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Harper

Les goûts littéraires

Messages recommandés

Harper

Bonjour à tous,

Suite à la question posée par Fabien dans une autre conversation ("Les goûts littéraires de quelqu'un sont-ils, dans une certaine mesure, prédictibles à l'aide de ces deux outils [l'ennéagramme et la Spirale Dynamique] ? Ce serait une autre intéressante discussion…"), mon point de vue est "je ne pense pas", mais je pense que l'ego de chacun intervient dans les goûts et dégoûts en matière littéraire. Toutefois, il me semble que mes propres goûts littéraires (que d'aucuns tendraient à qualifier de sous-littéraires…) ont plus ou moins varié dans le temps… et, me semble-t-il, en fonction de l'évolution de mon centre émotionnel. :perplexe:

Mes goûts actuels :

  • L'heroic-fantasy (ce dont on pouvait se douter un peu), en général dans sa forme 9, quoique le premier qui m'ait vraiment emballé était David Eddings que je soupçonne d'être 6 (en tout cas, un mental…). Cela dit, il y a des moments où je largue en cours de lecture la saga 9 en cours pour quelque chose de plus relevé (généralement en provenance d'un de mes auteurs 6 fétiches…)
    Qu'est-ce que j'y trouve ? Bonne question. À part le dépaysement dans un univers parallèle… Il est également possible que le style 9 me calme…
  • Le polar, dans l'un des trois sous-genres suivants :
    • D'abord le "roman-problème" classique. Là, c'est clair : j'aime ça en tant que jeu mental (s'il n'est pas trop tordu).
    • Ensuite le polar historique, principalement médiéval : en priorité pour le cadre, la vie quotidienne des personnages…
    • Et puis le roman "noir" (mais pas trop) quand le héros (ou mieux l'héroïne) est de type 6 (de préférence alpha et conservation, aile indifférente). :laugh:
  • Il m'arrive à l'occasion de lire d'autres choses : le plus souvent, ces autres choses ont un lien avec la musique.

Quand un type se manifeste dans ce que je lis, ceux que j'apprécie sont le 6 (sauf s'il est trop contrephobique parce que ça me :peur: ou trop phobique-dépendant parce que pfff…), le 9 (plutôt alpha aile 1), le 7 (mais pas en trop grosse quantité parce que "je suis le plus malin" me donne à la longue envie de lui prouver le contraire).
Le style 5 tend à me causer une grande frustration mentale parce qu'il me manque de l'info… :angry:
Les émotions trop intenses du style 4 me donnent une sensation de malaise.
Le style 3 tend à me donner l'impression désagréable qu'on m'a vendu une formule qui marche, mais pas vraiment un bouquin.

C'est tout ce qui me vient pour l'instant.

Très cordialement,
Bénédicte

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Fabien Chabreuil

Bonjour Bénédicte,

Je crois qu'il existe une prédictibilité théorique potentielle, mais quand à la concrétiser, je suis aussi sceptique que toi car il faudrait un diagnostic de la personnalité particulièrement fin et la prise en compte du milieu socio-éducatif. À l'inverse, comprendre ses goûts littéraires à partir de son ennéatype devrait être aisé.

Dans la conversation mentionnée, tu avais fait allusion aux niveaux de la Spirale Dynamique et tu n'en parles plus ici. Dans mon cas, ils jouent un rôle très évident dans l'évolution de mes goûts.

De tout temps, j'ai lu des essais et des ouvrages théoriques. À l'âge de cinq ans, j'adorais mon dictionnaire ; à sept ans, je possédais un Larousse de l'astronomie dont je me suis régalé. Plus j'ai vieilli, plus le ratio essais/romans a augmenté en faveur des premiers. Je pense que c'est dû à ma préférence pour le centre mental qui s'est exprimée dès que j'ai eu les capacités cognitives pour lire des textes abstraits.

Entre parenthèses, je dois dire que je lis extrêmement vite et que prendre en compte tout ce que j'ai dévoré ne serait pas significatif de mes goûts. Il y a eu une époque de ma vie où je lisais pour lire ; si ce qui était disponible me plaisait, tant mieux, et sinon je lisais quand même. Quand cela me plaisait, la gloutonnerie entrait en jeu : Macbeth, c'est exaltant, et hop tout Shakespeare ; L'Écume des jours, c'est émouvant, et hop tout Boris Vian ; Les Jeunes filles, c'est émoustillant, et hop tout Montherlant ; etc.

En lien direct avec le 7, j'ai toujours adoré les nouvelles : Maupassant, Buzzati, Fournel selon les époques. J'ai toujours eu une admiration pour les gens qui savaient en dire autant en vingt pages que d'autres en cent. C'est dire que contrairement à toi, la saga n'est pas mon genre. J'ai dû en commencer une vers l'âge de quinze ans et y ait renoncé à vie.

Le même souci de brièveté plus l'intensité de mon centre émotionnel intérieur ont provoqué un goût immodéré pour la poésie qui existe depuis l'enfance (ah, que j'aimais les cours de récitation, comme on disait à l'époque) et ne s'est jamais démenti. Là où d'autres chantent sous la douche, je me récite, parfois à haute voix, des poèmes. Je le fais aussi très souvent, mais in petto, quand je suis dans une situation d'attente (chez le médecin, dans le métro, etc.).

Envie de rapidité toujours, et aussi de coller à l'actualité, je lis des magazines. La Recherche et Pour la Science étaient des lectures régulières en période ORANGE qui sont devenues épisodiques. Actuellement, je lis régulièrement notamment Courrier International, Enjeux Les Échos, Cerveau et psycho, Philosophie Magazine. Je fréquente régulièrement de nombreux sites Internet pour compléter ce désir d'informations.

Les romans m'ont donné beaucoup de joie, mais jamais autant que la stimulation intellectuelle des essais. Les thèmes de ceux-ci ont souvent été liés à ma préférence (à partir de l'âge de 24 ans) pour l'instinct social et à mon niveau dominant dans la Spirale Dynamique : scientifiques dans ma période ORANGE, écolo-sociologiques dans ma période VERT, bio-psycho-sociaux aujourd'hui.

J'ai depuis très longtemps une sainte horreur des livres dominés par les aspects magiques de VIOLET. Patricia adore Tolkien, et j'y ai jeté un coup d'œil pour essayer de comprendre ce qu'elle y trouvait. Impossible, cela me tombe des mains.
J'ai eu une période ROUGE (lors du creux gamma de l'adolescence dans ce vMème) avec des ouvrages violents qui me retourneraient le cœur aujourd'hui.
J'ai évidemment lu en BLEU les grands classiques qu'il fallait avoir lu. Ce n'était pas une réelle contrainte, car en bon 7, j'étais bien capable de tirer du plaisir de n'importe quoi, et puis surtout, ils n'étaient pas devenus des classiques pour rien !
J'ai aussi (période ORANGE) beaucoup aimé la science-fiction pure et dure, style Asimov ou Clarke. Je n'en lis plus aujourd'hui.

Actuellement donc, je lis donc des essais en temps normal, et des romans quand je suis un peu fatigué. J'aime bien les polars, mais pas ceux à énigme. Le comble de l'emmerdant me semble être Sherlock Holmes ; en règle générale, je pense que, bien souvent, les auteurs qui essayent de dépeindre un type mental n'ont pas la pointure intellectuelle pour cela. Comme toi, j'aime les polars historiques ou ethnologiques, de Van Gulik à Upfield, essentiellement parce que j'apprends en me distrayant. J'aime plus encore ceux qui savent dépeindre avec finesse une société, avec par exemple actuellement un goût marqué pour George Pelecanos. La dimension sociale est toujours fondamentale indépendamment du genre littéraire. Là aussi, tout cela me semble en lien direct avec ennéatype, sous-type et positionnement SD.

Très amicalement,
Fabien

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Aurolaf

Bonjour Bénédicte et Fabien,

Super cette nouvelle conversation !!!

En ce qui me concerne, j'ai toujours beaucoup lu… tout et n'importe quoi (enfin jusqu'en 2001, car depuis 2001, je manque un peu de temps en raison de l'arrivée de mes enfants). La lecture est la seule passion qui a vraiment été durable chez moi : mon premier vrai livre (après la période des livres type Oui Oui, etc.) reste encore aujourd'hui un souvenir bouleversant : j'étais en CE2 et le livre s'appelait La chasse au Sartan (Bibliothèque Rouge et Or). A partir de ce jour, les livres sont devenus un véritable refuge pour moi (j'ai passé une partie de ma jeunesse perchée dans un arbre avec un bouquin entre les mains !) et je les ai dévorés avec excès.

Je précise que je lis très vite (sauf en anglais où j'ai un rythme moins rapide… qui me gêne).

Je dirais que mon type 8 ressort davantage dans ma manière de lire que dans mes goûts littéraires :

  • L'excès a toujours été omniprésent dans ma manière de lire : à partir du CM1, lorsque j'arrivais dans une nouvelle école, il me fallait moins de six mois pour dévorer tous les livres de la bibliothèque. Mes parents devaient alors les faire venir de France et me rationnaient car je pouvais lire jusqu'à trois livres par jour (Il n'y avait pas de télévision et l'école terminait à 13 ou 14h ! J'ai été élevée hors de France.).
    Aujourd'hui encore l'excès est présent, car je peux lire pendant longtemps des livres sur le même sujet. Par exemple, il m'est arrivé de lire pendant six mois des ouvrages techniques sur la mosaïque ou le scrapbooking. J'ai passé des mois à lire des livres sur l'Ennéagramme ou même des ouvrages évoqués sur ce panneau (Da Vinci code, le cycle de Fondation…) ou même trois biographies de personnage célèbre afin de le typer !!! )
    De 2001 à 2005, je n'ai lu quasiment que des bouquins sur les bébés et la psychologie de l'enfant (Dolto, Cylrunik, Nouari, Rufo, Filliozat, Antier et bien d'autres).
    Sur les six-huit derniers mois, je n'ai quasiment lu que des livres sur l'Inde (romans, nouvelles, politiques, biographie, histoire, etc.)
    Je fonctionne donc davantage par thème que par goût littéraire. Je me lance sur un thème avec l'excès… toujours l'excès jusqu'à avoir la nausée d'un sujet !
  • Mon impatience ressort toujours : un livre doit être terminé en moins d'une semaine (même un pavé de 1000 pages, ce qui ne me fait pas peur) ! Le problème, c'est que si je ne le termine pas assez vite, j'ai tendance à le laisser tomber.
  • J'ai toujours adoré les livres dont les héros résolvent des énigmes ou sauvent des gens… Bref où les héros sont forts ! Ca a commencé avec Fantomette, le Club des cinq, Alice et Langelot lorsque j'étais enfant, et ça a continué avec des livres sur les chevaliers de la Table ronde. (Les agents secrets et les chevaliers ont toujours exercé sur moi une incroyable fascination, et il n'a jamais été question de lire des livres gnagnan de princesses !) Mon auteur préféré est Antoine de Saint Exupéry, sans doute en raison du côté héroïque des pionniers de l'aéropostale !
    Ce goût pour l'héroïsme est, je pense, prévisible pour un type 8.

J'ai l'impression que ces dernières années (depuis que j'ai des enfants), mes lectures étaient essentiellement orientées sur la recherche de solution pour passer à l'action (réaliser un objet créatif, ou mieux gérer mon enfant, ou mieux m'adapter en Inde car j'en ai compris la culture). Bref, lorsque je lis, mon mental est au service du centre instinctif. Une lecture doit déboucher sur quelque chose de concret… et surtout me permettre de mieux contrôler mon environnement !

Je ne crois pas que je fonctionnais comme ça avant (d'avoir des enfants). Je pense que la maternité a aggravé mon sous-type conservation et m'a poussé vers davantage de contrôle. Peut-être est-ce également mon côté ORANGE (pragmatisme et efficacité) ?

Entre parenthèses, ma bibliothèque est remplie de bouquins débiles ORANGE type "Être plus efficace au travail grâce à…", "Maigrir vite et bien", Le management pour les nuls", "Apprendre le Hindi en 30 jours", etc. Bref, plein de bouquins remplis de recettes qui ne fonctionnent pas !!!

Lorsque je lis pour le plaisir (ceci dit, ça me fait toujours plaisir de lire, même un bouquin technique sur la mosaïque !!), il s'agit toujours de romans ou de nouvelles.

J'adore les bouquins qui proposent une dimension VIOLET ou ROUGE (sans doute en raison de la force de ces deux vMème chez moi). J'ai toujours lu de la fantasy et de l'heroic fantasy, et tout livre proposant un monde imaginaire me passionne (je ne vois d'ailleurs pas le lien entre la richesse de mon imaginaire et mon type ???).
J'ai également eu de très longues périodes de science-fiction (en 5e, j'ai même écrit des nouvelles de SF !), policiers, romans historiques.
J'ai eu (sans doute dans ma période ROUGE) une très longue période de lectures purement féministes (j'avais les revendications et le discours qui allaient avec les lectures !!!).
J'ai lu beaucoup de classiques (sans doute dans ma période BLEU) avec un certain plaisir même si Madame Bovary, ça ne fait pas palpiter ! (Sans doute une incidence de mon émotionnel réprimé !)
J'ai lu trois fois Les Misérables, car je trouvais Jean Valjean (comme par hasard un 8 !) extraordinaire, et dans la foulée j'ai lu la moitié des œuvres de Victor Hugo.
J'ai également eu une période où j'ai dévoré des biographies d'hommes célèbres : Louis XIV, Napoléon, De Gaulle et Sissi impératrice (ouf, enfin un truc de filles). À noter un certain nombre de 8 dans cette liste (Napoléon et De Gaulle… je ne sais pas pour les deux autres !)

J'ai remarqué que j'aimais les auteurs 7 : Bernard Werber et Jean d'Ormesson (j'ai lu tout ce qu'ils ont écrit). Je ne vois pas le lien avec mon type ?

Voilà c'est tout pour aujourd'hui… Je complèterai plus tard !

Bonne nuit !

