Institut Français de

l’ennéagramme

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Harper

Question : serviabilité et menus propos

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Harper

Bonjour à tou(te)s,

 

J'ai cette fois-ci une question pour les 5.

 

Le contexte est de nouveau littéraire. J'ai identifié de manière quasi-certaine un personnage comme un 5 alpha. Tout est cohérent avec le type en termes de motivations, mais un point de comportement m'a fait un peu hausser les sourcils : dans un contexte familial favorable, le personnage manifeste une grande serviabilité et une tendance à tenir de menus propos.

 

Outre l'hypothèse d'une projection de la part de l'auteur (ennéatype 6 envisagé), je peux aussi formuler les hypothèses suivantes :

  • Le personnage me semble de niveau d'intégration "moyen +", et se trouve dans un contexte familial favorable. De plus, les moments de convivialité familiale sont assez bien circonscrits dans le temps, et il a la possibilité de s'en dispenser. Donc, pas de pression excessive et un contexte plutôt favorable. Il est possible qu'il prenne alors de la distance par rapport à ses mécanismes égotiques.
  • Il peut aussi y avoir une part de calcul stratégique : en effet,
    • Être en bons termes avec sa famille lui permet de bénéficier d'un local au calme pour travailler, et que l'on respecte aussi son besoin d'indépendance. S'il était en termes plus tendus, il inviterait peut-être une curiosité malvenue, ou remettrait en question des arrangements satisfaisants pour son ego.
    • Tenir des menus propos peut-être aussi (et, dans le roman, ça marche), un moyen pour que la conversation ne porte PAS sur des sujets dont il ne souhaite pas parler (donner des détails sur son travail :peur: ou parler de sa vie privée :beurk:).

Ma question : amis 5, par rapport à votre expérience, ces hypothèses sont-elles cohérentes ?

 

Merci d'avance,

Amitiés,

Bénédicte

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Kayla

Bonjour Bénédicte,

 

Je peux tenter d'apporter un témoignage par rapport à ma fille aînée, 15 ans, 5 (mu probablement). Si elle va bien, que le contexte est favorable, et que SURTOUT elle n'est pas obligée de le faire, c'est-à-dire que ce n'est pas une demande de ma part ou une obligation familiale, scolaire, etc., elle peut se montrer très serviable et tenir un semblant de conversation "anodine". Mais il faut vraiment que ça vienne d'elle, sinon elle va se renfermer de suite et s'isoler à nouveau. Et si elle sent que la conversation risque de bifurquer vers des domaines qu'elle ne souhaite pas aborder, c'est pareil, elle se referme et s'isole aussitôt. Pour elle, contexte favorable, ça veut dire — pour le moment en tout cas — qu'on est que toutes les deux (ses sœurs sont couchées, ou absentes, ou chacune occupées de leur côté mais plus rare parce qu'alors je la sens aux aguets de la moindre intrusion dans la bulle). Alors, comme hier soir, elle va sortir d'elle-même le linge de la machine et discuter quelques minutes avec moi le temps de l'étendre. Mais si je lui demande de le faire, ou si l'un des sujets abordés la gêne, hop, c'est fini, le linge reste là, et je ne la revois plus de la soirée (exemple tout récent, hier soir). Parfois, beaucoup plus rarement, la "bulle" intègre ses sœurs, et elle, bien "présente" pendant un repas, aide à servir, participe à la conversation, encore une fois si personne ne l'y oblige, et il faut vraiment qu'elle aille très bien à ce moment-là.

 

Bonne semaine à toi, à vous,

Kayla

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Harper

Bonjour Kayla,

 

Merci de ton témoignage.

 

Le personnage 5, dans le roman, manifeste en effet de la serviabilité dans un contexte favorable, à condition d'être à l'origine du mouvement de serviabilité (merci de m'avoir précisé cet aspect). Sous stress, il n'émerge que pour les repas (encore faut-il être allé le chercher… mais sa mère est une 2 !), voire disparait totalement du paysage familial pendant plusieurs semaines.

 

Autre précision, après poursuite de ma relecture : ce que je qualifie de "menus propos" semble être principalement poser des questions, ou faire des commentaires, sur ce qui intéresse les autres personnes de sa famille. Par moments, ce genre de questions est visiblement destiné à changer de sujet pour ne pas en dire davantage sur sa propre vie. À d'autres moments, il semble qu'il se sente d'humeur suffisamment conviviale pour s'intéresser à la vie des autres, et pas seulement au domaine qui l'intéresse.

