Institut Français de

l’ennéagramme

À quoi sert tout le reste...

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Nicolas

Témoignage de parent 5

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Nicolas

Bonjour à tous,

 

Mon fils a maintenant un peu plus d'un an, et être papa est à la fois merveilleux et difficile. Merveilleux pour toutes les raisons évidentes, difficile car je suis un 5 et que les points noirs suivants me jettent à la figure l'image d'un père indigne :

  • Avarice de soi : je m'en occupe à plein temps et même si j'adore jouer avec lui (et même changer ses couches, mais un peu moins que jouer), je constate que je me sens vidé de mon énergie ; souvent je me surprends à lire un livre en le surveillant du coin de l'œil (il gardera l'image d'un père ayant toujours un livre à la main).
  • J'ai un énorme besoin de m'isoler, augmenté par le manque de sommeil ; et comme je continue à étudier, c'est le soir lorsqu'il dort, donc sur mon temps de sommeil, donc je suis de plus en plus fatigué (et irascible et impatient), et donc de plus en plus avare, et j'ai de plus en plus envie/besoin de m'isoler.
  • Je parle peu avec lui, mais en revanche, j'ai énormément de contacts physiques avec lui (jouer, câlins) ; ce n'est pas catastrophique en soi, mais habitant à l'étranger, je trouve important qu'il entende parler français le plus possible ; mais tout va bien, il semble comprendre le français (et dit même quelques mots dans cette langue :happy: comme nan nan nan. :sour: :proud:).

Mais c'est aussi une formidable aide pour s'intégrer : je dois exprimer mes sentiments, m'ouvrir et m'occuper de quelqu'un d'autre que moi, voire socialiser avec d'autres parents (à venir) !

 

J'aimerais avoir d'autres témoignages de parents 5, pour savoir comment vous vivez votre type en tant que parents.

D'avance merci,

Nicolas

 

PS : les autres types sont bien entendu les bienvenus pour témoigner, et les non-parents pour donner leur avis.

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Fabien Chabreuil

Bonjour Nicolas,

 

S'il suffit de manifester son ego pour un être un "père indigne", vous êtes, réellement ou potentiellement, plus de trois milliards et demi dans ce cas !

 

"Mais c'est aussi une formidable aide pour s'intégrer."

La plupart des 5 parents que j'ai rencontrés m'ont dit la même chose. Les enfants de 5 que j'ai rencontrés ne s'en sont pas toujours aperçu ! :tongue:

 

Très amicalement,

Fabien

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Lionel

Bonjour Nicolas (je crois que nous avons fait le stage Communication ensemble),

 

Je suis papa de 3 filles de 11, 8 et 5 ans de type 4, 1 et 7 (je pense).

 

Je ressens les mêmes choses que toi et je me dis souvent qu'elles me fatiguent par leurs demandes (mais est-ce propre au 5 ? :proud:).

 

Depuis que je connais mon type, je comprends mieux mes réactions et je fais plus attention : à débrancher mon cerveau pour être plus présent, réellement présent, à être plus disponible. À stopper mon envie de me réfugier dans ma chambre avec un bouquin, une revue…

 

J'essaie (et j'y arrive, si, si :pt1cable:) d'être plus expressif, d'être dans l'ici et maintenant et de profiter du moment présent, tout simplement. C'est un réel bonheur de pouvoir développer finalement d'autres comportements. Ma fille aînée me trouve même très affectueux, voire plus que sa mère (qui est une 3, remarquez…).

 

Je suis sûr que les parents 5 ne sont ni meilleurs ni plus mauvais que les autres, pour autant que chacun arrive à stopper ses mécanismes égotiques.

 

Amitiés.

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Jean-Nicolas

Chers amis 5,

 

Je suis papa de 3 enfants, un garçon de 22 ans (9), une fille de 18 ans (4), et un garçon de 13 ans (2).

 

Je me reconnais à 100 % dans les témoignages de Nicolas et de Lionel. J'apprends l'Ennéagramme depuis maintenant plus de huit ans, et cette connaissance m'a énormément aidé dans l'éducation de mes enfants. D'abord parce que j'ai pu reconnaître mes comportements limitant dus à mon type mais aussi, et surtout, car je connais les ennéatypes de mes enfants, donc une partie de leur propre carte du monde.

