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Conformément à nos conditions d'utilisation, ce forum sera accessible uniquement en lecture du 26 octobre au 12 novembre 2017 inclus.

Fredd

Peur du conflit

Messages recommandés

Fredd

D'abord, bonjour à tous et toutes et bonne année 2012.

 

Introduction

 

Les débuts d'années nouvelles sont parfois l'occasion de tenter le bilan de l'année écoulée. Je l'ai tenté avec un double objectif : lucidité, et retour sur investissement !

 

J'ai cherché une plus grande lucidité sur moi-même, en utilisant les clés de lecture de l'Ennéagramme pour décrypter des expériences significatives de l'an passé. Cette lucidité m'aide à me connaître, m'accepter comme je suis et m'aimer mieux. Rassurez-vous, je ne m'appelle pas Narcisse ! Ce premier objectif me paraît même une condition nécessaire pour prétendre aimer l'autre en tant qu'autre. Je rejoins ici une des grandes invitations de Jésus : aime ton prochain comme toi-même !

 

Quant au retour sur investissement, il ne concerne pas l'argent mais le temps. Une valeur encore plus précieuse ! Après tout, il faut quand même bien tirer quelque profit du temps investi en sessions et études, lesquelles restent pour moi une expérience tout à fait hors du commun et exceptionnelle !

 

La peur du conflit

 

Étant un 9 alpha, j'ai peur du conflit. Il m'a fallu longtemps pour le découvrir et l'accepter. Paradoxalement, c'est avec les personnes que je connais le mieux, que je côtoie le plus, que j'ai davantage peur d'entrer en conflit. C'est un peu comme si celui-ci pouvait détruire ma fierté, celle de quelqu'un de facile à vivre ! Si l'image qui me plaît le plus de moi-même disparait, qu'est-ce qu'il me reste ?

 

Heureusement, je n'ai pas peur « d'y aller » quand il s'agit de m'opposer à un inconnu ! Je ne le reverrai probablement plus jamais. Je n'ai pas à craindre des conflits de longue durée ! Je pense à mes montées d'adrénaline quand un resquilleur slalome dans les files d'attente, à mes confrontations en cas de manques de civilité en ville, de fair-play sur la route !

 

Par contre, j'ai observé souvent une attitude complètement différente inhibée quand je fais face à ce même genre de situation au travail, à la maison, avec des personnes beaucoup plus proches. Littéralement, je bats en retraite et laisse le champ libre à la personne qui interfère. Cela se passe de deux façons : ou bien, lorsque quelqu'un s'interpose et interrompt mon dialogue déjà entamé avec une autre personne, sans aucune attention, ou bien, ce qui m'a surpris encore davantage, quand moi-même j'interromps volontairement le dialogue pour laisser entrer le nouveau-venu dans le terrain et… m'effacer. Surtout quand il s'agit d'un supérieur hiérarchique !

 

Lueurs

 

Heureusement, la session Libération et son exercice sur les mécanismes égotiques m'a aidé en me révélant quelque chose de surprenant. En fait, pas tellement, puisque corroborant la réalité décrite ci-dessus ! Ce qui m'a frappé, c'est que, lorsque j'ai travaillé la situation décrite au paragraphe précédent, je me suis vu littéralement m'enfoncer en terre et disparaître ! Comme si le prix à payer pour être accepté était, paradoxalement, de disparaître. Le même exercice, vécu jusqu'à la fin, m'a fait prendre la place qui est la mienne, ni plus ni moins. L'image des interlocuteurs a la même grandeur. C'est encore une libération toute virtuelle, une étape probablement nécessaire sur le chemin d'une meilleure intégration.

 

Fredd

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Fabien Chabreuil

Bonjour Fredd,

 

Bienvenue sur ce forum.

 

J'espère que d'autres 9 témoignerons sur la contextualisation de leur compulsion.

 

Très amicalement,

Fabien

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Thierry

Bonjour Fredd, bonjour à tous,

 

C'est un peu comme si celui-ci pouvait détruire ma fierté, celle de quelqu'un de facile à vivre ! Si l'image qui me plaît le plus de moi-même disparait, qu'est-ce qu'il me reste ?
:perplexe: S'il est efficace de passer pour un râleur pour éviter un conflit ou en limiter le niveau, je peux passer pour un râleur, ce que je vis comme un moindre mal.

