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l’ennéagramme

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Tharros

Faire du relationnel avec un centre mental dominant…

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Tharros

Voilà peu de temps que le 6 que je suis a clarifié sa hiérarchie des centres : mental-émotionnel-instinctif. Un événement récent l'a particulièrement éclairée, du moins dans ses aspects les plus néfastes.

En effet, je suis allé la semaine dernière à une soirée mondaine organisée dans un grand ministère parisien.

En amont de la soirée, rien à signaler ; l'événement me réjouissait ; il s'agissait d'une remise de prix pour des livres spécialisés publiés en 2010 (un sujet certes intellectuel mais qui répondait bien aux besoins de mon centre mental).

Certes, j'ai bien eu dans l'heure précédent l'événement quelques questions métaphysiques typiques du 6 : y a-t-il un code vestimentaire, comment me présenter, etc. ? Mais bon, il était trop tard pour se pencher dessus et je les ai facilement mises de côté.

En arrivant, quelques sourires à droite, à gauche, à une tonne de personnes que je ne connaissais pas. Ma seule connaissance faisait partie des organisateurs et étaient donc peu disponible. Les conférences ont commencé, étaient intéressantes (j'en ai tiré des tas d'idées) et ont fini… et là a commencé le cocktail.

Il y avait des gens dont je me disais que j'aurai intérêt à faire leur connaissance… mais quoi leur dire d'intéressant ? Et puis, il y a ceux qui semblaient bien sympathiques. Ah oui, mais si je leur dit cela, ce sera trop banal ou cela sera peut-être une grosse bêtise ? Et puis de toute façon, si je discute avec quelqu'un, cela n'ira pas bien loin… On n'a pas des discussions intéressantes en cinq minutes dans un cocktail… Etc. Etc. Ah là, il y a quelqu'un qui me regarde, j'y vais… mais c'est qui celui à côté ? Il m'a l'air moins sympa et… Oui, il y a bien ce sénateur, bien connu, mais je serai pas intéressant pour lui…

Grosso modo, une soirée se déroulait dans ma tête et je ne discutais avec personne… Je tournais en rond et allais d'un endroit à l'autre pour éviter de rester planté au milieu de la salle.

J'avais bien envie d'aller vers les autres mais mon mental faisait son film seul… et dans la réalité, je n'ai vu personne. Au bout de 45 minutes (quand même), je suis parti et ce fut un ÉNORME soulagement… Je ne me sentais quand même pas bien… Rétrospectivement, j'ai réalisé la prédominance du mental qu'il aurait fallu faire taire pour permettre à l'émotionnel de se mettre en relation spontanément.

Je pense que la soirée était d'autant plus pénible que je suis du sous-type Cordialité : besoin de créer une relation positive avec les autres. Pour cela, j'ai besoin d'infos sur les gens, informations qui ne m'intéressent pas vraiment et dont je ne fais pas grand chose mais qui me rassurent quelque part. Et dans cette soirée, je n'avais pas d'infos.

Ce mental que, d'habitude, j'affectionne bien pour tout ce qu'il me permet de penser et aussi de faire, je l'ai particulièrement détesté.

Maintenant que j'ai bien vu son jeu, je le détesterai peut-être plus souvent étant donné qu'il me bloque très souvent dans mes envies d'aller vers les autres (parfois, il ne s'agit pas d'envies mais de nécessités professionnelles, et c'est vraiment gênant). :cool:

 

Sur ce contexte, ma petite fille de 5 ans m'a redonné du baume au coeur avec une citation bien choisie (une intuition ?) : "Je m'impose, j'ose, je vois la vie en rose." :happy:

 

Ce problème relationnel est-il commun à tous les mentaux avec l'émotionnel en support, ou aux 6 alpha, ou à moi tout seul… :calin:

 

Au plaisir de lire vos expériences.

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Théo

Bonjour Tharros,

 

Merci pour ce témoignage.

 

"Ce problème relationnel est-il commun à tous les mentaux avec l'émotionnel en support, ou aux 6 alpha, ou à moi tout seul…"

En tout cas, je pourrais reprendre à mon compte la majeure partie de ton message (ma hiérarchie des centres étant la même).

La différence est que, dans un cas similaire, je me pose moins de questions conscientes, je me détache plus spontanément afin de trouver une forme de tranquillité. Mon mental ne bascule pas, je vais éventuellement m'en servir pour trouver quelque chose à dire à telle ou telle personne. Mais la problématique reste très proche. Quand elle devenait impossible à gérer, il m'est arrivé d'être pris de claustrophobie et de devoir rentrer immédiatement. Sortir fumer une cigarette est également un bon prétexte pour me ressourcer quelques instants dans l'isolement.