Je tiens immédiatement à rassurer Nicolas : je ne suis pas un père indigne ! Ce n'est pas moi qui le dit, mais mes enfants qui trouvent que je suis « un bon Papa » (ça me fait chaque fois chaud au cœur quand ils me le confirment). Il faut dire qu'en bon 5, je leur ai transmis ma connaissance et passion de l'Ennéagramme qu'ils connaissent maintenant suffisamment bien pour me pardonner mes défauts de 5.

 

Mes enfants ont été une source de désintégration et en même temps une source de développement personnel. Avec eux je me sens vraiment en confiance, ce qui me permet d'exprimer mon centre réprimé (l'émotionnel) et je suis comme Nicolas, très câlin, avide de contact physique que je donne et que je reçois avec beaucoup de plaisir.

 

« Avarice de soi » et de son (précieux) temps. Je me risquerais bien là à un petit recadrage : je ne suis ni un père ni étouffant ni un père castrateur. Mon besoin de m'isoler laisse finalement un espace de liberté à mes enfants, une autonomie qui leur permet de trouver le chemin par eux-mêmes. Il faut juste rester attentif à être présent dans les moments importants et savoir repérer ces moments.

 

À chacune des naissances, j'ai ressenti un immense bonheur d'être papa, cet amour inconditionnel qui me relie a chacun de mes enfants. En même temps une partie de moi, mon ego, s'est sentie envahie, ma liberté s'est restreinte, mon temps libre a diminué, mes responsabilités ont augmenté, ma capacité de contrôle de ma vie a baissé, Je me sentais dépassé par tous les événements. Il serait de bon ton de dire aujourd'hui, les enfants étant presque tous des adultes, que c'était un plaisir de les élever, mais ce n'est pas le cas. J'ai des souvenirs atroces où je n'avais l'impression que de vivre pour les autres, l'entreprise, l'épouse, les enfants, la famille. Mais pas pour moi. Toujours cette compulsion omniprésente d'éviter le vide intérieur.

 

Qu'est ce que mes enfants me reprochent le plus ? Mes blagues vaseuses (il faut être 5 ou 7 pour les comprendre), mon habitude de tout théoriser, mais, heureusement, pas trop mon manque de disponibilité, ce qui correspond à ce que je vis comme l'avarice de mon temps. Comme quoi la perception des autres peut différer de la nôtre.

 

Voilà un court témoignage de papa 5.

 

Amicalement,

Jean-Nicolas

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Aline

Bonjour à toutes et à tous,

 

Mon cher papa est 5, et j'ai de très bons souvenirs de mon enfance avec lui. Les moments de bonheur gravés dans ma mémoire sont ceux où il me consacrait — durant tout une après-midi — du temps et de l'énergie pour faire des travaux manuels, ou bien pour me lire de longues et belles histoires pendant mon bain, presque chaque soir. Dans ces moments-là, c'est comme si mon père incarnait vertu et idée supérieure de mon propre ennéatype (car je suis 5), et cela déclenchait en moi une admiration sans limites pour lui. En vous écrivant, j'en ai encore des étoiles plein les yeux !

 

Pendant mon adolescence, nos rapports furent plus difficiles, et il me rappelait souvent tous les efforts qu'il faisait pour moi. Je sentais lourdement son impatience à ce que je "grandisse" et que je devienne autonome, et son besoin de se délester d'obligations parentales.

Aujourd'hui, j'ai 22 ans et je suis amère, parce que passé mes 18 ans, et mon départ du foyer familial pour mes études, j'ai eu le sentiment de son désengagement dans notre relation, comme s'il avait fait sa part de boulot et de sacrifices, et voulait profiter de sa nouvelle liberté (ça y est, les mioches sont parties !). Mon père détestant le téléphone, nous n'avons que peu de contacts, et cela me manque. Je lui reproche souvent — intérieurement — son manque d'implication et d'intérêt pour moi. J'ai ma part de responsabilité dans cette histoire, car moi-même sous l'emprise de l'avarice, je ne prends pas l'initiative de lui téléphoner… Nos ego nous laissent dans une impasse car aucun de nous deux ne fait un pas vers l'autre. J'ai récemment ouvert une porte en lui écrivant ma souffrance de cette situation, et souhaite recréer une relation affective avec lui car pour l'instant, elle est matérielle — ce qui est déjà pas mal.

