autre.

 

Il me semble qu'il peut aussi y avoir la problématique de communication du 5. Dois-je communiquer mon avis ? De quelle manière et dans quelle proportion ? Si ledit avis comporte une part émotionnelle et/ou non rationnelle, comment l'expliquer ?

 

Très amicalement,

Fabien

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Lionel

Bonjour,

 

Je ne pense pas être particulièrment influençable. Par contre, cela peut me sembler difficile de justifier un choix ou de le faire en présence d'un tiers (je fuis les vendeurs dans les magasins !).

 

Du fait de la dimension émotionnelle que génére toute relation, tout échange, pour quelques sujets que ce soient… j'en suis fatigué d'avance.

 

Comme toi, je n'aurai pas choisi mes tongs avec une autre personne, je ne serai même pas revenu dans ce magasin : je fais quasiment tout mes achats sur le net ; mon ordinateur ne me demande pas d'explications !

 

Bien à vous.

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Claire5

Bonjour à tous,

 

Merci Lionel et Fabien pour les réponses.

 

Je viens de lire la 3e partie de l'article de Tom Condon sur l'ennéatype 5. Ça me parle beaucoup ! D'autant plus avec l'éclairage sur les messages parentaux vus ce week-end au stage Connexions.

 

Très souvent les 5 présument que le monde n'est socialement pas négociable.
5[/b] de Tom Condon"]C'est comme si je ne pouvais traiter qu'avec des extrêmes, je sais comment être complètement détaché et avoir des limites hautes, mais je ne sais pas vraiment comment négocier au niveau des relations.
5[/b] de Tom Condon"]Je pense que je ne veux pas admettre que j'ai des besoins.

Voici une annecdote vécue ce week-end qui illustre ça. Dimanche soir, au repas, je demande à mon ami si, éventuellement, il peut m'interroger après sur l'Ennéagramme en vu de la certification que je dois passer le lendemain. Je ne sais plus exactement ce qu'il m'a répondu, mais j'ai compris que ça ne l'enchantait pas des masses de m'interroger.

Moi : Non mais c'est bon, laisse tomber, j'ai compris que tu n'avais pas envie.

Lui : Tu n'as pas besoin que je t'interroge, non, tu connais déjà tout par cur.

Moi : Oui c'est ça, je connais déjà tout par cur.

Lui : Tu as besoin que je t'interroge ?

Moi : NON.

 

Voila la situation. Je n'essaye pas de négocier, je n'admets pas que j'ai besoin d'être rassurée sur un point très précis (je ne suis pas sûre de bien connaître et de ne pas mélanger les vertus et idées supérieures de tous les types). Je pose une limite haute : NON. STOP CONVERSATION.

 

Résultat, un peu plus tard dans la soirée, sans que je relie ça à l'épisode cité, après avoir de nouveau relu et m'être interrogée sur les messages parentaux, je me mets d'un coup à éclater en sanglots. Ça dure un bon moment, je me dis que je dois être en train de décompresser du stage.

 

Je n'ai fait nettement le rapprochement que ce matin, en lisant l'article de Tom Condon.

 

Je doute que mon message soit très clair pour les lecteurs. En tout cas, c'est très clair pour moi.

 

Amicalement,

Claire

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Lionel

Bonjour Claire (ravi d'avoir fait ta connaissance ce week-end !) et bonjour à tous,

 

Ce doit être le moment des anectodes et des insights. J'ai appelé ma mère hier soir pour son anniversaire. Je lui raconte brièvement la teneur du stage Connexions, et notamment les perceptions enfants-parents.

 

Avant que je n'ai le temps de terminer, elle me lance : "Oh toi, tu étais un enfant très sage, tu ne réclamais jamais rien, tu n'avais jamais besoin de rien !" Gloups ! Ce n'est pas faux (pour le côté sage :proud: ) mais peut-tre aurais-je exprimé mes besoins si j'avais perçu qu'ils n'était pas un problème (cf message parental manquant du 5).

 

Bien à vous.

