Institut Français de

l’ennéagramme

À quoi sert tout le reste...

Jump to content

Ce forum est fermé en écriture : cliquez ici pour plus d'informations.

Sign in to follow this  
Isa63

Et si le cheval était le témoin d'un cheminement vers l'intégration ?

Recommended Posts

Isa63

Bonjour,

 

Ce que je viens de vivre a été tellement beau que je tiens à témoigner afin que chacun puisse y trouver ou conserver la conviction que la connaissance de soi (que ce soit avec l'Ennéagramme ou tout autre cheminement) est un cheminement long et difficile, certes, mais vraiment libérateur.

 

Le cheval nous donne le reflet exact de ce que nous sommes vraiment, sans aucun doute, si l'on veut bien s'y référer.

 

Cette histoire me semble être la conclusion de deux années de travail, de recherches et d'accompagnement.

 

Je suis "cavalière de dressage". Le dressage est une discipline dont "le but est d'amener le cheval à une locomotion juste, assurant sa plus grande disponibilité, le rendement nécessaire le plus favorable, et l'usure minimum de l'animal — ceci est une préocuppation constante". (Je n'ai malheureusement plus l'auteur de cette phrase.)

 

J'ai découvert l'Ennéagramme il y a maintenant 3 ans, et j'ai rapidement fait un lien entre l'Ennéagramme (découverte de soi) et le cheval (reflet de notre personnalité). (Si des cavaliers lisent ce témoignage, merci de me dire si cela fait sens pour vous ?)

 

Il y a 2 ans, une amie cavalière (qui s'est identifée 6) fait l'aquisition d'une jeune jument : tout est à faire ; elle est juste prête à commencer sa carrière "de cheval au travail". Les débuts sont délicats ; la jument est très vite inquiète, mais mon amie patiente et travaille régulièrement, vivant là une expérience qu'elle souhaite vivre seule, sans aide extérieure (pouvant refléter là l'indépendance du 6 ?).

 

Seulement voilà, mon amie vit aussi en parallèle un divorce et est, bien entendu, fortement bousculée. Curieusement, la relation à la jument devient de plus en plus difficile, et la monter s'avère impossible pour elle. N'importe quel cavalier sait que laisser un jeune cheval s'enfermer dans du mauvais travail n'est pas très prometteur pour l'avenir…

 

Mon amie est une personne qui chemine aussi dans la connaissance de soi, avec d'autres moyens que l'Enneagramme ; nous ne partageons pas nos connaissances respectives, mais nos échanges nous montrent simplement que nos compréhensions se rejoignent…

 

Elle finit par me demander de l'aide. J'accepte en commençant par monter moi-même la jument pendant plus d'un mois ; cela lui permet de retrouver un certain calme. Puis petit à petit, mon amie recommence à pouvoir monter sa jument, à condidion que je sois à ses côtés pour l'entourer et que je continue aussi à travailler la jument pour elle, régulièrement.

 

Là, la grosse difficulté pour moi est de trouver les termes appropriés, sans que cela fasse résonnance à toutes les difficultés qu'elle rencontre dans sa vie, car cela augmente son stress, son doute et perturbe vraiment la relation au cheval ; et c'est là que je commence à comprendre que l'Ennéagramme va me venir en aide ; j'étudie la question et fais part de mes observations à Fabien (encore un grand merci à toi, Fabien, là !) :

 

"Le 6 a le centre mental marqué par la problématique de la peur, et il lui arrive de voir son centre mental paralysé par la peur. Le fait que l'objet de ses peurs ne soit pas identifié, accroit son anxiété." : là, mon amie ne comprend pas pourquoi elle ne maîtrise plus sa jument, et cela augmente considérablement sa peur car elle se voit dépassée ; puis, elle n'arrive plus à puiser dans ses connaissances et est complètement coupée de ses sensations (tant recherchées à cheval) : donc elle ne peut plus "ressentir la locomotion" et ensuite analyser les changements à apporter. Son corps tout entier à peur, ce que perçoit très bien la jument.

 

"Le 6 cherche à imaginer toutes les conséquences possibles, tous les dangers potentiels de la situation. L'ego du 6 lui fait amplifier les dangers réels…" : elle était totalement dépassée par toutes les réactions de la jument. Si le cavalier "cogite" aux différentes réactions que peut avoir sa monture, celle-ci ne fait que répondre à cela !! Et le cercle vicieux est entamé !

 

"La projection (mécanisme de défense) fait que le 6 attribue inconsciemment à autrui des pensées, des émotions, des théories, des croyances, des jugements…" : mon amie passe son temps à faire le parallèle avec les difficultés de sa vie privée… Cela aussi la coupe de toutes sensations si utiles… Elle se perd dans ses pensées et du coup, n'est plus connectée à elle même, ni au cheval…

 

Avant de pouvoir lui faire travailler quoi que ce soit, la priorité était de ramener mon amie à la réalité en la faisant se recentrer à cheval : se concentrer sur sa position et son fonctionnement, la ramener dans le présent, lui faire oublier ses peurs (en lui faisant comprendre que la jument sentait sa peur !) pour qu'elle reprenne confiance en elle et en ses sensations de manière à ce qu'elle puisse utiliser ses propres ressources, que la jument puisse ressentir cette confiance et se livrer enfin.

 

Puis une chose importante aussi était de lui faire sentir mon aide inconditionnelle (en travaillant sa jument autant de fois que nécessaire et en l'encadrant dès qu'elle en faisait la demande), ce qui la rassurait.

 

Après deux ans de patience et de partages (et de son côté, un cheminement important), puis dernièrement, la découverte de l'utilisation du "hara" et du rappel de soi (points abordés au stage Essence) transposés au travail à cheval ont permis de confirmer une belle avancée.

 

"Connecté à son essence, le 6 devient son propre guide, est responsable et solide, se sent en sécurité, est serein, a confiance en lui, connait et accepte ses ressources, fait confiance aux autres (là, en sa jument !)" : depuis quelques jours, les séances se passent vraiment bien ; la jument commence à garder sa sérénité lorsque sa propriétaire la monte et devient vraiment disponible au travail avec elle. Mon amie a retrouvé une réelle autonomie et m'a dit : "C'est devenu magique !" À ma question "Quelle est la clé de cette magie ?", elle m'a répondu "Le recentrage et la confiance" !! (Recentrage équivalant à ne plus utiliser le phénomène de projection et rester connecté à ses sensations et ses connaissances ?)

 

Un 6 qui parle spontanément de confiance et assister à l'évolution du cheval vers cette confiance est un beau cadeau… Et pour la 1 que je suis, deux ans d'accompagnement, c'est bien de la patience, non ?

 

Voilà pourquoi j'avance l'hypothèse : notre manière d'aborder la pratique de l'équitation (le cheval étant le reflet du cavalier) et l'utilisation de l'Ennéagramme pourraient se compléter ? Pourrait-on transposer cela à d'autres pratiques de sport ?

 

Amicalement,

Isabelle

Share this post


Link to post
Share on other sites
Fabien Chabreuil

Bonjour Isabelle,

 

Merci de ce beau et intéressant témoignage. Je ne peux guère te répondre en tant que cavalier ! Dans ma vie, je suis monté plus souvent sur un chameau ou sur un éléphant que sur un cheval :

 

Lampang éléphants_04.png

 

"Le cheval nous donne le reflet exact de ce que nous sommes vraiment, sans aucun doute, si l'on veut bien s'y référer."

J'ai un doute sur cette généralisation. Il me semble que le cheval reflète une partie de ce que nous sommes, sans doute l'émotionnel. Encore s'agit-il vraiment de tout l'émotionnel ? La peur n'est-elle pas une des émotions à laquelle il est le plus sensible, reflet de sa propre nature autant que de la nôtre ?

 

Ce sont vraiment des questions, je suis trop ignorant du sujet pour avoir une opinion. Par contre, j'adore les animaux et le contact avec eux : cf. "Le 7 et le monde animal". Je pense avoir une bonne et grosse expérience du lien ave des animaux divers. Pour rester dans le domaine des animaux de monte, j'ai l'impression que le chameau et l'éléphant ne sont pas sensibles aux mêmes aspects de notre personnalité.

 

"Notre manière d'aborder la pratique de l'équitation (le cheval étant le reflet du cavalier) et l'utilisation de l'Ennéagramme pourraient se compléter ?"

J'ai eu plusieurs stagiaires pratiquant l'équitation (et me l'ayant dit), et ils en étaient tous convaincus. J'espère qu'ils interviendront pour te répondre.

