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Aurolaf

Six Feet Under, la série d'Alan Ball

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Aurolaf

Chers lecteurs de ce panneau,

 

Je vous propose un nouveau jeu :sarcastic: : l'analyse des types des personnages de la série Six Feet Under (cinq saisons de douze ou treize épisodes : il y a de quoi faire !).

Six Feet Under, véritable bijou d'humour noir, a été créée par Alan Ball, le scénariste d'American Beauty. Il s'agit d'une série anticonformiste qui touche à des sujets tabous, notamment celui de la mort (la série se déroule dans une entreprise de pompes funèbres !) et de l'homosexualité. La série n'est pas orientée sur l'action mais sur la psychologie des personnages. Les transes et les hallucinations des personnages sont filmées comme des scènes normales, ce qui rajoute de l'intérêt à l'analyse !

 

Un rapide tour des personnages

 

Après la mort accidentelle de leur père, deux fils héritent d'une entreprise de pompes funèbres basée à Los Angeles. La disparition de Nathaniel père va faire basculer l'existence de tout le reste de la famille. Nat, le fils aîné, ayant quitté le foyer familial très tôt, revient pour les obsèques de son père et ne repartira plus. Après avoir fui le climat austère et lugubre de sa maison, il reprend l'affaire avec son frère David, qui s'est voué corps et âme à l'entreprise. La famille Fisher est donc à nouveau réunie au complet dans la même maison : Ruth, la veuve éplorée tiraillée entre la culpabilité et l'envie de continuer sa vie de femme, Claire, la cadette âgée de 17 ans en pleine crise d'adolescence, qui va au lycée dans son corbillard repeint en vert, David (homosexuel qui a du mal à l'assumer), le fils "modèle" qui prend toutes les responsabilités et tente tant bien que mal de gérer Fisher & Sons, menacée par une chaine funéraire qui tente de racheter l'entreprise familiale.

 

A ces personnages s'ajoute Brenda, la petite amie de Nathaniel rencontrée dans le vol qui le menait à Los Angeles le jour de la mort de son père. Brenda est une fille plutôt fantasque, légère, très mystérieuse et très désintégrée ! Quant à feu Nathaniel Fisher (le père), il vient régulièrement hanter les siens et demeure un personnage récurrent de la série, ponctuant les scènes de ses commentaires toujours sarcastiques.

 

Chaque épisode démarre par une scène où l'on assiste à la mort d'une personne qui sera "prise en main" par Rico, le "réparateur" de cadavres de la maison funéraire, tout cela étant montré sans une ombre de voyeurisme, sans climat malsain et avec beaucoup d'humour (noir… dépressif s'abstenir de regarder la série :surprised:) !

 

Je vais commencer par le personnage que j'ai mis le plus longtemps à typer, mais pour lequel je suis quasiment certaine de mon analyse : Nat Fisher

Nat, le frère aîné, promène sa belle gueule mal rasée, ses pectoraux musclés et sa sensuelle, presque féline, présence dans chaque épisode (franchement, il est top sexy :surprised: !!).

 

La première chose qui ressort chez lui est la hiérarchie des centres. Le centre instinctif et le centre émotionnel sont forcément en première ou deuxième position :

  • Un jogging par jour à un rythme soutenu => centre instinctif en 1 ou 2
  • Accepte et assume totalement ses émotions et celle des autres (cf. saison 1 : lors de l'enterrement de son père, il ne souhaite pas aseptiser la cérémonie, mais afficher de "véritables émotions") => centre émotionnel en 1 ou 2
  • Le centre mental est apparemment réprimé et se manifeste dans les (non) prises de décision ou les mauvaises décisions : "Je n'ai pas pris les bonnes décisions, je fais ce boulot pour de mauvaises raisons, et maintenant, c'est trop tard." Ou encore ce dialogue (à plusieurs reprises) :

    David :
    "Tu n'as pas réfléchi ?"

    Nat
    "Non."


Nous sommes donc en présence d'une probable hiérarchie : I-E-M (E-I-M pourrait être également possible).

 

L'un des principaux traits de caractère de Nat est l'acceptation : il accepte les gens tels qu'ils sont, sans les juger et les comprend sans effort. C'est visible presque à chaque épisode lorsque Nat doit soutenir moralement les personnes endeuillées qui défilent dans son entreprise. C'est d'ailleurs un extraordinaire don chez lui, contrairement à son frère qui fait pourtant ce métier depuis plus longtemps. Nat aime les gens. Il le leur dit souvent (à son frère "je t'aime David et je t'aimerai toute la vie", à sa petite soeur, à Brenda "je t'aime et j'ai besoin de toi". L'orientation du 9, acceptation et soutien, est extrêmement visible chez lui.

 

La compulsion d'évitement des conflits est telle que Nat a quitté le plus tôt possible le giron familial pour aller vivre à Seattle (la famille est basée à Los Angeles). Revenir vivre avec eux est un effort important pour lui ! Il fait d'ailleurs tout pour aplanir les conflits dans la famille (et avec Brenda). A plusieurs reprises, on voit Nat quitter une scène de conflit en prétextant qu'il va courir ou travailler.

 

Le mécanisme de défense (narcotisation) me semble s'exprimer dans le sport ou la sexualité (Nat passe son temps à courir ou à faire l'amour avec Brenda).

 

Je n'ai pas d'exemples précis sur la passion et la fixation (à compléter avec les prochaines saisons).

 

Au début de la saison 1, Nat apparaît nettement de sous-type conservation : directeur marketing d'une coopérative agricole bio, ne boit plus de lait, ne mange pas de viande, attentif à tout ce qui est naturel et sain. Ce sous-type est confirmé en fin de saison (cf. la scène où on lui annonce qu'il a une anomalie cérébrale). Je pense qu'il manifeste également le sous-type sexuel.

 

Nat est un 9 mu (I-E-M-I). Il est en effet plutôt extraverti et sociable (pour un 9 !). La sensualité est extrêmement visible chez lui.

