Institut Français de

l’ennéagramme

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Ankhnaos

Ne plus vivre l'abandon

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Ankhnaos

Bonjour Patricia,

Bonjour Fabien,

Bonjour à tous,

 

Depuis maintenant un mois et demi, j'observe les effets d'une expérience de révélation que j'ai connue au lendemain de l'annonce du décès d'Arnaud Desjardins le 13 août de cette année.

Mais avant de vous faire part de cette expérience, je dois vous dire… Il y a une année environ j'ai lu un livre de Lise Bourbeau Les 5 Blessures qui empêchent d'Être. J'y ai découvert que ma blessure originelle principale, celle qui m'a fait naître dans ma famille, est "L'Abandon", abandon dans le sens d'être abandonné.

Fabien, tu as dis qu'il en existe neuf. Pour l'instant, je n'en connais que cinq, les autres seront portées à ma connaissance en temps voulu, j'espère…

La blessure d'abandon est en relation avec le parent de sexe opposé. J'ai du en faire une prise de conscience bien avant de l'accepter, ce qui a pris beaucoup de temps, sans en faire une perte de temps, à la compréhension de ce temps-là, passé mais pas perdu.

Mon père est de type 8. Dans mon enfance, il m'a fait vivre un continuum de peur, avec des mots parfois caressant, parfois tranchants. Il y avait de la sévérité, parfois agrémentée de gestes… mais pas de violence absolue.

Je sais que j'ai occulté pas mal de choses. Au souvenir de mes frères et sœurs, j'étais le poète souffre douleur… Mais jamais je ne me suis rebellé, une loyauté était déjà là certainement et la peur assurément… Est-ce que l'oubli, dans le refoulement, est une forme de mensonge, à soi même, pour se protéger ? Si oui, alors merci mon ego… Magnifique révélation de mon type 6 alpha.

J'ai participé au stage Pardon. Mon père en a été le sujet primordial. Je ne l'avais pas vu pendant 25 ans. L'ayant revu auparavant, au mois d'aout 2010, j'ai retrouvé un vieux petit bonhomme tout gris de 71 ans, sous antidépresseur. Je ne retrouvais plus l'hidalgo de sa jeunesse (ma grand-mère paternelle était de l'assistance publique d'origine espagnole), capable de protéger sa tribu comme un vrai volcan-lion. En fait je crois que c'est cela qui me faisait peur, cette énergie-colère de l'instinctif, instinctif que j'ai du mal à mobiliser dès lors que rien ne va plus, a contrario de moments ou l'émotionnel, au beau fixe, en support du mental, alors l'instinctif est alerte et sans encombres -— Je me dis à l'instant que c'est ce qui se passe là sous mes yeux.

 

Ma mère est décédée dans un accident de la route, renversée par une voiture ivre. J'avais 13 ans… Je ne connais pas, absolument, son ennéatype…

 

Je suis l'aîné de 5 frères et sœurs. Nous n'avons pas été séparés. Les deux familles en mésentente à ce moment-là se sont malgré tout entendu pour nous réunir dans une maison avec une gouvernante… Mon père, alors, n'ayant pas assez de place chez lui, avec sa nouvelle famille, décida de mettre en œuvre le nécessaire pour nous avoir avec lui, ce qui prit quand même 2 ans…

Et dans cette nuit de cauchemar, où la vie prend une autre allure, une autre vitesse, une autre couleur, mon père me dit alors : "Tu es l'aîné, tu seras un peu le chef de famille." Avait-il la moindre idée de la charge, du poids qu'il m'octroyait ? Non sans aucun doute. C'était sa façon inconsciente de me faire grandir d'un seul coup, m'insuffler une partie de son énergie. Pendant longtemps j'ai pensé que ce n'était pas juste. Aujourd'hui j'ose penser qu'il m'a offert un cadeau incommensurable. Malgré lui, il m'a donné faim et soif à me connaître et à me comprendre, d'entreprendre ce voyage insondable dans mon propre intérieur, pour me révéler à moi même, l'Être profond qui est en soi, Soi… Je n'ai pas encore pu lui dire, mais un pas après l'autre, j'avance… Oui, je lui ai totalement pardonné… J'ai en souvenir, bien net, des parties de pêche de l'aurore au crépuscule en rivière, au lac, ou en mer, et encore bien d'autre moments qui sont bien mieux éclairés maintenant…