 

Très amicalement,

Fabien

Share this post


Link to post
Share on other sites
Isa63

Bonjour Fabien,

Merci pour ta réponse et la superbe photo !

J'avoue que je n'ai aucune connaissance en matière de chameau ou d'éléphant… Je ne peux donc pas comparer. Je comprends tes doutes en matière de "reflet" que le cheval nous apporte sur nous-mêmes ; il n'y a bien que nous mêmes qui pouvons nous pencher sur la question… C'est juste une découverte là, après ce que je viens de vivre, partagée et confirmée par la cavalière elle-même.

Je suis d'accord pour dire qu'en matière de "relation animale", la peur est une problématique dominante.

Lorsque j'observe un couple "cavalier-cheval", j'ai envie de dire que cela reflète : "Mets-moi un cavalier sur le dos, je te dirai qui il est." (pour faire référence à une conférence de Michel Odoul "Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi" — sujet très intéressant aussi).

Je sais qu'il existe aussi de plus en plus des lieux de horse coaching ("permettant de refléter les forces et les faiblesses de chacun… occasion de décoder nos comportements et de les améliorer…") dans lesquels le cheval est utilisé comme "révélateur de potentiel."

Il s'agit de dire alors, si l'on aborde la pratique avec cette ouverture-là, de pouvoir avancer dans la découverte de soi, grâce à ce que le cheval nous renvoie.

Ce que j'ai vécu est une expérience, et je ne peux pour l'instant que continuer mes observations et approfondir les recherches… à partager avec ceux que cela intéresse, bien sûr !

Amicalement,
Isabelle

Share this post


Link to post
Share on other sites
Aurolaf

Bonjour Isabelle et Fabien,

 

J'ai été cavalière (dressage et saut d'obstacles) d'environ 11 ans à 21 ans. Mes souvenirs d'équitation sont donc très lointains !

 

Je me souviens avoir envisagé l'équitation avec mes filtres de 8 : j'ai vite remarqué que le cheval était très sensible à la peur ou aux angoisses du cavalier… et que si je voulais garder le contrôle, je devais ne jamais avoir peur et être ferme. Bref, être forte pour éviter de me retrouver en état de faiblesse face au cheval.

 

Je me souviens d'un cheval, Tiburce, dans mon club, qui "bizutait" les débutants : il empêchait le cavalier débutant d'entrer dans son box pour le seller en mettant des ruades (tous les débutants le connaissaient et étaient terrifiés dès qu'ils devaient le monter). La première fois que j'ai dû le monter, je suis rentrée dans son box comme un kamikaze et je n'ai pas lâché le morceau jusqu'à ce que j'arrive à le seller. J'ai peu de souvenirs de mon enfance, mais je me souviens parfaitement avoir envisagé ce moment comme un combat que je devais gagner.

 

À peine arrivé dans le manège, Tiburce avait l'habitude de se rouler par terre pour faire dégager le cavalier débutant de son dos. Il m'a fait le coup et je suis immédiatement remontée sur son dos, avec cette hargne du 8 qui a décidé qu'il ne lâcherait rien, qu'il tiendrait la position. Tiburce m'a testé quelques fois et puis m'a laissé tranquille dans les mois suivants : et j'ai eu le sentiment d'avoir gagné le respect de mon cheval.

 

À cette même époque, je montais souvent une superbe jument, Tankara, qui avait été sauvée des abattoirs par le club et qui était peureuse et imprévisible car elle avait apparemment subi des traumatismes. Un tout petit bruit inattendu suffisait pour qu'elle fasse des écarts brutaux ou qu'elle parte, affolée, au galop. L'enfant à l'émotionnel réprimé que j'étais avait noué une très forte relation émotionnelle avec cette jument : nous nous faisions une confiance réciproque totale (je serais prête à jurer que c'était une jument 6 et que je la rassurais !). Je pense que c'était l'un des rares êtres vivants, à l'époque, avec qui je manifestais des émotions et pour lequel je débordais d'amour.

 

J'ai beaucoup monté à cheval pendant mon adolescence où j'ai passé deux ans désintégrée en 5. Je n'ai pas l'impression que l'équitation m'a permis d'avancer sur le chemin de l'intégration.

 

Par contre, je reconnais que toute inattention, toute absence de concentration est sanctionnée lorsqu'on monte à cheval. Cela veut dire que les transes hypnotiques (voir le stage Éveil) y sont impossibles : la présence au corps (le mien et celui du cheval) doit être totale (même principe dans les arts martiaux ou en yoga pendant les positions d'équilibre). C'est probablement cette présence au corps qui donne l'impression d'intégration : l'ego a alors moins de places. Non ?

 

Isabelle, cette conversation m'a donné envie de remonter à cheval !

 

Très amicalement

Aurore

Share this post


Link to post
Share on other sites
Isa63

Bonjour Aurolaf,

 

Merci pour ton témoignage de 8 ; "ne pas montrer sa faiblesse" peut être utile avec certains chevaux ! Ils sentent tellement où se trouve la faille du cavalier ! Cela peut être un moyen de gagner un certain respect, en effet.

 

Les chevaux de club n'ont pas vraiment d'autres possibilités que d'utiliser des "ruses" (pour les plus fins) ou de s'enfermer dans une carapace, (tiens cela rappelle l'ego, non ?) afin de supporter toutes ces heures pendant lesquelles ils sont utilisés à des fins d'apprentissage.

 

Je pense aussi, qu'il serait possible de "typer" les chevaux. Tu dois savoir alors, si tu étais cavalière, qu'il y a ceux qui sont "proches de l'homme" (émotionnels ?), ceux qu'il ne faut pas déranger, les "grincheux", les "électriques" (instinctifs), les "fiers", les "joyeux"… et ceci est observable dans une écurie ou en troupeau.

 

"Je n'ai pas l'impression que l'équitation m'a permis d'avancer sur le chemin de l'intégration."

Je n'ai pas dit cela !

 

Les premières années d'apprentissage sont "ingrates" et pas vraiment faciles parce que centrées sur son propre fonctionnement (face à des réactions parfois brutales de cheval, c'est pas simple), et c'est là que le cheval trouve facilement l'issue pour ne pas coopérer, ce qui est bien décourageant parfois ! (Tiens, là aussi, je vois un lien avec le travail sur soi et l'ego qui résiste…)

 

J'ai seulement émis l'hypothèse que le cheval pouvait être le "témoin" d'un chemin vers l'intégration : témoin de notre lâcher prise, de nos prises de conscience. Curieusement, lorsque je constate une nouvelle compréhension dans l'évolution du cheval, elle fait référence à une prise de conscience dans la vie (et inversement).

 

C'est ce que j'ai voulu dire en témoignant de l'histoire de mon amie 6 : envahie par la peur (pour tout un tas de raisons), coupée de la réalité, cheminement personnel et prises de conscience qui la ramènent à la réalité et à une confiance qu'elle peut aussi transmettre à son cheval. En parallèle chez sa jument : panique, fuites, ne se met pas dans le travail (tout est bon pour avoir peur de tout), recherche d'un travail juste qui ramène la jument peu à peu dans la confiance, ce qui permet d'évoluer réellement dans le travail.

 

Oui, je suis d'accord pour dire que les transes hypnotiques n'ont pas leur place à cheval, et que les pratiques apprisent lors des stages Éveil et Essence peuvent avoir un effet bénéfique dans la pratique de l'équitation ; le cheval nous le renvoie bien. C'est comme s'il y avait un effet miroir. Disons que la présence aux corps est indispensable ; cela permet de vivre au moins "un moment bien présent" dans l'ici et maintenant. C'est aussi ce que j'avais répondu à Patrick au sujet de ses "colères chaudes".

 

Je pense que l'on peut aussi avoir la même recherche en matière de musique (ou de n'importe quel art ?).

 

Amicalement,

Isabelle

Share this post


Link to post
Share on other sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Une petite réflexion à la périphérie du sujet.

 

J'ai toujours pensé qu'il y avait des animaux que l'être humain avait bien apprivoisé, c'est-à-dire qui se satisfaisaient de la relation avec l'homme. Le meilleur exemple est le chien. Il y a aussi des animaux mal apprivoisés, pour laquelle la relation est soit distante, soit subie. Deux exemples me semblent être respectivement le chat et le cheval.