 

Très cordialement,

Bénédicte

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Claire5

Bonsoir,

 

"Ma question : amis 5, par rapport à votre expérience, ces hypothèses sont-elles cohérentes ?"

Je trouve tes hypothèses cohérentes et bien trouvées. En ce qui me concerne, en famille, j'ai toujours mis et débarassé la table, le lave vaiselle, le lave-linge (épluché les patates, rangé les courses, acheté du pain, etc.) simplement parce que ma mère, 1 alpha C++, considérait que c'était aux enfants de faire ça. Ma motivation stratégique était simplement d'éviter qu'elle se mette en colère si ce n'était pas effectué dans la minute la seconde qui suivait. Donc j'ai appris à lâcher mon ordi (même en plein milieu de la lecture d'un article passionnant) dès que je devais faire quelque chose.

Il est clair que je n'aimais pas du tout ça et qu'en contre partie, je n'ai jamais proposé spontannément à ma mère de l'aider (oui, oui, l'avarice est bien ma passion).

 

Concernant les discussions, je pense que rester en bon terme avec la famille serait une motivation qui justifierait de fournir un minimum syndical (même si personnellement j'ai rarement fait cet effort…).

 

Cordialement,

Claire

 

PS : Je crois que j'ai vécu dans une famille où on était tous des gros individualistes, et je ne crois pas que ce soit très représentatif !

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Laurecd

Bonjour Bénédicte, Kayla et Claire,

 

Concernant les "menus propos" (quelle jolie expression : merci !), voici les pensées qui me viennent au sujet de mon mari, 5 (mu). J'ai remarqué qu'il s'intéresse toujours, dans un premier temps, aux "ragots". Je sais qu'il dresse l'oreille lorsque je discute avec une amie (cela ne signifie pas qu'il lève le nez de son livre, mais je sais qu'il écoute tout en lisant), et il n'hésite pas à mettre son grain de sel ici et là. Jamais plus d'une phrase ou deux, histoire d'alimenter la conversation, ou peut-être la remettre sur un chemin qui lui semble plus intéressant. Au bout de 5 minutes environ, il perd tout intérêt et repart dans son monde. Il est cependant très rare qu'il ne participe pas d'une manière ou d'une autre, et il se vexe un peu lorsque je refuse de l'informer des derniers "commérages". Dans sa profession également, il s'intéresse de manière très ciblée et ponctuelle aux "petites histoires". Il m'en parle ensuite, mais là, c'est toujours moi qui reste sur ma faim, car il est incapable de "développer", dans la mesure où pour lui, un développement doit être presque toujours immédiat. ("Untel a insulté Untel au boulot." Voilà. Eh oui : point final.) Donc les commérages à la 5, ce n'est pas non plus exactement du Voici Magazine. J'ajoute pour te répondre de manière plus précise, Bénédicte, qu'en effet ces menus propos ne sont jamais un prétexte pour parler de lui-même, bien au contraire ; il s'agit peut-être même un moyen de se comporter comme "les autres", sans pour autant avoir à se livrer. J'essaierai de lui poser la question…

 

Pour la serviabilité, mon mari est plutôt serviable et prévenant, en famille. En grande partie je pense, parce que rendre service est très important pour moi et qu'il est important pour lui de me faire plaisir. En revanche, je pense qu'il s'agit d'une serviabilité "conscientisée" en quelque sorte (ce qui n'enlève rien à la beauté du geste !) et certainement pas quelque chose qui coule de source et qui vient du fond du cœur. À l'extérieur, c'est plus difficile pour lui, et il ne comprend pas bien pourquoi les gens lui reprochent son manque d'empathie et sa froideur. Du coup, je suis enchantée de pouvoir lui donner mes petites recettes d'émotionelle, qu'il s'essaie ensuite à appliquer à la lettre — ce qui donne souvent des choses un peu absurdes : mon mari d'ordinaire froid et cassant qui tout à tout se met à demander à une collègue des nouvelles de son nouveau-né et qui lui dit qu'il "comprend" que la vie de consultante ne doit pas être évidente pour une jeune maman et qu'elle peut rentrer plus tôt chez elle (alors qu'il ne comprend pas du tout). Ladite collègue a demandé à Guillaume s'il était souffrant…

