Institut Français de

l’ennéagramme

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Jérôme

Le groupe du 6

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Jérôme

Bonjour à tous,

 

Si j'ai bien retenu ma leçon, une des clés de la compréhension d'un 6 est l'identification du ou des groupe(s) envers le(s)quel(s) il exerce sa loyauté, et sur le(s)quel(s) il compte pour trouver la sécurité quand son centre mental lui fait défaut.

Pour un 6 adulte, de nombreux groupes sont possibles, mais en essayant de mieux comprendre certains enfants de mon entourage, l'hypothèse du 6 me semblant parfois possible, je me suis demandé à quel groupe un enfant entre 5 et 10 ans pouvait être loyal, en dehors de sa famille ?

 

Vos idées ou encore mieux vos témoignages sont les bienvenus.

Bien amicalement,

Jérôme

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Fabien Chabreuil

Bonjour Jérôme,

 

"Je me suis demandé à quel groupe un enfant entre 5 et 10 ans pouvait être loyal, en dehors de sa famille ?"

Il me semble qu'il y a pléthore de choix : son école, son instituteur, ses camarades de classes, ses camarades de jeu, un adulte de son entourage, un personnage fictif (Harry Potter a dû en inspirer certains), les gens qui comme lui apprécient ce personnage fictif, un sport auquel il joue, une équipe de sport, un chanteur, un animal familier, une cause à laquelle ses parents adhèrent, etc., etc.

 

Très amicalement,

Fabien

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Harper

Bonjour Jérôme,

 

Et en plus de tout ce que cite Fabien, un 6 peut tout à fait s'inventer un "groupe dans sa tête", entièrement constitué de personnages imaginaires (par exemple s'il ne se sent pas totalement à l'aise avec ses "groupes" réels). S'il a l'impression que cette pratique n'est pas comprise et/ou acceptée (bref, si elle est potentiellement déviante), il pourra ne pas communiquer à ce sujet.

 

Très cordialement,

Bénédicte

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Jérôme

Bonjour Bénédicte, bonjour Fabien,

 

Merci beaucoup pour vos réponses très riches. Je me doutais bien que je manquais de créativité, mais pas à ce point. :surprised:

 

Cela m'amène à une autre question. Dans votre expérience, à quelle vitesse le 6 peut-il changer de groupe ? Je m'attendais implicitement jusque là à une loyauté assez stable dans le temps, mais ce n'est peut-être pas le cas. Le 6 peut-il à l'extrême avoir des lubies successives, liées à des changements de groupe rapides ? Les enfants sont-ils plus concernés par cet éventuel phénomène, en "testant" plusieurs groupes pour trouver celui qui leur convient le mieux ?

 

Merci et à très bientôt.

Très amicalement,

Jérôme

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Dans votre expérience, à quelle vitesse le 6 peut-il changer de groupe ?"

Un 6 peut quitter instantanément un groupe qui ne mérite pas sa loyauté. Nous abordons ce point dans le stage Entreprise.

 

"Le 6 peut-il à l'extrême avoir des lubies successives, liées à des changements de groupe rapides ? Les enfants sont-ils plus concernés par cet éventuel phénomène, en "testant" plusieurs groupes pour trouver celui qui leur convient le mieux ?"

Je n'ai pas d'exemples à citer et ne peut donc que répondre théoriquement. Le groupe étant un élément clé de sa sécurité, il me semble qu'on peut imaginer qu'un 6 en cherche un compulsivement :wink: et papillonne de groupe en groupe jusqu'à ce qu'il ait trouvé celui qui lui convient. Tant qu'à faire des hypothèses, il me semble que cela doit être particulièrement possible chez le sous-type social, car deux forces se conjuguent alors pour rechercher un groupe. (J'ai des exemples équivalents de personnes émotionnelles et de sous-type sexuel, incapables de rester une demi-journée sans être en couple.)

 

Très amicalement,

Fabien

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Harper

Bonjour à tous,

 

Si les groupes dépendent beaucoup de l'émotionnel ("les gens que j'aime"), un 6 (surtout alpha) peut changer rapidement de groupe s'il n'aime plus les personnes du groupe précédent. Il y a peut-être un équivalent mu en fonction des coups de colère. À mon avis, les enfants peuvent changer de groupe plus rapidement dans la mesure où l'émotionnel serait moins contrôlé (équivalent mu à débattre).