 

De nombreux éléments dans ton dernier message me paraissent aller dans ce sens :

Le 07/02/2011 à 09:20, Isa63 a dit :
Ils sentent tellement où se trouve la faille du cavalier ! […]

Les chevaux de club n'ont pas vraiment d'autres possibilités que d'utiliser des "ruses" (pour les plus fins) ou de s'enfermer dans une carapace, (tiens cela rappelle l'ego, non ?) afin de supporter toutes ces heures pendant lesquelles ils sont utilisés à des fins d'apprentissage. […]

Face à des réactions parfois brutales de cheval, c'est pas simple. […]

Le cheval trouve facilement l'issue pour ne pas coopérer.

Dès lors, si l'équitation est une contrainte pour l'animal (c'est peut-être là que je me trompe), n'est-on pas forcément dans son ego quand on la pratique ?

 

Très amicalement,

Fabien

Share this post


Link to post
Share on other sites
Isa63

Bonjour Fabien,

 

Je suis entièrement d'accord pour dire que bon nombre d'animaux sont mal apprivoisés, que ce soit chiens, chats, ou chevaux… Ne voit-on pas trop d'histoires de personnes mordues par des chiens "agressifs" ? Il en est de même pour les chevaux ; je ne peux que le constater pour avoir travaillé des chevaux "abîmés" et devenus récalcitrants, revenus à la confiance, la coopération et une belle évolution dans le travail… L'expérience m'a permis aussi de cotoyer des chevaux que j'appelais "décérébrés", tellement leur soumission les coupait de la relation humaine.

 

Bon nombre de cavaliers se posent cette question : "Est-ce que le cheval est dans la contrainte dès lors qu'il est utilisé à des fins sportives ?" Comment peut-on connaitre le ressenti véritable de l'animal ? En observant son calme, sa confiance, sa volonté et… son œil ! Oui, je suis d'accord avec toi pour dire là, que l'on peut dire alors que le cheval "semble satisfait de la relation" ; la littérature est très riche à ce sujet, et de grands maîtres nous ont laissé un bon nombre d'écrits.

 

"Animal merveilleux, le cheval mérite de celui qui le monte la compréhension de son caractère et de ses possibilités. L'équitation est une école d'abnégation et d'humilité. Sa pratique, si elle est bien menée, rend l'être humain meilleur."

Nuno Oliveira

 

Lorsque je relis les caractéristiques de l'essence des neufs types, je me dis qu'on peut toutes les retrouver dans la pratique de l'équitation ; je dirais alors, que tout dépend de la manière et avec quel état d'esprit, on aborde cette discipline… Peut on parler d'un choix ? De conscience ? Vois-tu encore de l'ego alors ?

 

Amicalement,

Isabelle

Share this post


Link to post
Share on other sites
Isa63

Bonjour à tous,

 

Lorsque j'ai commencé à écrire sur ce sujet, je savais que mon hypothèse était incomplète. Je savais aussi que je pourrai la compléter le moment venu. Aujourd'hui, ce moment est là.

 

La pratique du dressage est, pour moi, un véritable moment d'accès à mon essence.

 

Fabien écrivait : "Dès lors, si l'équitation est une contrainte pour l'animal (c'est peut-être là que je me trompe), n'est-on pas forcément dans son ego quand on la pratique ?"

Se lever le matin, aller travailler, organiser ses journées et sa vie, est-il une contrainte ? Je ne pense pas prendre trop de risque en disant que la réponse sera différente en fonction de chaque individu et de son niveau d'intégration, de la période de vie qu'il traverse, de la manière dont l'individu prend soin de lui-même, des autres.

 

Après une interruption de quelques mois, j'ai repris contact avec le cheval. Cette analyse me parle encore ! Je pense que mon hypothèse se vérifie. Oui, pour moi, le cheval est bel et bien le témoin d'un moment d'intégration. Pardon à ceux que le cheval échappe totalement ! Les musiciens peuvent témoigner aussi ? Le cheval peut être comparé à un instrument de musique. Malgré les 500 à 700 kg en moyenne, cette masse sait vibrer comme les cordes d'une harpe ou d'un violon, sensible au moindre frôlement, à la moindre contraction inutile, sensible à l'état d'âme de son cavalier…

 

Voilà donc mon analyse.

 

Lorsque je commence une séance de travail, la préparation de l'animal est déjà une entrée en matière… Premier contact, premières prises de relation, joie profonde : j'y vois là le centre émotionnel bien sûr, et l'instinct qui s'active à la préparation.

 

Puis, une fois en selle, une présence, une écoute de mon corps et de celui du cheval s'installent spontanément. À travers toutes les parties de mon corps, je cherche à m'adapter, à trouver la meilleure place, le meilleur alignement pour être en phase avec la monture. J'y vois là un véritable rappel de soi…

 

Toutes mes préoccupations mentales (pensées parasites) disparaissent pour laisser la place à l'écoute de l'animal ; puis j'analyse (à travers les sensations) les tensions, les résistances (chez moi, chez l'animal)… Le mental analyse, l'instinctif reçoit et agit en conséquence pour ajuster les demandes, l'émotionnel est bien là aussi… C'est un véritable bonheur.

Au fur et à mesure de la séance, le cheval se livre, ou non…

 

En permanence, à chaque posé de pied du cheval, l'instinctif, le mental, l'émotionnel sont à l'écoute, de l'équilibre, vibration, résistance, difficulté motrice… Quand l'analyse permet de sentir que les deux corps (cavalier et cheval) sont en équilibre, en décontraction, que le cheval devient perméable à souhait et répond au moindre mouvement de la dernière phalange du petit doigt, au moindre frôlement de la jambe ou du mouvement d'une épaule, on finit par dire "je pense et le cheval fait"… C'est un véritable accès aux différentes vertus et idées supérieures.

 

Les difficultés sont inévitables, les longues heures de patience aussi (des mois, des années). Quelques bonnes foulées en fin de séance sont toujours là pour me récompenser. Même si elles n'arrivent que pour trois minutes, c'est une véritable joie.

 

Oui les trois centres sont bien là, en accord les uns avec les autres, les uns aux services des autres. La patience est l'œuvre, la rigueur est indispensable, la perfection est là, la tempérance (dans la demande pour respecter les possibilités physiques et mentales du cheval) et la concentration sont présentes, et tout ça me mène vers la joie et l'optimisme de mon type d'intégration… Assurément… Donc pour moi, cette hypothèse est largement vérifiée…

 

J'ajoute aussi que dans ces moments-là, j'ai le sentiment de toucher à l'état "Vide"…

 

Peut-être que d'autres types peuvent le vivre et l'exprimer différemment ? Dans une autre discipline ? Je rajouterais aussi que ces moments me servent de référence lorsque je vis d'autres bons moments, de la même manière que j'ai nettement identifié ma désintégration en 4 au stage Intuition, et que cela m'a permis ensuite de trouver ma ressource dans l'instinctif pour ne pas laisser la descente vers la désintégration s'installer.

 

Amicalement,

Isabelle

Share this post


Link to post
Share on other sites
Fabien Chabreuil

Bonjour,

 

Petit retour en arrière. Isabelle, tu m'écrivais le 9 février : "Je suis entièrement d'accord pour dire que bon nombre d'animaux sont mal apprivoisés, que ce soit chiens, chats, ou chevaux?" Je n'avais pas répondu par paresse, ou plutôt par lassitude. Je ne parlais pas d'animaux individuels, mais d'espèces.

 

Pour le reste, je ne réussis pas à être d'accord avec toi.

 

Voici la définition du mot dressage dans plusiseurs dictionnaires :

  • Action d'amener un animal à effectuer docilement quelque chose, à obéir. (Dictionnaire Myriade)
  • Partie de l'éducation qui a pour but d'habituer les animaux aux allures, au travail, au genre d'exercice dont l'homme a besoin. (Littré)
  • Action ou manière de rendre docile un animal, l'habituer à des comportements qu'on exige de lui. (Larousse)
  • Action d'habituer un animal à faire ce que l'être humain attend de lui. (Petit Robert)

Les mots que j'ai mis en caractères gras dans ces définitions montrent bien le côté asymétrique de la relation qui est, pour moi, incompatible avec l'essence.

 

"Se lever le matin, aller travailler, organiser ses journées et sa vie, est-il une contrainte ? Je ne pense pas prendre trop de risque en disant que la réponse sera différente en fonction de chaque individu et de son niveau d'intégration, de la période de vie qu'il traverse, de la manière dont l'individu prend soin de lui-même, des autres."

Ben justement, ce n'est pas le cheval qui vient te chercher le matin dans ta chambre. C'est toi qui va le chercher dans son écurie, et il n'a guère le choix. Donc, oui, il y a asymétrie et contrainte. D'ailleurs pour revenir à mes dictionnaires, dressage est associé à "rendre soumis", "faire céder, plier" et à "éducation très sévère" dès que l'on parle d'un être humain ; le mot porte ainsi l'idée d'une contrainte forte jugée acceptable pour un animal, mais pas pour un être humain.