 

Très affecteusement,

Laure

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Lionel

Bonjour,

 

Je ne vois pas d'incompatibilité entre serviabilité et l'ennéatype 5. Quelle idée !! :pt1cable:

 

Je vais dépasser ma passion d'avarice :laugh: pour vous préciser que je travaille depuis une quinzaine d'année dans l'accompagnement des personnes, l'aide au retour à l'emploi, et que j'ai auparavant travaillé pendant une douzaine d'années dans l'hôtellerie de luxe (où la serviabilité est de mise :proud:).

 

Pour avoir travaillé sur le sujet pour ce qui me concerne ("pourquoi je fais le métier que je fais ?") et comme "dans tous comportements il y a un intérêt utile", je pense que l'intérêt d'être serviable pour un 5 pourrait être que cela lui permet de détourner l'attention sur l'autre évitant ainsi de se pencher sur ses émotions.

 

Une manière d'être finalement en retrait et dans l'isolement.

 

Voila, si j'ai pu vous êtes serviable, j'en suis ravi. :lame:

 

Lionel

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Yves

Bonjour Bénédicte, Kayla et Claire,

 

Cette tâche d'auto-observation me semble utile et facile : je m'en sens capable (elle satisfait donc mon désir de base de5 :happy:), et elle souscrit à mon besoin decomprendre et d'évoluer. Je te suis reconnaissant de nous la proposer.

 

Commençons donc avec, un soupçon de grandiloquence (pour un 5), par la "grande serviabilité". Mais allons-y tout doux avec "Pas de pression excessive".

 

Oui, c'est vrai chez moi : je ne trouve aucun souvenird'avoir été serviable en cas de pression excessive. Pression excessive externe,si la personne servie ne me laisse pas le choix du jour et de l'heure du service, ou au moins un délai : l'avarice de temps est prégnante chez moi, et je n'aime pas l'improvisation. Pour ne pas rendre service, je peux rationaliser. Par exemple, je me mets à penser que la personne est mal organisée, ou bien que je lui ai déjà donné assez de temps (même si je le lui avais donné avec plaisir), ou bien qu'elle n'est pas désintéressée :suspicieux: (projection), ou encore qu'il y a d'autres façons de procéder, plus économes en temps.

 

Pression excessive interne, si le service déclenche un conflit avec mon esprit logique. Par exemple, j'entends : "Peux-tu aller chercher ma mère à la gare ?" Je ressens de l'enthousiasme :happy:, puis j'entends : "Tel jour, à telle heure." Je réalise que cela bouscule mes plans, qu'à cette heure-là, la circulation sera difficile, et puis des taxis seront présents à la gare : si tout le monde fait comme moi, alors les taxis vont se retrouver au chômage (rationalisation), ce n'est pas logique. Enfin, si malgré tout, le contexte est très favorable et si mon centre émotionnel dit quand même "oui", alors je cherche un argument logique pour apaiser mon esprit logique qui, lui, est toujours affolé. :confused: A-t-elle besoin d'aide pour porter ses bagages ? Oui… Mais non… Il y a des chariots à la gare… A-t-elle du mal à descendre du marchepied du wagon ? Ben, je l'ai aperçue l'autre fois… Elle galopait comme une gazelle.

 

Vient alors ta deuxième hypothèse, Bénédicte : "le contexte est plutôt favorable."

 

Oui, après le service, je pourrai me ressourcer, seul dans un endroit tranquille.

 

Surmonter mon avarice de temps sera aussi facilité si j'éprouve de la compassion, ou bien de l'estime, ou bien de la gratitude pour la personne servie.

 

Le service répondra également à une motivation consciente et profonde — besoin ou aspiration — de la personne servie. Par exemple, la personne est très motivée pour aller observer cet oiseau, malgré des conditions de terrain ou météorologiques très difficiles, ou malgré son mal de dos. Dans ce cas, ça vaut la peine de mettre en marche mon centre instinctif réprimé. :laugh:

 

Par ailleurs, je me sens capable de rendre ce service : le service ne déclenche pas une de mes peurs de base de 5, ou mieux encore, il satisfait mon désir de base. Par exemple, je préfère démolir une cloison plutôt que décorer : démolir ne requiert pas d'aptitude artistique spéciale.