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Yves

Bonjour Claire, Lionel et Fabien,

 

Vos témoignages ici, ainsi que ceux du stage, m'aident à comprendre mon fonctionnement, et aussi celui de deux autres proches 5. Donc merci. :thumb_up:

 

Ce que j'ai appris au cours de ce stage Connexions à propos des messages parentaux éclaire certains déboires relationnels passés. À la source de ces déboires, il y a ce que j'avais fait de mes besoins — ou plutôt ce que je n'avais pas fait.

 

Depuis longtemps je vis un conflit intérieur entre mes besoins et les exigences supposées du monde extérieur. J'ai l'impression qu'en particulier, mes besoins d'indépendance, d'être compris, d'être accepté, mes besoins de paix et même de beauté ne sont pas compatibles avec ces exigences. Je ne me sens pas capable (peur de base du 5) de les négocier. Alors je me retire. Où est ma force ? Mon ego me répond : dans l'acquisition et l'intégration de connaissances. Mais celle-ci est devenue compulsive. D'où l'isolation, l'avarice et le détachement.

 

Voici un exemple anodin et bénin : la décoration de mon logis. Je crois que vivre avec d'autres personnes, implique soit d'imposer mes goûts, soit de subir ceux des autres.

 

De façon générale, peut-être que le stage Négociation m'aiderait. Fabien, ce stage est-il applicable aussi hors de l'entreprise, pour les relations personnelles ?

 

Amitié,

Yves

 

P.-S. : j'ai l'impression que pour les ego 5, 9, 2 et 3, un travail sur l'approche de leurs besoins serait bénéfique.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Je suis ravi, amis 5 que ce stage Connexions ait été l'occasion de prises de conscience bénéfiques, même si elles ont été parfois douloureuses (Claire : :kiss2:).

 

"Fabien, ce stage est-il applicable aussi hors de l'entreprise, pour les relations personnelles ?"

Nous envoyons parfois des mailings pour le stage Négociation aux personnes ayant fait une formation chez nous. Voici le premier paragraphe de cette lettre : "Si vous souhaitez vraiment obtenir quelque chose, vous pouvez toujours essayer de l'exiger. Est-ce approprié avec votre famille ? Avec votre employeur ? Avec un commerçant ? Avec un client ou un fournisseur ? Certainement pas. Il ne vous reste donc qu'à renoncer… à moins que vous n'ayez de très bonnes compétences en négociation." Nous utilisons donc quasiment les mêmes mots que toi pour formuler le même dilemme.

 

La plupart des gens croient que la négociation est réservée à des circonstances exceptionnelles — même si dans ces cas-là, ils ne se préparent pas ou alors très mal. Je pense au contraire que la vie avec les autres est une longue série de négociations, et que négocier est le seul moyen d'à la fois se respecter et respecter l'autre en prenant en compte les besoins légitimes de toutes les parties concernées. En ce sens la négociation est utile aux ennéatypes qui ne prennent pas suffisamment en compte leurs propres besoins et aux ennéatypes qui ne prennent pas suffisamment en compte les besoins des autres. Cela fait du monde !

 

Très amicalement,

Fabien

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Claire5

Bonjour les 5, bonjour Fabien,

 

"La plupart des gens croient que la négociation est réservée à des circonstances exceptionnelles — même si dans ces cas-là, ils ne se préparent pas ou alors très mal. Je pense au contraire que la vie avec les autres est une longue série de négociations, et que négocier est le seul moyen d'à la fois se respecter et respecter l'autre en prenant en compte les besoins légitimes de toutes les parties concernées."

Oulala, ca me retourne le cerveau, je n'avais pas l'habitude de penser ainsi. En même temps, je crois que mon cerveau est mieux dans ce nouveau sens ! Ça m'arrive souvent quand je lis ce que tu écris Fabien. :happy:

 

Je me suis donc inscrite au stage Négociation de septembre. Tout à l'heure je reçois donc le mail de confirmation de Fabien qui m'indique qu'il faut que je vienne à la session avec un cas réel d'une négociation que j'aurais personnellement à entreprendre à court terme avec une ou des personnes dont je connais l'ennéatype.

Rien que cette consigne, déjà ça me stresse ! J'ai voulu demander quels étaient en général les sujets choisis par les stagiaires pour avoir des exemples, et si ça pouvait être une négociation immaginaire (hallucination visuelle de ce qui était pourtant souligné).