Nat est C+ X+ avec très probablement avec une aile 8 (l'agressivité étant plutôt marqué pour un 9). J'ai relu pour l'occasion le chapitre sur le 9 à aile 8 de Personality Types de Riso et Hudson, et la description colle à merveille avec le personnage de Nat.

[Nota : en début de saison, j'ai failli le prendre pour un 7 en raison de son humour marqué, de ses remarques sarcastiques et de son côté "touriste dilettante". Sa volonté farouche à vouloir échapper à tout prix au business familial (le business de la mort !) ressemblait à de l'évitement de la souffrance. Toutefois, son niveau d'acceptation avec les gens et surtout sa hiérarchie des centres rendent le 7 très peu probable !]

 

Nat a un niveau d'intégration relativement faible (voir désintégré), et c'est pourtant un très beau personnage en raison de son orientation de 9 qui le rend tellement plus humain que le reste de la famille.

 

Toute cette analyse se base sur la saison 1 => à compléter avec les saisons suivantes.

 

Claire Fisher, la petite soeur de 17 ans, est une adolescente un peu paumée qui présente, comme beaucoup d'adolescentes des tendances 4.

 

La première chose qui ressort chez elle c'est sa colère, son style de communication (agressif, direct et cru) et son centre réprimé (émotionnel). Dans le premier épisode alors que ses frères se disputent, elle leur lance : "C'est bon, déballez votre matériel, mesurez-le et décidez qui est le plus fort." Les "ta gueule" et "dégage" sont légions dans son vocabulaire.

 

Claire est une spécialiste du "Scud". Dès que quelqu'un l'attaque ou attaque l'un de ses proches, le Scud part immédiatement. Au beau-père de Gab (le petit ami de Claire) qui reproche à son beau-fils de ne pas avoir été là pour prendre soin d'un enfant décédé, elle balance : "Et toi, connard, t'étais où pendant ces deux dernières années." (Pour info, le beau-père s'était tiré depuis deux ans.) A sa professeur qui lui reproche de ne pas écouter, elle répond : "Si vous parliez de quelque chose d'intéressant, je vous écouterai peut-être." Elle est également dotée d'un humour cynique et noir. A son frère qui lui demande "comment va Maman ? au soir du décès du père, elle répond : "Oh super, elle s'éclate !"

 

Le centre émotionnel apparaît clairement réprimé dès le premier épisode où elle manifeste peu d'émotions face à la mort de son père. Elle repousse violemment ceux qui veulent l'aider : elle scude Nat qui veut la comprendre avec un cinglant "personne ne peut m'aider" rageur.

 

Claire se positionne comme quelqu'un de marginal, à part, différent, ce qui m'a longtemps fait penser à une 4. Toutefois, l'hypothèse n'était pas cohérente avec la hiérarchie des centres et je penche donc pour une 8 qui se désintègre en 5 (phénomène fréquent pour les 8 alpha à l'adolescence).

 

La fixation de vengeance est très largement présente : Claire vole un pied de cadavre à son frère et le met dans le casier de son ex pour se venger de lui ; elle fantasme une vengeance vis-à-vis de son professeur en lui faisant exploser la tête (ça fait partie des scènes d'hallucinations).

 

Le mécanisme de défense de déni est bien présent : elle ne cesse de clamer que ça va aller, que tout va bien. L'isolation, mécanisme de défense de son type de désintégration (5) est également présent : Claire ne se mélange pas aux autres, s'isole volontairement des autres étudiants, elle ignore les cours et se réfugie dans la lecture de Castaneda ; idem lorsqu'elle part faire un camp en forêt avec d'autres jeunes.

 

Ma meilleure hypothèse pour l'instant est un 8 alpha pour Claire. Je ne suis toutefois pas totalement convaincue car je trouve qu'elle manque un peu de passion d'excès pour une 8 (en tout cas pour une 8 adolescente qui vit un deuil et dont on suppose qu'elle n'est pas à un très bon niveau d'intégration).

 

Globalement, on remarque que la famille Fisher est un peu attaquée côté instinct de conservation… ce qui semble normal lorsqu'on dort et travaille avec les morts !

 

J'arrête pour aujourd'hui. Pour l'instant mes meilleures hypothèses pour les autres personnages sont :

  • Ruth Fischer (la mère) : une 1
  • David Fisher : un 6 (certitude = émotionnel réprimé)
  • Brenda : très très difficile (longtemps, j'ai cru à une 7 – elle a un QI de 185 – et je penche actuellement pour une 2 séduction agressive)
  • Rico : un 3

Restent à typer : Billy le frère de Brenda (un grand malade diagnostiqué maniaco-dépressif par le corps médical), Keith (le petit ami de David), Nicolaï le fleuriste (facile celui-là !!!), le coiffeur, le mari décédé Nathaniel, Gab (le petit ami de Claire).

 

Voilà, j'attaque dès ce soir la saison 2 pour compléter mes typages. J'espère que vous serez nombreux à jouer avec moi, après la réouverture du Panneau

 

Très cordialement.

 

PS : Fabien, je me doute bien que nous allons, pour une fois, jouer sans toi. Il me semble que tu as déjà exprimé sur ce panneau ton désintérêt pour les séries… Désolée de t'imposer cette lecture !

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Aurolaf

Bonjour à tous,

Quelqu'un sait-il si Alan Ball utilise connaît et utilise l'ennéagramme pour l'écriture de ses scénarios ? Je pose cette questions car je trouve beaucoup de points communs entre le personnage de Nat Fisher et celui de Lester Burnham dans American beauty. (Bon c'est normal, ils sont tous les deux 9 , mais je trouve qu'ils sont présentés de manière assez similaire et faisant énormément ressortir le coté "sensualité".) Idem pour le personnage de Brenda qui me rappelle étrangement Angela Hayes dans American Beauty.