 

Comme si le prix à payer pour être accepté était, paradoxalement, de disparaître.
Cela fait aussi sens pour moi !

 

Très cordialement,

Thierry

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Sevan

Salut Fredd,

 

Merci pour ce premier partage !

 

Personnellement, ça serait plutôt le contraire : avec les personnes dont je suis proche, je suis capable de tenir plus longtemps dans une situation que j'estime conflictuelle. Par exemple, quand je m'engueule avec ma femme, je ne vais pas chercher à arrondir les angles tout de suite ni à "m'effacer" comme tu dis. Je sais que la situation ne durera pas, que les conséquences ne seront pas dramatiques.

 

Avec les gens que je ne connais pas, je n'irai pas enguirlander une personne sur un coup de sang : même si "l'adrénaline monte", ça restera à l'intérieur, où ça sortira indirectement.

Dans les situations où l'adrénaline monte, tu saurais nous donner des exemples de ce que tu fais ou ce que tu dis à ces personnes ?

 

Amicalement,

Sevan

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Aurélie

Bonjour,

 

En ce qui me concerne, j'ai l'impression que l'évitement du conflit avec les proches est lié à la peur de base des 9 : être séparé. Un conflit peut insidieusement casser l'harmonie avec les proches et créer une séparation avec eux. Et être séparé des gens qu'on aime, ça fait mal. Alors qu'avec les autres, ce n'est pas très grave si ça ne se passe pas bien, même si c'est toujours mieux quand on a de bons rapports ; autant éviter de se faire des ennemis, et vivre en paix avec tout le monde ! :sarcastic:

 

Mais cette peur de la séparation est présente surtout si, inconsciemment ou non, j'ai l'impression que l'amour qui nous lie ne sera pas suffisant pour faire face à des conflits sans que cela casse la relation. Si les liens sont forts, c'est plus facile d'entrer en conflit, si les liens sont fragilisés, ça devient difficile. J'ai plusieurs exemples concrets de ma vie qui m'ont mené à penser ça :

  • Quand j'étais petite, j'étais souvent en conflit avec ma mère, malgré ma compulsion. D'une part parce que je ressentais beaucoup de colère vis-à-vis d'elle, mais aussi parce que quoi qu'il se passe, elle resterait ma mère, je ne risquais pas de séparation.
  • Aujourd'hui, je ressens les liens familiaux comme fragilisés, pour différentes raisons. Quand je vais les voir, j'évite énormément les conflits. J'en ai conscience et j'ai pourtant du mal à m'en empêcher. Voir les membres de ma famille se disputer entre eux me stresse aussi beaucoup.
  • Avec mon ex, au début de notre relation, quand ce n'était pas encore bien solide, j'étais très conciliante. Quand c'est devenu plus sérieux, ma compulsion a pris moins de place puisque le risque de séparation était moindre, j'étais dans une situation plus sécure. À la fin, quand ça n'allait plus, aucun problème pour entrer en conflit puisque je voulais de toute façon qu'on se sépare.

En ce qui concerne le fait de s'effacer devant les gens, c'est un comportement que j'ai aussi. Ce que je ressens dans ces moments-là, c'est que je n'ai pas d'importance, que moi "on s'en fout", alors je laisse la place. Je parle en mon nom, je ne sais pas si les autres 9 partagent ce ressenti.

 

Cordialement,

Aurélie

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Isabelle P

Bonsoir Fredd, bonsoir à tous,

 

Je me situe également dans la lignée de Sevan. Il m'est plus facile de tenir, voire de provoquer une situation de conflit avec mes intimes, j'entends par là conjoint et enfants exclusivement.

Cela est déjà plus difficile à concevoir avec les autres membres de ma famille (sœur ou parents).

 

Avec des étrangers, je garde le contrôle et exprime rarement de l'animosité, sauf si je sens que tout le groupe est avec moi (et encore…). En revanche je vais nourrir des fantasmes de vengeance qui vont calmer ma colère intérieure.

 

De la même façon que Thierry, passer pour une râleuse ne me dérange pas trop auprès de mes proches. En revanche au travail, il est hors de question d'afficher une telle attitude : disponibilité, bonne humeur et efficacité sont les maîtres mots. :happy:

 

En analysant l'aspect émotionnel des choses, je dirais que cela ne me pose pas de problème de déclencher de l'irritation ou de la colère chez l'autre. En revanche ce à quoi je fais difficilement face, c'est la déception ou la tristesse. Voir dans le regard de l'autre de la déception ou de la tristesse, c'est ne pas avoir été à la hauteur de ses attentes, ne pas être digne de son estime, de son amour etc., comme si j'avais déclenché quelque chose d'irrémédiable. Cela me renvoie alors à un sentiment terrible de solitude et d'abandon.