 

Si le 6 a développé une aile, il me semble que les mécanismes d'aile 7, en particulier la planification, peuvent faciliter la tendance au changement de groupe. À l'inverse, le 6 aile 5 pourra considérer que les manœuvres d'approche d'un nouveau groupe constituent un investissement important en temps et en énergie (instinctive ou émotionnelle selon le centre réprimé), et du fait de l'avarice ne s'y livrer que si le "retour sur investissement" (en matière de sécurité ou d'information) est suffisant et si la probabilité de succès dans l'intégration au groupe est favorable.

 

Enfin, un 6 peut hésiter longtemps entre le moment où il envisage de changer de groupe et le moment où il en change effectivement. Mais vu de l'extérieur, il peut donner l'impression d'avoir changé de groupe en un clin d'œil.

 

Très cordialement,

Bénédicte

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Irimi

Bonjour à tous,

Pour illustrer cette bascule de la loyauté du 6, j'utiliserais l'image de la balance de Roberval :

post-16-0-42085500-1390456454_thumb.jpg

On peut ajouter un certain nombre de poids gros ou petits d'un côté ou de l'autre sans modifier l'équilibre, et puis à un moment donné il suffit d'un tout petit poids pour faire basculer l'ensemble de l'autre côté. Ce qui peut donner l'impression, comme le dit Bénédicte, que le 6 a changé de groupe en un clin d'œil, alors qu'en réalité les poids s'accumulaient peut-être depuis longtemps et c'est le dernier qui modifie l'équilibre…

 

En espérant que l'image vous parle…
Très amicalement,
Pascale

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"En espérant que l'image vous parle…"

Avec moi, Pascale, tu es tranquille. Un 7 qui n'aime pas les métaphores, ça ne court pas les rues !

 

Ce thème de la bascule de loyauté avait aussi été abordé dans la discussion "Carnet de timbres" qui attend désespérément de nouveaux témoignages depuis quasiment 8 ans.

 

Très amicalement,

Fabien

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Jérôme

Bonjour Pascale, bonjour à tous,

 

Merci pour cette métaphore. Je la trouve parlante pour illustrer l'accumulation parfois longue de poids qui reste sans effet vu de l'extérieur, et qui tout à coup font basculer la loyauté.

 

Cette métaphore me laisse penser qu'un petit poids remis de l'autre coté pourra de nouveau faire basculer dans le sens inverse. Est-ce ainsi que tu le vis ?

 

Très amicalement,

Jérôme

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Irimi

Bonjour à tous,

 

Très bonne question, Jérôme, qui m'interpelle. En effet la logique voudrait qu'un petit poids suffise pour faire basculer à nouveau de l'autre côté. Mais je ne trouve pas d'exemples où cela se soit passé comme ça pour moi. Une fois que cela a basculé, c'est fini, je tourne la page. Et là je parle en termes de loyauté bien sûr : ce qui veut dire que je peux continuer à côtoyer la ou les personnes, mais ma loyauté ne leur est plus acquise.

 

Après, le poids à ajouter n'est pas le même pour tout le monde. S'il s'agit de quelqu'un de ma famille proche par exemple, il va en falloir vraiment beaucoup pour que cela bascule. Et je sais que mes enfants pourront mettre tous les poids qu'elles veulent dans la balance sans la faire basculer. (Mais chut ! Ne le leur dites pas. :wink:)

 

Il serait intéressant de savoir si pour d'autres 6 la bascule dans l'autre sens peut avoir lieu.

 

Très amicalement,

Pascale

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"En effet la logique voudrait qu'un petit poids suffise pour faire basculer à nouveau de l'autre côté."
C'est le danger d'une métaphore :

  1. Elle n'obéit pas à la logique. C'est une autre forme d'utilisation du mental plus proche du 7 que du 5 ;
  2. Elle cherche à illustrer un point d'une situation et ne couvre pas forcément les autres aspects ;
  3. Elle n'est pas obligatoirement bijectitive.

Personnellement, alors que j'adore les métaphores et en fait régulièrement à mon propre usage, je suis du coup de plus en plus prudent dans leur transmission.

 

"Il serait intéressant de savoir si pour d'autres 6 la bascule dans l'autre sens peut avoir lieu."

Peut-être cela arrive-t-il exceptionnellement, mais ta réaction, Pascale, est typique d'un 6 convaincu que sa loyauté a été abusée. Puis-je vous rappeler que la réponse à cette "très bonne question" a été mentionnée dans le stage Entreprise et approfondie dans le stage Négociation ?