En outre, il y a une scène en début de saison 2 où la mère, Ruth Fisher (que je soupçonnais déjà d'être 1), pète un plomb dans un stage de développement personnel et engueule un ami car il l'a "empêché d'aller chercher du chocolat", et elle fait une crise pour avoir du chocolat. Le sujet du chocolat arrive comme un cheveu sur la soupe dans la scène, un peu comme si le scénariste avait voulu placer ici sa connaissance du contrepoids égotique pour le 1 (bon à part ce détail, les scénarios sont plutôt bien écrits).

Ajout sur Nat Fisher (le 9) : pendant une grande partie de la saison 1, le spectateur pourrait croire que Nat est relativement heureux et équilibré. Pourtant, le manque d'espérance de Nat et son désespoir sont très visibles dans les scènes de transes hypnotiques : en saison 1, il s'imagine se jeter sous un bus, et en début de saison 2, il se voit aller se noyer dans la mer alors que par ailleurs, il exprime rarement un mal-être (fixation d'oubli de soi ?) à ses amis et ses proches.
La fréquence de ses transes (c'est le personnage qui en a le plus) montre probablement un gros niveau de désintégration. Ceci dit je suis mal placée pour parler ce phénomène car je n'ai pas fait le stage correspondant.

A bientôt.

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Fabien Chabreuil

Bonjour Aurore,

 

"Quelqu'un sait-il si Alan Ball utilise connait et utilise l'ennéagramme pour l'écriture de ses scénarios ? Je pose cette questions car je trouve beaucoup de points communs entre le personnage de Nat Fisher et celui de Lester Burnham dans American beauty."

Tu avais dit dans ton message précédent qu'il était le scénariste d'American Beauty. Peut-être alors manque-t-il seulement d'imagination ? Ou bien, peut-être des personnages qu'il connaît dans la vie lui servent-ils de base pour ses scénarii ?

 

Très amicalement,

Fabien

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Aurolaf

Bonjour,

 

Je suis maintenant au milieu de la Saison 3. Je reprends le fil de cette analyse, même si manifestement, il n'y a personne pour jouer avec moi ! :rofl:

 

Je vous propose aujourd'hui le type de Brenda (la petite amie de Nat pendant deux saisons).

 

Pendant toute la première saison, j'ai eu le feeling que Brenda était une 7, en raison de son QI de 185, qu'elle savait lire à 3 ans et que des grands psys se sont penchés sur son cas pendant des années pour l'étudier tant elle était intelligente. Ajoutez à cela de fâcheuses tendances à la débauche sexuelle, le 7 était tentant ! Elle était également décrite par ses parents et son frère comme une très grande manipulatrice.

 

Il était toutefois difficile de la typer car elle était très désintégrée, et une part de mystère subsistait même à la fin de la Saison 1.

 

Ceci dit, lorsque j'ai commencé l'écriture de cette analyse, je me suis aperçue que je n'avais aucun argument valable pour défendre le type 7. Après tout, d'autres types que les 7 peuvent avoir un QI de 185.

 

Après réflexion, j'ai pris la piste d'une 2 de sous type sexuel ("séduction agressive"), piste largement confirmée en Saison 3.

 

Lors de leur première rencontre, Brenda s'envoie en l'air avec Nat, alors qu'elle ne le connaît pas et quelques minutes après, elle propose de l'aider et de l'amener à la morgue pour identifier son père. Elle confesse alors qu'elle est attirée par les garçons à problèmes nécessitant une aide. Brenda, sous ses aspects indépendants et refusant l'engagement, est tout le temps en train d'essayer d'aider Nat, en jouant les Dr Psy ou par d'autres actions, comme lorsqu'elle fait monter Nat et David dans le bus qui a tué leur père car elle pense que ça va leur faire du bien !!! (C'est d'ailleurs après cette scène que j'ai commencé sérieusement à douter du 7 ! Je vois mal un 7, dans l'évitement de la souffrance, se mettre dans une situation où il se trouve confronté à la douleur et au chagrin de deux personnes en plein processus de deuil.)

 

Brenda a un métier qui a un rapport avec le relation d'aide : elle est kiné et fait des massages Shia tsu "pour aider les gens à se libérer des émotions négatives qui ont laissé des cicatrices dans leur corps".

 

Brenda a également sacrifié ses études pour s'occuper de son frère Billy (diagnostiqué bipolaire par les psys). Lorsqu'il est interné, elle va lui rendre visite car elle "sent à distance qu'il y a quelque chose qui ne va pas". Elle n'hésite pas à renvoyer Nat un soir où Billy est dans l'un de ses crises et qu'il a besoin d'aide. Idem, lorsque son ex australien qui a besoin d'aide arrive, elle coupe momentanément les ponts avec Nat.

Bref, son attention va toujours vers celui qui le plus besoin d'aide.

 

La compulsion de Brenda devient très visible en Saison 2. Elle ne sait pas ce qu'elle veut et ne connaît pas ses besoins comme en témoigne ces dialogues :

Brenda : Pendant 18 mois, j'ai pris des cours à l'institut de Shia Tsu en me disant : "tant que je ne sais pas ce que je veux, je continue." Et dix ans plus tard, voilà où j'en suis. (Elle fait toujours des massages Shia Tsu.)

 

Autre conversation :

Brenda : Peut-être qu'on devrait s'investir dans le bénévolat. […] On améliorerait la vie des autres.

Nat : Tu veux vraiment faire ça ?

Brenda : Je n'en sais rien. Il faut que je fasse quelque chose. Je déteste ma chienne de vie ! […] J'ai passé mon enfance devant des psys à faire le clown, une autre partie de ma vie avec mon frère qui est un désaxé, et je n'ai aucune idée de qui je suis.

 

Et la cerise sur le gâteau arrive avec la mère de Brenda (psychiatre) qui lui dit dans un moment de colère : "Tu viens de passer 32 longues années à jouer les infirmières auprès de ton petit frère pour éviter de t'investir dans une vie affective qui te soit propre, Brenda. Et maintenant qu'il est enfermé, tu vas devoir affronter tes propres démons, ma petite chérie. Et ils sont légions !