 

En tout cas, c'est une grande source de satisfaction de lire qu'avoir des enfants est un vecteur d'intégration. J'ai donc de belles perspectives devant moi !

 

Très amicalement,

Aline

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Fabien Chabreuil

Bonjour Aline,

 

Ton message est très touchant. Il montre que tu sais faire passer tes émotions. Au moins par écrit, un canal souvent plus facile pour les 5. Si je me souviens bien, ton père est lui un 5 mu, réprimant donc l'émotionnel et ayant beaucoup moins cette capacité à transmettre.

 

Puisque tu connais l'Ennéagramme, tu sais que son attitude n'est pas un manque d'amour pour toi, ni même un soudain manque d'intérêt. Simplement, c'est plus difficile de dire à une jeune femme qu'on l'aime que de le dire à un enfant.

 

Sa variante mu et le fait qu'il ne travaille par sur lui contrairement à toi font qu'il est peu probable qu'il prenne l'initiative. Tu peux peut-être le faire, par écrit (lettre ou SMS) dans un premier temps parce que tu fais cela bien et parce que cela sera moins intrusif pour lui. Bien sûr, même si tu ressens une colère légitime contre lui — il serait bien alors de faire un pardon —, essaye de la mettre de côté, de simplement exprimer tes sentiments positifs à son égard et d'expliquer ton besoin.

 

Très affectueusement,

Fabien

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Cath

Bonjour à toutes et à tous,

 

Mon père est de type 5 et moi aussi.

 

Avec mon père, je n'ai jamais beaucoup communiqué. Enfant, je l'ai toujours trouvé froid et distant. Maintenant, je n'ai toujours pas trouvé la solution à ce problème. Par exemple, j'ai beaucoup de mal à lui faire parler d'émotions ou de son enfance. La plupart du temps, il parle de choses qu'il a lues dans le journal et qui l'ont énervées. C'est un peu triste.

 

Quant à moi, en tant que mère, j'ai toujours trouvé difficile la perte d'indépendance et les responsabilités lièes aux enfants surtout quand ils étaient jeunes. Je trouvais plus facile de leur consacrer du temps quand je mettais une limite. Par exemple, les mercredis ou le week-end, je leur proposais de faire une heure de jeu et après je me sentais le droit d'arrêter. J'avais plus de mal avec les demandes de dernière minute.

 

Maintenant, mes filles ont 16 et 18 ans et la grande n'est plus chez nous en semaine.

Je suis contente qu'elles aient grandi car j'ai moins de contraintes et plus de liberté. C'est surement lié à l'avarice et au détachement. Ce n'est pas entièrement négatif. Pour elle, l'avantage est que je ne suis pas trop envahissante et les jeunes de cet âge n'aiment pas avoir toujours leurs parents sur le dos. Des parents qui ne veulent pas laisser partir leurs enfants posent d'autres types de problèmes. Mais il faut trouver le bon dosage.

Comme je fais du travail sur moi, je suis consciente de ce problème. J'essaie de limiter les dégats en discutant plus avec elles, en téléphonant à la grande le weed-end quand elle ne rentre pas. Au départ, cela me demande un effort mais après je suis contente de l'avoir fait.

 

Je suis d'accord avec le fait que les enfants sont une formidable voie d'intégration.

 

Amicalement,

Catherine

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Aline

Bonjour Fabien,

 

C'est exact, mon papounet est 5 mu et je dois, si je veux communiquer avec lui, modérer l'expression de mes émotions, sinon, il se referme comme une huître ou s'en va. Je me sens beaucoup plus à l'aise par écrit, parce que j'ai le temps de trouver les mots et formulations justes (truc de 5). Et puis, si j'en parle, j'appréhende d'être submergée par la tristesse et les larmes, ce qui serait ingérable pour lui et gênant pour moi. Il vaut donc mieux que je mise sur l'écrit, même si, en travaillant encore un peu, j'y arriverai par oral ! :happy:

 

Merci pour tes conseils, cher Fabien, j'ai prévu de faire le stage Pardon, et je suis confiante et engagée dans la reconstruction de ma relation "père-jeune femme".