 

Très amicalement,

Fabien

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Athéna

Bonjour à tous,

 

Je me suis demandé à quel groupe un enfant entre 5 et 10 ans pouvait être loyal, en dehors de sa famille.

Il me semble qu'il y a pléthore de choix : […], un personnage fictif, […].

Enfant, à 9-10 ans, j'étais déjà une grande lectrice (narcotisation et fuite dues à la désintégration en 9). La littérature pour la jeunesse était alors très pauvre. Je me suis donc nourrie des livres d'Enid Blyton, Le club des cinq et Le clan des sept. Ma loyauté allait à ces groupes fictifs d'enfants qui démasquaient des "méchants".

 

Étant l'aînée, j'ai entraîné mes cousines, amateurs des mêmes séries, et nous avons formé "Le club des quatre". L'été, nous arpentions les rues d'Étretat à la recherche de quelques personnages louches ou "comment développer la fixation de suspicion"…

 

À quelle vitesse le 6 peut-il changer de groupe ?

Un 6 peut hésiter longtemps entre le moment où il envisage de changer de groupe et le moment où il en change effectivement. Mais vu de l'extérieur, il peut donner l'impression d'avoir changé de groupe en un instant.

Je confirme que j'ai de nombreuses fois changé de groupe, et ce, parfois, à la grande surprise des membres de ce groupe. Pour ma part, je n'ai jamais hésité très longtemps, bien au contraire. Mais la motivation à quitter ces groupes n'était pas toujours la même. Voici quelques exemples :
  • À l'âge de 16 ans, j'ai rompu avec une bande d'amis après avoir été trahie. (J'ai d'ailleurs aussitôt intégré un autre groupe…)
  • Plus tard, je me suis investie dans le bureau d'un club de patinage sur glace. Je l'ai quitté brutalement car je trouvais certaines personnes magouilleuses et je ne voulais pas les cautionner.
  • Une autre fois, toujours très investie, j'ai fait partie d'un groupe de travail sur le souffle et la voix. Je suivais beaucoup de stage dans cette association et j'étais heureuse d'y retrouver des amis. Au bout de trois ans, le côté dirigiste de la formatrice (une 8) m'est apparu TOUT À COUP intolérable. J'ai invoqué une excuse financière et n'ai jamais donné de nouvelles.
Dans ces trois cas, la colère était très présente, car pour moi, je cite Fabien, "la loyauté avait été abusée" et contrairement à Pascale ("Je peux continuer à côtoyer la ou les personnes, mais ma loyauté ne leur est plus acquise"), je cassais la relation de manière irrévocable, mais toujours sans entrer dans le conflit, toujours dans la fuite, (comportement dû à la désintégration en 9).

 

Depuis, j'espère avoir mûri et m'être un peu plus intégrée. J'ai appris à prendre du recul, à accueillir mes émotions, les analyser et les accepter… Je pense que désormais, je pourrais quitter un groupe sans colère et en communiquant. Je sens que mon orientation et ma compulsion sont plus faciles à gérer surtout depuis que je connais mon ennéatype.

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Jérôme

Bonjour à tous,

 

Je côtoie actuellement des personnes 6 dont le groupe est en train de se fragiliser ou de se dissoudre. Par exemple une entreprise qui va mal, ou des parents qui deviennent âgés. C'est sans surprise une source de grande inquiétude pour eux, avec des crises de doute et de méfiance qui s'amplifient.

 

Je me sens démuni dans ma relation avec eux, dans ces situations ou leur loyauté perd son support.

 

Nous avons discuté plus haut de la façon dont les 6 peuvent changer de groupe quand la ligne rouge a été franchie, ou quand la balance a basculé, mais qu'en est il quand ils sont contraints de changer de groupe car ce dernier disparaît ?

 

Amis 6, avez vous déjà vécu la disparition de votre groupe ? Comment avez-vous passé ce cap qui me semble difficile ? Quelles attitudes de vos proches ont été adaptées ou inadaptées ?

 

Merci pour vos témoignages.

Très amicalement,

Jérôme

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Qu'en est il quand ils sont contraints de changer de groupe car ce dernier disparaît ?"

Encore faut-il qu'ils puissent changer de groupe ! Dans ce cas, la transition est douloureuse, mais une nouvelle loyauté les console.

 

Il y a des cas plus tragiques où ils ne peuvent ou ne veulent trouver un nouveau groupe.