 

Voilà mes réactions pour montrer à quel point c'est difficile pour moi d'envisager même de négocier quelque chose avec quelqu'un, de choisir quelque chose que je voudrais obtenir, et d'imaginer ne pas renoncer au moindre signe de désaccord.

 

Fabien, cherches-tu vraiment à éviter la souffrance ? Trouver mon cas de négociation, ça va me torturer tout l'été ! :laugh:

 

Amicalement,

Claire

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Je crois que je vais mettre cela sur mes prochaines cartes de visite : "Retourneur de cerveau". Ça en jette quand même plus que formateur ou consultant !

 

"Fabien, cherches-tu vraiment à éviter la souffrance ?"

La mienne, seulement la mienne… :sarcastic:

 

"Je reçois donc le mail de confirmation de Fabien qui m'indique qu'il faut que je vienne à la session avec un cas réel d'une négociation que j'aurais personnellement à entreprendre à court terme avec une ou des personnes dont je connais l'ennéatype."

Je précise pour les lecteurs que ledit mail ajoute qu'une alternative est de choisir une négociation qui a déjà eu lieu, mais n'a pas donné les résultats escomptés.

 

Je ne sais pas si cela t'aide, Claire. :tongue:

 

"Voilà mes réactions pour montrer à quel point c'est difficile pour moi d'envisager même de négocier quelque chose avec quelqu'un, de choisir quelque chose que je voudrais obtenir, et d'imaginer ne pas renoncer au moindre signe de désaccord."

Merci de partager cela. En négociant, on passe de situations où il y a au moins un perdant à des situations où on a tout fait pour qu'il n'y ait que des gagnants.

 

Très amicalement,

Fabien

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Flebeleb

Bonjour Claire et tous les participants,

 

Partageant mon cassoulet avec un type 5, je suis tombée en arrêt devant cette phrase :

Non mais c'est bon, laisse tomber, j'ai compris que tu n'avais pas envie.
Mazette, je pourrais l'encadrer (ça ferait de la décoration :wink:) tant elle revient régulièrement dans sa bouche. À chaque fois, je peux y voir le message suivant : "C'est bon, j'ai compris, fin de la discussion parce dans le fond t'en as rien à faire, et ne me fais pas l'insulte de prétendre le contraire parce que je suis en mesure d'avancer des preuves". Je me suis faite plusieurs fois la remarque qu'en effet, quand il agit ainsi, c'est comme s'il essayait d'enterrer, avec la proportion de mauvaise foi nécessaire, le sujet et les circonstances qui y ont amené, comme s'il essayait de faire porter la responsabilité de la vexation qu'il a ressentie sur la seule mauvaise volonté de son interlocuteur.

 

Je trouve aussi qu'il a du mal avec la négociation et l'expression de ses besoins de base. Le domaine dans lequel c'est le plus flagrant, c'est la nourriture car il a le même comportement alimentaire que la fille de Laurecd évoquée dans cette discussion. Autant dire que c'est une source inépuisée de conflits et de négociations potentielles.

 

Un exemple : ma mère est 9, je lui ai expliqué plusieurs fois quel était le comportement alimentaire de mon copain, et la meilleure façon de s'y adapter le temps d'un week-end. Un jour elle a tenté les pommes de terre sautées (ça fait partie des aliments acceptables, mais dont la déglutition dépend quand même de la couleur du slip du capitaine ce jour-là), et manifestement elles ne passaient pas le cap. On lui propose alors de lui faire des pâtes ou de se les faire lui-même s'il préfère, et là, après un moment de crispation, il se lève bruyamment et monte dans ma chambre. Le pire, c'est qu'après discussion sur ce genre d'épisode, le grief principal qui ressort est : "De toute façon, on en a rien à faire de moi." Alors qu'on a fait tout notre possible pour qu'il puisse manger avec nous en se sentant accepté. Arrivé à ce point de refus de reconnaissance de la nécessité d'une négociation, et donc d'abord d'une nécessité d'exprimer ses besoins, on ne peut plus faire grand-chose pour dénouer la situation. J'ajoute que je lui ai dit à plusieurs reprises que ce n'était pas la peine de compter sur moi pour jouer les tampons lorsqu'il fait des sorties de ce genre. Faciliter la prise de conscience par autrui de ses besoins et de la vanité d'essayer de les faire changer ok, mais le sortir du pétrin quand il s'y met, plus question.

