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Théo

Type 5 et dissociation

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Théo

Bonjour à tous

 

Ce message est un témoignage sur les mécanismes psychologiques du type 5, mais aussi une question que je me pose, et que je vous adresse.

 

Ceux d'entre vous qui ont suivi le stage Éveil savent que les mécanismes égotiques propres à chaque type, et à chaque individu, peuvent être traduits en termes de mécanismes hypnotiques (si je ne suis pas précis dans mes formulations, reprenez-moi).

L'ego du type 5, par exemple, se construit fréquemment autour de dissociations et d'hallucinations négatives, la dissociation consistant à se scinder, se dissocier des sensations et émotions du moment, pour les observer de l'extérieur, comme si elles étaient vécues par un autre.

Pour tout dire, ce mécanisme m'a été tellement familier et naturel, durant toute mon enfance, mon adolescence et ma vie de jeune adulte, que, lorsqu'il nous a été présenté en stage, j'ai eu un moment de "blanc" : spontanément, je ne parvenais même pas à y faire correspondre d'exemples concrets. Au fil du stage, avec le recul, il m'est apparu que le mécanisme était tellement fréquent, que décrire tous les exemples en question aurait pris bien plus d'un week-end.

 

La difficulté est la suivante : il semble que, pour des raisons qu'il m'est difficile de démêler (cela semble s'être produit assez spontanément, mais le travail sur ma personnalité y est sans doute aussi pour quelque chose), ce mécanisme de dissociation soit beaucoup moins fréquemment à l'œuvre. Apparemment, c'est une bonne nouvelle, mais :

  • D'une part, la cessation de ce mécanisme n'empêche pas que d'autres soient présents. C'est le cas de l'hallucination négative de mon environnement, à laquelle j'ai très fréquemment recours face aux difficultés de la vie (difficultés pour un 5, en tout cas) ;
  • En outre, et surtout, la dissociation semblait être le principal moteur, qui me permettait de trouver l'énergie nécessaire à la mise en route de mon centre instinctif.
    Je rappelle que la hiérarchie des centres du 5 alpha est : préférence pour le mental, émotionnel en support, et instinctif réprimé. J'ai besoin d'une très forte motivation pour me mettre en action, et il semble que le fait de me voir à travers les yeux de quelqu'un d'autre, de m'observer en train d'agir comme si une autre personne était en train de le faire, ait constitué ma principale source de motivation jusqu'ici. Ce mécanisme était toujours à l'œuvre, notamment, lorsque je pratiquais le sport.
    Le fait de m'être "coupé" de ce mécanisme semble avoir totalement oblitéré ma capacité à agir. Agir pour moi-même me semblant parfaitement vain (d'ailleurs, qu'est-ce que c'est, "moi-même" ?), et ne trouvant plus cette source d'énergie et de motivation dans ce regard fictif d'un(e) autre, je ne fais tout simplement plus rien.

J'ai atteint le sommet (ou plutôt le gouffre) cet été, lorsque, coupé pendant deux mois de tout contact réel, mais aussi, du coup, fictif, la tendance au vide et à la dépression qui caractérisent la répression du centre instinctif a été plus forte que jamais.

Le pire est que je ne souffre pas vraiment ; je n'ai pas d'émotions fortes. Je me sens simplement vide, épuisé, tout (à commencer par moi-même) me paraissant insignifiant et vain. Je voudrais avoir autant de conscience et de mouvement qu'une pierre. J'ai, plus que jamais, l'impression d'être coupé du monde, de ce qu'ont la chance de pouvoir vivre et ressentir les autres. Et le pire c'est que ça me paraît définitif, et irrémédiable.

Plusieurs fois cet été, seul sur mon fauteuil, j'ai eu envie de revenir en arrière et de me voir à nouveau à travers ce regard d'un(e) autre, comme si c'était le seul moyen pour moi de revivre à peu près normalement.

 

Un 5 peut-il vivre sans dissociation ?

 

Bonne journée à tous,

Théo

 

P.S. : après y avoir réfléchi durant la fermeture du forum, j'ai balancé ce message d'un seul jet, et j'ai dû me faire violence. Je vous prie de me pardonner s'il contient des fautes ou des passages un peu flous.

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Fabien Chabreuil

Bonjour Théo,

 

Bien sûr, n'importe qui peut vivre sans transe hypnotique. C'est même cela vivre.

 

Venons-en à ton problème. D'abord, oui, la motivation est liée à la dissociation.

 

Pour être motivé par un objectif, il faut se le représenter de manière positive, considérer ce qu'il apporte. Bien souvent, cette représentation est celle du résultat, voir de la suite d'objectif, et rarement du processus pour atteindre l'objectif. Par exemple, une personne peut ne pas aimer faire le ménage (si si, il y en a), se foutre complètement que la maison soit impeccable, mais être ravie que cela lui permettre de recevoir son petit-fils qui en est encore à l'âge de se traîner par terre et de mettre à la bouche tout ce qu'il y trouve (respectivement dans cette phrase processus, objectif et suite d'objectif).