 

Si tu relis ton message, je pense que tu verras que tu exprimes cette asymétrie : "la préparation de l'animal", "j'analyse (à travers les sensations) les tensions, les résistances (chez moi, chez l'animal)?", "au fur et à mesure de la séance, le cheval se livre, ou non?", "Quelques bonnes foulées en fin de séance sont toujours là pour me récompenser." Franchement, je pense que l'essence se moque complètement d'obtenir telle ou telle chose d'un cheval…

 

À part cela, que tu te connectes au niveau Vide, je le crois volontiers et je l'ai évoqué dans une autre conversation que j'ai citée en référence au début de cet échange. Mais le niveau Vide est une chose, et l'essence en est une autre.

 

Je crois volontiers aussi que tu es présente dans ton corps et que les trois centres sont actifs, mais un commando de soldats en opération te dirait que c'est pareil pour eux. Ce sont des éléments nécessaires pour se connecter à l'essence, mas pas suffisants.

 

Très amicalement,

Fabien

Share this post


Link to post
Share on other sites
Isa63

Bonjour Fabien, bonjour à tous,

 

Je ne sais pas si je saisis bien le sens de ta réponse, Fabien.

 

Ce qui m'interpelle c'est que tu dis que dès qu'il y a asymétrie dans une relation, l'essence n'est plus. Quel est le moyen de savoir si la relation est vraiment symétrique ? Et là je ne parle pas forcément en matière d'équitation.

 

"Ben justement, ce n'est pas le cheval qui vient te chercher le matin dans ta chambre. C'est toi qui va le chercher dans son écurie, et il n'a guère le choix. Donc, oui, il y a asymétrie et contrainte."

À partir du moment où l'humain a domestiqué le cheval, je crois qu'il est rendu dépendant de l'homme en effet. Comment ferait-il pour survivre puisque la vie en troupeaux n'existe plus vraiment ? Mais je comprends mieux alors quand tu parles d'espèces mal apprivoisées.

 

"Dressage est associé à 'rendre soumis', 'faire céder, plier' et à 'éducation très sévère'."

Ce sont des termes de dictionnaire en effet… qui n'ont pas le même sens en terme de discipline de dressage dans le domaine de l'équitation. Malheureusement ces termes restent confus ou mal adaptés dans la pratique. Pour un réel "homme de cheval", ces termes n'existent pas, et les actions qui peuvent leur correspondre non plus. La notion de respect est réelle.

 

C'est un peu comme l'éducation des enfants ; chacun a ses questionnements, ou pas. Chacun décide du choix éducatif ou pas…

 

"Franchement, je pense que l'essence se moque complètement d'obtenir telle ou telle chose d'un cheval…"

Cette discipline est difficile et demande beaucoup de patience et de connaissances. Découvrir et vivre cette patience a été pour moi une révélation ; le cheval a été un miroir. Non pas par l'amélioration de son travail, mais par ce que je ressentais en pratiquant. Je comprends alors que la pratique de l'équitation me permet de ressentir certaines choses ou de faire des liens de compréhension, mais n'est pas véritablement un chemin d'accès ?

 

Est ce que je peux encore faire un lien avec ce message sur la cause-effet (message que j'ai eu du mal à intégrer !) ? Si c'est le cas, alors je crois que je commence à mieux comprendre.

 

Amicalement,

Isabelle

Share this post


Link to post
Share on other sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

"Ce qui m'interpelle c'est que tu dis que dès qu'il y a asymétrie dans une relation, l'essence n'est plus. "
Oui, c'est par exemple ce qui distingue le service, au sens nous le voyons dans le stage Essence, de l'aide que peut apporter l'ego d'un 2.

"Quel est le moyen de savoir si la relation est vraiment symétrique ? Et là je ne parle pas forcément en matière d'équitation."
Ce n'est pas facile de répondre à cette question. C'est parfois objectivement évident — je crois que c'est le cas dans le dressage où un animal est amené à remplir les attentes d'un être humain. D'autres fois, il faut chercher la satisfaction ou non de l'ego, le ressenti des personnes. Je n'ai pas d'indicateurs évidents au premier abord.

"La notion de respect est réelle."
J'en suis convaincu.

"Je comprends alors que la pratique de l'équitation me permet de ressentir certaines choses ou de faire des liens de compréhension, mais n'est pas véritablement un chemin d'accès ?"
Je suis persuadé que la pratique de l'équitation a de nombreux aspects positifs comme le contact au corps, le développement de l'attention, etc. De plus, le contact avec les animaux console les dépressifs et apaise les anxieux. Tous ces bénéfices peuvent se retrouver quand on cherche à faire un travail d'accès à l'essence.

Mais l'équitation peut aussi activer l'ego comme quant Aurore écrit avec lucidité et franchise :

Le 03/02/2011 à 11:51, Aurolaf a dit :
Je me souviens avoir envisagé l'équitation avec mes filtres de 8 : j'ai vite remarqué que le cheval était très sensible à la peur ou aux angoisses du cavalier… et que si je voulais garder le contrôle, je devais ne jamais avoir peur et être ferme. Bref, être forte pour éviter de me retrouver en état de faiblesse face au cheval.


Ce n'est pas cela qui serait suffisant pour disqualifier l'équitation en tant que chemin d'accès à l'essence, l'ego étant capable de tout récupérer.

"Est ce que je peux encore faire un lien avec ce message sur la cause-effet (message que j'ai eu du mal à intégrer !) ? Si c'est le cas, alors je crois que je commence à mieux comprendre."
Pourrais-tu préciser le lien que tu envisages ?

Très amicalement,
Fabien

Share this post


Link to post
Share on other sites
Isa63

Bonsoir à tous,

 

"Ce n'est pas cela qui serait suffisant pour disqualifier l'équitation en tant que chemin d'accès à l'essence, l'ego étant capable de tout récupérer."

C'était bien cela qui m'interpellait ! La récupération par l'ego…

 

"Est ce que je peux encore faire un lien avec ce message sur la cause-effet (message que j'ai eu du mal à intégrer !) ? Si c'est le cas, alors je crois que je commence à mieux comprendre."

Pourrais-tu préciser le lien que tu envisages ?

Je me suis posée la question de savoir si ce que je vivais parfois à cheval pouvait servir de référence à un état intérieur qui pouvait s'apparenter à l'essence… Peut-être ai-je eu tort d'envisager un lien ? Ou de chercher une référence ?

 

Je me suis demandée alors si ce que je vis parfois, est provoqué par ce que je vis pendant la séance : dans ce cas-là, c'est la part de satisfaction égotique, puisque j'attribue cet état intérieur à ma séance.

Parfois, c'est autre chose. C'est simplement là ; il me semble que tout le bénéfice est pour le cheval parce c'est souvent dans ces moments-là que j'ai la plus grande confiance de l'animal qui lâche, à son tour, ses propres résistances. Cette observation est particulière.

 

Mais peut-être est-ce encore une récupération de l'ego là aussi…

 

Amicalement,

Isabelle

Share this post


Link to post
Share on other sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Un état intérieur qui pouvait s'apparenter à l'essence."

Pour tout état vécu dans l'essence, il existe une caricature dans l'ego. Je sais, cela ne simplifie pas la vie…

 

Très amicalement,

Fabien

Share this post


Link to post
Share on other sites
Helene

Bonjour à tous,

En tant que cavalière, je me devais d'intervenir sur ce sujet ! Merci Isa63 de l'avoir abordé. :happy:

Depuis toute petite, j'ai toujours fait beaucoup de sport (a priori, c'est lié à mon type 8), mais sans jamais m'arrêter sur un sport en particulier. Je n'accrochais jamais vraiment. Mais avec l'équitation, ça a été différent. C'est un sport que je n'ai jamais arrêté, à part pendant 4 ou 5 ans, mais je n'avais pas le choix.

Avec ce que j'ai pu apprendre sur l'Ennéagramme, je comprends mieux maintenant pourquoi c'est à ce sport que j'ai accroché. En bonne 8 j'ai toujours énormément de colère en moi. Je dis en moi car je fais partie des rares 8 qui n'expriment que peu leur colère, mais à l'intérieur, ça bouillonne en permanence !

En montant à cheval, je me suis rendu compte que l'animal ressent énormément cette colère. Ca m'a obligé à la ranger, à la mettre de côté, à l'oublier. Sinon c'était ingérable de monter à cheval. Et à chaque séance, je decendais de cheval vraiment apaisée. Ce qui est beaucoup dire pour moi ! Monter à cheval m'oblige à tendre vers la vertu de simplicité.