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

En nous lisant et en y réfléchissant, j'ai déjà envie de formuler quelques hypothèses, qui ne sont bien que des hypothèses :

  • L'ennéatype aurait une influence déterminante sur la manière dont nous lisons ;
  • Ce que nous lisons est influencé à la fois par notre ennéatype et par notre positionnement sur la Spirale Dynamique, la part de l'un et de l'autre étant à déterminer et les cofacteurs (influence familiale par exemple) à rechercher ;
  • L'évolution de notre positionnement sur la Spirale Dynamique est le principal moteur de nos changements de goûts ; dans ce domaine, l'intégration et la désintégration jouent-elles aussi un rôle ?

À vérifier ou infirmer à l'usage.

"Madame Bovary, ça ne fait pas palpiter ! (Sans doute une incidence de mon émotionnel réprimé !)"
J'ai lu Madame Bovary trop jeune pour l'apprécier, puis l'ai relu plus tard. Je crois qu'il faut avoir un certain âge pour comprendre les tourments de ce personnage, ou pour apprécier l'érotisme de la scène du fiacre :
 

– Où Monsieur va-t-il ? demanda le cocher.
– Où vous voudrez ! dit Léon poussant Emma dans la voiture.

Et la lourde machine se mit en route.

Elle descendit la rue Grand-Pont, traversa la place des Arts, le quai Napoléon, le pont Neuf et s'arrêta court devant la statue de Pierre Corneille.

– Continuez ! fit une voix qui sortait de l'intérieur.

La voiture repartit, et, se laissant, dès le carrefour La Fayette, emporter par la descente, elle entra au grand galop dans la gare du chemin de fer.

– Non, tout droit ! cria la même voix.

Le fiacre sortit des grilles, et bientôt, arrivé sur le Cours, trotta doucement au milieu des grands ormes. Le cocher s'essuya le front, mit son chapeau de cuir entre ses jambes et poussa la voiture en dehors des contre-allées, au bord de l'eau, près du gazon.

Elle alla le long de la rivière, sur le chemin de halage pavé de cailloux secs, et, longtemps, du côté d'Oyssel, au-delà des îles.

Mais tout à coup, elle s'élança d'un bond à travers Quatremares, Sotteville, la Grande-Chaussée, la rue d'Elbeuf, et fit sa troisième halte devant le Jardin des plantes.

– Marchez donc ! s'écria la voix plus furieusement.

Et aussitôt, reprenant sa course, elle passa par Saint-Sever, par le quai des Curandiers, par le quai aux Meules, encore une fois par le pont, par la place du Champ-de-Mars et derrière les jardins de l'hôpital, où des vieillards en veste noire se promènent au soleil, le long d'une terrasse toute verdie par des lierres. Elle remonta le boulevard Bouvreuil, parcourut le boulevard Cauchoise, puis tout le Mont-Riboudet jusqu'à la côte de Deville.

Elle revint ; et alors, sans parti pris ni direction, au hasard, elle vagabonda. On la vit à Saint-Pol, à Lescure, au mont Gargan, à la Rouge-Mare, et place du Gaillardbois ; rue Maladrerie, rue Dinanderie, devant Saint-Romain, Saint-Vivien, Saint-Maclou, Saint-Nicaise, - devant la Douane - à la basse Vieille-Tour, aux Trois-Pipes et au Cimetière Monumental. De temps à autre, le cocher sur son siège jetait aux cabarets des regards désespérés. Il ne comprenait pas quelle fureur de la locomotion poussait ces individus à ne vouloir point s'arrêter. Il essayait quelquefois, et aussitôt il entendait derrière lui partir des exclamations de colère. Alors il cinglait de plus belle ses deux rosses tout en sueur, mais sans prendre garde aux cahots, accrochant par-ci par-là, ne s'en souciant, démoralisé, et presque pleurant de soif, de fatigue et de tristesse.

Et sur le port, au milieu des camions et des barriques, et dans les rues, au coin des bornes, les bourgeois ouvraient de grands yeux ébahis devant cette chose si extraordinaire en province, une voiture à stores tendus, et qui apparaissait ainsi continuellement, plus close qu'un tombeau et ballottée comme un navire.

Une fois, au milieu du jour, en pleine campagne, au moment où le soleil dardait le plus fort contre les vieilles lanternes argentées, une main nue passa sous les petits rideaux de toile jaune et jeta des déchirures de papier, qui se dispersèrent au vent et s'abattirent plus loin comme des papillons blancs, sur un champ de trèfles rouges tout en fleur.

Puis, vers six heures, la voiture s'arrêta dans une ruelle du quartier Beauvoisine, et une femme en descendit qui marchait le voile baissé, sans détourner la tête.

 

"J'ai remarqué que j'aimais les auteurs 7 : Bernard Werber et Jean d'Ormesson (j'ai lu tout ce qu'ils ont écrit). Je ne vois pas le lien avec mon type ?"
Serait-ce simplement une proximité de hiérarchie des centres avec toi ?

*-*-*-*-*

Suite de mon témoignage.

Il y a quand même une part de VIOLET dans mon activité de lecture. C'est le besoin physique de livres à proximité. Chez moi, il y en a partout, et par exemple au moins une trentaine sur ma table de chevet. Si je pars en voyage, même au bout du monde, j'emmène de nombreux livres avec moi, et la première chose que je fais en arrivant dans la chambre d'hôtel, c'est de sortir mes livres, même après un long voyage et avec un gros décalage horaire, même si je sais que je repars de bonne heure le lendemain matin et que je ne les ouvrirai pas. Les livres créent un sentiment de sécurité. S'il y a mes livres, je suis chez moi, n'importe où.

 

*-*-*-*-*

Témoignage de troisième main.

Il y a une quinzaine de jours, une amie 2 m'a raconté qu'un de ses collègues de travail, 7, lui avait dit qu'il n'avait jamais trouvé de plaisir à la lecture. Elle s'est renseigné sur ce qu'il avait essayé de lire, et constaté que ce n'étaient que des romans. Elle m'a dit avoir alors pensé à moi et à ce que je lisais. Elle lui a offert un essai sur la communication en couple. Il s'est régalé et lui a dit "n'avoir jamais pensé à lire un essai". Apparemment, il en acheté d'autres depuis.

Très amicalement,
Fabien

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Manjushrihalavie

Merci à Bénédicte d'avoir lancé le sujet…

Et pour le continuer, je dirai que je lis des tas de livres, mais je ne les finis jamais tous (contrairement à toi Aurore).

J'aime les ouvrages psychologiques (j'en lis toujours quatre ou cinq durant la même période). Exemple : "Le corps bavard" Il parle évidemment de l'inconscient, de la mémoire corporelle… Les mystères et concepts complexes en ce genre me passionnent réellement. La vérité m'obsède. Et j'ai pourtant l'impression que je peux découvrir bien plus encore et que trop de choses me sont cachées.

Aussi, j'aime tout ce qui concerne les citations (sauf le dernier prêté par un ami 6 contrephobique : "Syllogismes de l'amertume" de Cioran. Il y a plus gai et plus réaliste que lui, il y a pas photo. Même si Mr Cioran aimait se torturer l'esprit… trop c'est trop !), les symboles (du livre des rêves au dictionnaire des symboles, ouvrage qui se trouve sur les bureaux de psy), et les jeux de mots… Un dictionnaire bilingue, ca m'éclate !

Quant aux romans que je choisis, il y a beaucoup d'aventure(s).

Quant j'étais enfant, j'ai aimé le livre de Giono "L'enfant et la rivière", mais aussi "Le Petit Prince" d'Antoine de Saint Exupéry.

J'ai d'ailleurs fait découvrir ce dernier à des personnes qui, à 30 ans, ne le connaissaient pas encore… On le trouve trop enfantin ou on adore.
Tout simplement.
Personnellement, je l'ai tellement aimé que je l'ai relu en Anglais.

L'idée que l'on puisse survivre, puis vivre heureux loin de la société me remplit de bonheur, un bonheur sauvage et léger.
Découvrir encore et toujours de nouvelles choses, des gens étranges…
Je me sens pleinement dans mon bain !

Il y a quelques mois, j'ai été interpellée par l'histoire de Casanova. J'aime le style d'écriture, plein d'esprit et de finesse. Mais le pavé commence à me saouler… les actions sont peu variées. Et Casanova vadrouille sans qu'il n'y ait aucun obstacle qui s'oppose à lui sur son chemin. Ou il les devance. Très fort le mec, mais ça manque de suspens. Et puis oui, finalement, il est trop fort… Comment aurais-je fait dans son cas ? Ca me donne envie d'être dans son cas pour savoir… Après avoir lu quelques chapitres, j'ai envie de voyager !

Des livres de voyage ? Un peu… quelques guides de mes endroits préférés. Mais pas des masses.
Car le must quand on s'évade, c'est de découvrir sur place.

Enfin, une pointe noble et du respect pour les détenus : "Acide sulfurique" d'Amélie Nothomb. Une histoire d'injustice, mais aussi d'affection au coeur même d'une prison, d'une kapo envers une courageuse prisonnière. Cet ouvrage nous montre que l'affection est là, même si elle n'est pas démontrée ouvertement. A cause de la fonction des personnages. Un très bel ouvrage.

Je dirai pour conclure que l'ouvrage idéal est selon moi celui dans lequel se retrouvent psychologie, suspens, aventure, et éventuellement une cause à défendre, avec plus ou moins de violence pour arriver à ses fins.

Enfin, les dialogues vifs et fins stimulent mon esprit.
La virulence se déguste mieux avec finesse, clarté, et dans l'esprit du jeu.

Si vous souhaitez des infos sur les livres cités ci-dessus, zou.
Pour d'autres ouvrages en ce genre, je prends !

Alors, finalement, nos lectures sont-elles représentatives de notre type ? De notre type et de notre aile ? Sûrement… Qu'en dit Maître Fabien ?

Bises à tous les lecteurs passionnés.  :kiss2:

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Aurolaf

Hello everybody,

Je réagis, Fabien, à ta relation teintée de VIOLET à l'égard des livres, car j'ai également ce type de relation aux livres.

Pour moi, les livres sont presque un objet sacré : lorsque j'étais petite (3 ou 4 ans) , je passais de longs moments devant la bibliothèque de ma mère à observer les beaux livres rares. La récompense suprême dans ma vie était alors d'avoir le droit de les toucher et de les regarder !! Il n'y avait pas d'image et je ne savais alors pas lire… Mais il y avait de la magie dans ce moment !

Des années après, je conserve cette sensation de "Livre = objet sacré. Magique". Prêter un livre est une horrible souffrance (et un immense signe d'amitié et de confiance de ma part)… même pour un livre de poche. Je déteste emprunter un livre et j'aime lire MES LIVRES à moi !

Comme toi, Fabien, je ne peux pas voyager sans livre. Par exemple, pour venir en Inde, j'ai pris TOUS MES LIVRES !!! Je n'en ai laissé aucun dans un garde-meuble ou en France alors que la raison aurait dicté de le faire !

Je peux tolérer que mes enfants cassent un magnétoscope (en lui refilant à manger une banane ou des petits pois), mais déchirer un livre est une chose INACCEPTABLE dans ma maison !  :surprised:

Je me souviens avoir lu chez un auteur (Dolto, je crois… mais je n'ai pas réussi à retrouver le passage) un souvenir d'enfance qui racontait cette fascination pour le pouvoir des mots écrits, comme si ces signes posés sur le papier avaient un pouvoir magique, celui d'évoquer des mondes imaginaires et des histoires extraordinaires ! Je connais beaucoup de personnes qui ont cette relation étrange aux livres.

Par contre, comme tu le précisais en début de conversation : "la prise en compte du milieu socio-éducatif" et donc "l'influence familiale" doivent jouer un rôle.

Mon mari qui est 6 ne lit presque jamais. Je me moque d'ailleurs souvent de lui en lançant : "Mais comment fais-tu pour être un si grand manager alors que tu ne sais même pas lire ???" Depuis dix ans que nous vivons ensemble, il a régulièrement essayé de lire certains de mes bouquins et n'en a jamais terminé un seul. Les seuls ouvrages qu'il consulte sont des pavés techniques immondes, genre "Modélisation objet avec UML" (330 pages) ou "DVD, SVCD et MPEG" (975 pages)…  :beurk: Et il arrive à les lire (alors que leur simple vue me donne la nausée et que c'est une insulte à ma bibliothèque que de les soutenir !!). Sa relation aux livres n'a rien à voir avec celle de Bénédicte, ce qui s'explique certainement par le fait que mon mari est issu d'une culture "télévision".
Lorsque je lui demande pourquoi il n'aime pas lire, il répond : "J'aime lire mais je ne peux pas lire à la volée (comme certains dans le métro), il faut que je sois disponible et disposé et là, je ne le suis jamais." En fait, il a l'impression de "voler du temps" lorsqu'il lit !! Je crois percevoir un problème de loyauté dans cette réponse… Mais pas sûr !

En ce qui me concerne, je sais que la désintégration et l'intégration jouent un rôle dans notre manière de lire. Lorsque je suis rentrée en France en classe de seconde après avoir passé des années à l'étranger, j'ai vécu désintégré pendant presque un an (je pense avoir fait une dépression à cette époque, mais elle n'a jamais été diagnostiquée).
A ce moment-là, les livres sont devenus un refuge, un prétexte à l'isolation (défense du 5 qui est mon type de désintégration) extrême. Pendant un an, j'ai vécu à travers et pour les livres. Je refusais tout contact social avec des amis de mon âge et lisait, lisait, lisait, lisait !!!! J'ai rarement été aussi excessive en matière de lecture !

Je remarque qu'aujourd'hui, lorsque je n'en peux plus d'entendre mes fils hurler ou se battre ou courir, il peut m'arriver de prendre un live et m'isoler mentalement dans l'univers livresque (jusqu'à ce qu'un des enfants ait un accident qui m'oblige à sortir de mon isolation) => là encore, je suis en "mini-désintégration".

J'ai également commencé à lire des ouvrages psychologiques pour accroître mon contrôle sur le monde lorsque j'allais mal.

Je dirais donc que les périodes de désintégration génèrent chez moi :

  • une tendance à lire en excès et à me servir du livre comme d'un isoloir ;
  • un choix vers des livres proposant des recettes ou des solutions dont j'ai la naïve croyance qu'elles résoudront mes problèmes (et donc me permettront d'accroitre mon contrôle).