 

Ce que je ne m'explique pas encore, c'est pourquoi cette peur serait présente lors de relations avec des personnes non proches. Je promets d'y réfléchir… longuement.

 

Bonne soirée,

Isabelle

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Thierry

Bonsoir Isabelle P,

 

"De la même façon que Thierry, passer pour une râleuse ne me dérange pas trop auprès de mes proches. En revanche au travail, il est hors de question d'afficher une telle attitude : disponibilité, bonne humeur et efficacité sont les maîtres mots. :happy:"

C'est l'attitude de mon 9 mu de n+1. :happy: La plupart sont dupes de sa bonne humeur. Rares sont ceux qui ne sont plus dupes. Je n'ai jamais été dupe.

 

Je ne fais pas un distingo aussi tranché sur le plan comportemental : disons, en bref, que les évènements déclenchants et les seuils sont différents.

 

"Ce que je ne m'explique pas encore, c'est pourquoi cette peur serait présente lors de relations avec des personnes non proches. Je promets d'y réfléchir… longuement."

Le fait d'être traité différemment d'autres personnes ? Peut-être plus pour un 9 alpha puisqu'il se désintégre en 6.

 

Très cordialement,

Thierry

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Jérôme

Bonjour Fredd, bonjour à tous,

 

Bienvenue sur ce forum, et merci pour ce sujet qui a spontanément mobilisé une grande partie du club des 9. Je suis donc heureux d'apporter ma pierre à l'édifice. Voici comment je vois ma compulsion se manifester dans différents contextes de ma vie, vis-à-vis de différentes personnes.

 

Ma famille de sang avec qui j'ai partagé de nombreux souvenir d'enfance fait partie de mes racines (Parents, frères et sœurs, certains cousins et cousines), de mon niveau VIOLET pour ceux qui connaissent la spirale dynamique. Dans ce niveau, il n'y a pas d'identité propre, et les liens de réciprocité sont très importants. C'est quasiment impossible pour moi d'entrer en conflit avec eux, car je supporterais difficilement le fait de me couper d'une partie de moi-même. Je préfère la fuite dans ces cas là.

 

La famille que je constitue avec ma femme et mes trois fils n'est pas dans ce niveau VIOLET, elle s'est constituée plus tard. Je sais que le lien avec ma femme est fort, et que le risque qu'il se rompe est faible. Il en est de même avec mes enfants, du moins pour l'instant, l'ainé ayant 11 ans. Dans ce contexte, le conflit avec eux est gérable et géré, même s'il n'est jamais très fort.

 

J'ai conscience que le risque de rupture avec mes enfants va augmenter avec le temps, et je sais que cela sera peut être un handicap pour moi pour les accompagner lors de l'adolescence, et jeunes adultes, car des conflits seront nécessaires et constructifs. L'ennéagramme m'aide déjà à en avoir conscience, et je ferai en sorte qu'il m'aide pour mieux gérer ces périodes.

 

Je suis de sous type social, et de ce fait la volonté d'être populaire dans les groupes dans lesquels je souhaite être accepté s'ajoute avec la peur de base d'être séparé. Dans ce contexte, il m'a toujours été difficile, et c'est encore le cas aujourd'hui, d'entrer en conflit avec un membre du groupe, et c'est encore pire si ce conflit est visible par le groupe. Il y a quand même une forme d'autorégulation dans ce contexte, car si les motifs de conflit sont trop nombreux, alors j'ai moins peur de ne pas être populaire ou d'être séparé du groupe, et je peux entrer en conflit. Cela m'est arrivé plusieurs fois, et dans ces cas là, paradoxalement, si mon lien au groupe s'est affaibli, le lien du groupe vers moi s'est renforcé, le groupe m'a retenu. Belle preuve par l'inverse que l'égo à tendance à provoquer la situation qu'il cherche à éviter.