 

Pendant de nombreuses années, je me suis posé la question : "Pourquoi ? Pourquoi cette épreuve-là?" Toutes ces années de questionnements, j'en oubliais le principal, la laisser partir de mon esprit pour vivre ma Vie. En fait je ne voulais pas rompre le lien, et vivre l'abandon de front, qui n'était qu'illusion générée par mon ego…

Mes recherches personnelles m'ont emmené dans bien des endroits du mental et de la connaissance, avec des réponses, mais jamais LA Réponse, jusqu'au jour où après avoir commencé ce parcours salvateur pour moi, en Ennéagramme, j'ai lu ce livre de Lise Bourbeau, Les 5 Blessures qui empêchent d'Être. J'ai pris conscience que cette blessure-là était ma blessure à vivre, qu'elle ne m'avait pas été infligée par ma mère, contre son gré…

L'acceptation était là, mon travail de départ, mais comment accepter une chose pareille ! L'abandon… Je savais qu'une Libération viendrait de là, mais quand ? Quand ce serait le moment, pour ne plus avoir à le vivre… LA Réponse était en moi, elle y est toujours…

Durant mes années de recherches, après avoir lu bien des livres d'ésotérisme, d'occultisme, d'égyptologie, et j'en passe, livre après livre, j'en suis venu à lire au sujet du bouddhisme. De là, de fil en aiguille, j'ai découvert Arnaud Desjardins et son enseignement… Avec les années passant, j'ai découvert qu'il y avait en moi de la spiritualité, que je l'avais enfermée, comme d'autres potentiels, qui tentaient par moments de s'exprimer, mais seulement dans des moments de stress…

J'avais très envie d'aller à la rencontre d'Arnaud Desjardins, mais jamais je n'ai fait le premier pas de ce désir-là. J'étais effectivement dans la peur, peur d'être coupable, peur de l'inconnu, peur d'être vu et observé, peur de joindre mes mains contre ma poitrine, peur de ne pas être à la hauteur, et bien d'autres… En définitive, peur d'être en contradiction avec l'instinct sexuel, qui assurément ne doit pas gouverner ma vie, car lui seul ne sait pas ne pas me faire vivre l'abandon (a contrario, j'ai observé qu'au cours de ma vie, j'ai été capable d'abandonner de façon radicale, ce que je ne vis plus, et très riche d'enseignements somme toute).

 

Lorsque le 13 août de cette année, j'apprends le décès d'Arnaud Desjardins, je reçois un coup, violent, en moi (je sais maintenant que j'en ai été le créateur) j'en ai ressenti une grande peine… J'étais très affligé, comme jamais je n'ai ressenti auparavant, mise à part le 29/11/1974… À ma surprise, cela ne m'a pas empêché de vaquer à mes occupations, j'étais affligé, mais pas effondré physiquement, ou plutôt, cela se passait à l'intérieur, c'était détaché du moi superficiel, émergé, cette affliction vivait en moi mais ne m'empêchait pas de vivre… Ma première pensée fut : "Pourquoi je ressens autant de peine ?" Je n'ai fait que lire ce qu'il a écrit, je n'ai pas eu l'occasion de le rencontrer. Cela ne répondait pas à ma question… Durant une journée, j'ai ressenti cette peine-là très forte en moi…

La nuit est passée, un ou deux jours aussi peut être… Au réveil, comme il peut m'arriver d'autres fois, j'ai un éclair de lucidité et j'ai là une révélation… Oui j'ai vécu ce décès-là comme un abandon, mais c'est moi qui l'ai crée. Arnaud ne m'a pas abandonné, il ne le peut, il ne me connaît pas… Et s'ensuit une cheminement de pensées, de questions, de réponses, au résultat duquel je comprends que le plus important n'est pas d'avoir ou de ne pas avoir rencontré Arnaud lui-même, mais d'avoir rencontré son enseignement, et que cet enseignement est toujours là à disposition, et qu'à travers l'enseignement je rencontre le Guide, le Sage…