Et lorsque je vais bien : je lis tout simplement avec plaisir, pour le fun des romans, des nouvelles et très peu de bouquins psychos !

Et je me demande tous les jours comment je vais pouvoir communiquer cet amour des livres à mes enfants !!!!!

Bonne semaine à tous.

PS : j'ai effectivement lu Madame Bovary trop jeune… Mais il n'est pas dans mes priorités de le relire !!!! Pas mal la scène du fiacre !!

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Fabien Chabreuil

Bonjour à toutes,

 

Nous voilà avec deux 8 qui aiment les bouquins de psycho… sans doute pour la même raison. :pt1cable:

 

Manjushrihalavie, ton témoignage fait très 8, mais il serait intéressant que tu analyses et détailles le lien entre ton ennéatype et tes goûts en ce domaine. Il ne m'étonne guère qu'un 8 puisse adorer Le petit prince : je vois vraiment un lien entre ce livre et la vertu de simplicité et l'idée supérieure d'altérité (Le renard : "Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé").

 

Un petit complément encore à mon témoignage personnel déclenché par vos témoignages.

 

Le livre est sacré pour moi par son contenu. Je n'aime pas la bibliophilie ; pour moi, c'est comme des gens qui collectionneraient les boites de camembert sans manger lesdits camemberts (si ce n'est pas une comparaison 7, ça…) : un détournement d'objet.

J'ai animé pendant un temps des stages de lecture rapide : je repérais les participants qui considéraient le livre comme sacré en tant qu'objet, j'en esquintais un devant eux et leur donnais comme exercice de détruire un de leurs livres (de poche) entre le premier et le deuxième jour de la formation. J'ai eu droit à des engueulades, à des larmes et à toute forme d'opposition imaginable.

 

Les auteurs des livres que j'aime sont pour moi des amis au vrai sens du terme. J'ai l'impression de les connaître. Leur disparition nécessite un mini-processus de deuil.

 

Comme toi, Aurore, je me désintègre en 5. Une bonne part de mon adolescence s'est passée dans cet ennéatype, comme toi aussi en immersion totale dans les livres. Il faut dire que c'était le seul moment où ma mère me foutait la paix, et l'activité était donc aussi en lien direct avec ma compulsion.

 

Il me serait très difficile de vivre avec quelqu'un qui n'aime pas lire (mais je n'ai jamais essayé !). Il me semble qu'il me manquerait une complicité extrêmement importante pour moi. J'ai tendance à considérer que ne pas aimer lire, c'est être quelque part incomplet. :sarcastic: Selon les circonstances où je découvre cela chez quelqu'un et selon mon niveau d'intégration du moment, cela déclenche chez moi un net agacement ("il faut quand même être nouille"), un stupeur totale ("comment est-ce possible ?") ou une énorme compassion ("quelle tristesse de manquer cela").

 

Si des circonstances me privent de ma dose nécessaire de lecture, je peux être de très mauvaise humeur. :sarcastic:

 

Bien sûr, dans mon cas, le milieu familial a aussi beaucoup joué. Mon père (9 alpha) était professeur de philosophie et la première chose que l'on voyait en entant dans sa chambre, c'était la collection absolument complète de La Pléiade (et oui, l'impression sur papier-bible, c'est le meilleur rapport quantité de texte-volume occupé dans la bibliothèque). Il l'avait lue, bien sûr, et ce n'était qu'une partie de ce qu'il conservait à portée de main. Mes parents ne m'ont jamais refusé grand-chose sur le plan matériel, mais s'il y a un domaine où j'ai toujours eu un budget illimité de leur part, c'est bien la lecture… et j'en ai profité !

J'ai déjà raconté dans une autre conversation que j'étais un enfant qui avait une meilleure relation avec les adultes qu'avec les autres enfants. Les livres étaient un outil pour cela, me permettant très jeune de parler de (presque) tous les sujets avec (presque) n'importe qui.

 

Très amicalement,

Fabien

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Jean-Nicolas

Bonjour à tous,

Les goûts littéraires, voilà un sujet intéressant.

Avant de passer aux goûts proprement dits, je voudrais préciser comment je suis arrivé à la lecture. On pourrait croire que le 5 a ça "dans le sang". Et bien, je ne le crois pas. Même si aujourd'hui, je me demande ce que serait ma vie sans les livres et que je tombe de ma chaise quand j'entends que, dans notre monde occidental, moderne, ORANGE, il existe des gens qui avouent ne "jamais avoir ouvert un livre" (Laure Manaudou, Victoria Beckham, etc.) je pense que ce plaisir doit beaucoup à l'acquis. Pour ma part je dois tout à ma maman, grande lectrice devant l'éternel, qui ne m'a jamais (à moi aussi  :happy:) refusé l'achat d'un livre.

Chronologie
Je me souviens comme si c'était hier de mon premier livre : Oui-oui et la gomme magique. Livre plutôt "gentil" et à l'eau de rose. Les temps ont vraiment changés, car mes enfants se sont mis à la lecture grâce aux livres de la série "Chair de poule".
Très vite je suis passé au "Club des cinq", "Clan des sept ". J'aimais le mystère et l'aventure.
Ensuite j'ai lu la bibliothèque verte, puis les Bob Morane (l'intégralité), OSS 117, James Bond, SAS. Période ROUGE et besoin de héros forts.
Parallèlement, j'ai aimé les livres de science fiction (Asimov, Barjavel).
J'ai bien sûr largement puisé dans la bibliothèque maternelle, Exbrayat et les incontournables Agatha Christie qui m'ont très vite insupportés : quand j'avais finalement compris qu'elle ne livrait pas tous les éléments pour résoudre l'énigme, je n'ai plus jamais ouvert un de ses livres. Un 5 a horreur de la tromperie intellectuelle. Vers 16 ans, j'ai arrêté de lire ces types d'ouvrages. À cause des problèmes de l'adolescence (période 4), j'ai réagi en 5 en voulant tout comprendre sur le fonctionnement de l'âme humaine. Je me suis donc mis à dévorer les livres de psychologie (Pierre Daco, Freud, l'Analyse Transactionnelle).
J'aime beaucoup les héros type 8 (ma désintégration), et j'ai lu beaucoup sur Napoléon.
Aujourd'hui je lis encore de temps à autre des romans comme Da Vinci Code, mais pas plus. La maison est remplie de Tolkien et de J.K. Rowling en trois langues, je n'ai jamais ouvert un de ces livres. Refus de VIOLET ?

Les livres et revues scientifiques (ORANGE)
Depuis l'âge de 6 ans, je savais que je serai un scientifique, et les ouvrages techniques font depuis toujours partie de mes lectures. J'ai commencé avec des encyclopédies pour les jeunes (333 réponses, Larousse, etc.), puis très vite je me suis dirigé vers des livres plus sérieux. J'ai toujours eu une avance de plusieurs années dans ce domaine. Mon entourage et mes professeurs disaient que je ne lisais pas des livres de mon âge. Ici également, il y la problématique du 5. Ado, je voulais devenir électronicien et j'ai lu des centaines d'articles sur l'électronique (j'étais abonné à Électronique professionnelle, Le Haut-Parleur, revues qui ont gagné en popularité le jour où elles ont publié les plans du décodeur de canal plus…) et les sciences (Science et Vie, etc.). Élève ingénieur, je me suis abonné au magazine Fortune pour l'anglais et mon goût de l'économie. J'achetais L'Expansion. Ensuite, dans mon école de commerce, je me suis désabonné des magazines économiques pour un retour aux sciences et à la psychologie. Je saute vraiment toujours du coq à l'âne.
Par contre j'ai un réel besoin d'information juste et fiable. Je n'ai jamais lu de quotidien. Je déteste le besoin de scoop, le commentaire à chaud. Je ne regarde jamais le journal télévisé (un demi-heure de journal télévisé tient sur une seule page de journal qui se lit en cinq minutes !). Je lis des hebdomadaires, l'information y est plus mûre, plus réfléchie. L'analyse est plus pertinente.

Les "junk books"
Ma bibliothèque est remplie de livres au titre prometteur mais au contenu médiocre. Livres de sport, livres de régimes, livres pour "gagner plus", "être mieux dans sa vie", etc. J'ai aussi Le Management pour les nuls:blush:

Les biographies
J'aime de temps à autre lire des biographies de gens célèbres : Hillary Rodham, Bill Clinton, Edgar Hoover (le livre La malédiction d'Edgar est excellent). Depuis que je connais l'ennéagramme, j'en ai une tout autre lecture.

Les bandes dessinées
J'adore les bandes dessinées depuis que je sais lire. J'ai tous les Tintin. Gaston Lagaffe me fait beaucoup rire. J'aime Jessica Blandy (ambiance 4 et VIOLET), IRS et Largo Winch pour ORANGE, XIII, les Triangle Secret pour mon goût du complot.

Les beaux livres
J'ai plusieurs livres sur la peinture que je trouve magnifiques, notamment celui sur Dali. D'autres comme La Terre vue du ciel me plaisent aussi beaucoup.

Internet
J'ai beaucoup de mal à lire sur un écran d'ordinateur. Mes yeux se fatiguent, je ne peux pas "feuilleter", le défilement des pages est difficile. Si le texte est trop long, j'imprime. Je me rends compte que ceci est un inconvénient car de plus en plus d'information se trouve sur la toile.
Internet, est pour moi surtout une base de connaissance, une encyclopédie géante.

Comment je choisis un livre
J'aime avoir l'impression d'avoir le choix. Je ne supporte pas que l'on m'impose une lecture. Au lycée j'ai fait un exposé sur Le Rouge et le Noir sans avoir lu le livre. Je me suis procuré un livret explicatif que j'ai lu en vingt minutes, et j'ai réussi à donner le change.  :rofl: J'achète donc dans les grandes librairies où je peux prendre le livre entre les mains, le feuilleter. Mais le choix reste limité. Il reste les prescripteurs, c'est à dire les critiques littéraires ou les gens en qui j'ai confiance et qui me donnent envie de lire. Je me rends compte que beaucoup de mes derniers achats ont été proposés par les Chabreuil.  :calin: Ces livres je les achète sur Internet.

La "vraie" littérature
J'ai un peu honte de le dire, mais je n'ai jamais été accro à la littérature classique .  :blush: J'aime Jules Verne, Baudelaire, La Fontaine, mais c'est à peu près tout. Ayant fait toute ma scolarité à l'école européenne où il faut apprendre trois langues étrangères, même en section math, j'ai du me farcir Brecht, Dürrenmatt, Kafka ou Shakespeare dans le texte, et je n'en garde pas de souvenir inoubliable. C'est sans doute quelque chose que j'ai à redécouvrir.

Le piège du 5
La compulsion du besoin d'information est telle que je lis beaucoup de livres qui au fond ne m'intéressent pas. Je m'en rends compte, car il m'arrive d'arriver au bas de la page et de me demander ce que je viens de lire. Souvent mon esprit vagabonde, mes pensées sont ailleurs car le texte qui défile sous mes yeux ne me passionne pas vraiment. Je lis toujours plusieurs livres en même temps. Il y a des livres à la toilette, sur ma table de chevet, au bureau, au salon, partout. Il m'arrive assez souvent de ne pas finir un livre, car je viens d'en commencer un autre qui me plait plus.

Voilà. J'espère ne pas avoir été trop prodigue !

Bonne journée. Amicalement,
Jean-Nicolas

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Décidément, vos témoignages sont passionnants. Jean-Nicolas, le tien me fait réaliser que, pour moi, une bande dessinée n'est pas un livre. :blush: J'en ai d'ailleurs très peu lues, détestant l'école belge, mais adorant, par exemple et notamment, le génialissime Génie des Alpages de F'Murr.

 

Un livre de reproductions d'art ou de photographie n'est pour moi pas vraiment un livre non plus. J'en ai, bien sûr, mais c'est une catégorie à part, rangée d'ailleurs à part !

 

En bref, il me faut du texte, du vrai, du pur et dur, de la lettre en noir sur fond blanc. Oui, je sais, c'est un peu intransigeant !

 

Très amicalement,

Fabien

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Aurolaf

Rebonjour,

Quelques réactions par rapport à vos témoignages.

Le petit Prince est aussi de très très très très loin mon livre préféré. Je l'ai lu un première fois très jeune et je le relis chaque année avec la même émotion. J'avoue n'avoir jamais fait le lien "entre ce livre et la vertu de simplicité et l'idée supérieure d'altérité". Par contre, j'ai toujours été touchée par le renard que l'on doit apprivoiser. Depuis toute petite, j'ai l'impression d'être comme le renard et qu'il faut m'apprivoiser.

La Rose m'a aussi toujours interpellée : elle fait la méchante avec ses épines pour se protéger… mais au fond, elle est fragile… Un peu comme les 8 qui font les grandes gueules et qui sont, au fond d'eux, de grands enfants blessés (en tout cas pour les 8 alpha ; je trouve les 8 mu moins "grandes gueules").

Les BD ne sont pas non plus pour moi des bouquins. J'ai d'ailleurs beaucoup de mal à lire une BD !

Les livres d'art ou de photos : j'ai une approche bizarre =>
Dans un premier temps, je traite le livre comme un "vrai livre", c'est-à-dire que je lis le texte (lorsqu'il s'agit d'un bouquin technique de peinture ou mosaïque par exemple) en lien avec les images.
Dans un second temps, je ne vais que regarder les images (et plus jamais lire le contenu)… et ce livre, comme chez Fabien, est traité dans une catégorie à part et classé à part ; dans certains cas, il devient même un objet de décoration (et perd donc sa fonction initiale).

Jean Nicolas, j'ai beaucoup ri en lisant : "J'aime avoir l'impression d'avoir le choix. Je ne supporte pas que l'on m'impose une lecture. Au lycée j'ai fait un exposé sur Le Rouge et le Noir sans avoir lu le livre. Je me suis procuré un livret explicatif que j'ai lu en vingt minutes, et j'ai réussi à donner le change." J'ai fait exactement la même chose en classe de première (alors que ça ne me coûtait rien de lire le livre, dont j'ai oublié le titre !) rien que pour le plaisir de transgresser les règles !!!!