 

En fin de Saison 2, lorsque Nat annonce à Brenda qu'il l'a trompé et que sa maîtresse d'un soir est enceinte, Brenda ne sais pas comment réagir :

Nat : Qu'est-ce que tu ressens ?

Brenda : Je ne sais pas ce que je ressens. Je ne ressens rien du tout… Je suis paralysée. […] Qu'est ce que tu veux que je fasse avec cette information ?

 

Il me semble que tous ces indices démontrent la compulsion du 2 qui évite de reconnaître ses besoins.

 

Au fil de la Saison 2, Brenda sombre dans la désintégration la plus totale : elle aide sa cliente prostituée en acceptant de faire la voyeuse ! A un client venu pour un massage Shia Tsu, elle pratique un massage sexuel car, dit-elle, "j'ai senti tout de suite qu'il avait envie que je le touche. Et j'ai franchi la ligne jaune."

 

Après sa rupture avec Nat, elle couche avec tous les hommes qu'elle croise et sombre dans la drogue et l'alcool.

 

La passion d'orgueil semble présente car Brenda est fière de l'aide qu'elle apporte aux gens : elle considère que son frère ne peut pas vivre sans son aide, et on voit en Saison 3 qu'elle a beaucoup de mal à se faire à l'idée qu'il peut désormais vivre et créer (c'est un artiste) sans elle.

Elle se met en colère car un ancien ami confond son ART (= sa manière de pratiquer le Shia Tsu en aidant les gens) avec un vulgaire don.

Et elle vire brutalement un client qui ne parle que de lui et ne reconnaît pas l'aide que lui apporte Brenda par ses massages.

 

Enfin, plusieurs fois, Brenda prône de vivre au présent.

 

Bref, je vois peu de raison de douter que nous sommes en présence d'une 2 de sous type sexuel avec probablement un mental en seconde position .

A suivre…

 

PS : j'ai initialement typé Claire en 8 alpha, et je doute de plus en plus   SI c'est une 8, elle est mu (et non pas alpha comme initialement proposé).

En Saison 3, elle devient plus posée et je vois de moins en moins la colère.

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Aurolaf

Bonjour à tous,

Je continue patiemment mon typage des personnages de la série. Je vous propose aujourd'hui :

Ruth Fisher, la mère de famille = 1 C++
Ruth essaye de toujours projeter une bonne image, elle a un style classique et tient beaucoup aux convenances. Dès les premières minutes du premier épisode, elle est décrite comme une femme qui veut tout contrôler… et c'est vrai ! Elle se contrôle, mais contrôle également toute sa petite famille en permanence.

Le premier trait de caractère notoire chez elle est la colère : Ruth est presque tout le temps en colère, même pour des broutilles. Il s'agit de brèves colères qui disparaissent rapidement. (J'en suis pour l'instant au début de la Saison 4, et la colère a été présente dans TOUS les épisodes !).
Il est très intéressant de constater qu'elle essaye de retenir ses colères (parfois, elle y arrive trente secondes, une minute, deux minutes… et pfft, ça explose ! Ce personnage m'a beaucoup aidé pour mieux repérer le mécanisme en "non verbal" sur des 1 que je connais). Je ne cite pas d'exemples précis car c'est évident et omniprésent.

Il est amusant de voir que lors de ses hallucinations, elle se voit insulter la personne en face d'elle avec des mots qu'elle n'oserait jamais utiliser dans la réalité. Par exemple, l'employé du magasin où elle travaille lui parle et elle est agacée par son discours, elle hallucine alors un "ta gueule !" tout en lui faisant un petit sourire poli.

Le second élément qui parait évident, c'est l'instinct de conservation qui semble bien atteint.
Quelques exemples frappants : Ruth atteint le paroxysme de stress lorsqu'elle fait l'inventaire du matériel de camping avant de partir afin d'être certaine de ne rien oublier et de ne manquer de rien (scène assez comique !). A peine arrivée sur le lieu de camping, elle suspend les victuailles afin "de les protéger des bêtes sauvages".
L'une de ses phrases préférées et qui revient dans chaque épisode, c'est "as-tu faim ?" ou bien "j'ai préparé un plat qui est dans le frigo au cas où tu ais faim".

La formation réactionnelle est souvent visible dans son attitude non verbale : on voit la colère monter sur son visage, rapidement remplacée par un sourire, ou un soupir crispé, ou une vague grimace. La plupart du temps, elle a du mal à se contenir et explose brièvement.

La fixation de perfectionnisme se voit bien dans le premier épisode, lorsque Ruth s'inquiète de la réparation et la présentation du corps de son propre mari. Elle se demande si le travail sera bien fait sur la restauration mortuaire de son mari : "Ca m'embêterait d'afficher cette image." David : "Quelle image ?" Ruth : "Celle d'une maison qui ne sait pas faire les réparations majeures."
Dans une autre scène, elle présente longuement un plat afin que la décoration en soit parfaite… pour le manger toute seule !! :surprised: Bel exemple de la fixation de perfectionnisme sur un sujet lié à la conservation.
Alors qu'elle montre les photos de sa petite fille à son amant, elle lui répète trois fois : "Attention, elles sont dans l'ordre."
Lorsque Ruth est sous stress important, elle se met à faire compulsivement du rangement, du repassage ou du ménage ! (Attitude visible dans toutes les saisons). Le besoin d'avoir une maison "parfaite" est très explicite.

Le contrepoids égotique du 1 apparaît clairement lorsque Ruth est en stage de développement personnel. Alors que l'animateur la pousse dans ses retranchements, elle fait une énorme colère où elle se met à insulter de nombreuses personnes (notamment : "j'emmerde ma grand-mère cul-de-jatte qui est morte maintenant"), et brusquement, elle se met à crier : "Du chocolat, il me faut du chocolat." A un ami qui lui répond gentiment "mais non, tu n'as pas besoin de ça", elle répond, toujours aussi énervée : "Mais tu préfères que je fume alors ?" (C'est à ce moment-là que j'ai eu la conviction que le scénariste utilisait l'ennéagramme, car le sujet arrive un peu comme un cheveu sur la soupe et n'a pas trop de lien avec le reste de la série, un peu comme si le scénariste, à court d'idées, avait utilisé un aspect de l'ennéagramme pour faire réagir son personnage.)