 

De façon générale, j'ai remarqué que ça lui était difficile d'expliquer ses attentes avec prévenance à quelqu'un qu'il ne connaît pas (par exemple à un serveur dans un bar, une caissière au cinéma, un vendeur dans un magasin), il prend régulièrement un air crispé, voire un ton exaspéré, dès qu'il rencontre une aspérité, quand ce n'est pas carrément un air absent et plus concerné (Votre correspondant a interrompu la communication. Veuillez réessayer ultérieurement. Bip, bip, bip…). Ça me fout souvent la honte, car ça me donne l'impression d'être sa maman et que c'est vers moi qu'on va se tourner pour justifier son comportement ou poursuivre l'interaction alors que je n'ai rien demandé (votre correspondant… :proud:).

 

Un mot qui revient aussi parfois quand on discute, c'est compromission. Il a parfois l'impression de se compromettre (que ce soit ses idéaux, le temps qu'il consacre à aider autrui, certaines tâches à accomplir pour pouvoir passer à d'autres, la satisfaction de besoins physiques…) et que cela l'éloigne de lui-même et de ses objectifs, et au départ je trouvais qu'il faisait un mésusage de ce terme parce que je n'y voyais que l'ordre normal des choses.

 

Dernière chose : quand j'ai fait sa connaissance et cherché à me rapprocher de lui, j'ai dû me montrer à la fois patiente et insistante. J'ai fini par devoir lui rentrer dans le lard pour avoir accès à son avis sur tout cela : j'ai été accusée avec véhémence de n'avoir cherché qu'à le manipuler, alors que j'avais fait ce qu'il y a de plus banal quand on cherche à se rapprocher de quelqu'un, et sans rien qui s'apparente à une manigance ou à un piège. Donc dans ce cas, oui, j'imagine qu'il a du se sentir influençable.

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Claire5

Bonjour Flebeleb,

 

Merci pour ton témoignage ! Ton message m'a bien fait rire. :laugh:

 

Je ne savais pas que la phrase que j'avais cité en exemple était caractéristique au point de revenir régulièrement dans la bouche du 5 que tu côtoies.

 

À la différence de ton copain, je n'ai pas un comportement alimentaire difficile. Et je crois que si c'était le cas, je ne me permettrais pas de faire la difficile chez des personnes qui m'invitent à manger.

 

Le comportement de ton copain me fait penser à celui du copain d'une amie, qui est de type 4 (mais peut-être a-t-il une aile 5, ce qui ne m'étonnerait pas car je sais intuitivement qu'on est un peu pareil), à qui il arrive régulièrement de faire des "scènes" et de se rejetter tout seul : "De toute façon, on en a rien à faire de moi.", "Je suis incompris, patati patata." Ce qui avait le don de m'énerver au plus haut point avant que je fasse plusieurs pardons sur lui. J'avais compris la nécessité de faire un pardon le jour où j'avais appris qu'il voulait se joindre à notre groupe d'amis pour un weekend et que j'avais réagis avec une phrase du style "Quoi ?! Oh non, pas Calimero, pitié !! Je croyais qu'il ne nous aimait pas en plus. Si c'est pour faire la gueule tout le weekend, il peut rester chez lui !!"

 

Mais je m'éloigne. J'ai aussi observé récemment un comportement de renoncement à un besoin chez mon directeur technique qui est 5 (et dont je parle dans la conversation "Avarice de 5 dans le milieu professionnel"). L'autre jour, il demande à un technicien de réaliser un travail. Le technicien lui répond un truc du style : "J'ai pas envie, tu m'emmerdes." (Oui, beaucoup de ROUGE chez ce technicien.) Eh bien, mon directeur — qui aurait tout à fait été légitime d'exiger le travail — lui a répondu, sur un ton un peu énervé : "Eh bien, fais comme tu veux." :surprised:

 

J'imagine que la capacité du 5 à négocier ces besoins et à exprimer son avis sans avoir peur de l'influence des autres est proportionnelle à son intégration.

