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Enneafan

A propos du film 'American Beauty'

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Enneafan

Amis de l'ennéagramme et du cinéma, je me permets de vous recommander chaudement d'aller voir "American Beauty".

D'abord parce que c'est le genre de film où tous les publics, du populaire aux cinéphiles exigeants, y trouvent leur compte et ensuite parce que les passionnés de "ciné-agramme" devraient trouver du grain à moudre aussi…

Certes, certains personnages sont proches de la caricature : 3 obsédée par la réussite et le tape-à-l'oeil, 8 qui lorsqu'on découvre sa faiblesse ne le supporte pas, etc. Je ne vous dis pas qui est qui, d'abord pour ne pas trop dévoiler et puis parce que vous ne seriez pas forcément de mon avis…

Mais c'est un film intéressant parce que les personnages les uns après les autres font tomber les masques qui cachaient leurs faiblesses, leur détresse, leurs mensonges, leurs trahisons, leurs reniements ou tout simplement leur authenticité…

Bien sûr, j'aimerais pouvoir typer tous les personnages du film, mais celui qui me titille le plus est celui du héros (interprété par le toujours épatant Kevin Spacey)…

S'agirait-il d'un 6 contre-phobique qui se réveille ? D'un 9 qui passe à l'action et qui s'affirme ??…

J'avoue que je patauge un peu… Donc, si vous allez voir le film, merci de me donner vos impressions…

 

P.S. : Fabien, je ne savais pas dans quel rubrique du panneau poster ce message. A toi de le déplacer à ta guise, si besoin est…

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Fabien Chabreuil

Salut enneafan,

 

J'ai aussi vu et adoré ce film qui sera certainement dans la rubrique "Ciné-agramme" dès sa sortie en vidéo.

 

Certains personnages ne sont pas si simples à identifier, peut-être parce que j'ai trop aimé le film pour avoir la distance nécessaire à une analyse fine…

 

Cependant, Patricia et moi sommes convaincus d'une chose : le personnage principal est un 9. Il se plaint d'avoir été ignoré, quasiment invisible pour sa famille ; il rayonne d'acceptation et d'humanité comme dans la scène où l'ancien militaire (un 8 ou un 6 contrephobique ?) vient l'embrasser dans le garage, etc.

 

Très cordialement,

Fabien

 

P.-S. : Comme tu le vois, j'ai déplacé le message. Encore une nouvelle rubrique dont tu es à l'origine. Merci de ta participation et d'élargir ainsi le champ des discussions possibles sur ce panneau.

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Enneafan

Bonjour Fabien !

 

Si chaque fois que j'envoie un message, tu crées une rubrique, je vais finir par réclamer des droits d'auteur… Non, je plaisante bien sûr…

 

A propos de "American beauty", tes dires confirment mes impressions, à savoir que le personnage principal est un 9 qui sort (enfin !!…) de sa léthargie et de son inertie…

Et là je constate que quand un 9 décide de passer à l'action, ça peut parfois "décoiffer"…

Idem pour l'ancien militaire que j'avais typé 8. (Là j'avoue que je n'avais pas envisagé le 6 contrephobique, le 6 étant le type le plus difficile à détecter pour moi…)

 

En revanche tu ne dis rien sur la femme du personnage principal qui me semble pourtant une caricature de 3 obsédée par la réussite sociale et le tape-à-l'oeil. Qu'en dis-tu ?

 

P.S. : ce message est adressé à Fabien, mais il va s'en dire qu'il s'adresse aussi à ceux qui ont vu ou verront le film et dont les remarques sur l'ensemble des personnages m'intéressent.

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Fabien Chabreuil

Salut cher enneafan,

 

Et oui ! Un 9, c'est dans le centre instinctif. Quand il se réveille, il en a toute l'énergie et cela peut effectivement décoiffer.

 

Pour l'ancien militaire, l'hypothèse 8 peut faire sens, même si je crois le 6 contrephobique plus vraisemblable. Il faudrait revoir le film pour avoir une certitude.

 

Quant à la femme, je suis 100% d'accord : 3, 3 et encore 3 !

 

Que penses-tu du couple de jeunes ? Et de l'amie de la fille ?

 

Sommes-nous les seuls à aller au cinéma ?

Très amicalement,

Fabien

 

P.-S. : Je ne répondrai pas à cette remarque sur les droits d'auteur à laquelle je n'ai rien compris. Mais alors, rien de rien :-).