J'ai compris également que c'est pour ca que j'ai toujours préféré monter des chevaux très chauds, avec beaucoup de sang, car ceux-la sont encore plus sensibles aux émotions des personnes qui les entourent.
Fiouuu ! Ça fait du bien de pouvoir mettre des mots sur tout ca !
Je ne sais pas si Aurolaf a eu le même sentiment que moi ? Je me trompe peut-être mais depuis que je connais les bases de l'Ennéagramme, je fais plus attention à ces choses.

J'ai d'ailleurs eu beaucoup de mal après avoir repris il y a quelques mois. Je monte un cheval qui a réussi à prendre le dessus, il était monté par une jeune fille qui avait peur de lui, et le laissait faire ce qu'il avait envie… (On ne compte plus le nombre de fois ou elle l'a remis au box sans le monter car il l'avait impressionnée.) J'ai eu beaucoup de mal à m'imposer avec ce cheval, car forcément il fallait passer par un "combat", c'est-à-dire qu'il fallait lui montrer à nouveau que ce n'était pas lui qui décidait.
Alors que je faisais ce sport pour évacuer ma colère, il fallait que je l'utilise de nouveau. Après plusieurs mois, j'ai gagné son respect, et je peux maintenant en faire ce que je veux.

Fabien tu indiques au niveau du dressage : "Les mots que j'ai mis en caractères gras dans ces définitions montrent bien le côté asymétrique de la relation qui est, pour moi, incompatible avec l'essence."

Je ne pense pas qu'il s'agisse de cela, je l'ai constaté avec ce cheval dont je parlais plus haut. Lorsque j'ai commencé à le monter, il était rétif, les oreilles couchées en permanences, la queue qui fouettait, il cherchait à me mettre par terre. Depuis quelques semaines, je suis convaincue qu'il a repris la joie de "travailler", il n'a plus du tout la même attitude, que ce soit lorsque je m'en occupe ou lorsque je suis dessus. Je pense vraiment que le cheval peut prendre du plaisir à travailler, à faire du dressage.

D'ailleurs pour le plaisir des yeux, je partage cette vidéo, je ne pense pas qu'il s'agisse d'une relation asymétrique :

 

 

(Il faut avancer à 1min10 pour voir la performance)

 

Voilà ma contribution pour ce sujet. :happy:
Hélène

 

Share this post


Link to post
Share on other sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Monter à cheval m'oblige à tendre vers la vertu de simplicité."

Pas vraiment. Le vertu, quel que soit le type, ce n'est pas contrôler la passion ou la mettre de côté. C'est ne pas la ressentir.

 

Donc quand tu mets ta colère de côté, c'est un exercice positif qui t'apprend ce que pourrait être la vertu de simplicité, mais ce n'est pas réellement elle.

 

Dire dans la même intervention

  • "J'ai eu beaucoup de mal à m'imposer avec ce cheval, car forcément il fallait passer par un 'combat', c'est-à-dire qu'il fallait lui montrer à nouveau que ce n'était pas lui qui décidait. […] Je peux maintenant en faire ce que je veux."
  • "Je ne pense pas qu'il s'agisse d'une relation assymétrique."

alors là, je pouffe !

 

Très amicalement,

Fabien

Share this post


Link to post
Share on other sites
Helene

Moqueur !

 

Je fais peut-être du déni, mais c'est mon ressenti.

 

La relation était assymétrique au début. C'est un peu comme nous. En tant que 7 tu dois connaître cet état : tu n'as pas envie de faire quelque chose, mais une fois que tu t'y mets, tu en vois les bénéfices.

 

Moi ca m'arrive tous les jours en tant que 8. Par exemple, je sais que je dois arrêter de manger du chocolat. Je me dispute quand même à chaque fois avec mon mari quand j'en prends (il n'est pas très partageur…). Par contre les semaines où j'arrête, j'en vois les bénéfices (plus de combat à la maison, et aussi des kilos en moins sur la balance !).

 

Hélène

Share this post


Link to post
Share on other sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Le problème n'est pas d'apprécier finalement ce qu'on fait, ni même que ce soit utile. Le problème est de respecter la liberté de l'autre. Certes, il n'y a pas de vrai liberté dans l'ego, mais faire le bien des gens (ou des chevaux) malgré eux ouvre la porte à toutes les dérives.

 

Par analogie, dans l'histoire humaine, on a vu des esclaves aimer leurs maîtres (et réciproquement), et des maîtres traiter leurs esclaves fort bien, ces derniers ayant un sort plus confortable que certaines personnes libres. Cela en restait néammoins des esclaves…

 

Tu peux arrêter le chocolat, mais que penserais-tu si ton mari t'interdisait d'en prendre et t'arrachait la tablette des mains ? Ce serait approprié si tu étais diabétique et que le chocolat te mette en danger physiquement. Ce ne le serait pas si simplement il te trouvait trop goumande.

 

Si tu transposes au cheval, il n'y a rien de négatif pour lui à ne pas faire de manège ou n'importe quel exercice que tu lui demandes de faire, et donc le cavalier est dans la mise en œuvre d'une contrainte, et ce n'est pas de l'essence.

 

Très amicalement,

Fabien

Share this post


Link to post
Share on other sites
Isa63

Bonjour Hélène, bonjour à tous,

 

Merci Hélène d'avoir pris la suite de ce sujet.

 

Il a été difficile pour moi, mais il m'aura permis d'élargir un peu mon regard.

 

Comme pour toi, Hélène, le cheval m'aura appris beaucoup de choses, notamment la patience ! Patience pour la pratique, patience pour l'enseignement.

 

J'ai pu faire des liens intéressants entre ce que j'ai appris dans le domaine du cheval et l'Ennéagramme, notamment en termes de ressentis intérieurs, ce qui a été positif autant pour la cavalière que pour le cheval. L'Ennéagramme m'aura aussi permis d'observer et de découvrir pourquoi les cavaliers ne réagissaient pas de la même manière, en fonction de la hiérarchie des centres, des différentes réactions des ego sous stress.

 

J'aurais aussi découvert sur ce chemin équestre combien je pouvais m'investir par intérêt pour l'animal et la discipline : jusqu'à 20 heures de pratique par semaine… pour suivre une formation dont je n'avais pas vraiment le niveau, mais que j'ai mené à son terme, envers et contre tout. Bel exemple pour moi de l'implication du 1.

 

J'ai eu du mal à comprendre le regard que Fabien avait sur la pratique. Notamment comme toi, j'ai été surprise (peut-être même en colère… :peur:) de lire "l'asymétrie de la relation", ou "cheval, animal mal apprivoisé".

Aujourd'hui, je comprends qu'à partir du moment où l'on exploite l'animal, il y a asymétrie.

Il est dépendant de l'homme à partir du moment où il ne vit plus à l'état sauvage.

C'est bien l'homme qui cherche par tous les moyens à soumettre le cheval, même si cela est fait dans le respect des règles de l'art.

J'ai eu du mal à accepter cela ! C'était donc qu'il y avait aussi une résistance de mon ego !

 

Voilà comment aussi mon ego s'est approprié la situation : si le cheval égale ego, c'est pas bien d'être dans son ego, ni de monter à cheval ! J'ai été mal à l'aise avec ça pendant quelques semaines ! J'ai vécu un conflit intérieur. Que faire alors ? Arrêter de monter ? (De toutes façons, en ce moment, je ne monte plus beaucoup.) J'ai fait un choix : celui de me faire plaisir quand je monte, avec toutes mes valeurs de respect et de travail fait le mieux possible. Pour moi, l'équitation passe d'abord par un travail sur soi, afin de rencontrer le mieux possible le cheval. Ce n'est pas ce que l'on enseigne au sein de la fédération.

 

Le 12/11/2012 à 09:53, Fabien Chabreuil a dit :
"Monter à cheval m'oblige à tendre vers la vertu de simplicité."

Pas vraiment. Le vertu, quel que soit le type, ce n'est pas contrôler la passion ou la mettre de côté. C'est ne pas la ressentir.

Je comprends ce que tu exprimes là, Hélène. Je suis d'accord avec toi. Pour avancer dans la discipline, cela demande beaucoup. Lorsque je suis à cheval, j'ai le sentiment d'accéder aux différentes vertus, et ce n'est pas le contrôle de passions mais cela s'apparente à un véritable lâcher prise. J'ai mis des années à arriver à pratiquer comme ça ; tout le bénéfice est là, autant pour le cheval que pour le cavalier.