Son style de communication est typiquement 1 : les "il faut" et "on doit" sont légions. ("Un enfant doit de coucher tôt", "on doit mettre une cravate pour une telle circonstance", etc.) Elle profère à longueur d'épisodes ses bons conseils à ses proches.

Bien évidemment, le centre instinctif préféré est visible : Ruth est tout le temps en train de s'activer ou de faire quelque chose.
A Lisa sa belle-fille qui lui prépare un repas d'anniversaire et qui lui dit "reposez-vous, Ruth", elle répond "non, je préfère m'activer."
Ruth est presque toujours en mouvement, en train de travailler à une tâche ménagère ou de jardinage.

Bref, le 1 C++ ne fait aucun doute d'autant plus que l'anxiété est extrêmement visible.
Je m'exprimerai sur la variante un autre jour.

J'ai trouvé les mécanismes de ce personnage très bien joués, et j'ai l'impression d'avoir faire de nets progrès dans le repérage des 1, depuis que j'ai analysé le personnage de Ruth.

Une seule chose m'a étonné chez Ruth : sa collection d'amants => elle a trompé son mari avec un coiffeur (ce qui me semble incompatible avec les idéaux élevés du 1). Après le décès de son mari, elle a plusieurs amants : Nicolaï le fleuriste, puis un employé, puis le stagiaire, et enfin Georges qu'elle épouse en Saison 4. J'avoue que ce comportement ne colle pas avec l'image que j'ai du 1… mais bon ça reste un comportement (donc possible à tous les types !).
J'avoue avoir une image du 1 beaucoup plus "sage" et moins porté sur la sexualité… Mais ça doit faire partie des stéréotypes stupides que j'ai en tête au sujet de certains types !

Bon week-end à tous. :bye:

PS : je sais, Fabien, que tu n'es pas un grand fan des séries, mais je trouve vraiment passionnant de travailler à un typage sur plusieurs saisons car on peut voir les évolutions, intégrations et désintégrations des personnages sur une période assez longue (Six Feet Under s'étale sur cinq ou six ans !)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Aurore,

 

"Une seule chose m'a étonné chez Ruth : sa collection d'amants"

Tu peux donc sans doute rajouter un X++ à ton profil. Le 1 est quand même un instinctif, alors cela n'a rien d'impossible.

 

"Elle a trompé son mari avec un coiffeur (ce qui me semble incompatible avec les idéaux élevés du 1)."

Chaque 1 a ses propres idéaux et Ruth n'est peut-être pas concerné par celui-là. C'est donc simplement incompatible avec tes idéaux élevés à toi.

 

"Je sais, Fabien, que tu n'es pas un grand fan des séries, mais je trouve vraiment passionnant de travailler à un typage sur plusieurs saisons car on peut voir les évolutions, intégrations et désintégrations des personnages sur une période assez longue (Six Feet Under s'étale sur cinq ou six ans !)"

Je ne le nie pas et une analyse comme celle-ci peut t'être utile et l'être à beaucoup de nos lecteurs. Dans mon cas, c'est juste un goût personnel et une question de temps disponible et de ratio plaisir/durée.

 

Très amicalement,

Fabien

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Aurolaf

Bonjour à tous,

 

Je vous propose aujourd'hui le typage de David Fisher, le petit frère homosexuel qui travaille dans le business familial depuis toujours et qui reprend le flambeau après le décès de son père.

 

La hiérarchie des centres apparaît assez rapidement avec le centre émotionnel réprimé : David donne l'impression pendant la première moitié de la Saison 1 de ne ressentir aucune émotion, d'être une machine.

Face à son frère qui s'étonne que les gens soient si froids pendant les obsèques, il répond : "Peut-être qu'ils ne veulent pas pleurer en public."

En Saison 1, son extrême froideur face à un enfant mort renforce l'impression d'émotionnel réprimé.

Le centre mental parait être le centre préféré => hiérarchie M/I/E.

La réaction de David lorsque Nat lui annonce qu'il est atteint d'une tumeur au cerveau est très mentale : il n'exprime aucune émotion et fait des recherches sur l'Internet, se renseigne et compile le maximum d'informations sur le sujet.

 

L'un des traits marquant de David est son respect des convenances et des apparences :

  • A sa mère, en pleine détresse, qui avoue avoir eu un amant, il dit : "Te rends-tu compte à quel point c'est inconvenant" (Saison 1, épisode 1)
  • Il porte un costume, même le dimanche car "il se pourrait qu'un client arrive à l'improviste" (à noter qu'un client = un mort !).
  • Et surtout, il a de très grandes difficultés à accepter et afficher son homosexualité. Pendant toute la première, il cache son homosexualité à sa famille et à la société en général (sauf lorsqu'il évolue dans un milieu gay).

La compulsion du 6, évitement de la déviance, paraît donc assez forte.

En Saison 1, épisode 13, une scène significative marque un tournant dans la vie de David : David est diacre pour la paroisse et connaît des difficultés à cause de son homosexualité. Le prêtre lui demande de démissionner de ses fonctions de diacre. Alors que David doit prendre la parole et lire au texte lors de l'office du Dimanche, il s'approche de l'autel pour lire un passage de la Bible : "En toi Seigneur, je me suis réfugié, que jamais je n'ai honte de moi. Délivre-moi dans ta justice…"

David hésite… s'interrompt, ferme sa bible, prend son souffle et se lance : "Oh, que je n'ai jamais honte de moi. Voilà un sacré concept ! (rire) J'avoue que j'ai éprouvé de la honte toute ma vie. J'ai grandi en pensant que j'étais indigne aux yeux du Seigneur, au lieu de croire que le Seigneur n'était ni un ignorant, ni un bigot terrorisé, et ça a fini par me rendre dingue. Je me suis mis en danger et j'ai commis des énormes erreurs, pas mal d'erreurs que j'aurai sûrement pu éviter si j'avais eu la foi, si j'avais cru que, peut-être, le Seigneur était Amour, comme on le dit. Comment pourrais-je répandre l'amour de Dieu, si je refuse l'amour qu'il me donne ?"