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Enneafan

Cher Fabien !

Pour ce qui est du couple de jeunes et de l'amie de la fille, les types me paraissent beaucoup plus subtils que les personnages précédemment cités.

Néanmoins j'essaierai de me jeter à l'eau :

- L'amie de la fille (la blonde) ne serait-elle pas finalement une 3 qui porte en permanence le masque de l'apparence, du paraître, de "l'épate" et qui lorsque son masque tombe redevient enfin elle-même : fragile et vulnérable et donc humaine… ????

- La fille du couple de jeunes me parait assez "typable" en 4 pour son goût de l'originalité, de la différence et de "l'authenticité"… Mais on pourrait sûrement dire la même chose à propos du garçon… Non ????

Alors ton verdict ???

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Fabien Chabreuil

Bonjour enneafan,

 

L'amie de la fille est effectivement dans le centre émotionnel : la recherche d'image est flagrante. Cependant, il ne nous semble pas que ce besoin se manifeste par une recherche du succès. Patricia et moi la voyons en 2 et la considérons même comme assez représentative d'une sorte de 2 alpha manifestant à la fois les sous-types social et sexuel, avec un centre mental nettement sous-utilisé et un niveau d'intégration assez faible.

 

Nous pensons aussi que la fille est une 4, l'adolescence jouant un rôle d'amplificateur de certaines des caractéristiques du type.

 

Très cordialement,

Fabien

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Enneafan

Bonjour Fabien et Patricia !

Que l'amie de la fille soit 2, ne m'avait - je l'avoue - pas traversé l'esprit… Tout simplement parce que je la trouve bien trop centrée sur sa personne pour ça… Qu'en pensez-vous ?

Vous n'émettez pas d'hypothèse sur le type du copain de la fille. Pourrait-il être 4 aussi ?

 

Merci d'avance pour vos éclairages.

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Fabien Chabreuil

Bonjour enneafan et aussi aux autres même s'ils sont cinéphobes,

 

Le type du garçon est beaucoup plus difficile à déterminer et je ne suis pas certain du réalisme du personnage en terme d'Ennéagramme. Là aussi, j'aurais vraiment besoin de revoir le film.

 

Caméra toujours à la main, le personnage est un clin d'oeil cinématographique à Graham Dalton dans Sexes, mensonges et video de Steven Soderbergh. Comme Graham Dalton, le personnage a de nombreux côtés 5.

 

Mais il y aussi en lui, une force, une capacité à agir, à comprendre intuitivement les autres et à éventuellement s'en servir pour les détruire qui est assez 8.

 

Il y a enfin un aspect émotionnel et esthétique qui, commes tu le dis, peut faire penser au 4.

 

Alors la solution pourrait être 5 à aile 4 avec des mouvements vers le 8. Mais c'est une solution intellectuelle qui ne me satisfait pas totalement.

 

Qu'en dis-tu ? Qu'en pensez-vous les autres, observateurs muets de cette discussion ? Allez voir le film et parlons-en.

 

Très cordialement,

Fabien

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Enneafan

Bonjour Fabien !

Ton explication sur le garçon me parait assez convaincante. En revanche, je continue de me poser des questions sur le type de la "jolie blonde". Avec Patricia, vous penchez pour le 2 alpha avec les sous-types que vous avez détaillés. Cependant pourriez-vous prendre des exemples dans son attitude et bien entendu surtout dans ses motivations ? (sous réserve bien entendu que vous ayez encore le film suffisament en tête…)

Merci d'avance.

 

Question subsidiaire :

Avez-vous lu des explications quant au titre du film ? Qui est donc cette "American beauty" ? La "jolie blonde" sus-nommée qui joue un peu le rôle d'élément déclencheur dans la métamorphose du personnage principal ?

Ou serait-ce en plus une sorte de titre ironique sur une certaine "american way of life" ?

A moins qu'il n'y ait une autre explication ?