 

Très amicalement,

Claire

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Claire5

Bonjour à tous,

 

Après la petite interruption estivale du forum, je complète mes observations au sujet du type 5, de l'expression de ses besoins et de leur négociation, en publiant ce message que j'ai rédigé en juillet.

 

J'ai réalisé une chose au sujet de mon directeur technique qui est de type 5. J'avais expliqué dans le message "Avarice de 5 dans le milieu professionnel" qu'il avait beaucoup insisté lors de mon entretien d'embauche pour savoir si j'étais autonome. Il met tellement de distance, il est tellement avare d'informations que c'est handicapant et même contreproductif pour mon travail.

 

Ce qui est très surprenant, c'est que j'ai une collègue qui peut passer des journées entières dans son bureau à lui poser des questions. Dès qu'elle rencontre la moindre difficulté, elle lui téléphone, elle va le voir. Elle a besoin d'énormément d'explications, de parler, de relationnel. Même après presque deux ans dans la boite, elle n'est pas du tout autonome.

 

Avec elle, mon directeur est dans l'excès inverse : il consacre beaucoup de temps à répondre à ses sollicitations. L'autre jour, cette collègue lui a demandé plein de conseils sur son orientation professionnelle, alors que mon directeur est débordé de travail, et que ce n'est ni son rôle, ni dans son intérêt de lui expliquer le fonctionnement du concours de la fonction publique par exemple.

 

En réalité, j'ai la très forte intuition que mon directeur est INCAPABLE de mettre des limites aux sollicitations de ma collègue. Je pense qu'il est incapable de lui dire : "Bon, écoute, ce n'est pas mon rôle de répondre à ces questions, je n'ai pas le temps." Je crois que ça génère de la frustration chez lui, qui fait que pour éviter de se retrouver dans ce genre de situation, il place des limites (très) hautes quand il peut, et que quand il n'y arrive pas, il est en colère, agressif et qu'il lance des scuds (beaucoup à cette même collègue justement).

 

Après avoir fait ces observations chez d'autres 5, j'ai trouvé que je fonctionnais pareil. Ces derniers temps, la covoitureuse avec qui je vais au travail tous les jours est régulièrement en retard. Je suis incapable de lui faire une réflexion, ou de lui dire que ca m'embête de l'attendre systématiquement. Résultat, je n'ai rien dit pendant un grand moment, et là je lui annonce que je vais prendre un abonnement de travail SNCF et que donc je ne covoiturerai plus avec elle. (Ce qui ne serait peut-être pas une solution optimale, ni pour moi ni pour elle, si je savais négocier mon besoin de respect et de ponctualité). Comme dit Tom Condon, "en gardant ses distances et en se montrant autosuffisant, le5 émet un non total").

 

Dernier exemple, qui illustre ma difficulté à dire non à des sollicitations. Ayant organisé un événement dans le cadre associatif avec un groupe de personnes, j'étais en possession d'une mailing liste très importante des participants de l'événement. Une connaissance, qui envoie régulièrement et bénévolement un agenda d'événements liés au thème de l'écologie dans notre région, a demandé à avoir cette mailing liste puisque c'était parfaitement le public susceptible d'être intéressé. Sans avoir vraiment conscientisé pourquoi, j'étais réticente à lui donner la liste. J'ai fait de la résistance passive pendant un long moment avant de lui donner. Résultat, une très grande partie des personnes qui avaient été ajouté à la mailing liste ont protesté car on ne leur avait pas demandé leur avis. J'ai compris à ce moment-là que c'était précisément la raison pour laquelle je ne voulais pas donner ces mails ! Mais c'était trop tard je ne l'avais pas exprimé assez tôt.

 

Amicalement,

Claire

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"J'ai compris à ce moment-là que c'était précisément la raison pour laquelle je ne voulais pas donner ces mails !"

Nous revoilà au problème du fonctionnement extérieur, et non pas intérieur des centres chez une 5, car pour affirmer son point de vue, encore faut-il le connaître ! Il serait utile qu'à chaque fois que tu ressens une hésitation, une réticence, un inconfort, une irritation, un besoin de prendre des distances dans une relation, etc., tu t'interroges sur ce que tu veux et qui n'est pas saitisfait.