 

Et aussi, c'est encore mieux si la tâche induit beaucoup d'allées et venues, et demande de l'énergie physique ou encore, est sonore. Par exemple, j'aime aider des amis à déménager, ou bien à ranger ou nettoyer leur logis, ou bien scier du bois. Ben oui… Donner du temps est une chose, mais donner des informations en plus… Là, faut pas pousser Raminagrobis dans les orties ! Les tâches que j'ai citées rendent héroïques tout papotage :talker:, et surtout toute conversation de salon sur ma vie professionnelle.

 

Enfin, ta troisième hypothèse, Bénédicte : "calcul stratégique".

 

Oui, pour ma bonne conscience. Ou bien pour séduire. Non pour marchander sur mon besoin d'espace et de temps. Non plus pour marchander sur mon besoin d'indépendance et de liberté : je suis un piètre négociateur.

 

En ce qui concerne les "menus propos", je suis interloqué. :surprised: Je ne trouve pas d'exemple chez moi. Sauf des menus propos qui contiennent des informations sur l'environnement. Par exemple, j'attire l'attention de mon interlocuteur sur un menu chant d'oiseau ou de crapaud, une façon de voler menu, une forme dans la nature, un éclairage. Ou bien sur un menu élément de la vaisselle ou du décor. À ces moments-là, en effet, je ne souhaite surtout pas parler de ma vie professionnelle, ou bien j'ai peur d'une émotion :sick: et j'évite ainsi le vide intérieur.

 

Amitié.

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Kayla
Ladite collègue a demandé à Guillaume s'il était souffrant…
Typiquement le genre de phrases que sort ma fille de 13 ans quand sa sœur aînée est serviable spontanément ou échange quelques "menus propos" : "Elle est malade ? Vite, elle doit avoir de la fièvre, pire même, faut vite l'emmener à l'hôpital !" Bon évidemment, elle a 13 ans, et donc se moquer de sa sœur, c'est son "devoir", comme elle dit, la chipie !

 

Mais évidemment ce genre de réactions a pour effet de faire reculer sa sœur illico et provoquer retrait et isolation, et je le lui ai expliqué d'ailleurs.

 

Autre exemple où la "convivialité familiale" doit venir d'elle : dimanche, ses petites sœurs ont défilé avec leur mouvement de jeunesse. L'an passé elle y était allée d'elle-même, parce qu'elle savait que ça ferait plaisir à sa petite sœur, que ça la rendrait fière (l'autre s'en moque un peu, pas besoin de sa grande sœur pour se sentir fière de défiler). Cette année, ne la voyant pas s'habiller, je lui demande d'y aller, que c'est important pour sa petite sœur. Rien à faire, elle n'a pas voulu. Malgré la tristesse de sa petite sœur, elle n'avait envie de se mêler à la foule et n'est pas sortie, peu importe que sa petite sœur soit triste. Émotionnel complètement réprimé à ce moment-là. J'ai insisté mais je ne l'ai pas forcée. Par contre, je lui ai dit que sur ce coup, je n'étais pas fière d'elle. (Et donc le soir elle venait spontanément vider la machine et l'étendre avec moi.)

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Kayla

Yves, ton message est arrivé pendant que je rédigeais le mien.

 

Alors là, je reste ébahie devant tant de rationalisation et j'avoue que tu m'as bien fait (sou)rire !

  • Les taxis qui seront au chômage ;
  • Le fait de l'avoir vue "galoper" pas longtemps avant ;
  • Les chariots à la gare.

Si avec tout ça, tu parviens à te décider à aller la chercher, chapeau. :lame:

 

Entre mon instinctif réprimé et l'avarice de mon aile 5, il peut m'arriver aussi d'en arriver à de telles rationalisations pour ne pas avoir à "bouger" d'une part et ne pas donner de mon temps et de ma personne d'autre part, surtout s'il n'y a aucune "motivation ou récompense émotionnelle".

 

En tout cas merci d'autant de franchise et de détails dans tes explications. C'est un message très généreux, et il me permet de comprendre encore d'avantage cette notion de rationalisation que je commence à bien appréhender grâce aussi aux 7 de mon entourage et, dans une moindre mesure, à ma meilleure amie 1 mu.

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