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Sandrine

Bonsoir,

 

J'ai vu également "American beauty" et j'ai trouvé ce film très intéressant. Très intéressant dès les premières minutes car assez "hors normes" pour un film américain. En effet dès les premières minutes on est privé de tout "espoir" puisque l'on sait que le personnage principal du film va mourir. Or ce qui sous-tend la plupart des films américains c'est qu'importe l'horreur, l'injustice, le chaos… il y a au bout le triomphe, la réussite. Or le fait que le personnage principal meurt tout de même à la fin m'a paru aller à l'encontre de certaines valeurs 3 chères aux Etats-Unis. Puis ensuite je me suis posée la question suivante : meurt-il parce que justement en abandonnant son travail, en devenant quelqu'un de plus vrai, en refusant l'hypocrisie imposée par son milieu, en n'étant plus dans une dynamique de réussite sociale, de succès professionnel, la seule chose qu'il méritait c'était de mourir ? Je serai curieuse de connaître le point de vue des visiteurs de ce site sur le sujet…

 

En ce qui concerne l'identification des types cela a été assez difficile pour moi car je les voyais tous désintégrés. Donc à part la mère que j'ai typée 3 et la fille 4, les autres, j'ai eu beaucoup plus de mal puisque lorsque je pensais à un type, je me demandais si ce type était celui de base ou de désintégration. Ainsi la blonde je l'ai également typée 2 mais comme type de désintégration, c'est-à-dire que je la voyais 8 variante mu se désintégrant donc en 2 ; devenant alors complètement dépendante de son image, sachant ce que les autres doivent faire et ne manquant pas de leur dire (ex : quand elle dit à Jane que son père devrait faire du sport ou qu'elle dit à Jane qu'elle ne devrait pas fréquenter son voisin).

Quand au voisin (l'ami de Jane) il m'a semblé 5. Ce qui m'a fait penser au 5 c'est sa chambre en fait : elle n'était pas rangée, elle était structurée, compartimentalisée, concrète, transparente, précise. Et puis ce côté "j'observe et je filme le monde extérieur et je sais tout sur tout le monde dans le quartier mais eux ne savent pas que je sais" dont il retirait un certain plaisir. Bien sûr il y a la scène du sachet en plastique… Je l'ai plus perçue comme un message d'amour à Jane. Il lui confie ce qu'il a ressenti en filmant ce sachet parce qu'elle était digne sa confiance et de son "secret".

 

Mais j'attends le verdict de Fabien sur la question !

Quant au titre il me semble moi aussi être une façon de dire "Elle est belle l'Amérique !!!!"

 

Dans le même genre (dans la famille "désintégrée", je demande la mère), "Une femme d'extérieur" avec Agnès Jaoui est un aussi un excellent exercice Ennéagramme et un très beau film sur les rapports humains et le rapport à soi-même !

 

Cordialement.

Sandrine

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Enneafan

Bonjour Sandrine !

Que de remarques pertinentes, je trouve.

Je me suis posé la même question que toi quant à la fin : redevenir quelqu'un de vrai et d'authentique, faire tomber son masque social, faire sauter les verrous qui nous inhibent, se connecter à son centre instinctif pour un 9 (partons du postulat que le personnage principal est 9) alors qu'il a tendance à le reprimer, cela conduirait-il à une impasse tragique ?

C'est une possible morale du film ; un peu comme s'il fallait choisir entre vivre en se mentant à soi-même ou être soi-même et ne pas s'en remettre…

Gageons que certains d'entre nous sauront nous proposer une vision moins noire de ce denouement…

C'est marrant parce que tu sembles avoir une vision assez noire de la fin mais plutot positive du titre, comme si tu n'y voyais pas d'ironie… (à moins que j'ai mal saisi ton propos)

Je vous suis tout à fait Fabien et toi pour penser que la mère est 3, la fille 4 et le petit ami 5 (la chambre, c'est bien vu + le coté spectateur du monde), probablement avec une aile 4 (merci Fabien !) (cf la scène du sachet…)

Par contre malgré les explications de Fabien et les tiennes je ne parviens pas à me persuader que la "blonde" puisse être 2… Peut-être que j'ai une vision caricaturale des 2… Pouvez-vous essayer de développer vos arguments ?

Merci d'avance.

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Sandrine

Bonsoir Enneafan,

 

Je pense qu'il n'a pas été facile de percevoir l'ironie à l'écrit dans ma phrase "Elle est belle l'Amérique"… Car en effet ce que je voulais dire par cette expression, c'était exactement le contraire.

Il me semble qu'il y a une expression qui dit "Et bien c'est du joli !" dans le sens "Quel désastre !"

C'est cet aspect que je voulais faire ressortir.

 

En ce qui concerne le type 2 attribué à la blonde, même si au départ je la voyais 8 se désintégrant en 2, je suis convaincue que 2 tout court est effectivement suffisant.