Enfin, à propos des 8 et des livres de psychologies, j'ai une amie 8 mu (Hou hou, quand viens-tu témoigner sur le Panneau ? Tu vas te reconnaître !!!) qui a une collection de livres de psycho largement supérieure à la mienne. Et je préfère ne pas vous parler de sa collection de livres sur l'homéopathie (elle est de sous type conservation !) => Ça m'impressionne… et pourtant j'en connais un rayon en terme d'excès !!
Tiens tiens, ça me fait réaliser que nous n'avons pas parlé de nos sous-types (à part Fabien dans son premier message).
Ceci dit, je ne vois pas trop en quoi mon sous-type conservation joue sur mes lectures… Je vais y réfléchir !

Amitiés from India !

PS spécial Fabien : "J'ai tendance à considérer que ne pas aimer lire, c'est être quelque part incomplet." Une telle évaluation de mon 6 mu préféré, ça mérite UN SMILEY COUP DE BOULE (non disponible dans le catalogue de ce panneau !!! Pfft y'a vraiment rien pour les 8 !!!)

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Harper

Bonjour à tous,

 

Je ne lis pas en général d'essais, ni d'écrits polémiques. Je pense que c'est lié chez moi à l'évitement de la déviance, au doute et à la répression du mental. Certains écrits trop "sérieux" ou trop… euh… "dans tous les sens", ainsi que certains aspects "trop intellos" de science-fiction (les paradoxes temporels, par exemple), tendent à me donner l'impression que mon mental va partir dans toutes les directions à la fois, donc je panique, et le mental se réprime… :happy:

 

Ce qui fait que j'ai tendance à aborder certains sujets "de biais", par l'intermédiaire de fiction "soft" (de type 9 par exemple) qui me permettent de me poser certaines questions existentielles sans risquer la déviance…

 

Très cordialement,

Bénédicte

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Andie

Bonjour à tous,

Je découvre ce sujet avec beaucoup de plaisir.  :glouton: Je me retrouve beaucoup dans ce qu'a écrit Bénédicte (sauf l'«Heroic Fantasy », ce n'est pas le genre que j'aime, mais comme elle, j'apprécie le polar historique ou le roman énigme).

Je remarque aussi que les livres occupent une grand place dans ma vie depuis l'enfance où je me réfugiais dans la lecture ; je dévorais les livres les uns après les autres, rien d'autre ne m'intéressait. Certainement dû au dysfonctionnement familial et à la peur des autres  :peur:, les livres me transportaient dans un monde meilleur que je ne voulais plus quitter.

Je pense aussi que même si on évolue dans la SD, nous avons tous une préférence littéraire liée à l'ennéatype. J'ai besoin de découvrir un autre monde, de tenter de le comprendre. Comme le 7, mon aile principale, et Fabien tu le décris bien, je vis la gloutonnerie : un Sinouhé l'Egyptien, et hop tous les Mika Waltari  :glouton: (même à aller chercher les plus rares), comme tous les Françoise Giroud, tous les Amin Maalouf, tous les Michel de Grèce, tous les livres sur les Médicis, etc.  :glouton: Je constate que je favorise deux genres de lecture auxquels je suis le plus fidèle : ce sont les biographies et le roman historique. J'ai toujours aimé tout ce qui était lié à l'aventure et aux énigmes, que ce soit vers huit ans en littérature jeunesse avec les séries des Club des 5, Alice ou Jeunes filles en blanc, puis à l'adolescence les nouvelles d'Edgar Poe dont La lettre volée… dont j'ai adoré décortiquer la structure pour le Bac de français.

Comme Patricia, j'ai adoré Tolkien et j'ai tout dévoré.  :glouton: Mais je n'ai pas essayé d'autres auteurs.

Dans ma période BLEU : tout sur la synchronicité, le sens de la vie, les secrets de famille, la psychogénéalogie, l'analyse des rêves, l'interprétation des contes de fées, la psychanalyse de Dieu, etc.

Fascinée et passionnée vers 15-20 ans (mais plus trop à 30 ans) par la civilisation pré-colombienne, j'ai beaucoup lu sur les Aztèques, les Incas… Puis la civilisation égyptienne, même jusqu'à dévorer un essai sur le processus de momification, ce qu'aujourd'hui, je ne pourrais plus lire.  :beurk:

Dans ma période ORANGE : les BD XIII, Largo Winch, etc. J'ai dévoré le Da Vinci Code et lu tous les livres qui le décryptent. Puis Millenium. Mais je constate que, même si j'ai été prise par l'intrigue, ce sont des livres que j'oublie vite et qui ne marquent pas tant que ça finalement.

Il y aussi les récits de vie de personnes plus ou moins célèbres, surtout les destins hors du commun que ce soit Jéromine Pasteur, Françoise Giroud ou Simone Veil. Je ne sais quel lien faire : peut-être avec Force-beauté ?

Dernièrement, j'ai dévoré et adoré des livres sur les artistes : Raphaël, Léonard de Vinci et Mozart.

Pas d'essais, ni de livres théoriques, ça me fatigue d'avance !

Je pense aussi que le milieu éducatif influence largement nos genres de lectures. Ma mère, une 9 alpha, a été et est toujours d'ailleurs une grande source d'influence. Elle m'a fait découvrir Stefan Zweig, et tant d'autres. À chaque fois qu'on se voit, on parle de nos lectures et on se les échange. Cette stimulation reste bien présente, et c'est un moment important dans notre relation mère-fille.

En lisant Aurore, je constate qu'inconsciemment, j'ai offert à mon père, un 8, les livres sur des 8 : Napoléon, De Gaulle, etc., par des auteurs différents.

En dehors de ma mère qui est ma prescriptrice n° 1, je reste aussi fidèle à un libraire dans la petite ville à côté de chez moi, dont les conseils se sont toujours avérés judicieux, et bien avant que ça cartonne.

Merci de ton éclairage Fabien sur ta part de VIOLET et ton besoin d'avoir des livres partout où tu vas. Je n'avais pas vu le lien. Je mettais plus cela sur le compte de mon ennéatype et du centre mental. Je ne peux aussi partir quelque part sans un ou deux livres. Je réalise que chez moi, j'ai une bibliothèque dans plusieurs pièces : ma chambre (livres à lire ou lu et trop personnel pour les montrer aux invités : peut-être par peur qu'ils découvrent ce que j'aime le plus lire), le salon évidemment avec une grande bibliothèque, la chambre de mon petit garçon avec deux étagères bien remplies pour lui transmettre le goût de la lecture, le bonheur de découvrir une histoire tous les soirs (dont il est friand et c'est devenu un rituel), Mon bureau où les livres sont orientés boulot et spécifiquement que pour ça, la chambre d'amis au cas où (en bonne 6 !) ils auraient oublié leurs livres. Même les toilettes, pour dire ! C'est un peu comme si chaque pièce avait son thème (évidemment dans la cuisine, des livres de recettes).

J'ai gardé des livres assez inintéressants, un peu léger, au cas où un jour j'en aurais encore envie… Le sous-type conservation à l'œuvre ! Alors je garde longtemps et un jour, ça me sort par les yeux d'avoir gardé tous ces livres débiles, comme dit Aurolaf, qui encombrent ma bibliothèque. Certains m'ont été offert il y a des années, du genre Mars & Vénus (j'ai stoppé à la dixième page) ou Ces gestes qui vous trahissent, (je n'jamais pu l'ouvrir) Il m'est arrivé à chaque déménagement (et il y en a eu tous les deux à trois ans) de faire un grand nettoyage  :perplexe: : je commençais à faire un tri des livres à revendre, et je me retrouve avec deux livres au lieu de vingt à débarrasser.  :proud: Par contre, depuis un travail récent sur mon instinct de conservation, j'ai fait un sac avec quinze livres, je progresse !  :wink: La moitié a été revendue, et, avec l'acompte, j'en ai racheté autant…  :laugh: Ah ORANGE quand tu nous tiens…

Cordialement,
Andie

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Fabien Chabreuil

Bonjour Andie,

 

Merci pour ton témoignage.

 

"Merci de ton éclairage Fabien sur ta part de VIOLET et ton besoin d'avoir des livres partout où tu vas. Je n'avais pas vu le lien. Je mettais plus cela sur le compte de mon ennéatype et du centre mental."

L'ennéatype, et donc le centre préféré, jouent, bien sûr. Ce n'est pas un hasard que mes petits esprits protecteurs sont des livres. Le comportement ne s'explique donc bien, chez moi, que par l'utilisation conjointe de l'Ennéagramme et de la Spirale Dynamique. Mais d'autres peuvent sans doute agir pareillement pour d'autres motivations.

 

Très amicalement,

Fabien

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Shana

Bonjour à tous,

Je lis très vite. Je n'en avais pas conscience avant. J'ai remarqué que lorsque je lis une même page conjointement avec une autre personne, j'ai besoin de tourner la page alors que l'autre n'a pas encore lu les trois-quarts (bon moyen d'ailleurs pour tester ma patience et mon altérité :cool: vs mon impatience de 8 : « p***** kestufou ? » :hautetfort:).

De plus en plus, je zappe certains détails, certains mots dans le texte (cela contribue à ma vitesse de lecture). La plupart du temps, cela n'a pour moi (y compris pour ma compréhension du texte, mais pas que) aucune importance. Ce qui est amusant, c'est que j'ai pris conscience que, plus jeune, j'avais l'impression que fonctionner ainsi était incorrect comme méthode de lecture et irrespectueux pour l'auteur, ou que je risquais de passer à côté de quelque chose d'important (je raccrocherais volontiers cela à BLEU. Hum ?).

J'ai remarqué dans d'autres cas (nombreux aussi) que mon esprit vagabonde pendant que je lis. Je m'aperçois que mes yeux sont arrivés en bas de la page… et je n'ai rien compris au texte car je pensais à autre chose, une association d'idées s'étant faite avec ce que je lisais à un moment donné de la page. Mon esprit avait quitté la page, mais mes yeux ont continué de suivre les lignes de la page suivant mon rythme habituel de lecture. Pour prendre une image de musicien, ce rendez-vous « a la coda » (matérialisé par la fin de la page) me fait prendre conscience que mon mental et mes yeux ont joué deux partitions totalement différentes… Je n'ai plus qu'à revenir en arrière pour retrouver le moment où mon mental a décroché. Et relire avec mes yeux ET mon cerveau… (Je réalise que dire cela comme cela est une belle représentation de mon émotionnel réprimé totalement absent de cette description.).

Je remarque souvent que, reprenant ma lecture par exemple le lendemain, à l'endroit du marque-page, je n'ai aucun souvenir de la page (voire des deux pages) précédente(s). Vu ma mémoire d'éléphant (de 8), je serais plus encline à y voir, non un défaut de mémorisation, mais le signe que mon esprit avait effectivement été se taper une petite balade récréative…

Quand je trouve le texte beau (pas ou pas seulement lecture utilitaire) ou qu'il me touche, je marque une pause, et souvent je reviens en arrière pour simplement relire ou pour « déguster lentement ». Je peux alors aussi faire plusieurs nouvelles pauses dans cette relecture pour laisser mon esprit faire des associations d'idées, ou partir dans l'imaginaire. Contrairement au cas précédent où mon esprit s'échappe malgré moi, dans ce cas, je suis parfaitement consciente de ce qui se passe au moment où cela se passe.

Le plus souvent, quand je lis, je me passionne. :glouton::happy:

Les romans, souvent, m'ennuient. J'avoue que je suis paresseuse pour aller à la découverte de ceux qui ne m'ennuieraient pas. Je reconnais aussi que mon mode de lecture favori (en fractionné) s'accommode mal de ce genre littéraire. Des romans, depuis des années, je n'en lis quasiment pas.

Mon rapport à la lecture ne peut pas non plus être tiédasse. Quand je trouve l'apport insuffisamment intéressant, enrichissant ou si le style de l'auteur me déplaît ou ne m'accroche pas suffisamment, je lâche le bouquin et je ne fais pas l'effort d'aller jusqu'au bout. Et je ne perds pas mon temps.

J'ai commencé à lire très tôt. Avant l'âge d'aller à l'école primaire. Petite, j'ai lu énormément de livres, de romans (Alice, Lancelot, Les 6 compagnons, etc…). Les livres ont été mes amis. Petite, à l'intérieur de la maison seulement, je ressemblais plus à une 5 (qu'à une 8). Mon mécanisme était un peu différent du tien, Aurore, (« À ce moment-là, les livres sont devenus un refuge, un prétexte à l'isolation (défense du 5 qui est mon type de désintégration) extrême. Pendant un an, j'ai vécu à travers et pour les livres. Je refusais tout contact social avec des amis de mon âge et lisait, lisait, lisait, lisait !!!! ») dans la mesure où mon fonctionnement à la maison et mon fonctionnement à l'extérieur de la maison étaient très différents (pas d'isolement à l'extérieur).

Puis, adolescente j'ai écumé les Zola, les Balzac (nous avions pour ces deux auteurs l'intégrale à la maison, joliment reliée). Je trouvais particulièrement intéressant d'y découvrir une peinture détaillée de la société de l'époque. À y repenser aujourd'hui je crois pouvoir dire que mon intérêt pour la sociologie était probablement égal, voire supérieur, à mon goût purement littéraire. J'ai lu plein d'autres auteurs que je dénichais à la bibliothèque (la bibliothèque municipale était, à l'époque, entre mon collège et ma maison : pratique !). Beaucoup d'auteurs étrangers qui me parlaient d'autres horizons, d'autres cultures. J'ai aussi beaucoup lu en anglais et en espagnol à l'époque. La classe de terminale au lycée a marqué un premier tournant, et ma passion pour la philosophie a éclipsé la littérature de roman.

Lorsque je suis arrivée en fac, je n'ai quasiment plus lu de romans. En gros, je n'ai plus lu à cette époque que ce qui avait un rapport avec mes études de droit. Il faut dire aussi que ma passion pour le cinéma avait remplacé mon goût pour la lecture et occupait beaucoup de mon temps.