A la fin de l'office, ses amis homosexuels viennent le féliciter de son discours. En fait, ce discours équivaut pour David à admettre publiquement qu'il est gay. La religion occupait une grande place dans la vie de David et il se croyait déviant aux yeux de Dieu. Cette scène marque un tournant : David s'accepte dans les saisons suivantes tel qu'il est et assume totalement son homosexualité.

Le soulagement est perceptible : il n'est plus déviant aux yeux de Dieu !

 

La loyauté est visible dans la constance qu'a David à faire prospérer le business de son père, dans son soutien à sa famille et à Keith. David rêvait d'être avocat et a renoncé à cette carrière par loyauté à son père.

Suite à une scène où David est intervenu pour défendre Keith en conflit avec son propre père, une conversation assez révélatrice s'engage (Saison 3, épisode 12) !

David : J'ai fait ça pour te défendre.

Keith : J'ai besoin de personne pour me défendre. Etc. [Pour info, Keith est très probalement 8.]

Keith : tout ça parce que tu ne veux pas admettre que tu étais à côté de la plaque.

David (en colère) : Parce qu'être de ton côté, c'est être à coté de la plaque ?

Keith : Tu n'avais pas à intervenir.

David : Elle est là la grande différence entre toi et moi, Keith. Oui, je souhaite que tu sois de mon côté ! Oui, j'ai envie que tu sois de mon côté et c'est une chose que je sais que je n'aurai jamais. (Belle expression de la recherche de loyauté chez l'autre !)

Lorsque Rico (l'embaumeur à qui la société a payé ses études) veut quitter le business familial, David ne comprend pas une telle déloyauté et vit très mal cette "trahison" (alors que Nat comprend parfaitement la position de Rico).

 

La fixation de doute et de suspicion est omniprésente dans la mesure où David voit toujours le pire !

Je ne cite pas d'exemple particulier car le trait peut-être relevé quasiment dans chaque épisode.

 

La passion de peur est visible :

Keith : A chaque fois que je suis irrité ou fâché, tu as peur ?

David : Oui.

En fin de Saison 3, dans un moment de dispute, David quitte Keith sur ces mots : "J'en ai marre d'avoir peur de toi tout le temps, Keith. J'en ai plus qu'assez." Et il s'en va très en colère, laissant un Keith désemparé et qui ne comprend pas.

Parmi les peurs de David, il y a celle d'être seul. Suite à un rêve, il dit à Keith : "Être deux, c'est la clé. Nous formons une équipe." (Saison 2, épisode 9)

La peur de David va parfois jusqu'à des attaques de panique, notamment en Saison 4 après que David ait été attaqué, molesté et presque tué. Il sombre alors dans une brève dépression et subit des crises de panique fréquentes. (Ceci dit, le choc a été terrible et un autre type que le 6 pourrait probablement réagir ainsi suite à un tel traumatisme.)

David devient parfois contrephobique, notamment lorsque Keith va trop loin :

  • Saison 2, épisode 10, David se rebelle contre Keith qui va trop loin et veut passer ses nerfs sur Taylor (sa nièce de dix ans).
  • Régulièrement au cours des cinq saisons, David se révoltera souvent contre Keith, allant parfois jusqu'à une bagarre physique (Saison 2, épisode 12, par exemple).
  • Saison 2, épisode 10, David se fâche très fort contre une cliente qui veut les attaquer (elle est vraiment de mauvaise foi) et risque de faire perdre leur business à la famille Fisher.

Saison 1, épisode 13, Keith et David (alors séparés) ont une longue conversation amicale et David exprime alors le désir de base du 6 (être en sécurité) : "J'adorais que tu exerces le métier de flic. Etre avec toi signifiait pour moi être en sécurité, même si j'ignore de quoi j'avais tellement besoin d'être protégé."

 

David est très respectueux des lois et des règlements :

  • Face à son frère qui veut réutiliser un cercueil qui a servi cinq minutes à un autre mort, il rétorque : "Légalement, on n'a pas le droit."
  • Face à une nouvelle salariée qui fume dans les locaux, il dit : "Je vous prie de l'éteindre. C'est une entorse à la loi. Nous risquons une amende." (Saison 2, épisode 6)

Dans la société, David est clairement le garant des règles et des procédures ! David sacrifie plusieurs fois le rendement et le chiffre d'affaire au respect des règles (à noter que le vMème BLEU est plus fort qu'ORANGE chez David).

 

David, toujours si sobre, sérieux, se livre parfois à de grandes séances de débauches avec ses partenaires homosexuels (ce qui pointe probablement sur une aile 7 – passion secondaire d'intempérance souvent visible sur la sexualité).

 

Le sous-type social, devoir, est visible chez David qui fait son devoir en toutes circonstances. Dans les deux premiers épisodes, alors que son père vient de décéder, il dit "je serai le plus fort, le plus stable parce que je suis toujours comme ça", ou encore, à son frère aîné à qui il reproche d'être parti vivre à Seattle "tu avais la responsabilité de cette famille et tu ne l'as pas assumée" (sous-entendu : tu n'as pas fait ton devoir et j'ai assumé à ta place !).

 

Ma proposition pour le type de David est donc la suivante : 67 mu, S+

 

… En attendant toujours que quelqu'un vienne challenger (ou compléter) mes typages.

 

A bientôt :glouton:

 

(Prochain épisode = exemple de désintégration extrême de 9 ou "la descente aux enfers de Nat")

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Jean-Nicolas

Bonjour Aurore,

bonjour chers lecteurs de ce panneau et fans de séries télévisées,

 

J'ai découvert cette superbe analyse il y a peu de temps.