Il ne faut pas oublier que le 2 peut aussi être séducteur, manipulateur, plein d'orgueil et que tous les 2 ne sont pas des "mère Thérèsa" !

Il est pour moi évident que cette jeune fille avait un besoin viscéral de plaire, d'être reconnue, d'être aimée (par exemple, elle rêvait d'une carrière de mannequin pour qu'on la voit, pour qu'on l'aime). Ses préoccupations sont son image, son identité et elles sont si dépendantes du monde extérieur que lorsque l'ami de Jane lui casse cette image, elle s'effondre. Elle monte alors cette petite mise en scène de la musique parce qu'elle sait que le père de Jane, lui, ne va pas la rejeter ; voilà quelqu'un qui a besoin d'elle, de sa jeunesse, de sa beauté.

En fin c'est ainsi que moi je le vois et Fabien aura certainement des arguments plus étayés à apporter.

 

Bonsoir

Sandrine

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Enneafan

Bonsoir Sandrine !

 

Nous voilà d'accord sur le titre du film. Je n'avais effectivement pas saisi le second degré de ta remarque…

 

En revanche -est-ce à cause de mes connaissances assez superficielles de l'ennéagramme-, je ne suis toujours pas convaincu que la blonde soit 2…

Cette fille est effet toute entière tournée sur son image extérieure et elle s'écroule face au jeune homme qui la trouve tellement superficielle, inintéressante et, comble pour elle, banale.

Néanmoins je ne suis pas si sûr qu'elle soit tellement en mal de trouver quelqu'un qui ait "besoin d'elle"… Je ne pense pas que le père de Jane soit seul à ne pas vouloir la rejeter… Certes il est différent de ses autres prétendants, en ce sens que c'est un homme mûr alors qu'elle est surtout la proie des jeunes hommes de son âge… Probablement aussi ne la regarde-t-il pas de la meme façon… Et encore…

Est-ce suffisant pour en faire une 2 ?

Je demeure sceptique mais ne demande qu'à etre convaincu…

Cordialement.

enneafan

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Sandrine

Bonsoir,

 

Je voudrais vous faire part des dernières informations que j'ai eues sur le titre du film.

En fait American Beauty est le nom d'une variété de roses rouges aux Etats-Unis et les roses/pétales de roses que l'on voit tout au long du film sont de cette variété de roses.

Maintenant il s'agit de trouver le lien entre ces belles roses rouges et le film…

 

Bonne chance !

Sandrine

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Enneafan

Bonjour Sandrine,

 

Merci pour ton info sur le titre.

Je pense qu'on a donc à faire à un titre à tiroirs… "American beauty" pouvant être à la fois la fameuse rose, la jolie blonde qui met le feu aux poudres et (comme tu le disais dans un précédent message) un titre ironique du genre "Ah, elle est belle l'Amérique…!!…

 

Cordialement

Enneafan

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Phil

Coucou Sandrine (d'abord les dames), Enneafan et Fabien,

J'ai été voir ce film hier et j'en suis encore tout paf.

Ce film m'a bouleversé et surtout m'a réveillé, moi qui me sentais à nouveau un petit peu éteint et qui l'exprimais dans un autre panneau.

Trois choses :

1) D'abord la dispute entre le mari et son épouse (lorsqu'il lance le plat contre le mur), je la trouve . . . mhmhm . . . remarquable et délicieuse. Le regard ahuri de chacun qui découvre l'autre comme un martien. Comme je me retrouve avec mes faiblesses (on me prend pour un martien) et mes convictions (je prend les autres pour des martiens) ;-)))

Cette scène était délicieuse et terrible en même temps, admirable.

2) La scène du sac qui vole : . . . sublime, magnifique. Il fallait du temps et du silence pour comprendre. Ce temps était là, infiniment là dans l'instant.

J'étais avec un ami et après nous en avons parlé dans un estaminet.

Lui se voyait être le sac, poussé de gauche à droite par la Vie et aspirait à l'accepter en lâchant prise, que parfois il y parvenait, dans de trop rares moment, mais qu'alors, quelle sérénité, quel bonheur, que de pouvoir ainsi faire confiance à la Vie, accepter qu'elle soit là pour "veiller" sur lui, comme l'ami de Jane qui n'avait pas peur.