Peut-être est-ce dû, en effet, à un conflit entre le centre mental (qui tend à nous couper des autres) et le centre émotionnel (qui nous en rend dépendants) ; mais en théorie, celui-ci devrait être mis au service du premier, donc je ne sais pas trop. [Oui, c'est bien un 5 qui vient de dire "je ne sais pas", profitez, faites des copies d'écran. :happy:]

Peut-être aussi que ces mécanismes sont accrus du fait de ton type (doute, peur de dévier) et d'une bonne aile 5 (tendance au retrait, à l'avarice). Vu mon type, l'avarice est la tendance principale, et des phrases telles que "on n'a pas des discussions intéressantes en cinq minutes dans un cocktail…" sont avant tout de bons prétextes pour ne pas avoir à m'impliquer (et surtout, pour ne pas avoir à me rendre à des cocktails). Ce qui ne semble pas être ton cas, le doute étant le ressort principal.

En tout cas, détester notre mental n'est sans doute pas la solution. J'ai réussi à lâcher un peu prise lorsque je suis en groupe, et dans ce cas notre mental peut être un atout dans la conversation. De plus nous avons la chance d'avoir l'émotionnel en support, ce qui rend l'usage de ce centre plus aisé que si nous le réprimions purement et simplement.

Bonne journée

Théo

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Fabien Chabreuil

Bonjour Tharros,

 

"Ce problème relationnel est-il commun à tous les mentaux avec l'émotionnel en support, ou aux 6 alpha, ou à moi tout seul… :calin: Au plaisir de lire vos expériences."

7 mu, je réponds donc aux critères de sélection pour répondre ! :happy: Je n'ai personnellement pas ce problème. J'ai beau être plutôt introverti, je trouve qu'entrer en situation dans ce genre de situations est aisé parce qu'il y a un point commun à tous les participants : le thème de la rencontre ou, a minima, la relation avec l'hôte.

 

De plus, il y est naturel de ne pas s'attarder, d'aller d'une personne à une autre, et donc si la personne abordée est inintéressante ou si le courant ne passe pas, il est normal et facile d'interrompre courtoisement l'échange.

 

Bref, rien que du bonheur… si le buffet est bon et abondant ! Si ce n'est pas le cas, l'organisateur est un gougnafier qui ne mérite pas ma présence ! :cool:

 

Très amicalement,

Fabien

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Aurolaf

Salut les mentaux (et les autres),

 

Tharros, j'ai explosé de rire en lisant le titre de cette conversation parce qu'immédiatement, j'ai pensé à mon mari 6 mu (hiérarchie M-I-E-M). Autant dire qu'il pourrait reprendre à son compte ce que tu as écrit. Les cocktails sont une horreur absolue pour lui.

 

Il lui arrive souvent de devoir participer à des cocktails professionnels. J'ai observé qu'il se posait d'abord un problème de loyauté (« Et si je n'y vais pas, ce n'est pas réglo pour l'équipe-société-chef-etc., ça ne se fait pas, oui mais qu'est ce qu'ils vont penser, et si blabla, et si blabla… » :happy:) dans la phase où il essaye par tous les moyens d'échapper à la corvée. Ensuite, la peur de la déviance et le doute font leur apparition et l'empêchent de profiter de l'évènement.

 

Bien évidement, l'intensité de ces mécanismes varie en fonction du niveau d'intrégration ou de désintégration de mon cher époux. Parfois un simple dîner de plus de huit personnes peut déclencher l'angoisse, le doute et les questionnements intérieurs ; il me dit alors, juste avant le dîner : « C'est toi qui parle, hein ? »

 

Je partage l'avis de Fabien : "Je trouve qu'entrer en situation dans ce genre de situations est aisé parce qu'il y a un point commun à tous les participants : le thème de la rencontre ou, a minima, la relation avec l'hôte."

Il me semble que la hiérarchie des centres joue peu dans un pareil cas puisque ce qui facilite l'échange, c'est de créer le lien facilement (via le point commun).

 

Amicalement.

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Tharros

Merci Théo, Fabien et Aurore de vos premiers témoignages.

 

@Théo :

 

Non promis, je ne vais pas et ne risque pas de me mettre à détester mon mental (car je l'aime aussi) ; il s'agit juste de répartir le temps de parole entre les trois centres (comme en démocratie, exercice tout aussi difficile). :perplexe:

Par rapport à ton analyse, dans une soirée comme celle là, je n'ai pas eu l'impression d'avoir réprimé le mental ; il s'égare ou se sature ; au final, il patine et perd de son efficacité ; il reste dominant et c'est bien pour cela que l'émotionnel et l'instinctif ne prennent pas la main.

J'en profite au passage pour te remercier de tes différentes participations qui m'apportent beaucoup du fait de la similitude de notre hiérarchie des centres. Tes remarques me confortent d'ailleurs sur mon aile dominante, 5 (depuis ma jeunesse) ; l'aile 7 est moins marquée et ai apparu plus tard.