 

Très amicalement,

Fabien

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Claire5

Bonjour à tous,

 

Je vais suivre ton conseil, Fabien, et tâcher de noter ce que je veux et qui n'est pas satisfait quand je ressens une hésitation, une réticence, un inconfort, une irritation ou encore un besoin de prendre mes distances dans une relation.

 

Le stage Négociation que j'ai suivi le week-end dernier m'a vraiment bien aidé, et je pense que ça me sera un outil très très utile par la suite.

 

Le simple de fait de réfléchir et de définir clairement mon intention et celle de l'autre me soulage, et c'est comme si, à partir du moment où c'était posé, la solution n'avait plus d'importance.

 

Je m'entraîne déjà toute seule. J'ai trois autres négociations en cours. J'ai quand même eu un petit raté, mais qui me servira pour la prochaine fois : je négociais avec mon ami 9, et comme il ne savait pas quoi répondre à ma proposition et me disait non sans me dire non, j'ai insisté alors que j'aurais dû arrêter là mon premier round. Résultat, je me suis fait raccrocher au nez. Et attention — chose que je trouve quand même assez exceptionnelle — sans conflit. Puisqu'il a profité que je lui dise que je commençais à conduire pour réagir qu'il trouvait ça inadmissible et dangereux le téléphone au volant et que puisqu'il savait ça, et bien hop, il raccrochait direct. Trop fort ces 9:laugh:

 

Très amicalement,

Claire

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"C'est comme si, à partir du moment où c'était posé, la solution n'avait plus d'importance."

Faut peut-être pas exagérer non plus ! Mais la recherche sincère et conjointe d'une solution permet un lâcher prise vis-à-vis du résultat.

 

"J'ai insisté alors que j'aurais dû arrêter là mon premier round."

Négociation ou communication, c'est pareil. Si l'interlocuteur est trop stressé et si on ne sait pas comment le ramener à un fonctionnement normal, autant remettre à un moment ultérieur plus serein.

 

"Je me suis fait raccrocher au nez. Et attention — chose que je trouve quand même assez exceptionnelle — sans conflit."

Ah oui, total respect !

 

En toute amitié,

Fabien

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Patrick

Bonjour Claire,

En lisant ce forum, je suis arrivé sur cette discussion. Je peux ajouter mon témoignage parce que je me retrouve dans ce que tu écris, j'aurais presque pu l'écrire moi-même. :happy:

"Dans une conversation consacrée à l'avarice, j'expliquais que j'avais du mal à exprimer mon désaccord avec les personnes que j'appréciais. Je me demandais si cela pouvais être lié à un manque d'affirmation ROUGE ou à mon ennéatype 5."
En découvrant l'Ennéagramme, ma plus grande hésitation a été 5 ou 9. Le fait d'avoir du mal à exprimer un désaccord est très fort. Ayant lu le livre de Fabien sur la Spirale Dynamique en premier lieu, j'ai aussi envisagé que cela pouvait être un manque de ROUGE ! (Je n'ai toujours pas la réponse d'ailleurs.)
Par contre, Fabien m'a instillé un insight sur le fait que les "comportements" du 9 peuvent se retrouver chez les gens qui répriment l'instinctif, et ce d'autant plus que ce centre est réprimé (Fabien, corrige-moi si je dis une bêtise !). Et chez moi, il l'est bien fortement (je vais d'ailleurs poster un message en réponse à Jérôme à ce sujet sur son fil "Le 5 s'intéresse au réel, le 9 s'intéresse à la fantaisie").

"Ce n'est pas quelque chose que j'ai fréquemment lu à propos du type 5, et d'autre part, parce que ça me parlait pas mal."
C'est aussi quelque chose que je constate et qui n'est pas franchement décrit habituellement chez le 5. Quand j'ai quelqu'un en face de moi qui discute d'un sujet sur lequel je ne me suis pas mentalement préparé à l'affronter, c'est comme si mon avis n'existe pas, comme s'il n'y a rien, et que l'autre a toujours raison (sauf si c'est objectivement et évidemment faux, s'il me dit 1+1=3 je verrai le problème !). C'est aussi quelque chose que j'ai eu tendance à expliquer par le 9, mais l'orientation extérieure du 5 couplé à sa compulsion d'évitement fait sens ici aussi.