Je ne connaissais pas cette série télévisée (j'étais plutôt LOST ou Desperate Houswives) mais la description des personnages que tu as faite m'a mis l'eau à la bouche et il y a donc de quelques semaines, je me suis acheté la saison 1 et la saison 2. Actuellement j'ai regardé les épisodes de la saison 1. Je ne suis donc pas aussi loin que toi, mais j'ai déjà une bonne vision de la situation.

 

Comme tu le dis au début de ton texte, la série est anticonformiste et touche de nombreux sujets tabous. À mon avis, surtout pour les Américains où le vMème BLEU est assez fort. Je crois que c'est cela qui me plait dans la série. J'adore ce qui bouscule les habitudes et fait réfléchir les gens. J'ai aussi appris plein de choses, dont celle-ci : "je ne pourrais jamais travailler dans une entreprise de pompes funèbres !

 

J'ai bien entendu commencé à lire ton excellente étude des personnages (besoin d'information du 5 exige) avant de visionner les épisodes et c'est donc avec un certain préjugé sur les ennéatypes que j'ai abordé la série.

 

Donc le problème que j'ai avec cette discussion est que je suis en général d'accord avec ton analyse pertinente. J'aurais préféré avoir un avis divergent ce qui aurait permis un débat contradictoire sans doute plus enrichissant. Je me contenterai donc dans les cas où je partage ton opinion de compléter avec quelques extraits de dialogues que j'aurais pêchés au cours de mes visualisations. Dans les rares cas où je ne adhère pas à 100% à ton analyse et que je ressens des doutes, je citerai des exemples qui ne collent pas avec le type du personnage que tu proposes. Peut-être que des lecteurs pourront alors nous aider à y voir plus clair, sans avoir forcément vu le film.

 

Commençons par quelque chose de facile : David, type 6, phobique. Le fils. Je suis d'accord avec toi. J'ai relevé une scène (saison 1, épisode 3) qui illustre merveilleusement la tendance du 6 phobique à imaginer et à fantasmer des dangers. David est allongé sur le lit à côté de son ami Keith. Il regardent tous les deux le plafond où l'on voit tourner LENTEMENT les pales d'un ventilateur qu'ils viennent d'acheter.

 

David : Je crois qu'il oscille.

Keith : Il n'oscille pas, c'est une illusion d'optique parce que tu le fixes depuis longtemps.

David : Non, je te dis qu'il oscille dangereusement.

Keith : Tu as des hallucinations.

David : La vie est étrange, il suffirait qu'une seule de ces petites vis ne soit pas correctement serrée pour qu'il nous tombe dessus et qu'il nous tue instantanément en nous découpant en fines tranches comme le ferait un cuisinier.

Keith : Hum… Oui… Un terroriste armé d'un semi-automatique pourrait entrer et répandre notre cervelle sur les murs.

David : Le soleil se transforme en supernova et engloutit toute la planète dans ses flammes.

 

Dans ses deux premières remarques, Keith tente de raisonner David. Mais même avec un bon mental, le 6 phobique ne veut rien entendre. Keith utilise alors une technique qui parait-il marche bien avec les 6 (voir sur ce site l'article "L'Ennéagramme dynamique : type 6, 2e partie, § Exagération") : amplifier leur peur par quelque chose de plus improbable encore (le terroriste). David comprend alors où Keith veut en venir et il renchérit avec humour sur un événement, certain quant à lui, juste qu'il se produira dans cinq milliards d'années !

 

J'ai aussi relevé un passage savoureux qui montre David sous son angle contre-phobique (saison 1, épisode 4). Je dis "savoureux" car c'est pour moi toujours une délectation de voir un personnage "faible" qui enfin se "réveille" et file une trempe à son adversaire. Nate, David et Matt Gilardi (un 3 désintégré ?) le commercial de Khroener, la firme concurrente sont à table dans un restaurant.

Nate : Vous avez baissé votre offre ?

Matt : Nous suivons les fluctuations du marché.

David : Merci mais nous n'avons pas besoin de nous aligner sur Khroener.

Matt : D'accord. C'est vraiment très simple : ou vous acceptez notre offre aujourd'hui, ou je me fais fort de vous faire disparaître avant la fin du mois. David vous êtes prêt pour cette mission suicide ?

David : …

Nate : David ? [On lit sur le visage de David qu'il va passer à l'offensive.]

David : Vous venez de menacer ma famille !

Matt : Ne soyez pas mélodramatique !

David : Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse au juste ? Qu'on s'en aille ? Qu'on vende vite fait bien fait et qu'on mette les voiles au plus vite ?

Matt : Ce serait futé.

David : Vous, vous avez l'organisation Khroener derrière vous, mais nous qu'est ce que nous avons ? Vous… Oui, un jour que vous ne penserez plus à Fisher et fils, je vous retrouverai, vous ou quelqu'un que vous aimez.

Matt : (rires)

David : Je ne veux pas dire que quelqu'un mourra. Il y des tragédies bien pires que la mort, des choses auxquelles tu n'as jamais songé, fumier à la solde d'une société de merde.

Matt : [inquiétude sur son visage]

David : Donne-m'en l'occasion…

Matt : …

David. À vous de décider. Croyez vous qu'en ça en vaut la peine monsieur Gilardi ?

Matt : …

David : Le déjeuner est terminé, dégage !

Nate : T'es sourd ou quoi ?

Matt quitte la table

Nate : Oh, je ne t'ai jamais vu comme ça.

David : Je crois que ne vais pas tarder à vomir.

 

La mère, Ruth. Type 1. 100% d'accord. Tu décris très bien comment fonctionne Ruth. Je la voyais moins C++ que toi car, comme je suis moi-même C++, les précautions qu'elle prend dans la vie ne me choquent pas tellement. J'ai par contre noté un aspect S+ : on l'entend presque à chaque épisode dire "surveille ton langage !" aux membres de sa famille qui se laissent aller "verbalement".

