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l’ennéagramme

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Andie

Une confortable désintégration

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Andie

Et oui ! Étant une 6 mu, je régresse en 9 mu. Le mental a basculé, je suis confuse  :pt1cable: et incapable de raisonner correctement, mes pensées vont tous azimuts, le doute s'installe. Même si je veux réprimer ce foutu doute  :beurk: qui m'envahit insidieusement tel un lierre grimpant et rampant sournoisement, je souffre de ne plus pouvoir accéder à ce mental qui le reste du temps, m'est si accessible, comme un soufflet qui a diminué.

Du coup, je commence à planer un peu, beaucoup, passionnément  :crazy:, comme sur un nuage bien confortable, bien moelleux, cotonneux, apparemment douillet. Je deviens oisive, je glande, je vais faire des choses sans importance et je me laisse aller au gré du vent, de préférence assez léger, au point de m'oublier MOI. Je ne m'occupe pas de moi  :beurk:, voire je fusionne, j'ignore mes besoins, je m'occupe des autres, tel un automate, ou une zombie, ou une humanoïde, bref, je suis sur pilotage automatique. Je refuse les conflits, ils me font peur, peur de ne plus être aimée par exemple. Je ne sais plus qui je suis, je ne cherche pas à comprendre pour l'instant, je ne veux pas me connaître davantage. Je me néglige, je ne veux pas être bousculée, ni parler de moi parce que je ne sais pas ce que je vis intérieurement, c'est trop confus. C'était notamment le cas à l'adolescence où ma désintégration en 9 était la plus visible. J'adopte même le mode de communication du 9, je ne sais pas ce que je veux et je ne sais pas ce que je pense. Question orientation, je ne savais pas ce que je voulais, j'ai procédé par élimination. C'est dans ses périodes-là que j'ai le plus pratiqué la lecture et la rêverie.

Je me perds dans les détails sans importance et ça je n'aime pas car au fond de moi, je suis pratico-pratique et réaliste. Mon émotionnel est toujours réprimé, je ne sais pas ce que je ressens, c'est le flou artistique intérieur, pas question d'y toucher tellement ça pourrait être difficile à gérer, pas question d'essayer de comprendre sur le moment (plus tard, je voudrais tout comprendre), je préfère agir que verser dans les émotions, preuve de faiblesse.  :beurk:  :angry: Je vis toujours sur ce nuage et mes émotions sont comme anesthésiées, je suis dissociée de ce que je ressens.

Ce nuage est si agréable, alors pourquoi j'accepterais de redescendre sur terre, je n'ai guère envie d'atterrir, le choc va être dur (peur !), il y a une transition difficile à vivre entre le flottement "hors de moi" sous stress en régression (et là, c'est évident de se faire accompagner) et ce moment où je suis bien sur mes pieds et ma tête bien accrochée avec mon mental bien présent.  :happy:
Mon centre instinctif en second, a donc pris le dessus, par moment, une énergie phénoménale me propulse, j'agis et je fonce, tout en restant indécise, je ne sais pas ce que je veux mais je fais des trucs, je me bouge, le bouton "action" a été activé : j'abats une énorme quantité de travail physique, réparation, bricolage en tout genre, rénovation de meubles, le ménage à fond, l'occasion fait le larron, et jusqu'à ce que je n'en puisse plus, même si je ressens une énorme fatigue intérieure, je veux continuer et je finirai question de ne pas à avoir à me retrouver face à moi-même. Quand commence à arriver l'erreur, la faute, qui peut occasionner des blessures, si je me fais mal, je me dis "stop !" mais il est quand même difficile de lâcher prise. Si je suis vraiment allée jusqu'au bout de mes forces, si je suis trop naze pour continuer, si j'en ai assez fait et si j'accepte que je me suis assez défoulée et qu'il est temps de m'arrêter, je me dis que quand même, ça va être difficile de me retrouver à ne rien faire, à part dormir tellement j'ai donné, je n'ai plus de force tellement je suis allée jusqu'au bout de mes capacités, je me suis abrutie physiquement, et plus il est tard dans la journée, mieux c'est, j'aurais moins de temps pour me poser et réfléchir ! Une partie de moi est contente car j'ai quand même accompli un travail que je voulais faire et qui n'était pas prioritaire certes, mais c'est fait. Je me surprends aussi à improviser moi qui d'habitude planifie tout. J'en ris bien après car là je peux voir que le mental a basculé car c'est soit de travers (mais c'est fait, je ne vais pas y revenir), soit je suis allée trop fort et faut que je recommence (là, les boules !  :sick:).

Quoi de plus agréable que d'être dans l'oubli de soi, de se réfugier dans un cocon anesthésiant où je ne me préoccupe pas de moi mais des autres, rien ne compte d‘autre qu'eux, je ne veux rien comprendre, ni expliquer, ni à avoir à parler de moi. Bon j'avoue que je conseille maintenant de se faire accompagner et de faire les exercices des Chabreuil  :calin: afin de se retrouver soi et bien vivant !  :heart:

Et vous autres, est-ce que votre désintégration vous semble confortable ? Si vous avez le temps d'écrire avant la fermeture du panneau, au plaisir de vous lire, sinon en septembre ! Passez tous de bonnes vacances.