 

@Fabien et Aurore :

 

Vos commentaires me montrent sous l'angle Ennéagramme des motivations différentes d'une soirée réussie.

Vous soulignez tous les deux que le point commun, thème de la soirée facilite l'échange. Malheureusement, non pour moi ; car du coup, j'y mets beaucoup plus d'exigences (dire la bonne chose) et peut-être de l'avarice de mon aile 5 (elle n'est pas toujours présente sinon je ne tiendrais pas un blog où je donne beaucoup d'informations).

Bon, quant au buffet, il était très très digne mais il me servait de point de repli avant de me lancer dans la foule.

 

En tous cas, je m'efforce depuis cet événement et vos commentaires de moins me laisser aller à mon mental ; ainsi, à quelques occasions en croisant quelqu'un avec qui j'ai ressenti l'envie de dire quelque chose, j'y suis allé (ne vous inquiétez pas, je n'aborde pas toutes les femmes dans la rue).

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Fabien Chabreuil

Bonjour Tharros,

 

"Vous soulignez tous les deux que le point commun, thème de la soirée facilite l'échange. Malheureusement, non pour moi ; car du coup, j'y mets beaucoup plus d'exigences (dire la bonne chose) et peut-être de l'avarice de mon aile 5 (elle n'est pas toujours présente sinon je ne tiendrais pas un blog où je donne beaucoup d'informations)."

Le thème de la soirée n'est qu'un point d'entrée. Bien évidemment, si l'interlocuteur est un passionné et/ou un expert, la conversation peut se prolonger sur ce sujet ; sinon, on bifurque rapidement vers de délicieuses futilités (je sais, ami(e)s 5, je sais…). Le rôle du buffet est de créer un espace relationnel et de détente, pas forcément de travail.

 

"Ne vous inquiétez pas, je n'aborde pas toutes les femmes dans la rue."

Ce serait pourtant un excellent entraînement. :perplexe:

 

Très amicalement,

Fabien

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Claire5

Bonjour,

 

Si ca peut vous rassurer, j'ai le même problème en tant que type 5 alpha. Je ne sais pas entrer en contact avec un inconnu.

 

C'est un peu bizarre, parce qu'une partie de moi a envie d'aller aux soirées par curiosité. J'ai envie de savoir comment ça va se passer, qui sera présent, écouter, etc. Pourtant je ne suis pas du tout à l'aise et je n'arrive pas à aller vers les personnes qui m'intéressent. Je trouve souvent qu'il y a trop de bruit et trop de monde. Je reste en retrait.

Pourtant si je connais bien les personnes, si on va boire un coup en petit comité dans un endroit tranquille, je ne suis plus du tout réservée.

 

D'une manière générale, j'ai du mal à parler de la pluie et du beau temps. Par exemple, on me dit souvent : "Il fait trop froid dans cette ville." Avant, je ne répondais rien. Et puis je me suis forcée à répondre quelque chose, même si je trouvais ça débile. Et finalement, c'est un assez bon exercice. Au début, mes réponses n'étaient pas très naturelles mais maintenant elles sont un peu plus spontanées. Je peux même dire : "Eh oui, il a neigé, on va faire du ski de fond ce weekend, etc." Et hop, le conversation peut commencer.

 

Enfin cela reste quand même un gros problème pour moi, et même un handicap.

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Fabien Chabreuil

Bonjour Claire,

 

"Et hop, le conversation peut commencer."

C'est effectivement comme cela que ça marche.

 

"Enfin cela reste quand même un gros problème pour moi, et même un handicap."

Quand un 5 réussit à parler du temps :perplexe:, tous les espoirs sont permis. :perplexe:

 

Très amicalement,

Fabien

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Sixtrouille

Bonjour Tharros, bonjour à tous,

 

Merci pour ton témoignage.

 

En tant que 6 mu, cela m'est également arrivé de vivre le cauchemar que tu décris, avec une salve de questions internes douloureuses. Dans ces moments, je vis probablement aussi un peu l'envie du 4. En effet, je trouve que telle personne est tellement plus élégante que moi, telle autre tellement plus éloquente, telle autre tellement plus à l'aise et naturelle, etc., ce qui sous-entend que si j'avais tous ces attributs, je pourrais m'insérer sans peine dans le groupe.

 

D'autres fois, en revanche, tout coule de source, j'échange avec plusieurs personnes, les gens viennent vers moi, je suis enjouée, les discussions sont pleines de vivacité, et c'est bien agréable.

 

Qu'est ce qui fait cette différence ? Sans doute dans le premier cas, une préoccupation égotique et égocentrée forte qui empêche l'attention à l'autre, et dans le second une présence dans l'essence et à l'autre (au moins épisodiquement), sans attente particulière, qui permet de vivre un bon moment.

 

Certes, je fais ce constat maintenant, mais je ne sais pas si lors de la prochaine soirée, je pourrais être présente à moi-même et aux autres !

 

Bien cordialement.

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