Vers la fin de mes études j'ai reconcentré ma lecture sur des essais et des ouvrages en rapport avec un thème. Au départ, souvent, j'aborde un thème par curiosité, envie-besoin de savoir, d'apprendre. Puis si le thème me passionne… jusqu'à plus soif… C'est souvent une rencontre, une discussion avec une personne qui me donne l'idée d'aborder tel ou tel thème que je connais pas jusque là. Mon goût pour la nouveauté (aile 7) s'exprime là sûrement aussi, et c'est comme cela que j'ai mis mon nez dans des tas de sujets différents, voire très… exotiques.

J'ai aussi acheté des tas de bouquins pour apprendre des langues étrangères (chinois, vietnamien, wolof, italien, néerlandais, etc.). Je ne parle aujourd'hui aucune de ces langues couramment. En revanche j'ai appris à connaître la langue de l'intérieur, sa structure, etc. J'ai la croyance qu'on ne peut vraiment comprendre un peuple que si on connaît quelque chose de sa langue.

Je n'ai jamais eu de goût très prononcé pour lire de la poésie (même si cet exercice m'amusait beaucoup quand j'étais au lycée pour faire un commentaire composé et disséquer littéralement un poème…). Jusqu'à ce que je découvre, il y a une quinzaine d'années les haïkus japonais (j'étais en plein dans mon époque asiatique). Je me souviens exactement ce que j'ai ressenti le jour où j'ai lu le premier. Oops… Mélange fait à la fois de légèreté et de puissance. Je ne connais pas grand chose qui puisse me toucher à ce point et aussi profondément.

J'achète certains bouquins que je ne lis pas forcément tout de suite. Ou alors je les commence tout de suite, mais je ne les finis pas. Ou alors je les lis par morceaux. Souvent, je sais qu'ils sont là et je sais que je peux y trouver telle chose, telle information dont j'ai besoin, dont j'ai envie. Je me suis aperçue récemment que j'achète souvent les bouquins par deux (plus rarement trois, jamais plus). Ca me donne un alibi génial pour « picorer » de l'un à l'autre avant de choisir lequel je vais lire « vraiment » en premier. Ou de n'en lire aucun dans l'immédiat.

En fait, l'essentiel de ma bibliothèque est désormais constituée d'essais et de bouquins que j'appelle « utilitaires ». Quelques rares bouquins « recettes toutes prêtes à avaler (des couleuvres) » : genre « Comment devenir mince ou belle ou musclée ou bronzée ou riche ou célèbre ou heureuse en 3 semaines… et (presque) sans en foutre une ramée »… achetés un jour (de faiblesse) où le marketing alacon a eu raison de moi, et de mon bon sens… (Arghhh… Moi 8 pas contente !) Surtout beaucoup d'ouvrages de fond. J'ai, par thème, mes auteurs chouchous. Je n'accorde pas ma confiance à un auteur aussi facilement. Quand je reconnais sa compétence, sa pertinence, sa consistance ou son autorité dans le sujet (je peux me faire une opinion très rapidement, d'une manière qui peut être très rationnelle (je scanne visuellement la table des matières et je prélève deux ou trois échantillons dans un ouvrage), ou au contraire très intuitive, tout comme je peux faire des recherches très minutieuses sur l'auteur), alors je me « nourris » littéralement de ses écrits. Si je ne lui reconnais pas de compétences ou pas de compétences suffisantes, alors je « n'avale » pas. Et je n'achète pas.

Pour moi (et par rapport à moi, mon opinion, mon échelle de mesure) un livre a trois valeurs : une valeur en termes de contenu, une valeur en termes d'argent (acheter ce livre coûte x euros) et une valeur affective pour l'objet. Plus ça va, moins la troisième valeur a d'importance à mes yeux. En revanche je suis de plus en plus attentive à l'équilibre entre les deux premiers éléments. Devant l'offre (très abondante) de librairie, je me dis : c'est bien que les auteurs puissent exprimer ce qu'ils ont à dire ET c'est bien que moi je puisse choisir et décider si ce qui est proposé à lire vaut l'investissement en argent et en temps que je m'apprête à consacrer.

J'ai toujours eu du mal à prêter mes livres. Quitte à m'en séparer, je préfère les offrir. Je ne pense pas que la raison principale soit une sacralisation de l'objet. Ce qui me gêne c'est l'idée de prêter un bouquin et de ne pas pouvoir en disposer au moment où j'en aurais besoin (je sais que quand je veux quelque chose, c'est souvent tout de suite !) parce qu'on ne me l'aurait pas encore rendu, par exemple. Ce qui me gêne aussi, c'est l'idée que je puisse découvrir qu'une personne ne me rendrait pas du tout ce que je lui ai prêté (et franchement, ça me saoule de devoir réclamer…). J'imagine que cela pourrait entamer la confiance que j'ai en elle (découvrir par exemple que la personne est malhonnête ou insouciante). En ne prêtant pas, je ne prends pas le risque d'être déçue (je sais que c'est contradictoire avec le fait que si j'accepte de lui prêter quelque chose c'est que je l'apprécie vraiment beaucoup).

Je me suis allégée de nombreux bouquins par le passé, pour gagner de la place, ou parce que les livres en question ne me semblaient pas ou plus essentiels. Il m'est arrivé, très rarement, et pour un court instant, d'en regretter quelques uns que je n'ai plus.

J'ai toujours eu beaucoup de mal (et avec le temps je crois de plus en plus de mal) avec les accumulations d'objets. Les livres, même s'ils jouent un rôle importent dans ma vie, n'y échappent pas.

En relisant mon texte, il m'est venue cette image : les livres aujourd'hui pour moi sont comme des ustensiles de cuisine ; ils doivent être pratiques, utiles, solides, intemporels, ils ont grâce à mes yeux s'ils m'aident à faire ma grande cuisine et ma petite tambouille, et contribuent vraiment à me rendre plus heureuse.

Bonne journée. :kiss2:

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Jessica

Bonjour !

Pour ma part, je lis principalement des livres qui m'en apprennent encore davantage sur moi-même et sur les mécanismes humains en général. (Au passage : petit coup de pub Fabien et Patricia pour votre Grand livre de l'ennéagramme dont je suis fan… Alors pour ceux et celles qui ne l'auraient pas encore : :hautetfort: achetez-le vite ! Il est très clair, riche en témoignages, et super-complet.)

Ensuite, s'il m'arrive de lire quelques romans, (c'est plutôt chose rare aujourd'hui), il faut vraiment que je puisse m'y évader avec une grande admiration pour le style, l'intrigue, etc. Il faut que j'aie la sensation d'en ressortir « grandie » en fait. Que le livre en question m'ait tiré vers le haut. J'aime aussi quand l'auteur (ou le narrateur) écrit à la première personne et dis « Je ». Les descriptions d'actions du type « […] et il se rendit à la cuisine pendant que Roberta y épluchait des oignons… » me barbent un peu. Ce doit être mon sous-type sexuel qui fait qu'il me faut une sorte de contact en « tête à tête » avec le narrateur pour que je le suive. J'aime qu'il se confie à moi en disant « je pense ci, je fais ça, etc. » et j'ai ainsi la sensation d'être dans de l'intimité partagée, de l'intensité, et ça fait partie de ce que je cherche.  :miam:

Ensuite, vu mes études psychanalytiques dans un Institut Freudien, je dois lire des ouvrages de ce bon vieux Sigmund et j'aime ça, c'est passionnant. Ce que j'aime moins par contre, c'est lorsqu'il reste (selon moi, bien sûr) beaucoup trop longtemps sur un petit détail qui a certes son importance, mais qu'il me paraît bien inutile de décortiquer encore et encore pendant quatre pages, alors qu'on a tous bien compris le truc qu'il voulait dire…  :sarcastic: Ah ! C'est sûr, je n'aurais pas pu être Freud, je suis certes reliée au 5 mais suis 7 avant tout, et la psychanalyse me permet de m'en rendre compte encore un peu plus à chaque instant ! (D'ailleurs les moments où je suis le plus fan de Freud, ce sont les moments où il fait de l'humour intellectuel, finement placé, ou bien ceux où il fait preuve d'autodérision…)

Bises littéraires à vous tous et à bientôt,
Jessica

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Patrick

Bonjour à tous,

Cette discussion date de quelques années, mais je souhaiterais y apporter ma contribution.

Le début du message de Jean-Nicolas peut paraître paradoxal par rapport à l'image qu'on peut se faire des 5, mais c'est un passage qui m'a justement bien parlé.

La lecture, je n'ai jamais eu ça dans le sang tout jeune, bien au contraire. En terme d'environnement (parents rentrant très tard du travail), le monde du livre n'a jamais été vraiment mon intérêt jusqu'à l'école. Or, les lectures de livres (simples, pour enfants) au primaire ne m'intéressaient pas.

Et c'est là l'origine du problème, j'ai très tôt assimilé la lecture à des "choses très ennuyeuses", en référence aux livres obligatoires à lire à l'école qui ne m'intéressaient pas du tout (Le Petit Prince inclus :wink:). Du coup, je pense que très jeune, j'ai bâti un ego tourné vers le fait que lire, c'était perdre du temps à des choses peu intéressantes. D'autant plus qu'en voyant les autres élèves lire avec passion, vitesse et intérêt, ça m'a conforté dans cet entêtement : je ne pouvais pas être plus stupide qu'eux (même pas en rêve), donc, logiquement, lire ne pouvait pas être interessant.

C'est là une manifestation de l'ego de type 5 tel que je l'ai vécu, notamment de variante alpha avec une forme de désespérance face à une montagne, en l'occurrence le fait de me mettre à lire tout en voyant les autres y arriver mieux que moi, comme si cela leur était naturel, tout en n'ayant pas de contrepartie pour prendre conscience qu'on pouvait aussi lire des choses intéressantes.

Vers l'âge de 8 ans, je me suis mis par hasard à lire un magasine d'astronomie que m'a mère m'avait acheté pour m'occuper pendant une après-midi. Ça a été le déclencheur, je voulais lire tout ce qui concernait ce sujet.
Cela a donc commencé par l'abonnement au magasine en question (via ma mère, à 8 ans) et par l'achat de toute une encyclopédie sur l'astronomie (vers 8-9 ans), et cela s'est complété par l'apprentissage de tableaux de chiffres décrivant tout le système solaire (j'ai passé le CE2 au CM2 à ça, je pouvais réciter masses, volumes et distances de chaque planète en nommant tous les satellites connus à l'époque) : lire, c'était ça, et pas les choses obligatoires à lire de l'école.

L'ego de type 5 était à l'aise avec ce contexte : un domaine intéressant, rationnel et surtout dépourvu d'émotions, que personne d'autre à l'école ne connaissait. Le pied ! J'avais un magnifique cadre pour l'avarice : j'avais beau passer les récréations à expliquer la structure interne du Soleil aux copains en CE2, je savais qu'ils n'allaient rien comprendre, et que ça resterait "à moi" (quand j'y repense, je devais paraître bizarre). Et du coup, j'ajoutais des couches de détails que moi seul comprenait.

Ce genre de lecture me permettait d'apprendre dans les moindres détails (orientation 5), enfermé seul dans ma chambre (isolement) avec mes revues et encyclopédie : c'est descendu jusqu'à apprendre la distance moyenne Terre-Soleil à la dizaine de km près, et je me souviens avoir été déçu en CM2 qu'on ne la connaisse pas au km près (je restais frustré sur le "0" qui montrait que la distance était arrondie à la dizaine), ou bien les valeurs d'année-lumière et de parsec avec plusieurs décimales après la virgule et dans plusieurs systèmes d'unités.

Je reproduisais sur des feuilles papier mes "lectures" (tableaux de chiffres et schémas) que je révisais pendant les récréations. J'ai un vague souvenir de CE2 d'être dans la file d'attente pour revenir de récréation vers la classe (avec mes feuilles dans les mains), et une fille devant moi me demande pourquoi je m'embête avec ça au lieu de jouer avec les autres. J'ai dû lui répondre qu'elle ne pouvait pas comprendre et que c'était plus intéressant que de me mélanger aux autres.

 

Dans les livres scolaires empruntables dans la classe, en CM2 j'ai "confisqué" un gros atlas, un gros pavé scientifique dans lequel il y avait de l'information "juste pour moi". Le prof disait que je devais le rendre au bout d'une semaine, comme pour tout le monde, et que d'autres élèves le voulaient. Donc je le rendais, et aussitôt je reprenais le même (ben oui, j'avais fait comme il avait demandé, il n'avait pas précisé que je devais en prendre un différent !).
Et quand le prof a insisté, je me souviens que du coup je l'amenais chez moi le soir (et il était bien lourd !) au cas où il le prenne dans mon casier quand je n'étais pas là (peut-être un début de développement de suspicion d'une aile 6 en bon soutien à l'avarice ?).
J'ai dû le garder plus de 6 mois avant de lâcher prise et le rendre, ce qui m'a fait un bien fou, je me souviens comme d'un poids qui s'était libéré (et pas seulement au sens premier du terme !).

Ensuite, collège et lycée : le même procédé, mais en un peu moins désintégré dans les détails. Par contre, mon aversion pour les livres de type "roman" s'est accentuée. Là, on ne lisait plus des livres simples pour enfants mais des "vrais" livres qui pouvaient véhiculer des émotions, tout en étant très littéraires :

  • J'évitais ce domaine de livres émotionnels autant que possible, c'était source d'incompréhension et de peur, alors encore pire si on les provoquait volontairement via un vecteur (en l'occurrence la lecture).
  • J'évitais aussi ce qui pouvait être du genre "littéraire", parce que cela apportait du bruit inutile au milieu de la vraie information à extraire.

Contrairement à Fabien, j'étais totalement hermétique à toute forme de poésie, ce qui a accentué l'écart entre l'image que je me faisais de romans (via l'école) et de lectures scientifiques.

Cette sorte de "blessure" était restée : lire des pavés c'est dur, long, et d'un certain côté, cela fait penser à ces "choses scolaires pas intéressantes où les autres sont meilleurs" (pour ne pas dire "plus intelligents", sommet de l'horrible surtout à cette époque). D'ailleurs, les passages de "gros pavés de textes" y compris dans les livres d'astronomie étaient plus difficiles que les tableaux de chiffres.