Cordialement,
Andie

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Fabien Chabreuil

Bonjour Andie,

 

La désintégration externe est une ultime tentative pour sauver les meubles. Elle peut donc donner l'illusion d'un soulagement, comme tu l'as ressenti. Quand dans mon adolescence je me suis désintégré en 5 pour m'isoler d'une famille perçue comme dysfonctionnelle, j'avais l'impression de gagner de la tranquillité et de souffrir moins.

 

En réalité, le soulagement est de courte durée et la solution illusoire. Si je reprends mon cas, le 5 me protégeait de ma famille, mais il me coupait de toute relation sociale et de toute vraie joie de vivre.

 

Très cordialement,

Fabien

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Jorune

Bonjour,

La dernière période de grosse désintégration dont je me souvienne avait été beaucoup moins agréable. Tantôt la contre-phobie prenait le dessus et je devenait agressive  :angry:, je voyais le monde en ROUGE et le danger partout ! Tantôt la phobie prenait le dessus et je n'osais plus bouger. Dans les deux cas, l'instinct de conservation devenait actif (trop actif) alors qu'il n'y avait pas lieu de s'alarmer autant… Simplement apprendre à patienter…

Dans les deux cas, cela générait une très grosse souffrance à la fois morale et physique, et des phases de déprime (je ne m'en sortirai jamais  :cry:  :cry:  :cry:  :cry:  :peur:  :peur:  :sad:  :sad:  :sad:  :angry:  :angry:  :angry:  :beurk:) ; bref, une belle palette de sentiments négatifs.
Effectivement, le centre instinctif avait le champs libre pour faire n'importe quoi ! Et l'émotionnel était aux oubliettes. Cette sorte de 6ème sens qui me permet de détecter les failles de mon environnement ne voyait plus que les failles de mon environnement. Rien de très agréable à vrai dire !

Cordialement,
Jorune

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Andie

Bonjour Jorune et Fabien,

Merci de vos témoignages fort éclairants ! J'ai adoré, Fabien tes termes qui représentent extrêmement bien ce que j'ai vécu : "M'isoler d'une famille perçue comme dysfonctionnelle, j'avais l'impression de gagner de la tranquillité et de souffrir moins."

C'est intéressant de voir comment le 9, mon type de désintégration, m'a aussi permis d'échapper à ma famille dysfonctionnelle  :beurk:, et cela en me réfugiant dans une bulle où je m'oubliais, à m'enfoncer dans une forte désintégration. Et c'était bien par peur du père  :sick: (un 8 très désintégré) et de son impérieuse autorité  :sour: à régir la vie de ses enfants et de sa femme. Je fuyais le conflit, je n'osais rien faire, j'étais trop paralysée face aux colères de mon père. Je m'isolais, quel que que soit l'endroit où je me trouvais, mais surtout dans ma chambre. Et c'est vers 8 à 12 ans que j'ai narcotisé dans la lecture ; j'avais toujours un livre à la main. Et là, je m'évadais  :sarcastic: dans un autre monde qui me donnait l'impression de me sentir soulagé, comme tu le dis plus haut, Fabien. Lors de cet enlisement dans ma désintégration, je me suis dédoublée, je n'étais pas bien ; on n'est pas soi, on s'échappe vers une autre possibilité, car on ne peut faire autrement. Le 9 me coupait de moi, de mon ressenti, je refusais de réagir, je ne le pouvais pas, j'étais extrêmement confuse, je ne savais pas ce que je voulais, j'avais trop peur de dire des bêtises, alors je me taisais, un mutisme qui a duré, et on n'avait pas le droit de parler à table, aucune communication n'était possible (ce n'est pas pour rien que j'ai choisi cette voie professionnelle). Tel un petit soldat ou une marionnette bien obéissante. Puis à l'adolescence, a commencé ma période de contrephobie, face à l'autorité, au père, une unique baffe  :angry: que je lui ai renvoyée aussitôt  :angry:  :angry: dans la seconde, l'instinctif en centre de support !

Et quand je t'ai lu, Fabien, "En réalité, le soulagement est de courte durée et la solution illusoire. Si je reprends mon cas, le 5 me protégeait de ma famille, mais il me coupait de toute relation sociale et de toute vraie joie de vivre." C'est là que j'ai réalisé que ma désintégration m'a permis d'oublier mon enfance, car j'ai été amnésique (transe hypnotique) de cette période jusqu'à peu. J'ai toujours dit que je n'ai aucun souvenir avant mes 12 ans, c'est le néant, c'est le blanc total, "je ne sais pas", maintenant je comprends en partie pourquoi. Il y a des moments avec des sensations hyper-désagréables, dont on ne veut pas se souvenir, et qu'on veut oublier à tout prix. Quand je pense qu'il m'a fallu attendre une quarantaine d'années pour le comprendre et cela grâce à la pertinence de l'Ennéagramme !  :calin:

Très cordialement,
Andie

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