Rien ne vient isolément, du fond de l'Univers, à travers la Convergence… Ma réflexion s'est portée, alors, sur cet abandon (virtuel) maternel que j'ai vécu bien longtemps. Comme par enchantement, à ce moment-là des parallèles mentaux se sont dessinés, et j'ai compris dans l'expérience vécu a travers le décès d'Arnaud Desjardins que ma mère ne m'avait jamais abandonné ni d'acte volontaire, ni de fait contre son gré, oui elle n'est plus là, en personne physique, mais elle est là, et tout ce qui a été Elle est là, en mon cœur, et c'est bien ça le plus important… J'avais accepté.

Rien n'est vain, jamais…

 

J'ai 50 ans, je vis de grands changements personnels, je peux dire sans me tromper que je sens une renaissance… La pensée de ne plus avoir peur, si fort, de l'abandon me rend plus léger, moins sur le qui vive… Je me sens plus détaché, moins dépendant. Je sais que ce je crée en moi peut être source de conflits intérieurs, source de projections, dus à des perceptions erronées du monde extérieur que je regarde de prime abord à l'intérieur, pour faire ensuite un copier-coller sur l'écran de la vie… C'est là une grande satisfaction de comprendre comment je fonctionne dans mon ego, même s'il a encore de l'emprise, il n'est plus seul à la barre…

Je suis loyal, mais lui, mon ego est-il si loyal que ça envers Moi ? Pour la sécurité de mon intégrité physique assurément, mais pas pour ce qui est de ma psyché… Là est le travail d'évolution personnelle…

 

Cette expérience vécue au cours de l'été m'a apporté un riche enseignement… J'ai voulu le partager avec vous tous.

Je suis très attaché à cet enseignement de l'Ennéagramme, par l'apport de chacun pour l'enseignement de Nous tous…

 

Pour nourrir tout autant l'Âme, et l'Esprit, et le Corps, seules la Faim et la Soif sont nécessaires.

 

Paix et Amour à vous…

Thierry

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Fabien Chabreuil

Bonjour Thierry,

 

Merci de ce partage. Je suis heureux que cette expérience t'ai apporté soulagement et paix.

 

"Oui j'ai vécu ce décès-là comme un abandon, mais c'est moi qui l'ai crée."

Oui, il est important de prendre la responsabilité de nos pensées et de nos émotions. À une certaine époque, j'animais des formations où j'enseignais à repérer les imprécisions du langage. L'une d'entre elles s'appelle la cause-effet. Il s'agit de phrases du genre "Il m'a mis en colère en arrivant en retard" ou "Il m'a attristé en ne me disant pas bonjour." Ces phrases reviennent à considérer que l'attitude des autres est la cause de notre vécu interne.

 

Elles reviennent surtout à considérer que nous sommes une chose, et non un être vivant. Si je donne un coup de pied dans une pierre, la trajectoire de la pierre est (théoriquement) calculable exactement à partir de la direction et de l'intensité du coup de pied, de la forme de la pierre et du terrain sur lequel elle se trouve. Si je donne un coup de pied à un chien — amis de la SPA, c'est une expérience de pensée ! —, la réaction du chien est imprévisible. Selon son caractère et son histoire de vie, il peut ne pas réagir, s'enfuir la queue basse, me sauter à la gorge, attendre que j'ai le dos tourné pour me mordre les mollets, remuer la queue pour essayer de m'apaiser, se coucher sur le dos pour montrer qu'il me reconnaît comme le mâle alpha, etc.

 

Pour la pierre, le coup de pied est la cause de sa trajectoire. Pour le chien, le coup de pied n'est qu'une des causes de sa réaction.

 

Il en est de même pour nous. Puisque plusieurs réactions sont possibles à une cause extérieure, alors notre interprétation intérieure de la situation est au moins aussi importante que cette cause extérieure. Nous sommes les créateurs, ou a minima les co-créateurs, de notre vécu.

 

Très amicalement,

Fabien

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