 

Je comprends aussi que les non-cavaliers ne puissent pas imaginer l'importance de ce travail de recherche sur les ressentis, le langage corporel, l’exigence et les longues années de pratiques pour accéder à une telle ouverture.

 

En ce qui concerne la notion de "combat" dans le travail, je parlerais plutôt d'invitation à la confiance. Là, je suis d'accord avec Fabien. Il ne peut pas y avoir acceptation et ouverture, s'il y a une notion de combat. En revanche, dès qu'il y a compréhension et confiance, il est merveilleux de voir comment le cheval est à l'écoute de son cavalier, se livre et donne tout ce qu'il peut avec générosité.

 

Je comprends aussi que pour les non-cavaliers, la finesse relationnelle cavalier/cheval puisse échapper. Elle peut être un véritable miroir de notre état intérieur.

 

Lors de mes années de pratiques intenses, j'avais relevé des citations, dont je n'ai plus l'auteur — avec toutes mes excuses :

  • "Les chevaux voient immédiatement la plus petite parcelle d'incohérence dans les émotions ou les intentions." La lire n'a peut être pas d'importance mais arriver à la vivre dans ma pratique, a été libérateur. J'ai vécu autant de libération au stage du même nom. J'avais d'ailleurs témoigné à ce sujet.
  • "Créer un environnement d'apprentissage libre de stress qui provoque une demande inhabituelle pour le mental du cheval, autant que pour ses muscles, élargissant ainsi la conscience du contact entre les processus physiques et mentaux chez le cheval comme chez le cavalier." À partir de là, on peut se dire qu'on peut voir un peu plus de symétrie dans la relation… Juste pour conforter son ego !

Amicalement,

Isabelle

 

PS : finalement, à la relecture de ce message, je me dis que l'équitation peut être plus un révélateur sur son ego, si l'on veut bien le voir avec ce regard-là, qu'un véritable accès à l'essence. Si l'ego prend moins de place, l'accès au corps prend une autre dimension. Et c'est déjà un grand pas !

Share this post


Link to post
Share on other sites
Wallace

Bonjour à tous,

 

C'est très étonnant. Ce que dit Fabien dans cette conversation me semble une évidence absolue, et j'ai du mal à comprendre qu'il faille 18 messages pour parler du sujet et arriver à un résultat, d'autant que je trouve, Isabelle, que ta dernière participation reste ambivalente.

 

Je constate que les trois personnes à intervenir préfèrent le centre instinctif. Y aurait-il un lien ? Sans doute autour des thèmes du pouvoir et du contrôle. Je me demande si des cavaliers préférant un autre centre auraient eu la même attitude.

 

Très amicalement,

Wallace

Share this post


Link to post
Share on other sites
Isa63

Bonjour à tous,

 

Merci Wallace pour ton message.

 

"Ce que dit Fabien dans cette conversation me semble une évidence absolue, et j'ai du mal à comprendre qu'il faille 18 messages pour parler du sujet et arriver à un résultat."

Peut-être est-ce là un exemple bien concret de la différence entre le centre mental préféré et réprimé ? Et d'une belle lutte de l'ego de 1 contre l'ego…

Autre différence : j'ai vécu plus de 20 ans dans le monde du cheval ; je pense que cela fait une différence de plus entre la pratique professionnelle ou de loisir.

 

"Je constate que les trois personnes à intervenir préfèrent le centre instinctif. Y aurait-il un lien ? Sans doute autour des thèmes du pouvoir et du contrôle."

Je pense que le sentiment de pouvoir et contrôle est indispensable en début de pratique pour prendre confiance en soi. Et indispensable à lâcher par la suite, quel que soit le type.

 

Peux-tu me dire en quoi tu trouves ma dernière participation ambivalente ?

 

Amicalement,

Isabelle

Share this post


Link to post
Share on other sites
Aurolaf

Bonjour à tous,

 

Je ne suis pas certaine que des mentaux non-cavaliers (quoique Wallace, tu es peut-être cavalier ?) puissent trouver un point de rencontre sur le sujet avec des instinctifs cavaliers : il y a là un écart dans les perceptions, les sensations et les ressentis viscéraux qui ne pourra jamais être comblé.

 

Les arguments rationnels de Fabien sont effectivement limpides… Oui mais je comprends aussi les réponses d'Isabelle ("Je comprends aussi que pour les non-cavaliers, la finesse relationnelle cavalier/cheval puisse échapper. Elle peut être un véritable miroir de notre état intérieur.")

 

Ceci étant dit, je ne reviens pas sur ce que j'ai dit plus haut et sur le fait que le "dressage", quel que soit le lien qu'il existe entre l'homme et le cheval, reste une activité égotique car il y a contrôle de l'homme sur le cheval… Et pourtant, une petite partie de moi persiste à croire que le cheval peut nous amener à accéder à des moments d'essence au bout d'années de travail et de pratique (et c'est un ressenti irrationnel que je ne peux effectivement pas défendre avec des arguments rationnels) et à lâcher un peu l'ego mais pas dans nos conditions de vie actuelles et certainement pas dans le cadre du "dressage" et surtout pas dans un environnement ORANGE où le cheval est instrumentalisé pour le plaisir et/ou la performance du cavalier.

 

Pour ceux qui ont vue le film Avatar, il y a un moment où le cavalier-chasseur établit un lien (qui est physique via les cheveux et une pseudo-crinière du cheval) avec le cheval (enfin l'animal qui ressemble à un cheval). Le cheval n'accepte alors de collaborer librement avec le cavalier que si les deux êtres sont parfaitement synchronisés, en accord, chacun ressentant les émotions et les pulsations de l'autre. Une collaboration et un échange entre les deux êtres est alors possible et sans doute symétrique.

Je perçois, à travers mon expérience et mes ressentis d'ex-cavalière, qu'il peut exister un tel lien entre le cheval et l'homme, dans certaines circonstances, même si ce lien n'est pas physique.

 

Bien amicalement.

Share this post


Link to post
Share on other sites
Wallace

Bonjour à tous,

 

"Wallace, tu es peut-être cavalier ?"

Je suis déjà monté sur un cheval, mais cavalier, non.

 

"Oui mais je comprends aussi les réponses d'Isabelle ("Je comprends aussi que pour les non-cavaliers, la finesse relationnelle cavalier/cheval puisse échapper. Elle peut être un véritable miroir de notre état intérieur.")"

Isabelle, c'est ce genre de remarque que j'avais trouvé ambivalente. En plus cela me choque un peu que l'on dénie à des gens la possibilité de vraiment ressentir quelque chose. Dans son message du 1er février 2011, Fabien parlait de sa relation intime avec les animaux ; moi-même, j'ai eu des liens très forts avec certains animaux au cours de ma vie. Je ne vois pourquoi ce serait de nature différente.

 

Je ne vois pas non plus pourquoi faire exécuter une figure à un cheval serait vraiment différent de faire donner la patte à un chien (pas en travail à fournir, en nature de l'opération). Il le fait parce que nous le lui demandons, parce que nous avons mutuellement confiance l'un dans l'autre, et parce que nous nous aimons. Auriez-vous dit que nous sommes dans l'essence à ce moment-là ?

 

"Pour ceux qui ont vue le film Avatar, il y a un moment où le cavalier-chasseur établit un lien (qui est physique via les cheveux et une pseudo-crinière du cheval) avec le cheval (enfin l'animal qui ressemble à un cheval)."

Justement, l'animal était un animal libre…

 

Pourquoi ne pas se contenter de la joie que donne cette activité et de la qualité de la relation avec l'animal et vouloir à tout prix rajouter autre chose ? Comme si il y avait eu un interdit culpabilisant sur le plaisir égotique : "Si le cheval égale ego, c'est pas bien d'être dans son ego, ni de monter à cheval !" pensait Isabelle. À ce rythme-là, la vie risquerait de ne pas être marrante. Et cela me fait penser à la contrepassion.

 

Très amicalement,

Wallace

Share this post


Link to post
Share on other sites
Isa63

Bonjour à tous,

Je reprends aujourd'hui ce message. Je ne sais si c'est mon ego de 1, mais j'avais la sensation d'un "non fini"…

 

Je sais qu'à travers tous mes écrits je souhaitais vous faire entendre combien le cheval m'avait apporté, en terme de travail sur moi, et je faisais un parallèle avec l'apport de l'Ennéagramme. Ces échanges m'ont beaucoup apporté, blessée aussi. Je ne me sentais pas comprise, je croyais faire une erreur quelque part, j'avais du mal à trouver les mots pour m'exprimer, et pourtant, il était tellement évident pour moi que le cheval m'avait initiée à quelque chose.