 

Très affectueusement,

Aline

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Odile2

Bonjour à tous,

 

Mon père est 8 alpha et se désintègre en 5 alpha, c'est la raison pour laquelle je me permets de poster ici. Voici le témoignage de trois épisodes de vie avec lui (il a 90 ans et j'en ai 56 !).

 

Quand j'étais petite, nous avons peu communiqué directement (il faut dire que je fais partie d'une famille de 9 enfants et je suis la huitième qui fut la dernière assez longtemps pourtant). Nous étions « les grands », les « petits », les « garçons », les « filles », mais rarement pris dans notre individualité, ce qui fut plus ou moins difficile pour chacun d'entre nous pour se construire et pour développer notre personnalité.

 

Il commandait et contrôlait la famille, exprimer des émotions aurait été un signe de faiblesse, il nous « élevait » quoi.

 

Mon premier souvenir émotionnel avec lui date de mes 14 ans ! Mes parents m'accompagnaient en colonie, j'étais seule avec eux et nous avons fait un pique-nique juste avant qu'ils ne me laissent, et il m'a pris et serré fort dans ses bras pour la première fois ! (En tout cas dans mon souvenir !)

 

Le reste du temps, la vie était là bien sûr mais l'expression d'émotions presque inexistante.

 

Quand j'ai quitté la maison et commencé à travailler, il s'avère que le lieu de mon travail était assez proche du sien pendant 8 ans et j'ai rêvé tout ce temps qu'il m'invite à déjeuner en tête à tête, ce qu'il n'a jamais fait. De mon côté, je ne lui ai jamais demandé non plus… Je n'avais pas commencé de travail sur mon développement personnel :lame:, alors je n'allais pas exprimer mon besoin ! Et j'ai souffert de son manque d'attention à mon égard (il ne le faisait pas non plus avec les autres…).

 

À 33 ans, j'ai eu une rupture de vie qui m'a conduite à aller parler « franchement » avec mes parents. J'ai demandé un rendez-vous en tête à tête avec mon père que je n'avais jamais encore eu : maman étant toujours présente dans nos discussions, jusqu'au fait que lorsque je téléphonais pour prendre de leurs nouvelles, il ne répondait jamais, c'était maman qui s'en chargeait.

 

Nous avons eu notre première conversation profonde, j'étais en grande souffrance émotionnelle alors tout y est passé (relations père-fille, travail, vie…) y compris l'épisode dont j'ai parlé avant. Il était estomaqué ! Je m'étais dit avant de descendre les voir : ou cela passe ou cela casse ! Je lui ai fait subir un grand choc émotionnel (j'en ai pris conscience après et d'autant plus aujourd'hui avec l'Ennéagramme), et il a été présent, a répondu à mes questions et a formulé pour la première fois de ma vie qu'il m'aimait ! Il a aussi sans doute pris en compte alors que chacun de ses enfants avait des besoins différents. Sa façon de le traduire fut notamment le choix par lui (et non maman) de cadeaux pour chacun d'entre nous à un Noël qui suivait… Nos rapports ont vraiment changé après. Il fait en sorte d'exprimer parfois ses sentiments ou au moins quand je lui exprime il y répond.

 

Cependant, peut-être parce qu'il n'a pas fait de développement personnel, il n'a pas tenté d'entrer vraiment en relation avec ses autres enfants. Il est resté en attente du pas qu'ils auraient pu faire vers lui. J'ai tenté d'expliquer la démarche à certains de mes frères et sœurs, sans succès. Je le regrette (en bonne 2 !) mais la gestion de leurs relations ne m'incombe pas.

 

La vie nous réserve des épreuves et de jolies surprises.

 

Amicalement,

Odile

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