Il a fallu attendre l'adolescence avant que je ne lise volontairement un pavé ressemblant physiquement à un roman. Cette découverte de "mon premier vrai livre", je m'en souviens (La Mélodie Secrète de Trinh Xuan Thuan), cela m'a un peu réconcilié.
Cela a enclenché le "moteur", lentement.

Mais ce n'est que vers 20 ans que j'ai commencé à oser lire des romans, donc de fiction, de par ma propre volonté.

J'ai voulu lire des cycles de science-fiction qui était mon genre potentiellement préféré, mais la désespérance à la vue de la taille des tomes était trop forte pour me lancer là-dedans. Mais de plus, j'avais (et j'ai toujours) un ami 5 alpha qui adorait lire de la SF, et le fait de voir qu'il en était capable aussi facilement et froidement me confortait dans l'idée de me dire : à quoi bon, c'est sans espoir d'y arriver. Avec le plus gros risque : lire un livre de SF risquait de me mettre ouvertement face au fait que je ne savais vraiment rien du sujet au sens connaissance littéraire, alors autant ne pas s'y frotter (évitement du vide intérieur).

En parallèle, j'ai beaucoup cotoyé un oncle 7 mu qui adorait lire (des quantités impressionnantes de livres) et jouer. L'entrée dans le jeu vidéo (qui a tourné plus tard à l'informatique) s'est faite ainsi, en particulier avec les jeux de rôles sur ordinateur.
Ceci a été la graine pour mes sujets de lectures de fiction : l'heroic-fantasy. Bien sûr, Tolkien a été l'un des premiers. L'ego s'est pris au jeu, malgré la taille du pavé, j'ai lu la plupart des livres de Tolkien traduits en français, jusque dans les notes et commentaires des Contes Inachevés. J'ai aussi relu Le Seigneur des Anneaux en VO pour connaitre les détails qui auraient pu être perdus à la traduction (orientation de précision dans ce cas-là, au cas où une miette m'aurait échappé !).
Et en terme de romans, il s'agit de mon genre principal, y compris à ce jour. Mais plus pour les côté mystiques sombres et épiques et pas spécialement pour ce qui est dit "merveilleux" ou enchanteur. Il y a une forme d'approche très mentale à l'heroic-fantasy à laquelle j'accroche beaucoup. Et je communiquais peu dessus puisqu'en général les gens manifestaient ouvertement une approche émotionnelle de ce genre, et qui me mettait directement en position d'isolation.

Aujourd'hui, j'empile plus vite les livres que ce que j'arrive à les dépiler (romans ou techniques, mais cette deuxième catégorie est plus représentative). Le pire est que les conséquences de cette époque font que je lis plutôt lentement, ce qui est (très) frustrant. Et j'ai souvent besoin d'une motivation non spontanée pour continuer à lire un livre après avoir mis un marque-page (j'ai dû rarement finir un livre en une semaine).
Par exemple, je suis en train de lire le premier tome de A Song of Ice and Fire (Game of Thrones). Un chapitre par session de lecture, commencé depuis plus d'un an, sur la table de chevet et non abandonné : le format "roman" contient encore une forme lointaine de traumatisme. Mais comme ça me plait, je sais que je le finirai, lentement mais sûrement.

Un problème est que quand je lis, je lis lentement, donc je sais que je perds du temps, et j'occupe mon esprit sur d'autres idées et, comme dit par Jean-Nicolas plus haut, cela m'arrive souvent d'arriver en fin de page et de me rendre compte que je ne sais pas ce que j'ai lu, et donc je recommence.
Par exemple, en lisant le soir, il arrive que, une fois atteint le bas de la page de droite (au moment où il faut faire l'acte de bouger pour tourner la feuille), je me rends compte que j'ai passé mon temps de lecture à me réciter l'Ennéagramme et que la lecture n'a été que mécanique.

J'ai un autre livre pour quand je suis en déplacement, un autre pour quand je suis dans le métro ou pour lire sur tablette, ce qui n'aide pas à finir les livres plus rapidement ! Sans parler de nombreuses lectures d'informations sur le média internet.
Là, c'est le centre réprimé qui agit : mettre le livre de la table de chevet dans le sac dédié aux déplacements, enclencher cette action, c'est fatigant, donc il y a un livre dédié à ce contexte et qui reste dans le sac à dos, en l'occurrence en ce moment il s'agit d'un livre synthétisant les connaissances actuelles sur la notion scientifique de "vide" et l'évolution de ce concept au cours de l'histoire (c'est presque ironique comme sujet pour un 5 !).
Il y a un livre qui reste sur la table de chevet (Game of Thrones, roman heroic-fantasy). Et il y a un livre en ebook dans la tablette (Clean code, informatique) pour quand je me déplace sans le sac à dos.
C'est compartimentalisé.
Plus tout un stock à dépiler en attente, plus les lectures en ligne (forums, blogs, etc.)

Aujourd'hui je peux dire que j'aime (beaucoup) lire. J'y suis réconcilié depuis 10-15 ans. Mais c'est lent et cette lenteur est frustrante.
Je lirais plus de romans si je pouvais lire plus vite.

Et je dois me concentrer sur la lecture et réduire le volume de pensées qui arrivent en parallèle si je veux pouvoir comprendre ce que je lis (en relation avec la discussion sur la concentration avec Claire).
J'aimerais bien pouvoir me détacher complètement de l'expérience scolaire passée et vraiment la laisser derrière, parce qu'il reste encore un petit bout de frein à main enclenché.

Pour synthétiser, mes lectures scientifiques ont toujours été axées sur l'astrophysique et l'informatique. Et tout récemment, sur l'Ennéagramme, la Spirale Dynamique, et je sens bien que ce dernier domaine va s'accentuer à l'avenir.
Concernant les romans, hormis quelques exceptions, surtout heroic-fantasy.

Fabien, j'espère que je ne t'ai pas trop fait souffrir à cette lecture. :cry:

D'un autre côté, ça peut peut-être au moins aider à démystifier une image caricaturale de 5 qu'on peut facilement se faire (à dévorer des livres pour récupérer de l'information) et qui m'a aussi donné des difficultés à reconnaître mon type au début.

Amicalement,
Patrick

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

C'est amusant que nous ayons partagé ce goût de l'astronomie très jeune. En tant que 5, tu en parlais à des personnes dont tu "savais qu'ils n'allaient rien comprendre", là où en tant que 7, mon défi était de réussir à intéresser mes auditeurs… au moins un peu. Je visais donc plutôt un auditoire d'adultes.

 

"Un problème est que quand je lis, je lis lentement."

Comme tu le fais remarquer, la lecture lente implique moins de concentration et moins de mémorisation. La bonne nouvelle est que la lecture rapide, cela s'apprend.

 

"Ça peut peut-être au moins aider à démystifier une image caricaturale de 5 qu'on peut facilement se faire (à dévorer des livres pour récupérer de l'information)."

Effectivement et merci donc aussi pour cet aspect de ton témoignage. Beaucoup de 5 ont une attirance forte pour VIOLET dans la lecture ou dans d'autres contextes, un point rarement mentionné.

 

Très amicalement,

Fabien

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Flebeleb

Bonjour à tous les lecteurs,

Pendant mon enfance (j'ai appris tôt) et mon adolescence, j'ai été une grande lectrice. Larver des heures durant sur mon lit ou sur un canapé était une activité qui convenait totalement à mon instinctif réprimé. Je lisais surtout des romans et des livres de vulgarisation, quelques magazines culturels également et quelques biographies. Pilier de bibliothèque municipale et sans personne pour me conseiller, j'ai pas mal découvert au hasard. Ce sujet, cet auteur semble intéressant ? Donnons-lui une chance. Cet auteur paraît chiant comme la mort ? Laissons-le pourrir en paix. Les livres ont été des médiateurs d'importance, une source de réconfort et d'instruction.

Les livres étaient avant tout et sont toujours un outil pour comprendre le monde, et secondairement des sources de vie par procuration : ils autorisaient à ressentir diverses choses vis-à-vis des protagonistes ou à se mettre à leur place, sans craindre les conséquences d'interactions réelles. Ils me renseignaient sur les possibles états d'esprit ou états d'âme d'autrui. C'étaient également de bons outils d'isolement : "je ne suis pas vraiment avec vous, je suis dans mon livre" ou "je ne me sens pas très bien à cause de tel évènement, si je me plongeais dans un livre qui me donnera autre chose à analyser ?" Cette lecture n'était toutefois pas toujours confortable : plus le livre était reconnu dans la culture classique, plus mon type 6 cherchait quelles étaient les intentions de l'auteur et ce qu'il fallait comprendre, ou quel était l'effet recherché quand il usait d'un style particulier. C'était aussi un exercice de loyauté : allais-je pouvoir percevoir la singularité du point de vue de l'auteur ? Si oui, combien de temps serais-je en mesure de garder ses lunettes sur le nez ? Enfin, je trouvais dans ces lectures des moyens de me projeter à travers autrui dans des situations que moi-même je connaîtrais peut-être un jour : au cas où, ça pouvait toujours servir de connaître l'éventail possible des manières de réagir (par exemple à une fiente de pigeon qui vous tombe sur le nez).

Je me souviens d'un livre de vulgarisation d'anatomie du corps humain. Il émanait quelque chose de froid et de fascinant des illustrations. Cela devait trancher avec mon sous-type conservation "Cordialité" parce que je me souviens clairement de l'impression d'effroi et de malaise que me procurait le bleu froid des cartilages. Ce livre a été a la fois un moyen de mentaliser mon propre corps, et d'apprivoiser la sensation d'étrangeté que me procurait l'idée de ne pas vraiment m'appartenir. Je crois bien qu'il n'est pas pour rien dans le choix que j'ai fait plus tard d'études médicales.

Quand j'ai débuté mes études supérieures, j'ai beaucoup moins lu, en tout cas les romans ont quasiment disparu de ma table de chevet. Il me semblait alors qu'il y avait quelque chose d'irrémédiablement vain et artificiel dans ce type de livre (ça devait être une forme de bouderie envers la position "juge et partie" de l'écrivain. Pas honnête, ça.) C'est à cette époque que j'ai lu Le Seigneur des anneaux. Dans le désordre. C'est-à-dire qu'un soir je lisais un passage, un autre soir un autre au hasard, pour me délasser en profitant du style et du monde dépeint. À part cette incursion, je n'ai jamais été très attirée par ce genre littéraire.

J'ai commencé à lire des essais à l'adolescence, le genre me paraissait un peu ésotérique au départ et puis j'ai vite accroché et j'en lis régulièrement, sur tous types de sujets sur lesquels je trouve une pierre d'achoppement. Si au départ, ils me mettaient mal à l'aise car ils mettaient en évidence ma difficulté à me mettre au diapason d'un auteur (impression de lire un jargon inaccessible) (en prépa on nous avait fait lire le Projet de paix perpétuelle de Kant ; mon mental est tombé de haut quand j'ai réalisé avec les cours que de moi-même je n'avais pas compris plus de 10 % du bouquin), j'ai appris à apprécier l'exigence qu'ils demandent et à en retirer ce que je pouvais quand je le pouvais. À cet égard, l'apport de la Spirale Dynamique est significatif. Par exemple, amusante coïncidence puisque c'est un auteur qui a été mentionné plusieurs fois sur le blog Et à l’aurore (ici et ), il y a 10 ans j'étais repartie d'une librairie avec Du contre-pouvoir (le titre a dû parler trop fort à mon type 6) de Miguel Benasayag et Diego Sztulwark (alors qu'à l'origine je cherchais sans succès un livre qui aurait expliqué les fondements des différents partis politiques français). J'en ai lu la moitié avec peine. Six ans plus tard j'ai repris le livre et l'ai lu sans difficulté jusqu'au bout, et ai lu dans la foulée d'autres livres de Benasayag. La compréhension des notions de relativisme, de système, de bottom-up, d'holarchie des niveaux d'existence s'était accomplie entre temps… :kiss:

À partir du milieu de mes études, l'intérêt pour les romans est revenu. J'étais alors beaucoup plus sensible à l'impact social et sexuel : untel a été inspiré par tel auteur ? Voyons ce livre, que peut-il bien y avoir vu et quelle impression me procurera-t-il à moi ? Tel auteur aborde une problématique sociale donnée : comment parvient-il à me transmettre le général dans le particulier ?

Je ne suis pas très poésie : c'est un genre que je trouve souvent trop vague, comme regarder le monde avec des lunettes pour myope alors que je suis hypermétrope ; c'est rigolo ou dépaysant 5 minutes mais ça me donne trop souvent une impression de grand n'importe quoi, comme si plus je pouvais projeter de choses dessus, plus le poème était vide de sens. C'est un genre qui manque… de limites. Je suis alors très sensible à l'avis d'autrui : c'est parce que quelqu'un a vu ou ressenti telle chose à la lecture d'un poème que mon intérêt va naître. Sinon je les vois souvent comme des coquilles vides. Je suis beaucoup plus ouverte à la poésie récitée ou sous forme de chansons, incarnée en somme.

Récemment j'ai surtout acheté des livres pratiques (médecine, modélisme de vêtements, tricot, dessin, utilisation de logiciels). J'emprunte le reste à la bibliothèque à moins de tomber sur un essai intéressant que je veux pouvoir digérer à mon aise. Les livres acquis sont alors en lien direct avec le centre instinctif : j'investis dans un livre parce que j'ai choisi d'investir mes actions dans un domaine. Le livre est choisi avec soin : pas question de le laisser pourrir dans un coin avec mes belles intentions.