 

Comme beaucoup le savent, ma mère a passé sa vie à militer pour le Parti Communiste Français. Sa loyauté de 6 se donnait à fond à ce groupe : elle y passait le plus clair de ses journées et était hyper-active dans ses activités politiques. Quand les régimes communistes de l'Est se sont effondrés, je l'ai vu s'éteindre. Physiquement, elle a pris dix ans en un an, la peur jusqu'ici contenue par l'appartenance au groupe l'a submergée, et sa dégradation physique et mentale dans la maladie d'Alzheimer a commencé là.

 

Très amicalement,

Fabien

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Athéna

Bonjour Jérôme et bonjour à tous,

Amis 6, avez-vous déjà vécu la disparition de votre groupe ?

En tant que 6, ma loyauté va principalement à ma famille, et l'exemple le plus frappant dans ma vie est la disparition brutale de ma mère lorsque j'avais 16 ans (elle s'est suicidée). Mon père (un 8 alpha) étant peu présent, je peux dire que, à ce moment-là, mon "groupe" a disparu.

Comment avez vous passé ce cap qui me semble difficile ?

Dans ces circonstances dramatiques, je n'ai pas pu changer de groupe. Il n'y avait personne pour remplacer ma mère. Et lorsque quelques mois plus tard, mon père nous a parlé d'une femme qu'il voulait nous présenter, j'étais dans l'espérance (idée supérieure de mon type d'intégration en 3) de trouver une maman de substitution. Espoir déçu, ça s'est mal passé… Et donc, suite à ce tsunami émotionnel, j'ai inconsciemment choisi de me protéger. Je ne ressentais pas de tristesse, ni de colère. Je m'étais anesthésiée, ce que j'ai compris des années plus tard.

Depuis cette période, j'ai bien sûr peur d'être abandonnée ou que les gens meurent brutalement. Par exemple, avec mon mari, je vérifie souvent que je serais capable de vivre seule, au cas où… Je pense que cela m'empêche de m'investir à fond.

Quelles attitudes de vos proches ont été adaptées ou inadaptées ?

L'attitude de mon père absent, comme je l'ai dit et dans la fuite de par son émotionnel réprimé (il a toujours nié que ma mère s'était suicidée) était totalement inadaptée. Aucun soutien, pas de communication. Je n'ai appris la vérité par hasard que plusieurs mois plus tard par ma marraine (elle pensait que je le savais). En fait, ma mère avait avalé un tube de valium dans sa 2 CV en plein mois de janvier à 200 km de la maison. Mon père nous avait simplement dit que c'était un accident…

De quoi aurais-je eu besoin ?

J'aurais eu besoin qu'on me dise tout de suite la vérité, et également d'un bon soutien psychologique. J'ai beaucoup apprécié cette marraine qui me parlait ouvertement et c'est ce que j'ai reçu de plus soutenant à cette époque.

Je me sens démuni dans ma relation à eux, dans ces situations où leur loyauté perd son support.

Peux-tu nous dire, Jérôme, ce qui te déstabilise et à propos de quelles réactions de la part de ces 6 ?
Pour ma part, la communication du ressenti et des besoins de chacun me serait nécessaire et certainement apaisante.

Très amicalement
Sophie

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Jérôme

Bonjour Sophie, bonjour Fabien,

Merci pour vos réponses et pour vos témoignages difficiles qui m'ont touché.

"Peux-tu nous dire, Jérôme, ce qui te déstabilise et à propos de quelles réactions de la part de ces 6 ?"

En tant qu'instinctif, je me suis demandé ce que je pouvais faire, en particulier je me suis demandé comment aider un 6 à s'orienter vers une nouvelle loyauté dont son ego a besoin.

Je réalise avec vos témoignages que la disparition physique d'une personne ou d'une entité n'équivaut pas à la disparition du groupe qui peut rester en mémoire et vis-à-vis duquel la loyauté peut continuer à s'exercer.
J'imagine qu'un travail sur la dépendance et/ou le deuil peut alors être bénéfique pour ne plus vivre avec une loyauté dans le passé, et qu'en attendant, il est adapté de continuer à considérer cette loyauté dans la communication avec la personne.

 

Qu'en pensez vous ?

Très amicalement,

Jérôme

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

"J'imagine qu'un travail sur la dépendance et/ou le deuil peut alors être bénéfique pour ne plus vivre avec une loyauté dans le passé."