"Sauf que je n'étais pas seule, j'étais accompagnée. Et là, du coup, impossible de faire un choix."
ca fait plaisir de voir que je suis pas seul comme ça ! :thumb_up: Je fais toujours mes courses seul afin d'être sûr de savoir ce que je veux, sinon, impossible, même avec une liste. Ça, j'en ai conscience depuis longtemps. Ton histoire de tongues correspond presque à mon histoire de guacamole : je vais au supermarché avec un ami pour acheter (entre autres) du guacamole pour passer la soirée chez lui. Il y a deux marques, une que je trouve fade et une autre correcte. Lui me dit qu'il préfère celle que je trouve fade. Non seulement je ne lui dis pas que je préfère l'autre, mais en plus, sur le coup, je me dis "oui c'est vrai c'est mieux". Après, je réalise que non je préfère bien l'autre. Et je constate que ce n'est pas un problème d'éviter un conflit potentiel, mais bel et bien une non-existence d'avis, comme s'il n'y avait "rien".

"Du coup j'ai décidé que je retournerai plus tard dans le magasin, seule, pour faire mon choix."
Oh que oui ! Ça m'est arrivé à l'occasion, pas souvent vu que je fais mes courses seul, mais j'ai pas toujours l'opportunité. Et lorsque je me dis "je reviendrai seul pour acheter ceci que je viens de voir" (même si ce n'est qu'un pot de moutarde), je me dis après coup : "Mais franchement, ça vaut pas la peine de se donner autant de mal pour cacher quelque chose d'aussi banal !" Mais non, c'est… compulsif. :peur:

Alors je peux répondre très clairement à tes deux questions :

  1. "Avez vous l'impression d'être facilement influençable ?" ==> OUI mais dans l'instant. Dès que l'attention n'est plus tournée sur moi, l'influence disparait généralement.
  2. "Arrivez-vous à faire des choix de préférence (par exemple pour vous acheter des vêtements) en présence d'autrui ?" ==> NON généralement. Il arrive que ce soit oui, lorsque je sais (par expérience) que mon choix coïncide avec celui de la personne qui m'accompagne, et que je n'aurais pas à me justifier ou à "exposer/dévoiler" quelque chose.

J'ignore ce que vaut l'approche Pearl (je suis tombé sur ce site et j'y ai lu ce qu'ils disaient en terme d'Ennéagramme. Fabien, si tu as un avis sur la question ?), mais il y a un mot qui a fait tilt quand j'ai lu le 5, c'est l'envahissement. C'est un peu ce qui se passe ici : éviter l'envahissement par l'autre.

Mais j'insiste sur le fait que généralement (pas toujours, je peux aussi être convaincu selon le contexte), l'influence est sur l'instant. Après, je redeviens moi.

Amicalement,
Patrick

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Par contre, Fabien m'a instillé un insight sur le fait que les 'comportements' du 9 peuvent se retrouver chez les gens qui répriment l'instinctif, et ce d'autant plus que ce centre est réprimé (Fabien, corrige-moi si je dis une bêtise !)."

Je confirme et ajoute que cela va plus loin que les comportements. On peut même généraliser à la hiérarchie complète de ces centres.

 

J'assume mon narcissisme et me prend comme exemple. Je suis un 7 mu :

  1. Le centre mental intérieur fait la course en tête, et voilà les passion, fixation et autre mécanisme de défense du 7.
  2. Le centre émotionnel intérieur est en support. Je me reconnais dans certaines des motivations du 4 qui préfère l'émotionnel intérieur.
  3. Le centre intinctif est réprimé.Je me reconnais dans certaines des motivations du 9 quand son centre préféré a basculé.

C'est une idée voisine du concept de tri-fixation chez Osacr Ichazo.

 

Les ressemblances au niveau des centres de support et réprimé sont plus ou moins fortes selon l'histoire de vie des personnes.

 

"Il y a un mot qui a fait tilt quand j'ai lu le 5, c'est l'envahissement."

C'est un des thèmes de base du 5 : il a toujours l'impression que les gens l'envahissent, lui en demandent trop et lui pompent son énergie.

 

Très amicalement,

Fabien

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