PS : mon compagnon 5 n'est pas un grand lecteur non plus. Enfant il a aussi eu sa période astrophysique-mathématique-informatique, et exerce maintenant une profession dans ce domaine. Son côté collectionneur se manifeste dans les disques et non dans les livres (heureusement sinon on n'aurait pas assez de murs) : il possède quelques livres de maths et d'informatique et quelques pavés sur des musiciens qu'il apprécie, mais semble avoir du mal à se mettre à lire. Par exemple le soir, j'adore lire 10 minutes de roman ou de nouvelle avant d'éteindre, cela me permet de faire la transition ; rapidement vient un moment où je bloque sur un passage et commence à mettre une signification fantasque sur les phrases, et alors je sais qu'il est temps d'éteindre et que je dormirai dans les 5 minutes. Lui a plus de mal avec ce type de lecture, parce que ça vient l'interrompre dans ses pensées. C'est d'ailleurs une source de conflit sur l'oreiller : pendant que j'essaye de me concentrer sur mon livre, lui adore m'entretenir des pensées qu'il a ressassé la journée et qui remontent à la surface au moment de se reposer. :talker: (Ça m'inspire un nouveau sujet foireux : tous les 5 gigotent-ils comme des carpes hors de l'eau au moment de trouver le sommeil ou est-ce juste moi qui n'ai pas de chance ?)

Contre-poétiquement vôtre,
Charlotte

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Lionel

Bonjour Charlotte,

 

… Tu n'as pas de chance, ou je suis l'exception 5 qui s'endort dès que la lumière est éteinte.

 

Idem, je ne lis et n'ai quasiment jamais lu de roman. Je lis des revues (souvent scientifiques). J'ai en fait du mal à me concentrer et mon esprit à tendance à vagabonder vers d'autres pensées. Notamment, revivre la journée passée.

 

Amitiés.

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Daly

Je situe mon entrée dans le monde de la lecture à l’âge de 22 ans. Plus précisément, à partir du moment où j’ai eu un grand choc émotionnel suite à une rupture amoureuse. À ce moment-là, j’avais entamé une profonde remise en cause, qui s’est accompagnée par mes premiers pas dans la lecture.

Je me rappelle très bien de la première fois où je suis allé acheter un livre. Je cherchais des livres pour mieux « se connaître ». Je suis rentré dans une librairie et j’avais acheté un Larousse médical et Les Contes de 1001 nuits. C’était un peu naïf, et, pour la petite histoire, je ne les ai jamais lus, mais j’étais très heureux de mes acquisitions car c’était un acte purement volontaire et conscient. C’était « moi » qui avait décidé de les acheter. Un grand moment d’intégration au sens de l’ennéagramme. En effet, il s’agit là d’une histoire de 9. Donc, il faut bien distinguer la période de léthargie où tout fonctionne sous mode automatique, de la période consciente où l’acte de lecture devient un acte volontaire et plus seulement un acte pour se complaire à la volonté des autres. Bien entendu, ce n’était pas le premier livre que je lisais lorsque je suis entré à la librairie. Pendant mon enfance et mon adolescence, je lisais même régulièrement, essentiellement des romans classiques de grands auteurs. Mais je dois préciser que je lisais juste parce qu’il fallait lire. C’était soit les devoirs de l’école, soit les recommandations des proches, soit parce que de temps en temps j’en avais envie. Avec du recul, je n’appelle pas cela de la lecture.

À partir de la vingtaine, ma lecture est devenue plus consciente et j’ai beaucoup lu pour mon développement personnel. D'abord, je me suis intéressé aux livres de développement au sens large tel qu’apprendre à s’organiser, gérer son temps, et puis, progressivement cela s’est étendu à des notions de psychologie et des théories de développement. J’ai aussi beaucoup lu les recueils de proverbes et de citations. Ce sont ces derniers que j’aime le plus apprendre par cœur. Je pense qu’un bon proverbe administré au moment propice, vaut plus qu’une tonne de théorie psychologique.

Par la suite, j’ai commencé à pratiquer le yoga. Et là, par extension, j’ai commencé à découvrir les livres sur la philosophie du yoga, le bouddhisme, les sagesses yogis, les bienfaits des postures, etc. Je suis un adepte de la pratique de B.K.S. Iyengar, j’ai donc lu ses livres.

D’une façon générale, je cherchais dans mes lectures une aide pour me découvrir et me comprendre. Au début, j’ai été très passionné par une chercheuse américaine en psychologie qui a développé le concept de Highly Sensitive People (HSP). Par la suite, je me suis intéressé à Carl Jung et au MBTI. Je suis resté toujours insatisfait par rapport à ces lectures car il arrivait toujours un moment où le cadre de description de la dynamique de l’individu me paraissait limité. Et c’est comme cela que je suis arrivé petit à petit à l’ennéagramme et à toute la littérature qui gravite autour.

Mais là où je me suis le plus aventuré reste certainement les lectures sur la sagesse de vie et les lectures spirituelles. Dans un premier temps, je me suis intéressé à la philosophie de vie des maîtres yogis, mais c’est surtout le soufisme qui a fini par emporter mon adhésion (Rûmî, Al-Ghazâlî, etc.). Là j’ai accumulé beaucoup de livres et j’ai beaucoup lu des textes ésotériques. Je dois dire que ce sont des textes peu accessibles si on n’est pas intéressé par le sujet.

Récemment, j’ai commencé à m’intéresser aux œuvres qui racontent les trajectoires de vie. Je trouve cela magnifique de lire en condensé l’histoire d’individus ayant une vie hors du commun. Je m’intéresse à leur développement, à leur initiation, à leurs pensées et leurs émotions, aux contraintes qu’ils ont vécues et comment ils se sont débrouillés pour les surmonter. Ma dernière lecture est un livre d’une artiste française, Fabienne Verdier, qui est partie apprendre la calligraphie en Chine juste après la révolution culturelle (La passagère du silence [Version Kindle]). C’est un roman à la fois biographique, historique, politique et poétique que je recommande vivement.

En dehors des lectures spirituelles et de développement personnel, j’aime beaucoup lire les romans historiques. J’aime l’histoire en tant que discipline, mais en plus dans les romans historiques, on peut lire la vie de plusieurs personnages, des fois des intrigues ou des romances. C’est exquis. Le dernier roman que j’ai lu et que je vous recommande vivement si vous aimez ce genre, c’est Magellan [Version Kindle] de Stefan Zweig. C’est un roman très court qui raconte le périple du premier tour du monde. L’intérêt de l’œuvre, outre la dimension historique, est la discussion des différentes lectures historiques du voyage par Zweig. On y apprend beaucoup sur l’Amérique du sud, le Portugal et l’Espagne. Le genre de livre où on est triste lorsqu’on arrive à la fin.

J’aime lire les nouvelles plutôt que les romans. Ce que je recherche dans les nouvelles, c'est une atmosphère, un mélange d'intemporalité et de mystère. Plus la nouvelle m’interpelle, plus elle est capable de susciter en moi une réflexion ou imprégner une émotion forte, plus je deviens adepte. Une bonne nouvelle vit longtemps en moi après la fin de sa lecture. Je la savoure et la rumine. Ce que j’apprécie également dans les nouvelles, c’est leur fin. Une bonne nouvelle sans chute inattendue perd beaucoup de sa valeur à mes yeux. C’est là où réside pour ma part la puissance des histoires courtes. Je trouve souvent que les romans sont longs et qu’ils ne vont pas assez à l’essentiel. Rares sont les auteurs qui sont capables de rédiger de longues œuvres avec la même qualité. D’une façon générale, plus j’avance dans mes lectures, moins je lis de romans.

Lorsque je suis fatigué et que je n’arrive pas à lire, je lis souvent une BD. Grâce à un abonnement à une médiathèque, j’ai pu découvrir des dizaines d’auteurs différents et lire plus d’une centaine de BD ces dernières années. Dans les BD, je cherche tout ce qui est en rapport avec le thème  « histoire » « samouraï et pirates », « romance-séduction », et « contes », en plus de quelques classiques.

Je dois préciser que de part mon métier, je lis également beaucoup. Je fais de la recherche, et donc une bonne partie de mon travail consiste à lire une littérature dite scientifique. Ce sont les articles publiés dans les journaux scientifiques. Cette partie de mes lectures a développé mon sens critique des livres, mais surtout cette notion de faire le point sur une idée ou un concept, très caractéristique de la démarche scientifique.

Si j’avais à décrire ma trajectoire de lectures, je dessinerai un arbre. Le tronc serait mes lectures scientifiques. C’est là où j’ai fait mon apprentissage de la lecture et le besoin de faire le point sur une littérature. Par la suite, deux grandes branches se détachent : les lectures de sagesse et de spiritualité d’un côté et puis les lectures sur le développement personnel. Tout cet arbre s’est nourrit à travers mes relations amoureuses. La citation d’Aragon que « l’avenir de l’homme c'est la femme, elle est la couleur de son âme » s’applique parfaitement dans mon cas. C’est parce que j’ai eu très mal suite à une relation amoureuse que je me suis posé la question sur la finalité de l’existence, c’est parce que j’ai voulu séduire des femmes que j’ai cherché à me développer, et enfin c’est parce que je ne comprenais pas pourquoi j’étais attiré par un certain type de femmes plutôt que d’autre que je me suis ouvert à la typologie de la personnalité. C’est également grâce à cette dernière interrogation que la branche sur la psychologie transpersonnelle est née.
 
Cet arbre observe un rythme saisonnier : il y a des périodes d’hibernation qui alternent avec des périodes de croissance forte. Je le vois grandir et mon bonheur augmenter avec. Cet arbre me réserve toujours beaucoup de surprises, et c’est ce qui me plaît le plus. En effet, des bourgeons naissent là où on ne les attend pas, tel que récemment, le besoin d’en apprendre plus sur la physique quantique qui est né à partir des lectures spirituelles sur la dualité des faits. Aujourd’hui, je n’ai plus qu’à me laisser aller et sauter d’une branche à une autre…

Anecdote

 

Lorsque j’ai obtenu mon premier poste, j’ai dû changer de ville et par conséquent déménager. J’avais fait le choix de tout vendre et de me réinstaller à nouveau car il était trop coûteux de tout garder. J’étais prêt à tout vendre, sauf mes livres. C’est ce que j’avais de plus précieux chez moi. J’ai donc dû me résigner et faire un tri pour en céder une partie à un bouquiniste. C’était un moment dur, presque philosophique ; quels sont les livres qui comptent vraiment pour moi et ceux dont je pouvais m’en séparer ? J’ai donné les romans, en commençant par les plus mauvais, et puis les lectures les moins intéressantes et enfin les livres les plus lourds. Mon unique consolation était que le bouquiniste avait tout acheté en me rétorquant : « Je ne possède aucun de tes livres. » J’étais reparti avec un gros chèque.

En parcourant cette conversation, j’ai vu qu’il y avait une discussion sur la bibliophilie. Pour ma part, je ne cherche pas à collectionner. Mes livres me sont chers parce que j’ai sincèrement besoin d’eux. Lorsque j’ai une question en tête, il faut que je retrouve immédiatement la réponse, d’où le besoin de proximité avec mes livres. Cela m’ennuierait beaucoup de perdre les ouvrages que je possède dans ma bibliothèque, mais c’est un ennui purement fonctionnel : tout le temps et l’énergie consacrés pour constituer cette base de lecture serait à refaire.

J’aime provoquer les gens lorsqu’ils sont trop attachés à un livre au détriment de son contenu, surtout lorsqu’il s’agit d’histoires de religion. Je leur dis : « Tu sais, les feuilles de ton livre ont été produites par les arbres des forêts amazoniennes. En achetant ce livre, tu contribues ainsi à la déforestation de la planète. Pire que cela, l’encre utilisée a été produite par des enfants travaillant en Chine, et la couleur rouge est extrêmement polluante… » Effet garanti. :wink:

Je n’aime pas beaucoup prêter car j’ai toujours peur que le livre ne revienne pas. Par contre, j’aime beaucoup recommander des livres et mes proches viennent régulièrement me demander des conseils de lecture. J’aime prêter seulement lorsque je sais que la personne en face profitera pleinement de la lecture. Un peu comme une bonne bouteille de vin : inutile de faire goûter un grand cru à un débutant. Dans ce cas, je n’hésite pas, au contraire.

En permanence, j’ai une liste de livres à lire ainsi que 5 à 6 ouvrages sur ma table de chevet. Je lis la plus part du temps avant de me coucher, ce qui me cause régulièrement des pannes de réveil le matin. Je dépense sans compter pour acheter des livres. C’est probablement le seul poste d’achat où le prix m’importe peu. Si j’exagère dans la dépense, cela sera juste reporté pour le mois suivant. Ma seule contrainte, est la place encore disponible sur l’étagère de la bibliothèque.

Héritage familial

 

J’ai grandi dans une famille qui valorise beaucoup la lecture. Ma mère pouvait très bien me refuser un cadeau à 10 euros sous prétexte que cela était inutile, mais ne voyait strictement aucun inconvénient à débourser quatre ou cinq fois la somme pour un livre. Au contraire, avec mes parents, on ne lisait jamais assez de toutes les façons.
 
Avec du recul, je me rends compte que mes parents n’étaient pas très pédagogues dans leur initiation. Ils considéraient qu’on était capable de tout lire à partir du moment qu’on savait lire. C’était trop ambitieux. À sept ans, ma mère (ennéatype 5) m’avait offert Le Petit Robert. Je me rappelle encore de la scène, très solennelle, où elle m’avait emmené à une librairie et m’avait fait ce cadeau. Pour un gamin, 2000 pages écrites en police taille 4, relevait plus d’un traumatisme que d’une agréable surprise.

De ce milieu, j’ai découvert deux notions : l’évidence de la lecture et l’exigence par rapport au contenu. Ce que j’appelle l’évidence de la lecture, c’est le réflexe d’aller chercher une information dans un livre dès lors qu’on fait face à une question. Par exemple, si j’entends pour la première fois le mot ennéagramme et que je souhaite en savoir plus, je vais me précipiter pour aller acheter quelques livres sur la question. De même pour un nouvel auteur, une théorie ou tout simplement une recette de cuisine. La lecture devient dès lors un remède à tout problème, à l‘instar d’une respiration, comme une évidence. La deuxième notion que j’ai appelée l’exigence par rapport au contenu, est la sensibilité aux critères de production d’un ouvrage. Par exemple, où est-ce que le livre a-t-il été publié ? Dans quel contexte a-t-il été rédigé ? Quelle est la qualité de la rédaction ? Quelle est l’histoire de son auteur ? C’est important pour développer l’esprit critique. Ainsi, ce n’est pas parce que c’est écrit dans un livre que c’est pour autant vrai et qu’il faut y croire.