 

Dans le domaine amoureux, lorsque j'étais ado ou jeune adulte, j'étais extrêmement sensible a éviter les conflits avec les filles que je cherchais à séduire… ce qui ne m'aidait pas du tout pour les séduire. Quand j'y arrivais quand même, j'étais toujours très attentif à éviter les conflits, extrêmement fusionnel, et de ce fait probablement gentiment exaspérant. Les ruptures étaient très dures à vivre, et je comprends mieux pourquoi depuis que je connais l'ennéagramme, et notamment la peur de base de mon type 9. Après une rupture trop difficile, je me souviens avoir consciemment décidé de « débrancher » ce côté fusionnel pour me protéger de cette souffrance, et je l'ai fait, c'est toujours valide aujourd'hui près de 20 ans plus tard.

 

Dans le contexte professionnel, j'ai longtemps eu le même souci d'être populaire, au moins vis-à-vis de mes collègues. Il y a 15 ans, je me souviens clairement avoir imaginé que si on avait fait une élection de l'employé le plus populaire de l'entreprise, j'avais toutes mes chances, et c'était important pour moi. Aujourd'hui j'en suis revenu, aidé notamment là encore par l'ennéagramme, mais il reste des collègues ou des équipes vis-à-vis desquelles un conflit serait difficile à supporter, sachant que je n'ai pas le choix de ne pas travailler avec eux au quotidien, autrement dit pas de fuite possible.

 

Avec mes supérieurs c'est différents, j'ai toujours supporté un niveau de conflit beaucoup plus élevé, même si cela a souvent été difficile à vivre quand même, je me souviens parfois de demi journées complètes de quasi catalepsie, tous les centres à l'arrêt, suite à des conflits vécus comme importants, mais cela ne m'arrive plus aujourd'hui. Je pense que je supporte ces conflits plus fréquents avec mes supérieurs car ils sont un moindre mal comparés aux conflits que j'aurais à gérer avec d'autres (femme, collègues, clients) ou avec moi-même, si je voulais les éviter.

 

Autre apport de l'Ennéagramme, j'ai appris à mieux évaluer le niveau du conflit en fonction de l'ennéatypes de mon interlocuteur, quand je le connais. Avant j'aurais par exemple (un peu caricatural certes) eu tendance à surévaluer le niveau de conflit avec un 8 tonitruant, et à le sous évaluer avec un autre 9 lui-même sous influence de sa compulsion.

 

Voilà pour ce petit tour d'horizon de ma gestion des conflits.

 

Je fais aussi le lien avec cette conversation récemment proposée par Bénédicte.

 

À très bientôt (On reste copains hein ?),

Jérôme

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Véronique

Bonjour Fredd, bonjour à tous

 

En ce qui me concerne la peur du conflit se manifeste souvent :

  • Peur de déclencher la colère de l'autre ;
  • Un regard critique ou désapprobateur ;
  • Une remarque désobligeante ;
  • Une divergence d'opinion, un désaccord ;
  • Un reproche.

Le conflit, ou plutôt ce que mon ego perçoit comme conflictuel, est donc omniprésent dans la vie quotidienne.

 

En voulant l'éviter on le déclenche ou on l'aggrave.

 

L'évitement je l'ai souvent pratiqué de différentes façons :

  • Tendance à ne pas dire ce que l'on pense ;
  • Dire "oui" alors qu'on pense "non" ;
  • Ne pas donner son avis ;
  • Être de l'avis de celui qui parle le plus fort ou de façon autoritaire :
  • S'enfuir face à une situation conflictuelle.

Un très bon moyen pour moi de faire diminuer cette peur du conflit a été de travailler les techniques de communication avec l'aide de Patricia. Les techniques utilisées sont basées sur la synchronisation, la reformulation, la pêche aux informations : en bref aller chez l'autre. Cela permet de connaître l'opinion de son interlocuteur, ses motivations et de mieux le comprendre. Le conflit se désamorce car l'autre se sent compris et écouté. Le conflit s'éteint de lui-même et une recherche de solution est possible.

 

L'étape suivante a été d'apprendre la sociocratie en stage avec Fabien et Patricia, et d'avoir la chance de la mettre en pratique dans mon entreprise. Jour après jour, au cours des réunions de cercle, nous cherchons à faire émerger les divergences pour enrichir les conversations et les décisions. D'où une prise de conscience de ma part : ne surtout pas "éviter les conflits" ! :pt1cable:

 

Cela devient même rigolo de chercher à les désamorcer !

 

J'espère que mon témoignage est clair et qu'il pourra donner à certain des pistes de travail.