 

Cette chose agréable, il y a deux manières de se la représenter. Dans la première, on est extérieur à la situation (dissocié) ; on voit la chose plaisante, mais on ne l'a pas et cela crée le désir et la motivation. Dans la seconde, on est à l'intérieur de la situation (associé) ; c'est comme si on y était véritablement et on ressent ce qu'on ressentirait si l'objectif était atteint. Mais dans ce cas, puisqu'on a déjà le plaisir, pourquoi diable se fatiguer ?

 

En résumé, on ne peut pas avoir un objectif sans en avoir une représentation et celle-ci n'est vraiment motivante que si elle est dissociée.

 

Alors ? Eh bien, Théo, tu as oublié quelques éléments du stage Éveil.

 

Tout d'abord, traiter une seule transe est insuffisant. Elle est très rapidement remplacée par une autre qui doit être interrompue à son tour jusqu'à ce que l'ego se calme. La "tendance au vide et à la dépression" est aussi une transe qui doit être identifiée et déstructurée.

 

Ensuite une transe, c'est un phénomème hypnotique plus un déclenchement involontaire plus une absorption complète dans le phénomène hypnotique pendant qu'il a lieu. Les phénomènes hypnotiques ne sont pas néfastes, les transes le sont. La motivation nécessite bien souvent, comme expliqué ci-dessus une dissociation, mais si celle-ci est déclenché volontairement et qu'en parallèle l'attention reste sur les autres éléments de la réalité, tout va bien.

 

J'espère que ceci t'aidera.

 

Très amicalement,

Fabien

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Théo

Bonjour,

 

Merci Fabien pour m'avoir répondu si rapidement.

 

"J'espère que ceci t'aidera."

Moi aussi. En tout cas, j'ai au moins compris à présent que je ne faisais pas la distinction entre la dissociation comme phénomène "normal", lié à une représentation d'un évènement futur, et la dissociation comme transe hypnotique.

 

"La 'tendance au vide et à la dépression' est aussi une transe qui doit être identifiée et déstructurée.

Je crois que c'est vraiment là le nœud du problème. Mais je n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Je ne comprends pas la nature de la transe en question.

 

Bonne journée,

Théo

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Fabien Chabreuil

Bonjour Théo,

 

Les transes les plus importantes de l'ego sont aussi les plus difficiles à auto-observer. C'est la métaphore banale de l'oignon qui s'appplique, une couche après l'autre, une transe après l'autre jusqu'à que se révèlent celles qui sont fondatrices de notre souffrance égotique.

 

Très amicalement,

Fabien

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Jean-Nicolas

Bonjour Théo,

 

Merci pour ton témoignage. Bien sûr tout ce que tu dis me parle, même si je suis de variante mu, donc avec le centre instinctif en support.

 

Par rapport à deux points que j'ai repérés, "[…] coupé pendant deux mois de tout contact réel […] seul sur mon fauteuil […]", je voudrais ajouter que la solitude est un piège égotique pour le 5. Je suis introverti et j'évite le vide intérieur. La solitude est donc un état confortable. Mais certainement pas sur la durée.

 

Plus jeune j'ai passé beaucoup (trop) de temps seul et, comme toi, je n'ai pas tardé à me sentir dépressif. Aujourd'hui encore, si je ne suis pas attentif à mes pensées et que j'oublie de pratiquer l'auto-observation, j'entretiens l'illusion que, seul, j'aurai moins de soucis. La solitude n'est-elle pas une forme de dissociation ?

 

Par contre c'est peut-être plus facile pour moi de "me bouger" et d'aller vers les autres, vue ma hiérarchie des centres.

 

Voilà ce que je ressens à la lecture de ton message.

Amicalement,

Jean-Nicolas

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Théo

Bonjour Jean-Nicolas

 

Ton message illustre bien le fait que, quelle que soit la variante, les 5 doivent faire face à la même problématique : cette solitude qui nous attire comme une zone de confort, et qui en même temps nous empoisonne lentement. Plusieurs personnes m'ont dit qu'elles pensaient qu'en tant que 5, je devais "aimer la solitude", mais c'est beaucoup plus compliqué que ça. Elle m'apparaît plutôt comme une sorte de nécessité.

 

Comme tu le remarques aussi, le moyen le plus simple (pour toute personne de ce type) de sortir de ce cercle serait de remplacer tout bonnement ces "regards fictifs" par le regard de personnes réelles, en sortant de l'isolement. Mais ce n'est pas si simple. D'une part, ce regard me met mal à l'aise ; d'autre part, comme tu le fais remarquer, c'est ici que la variante joue sans doute un rôle. Le fait de réprimer l'instinctif n'arrange pas les choses lorsqu'il s'agit de trouver des sorties. En revanche, j'imagine que le fait de réprimer le centre émotionnel doit à son tour causer un certain nombre de difficultés relationnelles à surmonter (le fait est que, lorsque j'ai une occasion de communiquer, notamment avec des émotionnels, je parviens, assez facilement, même si cela coûte un petit effort, à me synchroniser et à manifester une certaine empathie).

 

Bonne journée à tous.

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