 

Un autre élément que j'ai noté est la dichotomie du 1. Il n'y a pas un épisode où elle ne se met pas à pleurer, témoignant d'une sensiblerie qui contraste avec son côté moralisateur et rigide.

 

J'ai tout comme toi été surpris par ses "écarts" de conduite dans le couple. Au niveau de la saison 1, je ne peut pas encore utiliser le terme "collection" d'amants mais c'est pour le moins surprenant. Les producteurs de la série ont conçu le personnage de Ruth comme froid, austère. Dans certaines scènes, sa tenue vestimentaire est telle qu'il ne manque que le fichu sur la tête pour qu'elle ressemble à une Mormon. Le moins qu'on puisse dire est qu'elle n'émet aucuns signaux sexuels, et pourtant… Au cours d'une scène où Brenda est en visite chez son fils Nate, elle entend des gémissements qui proviennent du salon à côté (dans la version française il n'y a aucun doute sur l'origine du geignement, mais bon, je suis X+ et mon oreille n'entend peut-être pas ce que le commun des mortels entend) et la petite curieuse va voir. Bien entendu elle en a pour son argent car elle surprend Nate et Brenda en pleins préliminaires. Elle est choquée au point d'en laisser tomber le verre qu'elle tenait à la main. Elle affiche bien ses idéaux élevés !

 

La fille, Claire. Type 8. Pas si sûr. Typer ce personnage n'est pas simple. En pleine crise d'adolescence on voit surtout le côté 4. La difficulté est de percer cette carapace 4 pour voir ce qu'il y a derrière.

 

Dans la scène que tu cites où elle balance : "Et toi, connard, t'étais où pendant ces deux dernières années ? Je trouve sa réplique plutôt juste. Si dans une situation analogue je m'étais laissé allé vers ma désintégration 8, je lui aurais fichu mon poing sur la figure à ce "connard".

 

Quand elle part camper dans la montagne avec ses amis, elle ne manifeste pas beaucoup son côté 8. Elle est constamment fatiguée et se plaint ! On lui demande de guider le groupe : elle refuse !

 

Son style de communication est souvent brutal certes, mais il y a aussi souvent de longs silences où ses yeux trahissent qu'il se passe quelque chose de fort à l'intérieur d'elle-même. Je trouve son émotionnel assez bon. Elle est la première de toute la famille à repérer que son frère est homosexuel. Elle ressent facilement la souffrance de l'autre. Mon hypothèse actuelle reste le 4. Je pense que c'est une fille qui vit un creux gamma en ROUGE, d'où son côté agressif qui sonne comme du 8.

 

D'autres éléments me font en ce moment pencher pour du 4 : elle roule en corbillard vert, ce n'est pas banal. Elle y fait aussi l'amour. Connaître la "petite mort" dans un corbillard, c'est encore moins banal…

 

Je voudrais soumettre le passage suivant à ta sagacité (saison 1, épisode 4). ll me fait penser à du 4 "conservation". Claire fume un joint avec un membre d'un gang présent à la veillée funèbre d'un autre membre du gang, mort assassiné.

Claire : Tu as déjà tué un mec ?

Le garçon : Je ne sais pas. J'ai tiré sur plusieurs.

Claire : Tout le monde croit que j'ai mis le feu à la maison en face.

Le garçon : Et c'est toi ?

Claire : À ton avis ?

Le garçon : …

Claire : Qu'est-ce que ça fait… de tirer ?

Le garçon : Tu veux essayer une fois ? Viens voir dans le ghetto pour te rendre compte.

Claire : Attention ! Je vais venir ! Méfie-toi !

Le garçon : Tu es une espèce de petite allumeuse, hein ?

Etc.

 

Elle est aussi amoureuse d'un garçon, Gabriel, qui se drogue, détient une arme, braque une épicerie. Il est plutôt du genre "déjanté".

 

Passion d'envie, besoin de se mettre en danger, d'éprouver des sensations fortes…

Mais bon, il faut encore confirmer. Peut-être as-tu aussi des éléments qui te feraient pencher vers le 4 ?

 

Voilà où j'en suis aujourd'hui. Je vais continuer avec la saison 2, travailler sur le personnage de Claire et sur quelques autres.

 

Bonne journée à tous,

Jean-Nicolas

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Aurolaf

Bonjour Jean Nicolas et autres lecteurs !

 

Jean-Nicolas, je suis ravie de te voir débouler dans ces analyses !

 

La fille, Claire. Type 8. Pas si sûr.

Et tu as raison ! Je suis maintenant en saison 5 (à trois épisodes de la fin !) et j'ai définitivement éliminé l'hypothèse du 8 pour Claire.

Claire est sans doute le personnage qui connaît l'évolution la plus importante au cours de la série. Et elle ne présente plus aucune caractéristique de 8 à partir de la saison 3 ou 4. Je partage donc ton analyse : "Je pense que c'est une fille qui vit un creux gamma en ROUGE, d'où son côté agressif qui sonne comme du 8."

 

"Elle est aussi amoureuse d'un garçon, Gabriel, qui se drogue, détient une arme, braque une épicerie. Il est plutôt du genre 'déjanté'."

Dans la série "déjanté", ce n'est qu'un début ! Tu verras la suite… :surprised:

Le 4 est une hypothèse très probable ! Je vais relire mes notes et revoir certains passages (l'analyse des 4 dans le ciné-agramme reste l'un mes points faibles… à ce jour).

 

"Matt Gilardi (un 3 désintégré ?)"

Effectivement, Matt est une caricature de 3 totalement désintégré. Il sort directement d'un livre d'Ennéagramme !

 

Tes compléments sur David m'ont beaucoup amusée ! J'avais effectivement trouvé la scène du ventilateur excellente sans parler de celle du restaurant. David te réserve de grandes surprises côté "crise de contrephobie" !

 

Je me penche sur mes notes et reviens dès que possible avec des compléments.

Bonne journée à tous.

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