 

Bien amicalement à tous,

Véronique

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Fabien Chabreuil

Bonjour Véronique,

 

"Cela devient même rigolo de chercher à les désamorcer !"

J'ai effectivement plusieurs fois constaté que la sociocratie aide les gens à donner le meilleur d'eux-mêmes. Elle crée un climat de sécurité où on est profondément avec soi et avec les autres, ce qui est une des caractéristiques de l'essence.

 

Très amicalement,

Fabien

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Fredd

Bonjour Sevan, bonjour à tous,

D'abord, excuse-moi de ne pas avoir répondu à ta question plus tôt ! Je pourrais invoquer une nouvelle activité professionnelle qui a été un grand défi pour moi et qui m'a demandé beaucoup d'investissement en temps. Pour être honnête, cela serait du camouflage, celui de ma passion et de ma fixation, paresse et oubli de soi !

Dans les situations où l'adrénaline monte, tu saurais nous donner des exemples de ce que tu fais ou ce que tu dis à ces personnes ?

Il me vient à l'esprit une polémique que j'ai amorcée la semaine passée à l'entrée d'une gare ferroviaire. Un chauffeur de taxi s'était arrêté sur un passage pour piétons. J'ai fait le geste de lui montrer la zone zébrée. Devant sa réaction invoquant le trafic et reprise en chœur par ses confrères derrière lui, je lui ai fait comprendre qu'il était aveugle et qu'il ferait mieux d'ouvrir les yeux, ceci sur un ton qui ne laissait pas d'équivoque !

Si j'examine ma réaction, j'y vois deux choses. La première me paraît être l'expression spontanée d'assistance et de soutien à l'autre : j'accompagnais un ami qui voyageait et qui était chargé. Ma colère venait du fait qu'il devait faire un détour pour pouvoir traverser. Je comprends cette colère comme un signe d'amitié envers cet ami qui, par ailleurs, étant du centre mental me semble-t-il, a préféré ne pas rester sur les lieux de l'altercation, sous l'effet de la peur. Pour être honnête, je ne suis pas sûr que j'aurais engagé la même polémique dans le cas où j'aurais été le voyageur chargé de ses bagages. La deuxième chose, c'est qu'il me paraît plus facile d'entamer un conflit dans un endroit ouvert, qui permet toujours un retrait stratégique, plutôt que dans un endroit fermé où le retrait est plus problématique.

En espérant ne plus attendre 16 mois avant de continuer à prendre part à ce genre de forum qui me paraît très enrichissant (16 semaines seraient déjà un progrès !!!), je vous salue tous cordialement.
Fredd

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Isabelle P

Bonjour Fabien, bonjour le Club des 9, :happy:

Je tenais à revenir sur le sujet car depuis mon témoignage de 2012 l'eau a pas mal coulé sous les ponts.

Cette envie de disparaitre, de s'effacer pour laisser place à l'autre et qui a été décrit à plusieurs reprises dans cette discussion a pratiquement disparu chez moi.
Ce qui semble primer dorénavant c'est de pouvoir exprimer mon point de vue, mes valeurs et mes convictions, que cela entraine conflit ou pas.

Je tenterais l'hypothèse suivante : l'évitement du conflit interne (c'est-à-dire trahir mes valeurs, ce en quoi je crois, ce que je suis) a pris l'ascendant sur l'évitement des conflits externes. Mon assertivité s'est également considérablement développée en parallèle d'un plus grand détachement vis-à-vis du jugement d'autrui ; je n'hésite pas à exprimer une position non consensuelle si celle-ci me semble juste et en accord avec mes convictions profondes.

Je note également une intolérance grandissante vis-à-vis de tout propos ou geste me manquant de respect. Exemple, me faire bousculer aurait généré auparavant une réaction chez moi de type "c'est pas grave", tandis qu'aujourd'hui je ressens et peux exprimer une véritable colère, voire agressivité.

Il est vrai que mon sous-type sexuel apporte sans doute cette "coloration" plus agressive, la différence réside dans le fait qu'elle est aujourd'hui assumée alors qu'auparavant je la réprimais.

Bien cordialement,
Isabelle

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Fabien Chabreuil

Bonjour Isabelle,

 

"L'évitement du conflit interne (c'est-à-dire trahir mes valeurs, ce en quoi je crois, ce que je suis) a pris l'ascendant sur l'évitement des conflits externes."