Oui bien sûr. Encore faut-il que la personne le veuille. Parfois, elle perçoit le deuil comme une trahison vis-à-vis de l'objet de sa loyauté. Ou quand il s'agit d'une cause, comme dans le cas de ma mère, elle peut espérer que celle-ci renaisse de ses cendres et préférer attendre ce moment-là.

 

"En attendant, il est adapté de continuer à considérer cette loyauté dans la communication avec la personne."

Tu as raison. Tant que cette loyauté fait partie de la réalité de la personne, il vaut mieux en tenir compte.

 

Très amicalement,

Fabien

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Athéna

Une amie 6 me parlait de son goût pour la danse folklorique : "J'aime la danse folklorique. J'aime ce groupe. Tout le monde est en cercle et fait la même chose. C'est une espèce d'union. Le groupe t'emmène, on va dans le même sens. Si tu te trompes, c'est pas grave, personne ne te lâche la main. Au contraire, on te tient, tu es portée. C'est une danse de relation. Quand tu fais du folklore, tu n'es jamais seule. Il ne peut rien nous arriver. Je suis membre du groupe, j'existe dans le groupe dont je suis un élément. Je m'abandonne au groupe." Et plus tard : "Il faut que le groupe soit sécurisant."

Cela me paraît un beau témoignage de la part d'une 6, un témoignage qui illustre parfaitement le besoin d'appartenance et de sécurité, ce qui m'a amené à m'interroger sur mon (le) rapport entre le "groupe" et "loyauté-déviance et/ou sécurité"

Comme cette amie trouve sa sécurité dans son groupe de danse folklorique, j'ai toujours été comme dans un "cocon" dans les groupes (pour la plupart de développement personnel). J'ai la sensation qu'il ne peut rien m'arriver, je m'y sens bien, comme protégée. Je peux pourtant facilement quitter ces groupes car ma loyauté y est beaucoup moins présente que pour mon groupe "famille" où l'orientation de loyauté et la compulsion (déviance) s'y exercent beaucoup plus fortement. Au sein de ma famille, je n'ai pas cette sensation qu'il ne peut rien m'arriver. Le fait de se sentir en sécurité est sûrement plus inconscient et moins défini que dans des groupes moins impliquants pour moi. Il est certain que la passion de peur entre en jeu, peur de perdre les membres de ma famille, d'où l'insécurité.

Cela me fait prendre conscience que, pour moi, "plus de loyauté et d'évitement de la déviance = moins de sécurité". Le rapport serait inversement proportionnel à l'investissement (affectif ?) dans le groupe. Je n'avais jamais fait le rapprochement…

Sophie-Athéna

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Cela me fait prendre conscience que, pour moi, 'plus de loyauté et d'évitement de la déviance = moins de sécurité'. Le rapport serait inversement proportionnel à l'investissement (affectif ?) dans le groupe. Je n'avais jamais fait le rapprochement…"

C'est une très passionnante observation. :thumb_up: Pour atteindre, l'orientation, l'ego utilise la compulsion, ce qui déclenche la passion.

 

Très amicalement,

Fabien

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Kayla

Bonjour vous deux,

Merci Sophie pour cette passionnante observation et merci Fabien pour la formulation (même si elle m'a un peu fait mal à la tête de si bon matin, j'ai apprécié et souri à cette phrase que seul un initié à l'ennéagramme peut comprendre !).

 

En plus, ça marche pour tous les types !

Bises,
Kayla

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Jérôme

Bonjour à tous,

"En plus, ça marche pour tous les types !"
Je me suis aussi posé cette question il y a pas mal de temps en réfléchissant sur l'homogénéité des mécanismes égotiques d'un ennéatype à l'autre. Je trouvais que la relation [compulsion déclenche la passion] marchait bien pour tous les types sauf deux d'entre eux :

  • Le 6, justement, où il ne m'était pas facile de mettre la peur comme conséquence de l'évitement de la déviance. Le témoignage de Sophie-Athéna a donc été révélateur pour moi
  • Le 1, où il est m'est plus facile de comprendre que la colère génère l'évitement de la colère que le contraire. Si on considère que la colère est la conséquence d'un refus d'une réalité, comme le dit Ichazo, alors on comprend mieux que la colère puisse résulter d'une tentative de la nier. (Suis-je clair ?)

Très amicalement,
Jérôme

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Pour le 1, nous disons au stage de Bases que pour évier la colère, il est perfectionniste et que comme le perfectionnisme ne peut qu'échouer, cela déclenche la colère. Le même mécanisme fait donc un petit détour par la fixation.