Moi par contre, je me sentais être le vent, le vent qui -invisible- n'existe (ou ne peut se sentir exister) que lorsque le sac s'envole. Lors de méditations passées, je ne me sentais pas être un arbre dont les branches et les feuilles bougent avec le vent, j'étais le vent qui les faisait bouger.

Et ce qui me fascine dans l'architecture japonaise, c'est que l'espace d'une pièce est plus important que le mobilier qui la compose. Les volumes sont disposés pour l'espace qu'ils engendrent.

Bref, c'était fascinant de pouvoir mettre en // nos points de vue. Pour lui je représentais la Vie ; et cela nous inquiétait un peu tous les deux (mais sans doute pas pour les même raisons ;-)) ), alors que pour moi, lui était l'expression de la Vie et que même si j'étais la Vie, je ne m'en rendais compte que lorsque le sac était là. Et nous sommes restés quelques longs instants silencieux dans ce brouhaha de taverne et avons souri un peu béatement.

3) Ce père qui frappe son enfant (Fabien et Enneafan comprendront bien pourquoi) m'a profondément bouleversé.

Il se trouve face à son enfant, poings fermés, prêt à durement se battre alors que devant lui se trouve un fils sans défense, qui refuse cet affrontement et qui semble vivre ses dernières illusions et faire le deuil d'un père qui n'a pas su l'aimer pour ce qu'il est. Pouf, pouf, pouf, j'ai chaud tout à coup :-/

Et quel drame j'ai pu lire dans ses yeux lorsqu'il se présente à l'entrée du garage et qu'il regarde Lester, ne sachant pas encore très bien ce qu'il allait faire, le tuer . . . ou lâcher prise. Pour finalement ne plus pouvoir vivre avec cette terrible révélation, et de supprimer ce qu'il sait -au fond de lui- très bien ne pas être le responsable de ce qu'il a toujours rejeté, mais il faut expier ses péchés et tuer le Mal. Il fonctionne en 6, un vrai, et je parle en connaisseur :-)))))

Je saute du coq à l'âne. Je pense que je ne me serais pas arrêté comme l'a fait Lester en apprenant que la jeune fille était encore vierge. J'aurais surtout vachement culpabilisé après.

Et j'ai un peu honte de mon comportement (oui, même si je dois pas).

Bonne journée à vous tous,

Phil

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Phil

Oups, j'en ai oublié le classement :

Lester en 9,

son épouse en 3,

sa fille en 4,

sa copine en 3 (*),

le papa para en 6,

son fils en 5.

(*) Elle est ce que l'on veut qu'elle soit. Elle devient ce qu'elle fait et non pas l'inverse et elle finit par se perdre dans ses histoires. A la fin, lorsqu'elle va être confrontée à la réalité vraie (sa virginité), elle "joue" alors à la jeune-fille.

 

Non ? Vous trouvez ça tordu ?

Allez à vos plumes,

PHIL

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Goupil

Bonjour à tous,

 

C'est ma première visite sur ce site et je le trouve très intéressant.

Coïncidence, j'ai vu American Beauty vendredi et j'ai tout de suite été frappé par certains aspects stéréotypés des personages. J'ai tout de suite repèré de gros points communs entre Lester et moi (je suis indéniablement un 9). Ce qui est amusant parce que je ne m'étais jamais senti aussi proche d'un personage de cinéma. Le type 3 de la mère est assez flagrant (cette manière de se comporter m'insupporte au plus au point).

Ce qui m'a le plus marqué, c'est la vision du monde de Lester et la manière qu'il a de tout envoyer valser à la fois brutalement et sereinement, comme si même sa colère était préméditée. C'est d'ailleurs à mon avis ce contraste qui fait l'importance et le caractère marquant des colères de 9. Ca m'arrive pas souvent mais quand je m'énerve, on rase les murs…

En bref, ce fut une très bonne surprise que de voir ce film.

A plus tard pour d'autres commentaires !

Goupil.

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Viviane

American Beauty est un film que j’ai vu il y a déjà plusieurs mois et c’est avec un vif intérêt que je parcours vos lignes à ce sujet.