 

C'est à la lecture du livre d'Helen Palmer, L'Ennéagramme au travail et en Amour, que je viens d'apporter un sens supplémentaire. Je cite : "Quoiqu'on les ait traditionnellement et négativement qualifiées de vices, les passions sont une source fondamentale d'énergie en vue d'une libération spirituelle. Elles sont la matière première, le compost, les qualités de la nature humaine qui peuvent être transformées pour refléter le divin." "Le modèle utilisé ici est centré sur les passions en tant qu'agents de transformation d'une conscience ordinaire en conscience supérieure. il ne concerne que les aspects particuliers de l'être qui sont issus d'une évolution de l'énergie émotionnelle négative."

Grâce à mes années de pratique, oui, le cheval ne m'aura fait aucun cadeau, jusqu'à ce que je trouve en moi, la porte de la patience ; le cheval m'aura permis de transformer la colère en patience, le perfectionnisme en perfection. Au lieu de m'acharner à obtenir l'amélioration, me contenter de ce que l'animal était capable de faire, au moment où il faisait ce que je lui demandais. J'aurais aussi appris à me "fondre" dans le cheval, donnant cette sensation d'union tellement légère.

 

Alors, ego ou essence, là n'était pas la question. Seulement cette pratique m'a permis d'apprendre à me connecter, sans vraiment le savoir, à ce que l'Ennéagramme appelle la vertu et l'idée supérieure de mon type. Et à partir de là, découvrir que je pouvais aussi avoir un regard différent sur certaines choses de la vie. Choses que mon amie (dont le premier message est issu) a vécu aussi dans son type 6. Ce n'est donc pas le cheval en soi, mais dans la pratique de ce sport.

 

Merci Wallace de ton message. Il m'a fait vraiment réfléchir sur un piège de mon ego : rechercher l'essence parce que c'est le signe d'une amélioration.

 

Amicalement
Isabelle

Share this post


Link to post
Share on other sites
Wallace

Bonjour à tous,

 

Eh bien, ceux qui disent que l'ego des 1 est entêté n'ont pas tort ! Mais comme moi aussi je suis un cabochard…

 

"Seulement cette pratique m'a permis d'apprendre à me connecter, sans vraiment le savoir, à ce que l'Ennéagramme appelle la vertu et l'idée supérieure de mon type."

Je ne suis toujours pas d'accord. Fabien a dit plusieurs fois sur ce forum que toute caractéristique de l'essence avait une contrepartie égotique. Au départ, il y a une volonté égotique : obtenir quelque chose d'un animal ("Il faisait ce que je lui demandais."). Je ne crois pas que la vertu et l'idée supérieure puissent s'exercer au service d'une volonté égotique ; peut-être que cela y ressemble, mais ce n'est pas ça.

 

Sur un plan spirituel, la patience du 1 est lâcher prise face à la réalité, et pas essai de la transformer, idem pour la perfection.

 

Très amicalement,

Wallace

Share this post


Link to post
Share on other sites
Isa63

Bonsoir à tous,

"Mais comme moi aussi je suis un cabochard…"
Je crois que je l'avais compris… (Je précise que c'est de l'humour de 1 ! :happy:)

Wallace, as-tu déjà pratiqué un sport ou un instrument de musique qui demande d'aller au delà de l'apprentissage de base ? Pratique qui demande de longues années de recherche ? Pratique qui demande une recherche qui nous mène parfois dans des endroits dont on ne soupçonne pas l'existence en soi ? Pratique qui demande aussi un réel lâcher prise ?

 

"Je ne crois pas que la vertu et l'idée supérieure puissent s'exercer au service d'une volonté égotique"
Je n'ai pas voulu exprimer cela.

 

Comment comprends tu alors ce qu'Helen Palmer a écrit ?

Amicalement,
Isabelle

Share this post


Link to post
Share on other sites
Wallace

Bonjour à tous,

Le 11/09/2013 à 23:27, Isa63 a dit :

"Mais comme moi aussi je suis un cabochard…"
Je crois que je l'avais compris… (Je précise que c'est de l'humour de 1 ! :happy:)

Dans mon cas, c'était de l'autodérision de 6

"Wallace, as-tu déjà pratiqué un sport ou un instrument de musique qui demande d'aller au delà de l'apprentissage de base ? Pratique qui demande de longues années de recherche ? Pratique qui demande une recherche qui nous mène parfois dans des endroits dont on ne soupçonne pas l'existence en soi ? Pratique qui demande aussi un réel lâcher prise ?"
Oui, et alors ?

Si ce genre de pratique connectait aux idées essentielles, les grands musiciens ou les grands sportifs seraient mieux connectés aux qualités essentielles que la moyenne des gens. Or il suffit d'ouvrir les yeux pour voir que ce n'est pas le cas.

Tiens, je pense à Bartabas, paraît-il un des meilleurs cavaliers français et par ailleurs grand admirateur de la corrida (une jolie vidéo à regarder même si on peut estimer qu'il a été agressé), qui finit en garde à vue fin 2007 après avoir cassé du matériel au ministère de la Culture lors d'une crise de rage parce qu'on lui avait baissé une subvention.

 

Le 11/09/2013 à 23:27, Isa63 a dit :

"Je ne crois pas que la vertu et l'idée supérieure puissent s'exercer au service d'une volonté égotique"
Je n'ai pas voulu exprimer cela.

Que voulais-tu exprimer alors ?

 

Le 11/09/2013 à 23:27, Isa63 a dit :

Comment comprends-tu alors ce qu'Helen Palmer a écrit ?

J'adore Palmer quand elle décrit les types, c'est remarquable. Le reste du temps, je trouve son discours confus et surtout beaucoup trop BLEU sur la Spirale Dynamique pour mon goût.

 

Très amicalement,
Wallace

Share this post


Link to post
Share on other sites
Jérôme

Bonjour Isabelle,

J'ai pendant longtemps assez peu compris le sens des messages de ce billet.
Ton dernier post m'a cependant rappelé une rencontre avec un agriculteur chez qui nous avons loué un gite il y a quelques années.

À l'époque je ne connaissais pas l'Ennéagramme, mais a posteriori son type en 1 me semble probable :

  • C'était un idéaliste BIO extrémiste (par exemple la réglementation actuelle pour obtenir le label AB lui semblait beaucoup trop laxiste).
  • Il a agi toute sa vie suivant cet idéal, démontrant par des actes les idées dont il faisait la promotion lors de visites de sa ferme ou lors de publications dans des revues sur le sujet.
  • Le perfectionnisme était visible dans la mise en œuvre de ses idées (par exemple il a cloué au marteau des dizaines de milliers clous de 7 à 8 cm de long pour construire le gite en bois de 100m² que nous avons loué, pour ne pas générer comme déchet quelques capsules de gaz qu'aurait demandé un pistolet pneumatique).
  • La colère sous-jacente était souvent perceptible dans ses propos.
  • La communication enseignement/sermon était bien visible lors de mini-conférences qu'il donnait en faisant visiter son exploitation.
  • Le sous-type inadaptation sociale était aussi visible, il vivait en marge de son village et de la société en général, pestant contre cette dernière qu'elle ne savait pas avoir une attitude responsable et sérieuse.

Il avait un beau cheval de travail, de race comtoise, dont il se servait pour différents travaux. Une vraie force de la nature.
Je me souviens qu'il avait parlé du cheval de travail comme d'un difficile apprentissage pour lui, en expliquant qu'un cheval de ce poids ne pouvait pas se commander à souhait, que tout énervement et toute rigidité se soldent par un échec, et que cela lui avait demandé d'apprendre à composer avec les autres forces de la nature que sa seule volonté pour aller tout de même dans le sens de son idéal.

La grande sensibilité du cheval à la rigidité et à la colère même réprimée de son cavalier ou partenaire de travail pourrait alors être révélatrice pour les 1.
Cela va-t-il dans le sens de ton message ?

Bien amicalement,
Jérôme

Share this post


Link to post
Share on other sites
Kayla

Bonjour tout le monde !

J'ai l'impression qu'Isabelle et Wallace ne parlent pas de la même chose !

De ce que je comprends, Isabelle, tu ne cherches pas à dire que la pratique du dressage t'a directement permis d'atteindre l'essence. Mais plutôt que cela t'a permis, au fur et à mesure, d'expérimenter la patience, le lâcher prise et la sérénité. Le travail effectué sur toi-même grâce à l'Ennéagramme, en parallèle, t'a lui permis d'accéder aux "vraies" vertus, dans l'essence, donc !
Le cheval devient donc le témoin de ton évolution. Même si à cheval, ce n'est pas de l'essence parce que l'animal n'est pas libre, c'est en partie au travail de dressage que tu dois certains de tes insights qui t'ont amenée à une évolution vers l'essence.