C'est une hypothèse subtile et réaliste. Un 9 évite les conflits, mais s'il est dans une situation où il n'a que le choix entre deux conflits, il choisit le moindre.

 

Ceci dit, cela implique qu'il ne se réfugie pas dans le mécanisme de défense ou dans la fuite. Et cela, cela s'appelle un pas vers l'intégration.

 

Très amicalement,

Fabien

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Philomène

En tant que 9 alpha, je ne sais pas si j'ai "peur" des conflits, en tous les cas, j’ai toujours été mal à l’aise avec les conflits.

 

Ceci m’a prévalu beaucoup de souffrance quand j’ai exercé le métier d’avocate pendant 5 ans. Ce n’est pas tant dans le cabinet que l’arène du tribunal où la tension, l’agressivité tangible du procès, des confrères, celle du magistrat qui attend l’erreur du jeune avocat pour le coincer, celle du client soupçonneux ou agressif, que je me sentais extrêmement vulnérable, en souffrance. J’ai toujours tâché, notamment dans les affaires familiales où les avocates (ce sont souvent des femmes) peuvent "attaquer" comme des "chiennes" (c’est d’ailleurs ainsi que je les caractérisais), d’apaiser les choses… J’insistais toujours auprès de mes consœurs, les trouvant stupides d’alimenter le conflit et de monter systématiquement en épingles des choses sur lesquelles on pouvait passer si on souhaitait apaiser les relations : "Enfin consœur, pensons un peu aux enfants…", "Soyons raisonnables…", "Y-a-t-il un intérêt, au final, de continuer la guerre quand on peut vraisemblablement parvenir à un accord ?", etc.

 

Bref, je sortais épuisée… J’ai d’ailleurs été épuisée pendant ses années d’advocature. Je me suis faite à plusieurs reprises des entorses aux chevilles et pour finir, je me suis rompue le ligament croisé à un entraînement — un peu trop volontaire — en art martial… un entraînement sportif très intensif qui me permettait tous les week-end d’évacuer tout ce stress.

 

Depuis, je ne suis plus avocate.

 

Je suis devenue (étonnant pour un 9, non ?) MÉDIATEUR. Là, j’ai trouvé un équilibre : l’aide à l’autre, l’écoute, la recherche d’un accord et d’un apaisement des parties, une sortie à l’enfermement du conflit, quelle qu’elle soit.

 

Et je dois dire que j’appréhende encore toujours un peu l’arrivée des clients, gonflés d’agressivité et en guerre, dans mon cabinet. Heureusement que j’ai les techniques pour faire tomber, très vite, cette colère, cette frustration, cette émotion, avec un processus très performant de "rationalisation des émotions"… mais je m’égare (!) — et pourtant je me suis efforcée d’éviter la saga.

 

Je dois dire que l’ennéagramme et la découverte de mon profil de 9 ont été d’une grande aide :

  • Pour comprendre pourquoi j’avais vécu aussi mal ces années en tant qu’avocate (où je cherchais sans cesse… des "gentilles" avocates avec qui je pouvais échanger en confiance et en harmonie) ;
  • Pour détecter que la médiation était sûrement une voie à explorer pour moi.

 

Voilà. Si ce témoignage rejoint celui d’autres 9

 

Merci de votre attention et portez-vous bien.

Philomène

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Fabien Chabreuil

Bonjour Philomène,

 

Bienvenue sur ce forum, je suis ravi d'y lire ton premier message.

 

"La médiation était sûrement une voie à explorer pour moi."

Comme toujours quand un métier est en phase avec sa compulsion, cela nécessite beaucoup de vigilance pour ne pas amplifier l'ego. Entre apaiser et régler les conflits et les éviter, la marge est étroite. Patricia et moi, dans le cadre de nos activités liés à la sociocratie, faisons parfois de la facilitation : souvent l'évitement des conflits aboutit à des solutions banales, là où leur acceptation, soigneusement accompagnée, génère de la créativité.

 

Très amicalement,

Fabien

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Philomène

Merci Fabien de m'ouvrir les yeux sur ce point de vigilance. A priori ma formation de médiateur professionnel me permet d'aller toucher au fond les émotions des clients pour les faire réfléchir et créer une solution à laquelle ils n'avaient pas pensé. 

Ils doivent élaborer devant moi un nouveau mode de communication pérenne. Jusqu'ici les accords trouvés ont été respectés.

 

Mais je reste vigilante.

 

Bien à toi.

Philomène

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