Ce que j’avais retenu, essentiellement, était plus en rapport avec un plaisir esthétique lié précisément au thème des pétales rouges dont j’apprends en vous lisant qu’ils appartenaient à une variété de roses qui pourrait avoir un lien direct avec le titre du film. Mais, oui… mais c’est bien sûr… A mon avis d’ailleurs, ceci n’exclut pas totalement les autres compréhensions proposées…

Mon intérêt était lié à celui que j’éprouve souvent quant à la manière dont les choses sont fabriquées et sur un plan plus intellectuel, de découverte assez récente, aux symboles qui peuvent être décryptés à l’analyse précise de certains films et qui composent, tels un jeu de piste, un langage essentiel à leur lecture. J’ai eu l’occasion de participer très modestement à une telle analyse de « Monsieur Klein » et de découvrir, grâce au travail minutieux effectué par l’étudiante en Lettres concernée, à la fois combien de richesses étonnantes échappent aux spectateurs « lambda » dont je fais partie… et les joies surprenantes qu’offrent parfois des travaux d’analyse de prime abord rébarbatifs.

Il m’a semblé que pour un sujet complètement différent, une analyse similaire devrait pouvoir être faite, pour laquelle il est effectivement essentiel de disposer de la bande vidéo… J’attends donc…

Il me semble qu’on pourrait comprendre un peu plus loin le motif des pétales rouges à travers la symbolique de leur couleur. Naïvement, dans un premier jet, je dirais que les roses rouges symbolisent la passion, ce que chacun sait bien… Le rouge est aussi la couleur du sang répandu tel des pétales sur les murs. C’est par ailleurs la couleur des rideaux de théâtre… pour les « coups » du même nom…

Je ne dispose pas du Dictionnaire des Symboles qui pourrait éclairer ces points… Et il y a peut-être d’autres pistes…

En attendant que les conditions favorables soient réunies…

Merci de vos commentaires…

 

Mon p’tit mot laissé « à reposer » quelques jours vient de faire l’objet d’un échange avec l’étudiante pré-citée qui évoque le souvenir qu’elle a gardé du motif rouge sur fond blanc qui, chez Proust, évoque l’idée de blessure, de virginité perdue… et, plongeant dans le Dictionnaire qui me manque, propose les extraits suivants :

« La rose par son rapport avec le sang répandu paraît souvent être le symbole d’une renaissance mythique »

« Extériorisé le rouge devient dangereux comme l’instinct de puissance s’il n’est pas contrôlé. Il mène à l’égoïsme, à la haine, à la passion aveugle, à l’amour infernal. »

« On retrouve aussi chez les Soufi la relation symbolique du blanc et du rouge. Le blanc est la couleur essentielle de la Sagesse venue des origines, évocation du devenir de l’homme ; le rouge est la couleur de l’être mêlé aux obscurités du monde et prisonnier de ses entraves. »

Dictionnaire des symboles – Edition BOUQUINS, 1995

 

Qu’en pensez-vous ?

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Fabien Chabreuil

Bonjour Viviane,

 

Dans les scènes où l'on voit les roses, il y a toujours (sauf erreur de ma part) la jeune fille. J'y avais vu de la part de Lester une sorte de prémonition inconsciente de la virginité de celle-ci.

 

Merci d'ajouter à cette discussion de nouvelles explications bien passionnantes. Une belle oeuvre peut toujours être lue à plusieurs niveaux et chacun d'eux enrichit tous les autres. J'espère que tu vas souvent au cinéma et que tu aimes bien écrire…

 

Très cordialement,

Fabien

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Marie-Hélène

Bonjour à tous,

 

J'ai suivi la présente discussion depuis son début avec une grande curiosité, sans pour autant avoir vu le film. Plus d'un mois après le dernier message envoyé, c'est-à-dire ce soir même, je l'ai finalement regardé. J'en avais oublié les commentaires déjà rapportés et me suis plongée dans cette histoire dont je sors à l'instant.

 

Un film intriguant, sur plusieurs points. Je relis la discussion qui a maintenant un sens et qui me donne envie de partager à mon tour mes impressions.

 

Lester, comme pour vous tous, m'a semblé 9. Toutes les raisons énumérés plus haut, mêlées à une instinctive certitude me suffisent.