J’ai été sensibilisé à ces deux aspects durant mon enfance et mon adolescence.  Mais j’étais loin de pratiquer cela. J’ai compris et appliqué cela beaucoup plus tard lorsque j’ai fait ma crise existentielle durant la vingtaine. Je suis très reconnaissant aujourd’hui à mes parents car lorsque je me suis trouvé seul au monde au milieu d’une tempête, j’ai trouvé une lanterne qui a permis d’éclairer mon chemin. Je ferai tout pour transmettre à mes enfants cet intérêt pour la lecture.

Quelques réactions par rapport à ce qui a été déjà écrit

  • J’ai remarqué que beaucoup de personnes ont cité des phrases qu’ils connaissent par cœur ou même des extraits de texte. Je dois dire qu’en ce qui me concerne, je ne suis pas très amoureux des mots. J’aime les phrases bien écrites, cela va sans dire, mais je suis rarement impacté par « l’esthétique » de la rime ou l’équilibre des mots. Je suis sensible à cet aspect uniquement dans le cas des proverbes. Sinon, ce sont les idées qui m’imprègnent le plus.  
  • Je ne connais pas encore la spirale dynamique, donc je n’arrive pas à dire s’il y a une relation entre mes lectures et mon évolution. Par contre, je me demande s’il existe un lien entre l’ennéatype d’un individu et ce qu’on cherche en lisant un livre et comment vit-on une lecture.
  • Est-ce que je lis vite ? Oui, je pense. Je suis rapide dans l’appréhension du contenu d’un livre, c'est-à-dire je sais repérer rapidement les parties pertinentes du livre de celles qui sont moins percutantes, et ainsi j’arrive à parcourir très rapidement le contenu d’un livre. Cependant, je suis dans la moyenne lorsqu’il s’agit de rapidité de lecture dans le sens premier du terme lecture.
  • « Quand cela me plaisait, la gloutonnerie entrait en jeu : Macbeth, c'est exaltant, et hop tout Shakespeare ; L'Écume des jours, c'est émouvant, et hop tout Boris Vian ; Les Jeunes filles, c'est émoustillant, et hop tout Montherlant ; etc. » Ha ha, ça m’a fait beaucoup rire, Fabien, ce que tu as écrit. Étant 9, jamais, probablement au nom de l’inertie ou de la paresse, je ne m'aventurerais à tout lire d’un auteur juste parce qu’un ouvrage m’a plu. J’ai plutôt un comportement de type maximisation de l’impact d’un livre. La question est plutôt : quel est  le livre le plus représentatif à lire ? Ou quel est l’échantillon de livres le plus intéressant à approcher d’un auteur ? À chacun sa passion. :wink:

Voilà, pour terminer, merci pour ce merveilleux sujet. Merci Fabien pour ton invitation à témoigner dans cette conversation dont j’ignorais l’existence. Merci enfin à l’initiateur de ce sujet.
Bien à vous,
Daly

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci Daly pour ton long et détaillé témoignage. Même si toute personne connaissant l'ennéagramme y verra des liens avec le couple passion-vertu et avec le domaine du 9, il serait intéressant que tu essayes de mieux préciser le rapport entre tes goûts et ta manière de vivre ton ennéatype, rapport qui n'est pas évident pour certains aspects. Cela faciliterait la découverte de points communs entre les personnes d'un même profil, ce qui est l'objectif de ce secteur du forum.

 

Je profite, comme précédemment, de ton message pour compléter ma propre déposition. :wink:

 

"Lorsque je suis fatigué et que je n’arrive pas à lire, je lis souvent une BD."

Pour moi, ne pas arriver à lire est quelque chose qui ne s'est jamais produit et que je n'imagine pas pouvoir se produire.

 

"Je n’aime pas beaucoup prêter car j’ai toujours peur que le livre ne revienne pas. […] J’aime prêter seulement lorsque je sais que la personne en face profitera pleinement de la lecture. Un peu comme une bonne bouteille de vin : inutile de faire goûter un grand cru à un débutant."

Je n'aimais pas beaucoup prêter pour la même raison que toi. Prêter un livre à quelqu'un était un acte d'amour. :rofl: Au début de notre relation, Patricia m'avait offert une pince à gaufrage, ce qui me permettait de marquer le peu de livres que je prêtais. C'était chic et rassurant. Aujourd'hui, je ne lis quasiment que des livres électroniques, et le problème n'existe plus.

 

Contrairement à toi, je pense qu'il faut faire goûter un grand cru à un débutant. Un goût, ça se forge, et ça ne s'éduque pas avec de la piquette. Aimerais-je lire si j'avais commencé avec Guy des Cars ?

 

"À sept ans, ma mère (ennéatype 5) m’avait offert Le Petit Robert. […] Pour un gamin, 2000 pages écrites en police taille 4, relevait plus d’un traumatisme que d’une agréable surprise."

Mon premier souvenir de livre, je n'avais pas 5 ans, est un dictionnaire. Quand j'y repense, je ressens encore la joie vécue à l'époque. À sept ans, comme dit plus haut, je me suis fait offrir Le Grand Larousse de l'astronomie, un énorme pavé dont je me suis délecté. De tout temps, plus il y avait de contenu, mieux c'était !

 

"Ha ha, ça m’a fait beaucoup rire, Fabien, ce que tu as écrit. Étant 9, jamais, probablement au nom de l’inertie ou de la paresse, je ne m'aventurerais à tout lire d’un auteur juste parce qu’un ouvrage m’a plu."

Je lisais tellement vite et j'y consacrais tellement de temps que lire un auteur entier n'était pas au détriment de la découverte d'autre chose, mais je ne pouvais pas laisser échapper la reproduction du plaisir déclencheur.

 

Très amicalement,

Fabien

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Rosso

Bonjour à tous,

 

Depuis toute jeune j'aime les livres. Mon contexte familial a certainement facilité ce goût de la lecture : il était de bon ton de lire, beaucoup moins de regarder la télévision (qui pour la petite histoire est tombée en panne quand j'avais 7 ans et est restée à pourrir dans son meuble pendant au moins 10 ans).

 

Enfant, j'allais toutes les semaines à la bibliothèque et je me réfugiais dans les romans : j'en lisais entre 5 et 10 par semaine. Dans mon souvenir, c'était souvent des romans où je pouvais m'identifier aux personnages ; je me souviens par exemple que j'adorais Alice détective toujours entourée de ces deux cousines (un bon groupe pour une 6)…

 

Adolescente, en plus des romans, je lisais des revues scientifiques vulgarisées type Ça m'intéresse, Science et vie, etc.  J'appréciais ce type de lecture mais je les choisissais aussi pour l'image d'intellectuelle que je renvoyais auprès de mes "personnes de référence".

 

Jeune adulte, je lisais toujours mais moins. J'ai même difficile à me souvenir ce que je lisais. Depuis plusieurs années, je lis essentiellement des essais et des livres de développement personnel, des magazines de psychologie et de sociologie. Pour ce qui est des romans, quand j'en lis, j'apprécie ceux où j'apprends quelque chose et qui me procurent des émotions.

 

Je lis beaucoup trop lentement à mon goût. Je sens bien en écrivant ça le besoin compulsif de mon centre mental de comprendre le monde, d'accumuler des informations. 

 

Cordialement,

Rosso

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Daly

Merci Daly pour ton long et détaillé témoignage. Même si toute personne connaissant l'ennéagramme y verra des liens avec le couple passion-vertu et avec le domaine du 9, il serait intéressant que tu essayes de mieux préciser le rapport entre tes goûts et ta manière de vivre ton ennéatype, rapport qui n'est pas évident pour certains aspects. Cela faciliterait la découverte de points communs entre les personnes d'un même profil, ce qui est l'objectif de ce secteur du forum.

Pour faire suite à ta remarque Fabien, ci-joint un complément à mon message du 11/01/2016 qui analyse plus précisément le lien entre l’ennéatype et les lectures.

 

La motivation profonde derrière la lecture

 

Je me rends compte que je lis rarement juste pour « le plaisir » de lire. Par exemple, je peux aller faire du théâtre parce que je trouve cela plaisant, et rien que pour ce plaisir j’irai à ma séance de répétition. C’est moins fréquent avec la lecture. La motivation derrière est différente. En effet, lorsque je lis, je satisfais soit un besoin utilitaire soit un besoin de compréhension et de connaissance.

 

J’explique ces deux motivations par un parallèle avec les centres. Pour l’instinctif qui a pour questionnement principal « comment », cela se traduit par l’envie utilitariste. En revanche, ce qui est plus surprenant pour moi, c’est plutôt le questionnement de compréhension. Je suis un 9 mu c'est-à-dire que je réprime le centre mental alors qu’une grande partie de mes lectures est centrée sur la compréhension et à la réponse à la question du « pourquoi ». J’ai beaucoup réfléchi à ce point et je me suis souvent interrogé sur l’origine de ce deuxième questionnement. Je pense que l’explication se trouve dans ce qu’une fois j’ai entendu parler du domaine d’intérêt. Dans mon cas, il est clairement mental.

 

Évolution des lectures

 

Dans l’évolution de mes lectures, je retrouve les différentes dynamiques de l’ennéagramme du 9 : tout d’abord, d’un état léthargique et brumeux où la lecture se résumait à lire ce que les autres me suggéraient de faire. De temps en temps, cette lecture peut répondre à des envies fortes qui me prenaient soudainement car un livre m’a plu pour une raison ou une autre. Mais d’une façon générale, mes lectures étaient sans direction aucune et sans cohérence. Aujourd’hui, mes lectures sont plus conscientes, centrées sur mes intérêts et mes désirs, et en plus et surtout complètement assumées. J’insiste sur le complètement assumé car je n’éprouve plus un manque ou le besoin de lire juste parce qu’une autre personne me suggère ou me recommande un livre. Pour moi, ce manque était relié à une certaine forme de fusion qui amplifiait cette identification dans les lectures des autres. J’ai en quelque sorte développé ma propre opinion sur la question avec mes propres critères et mon propre référentiel.

 

Ensuite, on retrouve bien cette transformation qualitative dans mon évolution des lectures, presque de manière caricaturale, dans le sens passion-vertu et fixation mentale-idée supérieure. Ainsi, l’amour, au sens large du terme, a été un catalyseur dans ma progression tel que je le résume dans la métaphore de l’arbre (cf. post du 11/01/2016). Simultanément et parallèlement à cette dynamique vertueuse mentale, la sensation de paresse et d’inertie s’est muée en activité bouillonnante. L’acte de lecture en soi m’est devenu très léger en comparaison de ce qu’il pouvait être il y a quelques années en arrière. Avant, l’idée de lire en soi, était un mix de plaisir et de pénibilité. Je pouvais me réjouir à l’idée que le livre était intéressant mais déchantais complètement à la perspective de passer moult heures à lire. Ce n’est heureusement plus le cas. Aujourd’hui, si j’ai envie d’en savoir plus sur un sujet, cela ne me dérange absolument pas de lire plusieurs livres sur la question.

 

La décision d’acquisition d’un livre

 

L’appétit du 9 peut me pousser à acheter des livres de manière compulsive. J’ai envie d’acheter le livre parce que j’ai envie de dévorer un thème que je viens de découvrir. C’est une sensation purement animale, similaire à celle de la faim et la vue de la nourriture. En réalité, si je suis honnête avec moi-même et que je prends le temps de m’écouter avant d’acheter le livre, je découvre que je ne suis pas tant que cela intéressé par le livre.

 

Des fois je me demande également si ce n’est pas mon aile 1 de perfectionniste qui peut être également motif d’achat des livres en me suggérant qu’il faut disposer de tous les ouvrages qui traitent du sujet sinon ma lecture serait incomplète. Ainsi, je suis sûr d’être en possession de TOUTES les informations et de TOUS les auteurs concernant mon sujet, au cas où.

 

En lisant le livre de Sandra Maitri (Les 9 visages de l’âme), je suis tombé sur le concept des pièges des ennéatypes. Celui du 9 est le piège de la « recherche ». Ce mot a eu beaucoup d’écho en moi, plus que l’appétit et le perfectionnisme car il résume la motivation profonde derrière ma frénésie d’achat dans ce cas précis : j’ai l’impression que « le monde » va dépendre de cette lecture précise en ce moment précis. C’est comme une recherche de trésor dans laquelle j’ai fini par trouver le trésor. Comment alors résister et ne pas se trouver dans l’obligation d’acquérir le livre ?

 

Ce concept de « recherche » m’a encore fait réfléchir et en fait me rendre compte qu’il s’agit ni plus ni moins d’une contrepassion. Dans le cas du 9, elle se traduit par une hyperactivité et dans mon cas c’est une frénésie d’achat. J’ai fait exprès de laisser au lecteur l’explication de l’appétit, du perfectionnisme, et le piège « recherche » pour montrer le cheminement de la réflexion et les confusions auxquelles j’ai fait face. C’est donc par contrepassion que je peux des fois me mettre à acheter des livres. C’est essentiellement les achats sur Internet qui sont concernés. Ceci n’est pas étonnant, l’ordinateur et la navigation constituent de fortes sources d’hypnothiques.

 

Une anecdote : ce sont presque toujours ces livres, c'est-à-dire ceux que j’ai achetés par contrepassion, sur lesquels je vais exercer ma narcotisation en procrastinant la lecture. J’achète le livre dans un mouvement de frénésie et je reporte la lecture à un autre jour. La nature est bien faite !

 

Pour terminer, j’ai mis les éléments qui m’ont paru importants mais je ne suis pas certain d’avoir fait le tour de la question. Je continue donc à observer…

 

Bien à vous,

Daly

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci Daly pour ce complément d'information intéressant et précis.

 

Juste une remarque : "Je pense que l’explication se trouve dans ce qu’une fois j’ai entendu parler du domaine d’intérêt. Dans mon cas, il est clairement mental." Le domaine du 9les domaines sont plus des zones de préoccupation que d'intérêt — ne concerne pas le centre mental.

 

Très amicalement,

fabien

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