 

Ce détour est-il nécessaire ?

 

Il me semble qu'il y a deux chemins possibles la compulsion activant en premier la passion ou la fixation, selon que la situation et la hiérarchie des centres de la personne activent l'émotionnnel ou le mental.

 

Il est intéressant, Jérôme, que les deux types qui te posaient question sont les deux seuls dont la passion est la problématique de leur centre préféré. Quelque chose me dit que l'explication est là.

 

Très amicalement,

Fabien

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Jérôme

Bonjour à tous,

Pour le 1, nous disons au stage de Bases que pour évier la colère, il est perfectionniste et que comme le perfectionnisme ne peut qu'échouer, cela déclenche la colère. Le même mécanisme fait donc un petit détour par la fixation.

Ce détour est-il nécessaire ?

Il me semble qu'il y a deux chemins possibles la compulsion activant en premier la passion ou la fixation, selon que la situation et la hiérarchie des centres de la personne activent l'émotionnnel ou le mental.

Afin d'éviter un trop long hors sujet sur le 1, je vous propose de suivre cette nouvelle conversation sur ce sujet.

Il est intéressant, Jérôme, que les deux types qui te posaient question sont les deux seuls dont la passion est la problématique de leur centre préféré. Quelque chose me dit que l'explication est là.

Oui, je crois que tu as raison. Pour ces deux types, la problématique du centre préféré, présente en amont de la compulsion, peut donner l'impression que la passion elle-même est présente avant l'activation de la compulsion, et donc rendre moins lisible le lien de cause à effet entre compulsion et passion.

 

Très amicalement,

Jérôme

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Même pas peur

Cela me fait prendre conscience que pour moi aussi, "plus de loyauté et d'évitement de la déviance = moins de sécurité". Le rapport serait inversement proportionnel à l'investissement (affectif ?) dans le groupe. Je n'avais jamais fait le rapprochement…

J'adhère complètement à la remarque de Sophie Athéna. Plus je suis impliquée dans un groupe et plus j'ai peur au quotidien, si bien que c'est presque une délivrance pour moi lorsque je le quitte. C'est comme si je brisais des chaînes qui pourtant un jour m'ont sécurisée…

La nouveauté pour moi (cela est apparu à peu près au moment où je décidais de m'investir réellement dans l'apprentissage de l'ennéagramme), c'est que je n'ai plus envie de m'investir réellement dans un groupe… J'écris cela et je comprends en direct (magique !) que peut être, mon nouveau groupe serait… l'ennéagramme…

En réalité, en dehors de l'ennéagramme, je reste à la périphérie de tous les groupes potentiels auxquels je pourrais adhérer. J'ai intégré le fait que je me sentais plus à l'aise au bord du groupe, je ne donne pas ma loyauté, je suis là, je peux être serviable, aider, mais plus sur la durée. De cette façon il me semble que je me préserve de toutes les déceptions que j'ai eu à subir de mes précédents groupes… Par le passé je me "victimisais" beaucoup et accusais les autres de mes maux… mais aujourd'hui l'ennéagramme m'a aidée à ouvrir les yeux sur le fait que le monde était très égotique, dont ma propre personne… et que c'était ainsi… En attendant j'espère grandir et aller vers mon essence, et je reste donc en périphérie…

En cela je suis méfiante vis-à-vis des autres, donc dans mon ego, et en même temps, je travaille beaucoup sur ce qui m'ancre. Je travaille mon instinct en tant que carencée en instinctif… :sarcastic:… De cette manière, j'ai l'impression (subterfuge de l'ego ou réelle avancée vers l'essence ?) de moins avoir ce besoin viscéral d'un groupe.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"En réalité, en dehors de l'ennéagramme, je reste à la périphérie de tous les groupes potentiels auxquels je pourrais adhérer."

Cela ressemble bigrement à la participation périphérique qui est la manifestation de l'instinct social du 9. Or qui dit désintégration en 9 dit variante mu. À ce jour, tu as participé uniquement au stage de Bases, Même pas peur, et il serait peut-être souhaitable de prendre le temps d'affiner ta variante avant de l'affirmer. D'autant qu'un autre message posté hier soir alimente mon doute : cf. ton post et ma réponse.

 

Pour la variante comme pour le type de base, l'identification est difficile chez le 6 à cause de la confusion possible entre le centre émotionnel et la cordialité de l'instinct de conservation.

 

Très amicalement,

Fabien

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