 

Par contre, je me demande pourquoi il semble si évident que sa femme soit de type 3. Pour ma part, je la voyais en 1, mais une vraie 1. Par ses nombreuses attitudes, remarques et motivations m'a fait croire à de nombreuses reprises que son désir premier était la perfection. Lorsqu'elle va voir sa fille danser, le seul commentaire qu'elle trouve à lui dire est "Je t'ai bien observé, tu ne t'es pas trompé une fois." Et lorsque son mari tente de la reconquérir, sur la causeuse, elle craint qu'il ne renverse sa bière et ruine aussitôt le moment pour lui adresser une critique, pour lui reprocher sa faute. A plusieurs reprises, elle refoule ses larmes en se culpabilisant : "Tu n'es qu'une pleurnicharde." Elle se ressaisit. Elle n'a pas le droit d'être ainsi émotive. Il lui faut rester froide. Si son image est si importante, pour moi, ce n'est pas lié à un besoin de réussite mais à un besoin de perfection. Tout au long du film, elle nous montre sa passion, la colère et est intolérante face aux erreurs des autres et face à ses propres erreurs. Non, pour moi, elle ne dégage pas l'essence du 3. L'autre par contre, son amant était sûrement 3. Elle, elle l'admirait, le vénérait presque. Je vois mal un 3 "se rabaisser" comme elle l'a fait devant lui. Je le vois mal se convaincre "qu'il faut avoir l'air de réussir pour réussir". Il le saurait, il le ferait, il le penserait, d'une façon ou d'une autre, ce serait naturel. Ce ne l'est pas chez la femme.

 

Pour la fille, je la voyais aussi en 4. Mais son copain, j'hésite entre le 5 et le 8. Sa curiosité me ferait opter pour le 5, mais il dit souvent "qu'il n'a jamais peur". Pourtant il inspire la peur, comme certains 8. Il paraît tellement en contrôle, pourtant il devient d'une vulnérabilité extrême lorsque son père le frappe. Et je percevais dans son éducation tout le discours d'un 6 contre-phobique qui tente d'infliger à son enfant des règles et des lois… Tu dois être cela, il faut que tu fasses ceci, il est interdit de faire cela. Structure. Discipline. Force. Bref, tout pour conditionner un enfant et renforcer des mécanismes de défenses tels ceux du 8. Instinctivement, ce serait mon choix… Et aussi, comme l'a exprimé Fabien, pour son intuition et sa capacité à percevoir les autres… Mais le 5 me paraît aussi justifiable.

 

Quant à la blonde ?

Le 3, le 2 ? Pour moi, c'est 3, caméléon parfaite, superficielle. Il me semble que même un 2 désintégré n'est pas aussi centré sur lui-même… Mais ici je manque de données… Pourquoi le 2 ? Elle est vide et refuse d'être ordinaire, de se "confondre à la masse". Parce qu'elle est plus belle, meilleure, elle croit parfaitement qu'elle réussira.

"J'espère que ça marchera pour toi" lui dit son amie en parlant de sa carrière dans le domaine de la mode. "Mais bien sûr" lui répond-elle tout naturellement. De plus, elle n'est pas très intègre. Elle ment, joue un rôle tout au long du film. Celui de la femme fatale, alors qu'on découvre à la fin qu'elle est encore vierge… Oups, démasquée !

 

Et le titre maintenant ? Plusieurs sens. La beauté artistique, la beauté superficielle, la laideur, la beauté vue par les uns, la beauté vue par soi-même, la beauté de la nature, la beauté dans la laideur et la laideur dans la beauté. La beauté dans chacun des personnages malgré leur apparente "impureté". Tout un tas de thèmes et de sous-thèmes emboîtés les uns dans les autres et qui donnent au film sa couleur rouge. Il est rare pour un 6 comme moi d'arriver à accueillir un sentiment confus comme celui que me fait ressentir ce film. Pourtant, en côtoyant des 9, j'apprends à ressentir sans penser et donc j'apprends à vivre de manière plus instinctive, à profiter des émotions intenses que je vis sans chercher à les comprendre à tout prix, juste les ressentir comme une source d'énergie…

 

Et les pétales roses, et les roses autour de la maison… la pureté souillée dans la beauté… Comme Lester qu'on ne peut se résigner à voir comme un grossier pervers, qu'on aime dans son impureté. Comme le rouge, passion dangereuse et belle à la fois… Comme les personnages, impurs et corrompus mais beaux, tous beaux. Le titre et les personnages comme les pétales de roses, une harmonie dans le mal, comme dans le bien, quand tout ne tient qu'à la perception de celui qui regarde.

 

Au revoir,

Marie-Hélène… qui a hâte de vous lire encore.

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Administrateur

Cela a mis le temps, mais nous y sommes.

American Beauty est désormais analysé dans notre rubrique Ciné-agramme. Bonne lecture !

Cette discussion est donc désormais close.

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Guest
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