Suis-je proche de ce que tu veux exprimer ? Ou complètement à côté de la plaque ?

Encore une fois, cette conversation nous montre combien la communication est rendue difficile une fois passée par nos filtres respectifs !

À bientôt !
Kayla

Share this post


Link to post
Share on other sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Cette conversation dure depuis 31 mois ! (Je ne vous dis pas la tête que je fais devant mon micro quand j'arrive sur le forum et que je la vois resurgir… :idontthinkso: :yawn:)

 

Je ne sais pas si les tentatives de Jérôme et Kayla permettront d'arriver à un consensus. J'en doute parce qu'elles font position de "sauveteur", au sens du triangle de Karpman, vis-à-vis d'Isabelle, plus que réelle tentative d'intégrer les deux points de vue.

 

Isabelle et Wallace, moi, ce qui me semblerait intéressant pour vous, ce serait de vous interroger sur les raisons qui vous font passer 31 mois (12 seulement pour Wallace) sur ce sujet.

 

Très amicalement,

Fabien

Share this post


Link to post
Share on other sites
Wallace

Bonjour à tous,
 

J'ai l'impression qu'Isabelle et Wallace ne parlent pas de la même chose !
 
Le cheval devient donc le témoin de ton évolution. Même si à cheval, ce n'est pas de l'essence parce que l'animal n'est pas libre, c'est en partie au travail de dressage que tu dois certains de tes insights qui t'ont amenée à une évolution vers l'essence.

Suis-je proche de ce que tu veux exprimer ? Ou complètement à côté de la plaque ?

Je crois que je réussissais à suivre à peu près la conversation…

En fait, Isabelle a soutenu des positions différentes au cours de ces donc 31 mois (merci Fabien, je n'avais pas compté). Le problème est que je ne suis d'accord avec aucune d'entre elles. De mon point de vue,

  1. non, l'activité de dressage n'est pas un chemin vers l'essence : Fabien a expliqué très clairement pourquoi en insistant sur l'asymétrie de la relation ;
  2. non, un 1 n'y apprend pas sa vertu et son idée supérieure parce qu'on ne se connecte pas à l'essence dans une activité égotique ;
  3. et non, la patience manifestée dans l'activité égotique du dressage ne peut pas donner un véritable insight de l'essence parce que la patience de l'ego et celle de l'essence sont de natures différentes.

Isabelle et Wallace, moi, ce qui me semblerait intéressant pour vous, ce serait de vous interroger sur les raisons qui vous font passer 31 mois (12 seulement pour Wallace) sur ce sujet.

Oh la la Fabien (toujours aussi lève-tôt, en passant), je sais. J'ai toujours aimé les animaux et suis souvent plus à l'aise avec eux qu'avec les êtres humains sans aucun doute du fait de mon ennéatype. Je me rappelle des lectures sur le dressage étant adolescent qui m'avaient horrifié. Je ne supporte pas qu'on force un animal à faire quoi que ce soit pour son simple plaisir. Je le supporte pour d'autres raisons (par exemple entraîner un chien à trouver des personnes prises dans une avalanche), même si je préfèrerais qu'on trouve d'autres solutions.

 

Je dois dire que grâce à toi, j'ai lu récemment Elephants on the Edge, et que cela a bien ravivé le truc ! Je ne me plains pas : lisez ce bouquin.

 

Très amicalement,

Wallace

Share this post


Link to post
Share on other sites
Jérôme

Bonjour à tous,

Je ne sais pas si les tentatives de Jérôme et Kayla permettront d'arriver à un consensus. J'en doute parce qu'elles font position de "sauveteur", au sens du triangle de Karpman, vis-à-vis d'Isabelle, plus que réelle tentative d'intégrer les deux points de vue.

C'est bien ça, à ma grande tristesse. J'ai repensé à mon ressenti de jeudi dernier qui m'a fait rédiger ce message. Je crois qu’à la base j'ai mal réagi à ce que mon ego a pris pour un conflit entre Isabelle et Wallace. J'ai abusivement interprété le message de Wallace comme pas assez tolérant, valeur importante pour moi. Alors je suis monté sur mon cheval de sauveteur…

Wallace, je suis sincèrement désolé de cette attribution arbitraire de costume de bourreau.

Isabelle, je n'en reste pas moins intéressé pour comprendre le fond de ton message, et Fabien a certainement bien mieux formulé la question que moi.

Bien amicalement,
Jérôme

Share this post


Link to post
Share on other sites
Wallace

Bonjour à tous,

"Wallace, je suis sincèrement désolé de cette attribution arbitraire de costume de bourreau."
Jérôme, ton message (comme celui de Kayla d'ailleurs, mais la situation est différente) était effectivement asymétrique… mais je ne l'ai pas pris comme une tentative de dressage ! :rofl: Tes interventions sur l'Enné-Agora sont suffisamment nombreuses et bienveillantes pour qu'un message qui m'aurait irrité de la part de la part de quelqu'un d'autre ne me pose pas de problème de la tienne : je ne t'ai pas ressenti agressif, je n'ai pas eu peur, et il n'y a donc pas de conflit, ouf !

Très amicalement,
Wallace

Share this post


Link to post
Share on other sites
Isa63

Bonjour à tous,

 

Merci pour ces différentes interventions.

 

"Cette conversation dure depuis 31 mois."

:surprised: Moi non plus je n'avais pas compté et je suis désolée si tout ceci vous a ennuyé ! Loin de moi l'idée de vouloir créer un quelconque conflit ! Ou de "polluer" ces pages.

 

Oui, j'ai fait un lien entre ce que j'ai pu découvrir tout au long des stages en Ennéagramme et ce que j'ai pu vivre dans mon évolution de cavalière et d'un court passage dans l'enseignement. Cette approche qui relie travail sur soi et modification de la relation au cheval est encore bien peu connue. Mais bel et bien en train d'apparaitre (pour ceux qui sont intéressés, Michel Robert, grand cavalier internationnal, entre autres, a écrit à ce sujet.)

 

Avant de clore le sujet, je vais tenter d'exprimer les motivations qui m'ont poussées à écrire : la joie de pouvoir faire ce lien, l'envie de partager et d'être comprise ! Peut-être même être confortée dans cette découverte. Alors la false core a encore joué des siennes ?

 

Puis j'ai vécu une certaine déception en découvrant que mes croyances n'étaient peut-être pas forcément toutes justes. Au gré de mes lectures, certains points me paraissaient tout de même confirmés (je ne sais pour quelles raisons, cela me renvoyait souvent à cette conversation !) donc ma sensation d'être incomprise ici réapparaissait avec ce besoin d'être sûre que je ne me trompais pas ?

 

Ne pas réussir à aller au bout d'un sujet n'est pas un drame en fait… et ne dit rien sur une éventuelle erreur. Oui, le lâcher prise revient ici…

 

Amicalement,

Isabelle

Share this post


Link to post
Share on other sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

"Loin de moi l'idée de […] 'polluer' ces pages."
Il y a de l'espace disque et personne n'est forcé de lire cette conversation — sauf moi, mais c'est une autre histoire ! —, donc pas de souci.

Pour conclure, je veux préciser que je suis majoritairement d'accord avec le résumé de Wallace :

Le 17/09/2013 à 09:14, Wallace a dit :
  • L'activité de dressage n'est pas un chemin vers l'essence : Fabien a expliqué très clairement pourquoi en insistant sur l'asymétrie de la relation ;
  • Un 1 n'y apprend pas sa vertu et son idée supérieure parce qu'on ne se connecte pas à l'essence dans une activité égotique ;
  • La patience manifestée dans l'activité égotique du dressage ne peut pas donner un véritable insight de l'essence parce que la patience de l'ego et celle de l'essence sont de natures différentes.

Je mettrais peut-être un petit bémol sur le point 3. Certes les deux patiences sont différentes, mais chez un 1, la patience de l'ego l'affaiblit quand même parfois… et peut dans certains cas ouvrir un espace pour l'essence. Sans garantie parce qu'effectivement les contre-exemples sont nombreux.

 

"Je ne sais pour quelles raisons, cela me renvoyait souvent à cette conversation !"

C'est justement l'introspection que je te proposais.

 

Très amicalement,
Fabien

Share this post


Link to post
Share on other sites
Sign in to follow this  

×